Novembre 2024

Étude bouddhique

Thème

Réflexions sur la NRH

Un nouveau départ pour la préfecture de Chiba

Le grand poète américain du peuple, Walt Whitman (1818-1892), lança cet appel émouvant : Va vers l’avant, navigue vers les eaux profondes seulement, Avec l’âme insouciante d’un explorateur, moi avec toi, et toi avec moi, […] Navigue plus loin, toujours plus loin ! Nous aussi, unis par un même cœur, nous nous sommes résolument élancés dans le grand voyage de la paix, l’expédition de kosen rufu au XXIe siècle. Notre souhait, l’objectif essentiel de la Soka Gakkai, est « l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays », c’est-à-dire créer à coup sûr la paix dans le monde et le bonheur pour l’humanité. Le bouddhisme de Nichiren est une religion destinée à être largement propagée. Comme l’écrit Nichiren : « Vous ne devez pas seulement persévérer vous-même ; vous devez aussi enseigner aux autres. » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 390) Notre religion nous encourage à largement partager ses enseignements au mieux de nos capacités. Pour ce faire, chacun de nous doit d’abord brandir la bannière de la vérité et prendre l’entière responsabilité là où il se trouve, ici et maintenant. Nous devrions engager une lutte vigoureuse par la parole au nom du bien et pour faire triompher nos idéaux. En juillet 1960, quelques mois seulement après ma nomination en tant que troisième président de la Soka Gakkai, je me suis rendu au cap Inubosaki à Choshi, dans la préfecture de Chiba, où j’ai pu admirer les vagues puissantes qui déferlaient sur la côte Pacifique. Je participais à un séminaire du groupe Suiko-kai du département des jeunes hommes. De l’autre côté de l’océan se trouvait ­l’Amérique du Nord, qui allait être la première étape de ma lutte pour la paix dans le monde, le kosen rufu mondial. J’ai choisi personnellement le site d’Inubosaki, un lieu baigné de soleil surplombant l’océan Pacifique, pour cette session d’entraînement avec des jeunes destinés à ouvrir la voie de l’avenir pour notre mouvement. Le groupe Suiko-kai perpétuait une fière tradition – le président Toda lui-même s’était consacré de tout son cœur à en entraîner les membres. J’espérais que les jeunes perpétueraient la noble vision de notre maître et me rejoindraient dans une lutte audacieuse pour kosen rufu, en prenant l’entière responsabilité de la réalisation de cet objectif. Mais les membres du groupe qui s’étaient rassemblés à Inubosaki, ce jour-là, semblaient animés par un esprit laxiste et indifférent. Nous devions prendre notre repas autour d’un feu de camp. Mais la préparation du repas fut plus longue que prévu et nous avions du retard. L’équipe chargée du repas travaillait sans relâche. Pourtant, de nombreux responsables du groupe Suiko-kai se comportaient de manière irresponsable, en discutant nonchalamment ou en critiquant l’équipe du repas sans faire l’effort de leur venir en aide. Quel triste spectacle ! Au lieu d’essayer d’aider leurs compagnons dans une situation délicate, ils avaient l’air de penser : « C’est à eux de le faire, pas à nous. » En outre, certains pratiquants locaux de Choshi étaient venus leur proposer sincèrement leur aide et avaient demandé à me saluer mais les responsables leur avaient sèchement rétorqué qu’il était tout à fait exclu qu’ils me rencontrent parce que j’étais là uniquement pour le séminaire d’entraînement du groupe Suiko-kai. Le comportement grossier de ces prétendus responsables me mit en colère. Je ressentis de la déception et une forte indignation. Même quand ils voyaient leurs compagnons en proie à des difficultés, ils ne faisaient rien pour les aider ! À quoi bon un séminaire pour des personnes aussi insensibles et irrespectueuses ? Que signifie réaliser kosen rufu sinon chérir et protéger absolument les pratiquants qui sont les émissaires du Bouddha, les plus nobles et les plus dignes de respect qui soient ? Si les responsabilités sont exercées par des personnes nonchalantes ou des bureaucrates arrogants dont le seul talent est de se faire passer pour des responsables, la Soka Gakkai sera destinée à s’effondrer de l’intérieur. « Vous ressemblez à une troupe de soldats vaincus ! » C’est précisément parce que je nourrissais tant d’espoir envers les membres du groupe Suiko-kai que je les ai réprimandés si sévèrement. « Dans votre comportement d’aujourd’hui, je n’ai pas vu la moindre marque de responsabilité, ni le moindre signe d’un esprit de recherche dynamique. Que dirait le président Toda s’il vous voyait ? Un groupe Suiko-kai dont les membres auraient oublié le serment qu’ils lui ont fait n’est rien d’autre qu’un groupe de perdants. » La Soka Gakkai existe pour le bien de celles et ceux qui traversent les plus grandes souffrances. Kosen rufu, ce sont des efforts incessants pour les encourager et leur insuffler de l’espoir. C’est la raison pour laquelle il est si important d’accorder la plus grande valeur à chaque personne et de maintenir un engagement passionné afin d’éradiquer toute injustice et toute mauvaise action qui nuit et blesse les gens. C’est là que se trouve la voie sûre vers « l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays ». Le président Toda a dit : « Devenir soi-même heureux n’est pas un grand défi ; c’est assez simple. En revanche œuvrer à la fois pour le bonheur des autres et pour le nôtre est la base de la foi. » C’est tout à fait juste. La flamme de la foi perce notre état de vie petit et étroit dans lequel nous nous préoccupons uniquement de nos soucis et de notre bien-être. Les victoires de nos amis deviennent nos victoires, et nos victoires deviennent les leurs. Quand nous apprenons qu’un ami, quelque part, est engagé dans un grand combat ou qu’un de nos compagnons de pratique dans une région ou un quartier particuliers rencontre des difficultés ou affronte un défi colossal, nous leur envoyons Daimoku aussi sincèrement que si nous priions pour notre propre bonheur. Décidés à remporter la victoire totale pour les autres et pour nous-même, nous nous précipitons à leur rencontre et luttons à leurs côtés. C’est précisément parce que nous sommes animés d’un esprit altruiste et bienveillant pour nos amis et nos semblables que la Soka Gakkai est parvenue à surmonter tous les obstacles les uns après les autres et a remporté à chaque fois la victoire. Je suis convaincu que les pratiquants de Chiba possèdent un soleil intérieur qui illumine toutes les personnes autour d’eux avec la lumière chaleureuse de la compassion et de l’espoir. C’est pour cela qu’ils se sont toujours rendus avec courage dans les endroits les plus difficiles pour ouvrir la voie de la victoire. À ma grande joie, deux nouveaux centres de la Soka Gakkai, les centres culturels de Kisarazu et de Sakura, ont ouvert à Chiba, respectivement au printemps et à l’été, comme pour célébrer le développement magnifique de la préfecture. Dans les cinq principales villes de la préfecture de Chiba – Chiba, Funabashi, Matsudo, Ichikawa et Kashiwa – les pionniers et les pratiquants des plus jeunes générations agissent ensemble dans une belle harmonie et se sont lancés dans une nouvelle dynamique de transmission de la Loi merveilleuse. Les pratiquants de Tchibara, Narita et Urayasu ont également accompli des progrès remarquables. Que Chiba est remarquable ! Que ses pratiquants sont rayonnants et positifs ! Composée de huit sous-préfectures, l’organisation à Chiba avance avec une éclatante unité autour d’un but commun, selon le principe « différents par le corps, un en esprit » ; elle brille comme une pure fleur de lotus à huit pétales. Le 23 septembre 2001, juste après l’attaque terroriste du 11 septembre aux États-Unis, j’ai dialogué avec des représentants de la jeunesse de Chiba de mon engagement résolu pour la paix. C’était à l’occasion de la réunion générale où brillait l’esprit pionnier du département de la jeunesse de Chiba, dans le Hall mémorial Makiguchi de Tokyo, un lieu dédié aux champions de la paix. Quand les jeunes du mouvement Soka se dressent dans l’action, ils peuvent changer l’Histoire. Les jeunes sont les protagonistes qui ouvriront les portes d’une nouvelle ère. Nichiren écrivit à l’un de ses disciples qui habitait dans ce qui correspond aujourd’hui à Chiba : « Aujourd’hui, au début de l’époque de la Fin de la Loi, moi, Nichiren, je suis le premier à entreprendre la propagation dans tout le Jambudvipa des cinq caractères chinois de Myoho-renge-kyo […] Mes disciples, formez les rangs et suivez-moi, surpassons Mahakashyapa, Ananda, Tiantai ou Dengyo. » (Les actions du pratiquant du Sûtra du Lotus, Écrits, 770) Prenons un nouveau départ ! Le vent peut bien souffler et les vagues déferler, nous ne craignons rien. Nous traverserons ce grand océan sans laisser un seul pratiquant derrière nous. Jusqu’à notre point d’arrivée, jusqu’à la victoire et la gloire, nous poursuivrons notre navigation en fendant les vagues houleuses, avec une énergie et une vigueur toujours plus fortes de jour en jour !

Citations

Jour après jour, mois après mois

Allons gaiement de l’avant ! Tournons-nous joyeusement vers les autres pour les rencontrer et leur parler ! Nos échanges agréables avec nos amis sont un magnifique et irremplaçable trésor. (Discours prononcé à la cérémonie commémorative de printemps, mars 2006) *** Récitons avec joie le Gongyo du matin et du soir ! Harmonisons notre vie avec le rythme de l’univers, développons l’état de vie d’un champion spirituel et menons une existence rayonnante de santé, d’harmonie et de bonheur ! (Série d’encouragements « Vers un avenir rempli d’espoir avec les écrits de Nichiren ») *** La renommée mondiale et la richesse n’ont aucune valeur face à la vérité. Ce qui compte, ce n’est pas l’apparence que nous montrons aux autres, mais ce que nous sommes véritablement. (Discours à la réunion nationale des responsables du département de la jeunesse, mars 1988) *** Celles et ceux qui continuent à apprendre goûtent une joie et une progression constantes. Leur vie ne stagne jamais et ne connaît aucune impasse. (Message pour l’ouverture de la session d’été des cours par correspondance de l’université Soka, août 2016) *** « C’est par la voix que s’accomplit l’œuvre du Bouddha. » (OTT, 4) Notre voix peut être bénéfique aux autres. De simples mots comme « Soyez prudents ! » ou « Prenez soin de vous ! » peuvent prévenir des accidents. (Série d’encouragements « Notre voyage commun pour kosen rufu ») *** S’exercer à dépasser nos limites ou atteindre un nouvel objectif enrichit notre vie. L’esprit de toujours s’améliorer ouvre la voie à une vie victorieuse et épanouie. (Discours prononcé au festival des écoles Soka, septembre 1989) *** Les personnes optimistes sont fortes. Quoi qu’il arrive dans notre vie, la mise en pratique des enseignements inégalés du bouddhisme de Nichiren nous permet de considérer toute chose sous un angle positif, plein d’espoir et de joie. (Série d’encouragements « Notre voyage commun pour kosen rufu ») *** Nul n’est plus admirable que celui ou celle qui peut rassembler son courage quand vient le moment crucial. Le courage est au cœur même du bouddhisme, du véritable humanisme. (Discours prononcé à la réunion générale des responsables, février 2008) *** Pour accomplir de grandes choses, il est tout d’abord nécessaire d’établir de solides fondations. C’est une vérité immuable et éternelle. Je vous encourage donc à plonger des racines profondes sur le lieu de votre mission. (Discours prononcé à la réunion nationale des responsables du département de la jeunesse, mai 2008) *** J’espère que vous prendrez l’habitude de lire de bons livres. Lire est la base de votre bonheur tout au long de la vie et peut être la source d’une force qui vous permettra de mener une vie victorieuse. (Message pour la cérémonie d’entrée aux écoles Soka, 2009) *** La considération dont nous faisons preuve à l’égard de nos voisins et les relations amicales que nous créons avec eux, tout en jouant un rôle actif dans notre environnement, sont indispensables pour faire avancer kosen rufu. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 30-II, p. 44) *** Penser à celles et à ceux qui nous ont aidé ou soutenu d’une manière ou d’une autre peut rallumer dans notre cœur la flamme de l’esprit de défi. La reconnaissance est la source fondamentale de notre force en tant qu’être humain. (Série de cours, « Apprendre des écrits de Nichiren Daishonin ») *** « Plus quelqu’un loue les bienfaits du Sûtra du Lotus, plus ses bienfaits s’accroissent. » (Écrits, 677-678) Les éloges sincères décuplent la bonne fortune et la joie. Plus on fait l’éloge d’une personne et plus on la soutient, plus sa force et ses capacités se développent. (Discours prononcé à la conférence nationale des responsables, décembre 2005) *** L’engagement dans la foi d’un parent se transmettra à coup sûr à son enfant. Continuez simplement à progresser joyeusement sur la voie que vous avez choisie, sans faire de compromis avec vos convictions. Ce mode de vie est le plus grand trésor que vous pourrez léguer à vos enfants. (Série d’essais « La citadelle éternelle du mouvement Soka ») *** Saisissez l’instant ! Profitez au maximum de cette journée ! Même s’ils peuvent paraître ordinaires, vos efforts inlassables pour vous dépasser sans cesse créeront l’histoire dorée de vos accomplissements. (Série d’essais « Voyages inoubliables ») *** Élancez-vous dans le grand voyage de votre révolution humaine, pour vos amis de pratique et pour kosen rufu, en faisant de la récitation de Daimoku votre base ! (Série d’encouragements, « Créer la nouvelle ère ») *** Rappelez-vous toujours que réciter Nam-myoho-renge-kyo est la force motrice qui permet de mettre votre vie sur la voie correcte et de faire briller votre humanisme. Menons une vie rayonnante en rythme avec la Loi merveilleuse. (Discours prononcé à la réunion des responsables, juillet 2005) *** Celles et ceux qui nouent de profondes amitiés se forgent un caractère remarquable et développent une vision du monde large et ouverte. Les amitiés que vous créez dans votre jeunesse peuvent être une source puissante qui vous soutient et vous inspire. (Message pour l’anniversaire de la création du groupe des internes des écoles Soka du Kansai, octobre 2003) *** Le dialogue visant à établir une citadelle de paix dans le cœur des gens est essentiel si nous voulons éliminer les armes nucléaires. J’espère que vous vous exprimerez avec conviction en tant que jeunes du mouvement Soka et ferez du respect de la vie l’esprit de votre époque ! (Série d’encouragements « À mes jeunes amis victorieux ») *** Prions sincèrement et, jour après jour, prenons bien soin d’éviter tout accident. Prions également pour la sécurité des autres et rappelons-leur d’être prudents. (Première réunion générale de la Soka Gakkai, Thaïlande, février 1994) *** Nous n’attendons pas que l’espoir nous soit donné. Nous pouvons créer l’espoir même au cœur du désespoir le plus profond. Nous le créons en priant avec un esprit invincible. Tel est le cœur du bouddhisme de Nichiren. (Série d’encouragements « La citadelle éternelle du mouvement Soka ») *** « Étudier, c’est comme recharger une batterie, et appliquer ce que vous avez appris dans la réalité revient à utiliser l’énergie emmagasinée. Si vous suivez ce cycle consistant à vous redynamiser et à agir tout au long de votre vie, il est certain que vous remporterez une victoire éclatante. » (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 15, p. 244) *** Quand nous lisons les écrits de Nichiren, un courage immense surgit de nous-mêmes, ainsi que la passion et la sagesse profondes qui permettent de trouver la voie de la progression, quels que soient les difficultés ou obstacles auxquels nous sommes confrontés. (Série d’essais « La voie éclatante de notre révolution humaine ») *** Durant notre vie, nous forgeons de très nombreux liens. Parmi eux, le lien de maître et disciple est le plus noble et le plus beau. (Cérémonie commémorative, novembre 1987) *** Nous poursuivons nos dialogues de cœur à cœur, en écoutant sincèrement chaque personne et en l’encourageant. La progression de notre mouvement de révolution humaine est comparable à un éclatant phare de l’espoir qui illumine une nouvelle ère du respect de la dignité de la vie. (Série d’encouragements « La citadelle éternelle du mouvement Soka ») *** Notre vie quotidienne est la base de tout. Il est donc judicieux d’établir une vie de bien en apprenant à devenir maître de son esprit et en suivant le principe selon lequel la foi équivaut à la vie quotidienne. (Discours prononcé à la réunion nationale des responsables du département des femmes, juin 1990) *** Rien n’égale la sincérité. Quel que soit le résultat immédiat de leurs efforts, celles et ceux qui font preuve de sincérité gagneront en définitive la confiance des autres. Ils peuvent également être fiers d’eux-mêmes. (Série de dialogues « Dialogues avec la jeunesse – Alexandre le Grand et le roi Ashoka ») *** Le potentiel d’une vie est aussi infini que l’univers. Celles et ceux qui luttent avec l’esprit d’obtenir des victoires futures de la manière qui leur est propre parviennent à un succès et à un bonheur authentiques dans la vie. (Discours pour la cérémonie de remise des diplômes des écoles Soka, mars 2010) *** Un développement plein de fraîcheur et de dynamisme commence par une forte détermination. Et des efforts indéfectibles sont la clé pour dépasser nos limites. La foi est un processus sans cesse renouvelé de dépassement de soi. (Série d’essais intitulée « Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine ») *** Une personne sage ne cesse d’apprendre tout au long de sa vie. Nous qui étudions et pratiquons le bouddhisme de Nichiren chaque jour pouvons mener une vie empreinte d’une sagesse suprême. (Discours à la réunion générale de la SGI, septembre 2003) *** Quelle est la source de toute nouvelle progression dans le mouvement de kosen rufu ? Les rencontres de cœur à cœur. C’est ainsi que l’on forme des personnes de valeur et que l’on peut élargir notre mouvement. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire ») *** La prière est la clé. Commencez toujours par prier ! Celles et ceux qui passent à l’action en s’appuyant sur la prière développent leur sagesse et accumulent de la bonne fortune. (Discours prononcé à la conférence des responsables de la région de Shin’etsu, août 2007) *** Voici le 24 août ! Le jour où nous, pratiquants de la Soka Gakkai, unis par le lien de maître et disciple, prenons un nouveau départ dans notre voyage de la révolution humaine. C’est aussi le jour où, avec une détermination renouvelée, nous plongeons dans l’action pour kosen rufu ! (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire ») *** La tradition de la Soka Gakkai consistant à accorder la plus grande valeur à chaque personne s’incarne dans nos réunions de discussion. Ce sont des rassemblements où nous pouvons renouveler notre détermination et exprimer notre reconnaissance, et où la souffrance se transforme en courage. Série « La Sagesse pour créer le bonheur et la paix », chap. 24, part. 6 *** « Les graines de la bouddhéité germent en s’appuyant sur la causalité. » (Les caractéristiques du riz, Écrits, 1124) Par conséquent, luttons joyeusement pour aider de nombreuses personnes à créer un lien avec le bouddhisme de Nichiren ! Forger de nouvelles amitiés contribue à développer notre mouvement de kosen rufu. (Discours prononcé à la conférence des représentants des quatre départements, janvier 1998) *** Il est important de prendre l’initiative. Prendre l’initiative est la clé du succès. Continuons à aller de l’avant, en prenant le temps de réfléchir pour trouver des idées innovantes. (Discours prononcé à la conférence des représentants de la zone n° 2 de Tokyo, février 2006) *** L’esprit de prendre des initiatives est magnifique. C’est la cause permettant d’accumuler de la bonne fortune. Quand nous nous dressons concrètement face à une difficulté ou à une situation, non pas à contrecœur ni avec un sentiment d’obligation, mais sur la base de notre détermination personnelle, notre bonne fortune et nos bienfaits s’accroissent de manière exponentielle. (Discours prononcé à la réunion générale de Nagano, août 1994) *** Le dialogue implique d’apprendre des autres. Apprendre des autres enrichit notre vie. C’est une source de joie. Le dialogue témoigne en soi de la victoire de l’humanisme. (Essai de la série « Notre voie éclatante vers la victoire ») *** Un esprit « combatif » est l’essence de la santé et de la vitalité. Rechargez votre force vitale grâce à des Daimoku éclatants et allez de l’avant avec sagesse pour vivre un automne rayonnant de santé et riche en accomplissements ! (« Discussion sur la santé », septembre 2005) *** J’espère que vous, les jeunes, tout en luttant pour approfondir votre foi et votre pratique, ne cesserez jamais de regarder vers l’avenir en déployant des efforts pour polir votre intellect et votre sagesse. (Discours pour la réunion générale de la préfecture d’Ibaraki, février 1988) *** Les difficultés font inévitablement partie de la vie. Notre pratique du bouddhisme de Nichiren nous donne la force d’établir un soi fort capable d’affronter avec courage chaque obstacle qui se dresse devant nous. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 2, part. 2/2, p. 44) *** Quand nous croyons dans le bouddhisme de Nichiren, nous pouvons transformer un grand mal en un grand bien. Nous pouvons également changer n’importe quel malheur en un bonheur plus grand que tout ce que nous avons pu connaître auparavant. Tel est le pouvoir de la Loi merveilleuse. (Discours prononcé lors de la réunion des responsables nationaux, août 1993) *** Ceux qui avancent ne serait-ce que d’un seul pas ou d’un millimètre sont des vainqueurs. Ne pas céder à la défaite est la voie pour accumuler des trésors du cœur indestructibles et ainsi accomplir sa révolution humaine et transformer son karma. (Série de commentaires « Le bouddhisme du soleil ») *** Nos efforts sincères et honnêtes nous reviendront sous forme de bonne fortune et de bienfaits. Celles et ceux qui ont lutté avec sérieux pour kosen rufu seront à coup sûr protégés. Les personnes intègres et dévouées seront sans aucun doute récompensées. (Série de commentaires « Apprendre des écrits de Nichiren ») *** Il est important que nous nous engagions courageusement dans ­l’action […] N’attendons pas que les autres le fassent ; dressons-nous par nous-mêmes. Se dresser seul en tant qu’être humain – c’est la base de tout. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 24, chap. « Une éducation humaniste », p. 188) *** Nous semons les graines de la bouddhéité par nos dialogues avec nos amis, en nous appuyant sur nos prières sincères pour leur ­bonheur. Par ces efforts, nous les aidons à créer un lien précieux avec les enseignements de Nichiren. Forger et renforcer les liens d’amitié et, par conséquent, aider les gens à éveiller leur nature de bouddha sont la voie directe pour réaliser kosen rufu. (Série d’encouragements « Répandre la lumière éclatante des écrits de Nichiren ») *** En accord avec le principe de la « cohérence du début jusqu’à la fin », les décisions que nous prenons maintenant sont déterminantes. Chaque jour, dans notre pratique, récitons Nam-myoho-renge-kyo d’une voix puissante, fermement résolus à réaliser nos objectifs et nos prières. (Série d’essais « La citadelle éternelle du mouvement Soka ») *** Nous avons un serment à réaliser. Nous avons une lutte à remporter. Et nous sommes nés avec le pouvoir inhérent d’y parvenir. (Éditorial du Daibyakurenge, septembre 2015) *** Les efforts dévoués d’une personne peuvent briser les limites existantes. J’espère que vous soulèverez une nouvelle vague de développement en montrant l’exemple et en donnant envie aux autres de suivre vos pas. (Série d’encouragements « Avancer avec les écrits de Nichiren »)

Paroles d'encouragement

Sur la question de la personnalité et de l’individualité

Les vacances d’été sont terminées et un nouveau semestre a commencé. Certains d’entre vous sont peut-être enthousiastes à l’idée de retrouver leurs amis, tandis que d’autres se sentent peut-être nerveux. L’épisode de ce mois-ci présente des encouragements du président Ikeda sur la question de la personnalité et de l’individualité. Vivez en étant fidèles à vous-mêmes Nous avons tous des personnalités différentes. Le président Ikeda parlait souvent du principe « du cerisier, du prunier, du pêcher et de l’abricotier », expliquant que de même que chaque fleur possède sa beauté propre, chaque personne est unique. Tout au long de l’extrait suivant, le président Ikeda a transmis un encouragement inspiré par une directive de son maître, Josei Toda. Être introverti ne signifie pas que vous êtes un incapable de même qu’être coléreux ne vous discrédite pas. Vivez en étant fidèles à vous-mêmes. C’est l’objectif fondamental du bouddhisme. Un jour, alors qu’il encourageait un pratiquant qui avait adopté le bouddhisme de Nichiren pour changer sa nature coléreuse, le président Toda lui dit : « Il est inutile de changer de personnalité. Tout ce que vous avez à faire, c’est réciter Nam-myoho-renge-kyo et vivre du mieux que vous pouvez. Ainsi, très naturellement, vous verrez disparaître les aspects négatifs de votre personnalité et ne conserverez que les aspects positifs. Vous devez avoir un objectif clair et œœuvrer à l’amélioration de la société. » Ce pratiquant a fini par être aimé et admiré de tous, et il a mené une vie véritablement joyeuse et accomplie. On pourrait comparer cela à un fleuve. À un moment donné, les berges du fleuve sont quasi figées. De la même façon, l’identité d’une personne ne connaît pas de grands changements. Mais les caractéristiques de l’eau du fleuve peuvent varier. Elle peut être profonde ou non, polluée ou limpide, être riche en poissons ou n’en recéler aucun. Autrement dit, son contenu peut changer. C’est la même chose pour nous. Notre personnalité ne détermine pas notre bonheur ou notre malheur. C’est plutôt la valeur de ce que nous avons vécu qui décide de notre bonheur. L’objectif du bouddhisme et de l’éducation ainsi que de tous nos efforts pour nous améliorer nous-mêmes et progresser est de développer la valeur de notre vie. C’est là l’essentiel. Extraits de Dialogues avec la jeunesse (édition de 2021, tome 1, p. 135-136.) Faire s’épanouir notre véritable personnalité Beaucoup d’entre vous reconnaissent le fait « d’être unique » comme positif et souhaitent vivre en étant fidèles à eux-mêmes. Mais comment pouvez-vous agir concrètement pour faire s’épanouir votre personnalité et les qualités uniques qui sont les vôtres ? Vous serez peut-être amenés à lutter parce que vous ne connaissez pas la réponse. Le président Ikeda apporte sur ce thème les éclaircissements suivants. Il y a un point important à ne pas oublier. La véritable individualité ne s’épanouit pleinement que si l’on effectue des efforts assidus. Vous commettez donc une grave erreur si vous pensez que votre personnalité et vos capacités sont déjà totalement fixées à l’âge que vous avez actuellement. En outre, il est naturel, tout particulièrement durant votre adolescence, de ne pas avoir une vision claire de votre identité. Nous changeons constamment. Si vous vous dites passivement « je suis actuellement quelqu’un de calme et je le resterai toute ma vie », alors vous ne réaliserez pas pleinement le potentiel unique qui est le vôtre. Vous pouvez au contraire vous lancer le défi de devenir quelqu’un qui, tout en étant calme et réservé par nature, dira néanmoins ce qui doit être dit au bon moment, de façon claire et exhaustive, quelqu’un qui a le courage de parler et de se dresser en faveur de la vérité. Grâce à vos efforts, vous développerez une manière personnelle de communiquer, qui sera clairement différente de vos discussions habituelles avec vos camarades. Voilà ce que l’on appelle développer son individualité. On peut dire la même chose à propos des études. Décider d’emblée que vous n’êtes pas bons pour les études sans faire d’efforts concrets pour réussir est une forme de fuite. Chacun de nous est différent mais nous possédons tous également un immense potentiel. En fait, vous pourrez quasiment réaliser tout ce que vous voulez si vous vous fixez un objectif clair. Le plus important est de ne jamais perdre confiance en vous, ce qui aurait pour effet de limiter votre potentiel. Extraits de Dialogues avec la jeunesse (édition de 2021, tome 2, p. 111-112) Se fixer des objectifs et chercher à les concrétiser créent de la confiance Certains d’entre vous manquent peut-être de confiance dans leur personnalité et souhaiteraient changer. Le président Ikeda encouragea ceux qui éprouvaient ce genre de sentiments à se fixer un objectif et à le concrétiser. Ceux qui gardent les pieds sur terre savent que le fait que les autres les acceptent ou non n’a que peu d’importance. Tout ce qui compte, c’est de vous accepter vous-même. Développez cette confiance en vous, essayez de vous fixer un objectif et de le réaliser. Cela peut être : « À partir d’aujourd’hui, je vais dire bonjour même aux personnes que je n’apprécie pas particulièrement », « Je vais lire un certain nombre de pages chaque jour » ou « Une fois par jour au moins, je vais faire quelque chose pour quelqu’un d’autre ». Bien sûr, vous pouvez aussi vous fixer pour objectif de faire Gongyo et de réciter Nam-myoho-renge-kyo parce que c’est la base de tout. Essayez de suivre l’objectif que vous vous êtes fixé. Cela vous permettra de bâtir votre confiance en vous et vous en deviendrez tout naturellement rayonnants. Quelle que soit votre personnalité, rappelez-vous que vous êtes encore jeune et continuez à vous lancer des défis pour devenir encore plus remarquable. Le bouddhisme enseigne que « l’esprit est semblable à un peintre de talent ». (Sur l’ouverture des yeux, Écrits, 228) Dans votre esprit, vous pouvez esquisser les contours de votre soi idéal futur, lui donner corps, le colorer et finalement en faire une réalité. Tel est le pouvoir incroyable de votre esprit. Mieux encore, vous avez tous le Gohonzon. Si vous formez une image claire de la personne que vous voulez être, chérissez cette vision, récitez Nam-myoho-renge-kyo et continuez à faire des efforts, vous vous rapprocherez à coup sûr de l’objectif espéré. Extrait de la série « Dialogues pour l’espoir »

La vie de Nichiren

Nichiren – Un grand vœu de compassion pour le bonheur de l’humanité

Partie VI. L’exil à Izu Un peu plus d’un mois après que Nichiren eut soumis son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays, le septième mois de 1260, les adeptes du Nembutsu lancèrent une violente attaque contre lui, connue sous le nom de persécution de Matsubagayatsu. À partir de ce moment, Nichiren devint la cible d’une oppression continuelle. Le douzième jour du cinquième mois de 1261, le shogunat de Kamakura exila Nichiren à Ito 1 dans la province d’Izu. Nichiren décrit ainsi le déroulement des événements : « Tant bien que mal, j’ai pu m’échapper cette nuit-là sans être blessé. Mais, comme l’attaque avait été menée avec l’approbation tacite de certaines personnes, ceux qui y avaient pris part ne furent jamais appelés à rendre compte de leurs actions, qui constituaient une violation flagrante des procédures gouvernementales applicables. Lorsque les autorités découvrirent avec surprise que j’étais toujours vivant, elles m’exilèrent dans la province d’Izu. » (Letter to Shimoyama [Lettre à Shimoyama], WND-II, 700) Nichiren note ici le comportement inacceptable des dirigeants qui ne tiennent aucun compte des procédures légales et administratives correctes, et exilent la personne attaquée, plutôt que de remettre en question les allégations et les actions de ceux qui l’ont attaquée. Nichiren souligne que la décision du sixième régent, Hojo Nagatoki, de l’exiler à Izu, est injustifiée parce qu’elle a été motivée par le souhait arbitraire du père de Nagatoki, Shigetoki (appelé ci-dessous « moine séculier du Gokuraku-ji ») : « À cette époque, les croyants du Nembutsu, entendant ce que j’avais fait, ont conspiré avec leurs adeptes de positions élevée et basse, et ils m’ont attaqué avec l’intention de m’assassiner ; néanmoins, ils n’ont pas atteint leur objectif. [Le régent Hojo] Nagatoki, gouverneur de Musashi, fils du moine séculier du Gokuraku-ji, connaissant les sentiments de son père à ce sujet, m’a fait exiler dans la province d’Izu de façon tout à fait abusive. » (Condolences on a Deceased Husband [Condoléances adressées à une veuve à la suite du décès de son époux], WND-II, 773) Le shogunat de Kamakura avait un code législatif établi, connu sous le nom de Formulaire des adjudications 2. Néanmoins, le gouvernement punit Nichiren, au mépris total des instructions et du code législatif (cf. Letter to Shimoyama [Lettre à Shimoyama], WND-II, 700). Son exil représente une persécution injuste par les personnes au pouvoir. Il avait alors 40 ans. Le soutien dévoué de Funamori Yasaburo et de son épouse Après l’arrestation de Nichiren, les autorités l’exhibèrent dans les rues de Kamakura, d’une façon qui était d’habitude réservée aux personnes coupables de trahison, avant de l’envoyer en exil à Izu (cf. Rulers of the Land of the Gods [Les souverains de la terre des dieux], WND-II, 624 et La conversion d’un père, Écrits, 854). On ne sait que peu de choses sur la manière dont il occupait son temps en exil. D’après la lettre L’exil à Izu, lorsque Nichiren arriva au port de Kawana, à Ito, dans la province d’Izu, après un long voyage en bateau, il était souffrant (cf. Écrits, 35), et un homme du nom de Funamori Yasaburo lui vint en aide. Yasaburo et son épouse veillèrent sur lui en toute sincérité, lui préparèrent des repas et lui apportèrent de l’eau chaude pour qu’il se lave les mains et les pieds. La plupart des gens de la région étaient hostiles à Nichiren. Il écrit : « L’intendant et les gens de la région ont manifesté à mon égard encore plus de haine et de ressentiment que les habitants de Kamakura. Leur regard exprimait la malveillance, et la simple mention de mon nom les remplissait d’animosité. » (L’exil à Izu, Écrits, 36) Mais il exprime ses remerciements sincères à Yasaburo et à son épouse : « Nous étions alors dans le cinquième mois [de l’année], quand le riz est rare, et vous m’avez pourtant secrètement nourri. » (Ibid.) Un mois plus tard, Nichiren quitta Kawana pour se rendre à la résidence de l’intendant local Ito Hachiro. Depuis l’époque de Minamoto no Yoritomo, fondateur du shogunat de Kamakura, la famille Ito était composée de vassaux influents du shogun. Ito Hachiro était alors malade, et il demanda que Nichiren prie pour sa guérison. Il manifesta sa volonté de renoncer à sa croyance dans le Nembutsu pour adhérer aux enseignements de Nichiren, et Nichiren accepta donc de prier pour sa santé. On dit que, après son rétablissement, il offrit à Nichiren une statue du bouddha Shakyamuni qu’il avait trouvée, échouée au bord de la mer. Les prières de Nichiren lui permirent d’échapper à la mort, mais, malheureusement, il semble qu’il abandonna ensuite sa foi 3. Rencontrer des persécutions, comme le prédit le Sûtra, est source d’une « joie immense » En 1262, alors qu’il se trouvait toujours en exil, Nichiren écrivit les lettres Les quatre dettes de reconnaissance, L’enseignement, la capacité, le moment et le pays et What It Means to Slander the Law [La signification de l’offense à la Loi]. Dans Les quatre dettes de reconnaissance, il dit à propos de son exil : « [...] je ressens une joie immense » (Écrits, 42), et il déclare : « Je ne suis qu’un moine sans préceptes, vil et ignorant. Pourtant, quand je pense qu’une personne correspondant à cette description a été mentionnée dans le Sûtra du Lotus, exposé voici plus de deux mille ans, et que le Bouddha a prophétisé que cette personne rencontrerait des persécutions, j’éprouve une joie indicible. » (Écrits, 43) Il dit avoir pratiqué le Sûtra du Lotus jour et nuit ; ayant été exilé en raison du Sûtra du Lotus, il le lit et le pratique continuellement, dans toutes ses actions. C’est pourquoi il déclare : « N’est-ce pas là la plus grande joie […] ? » (Écrits, 44) On peut considérer que Nichiren déclare ici qu’il est le véritable pratiquant du Sûtra du Lotus, qui l’a lu avec sa vie même et à travers ses actions. Au sujet de ce passage, Ikeda Sensei écrit : « Nichiren déclare ici qu’il est effectivement le pratiquant du Sûtra du Lotus de l’époque de la Fin de la Loi […] Les deux premiers présidents de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi et Josei Toda, lurent aussi ce passage avec leur vie au cours de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’ils étaient persécutés par les autorités militaristes japonaises. Ces mots sont fortement soulignés dans l’exemplaire du Gosho – ou Écrits de Nichiren − de M. Toda, que les autorités lui confisquèrent 4. » Provoquer l’apparition des trois puissants ennemis Dans L’enseignement, la capacité, le moment et le pays que Nichiren écrivit un mois après Les quatre dettes de reconnaissance, il affirme : « [...] je sais que, si je ne démasque pas les trois puissants ennemis du Sûtra du Lotus, alors, je ne serai pas le pratiquant de ce sûtra. C’est seulement en provoquant leur apparition que je peux l’être. » (Écrits, 54) Il utilise le terme « pratiquant du Sûtra du Lotus », qui désigne un croyant dévoué qui pratique le Sûtra du Lotus exactement tel qu’il est enseigné, parce que, lorsque quelqu’un est persécuté par des ennemis redoutables en raison du Sûtra du Lotus, cela indique que cette personne en est le pratiquant. Le terme « trois puissants ennemis 5 » fait référence à une classification établie par Miaole 6 pour décrire trois catégories d’adversaires puissants qui persécutent ceux qui diffusent le Sûtra du Lotus à l’époque mauvaise suivant la disparition de Shakyamuni. De plus, dans le même écrit, ainsi que dans What it means to slander the Law [La signification de l’offense à la Loi], il révèle le principe appelé les « cinq principes de propagation 7 », ou critères à prendre en compte pour diffuser les enseignements bouddhiques (cf. L’enseignement, la capacité, le moment et le pays, Écrits, 48-51 et What it means to slander the Law [La signification de l’offense à la Loi], WND-II, 259). Ces guides, produits de la perspicacité philosophique de Nichiren, présentent sous cinq angles différents comment sélectionner et propager l’enseignement religieux le plus pertinent et le plus efficace. À partir de ces critères, il souligne qu’au Japon à l’époque de la Fin de la Loi, l’enseignement à diffuser afin de permettre aux personnes ordinaires d’atteindre la bouddhéité est le Sûtra du Lotus, le plus haut enseignement du Bouddha, en adéquation parfaite avec son intention. Bien qu’exilé Nichiren ne fut pas découragé le moins du monde, et il s’efforça toujours d’identifier la meilleure façon de diffuser l’enseignement du Sûtra du Lotus parmi les gens. Le retour à Kamakura En 1263, le vingt-deuxième jour du deuxième mois, le gouvernement gracia Nichiren (cf. Sur l’acquittement des dettes de reconnaissance, Écrits, 733). Il expliqua plus tard que c’était dû à l’intervention de Hojo Tokiyori, qui avait appris que les accusations à son égard étaient fausses (cf. Sur les persécutions subies par le Sage, Écrits, 1007). La grâce était peut-être aussi liée au décès de Hojo Shigetoki survenu le onzième mois de 1261, six mois après l’arrivée de Nichiren à Izu, puisqu’on pense que Shigetoki a fortement influencé la décision de l’exiler. En quittant Izu, Nichiren retourna à Kamakura, puis rendit visite à sa famille, dans la province d’Awa. Mais, là, des difficultés encore plus grandes l’attendaient. (À suivre) Orientations données par le président Ikeda Commentaires des passages « quand je pense […] que le Bouddha a prophétisé que cette personne rencontrerait des persécutions, j’éprouve une joie indicible. » (Les quatre dettes de reconnaissance, Écrits, 43) et « N’est-ce pas là la plus grande joie pour un être né sous forme humaine ? » (Écrits, 44). Cela montre son état de vie vaste, qui lui permet de considérer les persécutions rencontrées pour la cause du Sûtra du Lotus comme une joie suprême. Par ailleurs, au sujet des dirigeants du pays qui l’avaient persécuté car il propageait le Sûtra du Lotus, bien qu’il soit totalement innocent et n’ait jamais enfreint aucune loi de la société, Nichiren dit : « [...] j’ai pu […] rencontrer un souverain qui me permettra de me libérer au cours de mon existence présente de [tout le] cycle des naissances et des morts. » (Écrits, 45) Il va jusqu’à exprimer de la gratitude à l’égard du dirigeant, qu’il désigne comme une personne « envers qui j’ai la plus profonde dette de reconnaissance » (Écrits, 44) parce qu’il lui a permis de mener sa pratique pour atteindre la bouddhéité. Il est totalement indomptable, tout en maintenant l’esprit de l’humanisme suprême. Chaque fois qu’il rencontra des persécutions, Nichiren devint plus fort et plus remarquable, parce qu’il manifestait en lui la « force vitale de l’Ainsi-Venu », en mettant sa vie en jeu dans sa lutte pour la Loi 8. Note : la politique religieuse du shogunat de Kamakura Le deuxième mois de 1262, pendant l’exil de Nichiren à Izu, le moine Eizon du temple Saidai-ji à Nara se rendit à Kamakura, le siège du shogunat, après y avoir été invité à plusieurs reprises par Hojo Tokiyori et Hojo Sanetoki. Eizon était le fondateur de l’école bouddhiste Shingon-Ritsu. C’était aussi le maître de Ryokan, un moine qui devint ensuite hostile à Nichiren, et qui orchestra des persécutions contre lui. Les représentants du shogunat, qui favorisaient le Zen et les enseignements de la Terre pure, ouvrirent de nouveaux temples pour inviter les moines pratiquant ces enseignements. Nichiren réfuta les assertions des adeptes du Zen et des enseignements de la Terre pure, qui incitaient les gens à abandonner le Sûtra du Lotus et insistaient sur la pratique exclusive de leurs enseignements respectifs. L’école Shingon-Ritsu émergea alors comme la troisième tradition bouddhiste la plus puissante soutenue par le shogunat. Eizon, qui prônait la restauration des préceptes bouddhiques, s’employa à initier la population aux préceptes pendant son séjour de six mois à Kamakura, en les conférant à des personnes indépendamment de leur rang social. On pense que le nombre de ceux qui reçurent les préceptes pendant le séjour d’Eizon à Kamakura s’élève à des centaines, voire des milliers de personnes par jour. Selon certains documents, le dernier jour du deuxième mois, soit peu de temps après l’arrivée d’Eizon, des membres du clan Hojo assistèrent à l’un de ses cours. Parmi eux figuraient Dame Kasai, fille de Hojo Shigetoki et mère de Hojo Tokimune. En tant qu’adepte de longue date de Ryokan, elle soutenait ses activités à Kamakura. Hojo Tokiyori, régent retiré, rencontra également Eizon en plusieurs occasions à la même époque. Il en résulta qu’Eizon, Ryokan et leur école Shingon-Ritsu forgèrent des liens étroits avec des personnages centraux du shogunat. À cette époque, des moines des deux traditions les plus puissantes, la Terre pure et le Zen, reçurent aussi les préceptes d’Eizon. Parmi eux figuraient des moines du Kencho-ji et Dokyo, également connu sous le nom de Doamidabutsu, et du temple Shinzenko-ji, qui était considéré comme un représentant de l’enseignement de la Terre pure. La visite d’Eizon à Kamakura est considérée comme le point de départ du rôle de l’école Shingon-Ritsu, aux côtés du Zen, dans les affaires politiques du shogunat de Kamakura. Elle marqua aussi le déclin du rôle primordial des pratiquants du Nembutsu dans les grands projets de travaux publics à Kamakura au profit du Shingon-Ritsu. On pense aussi que les communautés Zen et de la Terre pure se sont rapprochées de l’école Shingon-Ritsu pendant cette période. Les efforts de l’école Shingon-Ritsu pour administrer les préceptes bouddhiques peuvent être perçus comme dépassant le cadre purement religieux, et exerçant aussi une profonde influence sur l’établissement du système de sécurité publique et du système financier du shogunat. Ainsi, alors que Nichiren était exilé à Izu, un nouveau système religieux fut établi à Kamakura avec l’introduction de l’école Shingon-Ritsu. L’école bénéficiait de privilèges particuliers de la part du shogunat, prenait part à divers projets et entreprises publics, et Ryokan, son personnage central, était révéré comme un bouddha vivant. Peu de temps après, Nichiren revint à Kamakura, et il commença à critiquer Ryokan, et à remettre en question les mesures politiques prises par le shogunat en matière de religion.