Élèves des écoles Soka, prenez votre envol dans le vaste ciel de votre mission !
En février 2000, alors que je dialoguais avec un groupe d’élèves des collège et lycée Soka du Kansai, réunis à Kobe, juste avant leur cérémonie de remise de diplômes, un des lycéens me demanda quel était le rêve auquel j’aspirais. Le regard brillant, les autres élèves attendaient impatiemment ma réponse. « Je suis trop occupé pour penser à mes propres rêves, ai-je répondu. Parce que je pense au monde entier. » J’avais dit cela sur un ton humoristique et les lycéens rirent de bon cœur mais j’étais en même temps sincère. Je poursuivis sur un ton plus sérieux en leur faisant part de ce que je ressentais en consacrant ma vie à réaliser le rêve et la vision de mon maître, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda. « J’espère qu’à l’avenir chacune et chacun de vous deviendra un spécialiste de premier plan dans son domaine et un dirigeant reconnu dans la société pour ses actions. Voilà mon plus grand rêve. » Chers élèves des écoles Soka, mes chers amis ! Vous rayonnez toujours grâce à votre énergie si caractéristique de la jeunesse et à votre cœur noble et pur ! Ces jeunes qui étudiaient et se développaient brillaient d’un éclat doré. Dans leurs yeux de dirigeants de l’avenir, on pouvait sentir toute leur intelligence. Je considère les élèves des établissements Soka comme ma propre vie. Leur victoire est ma victoire. *** Qu’est-ce que l’éducation ? Tsunesaburo Makiguchi, le fondateur du système pédagogique Soka, déclara que l’éducation est « l’art le plus élevé d’entre tous, car c’est l’art de forger des personnalités remarquables ». L’école est une institution qui permet de dispenser la lumière de l’éducation dans toute la société et dans le monde entier. Une école est jugée par la qualité de ses élèves. Voilà ce qu’avait fort justement perçu M. Makiguchi et c’était aussi la conviction indéfectible de Josei Toda. La réussite et la valeur de l’éducation sont illustrées par les élèves qui en ont bénéficié – à travers leur triomphe dans la vie et la société, leurs contributions à la paix dans le monde et au bonheur de l’humanité. Les collège et lycée Soka de Tokyo, à l’origine des écoles pour garçons, furent établis il y a trente-six ans [en 1967]. Les collège et lycée Soka du Kansai, qui n’accueillaient au départ que des jeunes filles, furent créés il y a trente et un ans [en 1972]. Aujourd’hui, les écoles Soka sont classées parmi les meilleurs établissements pédagogiques du Japon. C’est un honneur que les diplômés des écoles Soka ont acquis au nom de leur ancienne école par leur développement et leurs activités remarquables au sein de la société. Parmi les quelque 20 000 diplômés issus jusqu’à présent des collèges et lycées Soka de Tokyo et du Kansai, on compte 162 doctorants, 221 médecins, 80 avocats, plus de 100 experts-comptables et plus de 1 000 enseignants dans le primaire et le secondaire. Nos diplômés sont également chefs d’entreprise, directeurs, journalistes et politiciens. Nombre d’entre eux mènent une vie noble en tant que responsables engagés au service des idéaux de l’humanisme. Plus de cinq cents diplômés s’emploient également à travailler en faveur de la société dans quarante-six pays et territoires en dehors du Japon. Cet été (2003), quatre étudiants du lycée Soka de Tokyo ont participé à la 35e Olympiade internationale de chimie, qui s’est tenue à Athènes, en Grèce. C’étaient les premiers étudiants japonais inscrits à cet événement annuel, et deux d’entre eux ont remporté une médaille de bronze. Ce mois-ci (novembre 2003), des étudiants du collège et du lycée Soka du Kansai ont pris part pour la dixième fois au programme pédagogique organisé par la NASA, EarthKAM (Connaissance de la Terre acquise par les élèves de collège). Tous les élèves des écoles Soka déploient de remarquables efforts. *** Il y a maintenant plusieurs années, j’ai reçu une lettre du père d’un étudiant de l’université Soka. Si mes souvenirs sont bons, il disait notamment : « Je ne fais pas partie de la Soka Gakkai et j’étais fortement opposé à la décision de mon fils d’entrer à l’école Soka. Mais il était si déterminé qu’il s’est inscrit en pension complète. À l’époque, mon épouse le soutenait aussi, affirmant que puisque c’était son souhait, il était de notre devoir en tant que parents de lui permettre de le réaliser. « Aujourd’hui, je regrette profondément mon opposition initiale. Les écoles Soka ont fait de mon fils un magnifique jeune homme. Elles ont tellement bien veillé sur lui que j’en suis étonné. Elles ont dépassé les attentes les plus élevées que peuvent avoir des parents. » On m’a rapporté que le père qui avait écrit cette lettre il y a si longtemps est aujourd’hui décédé, mais que son fils est devenu un remarquable adulte, qui réussit dans la vie et joue un rôle actif et positif dans la société. Ce n’est qu’un exemple des formidables résultats obtenus par les professeurs de nos écoles Soka grâce à leurs efforts dévoués en matière d’éducation. En tant que fondateur des écoles Soka, je leur suis profondément reconnaissant pour leur travail et leurs efforts. Les professeurs jouent un rôle essentiel dans le développement des élèves. *** Pourquoi les élèves des écoles Soka ont-ils pris un si bel envol dans le ciel de leur mission ? Parce que les ailes de leur vœu solennel les portent toujours plus haut. C’est la base solide qui leur permet de prendre leur envol et de suivre la voie fondamentale de la non-dualité entre maître et disciple. Les collège et lycée Soka de Tokyo ont pour tradition que chaque diplômé écrive son nom et ses vœux pour l’avenir. Ils sont ensuite réunis dans le recueil de leur classe. Ces recueils sont mes trésors les plus précieux. J’ai gardé chacun d’eux, depuis la première promotion jusqu’à celle de cette année, la trente-troisième. Un jour, j’ai ouvert le recueil des diplômés des premières et deuxièmes promotions. En tournant les pages, je me suis rappelé le visage de chaque élève avec beaucoup d’affection, ainsi que les souvenirs des tout débuts de notre école que nous avons créée ensemble. Quand j’entends parler des réalisations récentes d’anciens diplômés, j’éprouve une joie immense en pensant qu’ils sont devenus des personnes remarquables et connaissent une grande réussite parce qu’ils ont gardé vivant dans leur cœur l’esprit de leur école. Je pense à chaque élève et, le cœur plein de joie, j’applaudis leur victoire éclatante. Tous les élèves des premières et deuxièmes promotions ont exaucé tous leurs vœux ! Sur la voie qu’ils ont choisie, ils travaillent sérieusement – sur le devant de la scène ou en coulisse – et concrétisent avec sincérité et intégrité leur vœu personnel. Il n’y a pas de plus belle vie que celle-là. Napoléon Bonaparte a dit : « L’ingratitude est le défaut de caractère le plus accablant. » Jean-Jacques Rousseau a écrit dans son célèbre traité, Émile ou de l’éducation : « L’esprit de mon institution n’est pas d’enseigner à l’enfant beaucoup de choses mais de ne laisser jamais entrer dans son cerveau que des idées justes et claires 2. » Toute éducation a pour principe fondateur l’apprentissage du véritable humanisme. Les élèves des écoles Soka et moi ne faisons qu’un. Tous ceux qui ont eu un lien avec nos écoles Soka sont, et seront, éternellement unis à moi. Je promets de protéger résolument chacune et chacun d’entre vous jusqu’à mon dernier souffle. Je suis déterminé à veiller sur vos luttes pour la victoire dans la vie et à prier pour votre succès. Tel est mon ferme engagement en tant que fondateur des établissements Soka. *** Le célèbre historien britannique Arnold J. Toynbee (1889-1975), avec qui j’ai engagé un dialogue, évoque dans ses mémoires publiées sous le titre Expériences ses années d’école à Winchester, en les décrivant comme des trésors qu’il chérit toujours. Le premier « trésor » qu’il dépeint est le fondateur de son établissement. Il avait la plus grande estime pour « la relation filiale, couvrant plus de cinq siècles, avec le fondateur, William de Wykeham, qui avait créé un modèle d’éducation. » Winchester est l’une des plus anciennes écoles d’Europe, fondée à la fin du xive siècle. Le Pr Toynbee ressentait une profonde reconnaissance envers le fondateur de son école, pour l’éducation qu’il reçut entre 13 et 18 ans. Quel merveilleux trésor que cette reconnaissance qu’il éprouvait envers le fondateur, qui vécut plus de cinq cents ans avant lui ! Tel est le pouvoir merveilleux de l’éducation. L’esprit du fondateur brille de l’éclat de la victoire indestructible qui ne faiblit jamais avec le temps. Mon cœur bat aussi plus vite quand je pense à l’avenir de nos écoles d’ici à cinquante, cent, voire cinq cents ans. *** J’ai décidé que l’éducation serait ma dernière grande entreprise, et les collège et lycée Soka sont le point de départ glorieux de ces efforts. De même qu’il est impossible de construire une pyramide en partant de son sommet, un développement pérenne n’est possible que lorsque les fondations, étape initiale de toute construction, sont résistantes et solides. C’est la raison pour laquelle je continue à me consacrer avec autant de passion au développement de notre système pédagogique Soka. Plus de trois mille invités du monde entier ont visité les écoles Soka de Tokyo et du Kansai. Tous ont fait l’éloge de nos élèves et de notre programme pédagogique. Parmi ces invités de marque, citons le comte Richard Coudenhove-Kalergi (1894-1972), acteur éminent de l’unification européenne ; Adolfo Pérez Esquivel, militant argentin pour les droits humains ; John Galtung, fondateur des études modernes pour la paix ; et Mikhaïl Gorbatchev, ancien président de l’Union soviétique. Je pense que le fait de rencontrer ces illustres acteurs de notre temps et d’apprendre d’eux joue un rôle important dans le développement de personnalités remarquables qui feront de notre monde un endroit meilleur à l’avenir. Le ministre de l’Éducation du Yémen, le Pr Yahya Mohammed Al-Shuaibi, qui a dialogué avec nos étudiants, a fait l’éloge de nos écoles en déclarant que l’on sent respirer en elles la philosophie de leur fondateur. Nos idéaux pédagogiques, ajoute-t-il, ont deux cents ans d’avance sur leur temps. Dans le sillage de la Révolution française, Napoléon institutionnalisa l’égalité de l’accès à l’éducation en déclarant que l’éducation était une révolution sans bain de sang, qui permet d’établir une véritable méritocratie, libre de toute discrimination basée sur le statut social ou la classe économique. En outre, il créa des écoles. Il était déterminé à ce que les dirigeants de la France soient des jeunes pleins de fougue, et permit à de nombreux jeunes talentueux de prendre leur place. Ces derniers servirent leur pays avec beaucoup d’enthousiasme et insufflèrent une nouvelle vigueur à la société. Ce sont les êtres humains qui font la différence – dans les organisations et les sociétés, quels que soient le pays ou l’époque. L’éducation est la révolution la plus profonde et la plus significative. La seule manière d’engendrer un siècle de l’humanisme consiste à engager une révolution dynamique des personnes de valeur. L’éducation Soka est la force motrice qui sous-tend cette révolution, que nous avons engagée dans nos établissements scolaires. Le 18 novembre marque le jour anniversaire de la fondation des écoles Soka. On lit dans le chant des collège et lycée Soka de Tokyo les paroles suivantes : « Ouvrir une voie glorieuse pour nos amis. » Dans cet esprit, j’ai lutté de toutes mes forces pour ouvrir la voie aux élèves de nos écoles Soka. J’espère que vous n’oublierez jamais que vous, élèves des écoles Soka, faites la même chose pour celles et ceux qui viennent après vous. Soyez persévérants et déterminés afin de manifester pleinement votre potentiel, de la manière qui vous est propre ! Plantez l’étendard de la gloire au sommet de vos vies victorieuses ! Et fixons notre regard vers notre prochain objectif, l’année 2030, année du 100e anniversaire de l’éducation Soka, fondée par ces grands hommes unis par la relation de maître et disciple, les présidents Makiguchi et Toda ! Mon rêve, c’est vous. Je rêve qu’en ce matin de notre 100e anniversaire, vous prendrez votre envol dans le vaste ciel, tels des phoenix, le cœur débordant de fierté et d’émotion d’avoir remporté la victoire dans votre vie. Vous représentez l’aube du siècle magnifique des diplômés des écoles Soka. Comme l’a déclaré l’éducateur suisse Pestalozzi, la plus grande victoire que nous pouvons remporter est la victoire sur nous-mêmes.
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