Juin 2023

Étude bouddhique

Thème

Messages SGI

Diffuser par nos dialogues la lumière du respect de la dignité de la vie

CE SONT les profonds liens de vie à vie, qui ont le pouvoir de créer l’Histoire. Plus précisément, ce sont les efforts courageux des successeurs qui répondent à la confiance que leurs prédécesseurs placent en eux pour ouvrir une nouvelle ère. En 223, alors que Liu Bei, le fondateur du royaume de Shu Han en Chine, était sur le point de mourir, il confia l’avenir du royaume à son Premier ministre Zhuge Liang, un grand héros de la période des Trois Royaumes (220-280). [En 207], Liu Bei avait rendu visite à trois reprises à Zhuge Liang, de vingt ans son cadet, pour lui demander son soutien. Les deux hommes avaient ensuite accompli de grandes choses ensemble. Devant le souverain mourant, Zhuge Liang s’engagea solennellement à consacrer toutes ses forces et sa loyauté au service du royaume. Considérée comme un modèle, la relation entre Liu Bei et Zhuge Liang est comparée à celle des poissons et de l’eau dans laquelle ils nagent. L’histoire de Zhuge Liang portant le flambeau confié par Liu Bei brille aujourd’hui encore, dix-huit siècles plus tard, baignée par la lumière d’un dévouement éclatant. Dans L’héritage de la loi ultime de la vie et de la mort (Écrits, 216-219), Nichiren évoque cette relation pour souligner l’importance de l’unité, en déclarant que ses disciples devraient transcender « toute différence entre eux jusqu’à devenir aussi inséparables que les poissons et l’eau dans laquelle ils nagent. » (Écrits, 218) Aujourd’hui, nous, pratiquants du mouvement Soka, unis par les liens de maître et disciple, avançons ensemble en ne faisant qu’un par le cœur et l’esprit pour accomplir le grand vœu de kosen rufu, comme l’enseigne Nichiren. Il y a soixante-cinq ans, le 16 mars 1958, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, organisa une cérémonie marquant sa victoire totale. Il voulait présenter aux dirigeants du pays et à l’opinion publique les admirables jeunes du mouvement Soka qu’il avait personnellement formés. « La Soka Gakkai est reine dans le monde de la religion ! » déclara-t-il ce jour-là. C’est à cette occasion qu’il confia le flambeau de kosen rufu aux jeunes. Ce flambeau a été transmis de génération en génération. Et, maintenant, en accord avec la formule « toujours plus bleu que l’indigo », nos jeunes ne cessent de se développer et ouvrent la voie de l’expansion de notre mouvement visant à faire vivre les enseignements du bouddhisme de Nichiren dans la société. Ils agissent ainsi en étant fiers d’être des champions de l’humanité. Nos jeunes bodhisattvas surgis de la Terre progressent depuis le 16 mars (Jour de kosen rufu) vers les prochaines dates anniversaires du 2 avril (anniversaire du décès de M. Toda) et du 3 mai (Jour de la Soka Gakkai), en déployant toujours plus de force pour remporter la victoire. En luttant en première ligne au sein de notre mouvement, ces jeunes hommes et jeunes femmes du mouvement Soka sont la force dynamique qui crée un réseau toujours plus vaste, œuvrant au triomphe des personnes ordinaires. Les pratiquants du département des hommes, qui célèbrent l’anniversaire de leur département ce mois-ci [le 5 mars], refusent également d’être en reste, et ne ménagent pas leurs forces. Quand ces piliers en or de kosen rufu se dressent et passent à l’action, ils insufflent un fort sentiment de confiance et du courage à chacun. Les efforts courageux des hommes du mouvement Soka – ces héros du monde que l’on pourrait comparer à des souverains – sont décisifs pour le succès des activités bouddhiques dans leurs environnements respectifs. Après la cérémonie du 16 mars, M. Toda se reposa plusieurs jours au deuxième étage du bâtiment qui servait de bureau central pour les divers événements prévus. Durant cette période, les membres du personnel du département de la jeunesse et moi nous réunissions fréquemment au premier étage pour chanter sans cesse le Chant des internes de première année 1. M. Toda appréciait beaucoup ce chant. Cette mélodie, douce à l’oreille de notre maître malade, le réjouissait et le rassurait profondément. « Oh ! Un pétale de fleur flotte dans ma tasse… / Quand je me dresserai, je parviendrai à accomplir quelque chose / Ma vie sera couronnée par une grande réalisation… » Ces paroles trouvaient un écho profond dans notre cœur et élevaient notre esprit. Tout en chantant, nous adressions un vœu à notre maître : « Sensei ! Le département de la jeunesse aspire à de nobles réalisations. Nous accomplirons à coup sûr kosen rufu ! » Quand M. Toda commentait ce grand classique chinois, le Roman des trois royaumes, il déplorait parfois que, malgré ses talents extraordinaires, Zhuge Liang n’ait pas eu le temps ni la bonne fortune d’entraîner de bons successeurs. En revanche, nous, les jeunes du mouvement Soka de cette époque, avons eu la bonne fortune d’être formés par M. Toda qui, tel le soleil, nous enveloppait dans la chaleur de sa compassion, et nous avons œuvré à ses côtés à l’établissement d’une citadelle de personnes de valeur. La dette de reconnaissance que nous avons à son égard est véritablement immense. Je fis alors un vœu profond et pris cet engagement indéfectible : je suis né en ce monde pour que les jeunes bodhisattvas surgis de la Terre appelés par M. Toda connaissent un développement extraordinaire et soient heureux, et pour créer un courant ininterrompu de personnes de valeur qui contribuent à kosen rufu et à la société. C’est en œuvrant concrètement à kosen rufu que les jeunes se développent. La clé consiste à plonger au cœur de la société des personnes ordinaires et à relever de nouveaux défis de son plein gré – au nom du bouddhisme, du bonheur des autres et du bien-être de la société dans son ensemble. C’est ainsi que les jeunes pourront connaître une magnifique progression dans leur révolution humaine. Nichiren ne tarit pas d’éloges sur son jeune disciple Nanjo Tokimitsu, qui offrit son soutien et sa protection à de nombreux pratiquants alors qu’il était lui-même confronté à des épreuves et harcelé [par les autorités] durant la persécution d’Atsuhara 2. Il écrit : « Vous avez protégé avec tant de ferveur mes disciples à Atsuhara […] Tout cela vous arrive uniquement parce que vous avez consacré votre vie au Sûtra du Lotus. » (Le riche Sudatta, Écrits, 1095) Il dit également à Tokimitsu qu’il recevra à coup sûr de grands bienfaits dans sa vie présente (cf. Les bienfaits en cette vie, Écrits, 659). Et comme l’avait déclaré Nichiren, Tokimitsu mena une vie victorieuse dédiée à kosen rufu. Nichiren applaudirait sans aucun doute de tout son cœur les jeunes du mouvement Soka d’aujourd’hui, qui s’encouragent mutuellement et soutiennent leurs compagnons dans la foi, tout en luttant avec altruisme pour la sécurité et la prospérité ­d’autrui. Il est absolument certain que ces précieux et nobles disciples qui, durant leur jeunesse, accumulent de grandes vertus cachées, récolteront d’innombrables récompenses visibles et goûteront le grand bienfait d’être reconnus comme des phares de l’espoir par tous les habitants du Japon et du monde entier. Ce mois de mars marque le 12e anniversaire des terribles séisme et tsunami de Tohoku, advenus en mars 2011. J’offre ici mes sincères prières pour tous ceux qui ont perdu la vie dans cette catastrophe. Nos jeunes de Tohoku prennent énergiquement la tête des actions pour reconstruire et restaurer leur région. Ils organisent notamment divers séminaires pour transmettre les leçons de la catastrophe à la prochaine génération 3. Celles et ceux qui étaient en première année de collège au moment de cette catastrophe sont aujourd’hui de jeunes adultes. Qu’il est inspirant de voir le développement et les réalisations de ces jeunes au regard brillant ! Je suis profondément reconnaissant envers leurs parents et leurs aînés dans la foi pour l’attention et les efforts inimaginables qu’ils ont déployés afin de les soutenir et de veiller à leur développement. Sarah Wider, ancienne présidente de la Société Ralph Waldo Emerson aux États-Unis, a été une amie et un soutien inébranlable de notre mouvement Soka après le séisme et le tsunami. Cette année, elle a à nouveau envoyé un message sincère à nos pratiquants de Tohoku. La force des amitiés forgées face aux plus grandes difficultés insuffle, dit-elle, du courage et de l’espoir à un monde qui a besoin de profonds liens d’attention, de proximité et de soutien. Elle déclara également qu’elle était profondément inspirée par la détermination des pratiquants de Tohoku à transformer le poison en remède et par leurs efforts qui montrent au monde entier que l’on peut même transformer les pires circonstances. Nos prières et nos actions représentent des efforts inédits pour cultiver la terre de l’esprit du peuple, et une révolution pour que les arbres de la paix, de la culture et de l’éducation prospèrent et fleurissent sur cette terre fertile. L’éducateur Nitobe Inazo (1862-1933), originaire de Tohoku et ami de Tsunesaburo Makiguchi, a écrit au mois de mars : « Les plantes aux racines puissantes produisent de belles fleurs et des fruits abondants 4. » Les racines de l’amitié que nos nobles pratiquants, partageant joies et difficultés, ont plantées dans leur environnement produisent maintenant les fleurs de la confiance et les fruits de l’alliance et de la solidarité. Cette année, la floraison des cerisiers a été précoce au Japon, coïncidant ainsi avec les cérémonies de remise de diplômes dans les écoles Soka, l’université Soka et la faculté pour jeunes femmes Soka 5. Nos jeunes amis du groupe Avenir 6 et du département des étudiants, ainsi que les nouveaux diplômés qui entrent dans la vie active, ont tous patiemment surmonté les défis de la pandémie de Covid-19 durant ces dernières années. Ma femme et moi prions chaque jour pour qu’ils continuent à se développer avec un esprit de résilience, tels de jeunes cerisiers qui s’apprêtent à prendre un nouveau départ. Juste à l’extérieur du Hall du Grand Vœu de kosen rufu, dans le quartier de Shinanomachi, à Tokyo, se dresse fièrement le Cerisier de la jeunesse, qui a presque le même âge que la Soka Gakkai. À la base de l’arbre, le tronc est si large qu’il faut les deux bras pour en faire le tour, et ses sillons et rainures usés par le temps ressemblent aux rides d’un sourire. Soigneusement entretenu par de sincères « gardiens de cerisier », il fleurit toujours tel un symbole de jeunesse éternelle et veille sur nos visiteurs comme une mère aimante. Le Cerisier de la jeunesse pourrait également être appelé le Cerisier des mères ou le Cerisier des Maints-Trésors. En effet, il me rappelle les femmes du mouvement Soka ainsi que nos merveilleux pratiquants du groupe Maints-Trésors 7 à travers le Japon et le monde, qui s’engagent avec tant d’enthousiasme dans des dialogues pour la paix et le bonheur des autres, en faisant éclore des fleurs d’encouragements, d’espoir, de bienfaits et du triomphe. Le président fondateur de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi, a vécu avec la force vitale éclatante d’un Cerisier de la jeunesse en pleine floraison. Il chérissait ces mots : « Si un jour vous parvenez à vous renouveler, vous pourrez le faire tous les jours et continuer ainsi constamment. » Inspiré par ces mots si chers à M. Makiguchi, je me suis lancé un nouveau défi le jour de mes 70 ans. En plus de mon roman paru en feuilleton, La Nouvelle Révolution humaine, j’ai commencé à écrire une série d’essais intitulée « Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine » (à partir de janvier 1998). Au cours du quart de siècle qui s’est écoulé depuis, j’ai écrit un certain nombre de séries d’essais sous différents titres. Cet essai est le 800e que j’ai rédigé à ce jour. Je suis profondément reconnaissant envers mes lecteurs pour le soutien qu’ils m’ont apporté tout au long de ces années. J’ai atteint ce nombre en rédigeant ces essais, les uns après les autres. Nichiren écrit : « Un ajouté à un devient deux, deux devient trois, et ainsi de suite jusqu’à dix, cent, mille, dix mille, cent mille, ou un asamkhya 8. Pourtant, “un” est la mère de tout. » (Les bienfaits du Sûtra du Lotus, Écrits, 672) Ces mots me rappellent notamment les efforts inlassables de nos pratiquants, les bodhisattvas Jamais-Méprisant du mouvement Soka qui, jour après jour, engagent des dialogues sincères et ouverts, avec une personne puis une autre, en ayant à cœur de manifester le plus profond respect envers la nature de bouddha de chacun. Dans le Recueil des enseignements oraux, Nichiren déclare : « C’est comme lorsque vous vous inclinez face à un miroir, l’image que renvoie le miroir s’incline également devant vous. » (OTT, 165). Les efforts inlassables des pratiquants du mouvement Soka pour engager des dialogues diffusent, comme un miroir lumineux, la grande lumière du respect de la dignité de la vie et de tous les êtres humains dans la société et dans le monde. Avec ce 800e essai comme nouveau point de départ, je suis déterminé à continuer à écrire – en fonction des circonstances et des lieux où ma plume me mène –, en priant sincèrement pour que tous nos pratiquants à travers le monde goûtent un avenir glorieux. Il se trouve que le nombre 800 apparaît dans un passage de l’écrit de Nichiren, Différents par le corps, un en esprit (Écrits, 622-623) : « Le roi Zhou des Yin mena sept cent mille soldats dans la bataille contre le roi Wu des Zhou et ses huit cents hommes. Pourtant, l’armée du roi Zhou fut vaincue à cause de sa désunion [litt. un par le corps, un en esprit] alors que les hommes du roi Wu l’emportèrent, grâce à leur parfaite unité [litt. différents par le corps, un en esprit]. » (Écrits, 622) Pendant la campagne d’Osaka, les pratiquants et moi-même avons gravé ces mots dans notre cœur alors que nous nous efforcions de rendre l’impossible possible. Quelles que soient la pente et les difficultés sur le chemin à parcourir, nous possédons la « stratégie du Sûtra du Lotus » (La stratégie du Sûtra du Lotus, Écrits, 1011), qui nous permet d’atteindre tous nos objectifs. Nous avons des compagnons, des amis dans notre lutte commune pour la vérité et la justice, en qui nous pouvons avoir une confiance absolue. Dans les moments difficiles en particulier, nous nous encourageons mutuellement, nous faisons preuve du courage d’un roi-lion et nous pouvons montrer la puissance indéfectible de notre unité. En tirant le meilleur parti des qualités uniques qui sont les nôtres, continuons à élargir notre réseau d’amis qui partagent nos idées et remportons des victoires retentissantes pour un monde meilleur en œuvrant ensemble de manière harmonieuse, positive et joyeuse, selon le principe « différents le corps, un en esprit ». Faisons fleurir triomphalement les cerisiers du mouvement Soka sur le lieu où nous avons choisi d’accomplir notre mission, comme le symbole de l’espoir d’un avenir radieux où prévaudra le respect de la dignité de la vie et où les êtres humains pourront coexister en harmonie et dans la paix.

Étude bouddhique

La jeunesse et la foi –  s’éveiller à notre dignité et à celle des autres

Mon maître, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, disait souvent aux jeunes : « N’ayez pas peur ! Vivez fièrement, tels des lions ! » Le président Toda accordait la plus grande valeur aux jeunes et il les encourageait toujours chaleureusement. Il exprima son espoir que chacun d’eux « rassemble le courage d’un roi-lion » et devienne un vainqueur dans la vie, sans se laisser terrasser par les difficultés, quelles qu’elles soient. Depuis l’époque de notre président-fondateur, Tsunesaburo Makiguchi, former des jeunes et faire apparaître les responsables de la prochaine génération ont toujours constitué la tradition et l’esprit de la Soka Gakkai. Les jeunes recherchent un mode de vie authentique Lors d’une interview pour la station de radio de Tohoku [en décembre 1956], on demanda à M. Toda : « Pourquoi la Soka Gakkai compte-t-elle autant de jeunes parmi ses membres ? » Sa réponse fut très claire : « Parce que nous avons une philosophie profonde. » « Les jeunes, poursuivit-il, recherchent une philosophie de vie. Cette quête les amène à gravir des sommets de plus en plus élevés. Et plus ils grimpent, plus grande est leur joie, ce qui explique pourquoi, une fois qu’ils ont rejoint la Soka Gakkai, ils ne la quittent pas. » Ce sont les paroles d’un grand éducateur qui se souciait toujours chaleureusement des jeunes en quête d’un mode de vie authentique et qui les soutenait. J’entends encore résonner la voix de M. Toda, pleine d’affection et bienveillante. Gravir ensemble le sommet de kosen rufu « Je suis la même voie qu’eux, poursuivit M. Toda. Je fais simplement un pas ou deux, c’est tout. Je ne prétends pas avoir atteint le sommet. Je dis plutôt : “Allons ensemble vers le sommet !” » Cette invitation à rechercher ensemble la vérité bouddhique a dû encourager d’innombrables jeunes. Nous nous engageons dans l’étude bouddhique au sein de la Soka Gakkai pour apprendre ensemble les principes du bouddhisme, nous développer et gravir les sommets de kosen rufu et de l’atteinte de la bouddhéité en cette vie. Juillet est le mois de la jeunesse au sein de la Soka Gakkai. En priant pour le développement dynamique de tous mes chers amis des départements des jeunes hommes, des jeunes femmes, des étudiants et du groupe Avenir 1, j’aimerais aborder cette fois-ci deux écrits de Nichiren qui traitent du thème de la jeunesse et de la foi. Étudions d’abord Sur l’offrande d’un pâté de sable (WND-II, 499-502), une lettre exprimant l’espoir infini que Nichiren plaçait dans les jeunes. « Il est dit [dans le chapitre « Le maître de la Loi » (10e)], qui figure dans le quatrième volume du Sûtra du Lotus : “Si, durant un certain kalpa 2, / une personne, en quête de la voie du Bouddha, / joint les mains en ma présence / et récite d’innombrables vers en mon honneur, / elle obtiendra d’immenses bienfaits / pour avoir loué le Bouddha. / Admirer et faire l’éloge de ceux qui préservent ce Sûtra / procureront une bonne fortune plus grande encore.” (SdL-X, 166) « Ce passage souligne que l’on obtiendra de plus grands bienfaits en faisant des offrandes au Pratiquant du Sûtra du Lotus, si détesté en ce monde mauvais de l’époque de la Fin de la Loi, qu’en faisant des offrandes au Bouddha pendant tout un kalpa moyen 3. Vous vous demandez peut-être qui fait une déclaration aussi extravagante, eh bien, c’est tout simplement le Bouddha Shakyamuni, le seigneur des enseignements lui-même. Il ne dépend que de vous d’en douter ou d’y croire. » Sur l’offrande d’un pâté de sable, WND-II, 499 4 Le développement de Tokimitsu réjouit profondément Nichiren Nichiren envoya cette lettre en novembre 1274 à son jeune disciple Nanjo Tokimitsu, qui lui avait fait des offrandes sincères, comportant notamment des mandarines, du konnyaku 5, des racines de bardane et d’autres articles. En mai 1274, Nichiren quitta Kamakura pour s’installer au mont Minobu. Juste deux mois plus tard, en juillet, le jeune Tokimitsu, alors âgé de 16 ans 6  et animé par un fervent esprit de recherche, vint lui rendre visite. Cela faisait environ dix ans que Nichiren n’avait pas rencontré Tokimitsu, qui était à l’époque un enfant. Il fut vraiment ravi de voir combien ce dernier avait grandi jusqu’à devenir un magnifique jeune homme qui avait hérité de la foi bouddhique de son défunt père 7. Dans cette lettre, écrite environ quatre mois après la visite de Tokimitsu, Nichiren exprime les espoirs illimités qu’il place dans l’avenir de ce jeune successeur. Il cite ici un passage tout à fait extraordinaire du chapitre « Le maître de la Loi » du Sûtra du Lotus (10e). Il y est dit que les bienfaits acquis en faisant des offrandes à ceux qui adoptent le Sûtra du Lotus – tout particulièrement à ceux qui le pratiquent à l’époque de la Fin de la Loi – surpassent les bienfaits acquis en faisant des offrandes au Bouddha Shakyamuni qui a enseigné le Sûtra du Lotus. Nichiren qualifie même cette déclaration d’« extravagante » (WND-II, 499). Pourtant, explique-t-il, c’est bien ce qu’enseigne le Sûtra du Lotus. Tels sont bien les mots employés par Shakyamuni, le seigneur des enseignements. En définitive, dit Nichiren, il incombe à Tokimitsu de choisir d’y croire ou non. Une foi authentique vient de l’intérieur. C’est nous-mêmes qui décidons de la faire apparaître. Nichiren encourage ici Tokimitsu à suivre la foi de sa propre initiative et de son plein gré. Les pratiquants du Sûtra du Lotus sont d’une noblesse suprême Le chapitre « Le maître de la Loi » établit clairement que l’offense consistant à calomnier ceux qui adoptent le Sûtra du Lotus et le bienfait consistant à faire leur éloge et à leur faire des offrandes sont plus grands que l’offense consistant à calomnier Shakyamuni ou le bienfait consistant à le louer et à lui faire des offrandes. Cela transmet indéniablement la véritable intention de Shakyamuni. C’est la déclaration du Bouddha. Dans le Sûtra du Lotus, Shakyamuni prédit l’illumination des disciples auditeurs de son époque et ses prédictions s’achèvent dans le chapitre précédent (9e) intitulé « Prophétie aux novices et aux disciples confirmés ». Puis, à partir du chapitre « Le maître de la Loi », l’attention porte sur ce thème majeur : qui propagera largement la Loi dans l’époque mauvaise suivant la disparition du Bouddha Shakyamuni ? Ce thème apparaît après la révélation dans le Sûtra que ceux qui adoptent et propagent l’enseignement correct en cette ère troublée sont d’une noblesse authentique. Du point de vue de la Loi ou de l’enseignement, le bienfait acquis en propageant la Loi merveilleuse [Nam-myoho-renge-kyo], l’essence du Sûtra du Lotus, à l’époque de la Fin de la Loi, est incommensurable. Shakyamuni et tous les autres bouddhas ont, à l’origine, atteint l’illumination grâce au pouvoir de Nam-myoho-renge-kyo. C’est pour cela que le bienfait découlant de la propagation de la Loi de Nam-myoho-renge-kyo est incommensurable. Par ailleurs, du point de vue de la personne, le chapitre « Le maître de la Loi » explique que les bodhisattvas, qui ont acquis le même état de vie que le Bouddha et ont fait le vœu de contribuer à guider tous les êtres humains vers l’illumination, propageront le Sûtra du Lotus à l’époque mauvaise de la Fin de la Loi. Ces bodhisattvas renoncent délibérément à leur rétribution karmique positive, qui leur aurait permis de renaître dans une Terre pure et choisissent de naître en ce monde saha 8 si troublé pour s’engager dans la pratique de bodhisattva consistant à soulager les souffrances des autres. Cela correspond au concept « choisir délibérément le karma qui convient 9 ». Il est dit dans le chapitre « Le maître de la Loi » que chacun de ces bodhisattvas « est l’envoyé de l’Ainsi-Venu. Il a été dépêché par l’Ainsi-Venu et accomplit l’œuvre de l’Ainsi-Venu. » (SdL-X, 164) Ces personnes sont les protagonistes de la propagation du Sûtra du Lotus à l’époque mauvaise de la Fin de la Loi. Et en tant qu’envoyés de l’Ainsi-Venu, elles accomplissent la même tâche que l’Ainsi-Venu 10. Par conséquent, dans le contexte qui est le leur, ceux qui vivent à l’époque de la Fin de la Loi, plutôt que de recevoir des instructions directes de Shakyamuni, se relient à l’enseignement bouddhique correct et pénètrent sur la voie de la foi en rencontrant ces bodhisattvas qui ont fait le vœu de mener tous les êtres humains à l’illumination. C’est ce qui fait toute la grandeur des pratiquants du Sûtra du Lotus à l’époque de la Fin de la Loi. Le déroulement de kosen rufu à l’époque de la Fin de la Loi Le chapitre « Le maître de la Loi » précède la Cérémonie dans les Airs 11  et les bodhisattvas surgis de la Terre 12 n’ont donc pas encore fait leur apparition. Néanmoins, ce chapitre fait référence aux bodhisattvas qui « choisissent délibérément le karma qui convient » et apparaissent à l’époque suivant la disparition de Shakyamuni pour enseigner le Sûtra du Lotus afin de guider ceux qui souffrent vers l’illumination. Il explique aussi que ces bodhisattvas devront être prêts à propager le Sûtra du Lotus en se confrontant aux vents hostiles des oppositions et des persécutions, et que c’est là le schéma immuable du développement de kosen rufu à l’époque de la Fin de la Loi. C’est ce qu’exprime le chapitre « Le maître de la Loi » : « Puisque haine et jalousie envers ce Sûtra abondent en ce monde du vivant même de l’Ainsi-Venu, ne seront-elles pas pires encore après sa disparition ? » (SdL-X, 166) Les 11e et 13e chapitres, « L’apparition de la Tour aux trésors » et « Exhortation à la persévérance », identifient aussi clairement les obstacles qui se dressent lorsque l’on propage l’enseignement bouddhique à l’époque de la Fin de la Loi, notamment « les six actes difficiles et les neuf actes faciles 13  » et « les trois puissants ennemis 14 ». Si un magnifique bouddha doté d’attributs surnaturels 15  pouvait apparaître à l’époque mauvaise suivant la mort de Shakyamuni pour mener les êtres humains à l’illumination, de telles difficultés n’apparaîtraient peut-être pas. Mais les personnes ordinaires considéreraient alors ce Bouddha comme un être surnaturel sans aucun rapport avec leur vie, et ils attendraient passivement qu’il leur apporte le Salut. Dans ce cas, ils ne pourraient pas s’éveiller à leur dignité intrinsèque, c’est-à-dire à leur nature de bouddha. Si nous, personnes ordinaires, avons le courage de partager l’enseignement bouddhique en cette époque troublée, il est certain que nous rencontrerons les mêmes oppositions que le bodhisattva Jamais-Méprisant 16. Mais si nous faisons apparaître notre foi et poursuivons notre marche quand nous sommes confrontés à des réactions hostiles – à l’image du bodhisattva Jamais-Méprisant qui refusa de se laisser intimider et poursuivit constamment sa pratique consistant à révérer les autres –, nous pouvons faire jaillir notre état de bouddha et établir un magnifique état de vie. La lumière intérieure émise par ceux qui ont remporté une victoire éclatante sur ces difficultés illuminera tous ceux qui les entourent et permettra même à ceux qui se sont autrefois opposés au bouddhisme de s’éveiller à leur dignité intérieure et à leur valeur. Ainsi, on verra des personnes briller les unes après les autres, tels des êtres d’une noblesse infinie, en créant une multitude de tours aux trésors. Telle est la formule pour réaliser kosen rufu à l’ère suivant la disparition de Shakyamuni. En tant que pratiquant du Sûtra du Lotus à l’époque de la Fin de la Loi, Nichiren a propagé l’enseignement correct lorsqu’il a été confronté à des menaces mettant sa vie en péril. Par la suite, dans la même lettre, il explique à Tokimitsu ce qu’il ressent, ainsi que la détermination qui l’a animé et les actions qu’il a décidé d’entreprendre. « Moi, Nichiren, avais le profond espoir d’aider ce pays, le Japon, mais ses habitants, de haute comme de basse condition, semblaient tous s’être résignés à sa destruction, et non seulement ils ne tinrent aucun compte de mes conseils mais en plus ils me traitèrent à maintes reprises de façon hostile. Ne pouvant faire autrement, je me suis retiré dans cette forêt de montagne. » (WND-II, 500) Se dresser pour agir et remporter la victoire au côté de notre maître Pour conclure cette lettre, Nichiren décrit ses efforts inlassables pour exprimer la vérité en écrivant : « Pendant les vingt dernières années ou plus, [depuis que j’ai proclamé mon enseignement] 17, je n’ai jamais épargné ma voix. […] Même si les autres peuvent nous calomnier, nous sommes les maîtres de la Loi et nous n’y prêtons aucune attention. » (WND-II, 500-501) En se présentant lui-même comme un exemple de pratiquant qui, en accord avec les enseignements du Sûtra du Lotus, a lutté de toutes ses forces face à l’adversité, Nichiren espérait sans aucun doute transmettre son engagement inébranlable pour kosen rufu à son jeune disciple. Je ressens qu’en décrivant la réalité de sa lutte pour mener les êtres humains à l’illumination, le maître appelle ici son disciple à se dresser à ses côtés afin que tous deux puissent agir et remporter ensemble la victoire. Lorsqu’il apprit les nobles efforts de Nichiren, Tokimitsu trouva sans aucun doute l’inspiration pour se dresser à son tour avec une profonde détermination. Durant toute sa vie, Nichiren transmit inlassablement la Loi merveilleuse tout en étant sans cesse confronté à des difficultés. C’est ainsi qu’il se consacra au bonheur des autres. Cela illustre l’esprit du Sûtra du Lotus, qui enseigne que tous les êtres humains peuvent atteindre l’illumination. Son noble engagement altruiste qui l’amenait à transmettre le bouddhisme l’incita aussi à adresser des remontrances aux autorités de son époque. On peut en voir un exemple dans son écrit Nouvelle lettre au moine séculier Yadoya inclus pour la première fois dans la nouvelle édition japonaise du Nichiren Daishonin gosho zenshu 18 (Les Œuvres complètes de Nichiren). « Un mois s’est écoulé depuis que je vous ai envoyé ma lettre lors du huitième mois et, intentionnellement ou non, vous ne m’avez pas encore répondu. Voilà qui pèse lourdement sur mon cœur. Peut-être avez-vous oublié du fait de vos nombreuses occupations. Ou peut-être suis-je devenu trop insignifiant pour justifier que l’on m’écrive ne serait-ce qu’une seule ligne 19. « Il est dit dans un Sûtra : “Le lion ne dédaigne pas le petit lièvre pas plus qu’il ne redoute l’énorme éléphant .” « La voie ultime dans l’étude du bouddhisme consiste à donner délibérément notre vie pour nous acquitter de notre dette de reconnaissance envers notre pays. Ce que je fais, ce n’est donc pas pour mon propre bien. » Nouvelle lettre au moine séculier Yadoya 21, GZ nouvelle édition, 853 « Ce n’est donc pas pour mon propre bien » Au début de l’année 1268, une lettre officielle de l’empire mongol exigeant que le Japon se soumette [avec une menace d’invasion si cette exigence n’était pas satisfaite] provoqua un terrible choc au sein du gouvernement militaire de Kamakura. La calamité de ­l’invasion étrangère prédite par Nichiren dans son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays [envoyé à Hojo Tokiyori en 1260] (Écrits, 7-32) semblait imminente. Nichiren avait à nouveau pris des mesures pour adresser des remontrances au gouvernement, en s’adressant cette fois au régent Hojo Tokimune  qui venait de prendre les rênes du pouvoir [en mars de cette année-là]. [Comme lorsqu’il avait envoyé son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays huit ans plus tôt], il avait eu recours à un intermédiaire, le moine séculier Yadoya 23, un fonctionnaire de haut rang du gouvernement de Kamakura. Mais en lisant la Lettre au moine séculier Yadoya (WND-II, 312), écrite en août de cette année-là, nous pouvons en déduire qu’il n’y eut pas de réponse du gouvernement. La nouvelle lettre au moine séculier Yadoya, composée en septembre, soit un mois plus tard, fut une deuxième tentative de Nichiren pour inciter Yadoya à transmettre sans tarder ses préoccupations à Tokimune. Nichiren s’engagea ensuite dans une lutte par les mots avec un cœur de lion contre les dirigeants du pays à Kamakura. Il déclara : « La voie ultime dans l’étude du bouddhisme consiste à donner définitivement notre vie pour nous acquitter de notre dette de reconnaissance envers notre pays. Ce que je fais, ce n’est donc pas pour mon propre bien. » (GZ, 853) Ces paroles expriment la conviction qui a constamment animé Nichiren tout au long de sa vie. Dans d’autres écrits, il déclare : « Je ne dis tout cela que pour le bien du pays, pour le bien de la Loi, pour le bien des autres, non pour mon propre bien. » (Les raisons d’écrire Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays, Écrits, 166) et « je ne parle pas pour mon propre bien mais pour le bien des divinités, pour le bien du souverain, pour le bien du pays et pour le bien de tous les êtres vivants. » (Lettre à Hojo Tokimune, WND-II, 315) Nichiren était une personne d’une grande noblesse, caractérisée par un profond altruisme.Il risqua sa vie en adressant de sévères remontrances aux autorités, non pour son propre bien mais pour la sécurité et le bonheur des êtres humains, et pour bâtir une société paisible. Par ailleurs, comme le montrent ses lettres à Nanjo Tokimitsu, il manifestait envers chacun de ses disciples une chaleur humaine et une sollicitude extrêmes. Ces deux attitudes sont l’expression de sa compassion. Elles incarnent l’esprit du Sûtra du Lotus et la lutte pour établir l’enseignement correct pour la paix dans le pays. Par ailleurs, dans ses efforts pour protéger les personnes, Nichiren réfuta les enseignements erronés qui allaient à l’encontre du véritable esprit du bouddhisme. Et il s’engagea dans une grande lutte par les mots en critiquant sévèrement les dirigeants du pays qui ignoraient la souffrance du peuple. Il persista inlassablement dans sa lutte pour cette grande cause sur la base des enseignements bouddhiques. Lorsque les jeunes se dressent en tant que successeurs Nanjo Tokimitsu, qui se dressa en tant que jeune disciple de Nichiren, subit par la suite des pressions de ses proches pour renoncer à sa foi dans le Sûtra du Lotus. Dans une lettre datée de mai 1277 intitulée L’œuvre de Brahma et de Shakra (Écrits, 804-808), Nichiren rappela à Tokimitsu, dont il connaissait la fougue, que des persécutions dues à une haine et à une jalousie encore plus fortes qu’au temps de Shakyamuni 24  attendaient inévitablement ceux qui adoptent le Sûtra du Lotus à l’époque de la Fin de la Loi. C’est leur destin. Et il exhorta alors son disciple à rester inébranlable face aux attaques des fonctions démoniaques. Tokimitsu reçut des instructions de Nichiren et se développa, année après année, en luttant de la façon qui convenait en tant que jeune successeur suivant les pas de son maître. Il fut alors confronté à un défi considérable : la persécution ­d’Atsuhara 25. Quand ses compagnons de pratique furent persécutés, Tokimitsu se dressa avec la détermination d’un lion pour les protéger, allant même jusqu’à en héberger certains. À la fin de La Porte du dragon, une lettre écrite en 1279 (Écrits, 1012-1014), soit cinq ans après leur rencontre si cruciale au mont Minobu, Nichiren s’adresse à Tokimitsu en le surnommant « Ueno le vertueux » [Tokimitsu étant également connu sous le nom de Ueno, le village d’où il était originaire] (Écrits, 1013). Par ces mots, il fait très sincèrement l’éloge des vaillants efforts de son disciple. Il accorde à ce jeune de 21 ans 26 le titre de « Ueno le vertueux », ce qui revient à lui reconnaître une grande maturité et une profonde sagesse. C’est, selon moi, la manifestation du puissant encouragement d’un maître rendant hommage à la lutte intrépide engagée par un disciple qui, année après année, est toujours resté à ses côtés. La relation de maître et disciple en bouddhisme consiste à adopter les mêmes grands idéaux et à agir ensemble en suivant le même chemin. Dans le Sûtra du Lotus, nous trouvons ce passage : « Les personnes qui avaient entendu la Loi / demeurèrent ici et là / dans diverses terres de bouddha. » (SdL-VII, 144) Ces paroles traduisent le vœu des maîtres et disciples de lutter loyalement ensemble, vie après vie, en suivant la pratique de bodhisattva afin de soulager les souffrances humaines. Vivre pour un vœu commun Nichiren encourage ainsi Nanjo Tokimitsu [dans sa lettre La Porte du dragon] : « Je désire que tous mes disciples fassent un grand vœu […] En définitive, nul n’échappe à la mort. Les souffrances à ce moment-là seront tout à fait identiques à celles que nous connaissons actuellement. Puisque la mort surviendra de toute façon, vous devriez avoir le désir d’offrir votre vie pour le Sûtra du Lotus. Considérez une telle offrande comme une goutte de rosée qui rejoint l’océan ou un grain de poussière retournant à la terre. On lit dans un passage du troisième volume du Sûtra du Lotus : “Nous vous supplions pour que les mérites obtenus grâce à ces offrandes s’étendent au loin et à chacun, afin que les autres êtres ordinaires et nous-mêmes puissions parvenir ensemble à la Voie du Bouddha.” [SdL-VII, 136] » (Écrits, 1013) En chérissant un grand vœu, nous pouvons établir un vaste état de vie. En consacrant notre vie à l’accomplir, nous tirons le maximum de notre potentiel illimité. En partageant ce vœu avec les autres, nous élargissons joyeusement le cercle de l’amitié, forgeons des liens de confiance et faisons à la fois briller notre dignité et celle des autres. M. Toda disait souvent : « Plus grands sont nos idéaux, plus notre vie deviendra grande. Nul ne peut devenir un véritable dirigeant sans travail ni efforts acharnés. » Telle est la signification de la formule « afin que les autres êtres ordinaires et nous-mêmes puissions parvenir ensemble à la Voie du Bouddha » (SdL-VII, 136), citée dans le passage ci-dessus. En consacrant notre vie à kosen rufu avec nos compagnons de pratique et en nous entraînant à la pratique de bodhisattva, nous brisons la coquille de notre ego, qui correspond à notre plus petit soi. Nous établissons une vie fondée sur notre véritable grand soi et nous la menons avec audace. Nous pouvons alors accumuler les trésors éternels du cœur et mener des vies épanouies et victorieuses, empreintes de joie et de confiance Tel est l’objectif ultime de notre pratique bouddhique. Les jeunes qui font preuve d’esprit de recherche dans leur quête d’un bonheur indestructible peuvent aussi avancer avec confiance sur la noble voie conduisant à l’amélioration de la société. Ils peuvent vivre leur jeunesse en ayant une direction, un objectif et une conviction clairs. Il n’y a pas de plus grande bonne fortune. Lorsqu’ils chérissent dans leur cœur un grand idéal et n’épargnent pas leurs efforts pour le concrétiser, les jeunes du mouvement Soka sont des trésors ; ils peuvent jouer alors un rôle moteur afin de façonner l’avenir de l’humanité. Les espoirs que le monde place en vous sont plus grands que jamais. Faire de la philosophie de la dignité de la vie la bannière de notre époque Le Pr Helwig Schmidt-Glintzer, superviseur de l’édition allemande des écrits de Nichiren, a déclaré : « Nichiren démontre par sa propre vie que, même dans les circonstances les plus hostiles, confiance et espoir peuvent rester bien présents. Puisque tous les êtres vivants possèdent la nature de bouddha, il est important de révéler ce potentiel 27. » Le professeur exprima avec une profonde lucidité que, même dans le contexte de la culture européenne, on peut parvenir à une compréhension profonde du bouddhisme de Nichiren et son idéal altruiste de bodhisattva peut alors permettre de changer la société pour le mieux. Il dit aussi que, en s’unissant avec les personnes et les institutions qui partagent le même esprit qu’elle, la Soka Gakkai lutte pour le bonheur individuel et la paix mondiale – en d’autres termes pour le bonheur pour soi et pour les autres. Des personnes réfléchies du monde entier reconnaissent la grande portée des contributions de la Soka Gakkai qui promeut la philosophie du respect de la vie afin d’en faire la bannière de notre époque. Illuminer l’avenir du monde M. Toda a dit : « Les qualités qui définissent la jeunesse sont la passion et le sens de l’observation. Tant que vous posséderez ces qualités, vous ne vieillirez pas. » La passion et l’énergie de la jeunesse, le sens de l’observation ainsi que l’unité et les actions des jeunes hommes et jeunes femmes du mouvement Soka sont un phare d’espoir qui illumine l’avenir du monde. Le monde recherche une philosophie permettant de créer des valeurs infinies à l’avenir. Voici enfin venue l’ère de la jeunesse Soka. C’est maintenant le moment de lutter de toutes vos forces ! Je prie profondément pour le développement, la victoire et les brillantes réalisations de tous nos jeunes champions du mouvement Soka, qui sont tous de courageux bodhisattvas surgis de la Terre.

Étude bouddhique

L’esprit fondateur de l’université Soka (1)

Sur la colline tapissée d’azalées rouge vif, des papillons blancs dansent ici joyeusement, et le parfum des jeunes feuilles vertes des cerisiers enveloppe le vaste campus… À chaque fois que je me rends dans le quartier de Hachioji [à Tokyo] au mois de mai, en cette douce saison précédent le début de l’été, mon cœur s’emplit de joie et j’ai envie d’entonner le chant des étudiants de l’université Soka. À cette époque de l’année, l’université Soka, fière citadelle du savoir, se dresse majestueusement sur sa colline verdoyante et fleurie. Quel magnifique lieu d’espoir et d’éveil, où rayonnent le cœur et l’intelligence de la jeunesse ! Ce 3 mai [2002] marque également le premier anniversaire de la fondation de l’université Soka d’Amérique (SUA), à Aliso Viejo, qui ouvrit ses portes l’année dernière en tant qu’institution d’études supérieures, dédiée aux étudiants et à leur développement en tant que futurs protagonistes de la paix. Une multitude de dossiers d’inscription pour la deuxième promotion (2006) viennent de pays du monde entier et, après une sélection rigoureuse, près de cent nouveaux étudiants ont été admis. Je me réjouis que l’université Soka d’Amérique ait pris un si magnifique départ. En tant que fondateur, je souhaite exprimer ma sincère gratitude envers toutes celles et ceux qui travaillent avec tant d’ardeur pour assurer son succès. *** Le grand poète indien Rabindranath Tagore a écrit : « Nous devons savoir que cette concentration de forces intellectuelles dans [notre] pays est la mission la plus importante d’une université, car elle est comme le noyau d’une cellule vivante, le centre de la vie créative et de l’esprit national 3. » Si nous considérons que notre « pays » correspond au monde entier, nous pouvons considérer que l’expression « esprit national » signifie « esprit universel ». Quelle est l’essence même de l’université ? Ses étudiants. Je souhaite clairement souligner ce point. C’est pour cette raison que, depuis les prémices de l’élaboration de l’université Soka, j’ai sans cesse insisté sur le fait que l’école est destinée aux étudiants. Il ne doit donc jamais y avoir de confrontation entre les étudiants et les professeurs. Leur relation doit être celle de personnes partageant un même esprit et animées du désir d’apprendre. La relation entre aînés et cadets devrait être démocratique. […] En ce qui concerne l’administration de l’université Soka, la participation des étudiants doit donc être largement encouragée et créée dans l’espoir de constituer une communauté éducative idéale. J’ai évoqué ces points à l’époque où les étudiants manifestaient et bloquaient les campus dans tout le Japon, à la fin des années 1960. Témoin de ces conflits, j’ai voulu établir un authentique siège du savoir et de l’éducation le plus rapidement possible. J’ai proposé que soit avancée l’inauguration de l’université Soka, ce que nous avons réalisé dès le mois d’avril 1971, soit deux ans plus tôt que prévu. *** Malheureusement, il m’était impossible de participer à cette première cérémonie de rentrée historique à l’université Soka. Les étudiants de cette première promotion étaient profondément déçus. Ils étaient venus dans cette école flambant neuf, porteuse de nobles idéaux bien qu’elle n’ait encore ni passé ni traditions, avec le désir passionné de contribuer à en faire une grande université. En tant que fondateur, cela me brisait aussi le cœur de ne pas pouvoir être avec eux ce jour-là. Mais, j’ai veillé de loin sur les événements de la journée, priant intérieurement pour que les professeurs et le personnel de l’université Soka accueillent chaleureusement cette première promotion et orientent l’université dans la bonne direction, en s’appuyant sur des objectifs et un sens des responsabilités communs. Malheureusement, il s’avéra que certains membres enseignants souhaitaient que mon rôle en tant que fondateur se limite uniquement à soutenir financièrement l’université, sans aucun droit de regard sur quoi que ce soit. *** Au fil des mois qui suivirent l’inauguration, les étudiants demandaient de plus en plus souvent pourquoi je ne me rendais pas à l’université et ce qu’ils pouvaient faire pour que je vienne. Beaucoup s’attristaient de cette situation et ne comprenaient pas les raisons de mon absence. Certains disaient même qu’ils ne se seraient pas inscrits s’ils avaient su que je ne m’y rendrais jamais. En août de cette année-là, j’eus l’opportunité de dialoguer avec un groupe de représentants du département des étudiants. Parmi eux, un étudiant de l’université Soka me supplia de venir. Quand je lui demandais si un événement particulier était prévu, il hésita et finit par dire : « Nous organisons un festival à l’automne. — Je vois. Si je reçois une invitation des étudiants, alors je promets de venir », répondis-je. En réalité, à l’époque, aucun projet de festival n’était envisagé. Ce fut cette conversation qui poussa les étudiants à commencer à préparer cet événement. Je participai à ce premier festival de l’université avec beaucoup d’espoir et de joie. C’est le seul événement organisé par l’université auquel j’ai assisté lors de cette première année. De jeunes étudiants radieux me montrèrent les objets exposés, et j’écoutai attentivement leurs explications. Je passai plus de trois heures à visiter toutes les salles de classe et, malgré ma lassitude, quand je vis les visages souriants et heureux des étudiants, ma fatigue s’envola. *** L’année suivante (en 1972), toujours à l’invitation des étudiants, j’ai assisté au premier festival de Takiyama, organisé par les internes durant l’été, et j’étais également présent au deuxième festival de l’université Soka à l’automne. Lors de la réunion commémorative liée à cet événement dans le gymnase de l’université Soka, j’ai lancé cet appel aux étudiants : « J’espère que chacun de vous, étudiant des premières et deuxièmes promotions, se considérera comme le fondateur de cette université et fera des efforts avec cet esprit. » Les jeunes présents ce jour-là purent étudier à l’université Soka parce qu’elle fut inaugurée deux années plus tôt que prévu ; ils possédaient à ce titre une mission véritablement merveilleuse et insondable. Je voulais que chacun soit fier d’être un protagoniste de la construction de l’université Soka. « Soyez un fondateur de l’université » – c’est là l’esprit de l’université Soka qui doit être transmis de génération en génération, pour l’éternité. Lors de ce festival, le nouveau chant des étudiants fut interprété pour la première fois, avant que je prononce mon discours. Il avait été achevé à l’aube le matin même et une chorale avait été hâtivement réunie pour l’interpréter pour la première fois devant les pratiquants. Comme il y avait relativement peu d’étudiants dans ces deux premières promotions, tous étaient responsables de plusieurs salles ou stands de nourriture, et réunir toute une chorale fut une tâche difficile. Ce fut seulement après avoir appelé tous les candidats possibles, et même encouragé quelques étudiants qui préparaient des concours nationaux à participer, qu’il fut possible de former une chorale suffisamment grande. Après avoir écouté leur interprétation émouvante, j’ai suggéré quelques modifications aux paroles pour améliorer le chant, en remplaçant notamment « tels des éclairs blancs, les papillons dansent joyeusement » par « des papillons dansent ici joyeusement », et « la brise du début de l’été frémit dans les airs » par « la brise du début de l’été frémit dans le ciel ». Je laissai les étudiants prendre la décision finale, mais ils acceptèrent immédiatement mes suggestions. Le chant des étudiants fut achevé grâce à notre passion commune, aux jeunes fondateurs et à moi, de créer une magnifique institution du savoir. Cette année marque le 30e anniversaire de ce chant. *** Une université de premier plan est une institution qui consacre toute son attention aux étudiants. Beaucoup de grands universitaires et spécialistes avec qui j’ai eu l’occasion de dialoguer à travers le monde partagent ce point de vue selon lequel les étudiants sont d’une importance capitale. Sous la direction du directeur Viktor Sadovnichiy, l’université d’État de Moscou envoie ses professeurs dans tout le pays en vue de repérer des étudiants brillants pour les encourager à s’inscrire dans cette université. Je suis profondément impressionné par ces efforts pour réunir des jeunes pleins de talent, qui prendront la responsabilité de l’avenir de la Russie au xxie siècle et à qui sera confiée la tâche de réaliser la paix mondiale. Prem Chand Patanjali, le vice-chancelier de l’université Purvanchal en Inde, se tient en permanence disponible et garde toujours sa porte ouverte aux étudiants pour qu’ils puissent venir lui parler, même sans rendez-vous. Il ajoute que, en tant que vice-chancelier, il se doit de consacrer son temps aux étudiants, car ils ont la priorité sur tout le reste. Il insiste également sur le fait que l’éducation doit être centrée sur les étudiants. Je partage totalement cet avis. J’ai, moi aussi, consacré mon temps à veiller sur les étudiants et à les soutenir. Cela a pu être épuisant à certains moments de ma vie et parfois ma santé en a pâti, mais quoi qu’il en soit, je me suis toujours engagé auprès d’eux sans me ménager et j’ai sans cesse poursuivi le dialogue. Peu m’importe si je m’effondre ensuite, je souhaite contribuer coûte que coûte à leur développement. Cela devrait également être la ferme détermination de chaque enseignant, et l’attitude de chaque professeur et membre du personnel de l’université Soka, une institution axée sur les étudiants. Lors du deuxième festival de Takiyama (en 1973), j’ai déployé toute mon énergie pour encourager les étudiants durant les trois jours que durait cet événement. En sueur sous la chaleur accablante du soleil d’été, je me souviens leur avoir lancé cet appel : « Je me tiens aux côtés des étudiants. Je travaillerai de toutes mes forces et ferai tout ce que je peux pour vous encourager. Même si mon état de santé devait me contraindre à m’immobiliser, je poursuivrai mes efforts pour vous soutenir et vous protéger ! » C’est mon esprit en tant que fondateur – qui reste inchangé aujourd’hui encore, et je le garderai jusqu’au dernier jour de ma vie.

Citations

Citations de Daisaku Ikeda – l’art de soutenir les autres

XXI. L'art de soutenir les autres Ceux qui ne peuvent pas manifester une véritable empathie à l’égard des autres ne pourront jamais exceller en tant que responsables. En effet, une grande partie des maux accablant notre société résulte du trop grand nombre de personnes ayant des postes à responsabilité, qui ne s’identifient pas ou n’arrivent pas à s’identifier à la détresse de leurs concitoyens. *** Un responsable authentique soutient les jeunes et les incite à se surpasser. *** Une organisation prête à changer prospérera. Tout part d’un responsable prêt à se transformer lui-même. *** Qu’est-ce qui différencie un véritable dirigeant d’un despote ? L’attitude envers les jeunes. Le despote les manipule avec de belles paroles et ne voit dans la jeunesse qu’une ressource à exploiter pour satisfaire ses propres intérêts. *** L’esprit de défi se répand comme une traînée de poudre d’une personne à une autre. L’esprit d’initiative d’un responsable nourrit les flammes de l’enthousiasme et peut inspirer une organisation tout entière. *** Soutenir les jeunes, ce n’est pas se contenter de leur parler. C’est la profondeur avec laquelle nous nous préoccupons d’eux et la sincérité de nos interactions qui comptent. *** L’art de guider les autres consiste à veiller avec attention aux moindres détails. Il est important de connaître la situation de chaque personne, sans exception, et d’agir avec la plus grande sollicitude. Voilà ce que signifie être un véritable responsable. *** Nous cultivons la terre de notre humanité en endurant la souffrance et les épreuves. Et c’est sur cette terre que s’épanouit notre capacité à nous préoccuper sincèrement du bien-être des autres. *** Un responsable doit travailler plus que les autres et toujours lutter pour se développer. Ceux qui ont œuvré avec ardeur peuvent apprécier les efforts et les défis des autres et leur offrir un soutien *** On ne peut pas véritablement être qualifié de responsable si l’on ne forme pas des successeurs de valeur. Le véritable succès s’obtient seulement en formant des personnes de talent et en cultivant leur potentiel. *** Un grand arbre ne fait pas à lui seul une forêt. Si d’autres arbres ne s’élèvent pas à la même hauteur, il n’y aura pas de forêt. De la même manière, un véritable responsable doit se consacrer à entraîner des personnes de valeur dignes de se voir confier l’avenir. *** Toutes les personnes de grande valeur ont un point commun : la modestie. L’arrogance est le signe d’un manque de compétences véritables. *** Ce sont les dirigeants qui provoquent le déclin des organisations. Ceux qui occupent des postes de haute responsabilité devraient sans cesse lutter pour s’améliorer afin de surmonter leur tendance à l’arrogance. *** Les organisations qui soutiennent les jeunes prospéreront. Celles qui aident les jeunes à se développer croîtront. *** Ceux qui cessent de se développer ne sont pas une source d’inspiration pour les autres. L’art de guider les autres consiste d’abord à dépasser ses propres limites. *** Plutôt que de classer les gens en les jugeant compétents ou incompétents, il vaut mieux rechercher leurs qualités. Nous devrions chercher à découvrir les forces et capacités inhérentes des autres et faire leur éloge. Soutenir ou non des personnes pour qu’elles deviennent des responsables de valeur dépend de la détermination et des efforts de celles et ceux qui prennent la responsabilité de leur développement. *** La différence entre un responsable et un tyran tient au fait qu’un responsable travaille de toutes ses forces pour le bien des autres, tandis qu’un tyran fait travailler les autres pour son propre compte. *** La « grandeur » des véritables personnes de bien réside dans leur capacité à apprécier ce qui est considéré comme « ordinaire ». *** On amorce son propre déclin dès que l’on perd la volonté de se dépasser. Cela vaut pour les êtres humains et les organisations. Il faut rester actif car se relâcher, ne serait-ce qu’un peu, signifie perdre son dynamisme. Alors qu’il faut une vie entière de lutte acharnée pour construire quelque chose de valeur, il suffit d’un instant pour tout détruire. *** La véritable valeur d’un responsable se mesure à une seule réalisation : le nombre de personnes qu’il a soutenues pour faire avancer la cause qu’il défend. *** Il y a des personnes de valeur partout ; le défi consiste à les découvrir et à les entraîner. Les personnes irresponsables sont incapables de les voir et les égocentriques ne peuvent pas les former. *** C’est en prenant l’entière responsabilité que nous manifestons notre véritable grandeur. C’est à ce moment-là que notre véritable force surgit. *** La sagesse ne découle pas de notre statut. Elle se manifeste quand nous approfondissons notre sens des responsabilités. XXII. La maîtrise de soi Une personne intègre recherche la maîtrise de soi alors que la personne assoiffée de pouvoir cherche à contrôler les autres. Une personne intègre passe à l’action, travaille avec ardeur et lutte pour surmonter ses propres faiblesses tandis que la personne mue par la quête du pouvoir oblige les autres à travailler pour satisfaire ses propres intérêts, sans jamais s’interroger sur elle-même. *** Toutes les œuvres de grande littérature, ancienne ou moderne, sont un pont reliant un être humain à un autre, un esprit à un autre. La qualité de notre vie est déterminée par le nombre de ponts que nous franchissons. *** Une personne envieuse ne se tourne pas vers les personnes plus capables qu’elle et n’aspire pas à s’améliorer ; elle manigance pour les rabaisser à son niveau. De la même manière, être jaloux c’est simplement ne pas vouloir reconnaître ses propres défauts et faiblesses. *** En restant passifs, vous vous sentirez piégés et malheureux même dans l’environnement le plus libre qui soit. Mais en adoptant une approche proactive pour changer vos conditions de vie, vous vous sentirez libres même dans une situation étriquée. *** L’important n’est pas de vous comparer aux autres mais à ce que vous étiez hier. Si vous avancez ne serait-ce que d’un seul pas, vous accomplirez de grandes choses. *** Comme le diamant n’est poli qu’au contact d’un autre diamant, c’est à travers nos interactions avec les autres que nous pouvons polir notre personnalité et nous entraider à nous dépasser pour atteindre de grands objectifs. *** Le revers de l’arrogance est la lâcheté – le manque de courage qui empêche de voir la vérité en face. De même, discrimination et jalousie sont les deux faces d’une même pièce. *** C’est seulement en apprenant à transposer l’énergie déployée pour vaincre les autres en énergie pour remporter la victoire sur nous-même que nous pourrons commencer à développer notre humanisme. *** Les êtres humains ne devraient jamais renoncer à faire des efforts, tout en restant fidèles à leurs valeurs. Comment pouvez-vous savoir jusqu’où vous pouvez aller et à quel rythme, si vous ne faites pas le maximum ? Abandonner avant même d’essayer est non seulement présomptueux mais c’est un affront envers le pouvoir merveilleux de la vie qui existe en vous et irrespectueux envers vous-même. C’est en fait de la lâcheté. *** Savoir admirer la véritable grandeur chez les autres rend heureux. Cette admiration sert également à élever notre existence. En ouvrant largement les portes de notre cœur, nous pouvons élargir le champ de nos rêves et renforcer notre foi dans la vie. Être dans l’incapacité de faire l’éloge des autres et de les respecter peut conduire à une attitude rigide et à la suffisance. *** L’important est d’observer sans détour nos faiblesses, de ne pas les fuir, mais au contraire d’y faire face pour établir un soi solide que rien ne peut ébranler. Les épreuves forgent et polissent notre vie qui peut ainsi briller avec éclat grâce à la bonne fortune et aux bienfaits que nous accumulons. Même le plus magnifique joyau, s’il reste dans sa gangue, sans être poli, ne brillera pas. Cela s’applique également à notre vie. *** La vie des autres peut parfois nous sembler enviable. Mais vous êtes ce que vous êtes, et les autres sont ce qu’ils sont. Alors, au lieu de comparer vos joies et vos peines à celles des autres, cherchez à dépasser vos limites dans la situation où vous êtes ici et maintenant. Ceux qui adoptent ce comportement sont les véritables vainqueurs dans la vie. *** Quand vous avancez vers un objectif, les obstacles ne manquent pas de surgir en chemin, et c’est dans ces instants de vérité que commence la lutte contre vos tendances négatives. En remportant la victoire sur vos faiblesses intérieures – votre tendance à abandonner ou à faire des compromis – et en continuant à aller de l’avant, la situation changera pour le mieux. En ce sens, un vainqueur illustre ce qu’est la maîtrise de soi. *** Votre personnalité est déterminée par les défis que vous relevez pour vous dépasser et par votre façon d’aborder les problèmes. C’est ainsi que la personnalité se polit et acquiert l’éclat du diamant. XXIII. La force Vivez avec confiance, convaincus que vous êtes le « soleil ». Bien sûr, dans la vie, il y a des jours ensoleillés et des jours nuageux. Mais le soleil brille toujours derrière les nuages. Même lorsque vous souffrez, il est vital que vous luttiez pour faire briller le soleil dans votre cœur. Jour après jour, allez de l’avant, pas à pas, de toutes vos forces. L’accumulation de ces petites actions, de ces petits triomphes, aboutira à une victoire historique. *** Endurez les pressions jusqu’au bout, en gardant un esprit alerte et serein, et vous ne connaîtrez alors ni recul ni défaite. *** Même si les événements ne se déroulent pas comme vous l’aviez prévu, ne vous découragez pas et n’abandonnez pas. Ceux qui ne cessent jamais d’avancer finiront par remporter la victoire. *** Chaque épreuve est une occasion de nous renforcer, de corriger notre vie et de la faire briller d’un plus grand éclat. *** L’or reste de l’or, même s’il est enseveli dans la boue. La vérité finit toujours par l’emporter. *** Lorsqu’il est chauffé et martelé, le fer peut devenir un bon sabre. De même, le bouddhisme enseigne que notre véritable force et notre potentiel ne peuvent se forger sans épreuves. *** Il ne suffit pas d’être gentil. Si vous êtes gentil mais que vous ne vous dressez pas face à l’injustice, vous ne protégerez personne. Au contraire, vous aurez tendance à ne pas être pris au sérieux, ce qui laissera le champ libre à ceux qui commettent des injustices et leur permettra de se renforcer. *** On ne peut pas jouer un rôle de premier plan dans la vie si l’on se laisse facilement influencer par ses émotions pour des petites choses. La force de caractère consiste à affronter les drames de la vie avec courage et confiance, en pratiquant l’introspection et la maîtrise de soi en toutes circonstances. *** C’est uniquement en surmontant les problèmes et les obstacles que nous pourrons devenir véritablement forts. Si tout se passait toujours bien, nous nous reposerions sur nos lauriers et serions incapables d’établir de solides fondations pour notre vie. C’est donc en faisant nous-mêmes l’expérience de la souffrance que nous pouvons comprendre celle des autres et approfondir notre compassion. *** Notre véritable force réside dans notre empathie envers les autres et dans les actions que nous entreprenons pour leur bien. *** Les personnes qui mènent leur vie avec ténacité et esprit de défi viennent à bout de tous les obstacles auxquels elles sont confrontées, comme l’eau finit par creuser son chemin dans la roche. Soyez forts comme l’eau qui coule sans interruption, en allant toujours de l’avant. *** Décider de passer à l’action est la preuve que vous progressez. Même si vous prenez souvent des décisions que nous ne tenez que pendant deux ou trois jours, renouvelez-les. Vous deviendrez alors une personne capable de persévérer jusqu’à atteindre ses objectifs. *** La force de la volonté se modèle en entreprenant sans détour les tâches qu’il convient d’accomplir aujourd’hui. *** L’esprit humain est la plus puissante de toutes les forces. Si notre esprit reste fort, il ne connaîtra pas la défaite. Dans la vie, la défaite spirituelle précède toujours la défaite concrète. C’est pour cette raison que nous devons nous prémunir contre la paresse, la lâcheté, l’insouciance, l’impatience, la résignation et le désespoir qui érodent l’esprit humain et sèment les graines de la défaite. *** La lutte de la vie est, et sera toujours, une lutte contre ses faiblesses. Deviendrez-vous lâche et penserez-vous : « Je n’y arriverai pas, j’échouerai à coup sûr » ? Ou, allez-vous affronter les difficultés qui vous attendent avec la conviction que vous êtes fort et que vous pourrez ainsi vous renforcer davantage encore ? Votre destinée variera beaucoup en fonction de l’état d’esprit que vous saurez garder. *** Les personnes véritablement fortes ne sont pas arrogantes. La lâcheté, en revanche, engendre l’arrogance. Les lâches se cachent derrière leur pouvoir et leur autorité. *** Ce qui est facile à faire peut être facilement défait. Avancer résolument sur la voie de notre choix, pas à pas, que les autres regardent ou non ; affronter les difficultés avec la force régulière et inlassable de l’eau qui coule – c’est cette fermeté, cette intégrité et cette persévérance qui vous permettront d’établir des fondations que rien ne pourra compromettre. *** Quand nous décidons de vivre pleinement chaque instant, de toutes nos forces, en accord avec nos valeurs, et de faire briller l’instant présent, nous découvrons et faisons émerger une force immense dont nous ne soupçonnions pas l’existence.