Avril 2026

Étude bouddhique

Thème

Citations

Jour après jour, mois après mois

L’espoir est le trésor de la vie et la force motrice de la victoire. Les pratiquants du mouvement Soka allument la flamme de l’espoir dans le cœur des gens, les uns après les autres. (Série d’essais « L’éclat de notre révolution humaine »)   Le temps est maintenant venu d’ouvrir la voie de la paix. Renouvelons nos efforts pour élargir notre mouvement, en allumant dans notre vie la noble flamme de la croyance, comme nous l’enseignent les cinq orientations éternelles de la Soka Gakkai ! (Série d’essais « Le chant de la victoire humaine »)   Ceux qui ont pris un engagement ferme sont forts. Décidés à traverser, quoi qu’il arrive, toutes les épreuves et difficultés qu’ils rencontrent en chemin, ils sont capables d’atteindre l’objectif qu’ils se sont fixé et d’être victorieux dans l’existence. C’est pourquoi Nichiren nous exhorte « de ne pas s’attendre à des temps favorables, mais à considérer comme certain que les temps à venir seront durs » (Sur les persécutions subies par le Sage, Écrits, 1009). (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 30-I, chap. Nouvel élan », p. 248)   On ne crée pas de dialogues en attendant passivement. Nous devons aller vers les autres pour leur parler. Trouvons des moyens de créer des liens, même lors des rencontres les plus anodines. (Série d’essais « La lumière du siècle de l’humanisme »)   Un bouddha n’est pas un être spécial. Une personne qui lutte courageusement, par l’esprit et l’action, contre les forces négatives et qui persévère jusqu’à la victoire – voilà ce qu’est un bouddha. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 2, La révolution humaine, part. 2/2, chap. 14, « La foi pour surmonter les obstacles », p. 65)   La société est en constante évolution. […] Nous ne devrions pas […] céder au désespoir. […] La foi est l’ultime force spirituelle qui nous permet de puiser en nous-mêmes encouragements et inspiration. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 15, chap. « Floraison », p. 321)   Nous pouvons faire surgir notre sagesse précisément parce que nous sommes confrontés à des difficultés. Notre pratique du bouddhisme de Nichiren nous permet de connaître une transformation fondamentale de notre perception des phénomènes en nous appuyant sur cette vérité. C’est en raison des rigueurs de l’hiver que nous goûtons pleinement la joie de la vitalité et du renouvellement quand vient le printemps. (Série d’essais « Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine »)   Continuez à réciter régulièrement Nam-myoho-renge-kyo. Une voie s’ouvrira à coup sûr devant vous. Vos expériences de victoires sur les obstacles grâce à la foi deviendront une source d’espoir et d’inspiration pour de nombreuses personnes, en particulier les jeunes. (Série d’essais « Notre voie éclatante de la victoire »)   Se faire de nouveaux amis est une source de joie dans la vie. Offrons des encouragements chaleureux et des paroles attentionnées à nos amis, nouveaux et anciens. (Série d’encouragements « Ouvrir ensemble une nouvelle ère de kosen rufu »)   Parfois, quelques mots peuvent suffire à inquiéter ou blesser une personne. De même, quelques mots peuvent suffire à la rassurer ou à lui insuffler du courage. Des propos réfléchis, mûrement pesés, témoignent de la profondeur de notre considération en tant qu’êtres humains. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 4, chap. « Tempête de printemps », p. 19)   « Matin après matin nous nous levons avec le Bouddha, soir après soir nous nous couchons avec le Bouddha. » (OTT, 83) Commencer la journée de manière revitalisante est source de victoire et de développement dans tous les domaines. (Discours prononcé à la réunion des responsables de la région de Chubu, août 1988)   Nichiren exhorte chacun à « [être] des millions de fois plus prudent qu’auparavant » (Le héros du monde, Écrits, 846). Tout en restant vigilants et en accordant la priorité à notre santé et à notre sécurité, vivons pleinement chaque journée ! (Discours prononcé à la conférence des représentants des départements, août 2004)   Il est important d’avoir l’esprit de nous améliorer nous-mêmes. […] Nous devrions nous efforcer de nous développer et d’avancer sans cesse. C’est ainsi que l’on peut faire apparaître créativité et ingéniosité. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 27, chap. « L’esprit de recherche »)   Grâce au pouvoir de la Loi merveilleuse, vous pouvez manifester pleinement votre individualité et vos qualités uniques. Nous possédons chacun une mission que nous seuls pouvons accomplir. (Série d’étude « Une religion de la révolution humaine »)   Avec le temps, les gens vous diront naturellement leur admiration pour vos efforts dévoués et invisibles. Ils seront touchés par vos prières, et vous serez entourés de gratitude et d’éloges. Tel est le grand pouvoir bénéfique de la Loi merveilleuse. Vivons chaque jour avec sagesse, en accomplissant notre mission de bodhisattva surgi de la Terre ! (Série d’encouragements « Graver les écrits de Nichiren dans notre cœur »)   Dans tout ce que nous accomplissons, la conclusion est essentielle. Que ce soit dans nos efforts pour kosen rufu ou dans notre travail, il s’agit d’aller jusqu’au bout et de finir avec éclat. (Discours prononcé à la conférence des représentants, août 2006)   Les dialogues à cœur ouvert sont joyeux. Échanger avec des personnes d’autres générations et d’autres régions enrichit notre existence et nous aide à élargir notre état de vie. (Série d’essais « La citadelle éternelle qu’est le mouvement Soka »)   Lorsque nous récitons Gongyo et Nam-myoho-renge-kyo, nous parlons le langage du Bouddha qui imprègne tout l’univers. En récitant de puissants Daimoku, menons une vie longue et en bonne santé, en remportant la victoire jour après jour. (Discours prononcé à la conférence des représentants des départements, août 2008)   Ceux qui luttent pour de meilleurs lendemains ont une force vitale éclatante. Déployez vos ailes et élancez-vous vers un avenir radieux, au nom de la paix et pour la victoire de l’humanité ! (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 23, chap. « L’avenir », p. 56)   Renouveler notre détermination ouvre une nouvelle ère et fait naître un nouvel espoir. En baignant dans la lumière du soleil qui illumine l’ère future du bonheur, avançons fièrement sur la grande voie de kosen rufu. (Discours prononcé à la réunion mensuelle des responsables, janvier 1991)   Accomplir sa révolution humaine signifie progresser sans cesse, faire ne serait-ce qu’un pas de plus que la veille, un pas de plus que l’an dernier. Soyez à l’initiative du changement ! Ouvrez vous-même un chemin vers la victoire ! (Éditorial du Daibyakurenge, janvier 2010)   Le mot-clé est amitié. Vous, les jeunes, montrez la voie à suivre. En répandant un esprit amical et en faisant preuve de bonne volonté, annoncez une nouvelle ère.   En établissant un rythme quotidien sain et équilibré fondé sur la foi dans la Loi merveilleuse, nous pouvons faire un pas en avant dans la transformation de notre vie familiale. Les familles qui respirent l’harmonie et le bonheur peuvent être une source d’espoir et d’inspiration pour les autres. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 26, chap. « Des responsables courageux », p. 217)   La détermination, l’engagement à passer soi-même à l’action, telle est la force qui mène à la victoire. Cela correspond au principe bouddhique des « trois mille mondes en un instant de vie ». (Discours prononcé à la réunion mensuelle des responsables, janvier 1998)   L’énergie nécessaire pour lutter avec courage et détermination chaque jour, à chaque instant, ouvre la voie à la victoire. Cette énergie provient de la récitation de Nam-myoho-renge-kyo avec une puissance semblable au « hennissement des chevaux blancs » (cf. Le roi Rinda, Écrits, 996). (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Si nous ne ménageons pas nos efforts et maintenons l’esprit d’unité entre le maître et le disciple, la Soka Gakkai prospérera éternellement. Conscients que chacun d’entre nous est responsable de la réalisation de kosen rufu, faisons de la Soka Gakkai la meilleure organisation au monde ! (Discours prononcé à la conférence des représentants des départements, juin 2008)   Nichiren nous enseigne à « croire continuellement sans jamais régresser » (Les deux sortes de foi, Écrits, 909). Ce qui importe, c’est de nous polir et de nous forger continuellement sur la base de la foi dans la Loi merveilleuse. (Série de cours « Le bouddhisme du soleil »)   Se laisser facilement influencer par les autres et se lamenter de sa situation ne mène pas à la victoire dans la vie. Votre esprit de recherche et votre détermination à vous améliorer vous permettront de jouir d’une jeunesse épanouissante et de suivre le bon chemin dans la vie. (Discours prononcé à la réunion générale conjointe des arrondissements, janvier 1988)   La force de la Soka Gakkai est la force des personnes ordinaires qui œuvrent au sein de nos chapitres et sont aux premières lignes de notre mouvement. C’est une formule éternelle et immuable. (Éditorial du Daibyakurenge, octobre 2011)   Ce qui touche le cœur des gens et facilite leur compréhension du bouddhisme, c’est la considération et la sincérité que nous manifestons à leur égard. C’est notre personnalité. (Discours prononcé à la réunion des responsables de la région du Kansai, septembre 1987)   Apprendre nous aide à faire surgir notre potentiel et à accomplir notre noble mission. J’espère que vous, mes jeunes amis du groupe Avenir, deviendrez des champions qui se lancent des défis et que vous accorderez la priorité à vos études. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Kosen rufu commence par la révolution humaine d’une seule personne. Une personne déterminée à passer à l’action donne à une autre l’envie de faire de même. Cette détermination qui se transmet d’une personne à une autre est la formule immuable du développement de notre mouvement. (Série d’essais « Notre voie éclatante de la victoire »)   Plus l’obscurité qui enveloppe la société est profonde, plus le bouddhisme de Nichiren brille avec éclat car il nous enseigne comment transformer n’importe quel phénomène négatif, selon le principe de la transformation du poison en remède. L’important est d’aller résolument de l’avant avec le cœur d’un roi-lion. (Discours prononcé à la conférence des responsables exécutifs, novembre 2008)   Notre souhait, en tant que pratiquants du bouddhisme de Nichiren, est de créer une ère de respect de la dignité de la vie grâce à notre philo­sophie humaniste, en ayant l’esprit bienveillant d’alléger les souffrances et d’insuffler la joie. (Série d’étude « À mes amis des quatre départements engagés dans notre lutte commune »)   Quoi qu’il arrive, appuyons-nous toujours sur le Gohonzon et sur la foi. Nous remporterons alors à coup sûr la victoire absolue. Nous deviendrons sans aucun doute heureux. Telle est la finalité du bouddhisme de Nichiren. (Discours prononcé à la conférence des responsables exécutifs, novembre 2008)   Grâce au pouvoir de nos paroles et de notre voix, agrandissons les champs fertiles du bonheur. Plus nous tissons de liens avec les autres, plus grands sont les bienfaits et la bonne fortune que nous accumulons. (Série d’essais « Notre voie éclatante de la victoire »)   Prendre l’initiative est primordial. Le sens, la satisfaction et le bonheur véritables dans la vie découlent des actions que nous engageons avec un esprit d’initiative résolu. (Discours prononcé à la réunion des responsables du siège, mars 1992)   Kosen rufu est l’entreprise suprême des personnes ordinaires qui œuvrent ensemble pour le bien-être et la prospérité de la société. Déployons un maximum d’efforts dans la prière, passons à l’action et dialoguons avec les autres. En manifestant une unité toujours plus grande, écrivons un nouveau chapitre marqué par des accomplissements encore plus éclatants ! (Série d’essais « Le chant de la victoire humaine »)   Quel est le but de notre vie ? La mission signifie être conscient du but de notre vie. Quand nous décidons de nous consacrer aux nobles idéaux communs des maîtres et des disciples du mouvement Soka, rien ne peut nous arrêter. (Série d’essais « Le chant de la victoire humaine »)   Les grandes réalisations découlent en définitive de l’accumulation de petits efforts quotidiens. Par conséquent, évitons toute complaisance et faisons tout notre possible pour remporter la victoire face à tous les défis qui se dressent devant nous. (Série d’essais « Notre voie éclatante de la victoire »)   « Aujourd’hui encore je crée des nouvelles valeurs ! » – avançons toujours avec cette résolution ardente et cet esprit passionné. Tel est le mode de vie des pratiquants du mouvement Soka. (Discours prononcé à la réunion commémorative, juin 2007)   Le développement de notre réseau Soka conduira au développement de la paix et de l’amitié à travers le monde. Partout dans le monde, avançons avec audace, joie et harmonie au côté de nos compagnons de croyance ! (Discours prononcé à la réunion mensuelle des responsables, février 2006)

Paroles d'encouragement

La lumière du siècle de l’humanisme. Se réjouir de la progression dynamique du département des jeunes femmes

Par Shin’ichi Yamamoto 1 «Pour tout être mortel, le plus éclatant des dons est la faveur qui revient jour après jour. » J’ai toujours apprécié ces mots du poète de la Grèce antique Pindare, dans l’un de ses poèmes célébrant les vainqueurs. Dans le quartier de Shinanomachi, à Tokyo, le Centre Soka des jeunes femmes vient enfin d’être achevé. C’est le lieu du triomphe, de l’espoir et de la gloire pour les jeunes femmes du xxie siècle. Le bâtiment a été officiellement inauguré le 3 mai, Jour de l’An de la Soka Gakkai, sous les applaudissements des très nombreux pratiquants présents, le visage souriant. Ce jour-là, le ciel était dégagé et le soleil brillait d’un éclat magnifique. Une heureuse coïncidence a voulu que cette citadelle de l’espoir du département des jeunes femmes ait été inaugurée à la saison où le muguet (jpn suzuran, symbole de leur département) se met à fleurir. Cette fleur aussi appelée en anglais « clochette de mai » (May bells) fait tinter le doux son de l’espoir, comme pour célébrer le mois de mai du mouvement Soka. Mon épouse et moi nous sommes, l’un et l’autre, réjouis de l’ouverture de ce nouveau centre. Nous avons prié avec une profonde détermination pour le bonheur de toutes les jeunes femmes, si importantes pour kosen rufu, qui participeront à des activités dans ce centre. Les yeux brillants et le sourire aux lèvres, mon épouse n’a cessé de répéter : « Je suis tellement, tellement heureuse », aussi ravie de cette inauguration que si elle-même faisait partie du département des jeunes femmes. * « Les meilleurs dirigeants à mon sens sont des hommes et des femmes honnêtes et intègres, qui dirigent par l’exemple et savent différencier le bien du mal. » Tel est l’idéal de la gouvernance énoncé par Mme Anson Chan lors d’une intervention récente à l’université Soka (le 27 avril 2006). Mme Chan est la première femme à avoir exercé la fonction de secrétaire général de la région autonome et du Conseil exécutif de Hong Kong. Lors de notre visite à Hong Kong, il y a six ans (en décembre 2000), mon épouse et moi avons été accueillis par Mme Chan elle-même et par sa mère, la célèbre artiste Fang Zhaoling (1914-2006). Cette rencontre sera pour moi à jamais inoubliable. Lors de sa visite au Japon en cette année 2006, Mme Chan m’a offert un pinceau et un sceau que sa mère, qui venait de décéder en février, utilisait souvent pour ses peintures et calligraphies. Je suis profondément reconnaissant pour ces précieux souvenirs. Mme Chan prononça un discours à l’université Soka sur le mode de vie des femmes à l’ère moderne, qui marqua profondément son auditoire. De nombreuses questions lui ont été adressées, comme « Quelles sont les qualités que les femmes ne devraient jamais perdre ? », auxquelles elle répondit sincèrement. Pour conclure, elle encouragea les personnes présentes à toujours se rappeler qu’elles ont une responsabilité non seulement envers elles-mêmes mais également envers leur famille et leurs proches, ainsi qu’envers toutes les personnes qui vivent dans la société et toutes celles et tous ceux qui sont défavorisés. C’est en effet un conseil précieux. * Les membres du département des jeunes femmes mènent joyeusement leur vie, conscientes que leur lieu de travail et leur environnement, leur école et leur famille, sont les endroits où elles accompliront la mission unique qui est la leur durant leur jeunesse. Elles élargissent les magnifiques cercles d’une amitié durable, apportent leur soutien à leurs amies en difficulté et les encouragent à suivre avec elles la voie du bonheur indestructible. Dans le monde actuel où les gens sont toujours plus insensibles et indifférents les uns envers les autres et pensent uniquement à leur seul bien-être, c’est un mode de vie d’une infinie noblesse. Certaines personnes qui ont adhéré récemment à la Soka Gakkai rapportent qu’elles ont pris la décision de rejoindre le mouvement parce qu’elles avaient été touchées par le rayonnement et la passion des jeunes femmes pratiquantes et qu’elles-mêmes souhaitaient développer la même vitalité. De nombreux pratiquants ont également renouvelé leur détermination et se sont mis à participer avec enthousiasme aux activités de la Soka Gakkai fondées sur un objectif noble après avoir été inspirés par les réunions générales du département des jeunes femmes (qui se tiennent en avril et en mai dans tout le Japon). Je reçois beaucoup de nouvelles de jeunes pratiquantes qui se sont dressées dans la foi et ont apporté des changements positifs au sein de leur famille et sur leur lieu de travail. L’essor du département des jeunes femmes est le baromètre du mouvement Soka ; c’est le pouvoir de l’espoir éclatant qui ouvre la voie de l’avenir ; c’est une source de lumière. Les progrès réalisés par ce département ont un effet d’entraînement non seulement sur celui des femmes, mais aussi sur ceux des hommes et des jeunes hommes. La grande joie suscitée par la progression des jeunes femmes se répand dans toute la Soka Gakkai. Nous avons la grande bonne fortune de bénéficier de leur rayonnement et de leurs espoirs qui illuminent l’avenir. * Comme des mères aimantes soutenant leurs filles, les pratiquantes du département des femmes leur offrent des encouragements profonds et admirables. Les efforts incessants des responsables du groupe Suzuran (Muguet) notamment, ces pratiquantes du département des femmes à qui l’on a confié la mission de soutenir une jeune femme en particulier, ont permis à de nouvelles « Suzuran », jeunes femmes pleines d’espoir et de joie, de s’épanouir magnifiquement dans chaque région et quartier. Il y a aussi des femmes responsables de chapitre, qui ouvrent leur maison aux membres du département des jeunes femmes et les accueillent quand elles le souhaitent. Ces lieux sont pleins de vie – les jeunes femmes viennent y étudier les écrits de Nichiren, présenter le bouddhisme à leurs amis, ou recevoir des encouragements personnels dans la foi. J’ai lu de nombreux comptes rendus émouvants de femmes responsables déclarant avoir beaucoup appris en voyant leurs cadettes parler de leur foi avec une conviction absolue. Quand tous les membres mettent en commun leur sagesse et luttent ensemble pour entraîner et soutenir les nobles jeunes femmes au cœur pur qui les entourent, la citadelle du mouvement Soka s’étend et l’on voit s’ouvrir une nouvelle page de l’Histoire. Le deuxième président de la Soka Gakkai Josei Toda disait souvent qu’une pratiquante du département des jeunes femmes possède la force de dix, voire de cent personnes. Dans cet esprit, ceux qui, parmi nous, sont des aînés dans la foi devraient protéger les jeunes femmes et se réjouir de leur développement tout en faisant eux-mêmes de grands efforts. Là réside la clé pour remporter la victoire absolue. La progression dynamique du département des jeunes femmes ouvre un avenir éclatant pour kosen rufu. * L’historien français Jules Michelet (1789-1874), auteur de La Femme, a écrit : « Rien ne vit, rien n’agit, ne dure, qui ne soit fondé dans la conviction, fondé dans la volonté 2. » Comme c’est vrai ! Avec une conviction et une volonté faibles, comment pouvons-nous ­prétendre réaliser notre grande révolution humaine ? Comment pourrions-nous devenir heureux ou remporter la victoire ? C’est précisément pour cela que je souhaite que chaque jeune femme prie et lutte de toutes ses forces au cœur de sa vie quotidienne, dans la société et dans les activités bouddhiques afin d’accumuler de nombreuses expériences concrètes de bienfaits qui découlent de la foi. Il est essentiel de prendre profondément conscience du pouvoir de la foi et d’en faire l’expérience dans tous les domaines parce que c’est ainsi que l’on peut établir des fondations indestructibles pour notre bonheur, ancrées sur la détermination et la croyance. De nombreuses jeunes femmes souffrent de ce qu’elles perçoivent en elles comme des défauts et manquent de confiance. Cependant, le bouddhisme de Nichiren enseigne la grande voie de la révolution humaine qui permet à chacune et à chacun de briller de la manière qui lui est propre. Grâce à cette philosophie, vous pouvez à coup sûr dépasser un état de vie faible, où vous vous laissez influencer, et devenir une personne forte et déterminée. Vous pouvez résister aux tempêtes de la souffrance et établir des fondations inébranlables qui vous soutiendront tout au long de votre noble vie. L’étude bouddhique est la seule boussole fiable pour vous guider à travers cette riche période de la jeunesse. Comme mon maître M. Toda l’a déclaré : « Étudiez le bouddhisme en profondeur ! » Sans l’étude, vous ne pourrez pas distinguer le vrai du faux ou le bien du mal. Vous ne pourrez pas reconnaître la voie suprême à suivre dans la vie, ni saisir véritablement ce qu’est l’inséparabilité du maître et du disciple. Sans cette conscience, vous ne pourrez pas savoir ce qu’est le véritable bonheur et, par conséquent, vous ne pourrez pas en faire l’expérience. L’étude est un entraînement qui nous permet de nous développer sur la voie bouddhique. C’est la raison pour laquelle M. Toda disait souvent, tel un père affectueux, aux jeunes femmes : « Fondez votre vie sur l’étude ! » Aujourd’hui vous, nobles pratiquantes du département des jeunes femmes, poursuivez avec passion la lutte commune des disciples au côté de votre maître, afin de créer une vie victorieuse en posant des fondations éclatantes dans votre jeunesse. Vos efforts et votre persévérance sont véritablement inspirants. Il ne fait aucun doute que les bouddhas et bodhisattvas des trois existences (passé, présent et futur) et des dix directions font l’éloge de la pureté de votre cœur et vous protègent. La voie vers la victoire et le bonheur se trouve à l’endroit où vous vous trouvez maintenant. Elle réside dans les efforts que vous déployez aujourd’hui. Menez une jeunesse créatrice de valeurs éclatantes et développez ces magnifiques qualités que sont le courage et la persévérance. Avancez avec énergie, optimisme et fierté tout au long de votre jeunesse, le printemps de votre vie. * Martin Luther King (1929-1968), héros du mouvement des droits civiques américain, a déclaré : « Nous possédons la force intérieure de nous dresser face à toutes les situations auxquelles nous devons nous confronter. » Fidèle à ses convictions, il ne cessa d’agir, sans craindre les épreuves qui se succédaient les unes aux autres. Lors de la 25e commémoration de sa disparition (en 1993) marquée par un concert d’éloges, une jeune femme se distingua par l’hommage qu’elle rendit au grand dirigeant du mouvement des droits civiques : « Nous ferons tout notre possible pour honorer ta mémoire en nous engageant dans toutes les causes auxquelles tu as consacré ta vie. » Cette jeune femme était Bernice King, la plus jeune des quatre enfants de Martin Luther King. Elle n’avait que cinq ans lorsque son père fut assassiné. Dès la fin de son adolescence, elle décida de poursuivre la lutte et l’œuvre de son père au nom des personnes ordinaires. Dans l’un de ses discours, elle s’interroge : comment les gens peuvent-ils s’attendre à des changements si eux-mêmes ne sont pas prêts à faire appel à leur courage pour lutter contre l’injustice sous toutes ses formes ? Cela met en lumière sa détermination à lutter contre l’injustice, comme l’avait fait son père. Nous percevons là son engagement à vaincre l’injustice qui afflige les gens. Perpétuer l’esprit de quelqu’un signifie poursuivre son œuvre. * Nichiren encouragea une femme pratiquante [la nonne séculière Toki] en écrivant : « Devenir l’épouse d’un empereur, quel intérêt cela peut-il bien avoir ? Renaître dans le ciel, à quoi cela servirait-il ? Vous devriez plutôt suivre la voie de la fille du roi-dragon et vous ranger au côté de la nonne Mahaprajapati [la plus grande femme disciple de Shakyamuni]. C’est vraiment merveilleux ! Vraiment merveilleux ! » (L’arc et la flèche, Écrits, 661) Même si vous êtes née dans un milieu privilégié ou si vous réalisez un mariage spectaculaire qui fait beaucoup d’envieuses, cela ne garantit pas votre bonheur. Le bonheur ne dépend pas de la richesse ou de l’apparence, pas plus que cela ne repose sur la renommée ou la reconnaissance. Si votre cœur est vide, vous ne pourrez pas établir un bonheur véritable. * Il existe un vaste état de vie marqué par un bonheur profond et solide, qui transcende tous les critères matériels ou sociaux. C’est la foi. C’est l’état de bouddha. Comme Nichiren nous le rappelle : « C’est le cœur qui est important. » (La stratégie du Sûtra du Lotus, Écrits, 1011) C’est dans le cœur, c’est dans la foi que réside la bouddhéité, que brille un bonheur illimité et incommensurable. Le bonheur ne se trouve pas ailleurs, loin de nous. Nous devons comprendre qu’il existe dans notre propre vie. C’est ce qu’enseigne le bouddhisme de Nichiren et il nous montre comment parvenir à un bonheur indestructible. Votre bonheur et votre victoire dans la vie dépendent de votre capacité à prendre conscience, quand vous êtes encore jeunes, que le bonheur existe en vous. C’est pour cela que vous n’avez aucune raison de vous comparer aux autres, mais que vous devez au contraire lutter avec énergie et joie pour développer votre état de vie et vous améliorer jour après jour. Brillez telles que vous êtes, soyez fidèles à vous-mêmes, et progressez de la manière qui vous est propre. La profonde philosophie du bouddhisme de Nichiren enseigne cela à travers des principes comme « le cerisier, le pêcher, le prunier et l’abricotier » (cf. OTT, 200) – qui soulignent la beauté de chacun et la diversité – et « l’éveil et la manifestation de la nature fondamentale » (cf. Écrits, 752). Le muguet, fleur du département des jeunes femmes, est un symbole du bonheur. La finalité de la foi est de devenir absolument heureux. Le bouddhisme et la foi nous permettent de surmonter le malheur, de persévérer à travers toutes les épreuves, et d’établir un bonheur durable. Cela requiert des efforts. Nous devons nous libérer des souffrances provoquées par les fonctions destructrices, afin que brille l’éclatant bonheur inhérent à notre vie. L’objectif de la vie et de la foi est que chacun de nous, sans exception, devienne heureux. Pour cela, nous devons lutter contre le mal, les épreuves, l’inertie, les fonctions négatives, les ennemis qui cherchent à détruire le bouddhisme et le karma. Il est crucial de persévérer avec audace dans ces luttes, en brûlant d’une passion aussi éclatante que le soleil levant. Le grand maître Dengyo est parvenu à la conclusion que toute personne qui recherche l’enseignement bouddhique correct et le pratique avec courage est un véritable « trésor de la nation ». Cela décrit bien chacune d’entre vous qui luttez si admirablement, avec tant de sincérité. * Quand mon épouse était dans le département des jeunes femmes, elle s’est engagée totalement dans les activités bouddhiques du mouvement, participant un jour à une réunion de discussion, se hâtant le lendemain de présenter le bouddhisme à quelqu’un. Elle était profondément engagée dans le bouddhisme de Nichiren, visitant même les temples et les sièges des autres écoles bouddhiques japonaises pour réfuter leurs enseignements erronés. En tant que membre pionnière du département des jeunes femmes fondé en 1951, elle considère aujourd’hui encore sa jeunesse, riche de souvenirs dorés, comme un trésor précieux. Comme l’a écrit le poète grec Pindare : « Si le labeur fut grand, la joie qui en découle sera plus grande encore. » C’est tout à fait exact. * Nous ne pouvons pas nous améliorer sans déployer d’efforts. Sans passer à l’action, même si nous attendons longtemps, le bonheur ne viendra jamais. Une vie sans sommets ni vallées n’est qu’une illusion. La réalité est rude, parce que c’est une lutte acharnée. Telle est la voie pour les êtres humains. Par conséquent, vous ne devriez pas vous laisser malmener par la réalité, mais au contraire relever délibérément les défis et les utiliser comme des opportunités de vous entraîner et de vous renforcer. Mes chères jeunes amies, j’espère que vous polirez en profondeur votre vie et mènerez une existence qui vous vaudra la confiance de votre entourage. Si, au contraire, vous vivez en causant sans cesse des inquiétudes aux autres, ce sera un signe de défaite. Afin de ne pas succomber à vos propres faiblesses, vous devriez lutter avec sagesse en harmonie avec la Soka Gakkai, qui se consacre à une juste cause, et maintenir un lien étroit avec vos amis de bien et vos aînés dans la foi. C’est à vous qu’incombe la responsabilité d’orner votre vie de victoires et d’être heureuse. La manifestation de l’illumination par une seule femme a le pouvoir de conduire toute sa famille et les personnes qui lui sont chères à l’illumination. En outre, la victoire de chacune d’entre vous, pratiquantes du département des jeunes femmes qui représentez l’avenir, est la victoire de la Soka Gakkai dans son ensemble, et la force motrice qui conduira toute l’humanité au bonheur. Florence Nightingale (1820-1910), qui a fondé la profession d’infirmière telle que nous la connaissons aujourd’hui, déclara avec fierté : « Efforçons-nous de bien agir, non par égoïsme mais pour honorer et faire avancer la cause, le travail que nous avons entrepris. » L’esprit d’accomplir une mission noble est pur, puissant et magnifique. C’est cet esprit que nous devrions incarner. Le poète anglais Alexander Pope (1688-1744) a écrit : « [Sa sagesse] lui présente tout à la fois la vue brillante de son propre ­bonheur et le plus puissant motif pour aider à celui des autres 3. » Que chacune d’entre vous, nobles pratiquantes du département des jeunes femmes, devienne heureuse. Que chacune d’entre vous brille de tout son éclat durant cette période sans égale de la ­jeunesse.

Paroles d'encouragement

C’est à vous, mes jeunes successeurs, que je transmets le relais

Cette série contient des extraits d’encouragements du président Ikeda parus dans le mensuel Mirai 1, la revue du département des collégiens et des lycéens au Japon, le 1er janvier 2026. Certains de ces extraits ont déjà été publiés mais ils paraissent ici dans une version révisée. Chacun de vous est un coffre au trésor doté d’un potentiel infini Le président Ikeda encourageait souvent les membres du groupe Avenir à croire en leur potentiel infini et dans leur mission unique. Voir un ami qui vous paraît plus doué que vous peut vous donner le sentiment que vous n’êtes pas bon. Cela peut porter un coup à l’image que vous vous faites de vous-même. Mais vous n’êtes pas seul. Tout le monde rencontre des difficultés d’une manière ou d’une autre. Telle est la réalité. Même les amis qui semblent avoir une grande confiance en eux ont leurs propres soucis. Cela fait tout simplement partie de notre condition humaine. Bien sûr il vaut mieux obtenir de bons résultats scolaires. Mais si vous avez eu du mal à y parvenir jusqu’à présent, ne pensez pas pour autant que vous n’êtes pas brillant. Ce serait manquer de respect envers vous-même. Chacun de vous est un coffre au trésor d’un potentiel infini. Chacun de nous a une mission qui n’appartient qu’à lui seul, que personne d’autre ne peut accomplir. C’est pour cela que nous sommes nés. Si nous n’avions pas de mission, nous ne serions pas venus en ce monde. Regardez les étoiles. Comme elles sont nombreuses ! Dans cet univers plein d’innombrables étoiles, d’innombrables planètes, vous avez choisi de naître sur cette Terre, à ce moment précis. Il est certain que ce n’est pas une coïncidence. Il y a une signification à votre naissance. Vous êtes né et votre venue en ce monde est un bien. Vous avez une mission que vous seul pouvez accomplir. Il est certain que vous pouvez exceller dans un domaine ou dans un autre. Mais vous ne savez pas encore lequel. Vous ne devez jamais vous dénigrer ou penser que vous n’êtes pas brillant. Extrait de Dialogue pour l’espoir Réciter Nam-myoho-renge-kyo permet de lutter de tout son cœur Dans l’encouragement suivant, le président Ikeda explique la relation entre les efforts et la pratique de Nam-myoho-renge-kyo, en soulignant l’objectif de notre pratique bouddhique. Si vous continuez à pratiquer sincèrement, il est certain que tout évoluera dans une direction positive. La prière dans le bouddhisme de Nichiren est un vœu. C’est un engagement déterminé à réaliser à coup sûr votre souhait ou votre objectif. Si vous renforcez votre détermination, vous pourrez lutter en y mettant tout votre cœur. Et, grâce à vos efforts, vous deviendrez le type de personne qui fait de ses prières une réalité. Le bouddhisme est, avant tout, la raison. Il ne confère pas de pouvoir mystique ou magique. Un autre objectif de votre pratique bouddhique est d’accomplir votre révolution humaine. Si tous vos souhaits se réalisaient immédiatement, vous pourriez penser que tout se réalise naturellement sans que vous ayez besoin de fournir des efforts. Or, dans ce cas, vous ne pourriez jamais vous développer en tant qu’être humain. Si vous pratiquez et que vous faites des efforts, vos désirs les plus profonds seront à coup sûr exaucés. Ceux qui récitent sans cesse des Daimoku puissants connaîtront en définitive une jeunesse victorieuse et une vie de triomphe qui dépassera même tout ce qu’ils ont pu imaginer. C’est pour cela que vous ne devez pas vous laisser vaincre par une tristesse ou une souffrance momentanée uniquement parce que les choses ne vont pas dans le sens escompté. Ne soyez pas impatient. La vie est pleine de toutes sortes de défis et de difficultés, notamment la maladie, les problèmes financiers et les difficultés relationnelles. Mais si nous continuons à réciter Nam-myoho-renge-kyo, nous pourrons transformer toutes nos épreuves et créer la merveilleuse histoire de notre bonheur et de nos victoires. Il viendra à coup sûr un jour où vous pourrez regarder en arrière et vous dire : « C’est cette difficulté qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. » Voilà la raison d’être de notre pratique bouddhique. J’espère que chacun de vous, mes jeunes amis, se fixera pour lui-même de grands objectifs à l’avenir, que vous pratiquerez sans cesse pour les réaliser et que vous agirez comme il convient. Je vais me joindre à vous et pratiquer chaque jour en ce sens. Extrait de Dialogue pour l’avenir Établir de magnifiques relations amicales, brillantes comme de l’or Dans l’extrait suivant, le président Ikeda partage sa conception de l’amitié. Si vous devenez forts, vous pourrez créer de magnifiques relations amicales, brillantes comme de l’or, que rien ne pourra jamais détruire. L’amitié part toujours de vous-même. Pour établir des amitiés profondes, vous devez garder vous-même un idéal élevé et vivre une jeunesse pleine de dignité. « Même si les autres me trahissent, je ne trahirai jamais personne ! » – ceux qui développent des relations amicales avec une attitude aussi intègre et déterminée et qui font preuve de courage et de persévérance en toutes circonstances créent la brillante histoire d’une victoire éternelle. Dans son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays, Nichiren utilise l’expression « Un ami dans la chambre des orchidées » (Écrits, 25). Quand vous êtes dans une chambre pleine d’orchidées, vous êtes imprégné de leur parfum. De la même façon, les amis de bien qui exercent imperceptiblement une influence positive sur nous par leur présence ou leur exemple sont « des amis dans la chambre des orchidées ». C’est en développant ce type d’amitié que l’on peut établir une société de paix et de justice. Il est plus agréable de rire avec un ami que de rire seul. Un ami qui se réjouit de nos succès avec nous multiplie notre joie par deux. Un ami qui écoute vos problèmes peut être une grande source de réconfort. Quand vous vous retrouvez dans une situation difficile ou pénible, avoir un ami qui vous dit : « Ne l’inquiète pas, tout ira bien » peut ouvrir et réchauffer votre cœur et vous donner la force d’affronter la situation. Les amis sont un trésor. Ils sont comme un soleil éclatant qui diffuse l’espoir ou comme des étoiles qui scintillent dans le ciel hivernal de l’adversité. Ils sont comme une brise fraîche et réconfortante, comme une source bouillonnante qui ravive notre cœur. Oui, l’amitié est le grand vaisseau du courage qui vogue vers nos rêves, le puissant moteur de la sagesse qui nous propulse afin que nous prenions ensemble notre envol dans le vaste monde. Extrait de Dialogue pour l’avenir

Étude bouddhique

Nichiren – Un grand vœu de compassion pour le bonheur de l’humanité

Partie XXV. La persécution d’Atsuhara Après 1277, lorsque les disciples de Nichiren, tels Shijo Kingo ou les frères Ikegami, se dressèrent contre les intrigues de Ryokan, du temple Gokuraku-ji, et de ses alliés, l’oppression qui s’était intensifiée dans la province de Surugas 1 atteignit son point culminant. La persécution qui frappa les disciples de Nichiren dans la région de Fuji – laquelle comprend le village d’Atsuhara 2, dans la province de Suruga –, entre 1275 et 1283, est connue sous le nom de « persécution d’Atsuhara ». Après l’arrivée de Nichiren à Minobu, en 1274, Nikko prit la tête de la transmission de son enseignement dans la région de Fuji, ce qui conduisit à une augmentation du nombre de ses disciples. Les responsables des temples du Tendai locaux, se sentant menacés par la rapide propagation de l’enseignement de Nichiren au sein même de leurs temples et de leurs territoires, commencèrent à persécuter ses disciples. Dans la province de Suruga, le gouverneur militaire, chargé des affaires militaires et administratives, appartenait à la branche principale du clan dirigeant des Hojo. En particulier, Dame Kasai, veuve du cinquième régent Hojo Tokiyori, comptait de nombreux vassaux dans la région, sur laquelle elle exerçait une influence considérable. Fille de Hojo Shigetoki 3, fervent adepte du Nembutsu, elle haïssait Nichiren, qu’elle considérait comme un ennemi à la fois de Tokiyori et de son propre père (cf. Réponse au moine séculier Takahashi, Écrits, 613). Nichiren explique que, lorsqu’il se rendait à Minobu, il ne s’arrêtait pas chez le moine séculier Takahashi, son disciple à Kajima 4, parce que la province de Suruga constituait le domaine de Hojo Tokimune et que la région de Fuji, en particulier, abritait de nombreux proches de Dame Kasai, sa mère (ibid.). C’est à cette époque que commença la persécution de ses disciples dans la province de Suruga. Gyochi, nommé supérieur des moines en exercice du temple Ryusen-ji, à Atsuhara, était un fervent adepte des enseignements de la Terre pure. Il imposait ses croyances aux autres, et ses agissements troublaient l’ordre au sein du temple. Il avait également détourné les biens du temple à des fins personnelles et nommé moines des individus corrompus. Dans les temples de l’école Tendai, il était d’usage que les moines récitent le Sûtra du Lotus le matin et le Sûtra d’Amida le soir. Le temple Ryusen-ji appartenait à cette école, mais Gyochi fit pression sur les moines qui y résidaient pour qu’ils ne récitent plus que le Sûtra d’Amida et cessent de réciter le Sûtra du Lotus. Cependant, les moines du temple qui, après avoir étudié sous la direction de Nikko, étaient devenus disciples de Nichiren, refusèrent de réciter le Sûtra d’Amida, conformément au passage du Sûtra du Lotus qui dit : « […] sans accepter un seul vers d’aucun autre sûtra […] » (SdL-III, 92). Ils se consacrèrent entièrement à la récitation du Sûtra du Lotus et de Nam-myoho-renge-kyo. En représailles, Gyochi les expulsa de leur hébergement, prétextant qu’ils manquaient à leurs devoirs de moines (cf. The Ryusen-ji Petition [Pétition du temple Ryusen-ji], WND-II, 825-826). Aggravation de la situation Nikko résidait au temple Shijukuin, à Kanbara 5. Un moine nommé Gon’yo, qui y occupait une position influente, le harcela et l’expulsa du temple avec d’autres disciples de Nichiren. Au troisième mois de la même année (1278), Nikko et plusieurs compagnons adressèrent une pétition au temple Shijukuin, affirmant que la pratique fondée sur les enseignements de Nichiren était juste, dénonçant l’injustice de leur expulsion et demandant qu’un procès les oppose à Gon’yo afin de discerner le vrai du faux 6. Pendant ce temps, les tensions entre Nichiren et les autorités du shogunat ne cessaient de croître. La lettre de Nichiren intitulée Réponse à mes partisans montre que son désir de longue date d’organiser un débat public gagnait en force et était sur le point de se concrétiser (cf. Écrits, 910). Par ailleurs, selon la lettre Réponse à un croyant rédigée au quatrième mois de la même année, un projet de l’exiler pour la troisième fois était en cours de préparation (cf. Écrits, 914). C’est à cette époque que trois paysans, Jinshiro, Yagoro et Yarokuro 7, qui seront plus tard connus sous le nom des trois martyrs d’Atsuhara, se convertirent à l’enseignement de Nichiren 8. Alors que la situation de Nichiren et de ses disciples dans la province de Suruga devenait de plus en plus tendue, la propagation de la Loi menée par Nikko dans cette région progressait régulièrement. À mesure que l’influence des disciples de Nichiren grandissait, des forces malveillantes se hâtèrent de tenter de l’enrayer. Cette même année, Nichiren adressa une lettre à un disciple de la province de Suruga, dans laquelle il décrivit clairement la manière dont agissent les forces démoniaques (cf. Lettre à Misawa, Écrits, 903). Révélant la véritable nature de la persécution, il exhorta vivement ses disciples à persévérer avec une foi résolue devant ces tempêtes d’oppression. Effusion de sang, décapitation et emprisonnement L’année suivante, en 1279, la répression menée par Gyochi du temple Ryusen-ji s’intensifia jusqu’à utiliser la violence. Au quatrième mois, lors d’un rituel au sanctuaire Sengen, un disciple de Nichiren nommé Shiro fut frappé à coups de sabre et grièvement blessé. De plus, au huitième mois, un autre croyant, Yashiro, fut décapité. Gyochi tenta d’imputer ce meurtre à Nichiren et à ses disciples, dont Nisshu. Il se hâta de déposer plainte auprès des autorités du domaine de Fuji Shimokata avant qu’une plainte ne soit formulée contre lui (cf. The Ryusen-ji Petition [Pétition du temple Ryusen-ji], WND-II, 827). De plus, au moment où Nisshu et d’autres étaient sur le point de dénoncer les crimes de Gyochi, celui-ci prit les devants en déposant une nouvelle plainte comportant des accusations mensongères. Il y affirmait notamment « que, le vingt et unième jour du mois en cours, un groupe composé de plusieurs individus armés d’arcs et de flèches avait pénétré dans le domaine du supérieur des moines, et que Shimotsuke-bo Nisshu [...] et son groupe avaient ensuite moissonné le riz et l’avaient transporté dans le domaine occupé par Nisshu » (ibid., p. 825). Gyochi intenta alors un procès contre Nisshu et Nichiben, un autre disciple de Nichiren résidant au temple Ryusen-ji. En réponse, la Pétition du temple Ryusen-ji réfuta catégoriquement les accusations de Gyochi, affirmant : « Ces allégations sont entièrement fausses et dénuées de tout fondement. » (Ibid.) Entre-temps, vingt paysans qui étaient devenus disciples de Nichiren furent faussement accusés de vol de riz, arrêtés et conduits à Kamakura, où les mauvais traitements qu’ils subissaient s’aggravèrent encore. Nikko rapporta aussitôt la situation à Nichiren, qui était au mont Minobu. Le vingt-sixième jour du neuvième mois, Nichiren leur adressa une lettre dans laquelle il prodiguait instructions et encouragements. Puis, le premier jour du dixième mois, Nichiren rédigea une lettre intitulée Sur les persécutions subies par le Sage (Écrits, 1006), adressée à l’ensemble de ses disciples, et l’envoya à Shijo Kingo à Kamakura, en lui demandant de la conserver en leur nom. Dans cette lettre, Nichiren met tout son cœur et toute sa vie à encourager ses disciples : « Chacun de vous devrait faire preuve du courage d’un roi-lion et ne jamais succomber aux menaces de qui que ce soit. Le roi-lion ne craint aucune autre bête sauvage, pas plus que ses lionceaux. Les calomniateurs sont comme des renards qui glapissent, mais les disciples de Nichiren sont comme des lions qui rugissent. » (Ibid., 1008) Parallèlement, une lettre de défense fut rédigée sous la direction de Nikko, destinée à être signée par Nisshu et Nichiben avant sa présentation au tribunal. Toki Jonin, disciple de Nichiren versé dans les affaires juridiques, en prépara la mise en forme, en rédigea une copie soignée et la remit à Nichiren. Après réception du projet, Nichiren en compléta la première partie, apporta des corrections et des ajouts à la seconde partie, et précisa les arguments à présenter (cf. les éléments concernant le contexte de The Ryusen-ji Petition [Pétition du temple Ryusen-ji], WND-II, 827). À cette même période, il envoya également à Nikko la lettre intitulée Reply to Hoki and the Others (Réponse à Hoki 9 et aux autres, WND-II, 820), contenant des points précis à garder à l’esprit pour la conduite du procès. Les paysans demeurent inébranlables dans leur foi La persécution contre laquelle Nichiren et ses disciples firent front atteignit un tournant décisif. L’interrogatoire des vingt croyants ­d’Atsuhara eut lieu à la résidence de Hei no Saemon-no-jo Yoritsuna, à Kamakura. Yoritsuna, personnage influent et vassal de la famille dirigeante des Hojo, aurait conduit lui-même l’interrogatoire, Atsuhara se trouvant dans le domaine du clan Hojo. L’interrogatoire qui eut lieu le quinzième jour du dixième mois s’apparenta à de la torture. Yoritsuna fit tirer par son second fils, Sukemune, des flèches sifflantes à pointe émoussée sur les paysans, afin de les intimider par le bruit qu’elles produisaient. Il leur ordonna à plusieurs reprises d’abandonner le Sûtra du Lotus et de réciter le Nembutsu. Cependant, pas un seul disciple ne céda ; tous, d’une même voix, se mirent à réciter Nam-myoho-renge-kyo, Nam-myoho-renge-kyo (cf. Reply to the Sages [Réponse aux sages], WND-II, 831). On croyait que le sifflement de ces flèches avait le pouvoir d’éloigner les esprits maléfiques. Il est possible que Yoritsuna et ses hommes furent effrayés devant ces paysans, capables de rester inébranlables face à l’autorité et de risquer leur vie pour défendre leur foi. Finalement, trois d’entre eux – Jinshiro, Yagoro et Yarokuro – furent décapités, offrant leur vie pour la Loi 10. Selon le témoignage de Nikko, les dix-sept autres, après avoir été emprisonnés, furent exilés ; toutefois, certains récits laissent entendre qu’ils auraient été relâchés plutôt qu’exilés 11. En ce sens, on peut considérer que le combat mené par Nichiren et ses disciples devant la cour, ainsi que la résistance des paysans croyants d’Atsuhara furent en fin de compte une victoire. Durant cette période, sous la direction de Nichiren, Toki Jonin et d’autres s’occupèrent de l’affaire en justice, tandis que Shijo Kingo et plusieurs disciples à Kamakura soutenaient les croyants ­d’Atsuhara qui avaient été arrêtés. Les disciples ne faisaient qu’un en esprit avec leur maître. Ils luttèrent de toutes leurs forces pour surmonter cette grande persécution 12. C’est également à cette époque que Nanjo Tokimitsu, jeune disciple chargé de l’administration du village d’Ueno 13, près d’Atsuhara, protégea et hébergea les croyants d’Atsuhara victimes de persécutions, tout en subissant lui-même de fortes pressions injustes. Lorsque Nichiren reçut de Kamakura le rapport relatant les événements du quinzième jour du dixième mois, il fut profondément ému par la manière dont les disciples d’Atsuhara étaient restés inébranlables face à une persécution sans fondement, persévérant dans leur foi avec la détermination de consacrer leur vie à la voie du Bouddha et à la transmission du Sûtra du Lotus. À ce sujet, Nichiren déclara : « Ce n’était pas une affaire ordinaire ! », et il fit leur éloge en les qualifiant de « pratiquants du Sûtra du Lotus » (Reply to the Sages [Réponse aux sages], WND-II, 831). Le but de la venue de Nichiren en ce monde Dans son écrit Sur les persécutions subies par le Sage que Nichiren rédigea le premier jour du dixième mois, peu après que les paysans d’Atsuhara eurent été emmenés à Kamakura, il souligna qu’il s’était écoulé vingt-sept ans depuis qu’il avait proclamé pour la première fois l’enseignement de Nam-myoho-renge-kyo en 1253. En observant le comportement des croyants durant la persécution ­d’Atsuhara, Nichiren est convaincu que des personnes ordinaires, prêtes à défendre les Trois Grandes Lois cachées de Nam-myoho-renge-kyo face aux plus grandes épreuves et à œuvrer avec une foi ardente pour la large transmission de son enseignement, sont désormais apparues. Nichiren laisse entendre que cela marque l’accomplissement du but de sa vie – la raison de sa venue en ce monde (cf. Sur les persécutions subies par le Sage, Écrits, 1007). Dans sa jeunesse, Nichiren fit le vœu de devenir un homme sage, capable de comprendre la quintessence du bouddhisme, afin de libérer tous les êtres humains de la souffrance. On comprend que l’accomplissement de ce vœu fut le but ultime auquel il consacra toute sa vie. Nichiren révéla également Nam-myoho-renge-kyo, la loi fondamentale permettant à tous les êtres humains d’atteindre la boud­dhéité, sous la forme des Trois Grandes Lois cachées : l’objet de vénération de l’enseignement essentiel, le Daimoku de l’enseignement essentiel et le lieu de culte de l’enseignement essentiel. Il établit ainsi les principes majeurs de la transmission éternelle de son enseignement. Ces principes majeurs ne peuvent perdurer que s’il existe des disciples assumant la responsabilité de kosen rufu avec le même esprit que Nichiren, en consacrant sans hésitation leur vie à la transmission de la Loi merveilleuse pour la paix et le bonheur de l’humanité. La foi que manifestèrent les disciples paysans lors de la persécution d’Atsuhara symbolisa l’établissement des fondements d’un bouddhisme pour le peuple et l’accomplissement du but de la venue de Nichiren en ce monde. (À suivre) Orientation donnée par Ikeda Sensei Persécutés pour leur foi dans l’enseignement correct, les paysans anonymes d’Atsuhara menèrent un combat pour conquérir une liberté spirituelle éternelle. Ils incarnaient l’émergence d’une grande force, celle de personnes ordinaires qui croient dans le Nam-myoho-renge-kyo des Trois Grandes Lois cachées – la quintessence du Sûtra du Lotus – et qui l’appliquent dans leur vie, luttant aux côtés de Nichiren pour kosen rufu. Ainsi furent solidement établis les fondements du bouddhisme du peuple. Cela marqua l’accomplissement du but de la venue de Nichiren en ce monde. L’essence du bouddhisme de Nichiren réside dans l’apparition de personnes ordinaires éveillées à leur profonde mission, de bodhisattvas surgis de la Terre prenant pour modèle le bodhisattva Jamais-Méprisant 14. Pour les disciples de Nichiren, l’apparition, parmi les paysans d’Atsuhara, de croyants prêts à donner leur vie pour le bouddhisme devint un fondement immortel de kosen rufu, destiné à briller pour l’éternité 15.