Après la disparition de Shakyamuni, certains de ses disciples ont connu le désarroi : comment poursuivre leur chemin lorsque le maître qui les avait guidés n’était plus physiquement présent ? Dans le Mahaparinibbana Sutta, Shakyamuni répond à Ananda : « Ananda, tu devrais faire de toi-même une île et ne dépendre que de toi. Sans dépendre de qui que ce soit, tu devrais faire de la Loi une île et la base sur laquelle tu t’appuies 1. » Lorsque tout devient incertain ou vacille, nous pouvons prendre appui sur la Loi de l’univers, Nam-Myoho-Renge-Kyo, inhérente à notre propre vie.
Cette vérité, Daisaku Ikeda me l’a aussi fait ressentir à travers une histoire 2 qu’il nous raconta à l’été 2000, au Japon. Un jeune garçon se vantait auprès d’un vieil homme de posséder une épée familiale qu’il polissait chaque jour. Le vieil homme lui demanda s’il possédait un autre trésor. « Non, rien d’autre. » Alors, avec douceur, il lui répondit : « Tu possèdes pourtant le plus merveilleux de tous les trésors : toi-même, ta propre vie. » Cette histoire m’est toujours restée.
Mais comment croire lorsque le doute nous envahit ? C’est là que le maître bouddhique et les aînés prennent toute leur importance. Par leur foi, leur prière et leurs encouragements, ils nous aident à voir ce que nous ne voyons pas encore en nous-mêmes. C’est ce que j’ai profondément ressenti auprès de Daisaku Ikeda. À vingt-quatre ans, alors que je cherchais une voie pour être heureuse et contribuer à changer le monde, j’ai découvert dans ses encouragements une confiance qui dépassait de loin celle que je pouvais avoir en moi-même. « Je crois en toi. Tu as une mission que toi seule peux accomplir ! Sois TOI-MÊME. »
J’ai eu envie de répondre à une telle attente. Cette confiance reçue a nourri ma propre conviction et a été à la source de tant de mes victoires. Aujourd’hui encore, une grande part de ma sagesse vient de ce qu’il m’a transmis : sa façon de croire en la vie, de regarder chaque personne avec confiance et de ne jamais renoncer à sa victoire. C’est peut-être l’un des plus grands cadeaux de la relation de maître et disciple : recevoir la foi de quelqu’un jusqu’au jour où elle devient notre propre conviction.
Sensei écrivait à propos des jeunes : « Même si les jeunes peuvent parfois être écrasés et tourmentés par leur environnement, ils doivent s’élever droits et puissants telles de jeunes pousses surgissant de la terre noire 3. » La confiance que mon maître a fait naître dans ma vie, je ressens aujourd’hui la responsabilité de la faire naître à mon tour dans la vie de chaque jeune, en développant un cœur et un esprit toujours plus larges.
C’est ainsi que, même face à un avenir incertain, nous pouvons continuer à croire en la vie, et ensemble, à façonner l’avenir.


