Juin 2023

Étude bouddhique

Thème

Messages SGI

Diffuser par nos dialogues la lumière du respect de la dignité de la vie

CE SONT les profonds liens de vie à vie, qui ont le pouvoir de créer l’Histoire. Plus précisément, ce sont les efforts courageux des successeurs qui répondent à la confiance que leurs prédécesseurs placent en eux pour ouvrir une nouvelle ère. En 223, alors que Liu Bei, le fondateur du royaume de Shu Han en Chine, était sur le point de mourir, il confia l’avenir du royaume à son Premier ministre Zhuge Liang, un grand héros de la période des Trois Royaumes (220-280). [En 207], Liu Bei avait rendu visite à trois reprises à Zhuge Liang, de vingt ans son cadet, pour lui demander son soutien. Les deux hommes avaient ensuite accompli de grandes choses ensemble. Devant le souverain mourant, Zhuge Liang s’engagea solennellement à consacrer toutes ses forces et sa loyauté au service du royaume. Considérée comme un modèle, la relation entre Liu Bei et Zhuge Liang est comparée à celle des poissons et de l’eau dans laquelle ils nagent. L’histoire de Zhuge Liang portant le flambeau confié par Liu Bei brille aujourd’hui encore, dix-huit siècles plus tard, baignée par la lumière d’un dévouement éclatant. Dans L’héritage de la loi ultime de la vie et de la mort (Écrits, 216-219), Nichiren évoque cette relation pour souligner l’importance de l’unité, en déclarant que ses disciples devraient transcender « toute différence entre eux jusqu’à devenir aussi inséparables que les poissons et l’eau dans laquelle ils nagent. » (Écrits, 218) Aujourd’hui, nous, pratiquants du mouvement Soka, unis par les liens de maître et disciple, avançons ensemble en ne faisant qu’un par le cœur et l’esprit pour accomplir le grand vœu de kosen rufu, comme l’enseigne Nichiren. Il y a soixante-cinq ans, le 16 mars 1958, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, organisa une cérémonie marquant sa victoire totale. Il voulait présenter aux dirigeants du pays et à l’opinion publique les admirables jeunes du mouvement Soka qu’il avait personnellement formés. « La Soka Gakkai est reine dans le monde de la religion ! » déclara-t-il ce jour-là. C’est à cette occasion qu’il confia le flambeau de kosen rufu aux jeunes. Ce flambeau a été transmis de génération en génération. Et, maintenant, en accord avec la formule « toujours plus bleu que l’indigo », nos jeunes ne cessent de se développer et ouvrent la voie de l’expansion de notre mouvement visant à faire vivre les enseignements du bouddhisme de Nichiren dans la société. Ils agissent ainsi en étant fiers d’être des champions de l’humanité. Nos jeunes bodhisattvas surgis de la Terre progressent depuis le 16 mars (Jour de kosen rufu) vers les prochaines dates anniversaires du 2 avril (anniversaire du décès de M. Toda) et du 3 mai (Jour de la Soka Gakkai), en déployant toujours plus de force pour remporter la victoire. En luttant en première ligne au sein de notre mouvement, ces jeunes hommes et jeunes femmes du mouvement Soka sont la force dynamique qui crée un réseau toujours plus vaste, œuvrant au triomphe des personnes ordinaires. Les pratiquants du département des hommes, qui célèbrent l’anniversaire de leur département ce mois-ci [le 5 mars], refusent également d’être en reste, et ne ménagent pas leurs forces. Quand ces piliers en or de kosen rufu se dressent et passent à l’action, ils insufflent un fort sentiment de confiance et du courage à chacun. Les efforts courageux des hommes du mouvement Soka – ces héros du monde que l’on pourrait comparer à des souverains – sont décisifs pour le succès des activités bouddhiques dans leurs environnements respectifs. Après la cérémonie du 16 mars, M. Toda se reposa plusieurs jours au deuxième étage du bâtiment qui servait de bureau central pour les divers événements prévus. Durant cette période, les membres du personnel du département de la jeunesse et moi nous réunissions fréquemment au premier étage pour chanter sans cesse le Chant des internes de première année 1. M. Toda appréciait beaucoup ce chant. Cette mélodie, douce à l’oreille de notre maître malade, le réjouissait et le rassurait profondément. « Oh ! Un pétale de fleur flotte dans ma tasse… / Quand je me dresserai, je parviendrai à accomplir quelque chose / Ma vie sera couronnée par une grande réalisation… » Ces paroles trouvaient un écho profond dans notre cœur et élevaient notre esprit. Tout en chantant, nous adressions un vœu à notre maître : « Sensei ! Le département de la jeunesse aspire à de nobles réalisations. Nous accomplirons à coup sûr kosen rufu ! » Quand M. Toda commentait ce grand classique chinois, le Roman des trois royaumes, il déplorait parfois que, malgré ses talents extraordinaires, Zhuge Liang n’ait pas eu le temps ni la bonne fortune d’entraîner de bons successeurs. En revanche, nous, les jeunes du mouvement Soka de cette époque, avons eu la bonne fortune d’être formés par M. Toda qui, tel le soleil, nous enveloppait dans la chaleur de sa compassion, et nous avons œuvré à ses côtés à l’établissement d’une citadelle de personnes de valeur. La dette de reconnaissance que nous avons à son égard est véritablement immense. Je fis alors un vœu profond et pris cet engagement indéfectible : je suis né en ce monde pour que les jeunes bodhisattvas surgis de la Terre appelés par M. Toda connaissent un développement extraordinaire et soient heureux, et pour créer un courant ininterrompu de personnes de valeur qui contribuent à kosen rufu et à la société. C’est en œuvrant concrètement à kosen rufu que les jeunes se développent. La clé consiste à plonger au cœur de la société des personnes ordinaires et à relever de nouveaux défis de son plein gré – au nom du bouddhisme, du bonheur des autres et du bien-être de la société dans son ensemble. C’est ainsi que les jeunes pourront connaître une magnifique progression dans leur révolution humaine. Nichiren ne tarit pas d’éloges sur son jeune disciple Nanjo Tokimitsu, qui offrit son soutien et sa protection à de nombreux pratiquants alors qu’il était lui-même confronté à des épreuves et harcelé [par les autorités] durant la persécution d’Atsuhara 2. Il écrit : « Vous avez protégé avec tant de ferveur mes disciples à Atsuhara […] Tout cela vous arrive uniquement parce que vous avez consacré votre vie au Sûtra du Lotus. » (Le riche Sudatta, Écrits, 1095) Il dit également à Tokimitsu qu’il recevra à coup sûr de grands bienfaits dans sa vie présente (cf. Les bienfaits en cette vie, Écrits, 659). Et comme l’avait déclaré Nichiren, Tokimitsu mena une vie victorieuse dédiée à kosen rufu. Nichiren applaudirait sans aucun doute de tout son cœur les jeunes du mouvement Soka d’aujourd’hui, qui s’encouragent mutuellement et soutiennent leurs compagnons dans la foi, tout en luttant avec altruisme pour la sécurité et la prospérité ­d’autrui. Il est absolument certain que ces précieux et nobles disciples qui, durant leur jeunesse, accumulent de grandes vertus cachées, récolteront d’innombrables récompenses visibles et goûteront le grand bienfait d’être reconnus comme des phares de l’espoir par tous les habitants du Japon et du monde entier. Ce mois de mars marque le 12e anniversaire des terribles séisme et tsunami de Tohoku, advenus en mars 2011. J’offre ici mes sincères prières pour tous ceux qui ont perdu la vie dans cette catastrophe. Nos jeunes de Tohoku prennent énergiquement la tête des actions pour reconstruire et restaurer leur région. Ils organisent notamment divers séminaires pour transmettre les leçons de la catastrophe à la prochaine génération 3. Celles et ceux qui étaient en première année de collège au moment de cette catastrophe sont aujourd’hui de jeunes adultes. Qu’il est inspirant de voir le développement et les réalisations de ces jeunes au regard brillant ! Je suis profondément reconnaissant envers leurs parents et leurs aînés dans la foi pour l’attention et les efforts inimaginables qu’ils ont déployés afin de les soutenir et de veiller à leur développement. Sarah Wider, ancienne présidente de la Société Ralph Waldo Emerson aux États-Unis, a été une amie et un soutien inébranlable de notre mouvement Soka après le séisme et le tsunami. Cette année, elle a à nouveau envoyé un message sincère à nos pratiquants de Tohoku. La force des amitiés forgées face aux plus grandes difficultés insuffle, dit-elle, du courage et de l’espoir à un monde qui a besoin de profonds liens d’attention, de proximité et de soutien. Elle déclara également qu’elle était profondément inspirée par la détermination des pratiquants de Tohoku à transformer le poison en remède et par leurs efforts qui montrent au monde entier que l’on peut même transformer les pires circonstances. Nos prières et nos actions représentent des efforts inédits pour cultiver la terre de l’esprit du peuple, et une révolution pour que les arbres de la paix, de la culture et de l’éducation prospèrent et fleurissent sur cette terre fertile. L’éducateur Nitobe Inazo (1862-1933), originaire de Tohoku et ami de Tsunesaburo Makiguchi, a écrit au mois de mars : « Les plantes aux racines puissantes produisent de belles fleurs et des fruits abondants4. » Les racines de l’amitié que nos nobles pratiquants, partageant joies et difficultés, ont plantées dans leur environnement produisent maintenant les fleurs de la confiance et les fruits de l’alliance et de la solidarité. Cette année, la floraison des cerisiers a été précoce au Japon, coïncidant ainsi avec les cérémonies de remise de diplômes dans les écoles Soka, l’université Soka et la faculté pour jeunes femmes Soka 5. Nos jeunes amis du groupe Avenir 6 et du département des étudiants, ainsi que les nouveaux diplômés qui entrent dans la vie active, ont tous patiemment surmonté les défis de la pandémie de Covid-19 durant ces dernières années. Ma femme et moi prions chaque jour pour qu’ils continuent à se développer avec un esprit de résilience, tels de jeunes cerisiers qui s’apprêtent à prendre un nouveau départ. Juste à l’extérieur du Hall du Grand Vœu de kosen rufu, dans le quartier de Shinanomachi, à Tokyo, se dresse fièrement le Cerisier de la jeunesse, qui a presque le même âge que la Soka Gakkai. À la base de l’arbre, le tronc est si large qu’il faut les deux bras pour en faire le tour, et ses sillons et rainures usés par le temps ressemblent aux rides d’un sourire. Soigneusement entretenu par de sincères « gardiens de cerisier », il fleurit toujours tel un symbole de jeunesse éternelle et veille sur nos visiteurs comme une mère aimante. Le Cerisier de la jeunesse pourrait également être appelé le Cerisier des mères ou le Cerisier des Maints-Trésors. En effet, il me rappelle les femmes du mouvement Soka ainsi que nos merveilleux pratiquants du groupe Maints-Trésors 7 à travers le Japon et le monde, qui s’engagent avec tant d’enthousiasme dans des dialogues pour la paix et le bonheur des autres, en faisant éclore des fleurs d’encouragements, d’espoir, de bienfaits et du triomphe. Le président fondateur de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi, a vécu avec la force vitale éclatante d’un Cerisier de la jeunesse en pleine floraison. Il chérissait ces mots : « Si un jour vous parvenez à vous renouveler, vous pourrez le faire tous les jours et continuer ainsi constamment. » Inspiré par ces mots si chers à M. Makiguchi, je me suis lancé un nouveau défi le jour de mes 70 ans. En plus de mon roman paru en feuilleton, La Nouvelle Révolution humaine, j’ai commencé à écrire une série d’essais intitulée « Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine » (à partir de janvier 1998). Au cours du quart de siècle qui s’est écoulé depuis, j’ai écrit un certain nombre de séries d’essais sous différents titres. Cet essai est le 800e que j’ai rédigé à ce jour. Je suis profondément reconnaissant envers mes lecteurs pour le soutien qu’ils m’ont apporté tout au long de ces années. J’ai atteint ce nombre en rédigeant ces essais, les uns après les autres. Nichiren écrit : « Un ajouté à un devient deux, deux devient trois, et ainsi de suite jusqu’à dix, cent, mille, dix mille, cent mille, ou un asamkhya 8. Pourtant, “un” est la mère de tout. » (Les bienfaits du Sûtra du Lotus, Écrits, 672) Ces mots me rappellent notamment les efforts inlassables de nos pratiquants, les bodhisattvas Jamais-Méprisant du mouvement Soka qui, jour après jour, engagent des dialogues sincères et ouverts, avec une personne puis une autre, en ayant à cœur de manifester le plus profond respect envers la nature de bouddha de chacun. Dans le Recueil des enseignements oraux, Nichiren déclare : « C’est comme lorsque vous vous inclinez face à un miroir, l’image que renvoie le miroir s’incline également devant vous. » (OTT, 165). Les efforts inlassables des pratiquants du mouvement Soka pour engager des dialogues diffusent, comme un miroir lumineux, la grande lumière du respect de la dignité de la vie et de tous les êtres humains dans la société et dans le monde. Avec ce 800e essai comme nouveau point de départ, je suis déterminé à continuer à écrire – en fonction des circonstances et des lieux où ma plume me mène –, en priant sincèrement pour que tous nos pratiquants à travers le monde goûtent un avenir glorieux. Il se trouve que le nombre 800 apparaît dans un passage de l’écrit de Nichiren, Différents par le corps, un en esprit (Écrits, 622-623) : « Le roi Zhou des Yin mena sept cent mille soldats dans la bataille contre le roi Wu des Zhou et ses huit cents hommes. Pourtant, l’armée du roi Zhou fut vaincue à cause de sa désunion [litt. un par le corps, un en esprit] alors que les hommes du roi Wu l’emportèrent, grâce à leur parfaite unité [litt. différents par le corps, un en esprit]. » (Écrits, 622) Pendant la campagne d’Osaka, les pratiquants et moi-même avons gravé ces mots dans notre cœur alors que nous nous efforcions de rendre l’impossible possible. Quelles que soient la pente et les difficultés sur le chemin à parcourir, nous possédons la « stratégie du Sûtra du Lotus » (La stratégie du Sûtra du Lotus, Écrits, 1011), qui nous permet d’atteindre tous nos objectifs. Nous avons des compagnons, des amis dans notre lutte commune pour la vérité et la justice, en qui nous pouvons avoir une confiance absolue. Dans les moments difficiles en particulier, nous nous encourageons mutuellement, nous faisons preuve du courage d’un roi-lion et nous pouvons montrer la puissance indéfectible de notre unité. En tirant le meilleur parti des qualités uniques qui sont les nôtres, continuons à élargir notre réseau d’amis qui partagent nos idées et remportons des victoires retentissantes pour un monde meilleur en œuvrant ensemble de manière harmonieuse, positive et joyeuse, selon le principe « différents le corps, un en esprit ». Faisons fleurir triomphalement les cerisiers du mouvement Soka sur le lieu où nous avons choisi d’accomplir notre mission, comme le symbole de l’espoir d’un avenir radieux où prévaudra le respect de la dignité de la vie et où les êtres humains pourront coexister en harmonie et dans la paix.

Étude bouddhique

Élèves des écoles Soka, prenez votre envol dans le vaste ciel de votre mission !

En février 2000, alors que je dialoguais avec un groupe d’élèves des collège et lycée Soka du Kansai, réunis à Kobe, juste avant leur cérémonie de remise de diplômes, un des lycéens me demanda quel était le rêve auquel j’aspirais. Le regard brillant, les autres élèves attendaient impatiemment ma réponse. « Je suis trop occupé pour penser à mes propres rêves, ai-je répondu. Parce que je pense au monde entier. » J’avais dit cela sur un ton humoristique et les lycéens rirent de bon cœur mais j’étais en même temps sincère. Je poursuivis sur un ton plus sérieux en leur faisant part de ce que je ressentais en consacrant ma vie à réaliser le rêve et la vision de mon maître, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda. « J’espère qu’à l’avenir chacune et chacun de vous deviendra un spécialiste de premier plan dans son domaine et un dirigeant reconnu dans la société pour ses actions. Voilà mon plus grand rêve. » Chers élèves des écoles Soka, mes chers amis ! Vous rayonnez toujours grâce à votre énergie si caractéristique de la jeunesse et à votre cœur noble et pur ! Ces jeunes qui étudiaient et se développaient brillaient d’un éclat doré. Dans leurs yeux de dirigeants de l’avenir, on pouvait sentir toute leur intelligence. Je considère les élèves des établissements Soka comme ma propre vie. Leur victoire est ma victoire. *** Qu’est-ce que l’éducation ? Tsunesaburo Makiguchi, le fondateur du système pédagogique Soka, déclara que l’éducation est « l’art le plus élevé d’entre tous, car c’est l’art de forger des personnalités remarquables ». L’école est une institution qui permet de dispenser la lumière de l’éducation dans toute la société et dans le monde entier. Une école est jugée par la qualité de ses élèves. Voilà ce qu’avait fort justement perçu M. Makiguchi et c’était aussi la conviction indéfectible de Josei Toda. La réussite et la valeur de l’éducation sont illustrées par les élèves qui en ont bénéficié – à travers leur triomphe dans la vie et la société, leurs contributions à la paix dans le monde et au bonheur de l’humanité. Les collège et lycée Soka de Tokyo, à l’origine des écoles pour garçons, furent établis il y a trente-six ans [en 1967]. Les collège et lycée Soka du Kansai, qui n’accueillaient au départ que des jeunes filles, furent créés il y a trente et un ans [en 1972]. Aujourd’hui, les écoles Soka sont classées parmi les meilleurs établissements pédagogiques du Japon. C’est un honneur que les diplômés des écoles Soka ont acquis au nom de leur ancienne école par leur développement et leurs activités remarquables au sein de la société. Parmi les quelque 20 000 diplômés issus jusqu’à présent des collèges et lycées Soka de Tokyo et du Kansai, on compte 162 doctorants, 221 médecins, 80 avocats, plus de 100 experts-­comptables et plus de 1 000 enseignants dans le primaire et le secondaire. Nos diplômés sont également chefs d’entreprise, directeurs, journalistes et politiciens. Nombre d’entre eux mènent une vie noble en tant que responsables engagés au service des idéaux de l’humanisme. Plus de cinq cents diplômés s’emploient également à travailler en faveur de la société dans quarante-six pays et territoires en dehors du Japon. Cet été (2003), quatre étudiants du lycée Soka de Tokyo ont participé à la 35e Olympiade internationale de chimie, qui s’est tenue à Athènes, en Grèce. C’étaient les premiers étudiants japonais inscrits à cet événement annuel, et deux d’entre eux ont remporté une médaille de bronze. Ce mois-ci (novembre 2003), des étudiants du collège et du lycée Soka du Kansai ont pris part pour la dixième fois au programme pédagogique organisé par la NASA, EarthKAM (Connaissance de la Terre acquise par les élèves de collège). Tous les élèves des écoles Soka déploient de remarquables efforts. *** Il y a maintenant plusieurs années, j’ai reçu une lettre du père d’un étudiant de l’université Soka. Si mes souvenirs sont bons, il disait notamment : « Je ne fais pas partie de la Soka Gakkai et j’étais fortement opposé à la décision de mon fils d’entrer à l’école Soka. Mais il était si déterminé qu’il s’est inscrit en pension complète. À l’époque, mon épouse le soutenait aussi, affirmant que puisque c’était son souhait, il était de notre devoir en tant que parents de lui permettre de le réaliser. « Aujourd’hui, je regrette profondément mon opposition initiale. Les écoles Soka ont fait de mon fils un magnifique jeune homme. Elles ont tellement bien veillé sur lui que j’en suis étonné. Elles ont dépassé les attentes les plus élevées que peuvent avoir des parents. » On m’a rapporté que le père qui avait écrit cette lettre il y a si longtemps est aujourd’hui décédé, mais que son fils est devenu un remarquable adulte, qui réussit dans la vie et joue un rôle actif et positif dans la société. Ce n’est qu’un exemple des formidables résultats obtenus par les professeurs de nos écoles Soka grâce à leurs efforts dévoués en matière d’éducation. En tant que fondateur des écoles Soka, je leur suis profondément reconnaissant pour leur travail et leurs efforts. Les professeurs jouent un rôle essentiel dans le développement des élèves. *** Pourquoi les élèves des écoles Soka ont-ils pris un si bel envol dans le ciel de leur mission ? Parce que les ailes de leur vœu solennel les portent toujours plus haut. C’est la base solide qui leur permet de prendre leur envol et de suivre la voie fondamentale de la non-dualité entre maître et disciple. Les collège et lycée Soka de Tokyo ont pour tradition que chaque diplômé écrive son nom et ses vœux pour l’avenir. Ils sont ensuite réunis dans le recueil de leur classe. Ces recueils sont mes trésors les plus précieux. J’ai gardé chacun d’eux, depuis la première promotion jusqu’à celle de cette année, la trente-troisième. Un jour, j’ai ouvert le recueil des diplômés des premières et deuxièmes promotions. En tournant les pages, je me suis rappelé le visage de chaque élève avec beaucoup d’affection, ainsi que les souvenirs des tout débuts de notre école que nous avons créée ensemble. Quand j’entends parler des réalisations récentes d’anciens diplômés, j’éprouve une joie immense en pensant qu’ils sont devenus des personnes remarquables et connaissent une grande réussite parce qu’ils ont gardé vivant dans leur cœur l’esprit de leur école. Je pense à chaque élève et, le cœur plein de joie, j’applaudis leur victoire éclatante. Tous les élèves des premières et deuxièmes promotions ont exaucé tous leurs vœux ! Sur la voie qu’ils ont choisie, ils travaillent sérieusement – sur le devant de la scène ou en coulisse – et concrétisent avec sincérité et intégrité leur vœu personnel. Il n’y a pas de plus belle vie que celle-là. Napoléon Bonaparte a dit : « L’ingratitude est le défaut de caractère le plus accablant. » Jean-Jacques Rousseau a écrit dans son célèbre traité, Émile ou de l’éducation : « L’esprit de mon institution n’est pas d’enseigner à l’enfant beaucoup de choses mais de ne laisser jamais entrer dans son cerveau que des idées justes et claires2. » Toute éducation a pour principe fondateur l’apprentissage du véritable humanisme. Les élèves des écoles Soka et moi ne faisons qu’un. Tous ceux qui ont eu un lien avec nos écoles Soka sont, et seront, éternellement unis à moi. Je promets de protéger résolument chacune et chacun d’entre vous jusqu’à mon dernier souffle. Je suis déterminé à veiller sur vos luttes pour la victoire dans la vie et à prier pour votre succès. Tel est mon ferme engagement en tant que fondateur des établissements Soka. *** Le célèbre historien britannique Arnold J. Toynbee (1889-1975), avec qui j’ai engagé un dialogue, évoque dans ses mémoires publiées sous le titre Expériences ses années d’école à Winchester, en les décrivant comme des trésors qu’il chérit toujours. Le premier « trésor » qu’il dépeint est le fondateur de son établissement. Il avait la plus grande estime pour « la relation filiale, couvrant plus de cinq siècles, avec le fondateur, William de Wykeham, qui avait créé un modèle d’éducation. » Winchester est l’une des plus anciennes écoles d’Europe, fondée à la fin du xive siècle. Le Pr Toynbee ressentait une profonde reconnaissance envers le fondateur de son école, pour l’éducation qu’il reçut entre 13 et 18 ans. Quel merveilleux trésor que cette reconnaissance qu’il éprouvait envers le fondateur, qui vécut plus de cinq cents ans avant lui ! Tel est le pouvoir merveilleux de l’éducation. L’esprit du fondateur brille de l’éclat de la victoire indestructible qui ne faiblit jamais avec le temps. Mon cœur bat aussi plus vite quand je pense à l’avenir de nos écoles d’ici à cinquante, cent, voire cinq cents ans. *** J’ai décidé que l’éducation serait ma dernière grande entreprise, et les collège et lycée Soka sont le point de départ glorieux de ces efforts. De même qu’il est impossible de construire une pyramide en partant de son sommet, un développement pérenne n’est possible que lorsque les fondations, étape initiale de toute construction, sont résistantes et solides. C’est la raison pour laquelle je continue à me consacrer avec autant de passion au développement de notre système pédagogique Soka. Plus de trois mille invités du monde entier ont visité les écoles Soka de Tokyo et du Kansai. Tous ont fait l’éloge de nos élèves et de notre programme pédagogique. Parmi ces invités de marque, citons le comte Richard Coudenhove-Kalergi (1894-1972), acteur éminent de l’unification européenne ; Adolfo Pérez Esquivel, militant argentin pour les droits humains ; John Galtung, fondateur des études modernes pour la paix ; et Mikhaïl Gorbatchev, ancien président de l’Union soviétique. Je pense que le fait de rencontrer ces illustres acteurs de notre temps et d’apprendre d’eux joue un rôle important dans le développement de personnalités remarquables qui feront de notre monde un endroit meilleur à l’avenir. Le ministre de l’Éducation du Yémen, le Pr Yahya Mohammed Al-Shuaibi, qui a dialogué avec nos étudiants, a fait l’éloge de nos écoles en déclarant que l’on sent respirer en elles la philosophie de leur fondateur. Nos idéaux pédagogiques, ajoute-t-il, ont deux cents ans d’avance sur leur temps.   Dans le sillage de la Révolution française, Napoléon institutionnalisa l’égalité de l’accès à l’éducation en déclarant que l’éducation était une révolution sans bain de sang, qui permet d’établir une véritable méritocratie, libre de toute discrimination basée sur le statut social ou la classe économique. En outre, il créa des écoles. Il était déterminé à ce que les dirigeants de la France soient des jeunes pleins de fougue, et permit à de nombreux jeunes talentueux de prendre leur place. Ces derniers servirent leur pays avec beaucoup d’enthousiasme et insufflèrent une nouvelle vigueur à la société. Ce sont les êtres humains qui font la différence – dans les organisations et les sociétés, quels que soient le pays ou l’époque. L’éducation est la révolution la plus profonde et la plus significative. La seule manière d’engendrer un siècle de l’humanisme consiste à engager une révolution dynamique des personnes de valeur. L’éducation Soka est la force motrice qui sous-tend cette révolution, que nous avons engagée dans nos établissements scolaires. Le 18 novembre marque le jour anniversaire de la fondation des écoles Soka. On lit dans le chant des collège et lycée Soka de Tokyo les paroles suivantes : « Ouvrir une voie glorieuse pour nos amis. » Dans cet esprit, j’ai lutté de toutes mes forces pour ouvrir la voie aux élèves de nos écoles Soka. J’espère que vous n’oublierez jamais que vous, élèves des écoles Soka, faites la même chose pour celles et ceux qui viennent après vous. Soyez persévérants et déterminés afin de manifester pleinement votre potentiel, de la manière qui vous est propre ! Plantez l’étendard de la gloire au sommet de vos vies victorieuses ! Et fixons notre regard vers notre prochain objectif, l’année 2030, année du 100e anniversaire de l’éducation Soka, fondée par ces grands hommes unis par la relation de maître et disciple, les présidents Makiguchi et Toda ! Mon rêve, c’est vous. Je rêve qu’en ce matin de notre 100e anniversaire, vous prendrez votre envol dans le vaste ciel, tels des phoenix, le cœur débordant de fierté et d’émotion d’avoir remporté la victoire dans votre vie. Vous représentez l’aube du siècle magnifique des diplômés des écoles Soka. Comme l’a déclaré l’éducateur suisse Pestalozzi, la plus grande victoire que nous pouvons remporter est la victoire sur nous-mêmes.

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L’esprit fondateur de l’université Soka (1)

Sur la colline tapissée d’azalées rouge vif, des papillons blancs dansent ici joyeusement, et le parfum des jeunes feuilles vertes des cerisiers enveloppe le vaste campus… À chaque fois que je me rends dans le quartier de Hachioji [à Tokyo] au mois de mai, en cette douce saison précédent le début de l’été, mon cœur s’emplit de joie et j’ai envie d’entonner le chant des étudiants de l’université Soka. À cette époque de l’année, l’université Soka, fière citadelle du savoir, se dresse majestueusement sur sa colline verdoyante et fleurie. Quel magnifique lieu d’espoir et d’éveil, où rayonnent le cœur et l’intelligence de la jeunesse ! Ce 3 mai [2002] marque également le premier anniversaire de la fondation de l’université Soka d’Amérique (SUA), à Aliso Viejo, qui ouvrit ses portes l’année dernière en tant qu’institution d’études supérieures, dédiée aux étudiants et à leur développement en tant que futurs protagonistes de la paix. Une multitude de dossiers d’inscription pour la deuxième promotion (2006) viennent de pays du monde entier et, après une sélection rigoureuse, près de cent nouveaux étudiants ont été admis. Je me réjouis que l’université Soka d’Amérique ait pris un si magnifique départ. En tant que fondateur, je souhaite exprimer ma sincère gratitude envers toutes celles et ceux qui travaillent avec tant d’ardeur pour assurer son succès. *** Le grand poète indien Rabindranath Tagore a écrit : « Nous devons savoir que cette concentration de forces intellectuelles dans [notre] pays est la mission la plus importante d’une université, car elle est comme le noyau d’une cellule vivante, le centre de la vie créative et de l’esprit national3. » Si nous considérons que notre « pays » correspond au monde entier, nous pouvons considérer que l’expression « esprit national » signifie « esprit universel ». Quelle est l’essence même de l’université ? Ses étudiants. Je souhaite clairement souligner ce point. C’est pour cette raison que, depuis les prémices de l’élaboration de l’université Soka, j’ai sans cesse insisté sur le fait que l’école est destinée aux étudiants. Il ne doit donc jamais y avoir de confrontation entre les étudiants et les professeurs. Leur relation doit être celle de personnes partageant un même esprit et animées du désir d’apprendre. La relation entre aînés et cadets devrait être démocratique. […] En ce qui concerne l’administration de l’université Soka, la participation des étudiants doit donc être largement encouragée et créée dans l’espoir de constituer une communauté éducative idéale. J’ai évoqué ces points à l’époque où les étudiants manifestaient et bloquaient les campus dans tout le Japon, à la fin des années 1960. Témoin de ces conflits, j’ai voulu établir un authentique siège du savoir et de l’éducation le plus rapidement possible. J’ai proposé que soit avancée l’inauguration de l’université Soka, ce que nous avons réalisé dès le mois d’avril 1971, soit deux ans plus tôt que prévu. *** Malheureusement, il m’était impossible de participer à cette première cérémonie de rentrée historique à l’université Soka. Les étudiants de cette première promotion étaient profondément déçus. Ils étaient venus dans cette école flambant neuf, porteuse de nobles idéaux bien qu’elle n’ait encore ni passé ni traditions, avec le désir passionné de contribuer à en faire une grande université. En tant que fondateur, cela me brisait aussi le cœur de ne pas pouvoir être avec eux ce jour-là. Mais, j’ai veillé de loin sur les événements de la journée, priant intérieurement pour que les professeurs et le personnel de l’université Soka accueillent chaleureusement cette première promotion et orientent l’université dans la bonne direction, en s’appuyant sur des objectifs et un sens des responsabilités communs. Malheureusement, il s’avéra que certains membres enseignants souhaitaient que mon rôle en tant que fondateur se limite uniquement à soutenir financièrement l’université, sans aucun droit de regard sur quoi que ce soit. *** Au fil des mois qui suivirent l’inauguration, les étudiants demandaient de plus en plus souvent pourquoi je ne me rendais pas à l’université et ce qu’ils pouvaient faire pour que je vienne. Beaucoup s’attristaient de cette situation et ne comprenaient pas les raisons de mon absence. Certains disaient même qu’ils ne se seraient pas inscrits s’ils avaient su que je ne m’y rendrais jamais. En août de cette année-là, j’eus l’opportunité de dialoguer avec un groupe de représentants du département des étudiants. Parmi eux, un étudiant de l’université Soka me supplia de venir. Quand je lui demandais si un événement particulier était prévu, il hésita et finit par dire : « Nous organisons un festival à l’automne. — Je vois. Si je reçois une invitation des étudiants, alors je promets de venir », répondis-je. En réalité, à l’époque, aucun projet de festival n’était envisagé. Ce fut cette conversation qui poussa les étudiants à commencer à préparer cet événement. Je participai à ce premier festival de l’université avec beaucoup d’espoir et de joie. C’est le seul événement organisé par l’université auquel j’ai assisté lors de cette première année. De jeunes étudiants radieux me montrèrent les objets exposés, et j’écoutai attentivement leurs explications. Je passai plus de trois heures à visiter toutes les salles de classe et, malgré ma lassitude, quand je vis les visages souriants et heureux des étudiants, ma fatigue s’envola. *** L’année suivante (en 1972), toujours à l’invitation des étudiants, j’ai assisté au premier festival de Takiyama, organisé par les internes durant l’été, et j’étais également présent au deuxième festival de l’université Soka à l’automne. Lors de la réunion commémorative liée à cet événement dans le gymnase de l’université Soka, j’ai lancé cet appel aux étudiants : « J’espère que chacun de vous, étudiant des premières et deuxièmes promotions, se considérera comme le fondateur de cette université et fera des efforts avec cet esprit. » Les jeunes présents ce jour-là purent étudier à l’université Soka parce qu’elle fut inaugurée deux années plus tôt que prévu ; ils possédaient à ce titre une mission véritablement merveilleuse et insondable. Je voulais que chacun soit fier d’être un protagoniste de la construction de l’université Soka. « Soyez un fondateur de l’université » – c’est là l’esprit de l’université Soka qui doit être transmis de génération en génération, pour l’éternité. Lors de ce festival, le nouveau chant des étudiants fut interprété pour la première fois, avant que je prononce mon discours. Il avait été achevé à l’aube le matin même et une chorale avait été hâtivement réunie pour l’interpréter pour la première fois devant les pratiquants. Comme il y avait relativement peu d’étudiants dans ces deux premières promotions, tous étaient responsables de plusieurs salles ou stands de nourriture, et réunir toute une chorale fut une tâche difficile. Ce fut seulement après avoir appelé tous les candidats possibles, et même encouragé quelques étudiants qui préparaient des concours nationaux à participer, qu’il fut possible de former une chorale suffisamment grande. Après avoir écouté leur interprétation émouvante, j’ai suggéré quelques modifications aux paroles pour améliorer le chant, en remplaçant notamment « tels des éclairs blancs, les papillons dansent joyeusement » par « des papillons dansent ici joyeusement », et « la brise du début de l’été frémit dans les airs » par « la brise du début de l’été frémit dans le ciel ». Je laissai les étudiants prendre la décision finale, mais ils acceptèrent immédiatement mes suggestions. Le chant des étudiants fut achevé grâce à notre passion commune, aux jeunes fondateurs et à moi, de créer une magnifique institution du savoir. Cette année marque le 30e anniversaire de ce chant. *** Une université de premier plan est une institution qui consacre toute son attention aux étudiants. Beaucoup de grands universitaires et spécialistes avec qui j’ai eu l’occasion de dialoguer à travers le monde partagent ce point de vue selon lequel les étudiants sont d’une importance capitale. Sous la direction du directeur Viktor Sadovnichiy, l’université d’État de Moscou envoie ses professeurs dans tout le pays en vue de repérer des étudiants brillants pour les encourager à s’inscrire dans cette université. Je suis profondément impressionné par ces efforts pour réunir des jeunes pleins de talent, qui prendront la responsabilité de l’avenir de la Russie au xxie siècle et à qui sera confiée la tâche de réaliser la paix mondiale. Prem Chand Patanjali, le vice-chancelier de l’université Purvanchal en Inde, se tient en permanence disponible et garde toujours sa porte ouverte aux étudiants pour qu’ils puissent venir lui parler, même sans rendez-vous. Il ajoute que, en tant que vice-chancelier, il se doit de consacrer son temps aux étudiants, car ils ont la priorité sur tout le reste. Il insiste également sur le fait que l’éducation doit être centrée sur les étudiants. Je partage totalement cet avis. J’ai, moi aussi, consacré mon temps à veiller sur les étudiants et à les soutenir. Cela a pu être épuisant à certains moments de ma vie et parfois ma santé en a pâti, mais quoi qu’il en soit, je me suis toujours engagé auprès d’eux sans me ménager et j’ai sans cesse poursuivi le dialogue. Peu m’importe si je m’effondre ensuite, je souhaite contribuer coûte que coûte à leur développement. Cela devrait également être la ferme détermination de chaque enseignant, et l’attitude de chaque professeur et membre du personnel de l’université Soka, une institution axée sur les étudiants. Lors du deuxième festival de Takiyama (en 1973), j’ai déployé toute mon énergie pour encourager les étudiants durant les trois jours que durait cet événement. En sueur sous la chaleur accablante du soleil d’été, je me souviens leur avoir lancé cet appel : « Je me tiens aux côtés des étudiants. Je travaillerai de toutes mes forces et ferai tout ce que je peux pour vous encourager. Même si mon état de santé devait me contraindre à m’immobiliser, je poursuivrai mes efforts pour vous soutenir et vous protéger ! » C’est mon esprit en tant que fondateur – qui reste inchangé aujourd’hui encore, et je le garderai jusqu’au dernier jour de ma vie.

Citations

Citations de Daisaku Ikeda – l’art de soutenir les autres

XXI. L'art de soutenir les autres Ceux qui ne peuvent pas manifester une véritable empathie à l’égard des autres ne pourront jamais exceller en tant que responsables. En effet, une grande partie des maux accablant notre société résulte du trop grand nombre de personnes ayant des postes à responsabilité, qui ne s’identifient pas ou n’arrivent pas à s’identifier à la détresse de leurs concitoyens. *** Un responsable authentique soutient les jeunes et les incite à se surpasser. *** Une organisation prête à changer prospérera. Tout part d’un responsable prêt à se transformer lui-même. *** Qu’est-ce qui différencie un véritable dirigeant d’un despote ? L’attitude envers les jeunes. Le despote les manipule avec de belles paroles et ne voit dans la jeunesse qu’une ressource à exploiter pour satisfaire ses propres intérêts. *** L’esprit de défi se répand comme une traînée de poudre d’une personne à une autre. L’esprit d’initiative d’un responsable nourrit les flammes de l’enthousiasme et peut inspirer une organisation tout entière. *** Soutenir les jeunes, ce n’est pas se contenter de leur parler. C’est la profondeur avec laquelle nous nous préoccupons d’eux et la sincérité de nos interactions qui comptent. *** L’art de guider les autres consiste à veiller avec attention aux moindres détails. Il est important de connaître la situation de chaque personne, sans exception, et d’agir avec la plus grande sollicitude. Voilà ce que signifie être un véritable responsable. *** Nous cultivons la terre de notre humanité en endurant la souffrance et les épreuves. Et c’est sur cette terre que s’épanouit notre capacité à nous préoccuper sincèrement du bien-être des autres. *** Un responsable doit travailler plus que les autres et toujours lutter pour se développer. Ceux qui ont œuvré avec ardeur peuvent apprécier les efforts et les défis des autres et leur offrir un soutien *** On ne peut pas véritablement être qualifié de responsable si l’on ne forme pas des successeurs de valeur. Le véritable succès s’obtient seulement en formant des personnes de talent et en cultivant leur potentiel. *** Un grand arbre ne fait pas à lui seul une forêt. Si d’autres arbres ne s’élèvent pas à la même hauteur, il n’y aura pas de forêt. De la même manière, un véritable responsable doit se consacrer à entraîner des personnes de valeur dignes de se voir confier l’avenir. *** Toutes les personnes de grande valeur ont un point commun : la modestie. L’arrogance est le signe d’un manque de compétences véritables. *** Ce sont les dirigeants qui provoquent le déclin des organisations. Ceux qui occupent des postes de haute responsabilité devraient sans cesse lutter pour s’améliorer afin de surmonter leur tendance à l’arrogance. *** Les organisations qui soutiennent les jeunes prospéreront. Celles qui aident les jeunes à se développer croîtront. *** Ceux qui cessent de se développer ne sont pas une source d’inspiration pour les autres. L’art de guider les autres consiste d’abord à dépasser ses propres limites. *** Plutôt que de classer les gens en les jugeant compétents ou incompétents, il vaut mieux rechercher leurs qualités. Nous devrions chercher à découvrir les forces et capacités inhérentes des autres et faire leur éloge. Soutenir ou non des personnes pour qu’elles deviennent des responsables de valeur dépend de la détermination et des efforts de celles et ceux qui prennent la responsabilité de leur développement. *** La différence entre un responsable et un tyran tient au fait qu’un responsable travaille de toutes ses forces pour le bien des autres, tandis qu’un tyran fait travailler les autres pour son propre compte. *** La « grandeur » des véritables personnes de bien réside dans leur capacité à apprécier ce qui est considéré comme « ordinaire ». *** On amorce son propre déclin dès que l’on perd la volonté de se dépasser. Cela vaut pour les êtres humains et les organisations. Il faut rester actif car se relâcher, ne serait-ce qu’un peu, signifie perdre son dynamisme. Alors qu’il faut une vie entière de lutte acharnée pour construire quelque chose de valeur, il suffit d’un instant pour tout détruire. *** La véritable valeur d’un responsable se mesure à une seule réalisation : le nombre de personnes qu’il a soutenues pour faire avancer la cause qu’il défend. *** Il y a des personnes de valeur partout ; le défi consiste à les découvrir et à les entraîner. Les personnes irresponsables sont incapables de les voir et les égocentriques ne peuvent pas les former. *** C’est en prenant l’entière responsabilité que nous manifestons notre véritable grandeur. C’est à ce moment-là que notre véritable force surgit. *** La sagesse ne découle pas de notre statut. Elle se manifeste quand nous approfondissons notre sens des responsabilités. XXII. La maîtrise de soi Une personne intègre recherche la maîtrise de soi alors que la personne assoiffée de pouvoir cherche à contrôler les autres. Une personne intègre passe à l’action, travaille avec ardeur et lutte pour surmonter ses propres faiblesses tandis que la personne mue par la quête du pouvoir oblige les autres à travailler pour satisfaire ses propres intérêts, sans jamais s’interroger sur elle-même. *** Toutes les œuvres de grande littérature, ancienne ou moderne, sont un pont reliant un être humain à un autre, un esprit à un autre. La qualité de notre vie est déterminée par le nombre de ponts que nous franchissons. *** Une personne envieuse ne se tourne pas vers les personnes plus capables qu’elle et n’aspire pas à s’améliorer ; elle manigance pour les rabaisser à son niveau. De la même manière, être jaloux c’est simplement ne pas vouloir reconnaître ses propres défauts et faiblesses. *** En restant passifs, vous vous sentirez piégés et malheureux même dans l’environnement le plus libre qui soit. Mais en adoptant une approche proactive pour changer vos conditions de vie, vous vous sentirez libres même dans une situation étriquée. *** L’important n’est pas de vous comparer aux autres mais à ce que vous étiez hier. Si vous avancez ne serait-ce que d’un seul pas, vous accomplirez de grandes choses. *** Comme le diamant n’est poli qu’au contact d’un autre diamant, c’est à travers nos interactions avec les autres que nous pouvons polir notre personnalité et nous entraider à nous dépasser pour atteindre de grands objectifs. *** Le revers de l’arrogance est la lâcheté – le manque de courage qui empêche de voir la vérité en face. De même, discrimination et jalousie sont les deux faces d’une même pièce. *** C’est seulement en apprenant à transposer l’énergie déployée pour vaincre les autres en énergie pour remporter la victoire sur nous-même que nous pourrons commencer à développer notre humanisme. *** Les êtres humains ne devraient jamais renoncer à faire des efforts, tout en restant fidèles à leurs valeurs. Comment pouvez-vous savoir jusqu’où vous pouvez aller et à quel rythme, si vous ne faites pas le maximum ? Abandonner avant même d’essayer est non seulement présomptueux mais c’est un affront envers le pouvoir merveilleux de la vie qui existe en vous et irrespectueux envers vous-même. C’est en fait de la lâcheté. *** Savoir admirer la véritable grandeur chez les autres rend heureux. Cette admiration sert également à élever notre existence. En ouvrant largement les portes de notre cœur, nous pouvons élargir le champ de nos rêves et renforcer notre foi dans la vie. Être dans l’incapacité de faire l’éloge des autres et de les respecter peut conduire à une attitude rigide et à la suffisance. *** L’important est d’observer sans détour nos faiblesses, de ne pas les fuir, mais au contraire d’y faire face pour établir un soi solide que rien ne peut ébranler. Les épreuves forgent et polissent notre vie qui peut ainsi briller avec éclat grâce à la bonne fortune et aux bienfaits que nous accumulons. Même le plus magnifique joyau, s’il reste dans sa gangue, sans être poli, ne brillera pas. Cela s’applique également à notre vie. *** La vie des autres peut parfois nous sembler enviable. Mais vous êtes ce que vous êtes, et les autres sont ce qu’ils sont. Alors, au lieu de comparer vos joies et vos peines à celles des autres, cherchez à dépasser vos limites dans la situation où vous êtes ici et maintenant. Ceux qui adoptent ce comportement sont les véritables vainqueurs dans la vie. *** Quand vous avancez vers un objectif, les obstacles ne manquent pas de surgir en chemin, et c’est dans ces instants de vérité que commence la lutte contre vos tendances négatives. En remportant la victoire sur vos faiblesses intérieures – votre tendance à abandonner ou à faire des compromis – et en continuant à aller de l’avant, la situation changera pour le mieux. En ce sens, un vainqueur illustre ce qu’est la maîtrise de soi. *** Votre personnalité est déterminée par les défis que vous relevez pour vous dépasser et par votre façon d’aborder les problèmes. C’est ainsi que la personnalité se polit et acquiert l’éclat du diamant. XXIII. La force Vivez avec confiance, convaincus que vous êtes le « soleil ». Bien sûr, dans la vie, il y a des jours ensoleillés et des jours nuageux. Mais le soleil brille toujours derrière les nuages. Même lorsque vous souffrez, il est vital que vous luttiez pour faire briller le soleil dans votre cœur. Jour après jour, allez de l’avant, pas à pas, de toutes vos forces. L’accumulation de ces petites actions, de ces petits triomphes, aboutira à une victoire historique. *** Endurez les pressions jusqu’au bout, en gardant un esprit alerte et serein, et vous ne connaîtrez alors ni recul ni défaite. *** Même si les événements ne se déroulent pas comme vous l’aviez prévu, ne vous découragez pas et n’abandonnez pas. Ceux qui ne cessent jamais d’avancer finiront par remporter la victoire. *** Chaque épreuve est une occasion de nous renforcer, de corriger notre vie et de la faire briller d’un plus grand éclat. *** L’or reste de l’or, même s’il est enseveli dans la boue. La vérité finit toujours par l’emporter. *** Lorsqu’il est chauffé et martelé, le fer peut devenir un bon sabre. De même, le bouddhisme enseigne que notre véritable force et notre potentiel ne peuvent se forger sans épreuves. *** Il ne suffit pas d’être gentil. Si vous êtes gentil mais que vous ne vous dressez pas face à l’injustice, vous ne protégerez personne. Au contraire, vous aurez tendance à ne pas être pris au sérieux, ce qui laissera le champ libre à ceux qui commettent des injustices et leur permettra de se renforcer. *** On ne peut pas jouer un rôle de premier plan dans la vie si l’on se laisse facilement influencer par ses émotions pour des petites choses. La force de caractère consiste à affronter les drames de la vie avec courage et confiance, en pratiquant l’introspection et la maîtrise de soi en toutes circonstances. *** C’est uniquement en surmontant les problèmes et les obstacles que nous pourrons devenir véritablement forts. Si tout se passait toujours bien, nous nous reposerions sur nos lauriers et serions incapables d’établir de solides fondations pour notre vie. C’est donc en faisant nous-mêmes l’expérience de la souffrance que nous pouvons comprendre celle des autres et approfondir notre compassion. *** Notre véritable force réside dans notre empathie envers les autres et dans les actions que nous entreprenons pour leur bien. *** Les personnes qui mènent leur vie avec ténacité et esprit de défi viennent à bout de tous les obstacles auxquels elles sont confrontées, comme l’eau finit par creuser son chemin dans la roche. Soyez forts comme l’eau qui coule sans interruption, en allant toujours de l’avant. *** Décider de passer à l’action est la preuve que vous progressez. Même si vous prenez souvent des décisions que nous ne tenez que pendant deux ou trois jours, renouvelez-les. Vous deviendrez alors une personne capable de persévérer jusqu’à atteindre ses objectifs. *** La force de la volonté se modèle en entreprenant sans détour les tâches qu’il convient d’accomplir aujourd’hui. *** L’esprit humain est la plus puissante de toutes les forces. Si notre esprit reste fort, il ne connaîtra pas la défaite. Dans la vie, la défaite spirituelle précède toujours la défaite concrète. C’est pour cette raison que nous devons nous prémunir contre la paresse, la lâcheté, l’insouciance, l’impatience, la résignation et le désespoir qui érodent l’esprit humain et sèment les graines de la défaite. *** La lutte de la vie est, et sera toujours, une lutte contre ses faiblesses. Deviendrez-vous lâche et penserez-vous : « Je n’y arriverai pas, j’échouerai à coup sûr » ? Ou, allez-vous affronter les difficultés qui vous attendent avec la conviction que vous êtes fort et que vous pourrez ainsi vous renforcer davantage encore ? Votre destinée variera beaucoup en fonction de l’état d’esprit que vous saurez garder. *** Les personnes véritablement fortes ne sont pas arrogantes. La lâcheté, en revanche, engendre l’arrogance. Les lâches se cachent derrière leur pouvoir et leur autorité. *** Ce qui est facile à faire peut être facilement défait. Avancer résolument sur la voie de notre choix, pas à pas, que les autres regardent ou non ; affronter les difficultés avec la force régulière et inlassable de l’eau qui coule – c’est cette fermeté, cette intégrité et cette persévérance qui vous permettront d’établir des fondations que rien ne pourra compromettre. *** Quand nous décidons de vivre pleinement chaque instant, de toutes nos forces, en accord avec nos valeurs, et de faire briller l’instant présent, nous découvrons et faisons émerger une force immense dont nous ne soupçonnions pas l’existence.

Podcast "Sème la joie"