La voie éclatante du kosen rufu mondial
Commentaires de Hiromasa Ikeda, vice-président de la SGI, du volume 27 de La Nouvelle Révolution humaine 1. Traduit du journal Seikyo, quotidien affilié au mouvement bouddhiste Soka au Japon, du 24 mars 2021. Le chapitre « Justice » du volume 27 de la Nouvelle Révolution humaine est paru dans le journal Seikyo de janvier à mars 2014, peu après l’achèvement du Hall du grand vœu pour kosen rufu en novembre 2013. Le thème de l’année 2014 dans la Soka Gakkai était « Année de l’ouverture d’une nouvelle ère pour le kosen rufu mondial » et ce chapitre établit clairement que, au début de cette nouvelle phase, il était crucial de garder à l’esprit ce qui suit : « Shin’ichi était tout à fait conscient que l’esprit fondamental de la Soka Gakkai ne pourrait se transmettre et le courant pur de kosen rufu se répandre et se développer jusqu’à devenir un fleuve puissant que si les pratiquants gardaient vivant dans leur cœur le noble esprit de se consacrer avec altruisme à la propagation de la Loi, incarné par Makiguchi et Toda. » Dans ce chapitre, nous apprenons comment ce noble esprit a été adopté par les trois présidents fondateurs de la Soka Gakkai – Tsunesaburo Makiguchi, Josei Toda et Daisaku Ikeda. Je suis convaincu que l’essentiel pour que la Soka Gakkai fasse encore un grand bond en avant en tant que mouvement religieux mondial, c’est d’hériter de cet esprit et de le mettre en pratique dans notre vie quotidienne. Quand le premier président Makiguchi se convertit au bouddhisme de Nichiren en 1928, il chercha « à revenir à l’enseignement originel et à suivre cette grande voie en tant que disciple authentique, en accord parfait avec l’esprit de Nichiren », plutôt que de réaliser simplement la pratique de la Nichiren Shoshu qui avait sombré dans le formalisme et était devenue purement rituelle comme les autres écoles bouddhiques traditionnelles du Japon. Au cœur de la Seconde Guerre mondiale, redoutant les persécutions des autorités militaristes [qui cherchaient à unir le pays autour du shintoïsme d’État pour soutenir l’effort de guerre], les moines de la Nichiren Shoshu acceptèrent le talisman shinto. En revanche, Makiguchi et Toda le refusèrent fermement, ce qui mena par la suite à la détention et à la mort en prison de Makiguchi, au terme d’une vie noble consacrée à la propagation altruiste de la Loi. Déterminé à perpétuer l’engagement de son maître pour kosen rufu, le président Toda entreprit de rebâtir l’organisation laïque après sa libération de prison [le 3 juillet 1945]. Tout en continuant à soutenir et à protéger la Nichiren Shoshu, il était bien conscient qu’une tendance négative à mépriser les laïcs persistait parmi les moines et il se dressa résolument contre ces derniers. Dans le même esprit que son maître, Shin’ichi Yamamoto avait aussi fait de son mieux pour protéger et soutenir la Nichiren Shoshu, tout en disant parfois ce qui devait être dit, afin de maintenir des relations harmonieuses entre les laïcs et le clergé. Mais beaucoup de moines de la Nichiren Shoshu n’appréciaient pas ses conseils concernant le comportement approprié pour les moines, et un sentiment de supériorité par rapport aux laïcs continua à prévaloir parmi eux. L’hostilité du clergé envers la Soka Gakkai est alors exacerbée par les manœuvres secrètes de Tomosama Yamawaki, un avocat travaillant à la fois pour la Soka Gakkai et le clergé, dont l’intention était de contrôler secrètement l’organisation laïque. À partir de 1976, il avait commencé à répandre des rumeurs incendiaires auprès de certains moines qui, ainsi manipulés, se mirent à calomnier et à attaquer la Soka Gakkai. En réponse à ces attaques, Shin’ichi déclare que l’important est « d’aider chaque membre à établir une foi profonde et inébranlable, et à incarner fermement l’esprit de maître et disciple qui consiste, dans la Soka Gakkai, à se consacrer à la mission de kosen rufu ». Déterminé à ne pas laisser une seule personne en arrière, il consacre toute son énergie à offrir des encouragements en se rendant dans huit régions en dehors de Tokyo entre janvier et mai 1978, afin d’y rencontrer les pratiquants. En juin, il se rend dans le Hokkaido, la neuvième région de sa tournée d’encouragement cette année-là. Il y passe seize jours durant lesquels il voyage dans toute l’île, pose pour des photos commémoratives avec environ cinq mille membres et en rencontre au total plus de vingt mille. Apprendre de l’esprit décrit dans le chapitre « Justice » ne concerne pas seulement ceux d’entre nous qui pratiquent aujourd’hui, alors que nous célébrons le 30e anniversaire de l’indépendance spirituelle de la Soka Gakkai par rapport à la Nichiren Shoshu [intervenue en novembre 1991]. Cela représente le point de départ et l’esprit fondamental de la Soka Gakkai auxquels les futures générations devraient toujours revenir. Notre famille Soka de Tohoku En mai 1978, alors qu’il se rend au Centre pour la paix de la Soka Gakkai de Tohoku [par la suite renommé le Centre pour la paix d’Oba], dans la préfecture de Miyagi, Shin’ichi fait part à ceux qui l’accompagnent de tout son respect et de toute son admiration pour les membres de cette région du nord-est du Japon. Il déclare : « La force des pratiquants de Tohoku est due au fait qu’ils se sont dressés avec courage face à toutes les épreuves qu’ils ont rencontrées – notamment le tsunami de 1960 provoqué par un tremblement de terre au Chili ou les dégâts causés par le froid dans les récoltes – et ils en ont fait la source d’un élan encore plus puissant pour kosen rufu. » Depuis les débuts de la Soka Gakkai, Shin’ichi avait vu à quel point les membres de Tohoku avaient lutté courageusement pour kosen rufu. Dans le chapitre « L’esprit de recherche », il affirme qu’ils ont montré la plus grande preuve factuelle de la foi sous la forme des « trésors du cœur », en manifestant la véritable force du bouddhisme de Nichiren. On peut sûrement dire la même chose de leurs efforts constants, jour après jour, pour restaurer leur cadre de vie après le tremblement de terre et le tsunami de mars 2011 à Tohoku. Le 7 mars de cette année [2021], les pratiquants de notre famille Soka de Tohoku ont tenu une réunion générale intitulée « Les liens de l’espoir » afin de célébrer le 70e anniversaire des débuts de kosen rufu dans la région ainsi que les dix ans de lutte pour restaurer la lumière du bonheur dans leurs villes natales. La réunion s’est tenue au centre culturel de Tohoku et a été diffusée dans 147 lieux situés dans les six préfectures de la région. Environ 10 000 membres y ont participé. Les liens précieux et durables qu’ils ont établis à la fois avec leur maître et entre eux brillent comme une source d’espoir pour le monde entier. Dans son essai de la série Le grand éclat de notre révolution humaine, intitulé « La lumière du bonheur brille dans nos victoires en tant qu’être humain », publié le 11 mars 2021 dans le journal Seikyo, soit le jour marquant le dixième anniversaire du tsunami et du tremblement de terre de Tohoku, le président Ikeda a exprimé tout l’espoir qu’il plaçait dans les membres locaux. Il écrit que « la force intrinsèque des habitants de Tohoku, si puissante face à l’adversité, aura un rôle moteur dans la création des valeurs qui façonneront une nouvelle ère 2 ». Il ajoute que dans les efforts de notre mouvement pour faire de ce siècle un siècle de vie et de révolution humaine, ce sont « nos précieux membres de la famille Soka de Tohoku » qui « joueront un rôle clé pour consolider les bases de notre mouvement ». En gravant cet encouragement dans leur cœur, nos amis membres de Tohoku ont pris un nouveau départ plein d’énergie. Dans le chapitre « L’esprit de recherche », il y a aussi une scène où Shin’ichi encourage les responsables des six préfectures de Tohoku à s’élancer dans les dix prochaines années en escaladant avec lui les hauts sommets de kosen rufu. « Une nouvelle progression engendre un nouvel espoir », écrit-il. Je suis certain que les efforts incroyables accomplis par nos compagnons de pratique de Tohoku pour restaurer la lumière du bonheur dans leur région continueront de briller avec plus d’éclat dans la décennie à venir tandis que nous avançons vers le centenaire de la Soka Gakkai en 2030. Une nouvelle ère de l’éducation Soka L’école élémentaire Soka de Tokyo a ouvert en avril 1978. Dans le chapitre « Jeunes pousses », Shin’ichi déclare que, avec l’ouverture de cette école, « nous entrons à présent dans le deuxième acte du développement de l’éducation Soka ». Malgré son emploi du temps chargé, il se rend dans cette école en tant que fondateur pour encourager les élèves et le personnel. On peut sentir toute son affection pour les élèves et diplômés des écoles Soka dans le passage suivant : « Shin’ichi se sentait lui aussi en parfaite unité avec l’école élémentaire Soka de Tokyo et tous les autres établissements qui constituaient le système scolaire Soka. Le développement des élèves inscrits et les activités des diplômés dans la société lui procuraient une joie indicible. » Lors de la première cérémonie de remise des diplômes de l’école élémentaire Soka, en mars 1982, il encourage les élèves ainsi : « Pensez toujours à ce que vous pouvez faire pour la paix, faites tout votre possible pour développer vos capacités. » Le 16 mars de cette année [2021], l’école a organisé sa 40e cérémonie de remise des diplômes. Dans son message aux diplômés, le président Ikeda déclare avec passion que, en tant que fondateur, il considère sa vie et la vie des élèves comme « étant une et inséparable pour toute l’éternité ». Il a toujours fait preuve de la plus grande attention envers tous ceux qui ont étudié dans les institutions. Cette année, nous allons célébrer le 50e anniversaire de l’université Soka, le 2 avril, et le 20e anniversaire de l’université Soka d’Amérique (SUA) à Aliso Viejo, le 3 mai. On a aussi annoncé récemment que l’école internationale Soka de Malaisie ouvrira en 2023. On voit ainsi pointer à l’horizon le jour où les collégiens et lycéens issus de cette nouvelle école poursuivront leurs études à l’université Soka du Japon ou des États-Unis. Nous sommes bien au début d’« une ère où l’éducation Soka montrera sa véritable valeur ». Passages clés du volume 27 « Le but de l’éducation n’est pas simplement d’inculquer des connaissances mais d’aider les élèves à se doter des moyens de penser par eux-mêmes et de mettre à profit les connaissances qu’ils acquièrent. » Chap. « Jeunes pousses » « En prenant conscience de notre dette de reconnaissance envers les autres, nous apprenons la voie de l’humanisme. S’acquitter de cette dette est le point de départ pour mener une vie véritablement digne. » Chap. « Jeunes pousses » « Ceux qui gardent et partagent la Loi merveilleuse sont des personnes qui agissent et luttent en accord avec les enseignements de Nichiren. Elles montrent la preuve factuelle, en brandissant la bannière de la victoire de kosen rufu. » Chap. « Justice » « En définitive, les gens sont amenés à abandonner leur foi par lâcheté et par désir de protéger leurs intérêts. » Chap. « Justice » « Ainsi, dans la Soka Gakkai, les personnes mises à l’honneur pour leurs remarquables contributions pour kosen rufu ne bénéficient pas d’une reconnaissance uniquement liée à ce qu’elles ont accompli par le passé ; ce sont des personnes toujours tournées vers le futur et qui se lancent de nouveaux défis pour kosen rufu. » Chap. « Une lutte acharnée » « À long terme, la société finira par apprécier la valeur d’une progression permanente et régulière. Sans base solide, toute entreprise s’effondrera, emportée par le tumulte des temps qui changent. La persévérance est la clé à la fois dans la vie et pour kosen rufu. » Chap. « L’esprit de recherche » 1. Moments inoubliables, volume 27 Traduit du journal Seikyo, du 9 mars 2021. Ne jamais oublier de manifester sa reconnaissance En novembre 1977, environ six mois avant la date d’ouverture prévue de l’école élémentaire Soka de Tokyo, Shin’ichi Yamamoto visita le chantier de construction afin d’exprimer sa reconnaissance envers tous ceux qui travaillaient avec ardeur et pour que les délais fixés soient tenus. Shin’ichi dit à Motoo Suzuki, le responsable du chantier : « J’ai concentré toute mon énergie sur l’éducation, en décidant d’en faire l’œuvre ultime de ma vie. L’école élémentaire Soka de Tokyo servira de lieu pour former des personnes de valeur qui prendront la responsabilité de l’avenir. De nombreux dirigeants qui assumeront la responsabilité de la paix mondiale au XXIe siècle apparaîtront à coup sûr à partir de cette école. Ils prendront leur envol dans le monde. Ce bâtiment sera la scène où ils s’épanouiront et se développeront. […] « Je sais que nous vous avons causé beaucoup de soucis en raison du retard dans le lancement des travaux. Je vous suis très reconnaissant pour votre soutien indéfectible. J’espère que vous achèverez la construction de cette école avec votre équipe en toute sécurité et sans incident. » Shin’ichi exprima ce qu’il pensait en toute sincérité et serra la main de Suzuki. Ce dernier paraissait déterminé. Les remarques de Shin’ichi concernant la mission de l’école semblaient l’avoir profondément impressionné. […] [La construction fut finalement achevée dans les délais.] Après la cérémonie d’entrée du 9 avril 1978, Shin’ichi […] s’approcha d’un cerisier, planté juste à droite du portail principal. C’était l’arbre planté en l’honneur du responsable du chantier Motoo Suzuki. Shin’ichi le contempla et dit aux élèves : « Cet arbre est l’expression de notre gratitude envers ceux qui ont construit cette école. […] De nombreuses personnes ont participé à la construction, en travaillant sous la pluie, grelottant dans le vent froid du nord, et même sous la neige. […] « Il y a de nombreuses personnes autour de vous qui travaillent durement dans l’ombre pour votre bien, dit Shin’ichi. C’est le cas notamment de ceux qui ont bâti cette école. Et aussi de vos parents, de vos professeurs et des membres du personnel qui veilleront désormais sur vous. Il faut penser également aux conducteurs de trains et aux employés des gares qui vous permettent chaque jour de vous rendre à votre école. Tous travaillent dur pour vous dès le lever du jour et jusque tard dans la nuit. J’espère que vous n’oublierez jamais de manifester votre reconnaissance pour les efforts de celles et ceux qui vous soutiennent. » Extrait du chapitre « Jeunes pousses » Ode à la lutte commune du maître et du disciple Le 21 avril 1978, Shin’ichi entreprit un voyage d’encouragements dans la région de Chubu. Le soir de son arrivée, au terme d’une réunion avec des responsables locaux, deux membres du département des femmes s’approchèrent de lui. Après un instant d’hésitation, l’une d’elles prit la parole. C’était Yasue Hirahata, la responsable des femmes de la préfecture de Mie, où les pratiquants devaient organiser un festival de chorales le 23 avril. « Nous nous demandions, dit-elle, pourquoi la chorale des femmes ne pouvait pas interpréter le chant Toujours d’humeur joyeuse3 à notre prochain festival. C’est notre chant de la Soka Gakkai préféré, car il exprime les sentiments du département des femmes. Nous aimerions votre accord pour le chanter. » […] En baignant dans la lumière éclatante du matin, aujourd’hui encore, nous luttons ensemble, toujours d’humeur joyeuse. Quand nous sommes heureuses, quand nous sommes tristes, nos cœurs appellent « Sensei, Sensei, ô Sensei, notre maître ! » Shin’ichi était gêné qu’il soit question de lui dans ce chant, mais pour les pratiquantes, les paroles étaient une ode à la lutte commune du maître et du disciple, car elles exprimaient leur détermination à toujours œuvrer aux côtés de leur maître pour kosen rufu. Toujours d’humeur joyeuse avait figuré dans le programme initial du festival des chorales de Mie, et le département des femmes avait procédé à des répétitions. Puis le chant avait été subitement retiré de la liste. Cette décision semblait avoir été prise pour ne pas froisser les moines de la Nichiren Shoshu de Chubu invités à l’événement, certains d’entre eux étant connus pour leur attitude critique à l’égard de la confiance sincère des pratiquants de la Soka Gakkai envers leur président, Shin’ichi Yamamoto. Mais cette décision était inacceptable pour le département des femmes. Elles trouvaient incompréhensible que l’on interdise un chant qui exprimait leur esprit de recherche à l’égard de leur maître. Elles étaient remplies de gratitude envers Shin’ichi parce qu’elles avaient surmonté leurs difficultés et étaient devenues heureuses en pratiquant le bouddhisme en accord avec ses encouragements. Elles étaient fières de suivre la voie de maître et disciple vers la réalisation de kosen rufu. Le problème ne portait donc pas simplement sur l’interprétation d’un chant particulier. Elles sentaient que c’était leur fierté et leur mode de vie même qui étaient traités avec mépris. […] À Mie, les femmes sentaient qu’il n’était pas normal qu’elles soient contraintes de cacher le respect et l’admiration qu’elles éprouvaient pour leur maître. Suite à leur intervention, il fut décidé de réintégrer la chanson au programme. […] Quand elles apprirent qu’elles pourraient en définitive chanter Toujours d’humeur joyeuse, elles saluèrent cette nouvelle par des applaudissements. Beaucoup essuyèrent des larmes de joie. Extrait du chapitre « Justice » Tout confier à la jeunesse Le 5 mai 1978, Shin’ichi assista à la réunion nationale des groupes de musique du département des jeunes hommes au stade de l’université Soka. En cette occasion, il offrit des encouragements, puis s’entretint avec des journalistes à propos de son engagement auprès de la jeunesse. Après la réunion, Shin’ichi descendit de l’estrade des invités pour se rendre sur le terrain. Des acclamations s’élevèrent. Puis il se mit à encourager les membres des chorales et d’autres jeunes, un à un. […] Certains avaient brandi la bannière de leur région durant toute la réunion. Et parmi les membres des groupes musicaux, il y avait même des collégiens. Shin’ichi se déplaça dans le stade et serra la main des responsables régionaux des groupes de musique. Au passage, il donna une chaleureuse accolade à un collégien. « Quelle magnifique performance ! Et continue aussi à étudier sérieusement ! » […] Malgré la sueur qui coulait sur son front et dans son cou, Shin’ichi continua de serrer des mains et d’encourager les membres un à un. Certains avaient les larmes aux yeux en le voyant remercier ainsi les participants de tout son cœur. Par la suite, dans une salle de conférences de l’université Soka, Shin’ichi rencontra de façon informelle des journalistes de télévision et de presse écrite. « Les jeunes de la Soka Gakkai sont toujours pleins de passion, dit l’un d’eux. Je ressens aussi les liens profonds que vous partagez avec eux. Comment avez-vous fait pour cultiver cette relation de confiance ? — Laissez-moi vous faire part de ce que j’ai dit aujourd’hui aux jeunes que j’ai rencontrés, répondit Shin’ichi. Je leur ai dit que j’aspire à les voir se développer, que je prie pour cela et que je souhaite tout leur confier. C’est vraiment ce que je ressens concernant la jeunesse. « Je leur ai toujours dit que je suis comme un tremplin pour eux et que j’aspire à faire tout mon possible pour leur épanouissement. Et j’ai en effet une foi absolue dans nos membres de la jeunesse et suis prêt à les encourager et à les soutenir par tous les moyens possibles. « J’essaie toujours de procurer de la joie à tous les pratiquants de notre mouvement et pas seulement à ceux de la jeunesse. Ainsi, l’an dernier, j’ai inscrit 10 784 calligraphies pour les offrir aux pratiquants à titre d’encouragement. Je suis totalement déterminé à soutenir les membres de notre mouvement. Je pense que c’est pour cela que mes mots trouvent un écho en eux. Et c’est aussi pour cela qu’ils m’ouvrent leur cœur et se confient à moi. » Extrait du chapitre « Une lutte acharnée » Un voyage épique mû par un profond esprit de recherche Durant une visite dans le Hokkaido en juin 1978, Shin’ichi rencontra Kaztsuji Sugayama, un paysan qui tenait une laiterie dans la petite ville de Bekkai. Shin’ichi se souvint de la lutte que cet homme avait menée pour approfondir sa foi dans un contexte financier particulièrement difficile alors qu’il était membre du département des jeunes hommes, bien des années auparavant. C’était en septembre 1960 et Sugayama avait alors appris qu’une réunion des jeunes hommes devait se tenir dans la ville de Kushiro mais il n’avait pas les moyens de payer le voyage et il eut d’abord le sentiment d’être dans une impasse. En prenant le train, il aurait pu se rendre à Kushiro en trois heures, mais il n’avait pas d’argent pour payer le voyage. « Les membres souhaitent ma venue, mais comment faire ?… » Un soir, en rentrant chez lui, il s’allongea pour se détendre et put voir distinctement les visages de ses compagnons de pratique de Kushiro. Ils semblaient dire : « Nous t’attendons ! Nous croyons en toi ! Allez, debout ! » Sugayama se leva. « C’est décidé ! Je vais y aller à vélo. Je ne peux pas me laisser arrêter par les circonstances. Je veux rencontrer tout le monde et entendre le président Yamamoto ! […] Si je pars maintenant, je pourrai arriver là-bas à l’heure. » Il se hissa sur sa bicyclette et s’élança résolument, comme pour surmonter ses hésitations. La route n’était pas pavée. Il s’accrochait fermement à son guidon pour ne pas tomber en heurtant des racines. Il n’y avait pas de réverbères pour éclairer la route ni de lumière provenant des maisons. La lune et les étoiles étaient dissimulées derrière un voile nuageux. […] Mais en pensant à ses compagnons de pratique qui comptaient sur lui, il était bien décidé à ne pas abandonner. […] Enfin, l’aube arriva et la ville de Kushiro apparut au loin, à travers la brume matinale. « Bientôt, je vais tous les retrouver », pensa-t-il. Il se sentit soulagé. Puis, soudain, toutes ses forces l’abandonnèrent et l’épuisement le gagna. Il s’arrêta, s’étendit sur l’herbe et plongea aussitôt dans un profond sommeil. La lumière du soleil le réveilla. Il avait dormi deux heures et se sentait régénéré. Il repartit à un bon rythme et, à environ huit heures du matin, il entra dans Kushiro. Il avait parcouru une centaine de kilomètres en une nuit. Son visage était couvert de sueur et de poussière mais son cœur était léger. Son puissant esprit de recherche lui avait permis de surmonter ses faiblesses. Tous ceux qui participaient à la réunion accueillirent le champion de Betsukai avec des applaudissements et des acclamations enthousiastes. Ils apprirent par son exemple ce qu’était le véritable esprit du département des jeunes hommes. Extrait du chapitre « L’esprit de recherche » 2. Vivre avec les écrits de Nichiren, volume 27 Traduit du journal Seikyo, du 18 mars 2021. « Même s’il s’agit du grand patriarche, si ce dernier avance une théorie arbitraire contraire à l’enseignement bouddhique correct, il ne faut pas le suivre. » (Les vingt-six articles de prévention, GZ, 1618) Garder l’enseignement correct À la fin du mois de juin 1943, Tsunesaburo Makiguchi et Josei Toda furent convoqués au temple principal de la Nichiren Shoshu où, en présence du grand patriarche Suzuki Nikkyo, un moine aîné les exhorta à accepter l’amulette shinto qui exprimait symboliquement le soutien à l’idéologie officielle du pays. Les moines l’avaient déjà eux-mêmes acceptée par crainte des persécutions du gouvernement militariste. Recevoir l’amulette touchait à une question fondamentale liée au cœur même des enseignements et doctrines du bouddhisme de Nichiren. Cela équivalait à renoncer à la liberté de croyance et à se soumettre à la politique de contrôle de la pensée instaurée par les autorités militaristes. Makiguchi répondit fermement : « Je ne puis accepter cette proposition. Je refuse totalement d’accepter ce talisman. » […] Après avoir quitté le temple principal, en s’efforçant de réprimer sa colère, Makiguchi confia à son disciple, Josei Toda : « Je ne redoute pas la disparition d’une simple école bouddhique, mais la ruine du pays tout entier. Je crains que Nichiren n’en soit profondément affligé. N’est-ce pas le moment d’adresser une remontrance au gouvernement ? 4 — Sensei, avait répondu son disciple, je vais lutter en y consacrant toute ma vie. Quoi qu’il arrive, je resterai constamment à vos côtés. » La relation de maître et disciple dans le mouvement Soka est une union spirituelle fondée sur un engagement total pour la réalisation de kosen rufu. Quelque temps après, Makiguchi et Toda furent arrêtés et jetés en prison pour haute trahison et violation de la loi sur le maintien de l’ordre public. Dix-neuf autres responsables de la Soka Kyoiku Gakkai furent eux aussi arrêtés. Dès l’arrestation de Makiguchi et des autres responsables du mouvement Soka, la Nichiren Shoshu, prise de panique, tenta de rompre tout lien avec la Soka Kyoiku Gakkai, en interdisant notamment les pèlerinages au temple principal aux pratiquants qui suivaient Makiguchi. Le courant pur du bouddhisme de Nichiren avait été rigoureusement préservé grâce aux efforts du maître et du disciple du mouvement Soka, Tsunesaburo Makiguchi et Josei Toda, restés fidèles à cet enseignement au risque de leur vie. Extrait du chapitre « Justice » « Les diverses souffrances endurées par tous les êtres vivants – toutes sont les souffrances de Nichiren. » (OTT, 138) Jeunes, partagez vaillamment les souffrances du peuple Le 5 mai 1978, lors d’une rencontre informelle avec des journalistes de la télévision et de la presse écrite, Shin’ichi fait part de ses réflexions sur l’importance de faire preuve d’empathie envers les personnes confrontées à de grandes difficultés. Il dit aussi aux journalistes comment les jeunes peuvent, selon lui, développer leurs capacités. Cela exprime l’état de vie infiniment bienveillant de Nichiren, qui considérait les souffrances de l’humanité comme les siennes et ouvrit à tous la voie de l’atteinte de l’illumination. En tant que disciples, nous nous efforçons de vivre avec le même esprit. Plutôt que d’être totalement absorbés par nos problèmes, nous éprouvons de l’empathie et partageons les luttes de toutes sortes de personnes, en consacrant notre vie à kosen rufu afin de leur montrer la voie vers un bonheur indestructible. Nous écoutons les problèmes et préoccupations de nos amis et faisons de notre mieux pour les encourager. En aspirant sincèrement à leur bonheur, nous leur parlons du bouddhisme de Nichiren et pratiquons pour eux. C’est grâce à de tels efforts quotidiens accomplis du fond du cœur que nous pouvons relier notre vie à Nichiren. En menant ce type d’existence, nous brisons la coquille étroite de l’égoïsme et faisons jaillir les vastes états de vie des bodhisattvas surgis de la Terre et de Nichiren, engageant ainsi une profonde transformation intérieure. […] Shin’ichi dit aux journalistes : « Nous ne pouvons pas comprendre les difficultés des autres si nous n’avons pas fait nous-mêmes l’expérience de la souffrance. Si des dirigeants dépourvus d’empathie exercent une influence dans la société, ce sera un malheur pour les simples citoyens. C’est pour cela que j’encourage toujours les jeunes, les dirigeants de l’avenir, à se lancer des défis et à faire face aux épreuves. Je veux qu’ils deviennent des personnes en mesure de comprendre les souffrances d’autrui. Pour cela, ils ne doivent pas éviter les difficultés mais au contraire les accepter de bon cœur et lutter plus que quiconque. » Extrait du chapitre « Une lutte acharnée »
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