Février 2025

Étude bouddhique

Thème

Messages SGI

Prendre son envol sur les ailes de la jeunesse, à travers les cieux infinis du kosen rufu mondial

Toutes mes félicitations pour cette 5e réunion générale des responsables de la Soka Gakkai, commémorant la fondation de notre organisation le 18 novembre, qui se tient conjointement avec la réunion générale de la SGI. Nous accueillons aujourd’hui 280 responsables de 75 pays et territoires, venus au Japon avec un fervent esprit de recherche pour participer au premier séminaire d’automne de la SGI depuis cinq ans. Merci d’avoir parcouru de si longues distances ; nous vous souhaitons chaleureusement la bienvenue. L’année 2025 marquera non seulement le 95e anniversaire de la fondation de la Soka Gakkai, mais aussi le 65e anniversaire du premier voyage du président Ikeda à l’étranger après sa nomination en tant que troisième président de la Soka Gakkai, ainsi que le 50e anniversaire de la fondation de la SGI. Compte tenu du chaos que nous observons actuellement dans le monde, la mission de notre mouvement Soka de transformer le karma de l’humanité est plus importante que jamais. Avançons avec la profonde détermination de poursuivre l’essor et le développement de notre réseau mondial de jeunes, sous la bannière de notre thème pour l’année à venir « Année du grand envol vers une Soka Gakkai jeune dans le monde entier ». Le président Ikeda fondait de grands espoirs dans la jeunesse. Il déclara : « Rien ne surpasse les jeunes qui prennent leur envol en se lançant des défis et en faisant preuve de créativité. L’énergie, l’intelligence et la passion de la jeunesse leur permettent de s’envoler vers de nouveaux sommets, sans craindre les vents furieux de notre époque. » Respectons l’autonomie et les initiatives des jeunes pratiquants, soutenons ensemble chacun des défis qu’ils relèvent, et créons un environnement leur permettant de s’engager avec énergie dans les activités, tout en encourageant chaleureusement nos précieux membres du groupe Avenir 1. Dans son roman La Nouvelle Révolution humaine, le président Ikeda écrit : « Les conditions nécessaires pour un véritable envol du mouvement de kosen rufu […] sont toutes réunies. C’est vous qui êtes aux commandes. J’espère que, sans dépendre des autres, vous vous dresserez avec la même détermination et la même conscience que moi, en assumant l’entière responsabilité de vos activités pour kosen rufu. En d’autres termes, une nouvelle ère est un moment où les disciples passent à l’action et montrent la preuve factuelle à travers leur victoire. » Afin que notre Soka Gakkai jeune prenne son envol dans le monde entier, nous devons nous dresser en tant que disciples pour montrer la preuve concrète de notre victoire dans les années qui précèdent la célébration du centenaire de notre organisation. En incarnant l’esprit de la Soka Gakkai consistant à ne pas se laisser impressionner même par les vents les plus violents, contribuons avec force au développement d’une Soka Gakkai jeune, en déployant nos ailes en tant que mouvement mondial. Actuellement, afin de permettre aux organisations de la SGI de chaque pays et territoire de renforcer leur unité et leur solidarité, et de faire progresser vigoureusement le kosen rufu mondial, qui constitue un mouvement global sans précédent, les principes fondamentaux du régime administratif de la SGI ont récemment été clarifiés lors d’une réunion du Conseil exécutif de la Soka Gakkai. Ces clarifications concernent les points suivants : premièrement, la SGI considérera le président Ikeda comme le maître du mouvement mondial de kosen rufu et comme le président et guide spirituel perpétuel de la SGI ; deuxièmement, dans l’unité selon le principe « différents par le corps, un en esprit », la SGI promouvra kosen rufu dans le monde entier en se fondant sur l’esprit et les orientations des trois présidents fondateurs, en particulier du président de la SGI, Daisaku Ikeda. Elle s’unira autour de la présidence de la Soka Gakkai, assistée par la direction générale de la SGI. La Constitution de la Soka Gakkai a été modifiée pour refléter ces points et M. Yoshiki Tanigawa a été désigné, lors de la récente réunion du Comité de direction de la SGI, comme nouveau directeur général. Toutes mes félicitations ! Le 15 novembre dernier, la première cérémonie commémorative en l’honneur du président Ikeda a eu lieu solennellement dans le Hall du Grand Serment pour kosen rufu. En mars 1959, à l’approche du premier anniversaire du décès du président Toda, le président Ikeda se rendit dans les régions de Chubu et du Kansai pour y encourager les pratiquants. Son emploi du temps était très chargé : il visita Aichi le 22 mars, Shiga le 23, Fukui le 24, Kyoto le 25 et Gifu le 26. Afin d’expliquer son intention, lors de ces visites, il déclara : « Les personnes qui peuvent endurer les moments difficiles lors desquels la Soka Gakkai est attaquée sont de véritables alliés. Je suis venu ici pour créer de véritables alliés. » Les alliés dont parle le président Ikeda ne sont pas définis par leur statut – comme leur appartenance ou non à la Soka Gakkai, par exemple –, mais par leur attitude et leur façon de vivre.

Citations

Jour après jour, mois après mois

Quand vous vous consacrez à kosen rufu avec la plus profonde sincérité, vous accumulez à coup sûr une immense bonne fortune et de nombreux bienfaits. Vous êtes alors assurés de goûter un état de vie véritablement élevé. (Discours prononcé à la conférence des représentants des départements, décembre 2008) Quelle sera la force essentielle pour le grand développement à venir de notre mouvement ? Ce sera la voix des jeunes et la voix des femmes. Faisons tout notre possible pour permettre à chacune et à chacun de pleinement manifester tous leurs talents. (Réunion des responsables, juin 2007) Soutenir les autres dans leurs luttes et écouter leur cœur, leurs souffrances intérieures, peut inspirer et ouvrir notre propre cœur. (La Sagesse du Sûtra du Lotus) Toutes les grandes réalisations viennent de l’accumulation d’innombrables actions apparemment modestes. Lutter constamment, à chaque instant, en nous souciant de ce que nous devrions faire, puis tout donner pour parvenir à nos fins – telle est la clé pour accomplir de grandes choses. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 17, chap. « L’espoir », p.149) Un bouddha n’est pas un sage qui se contente de demeurer dans un état serein et détaché, mais plutôt une personne qui ne cesse de lutter en dépassant ses limites. (Dialogue avec Mikhaïl Gorbatchev) Il n’existe pas de vie plus noble que celle consacrée à kosen rufu. Ceux qui avancent sur cette voie jouissent d’une bonne santé et goûtent un sentiment d’accomplissement. Ils accumulent une bonne fortune et des bienfaits illimités. Telle est la promesse de Nichiren. (Discours prononcé lors du séminaire des régions de Shinetsu et de Hokuriku, août 2001) « Un voyage de mille lieux commence par un seul pas. » Chaque pas que nous faisons nous rapproche davantage de la réalisation de nos rêves. Nous concentrer sur les tâches que nous devons accomplir aujourd’hui est donc crucial. (Discours lors de la réunion nationale des responsables du département de la jeunesse, mars 1991) Le temps est venu, pour nous, de prendre un nouveau départ dans nos activités afin de clore cette année sans regrets. Allez à la rencontre de vos compagnons dans la foi et œuvrez avec eux, en avançant ensemble dans l’harmonie et en vous encourageant mutuellement. (Discours prononcé à la conférence commune du groupe des infirmières et du groupe des médecins, août 2008) Quand une personne manifeste avec éclat son état de bouddha, le monde change. La profonde révolution humaine d’une seule personne peut donc changer la destinée du monde. (Série de cours « Apprendre des écrits de Nichiren Daishonin ») Toute situation difficile est une opportunité. Quand vous décidez d’en tirer quelque chose de positif au lieu de vous plaindre, vous faites apparaître courage, espoir et sagesse. (Discours prononcé à la réunion générale de la région de Tohoku, mars 1994) Ceux qui trouvent de la joie en toute chose, qui peuvent tout transformer en joie, sont de véritables experts en art de vivre. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, part. I « Le bonheur », p.117-118) La voie de l’amitié s’ouvre largement quand nous luttonsavec sincérité et sagesse pour que chaque rencontre soit la plus belle possible. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 20, chap. « La voie de l’amitié », p. 45) Les activités d’étude sont une source merveilleuse de motivation pour étudier le bouddhisme de Nichiren. À celles et à ceux qui participent à ces activités, je dis : « Faites de votre mieux ! Luttez pour devenir des vainqueurs dans la foi et des spécialistes des enseignements humanistes du bouddhisme ! » (Série d’essais « Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine ») Dans le monde de la foi dans la Loi merveilleuse, aucun effort n’est vain. Si vous vous lancez dans l’action et dépassez vos limites en vous appuyant sur la prière, vos efforts seront à coup sûr récompensés. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire ») Le bouddhisme n’existe pas en dehors de la réalité. Nous pratiquons pour poursuivre notre révolution humaine au cœur de notre réalité quotidienne, transformer notre karma et devenir heureux. (Série d’encouragements « Vivre les écrits de Nichiren ») Faisons rayonner nos réunions de discussion avec la joie et la conviction de notre pratique bouddhique ! Engageons des dialogues sincères et profonds ! L’harmonie et la vitalité de nos chapitres illustrent la progression du kosen rufu mondial. (Série d’essais « Le chant de la victoire humaine ») Quand vous encouragez une personne, vous créez l’espoir. Quand vous la soutenez, vous ouvrez la voie de l’avenir. Quand vous tissez un lien avec elle, vous élargissez le monde de la paix. (Message adressé lors de la réunion des responsables, octobre 2013) Ce sont les personnes ordinaires qui bâtissent la paix et créent la culture. […] Permettre à ces personnes de se renforcer donc le fondement de toute création de valeurs. (Éditorial du Daibyakurenge, janvier 2008, « Illuminer l’avenir », vol. 1, Acep, p.133) Avoir une attitude joyeuse et positive dans la vie mène à un plus grand bonheur. Cette attitude courageuse vous permettra de transformer rapidement votre destinée. (Discours prononcé à la réunion nationale des représentants des responsables et à la réunion générale de Tokyo, mai 1992) Vous n’avez pas besoin de vous mettre de pression pour parler du bouddhisme aux autres : parlez-en en toute sincérité, tels que vous êtes. C’est ainsi que vous transmettrez votre intention sincère. Vous aiderez à coup sûr ces personnes à créer un lien avec le bouddhisme de Nichiren. (Série d’encouragements « La grande voie vers la victoire des personnes au cœur jeune ») Les influences extérieures ont un effet sur notre vie. Une bonne influence fait surgir notre potentiel le plus élevé. Telle est fondamentalement la Soka Gakkai : un réseau d’amis de bien, unis dans la foi en la Loi merveilleuse. (Série d’encouragements « Vers un avenir rempli d’espoir avec les écrits de Nichiren ») Progressez chaque jour ! Remportez la victoire chaque jour ! Tel est le mode de vie d’un bouddhiste du mouvement Soka. En effet, ne pas avancer signifier reculer, et le bouddhisme est victoire ou défaite. (Discours prononcé à la conférence nationale des responsables, juillet 2006) L’adversité permet de se forger un caractère authentique. Faisons de chacun de nos défis un tremplin, et entreprenons sans cesse de nouvelles actions ! (Discours prononcé à la réunion des responsables, novembre 2009) Ayez de nobles idéaux ! Ayez un objectif clair ! Et, à nouveau, lancez-vous dans l’action ! (Série d’essais « La voie éclatante de la victoire ») Prendre la profonde détermination de mener une vie en bonne santé, réciter Nam-myoho-renge-kyo, et maintenir un style de vie sage et équilibré – voilà ce à quoi nous devrions aspirer en tant que pratiquants du bouddhisme de Nichiren. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 29, chap. « La joie éternelle », traduction provisoire) Bien que les autres ne les voient pas, tous les bouddhas de l’univers connaissent vos efforts altruistes, vos larmes et vos prières. Soyez-en convaincus, c’est la concrétisation immuable de la loi de cause et d’effet dans la vie. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire ») Un seul mot d’encouragement peut devenir une source d’inspiration pour notre existence. Offrir un encouragement à quelqu’un illumine son cœur. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 28, chap. « Les îles de la victoire », traduction provisoire) En cette période de fin d’année chargée, soyons tout particulièrement vigilants afin d’éviter les accidents de la route ou les incendies. En étant « des millions de fois plus prudent qu’auparavant » (Le héros du monde, Écrits, 846), terminons cette année en toute sécurité et sans incident. (Série d’encouragements « Vers un avenir plein d’espoir avec les écrits de Nichiren »)

Étude bouddhique

Nichiren – Un grand vœu de compassion pour le bonheur de l’humanité. Partie 9

La persécution de Tatsunokuchi - Ière partie L’Empire mongol envoya de nouveau des émissaires au Japon depuis le royaume de Goryeo, situé sur la péninsule coréenne, alors sous contrôle mongol. Ils arrivèrent au Japon avec une lettre officielle le neuvième mois de l’année 1269. Au cours du premier mois de l’année 1270, la cour impériale prépara une réponse et l’envoya au shogunat de Kamakura. Mais le shogunat la rejeta et ne la transmit pas, refusant de négocier avec les Mongols. Alors que la société était minée par la crainte d’une invasion mongole et par la montée des troubles et de l’insécurité, les dirigeants du shogunat et les moines des principaux temples bouddhiques continuèrent d’ignorer les mises en garde de Nichiren. Le onzième mois de l’année 1269, Nichiren envoya de nouveau plusieurs lettres et reçut cette fois quelques réponses. Il est donc probable que des personnes influentes du gouvernement de Kamakura les aient également lues (cf. The Annual Lecture on the Doctrines of the Great Teacher T’ien-t’ai [Cours annuel sur les doctrines du Grand Maître Tiantai], WND-II, p. 335). Au cours du douzième mois de cette année-là, Nichiren recopia de sa propre main son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays et l’envoya à une personne nommée Yagi Taneie 1, dans la province de Shimosa 2. Il semble que de plus en plus de personnes s’intéressaient à ce traité. Entre-temps, les principaux moines des écoles critiquées par Nichiren se sentaient toujours plus menacés et adressèrent à plusieurs reprises de fausses accusations contre lui aux représentants du gouvernement, dans l’espoir de l’abattre. Nichiren décrivit plus tard ces événements dans sa lettre, Les actions du pratiquant du Sûtra du Lotus, rédigée en 1276 : « […] Les lettres avertissaient de désastres à venir qui affecteraient non seulement la destinée de la régence, mais aussi celle de tous les autres dignitaires. Ne pas tenir compte de mes avertissements, c’était une chose, mais calomnier mes messagers, c’était aller trop loin. Cela est dû au fait que tous les gens du Japon, de haute ou de basse condition, manifestent depuis longtemps de l’hostilité envers le Sûtra du Lotus. Ils ont ainsi accumulé de grandes fautes et sont tombés sous l’emprise des puissantes divinités-démons. La lettre officielle des Mongols leur a ôté tout ce qui pouvait encore leur rester de bon sens. » (Écrits, 769) Le défi des prières pour la pluie Au cours du sixième mois de l’année 1271, lorsqu’une grave sécheresse frappa Kamakura, le shogunat chargea Ryokan, du temple Gokuraku-ji, d’effectuer des prières pour faire tomber la pluie entre le 18e jour du mois et le 4e jour du mois suivant 3. Lorsque Nichiren eut vent de cette requête, il lança un défi à Ryokan : « Si le vénérable Ryokan fait tomber la pluie dans les sept jours, moi, Nichiren, je cesserai d’enseigner que le Nembutsu mène à l’Enfer aux souffrances incessantes et, devenant son disciple, j’observerai les deux cent cinquante préceptes. […] Mais, s’il ne pleut pas, vous devrez avoir foi dans le seul Sûtra du Lotus. » (Écrits, 815) Confiant dans l’efficacité de ses prières pour la pluie, Ryokan accepta, et, comme le décrit Nichiren, lui « et plus de cent vingt de ses disciples offrirent des prières [avec tant d’énergie] que de la vapeur s’éleva de leurs visages en sueur et que leurs voix résonnèrent jusqu’aux cieux. » (Ibid.) Ne voyant aucun signe de pluie, Ryokan « convoqua par centaines ses disciples du Taho-ji » (ibid.). Ils prièrent frénétiquement, mais pas une seule goutte ne tomba. Pendant ce temps, pour faire valoir son point de vue, Nichiren envoya par trois fois un émissaire auprès de Ryokan avec ce message : « Voyons plutôt : si l’on ne peut traverser un fossé de trois pas de large, pourra-t-on en traverser un de six ou neuf pas ? Si l’on ne peut provoquer la pluie, ce qui est facile, peut-on envisager de renaître dans la Terre pure et d’atteindre la bouddhéité, ce qui est difficile ? » (Écrits, 816) Le septième jour, Ryokan en pleura de rage. Sept jours passèrent de nouveau, au cours desquels il continua d’offrir des prières. Non seulement il ne plut pas, mais la sécheresse s’aggrava. Des vents violents soufflaient sans discontinuer, et la souffrance du peuple empira. Mais, plutôt que d’accepter les affirmations de Nichiren et de tenir sa promesse, Ryokan sombra dans la colère et la haine. (Ibid. ; Letter to Shimoyama [Lettre à Shimoyama], WND-II, 692-693) Pétition adressée au gouvernement Peu de temps après, le huitième jour du septième mois, un moine du nom de Gyobin écrivit à Nichiren, remettant en question ses déclarations et demandant une rencontre en face-à-face pour établir clairement la vérité. Dans sa réponse, Nichiren exprima son souhait d’organiser un débat, mais suggéra qu’il ait lieu dans un cadre public, profitant de cette demande de Gyobin pour soumettre ses questions aux autorités. (cf. Reply to Gyobin [Réponse à Gyobin], WND-II, 384) Nichiren y vit certainement une excellente occasion d’obtenir le débat public qu’il réclamait depuis longtemps. Après avoir reçu la réponse de Nichiren, Gyobin déposa une pétition auprès du shogunat de Kamakura pour le dénoncer. Selon Nikko Shonin 4, Gyobin était également connu sous le nom de Joren, disciple du moine de la Terre pure Nen’a Ryochu (Nen’amidabutsu). Les actes de Gyobin semblaient avoir été provoqués par Nen’a, Dokyo (Doamidabutsu), le moine Ryokan et ses disciples. Nichiren savait que ces individus étaient derrière la pétition déposée contre lui. Cette pétition qualifiait d’injustes les critiques de Nichiren à l’égard de diverses écoles bouddhistes. Elle accusait Nichiren et ses disciples d’avoir « brûlé ou jeté dans un cours d’eau des représentations du bouddha Amida, du bodhisattva Sensible-aux-Sons-du-Monde, etc. » (Response to the Petition from Gyobin [Réponse à la pétition de Gyobin], WNDII, 387). Ces affirmations avaient été inventées de toutes pièces dans le seul but de nuire à Nichiren. Nichiren prépara une réfutation écrite, suggérant que Ryokan était responsable de ces délits : « Vous devez présenter des témoins crédibles, concernant cette affaire. Mais, si aucune preuve n’est apportée, c’est peut-être que l’honorable Ryokan et ses disciples – qui cherchent à rejeter la faute sur moi – ont eux-mêmes retiré ces objets de vénération pour les brûler ou les jeter dans un cours d’eau. Les détails de cette affaire apparaîtront sans aucun doute au grand jour lorsqu’on l’examinera. » (Ibid.) Interrogatoire par le shogunat de Kamakura Ryokan et ses disciples intentèrent d’autres poursuites judiciaires et, lorsque toutes échouèrent, ils firent pression sur les épouses de hauts fonctionnaires du gouvernement pour que Nichiren soit sanctionné. Ces femmes avaient également des relations parmi des moines des enseignements ésotériques, en plus de Ryokan et d’autres. Nichiren décrit ce que les femmes dirent à ces hauts fonctionnaires : « D’après certains moines, Nichiren aurait déclaré que les défunts moines séculiers du Saimyo-ji et du Gokuraku-ji étaient tombés dans l’Enfer aux souffrances incessantes. Il a dit que le Kencho-ji, le Jufuku-ji, le Gokuraku-ji, le Choraku-ji et le Daibutsu-ji devraient être brûlés et les vénérables moines Doryu et Ryokan décapités. » (Les actions du pratiquant du Sûtra du Lotus, Écrits, 771) Le shogunat convoqua alors Nichiren le dixième jour du neuvième mois de 1271 afin de lui faire confirmer ses déclarations. Au cours de l’audience, Nichiren répondit ceci à Hei no Saemonno-jo Yoritsuna et à d’autres membres du bureau des Affaires politiques et militaires 5 : « J’ai bien en effet prononcé tous ces mots, excepté l’affirmation que les moines séculiers du Saimyo-ji et du Gokuraku-ji étaient tombés en enfer. C’est là une invention. Du temps de leur vivant, j’enseignais déjà cette doctrine [à savoir que les écoles auxquelles ils appartiennent mènent à l’enfer]. « Je me suis exprimé en ces termes uniquement parce que je me préoccupe de l’avenir du pays. Si vous souhaitez maintenir ce pays en paix et en sécurité, vous devez impérativement convoquer les moines des autres écoles et organiser un débat en votre présence. » (Ibid.) En disant que Doryu et Ryokan « devraient être décapités », Nichiren ne préconisait pas d’ôter la vie. Il s’agissait d’une déclaration rhétorique, en réponse au débat de longue date du shogunat sur l’opportunité de le décapiter, lui et ses partisans, ou de les bannir de Kamakura (cf. Écrits, 769). Cette réfutation cinglante impliquait que, si les dirigeants devaient décapiter qui que ce soit, cela devrait d’abord être ceux qui calomniaient et tentaient de tuer les pratiquants du Sûtra du Lotus. En ce sens, il s’agissait d’un appel empathique pour éveiller ceux qui avaient été induits en erreur par des mauvais moines 6. Même pendant son interrogatoire, Nichiren renouvela ses mises en garde : s’ils ne prenaient pas en compte ses avertissements, ne rejetaient pas les offenses à la Loi et ne pratiquaient pas l’enseignement bouddhique correct, les dirigeants seraient immanquablement confrontés aux désastres des luttes intestines et de l’invasion par des pays étrangers. En réponse, Yoritsuna éclata de colère, offrant un spectacle indigne de son rang. Deux jours plus tard, le douzième jour du neuvième mois, Nichiren envoya à Yoritsuna, haut responsable gouvernemental chargé du maintien de la paix sociale, une lettre intitulée Avanthier déclarant : « À l’heure actuelle, vous êtes, Monsieur, le véritable pilier et la charpente de ce pays. Comment, dès lors, ne pas utiliser les vrais talents lorsqu’ils se trouvent au cœur de la nation ? » (WND-II, 392) Plus tard, dans la même journée, se produisit un événement qui allait marquer un tournant dans la vie et dans les enseignements de Nichiren. Arrestation Ce soir-là, un important groupe de soldats en armes conduits par Yoritsuna pénétra de force dans la résidence de Nichiren. Celui-ci décrivit plus tard cette arrestation si brutale d’un moine comme « irrégulière et illégale 7». Bien que conscient du danger qui pesait sur sa vie, Nichiren fit face avec calme à ses agresseurs, en pensant : « Quelle bonne fortune que de donner ma vie pour le Sûtra du Lotus ! » (Les actions du pratiquant du Sûtra du Lotus, Écrits, 771-772) Le principal serviteur de Yoritsuna, Sho-bo, se rua alors sur Nichiren et s’empara du rouleau du cinquième volume du Sûtra du Lotus qu’il portait à l’intérieur de sa robe pour le frapper au visage. Ce volume contenait le treizième chapitre, « Exhortation à la persévérance », qui décrit comment les trois puissants ennemis persécutent les pratiquants du Sûtra du Lotus, notamment en les attaquant avec des bâtons. Les soldats jetèrent sur le sol et piétinèrent ensuite d’autres rouleaux de sûtras qu’ils trouvèrent dans la résidence de Nichiren. Observant leur comportement enragé, celui-ci se tourna vers Yoritsuna et dit d’une voix forte : « C’est vraiment intéressant ! Regardez donc, Hei no Saemon devient fou ! Messieurs, vous venez de renverser le pilier du Japon. » (Écrits, 772) L’attitude digne et imposante de Nichiren surprit et troubla les soldats. Puis, ils l’arrêtèrent et l’exhibèrent dans les rues de Kamakura comme s’il s’agissait d’un criminel (cf. Rulers of the Land of the Gods [Les souverains de la terre des dieux], WND-II, 624). Vers 18 heures ce soir-là, le tribunal judiciaire (la branche du gouvernement responsable des procès) envoya Nichiren en détention à la résidence de Hojo Nobutoki, le gouverneur de la province de Musashi (cf. Lettre d’Echi, Écrits, 195). Nobutoki était également gouverneur militaire de Sado (une fonction qui, dans chaque province, consistait à avoir la responsabilité des affaires militaires et de l’administration). Il semblait donc que Nichiren allait être condamné à l’exil sur l’île de Sado. Nichiren raconta par la suite qu’il avait averti Yoritsuna, l’organisateur de la persécution, qu’en l’arrêtant il renversait le pilier du Japon et que des luttes intestines et une invasion étrangère ne manqueraient pas de se produire. (cf. Choisir en fonction du moment, Écrits, 584) (À suivre) Orientation donnée par Ikeda Sensei Nichiren exprima de nouveau sa joie de pouvoir donner sa vie pour la Loi en déclarant : « Au cours des derniers mois, je m’attendais à ce que tôt ou tard se produise un événement de ce genre. Quelle bonne fortune que de donner ma vie pour le Sûtra du Lotus ! Si je devais perdre cette tête qui n’a pas la moindre valeur [pour atteindre la bouddhéité], ce serait comme échanger du sable contre de l’or ou des cailloux contre des joyaux. » (Les actions du pratiquant du Sûtra du Lotus, Écrits, 771-772) Telle est l’attitude calme et inébranlable d’un immense roi-lion de la foi. Les présidents Makiguchi et Toda agirent également en parfait accord avec cet esprit de Nichiren. Parce qu’ils persévérèrent dans l’organisation de réunions de discussion – des forums de dialogue ouverts – et dans la transmission du bouddhisme de Nichiren avec une détermination sans faille, ils furent tous deux arrêtés et emprisonnés par les autorités militaristes japonaises. M. Makiguchi mourut en prison. Bien que M. Toda ait été finalement libéré, sa santé fut dangereusement affaiblie par cette expérience. Les nobles luttes de ce maître et de ce disciple sont la source du trésor éternel qu’est l’esprit de la Soka Gakkai ; elles sont une grande source d’espoir et d’inspiration qui continuera d’éclairer l’avenir 8.

Dossier thématique

Dossier Jeunesse 16 mars 2025

Dans la perspective du 16 mars, Jour de la jeunesse au sein de notre mouvement Soka, nous publions en ce mois de février un dossier spécial qui sera, nous l’espérons, source d’inspiration pour les activités de la jeunesse. Le lecteur y trouvera d’abord un résumé de ce que fut la célébration de la cérémonie du 16 mars 1958 et de sa signification. Suivront un extrait d’un discours du président Ikeda du 12 octobre 2007, où il rappelle notamment que la jeunesse est une question d’état d’esprit qui nous concerne tous, quel que soit notre âge, puis un encouragement spécifiquement destiné aux collégiens et lycéens. L’élément central de ce dossier comprend de larges extraits du Journal de jeunesse de Daisaku Ikeda, qui paraîtra dans son intégralité aux éditions ACEP au cours du second semestre 2025. Les extraits choisis ici datent des années 1949 et 1950, alors que le futur président de la Soka Gakkai était âgé de 21 ou 22 ans. Présentation de la cérémonie du 16 mars Il faisait beau en ce 16 mars 1958. Six mille jeunes et fiers disciples de M. Toda s’étaient rassemblés joyeusement dans la cour, devant le Grand Hall de conférence, au Temple principal. […] Lors de la grandiose cérémonie, M. Toda puisa dans ses dernières forces et nous montra toute la combativité de celui qui a consacré toute sa vie à kosen rufu. Ce fut une cérémonie très émouvante où il transmit la mission de réaliser kosen rufu à ses disciples authentiques et directs, les jeunes lions appelés à suivre la voie qu’il avait ouverte. […] Quand, début mars, le Premier ministre japonais informa M. Toda qu’il souhaitait venir au Temple principal le 16 mars, M. Toda me dit : « Organisons une cérémonie [ce jour-là] comme s’il s’agissait d’une répétition générale, d’un banc d’essai pour l’avenir de kosen rufu. […] — Oui, je ferai en sorte que ce soit un rassemblement magnifique, durant lequel nous, vos successeurs, prendrons l’engagement de concrétiser votre vœu », lui ai-je répondu. […] » Nous étions à l’unisson. Les dix années d’entraînement rigoureux dispensé par le maître bouddhique et les efforts dévoués du disciple allaient parvenir à leur apogée. M. Toda voulait donner aux jeunes un avant goût de ce qui se passerait quand les idéaux et la philosophie du bouddhisme de Nichiren seraient largement répandus dans la société et le monde. Nichiren avait déclaré que les divinités tutélaires du Japon, Bonten et Taishaku, viendraient également présenter leurs hommages (GZ, 1022). En organisant une cérémonie bouddhique au moment de la visite du Premier ministre, M. Toda cherchait à démontrer la validité de la prophétie de Nichiren selon laquelle, à l’avenir, même les grands dirigeants de la société, qui incarnent la nature des fonctions protectrices tels que Bonten et Taishaku, respecteraient le Gohonzon et en viendraient même à l’adopter. On pouvait également considérer que cela annonçait la venue future de dirigeants du monde entier, sensibles à l’humanisme boudhique, qui se réuniraient, tisseraient d’étroits liens d’amitié et feraient le serment d’établir la paix et le bonheur pour toute l’humanité. C’est ce qui se passe aujourd’hui. Partout dans le monde, des dirigeants dans tous les domaines, notamment la politique, les affaires, l’éducation, la culture et les arts – en transcendant les différences d’ethnies et de nationalités – soutiennent les idéaux et les activités de la SGI et en font l’éloge. Ils visitent aussi nos centres pour connaître les réalisations de notre organisation et nous rendre hommage. Tout cela s’accorde avec la volonté du Bouddha. Chaque cérémonie célébrant notre organisation incarne l’esprit de la cérémonie du 16 mars. […] Le Premier ministre, qui était l’invité d’honneur, annula sa visite à la dernière minute. Mais, l’essentiel pour M. Toda, c’était la présence de tous ces jeunes à qui il allait confier l’avenir. S’adressant à ces milliers de jeunes réunis en plein air, M. Toda déclara avec la puissance d’un lion qui rugit : « La Soka Gakkai est reine dans le monde de la religion ! » De fait, le 16 mars fut la cérémonie du sacre des jeunes où ils reçurent leur couronne et leur sabre royal. En tant que disciples, nous ne devrions jamais oublier la signification profonde de ce jour. Aujourd’hui, j’aimerais poser une couronne sur la tête de chacune et de chacun des nobles membres du département de la jeunesse, mes jeunes disciples qui luttent avec tant d’ardeur pour la réalisation de kosen rufu. Cependant c’est uniquement en remportant la victoire au cours de nombreuses luttes que l’on est digne de recevoir cette glorieuse couronne de successeur. Pour devenir ce successeur, le premier point – la priorité – est de mener sa vie en rythme avec la SGI, l’organisation qui œuvre en accord avec le décret du Bouddha. Si vous restez fidèle à votre mission et suivez avec courage la grande voie de la foi tout au long de votre vie, vous n’aurez aucun regret. Comme l’a déclaré le grand historien chinois Sima Qian (145-85 av. J.-C.) : « Bien que je souffre de mille blessures, quels regrets pourrais-je avoir ? » Deuxièmement, il est essentiel de prendre l’entière responsabilité de réaliser kosen rufu. Il est important que vous soyez conscients d’être un acteur clé – en d’autres termes, de ne pas considérer seulement que vous faites partie de la SGI, mais plutôt de voir la SGI comme une partie intégrante de vous-même. C’est ainsi que j’agis depuis ma jeunesse 1. Soutenons la jeunesse par des encouragements bienveillants et chaleureux Extrait d’un discours prononcé par le président Ikeda à la 11e réunion des responsables, au mémorial Makiguchi à Hachioji, le 12 octobre 2007. Entraîner la jeunesse « Je ne donne pas ma vie à contrecœur/mais où sont les jeunes porteurs de bannières ? » – tels sont les vers du Chant des camarades que M. Toda composa alors qu’il était en prison. [Il avait été arrêté pour avoir refusé de se soumettre à l’État shinto.] Les membres de la génération la plus âgée trahirent M. Makiguchi alors qu’il était persécuté par les autorités militaristes durant la guerre. La vieille génération tend à être hypocrite et calculatrice. Les pratiquants de l’époque de M. Makiguchi étaient motivés par l’intérêt personnel et préoccupés par leur statut dans la société ; ils étaient totalement égoïstes, au service de leurs propres intérêts. La jeune génération, la jeunesse, en revanche, a une plus grande faculté à rester fidèle à ses croyances. Les jeunes sont plus francs et honnêtes. C’est pourquoi, quand M. Toda se dressa seul et prit l’initiative, après la guerre, de rebâtir la Soka Gakkai et de raviver le mouvement de kosen rufu, il ne cessa de souligner l’importance de la jeunesse et déclara qu’il attendait l’émergence de jeunes hommes et de jeunes femmes pour poursuivre son œuvre. Faire apparaître des successeurs de valeur Le 14 août 1947, il y a quarante ans, j’ai rencontré pour la première fois M. Toda. Il avait 47 ans et j’en avais 19. Aujourd’hui encore, je me rappelle cette rencontre avec émotion. Ensuite, pendant plus de dix ans, M. Toda m’a rigoureusement entraîné et formé. Il m’a confié le destin du mouvement de kosen rufu à moi, un jeune de vingt-huit ans son cadet. Il me confia tout l’avenir. Il me plaça au centre de la jeunesse de la Soka Gakkai, avec pour but de faire jaillir la force de cette jeunesse pour qu’elle puisse déployer pleinement son potentiel. Et c’est pour cela que la Soka Gakkai a pu se développer jusqu’à devenir l’organisation qu’elle est aujourd’hui. Le choix des responsables de l’avenir est d’une importance vitale. Une erreur peut avoir les plus terribles conséquences et causer à tous d’indicibles souffrances. L’un des devoirs les plus cruciaux attachés à la fonction de responsable consiste à sélectionner et à entraîner des successeurs de valeur. C’est l’engagement en faveur du bouddhisme et de kosen rufu, que M. Toda et moi avons partagé en tant que maître et disciple, qui a permis l’apparition d’un nombre croissant de bodhisattvas surgis de la Terre. La force motrice de ce développement gigantesque fut la foi absolue de M. Toda dans l’importance de la jeunesse et sa détermination à la mettre en valeur. Les responsables ne doivent jamais mépriser les jeunes sur la base de l’émotion ni les traiter de manière dominatrice ou condescendante. Certes, il est important que les jeunes se forment mais j’espère que vous permettrez à la jeunesse de se renforcer en priant du fond du cœur pour qu’elle développe son potentiel afin qu’elle contribue à l’épanouissement de la Soka Gakkai, à son environnement, et à la paix au Japon et dans le monde entier. Il nous faut montrer aux jeunes que nous leur attachons de l’importance et les encourager chaleureusement. J’aimerais réaffirmer aujourd’hui le bien-fondé d’une telle attitude. Êtes-vous d’accord avec moi ? [Acquiescements et applaudissements.] Rappelez-vous toujours que, quel que soit votre âge, il est important de rester jeune d’esprit. M. Makiguchi avait déjà plus de 70 ans qu’il disait encore « Nous, les jeunes », ce qui était significatif de son état d’esprit. Il savait en effet que le cœur de ceux qui pratiquent le bouddhisme de Nichiren est éternellement jeune. J’espère que tous les pratiquants de notre mouvement progresseront avec un cœur jeune. […] Progressez avec l’esprit de la jeunesse Pour conclure, j’aimerais partager avec nos membres du département de la jeunesse quelques conseils importants de M. Toda. « Toute personne qui semble œuvrer pour kosen rufu mais ne poursuit en fait que son intérêt personnel est mon ennemi », déclara M. Toda avec force. Puisque tel était son enseignement, j’ai également adopté une attitude sévère envers ceux qui se comportent de cette façon. Nous ne devons pas faire preuve de complaisance envers les responsables motivés par l’intérêt personnel, qui exploitent l’organisation, ou envers les individus qui, après avoir obtenu des positions importantes grâce au soutien et aux efforts des pratiquants, deviennent ensuite arrogants et se servent de leur position pour obtenir un gain personnel. Ce sont les ennemis du bouddhisme, et leurs transgressions doivent être prises très au sérieux et fortement dénoncées. Toda disait aussi : « Il importe peu de savoir qui est considéré comme une personne de valeur dans la société ou dans la nation. Ce qui compte vraiment, c’est la grandeur sur la base du bouddhisme. » Ce sont les pratiquants luttant inlassablement à l’avant-garde de kosen rufu, qui sont vraiment dignes de respect. Les pratiquants passionnés qui travaillent avec ardeur et qui se sont pleinement engagés dans les activités de la Soka Gakkai sont les plus admirables et les plus nobles. Telle était la conviction de M. Toda. Quand les responsables de premier plan utilisent l’âge comme excuse et arrêtent de faire des efforts en première ligne, ils ne sont plus qualifiés en tant que responsables. Ceux qui occupent les plus hautes responsabilités doivent lutter aux côtés des pratiquants en tant que compagnons et égaux. Débordant de joie et de vigueur, ils doivent conserver une attitude exemplaire et transmettre clairement le message selon lequel la Soka Gakkai repose sur l’engagement commun du maître et du disciple à atteindre le but de kosen rufu et qu’il n’y a pas de mode de vie plus satisfaisant ou plus épanouissant que celui-là. Faisons jaillir l’esprit de la jeunesse en confiant aux jeunes des responsabilités et en veillant à ce que la Soka Gakkai garde toujours un esprit jeune. Se dresser sur une nouvelle scène Toda appela les jeunes à être sincères et honnêtes, non calculateurs et non tournés vers leurs intérêts personnels. J’ai suivi cet encouragement tout au long de ma vie. Il a dit aussi que sans le développement de la jeunesse, on ne pourrait pas accomplir kosen rufu ni bâtir un avenir brillant. Il ajouta qu’il comptait sur la jeunesse pour porter l’avenir de la Soka Gakkai. Le département de la jeunesse est maintenant entré dans une période extrêmement cruciale. De même que la marée connaît flux et reflux, les temps changent de manière radicale. Le temps est venu pour que la Soka Gakkai aille de l’avant et crée un nouveau chapitre de son développement, avec des fondations toujours plus larges. La scène sur laquelle vous, membres du département de la jeunesse, pourrez agir librement et pleinement est presque achevée, et ce que j’ai envisagé est à portée de vue. Il vous appartiendra de vous entraîner pleinement sur cette scène éclatante et de développer la Soka Gakkai pour en faire un mouvement encore plus noble et merveilleux, une Soka Gakkai qui se dressera comme une base indestructible pour la paix mondiale, une Soka Gakkai victorieuse qui demeurera inébranlable face aux pires tempêtes de l’adversité. Mes jeunes amis du département de la jeunesse, je compte sur vous ! Toda affirma avec passion sa confiance en la jeunesse, qu’il chérissait par-dessus tout, pour poursuivre les principes et idéaux qu’il défendait. Il exhorta aussi les jeunes gens à se lancer des défis difficiles et à se consacrer activement à la noble mission de kosen rufu. Il déclara que la Soka Gakkai est une organisation bâtie par des personnes de valeur. Il ajouta que, de ce fait, nous devons constamment déployer toute notre énergie pour permettre aux personnes de valeur de se renforcer, trouver de nouveaux talents, et œuvrer pleinement à ce que la Soka Gakkai dispose d’une base solide de personnes de grande valeur. Il nous demanda aussi à nous, membres de la jeunesse, de conserver profondément ses paroles, en soulignant que c’est à nous qu’il confiait entièrement l’avenir et qu’il nous demandait de faire de notre mieux. J’ai gravé dans mon cœur tous les précieux encouragements et instructions de M. Toda, et je vous les transmets maintenant à vous, jeunes en qui j’ai une foi immense. […] Encouragements pour les départements des collégiens et des lycéens Encouragements parus dans le mensuel Mirai, la revue du département des collégiens et des lycéens au Japon, le 1er décembre 2024. C’est à vous, mes jeunes successeurs, que je transmets le relais En cette période de l’année, certains d’entre vous se sentent peut-être satisfaits par ce qu’ils ont accompli tandis que d’autres sont beaucoup plus ambivalents et ont l’impression de ne pas en avoir fait assez. Étudions les encouragements du président Ikeda pour prendre un vigoureux nouveau départ en cette nouvelle année ! Devenez un véritable vainqueur Certains d’entre vous éprouvent probablement de l’anxiété parce que vous avez le sentiment de ne pas progresser par rapport à vos points faibles ou vous manquez de confiance parce que vos résultats scolaires ne sont pas à la hauteur de ce que vous espériez. Face à ce type de soucis, le président Ikeda offrit les encouragements suivants. L’esprit de la jeunesse est indomptable. Même si vous trébuchez et tombez, l’important est de vous remettre sur pied sans vous laisser décourager. Le bouddhisme de Nichiren enseigne que nos problèmes constituent un tremplin pour atteindre l’illumination. Si vous vous fondez sur votre pratique bouddhique, tous les problèmes et difficultés que vous rencontrez deviendront « des trésors du cœur » (Les trois sortes de trésors, Écrits, 858). L’important est de ne pas renoncer dans les moments cruciaux. En affrontant directement les plus grands défis et en donnant le meilleur de vous-mêmes, vous gagnerez en confiance et ce sera pour vous une source de force durant toute votre vie. L’éminent historien britannique Arnold J. Toynbee, avec qui j’ai entrepris un dialogue il y a bien des années, m’a dit qu’il s’était fait beaucoup d’inquiétude dans sa jeunesse lorsqu’il devait passer un examen d’entrée dans une prestigieuse école publique. Ses parents lui conseillèrent de faire tout simplement le mieux possible et ils lui dirent que le monde ne s’écroulerait pas s’il ne parvenait pas à entrer dans cette école-là. Rassuré par leur conseil, il obtint finalement de bons résultats à son examen. Le véritable vainqueur est celui qui peut dire : « J’ai fait tout mon possible. » Nichiren écrit : « Ceux qui croient dans le Sûtra du Lotus vivent comme en hiver, mais l’hiver se transforme toujours en printemps. » (Écrits, 539) C’est parce que les arbres se flétrissent dans le froid glacial de l’hiver qu’ils font apparaître de magnifiques fleurs au doux parfum lorsque vient le printemps. Quelle que soit l’intensité du froid, ils font preuve d’endurance et de patience, en puisant lentement mais sûrement les nutriments dont ils ont besoin. Dans tous les domaines de la vie, les défis et les crises nous permettent de nous renforcer. Extrait de Dialogue pour le futur Un simple « merci » peut avoir un effet formidable À qui aimeriez-vous exprimer votre reconnaissance en cet instant précis ? Plus une personne est proche de vous et plus il peut paraître difficile de la remercier. Le président Ikeda parle du pouvoir du mot « merci » et de l’importance de faire preuve de reconnaissance envers nos parents. J’aimerais féliciter chacun d’entre vous pour vos grands efforts. Tous ces efforts et les défis que vous vous lancez avec un esprit passionné me comblent de joie. Tout au long de cette année, je suis sûr que nombreuses personnes, y compris les membres de votre famille et vos amis, vous ont soutenus en coulisses. N’oubliez pas de leur manifester votre reconnaissance et de les remercier sincèrement. Un simple « merci » peut avoir un effet formidable. Il peut nous donner de l’énergie et nous permettre de développer à l’infini nos liens avec les autres – et cela peut engendrer des résultats extraordinaires. C’est là une vérité qui se vérifie partout dans le monde. Nichiren déclare : « La dette de reconnaissance due à notre père et à notre mère est aussi vaste que l’océan. » (Sur la piété filiale ou son manquement, Écrits, 1044) Votre dette de reconnaissance envers vos parents et tous ceux qui vous ont aidés à vous développer est plus profonde que l’océan. Avoir le noble esprit de s’acquitter de notre dette à leur égard marque le commencement d’une vie remarquable. Faire preuve de bonté envers nos parents est le comportement le plus humaniste qui soit. Soyez forts et positifs et ne capitulez jamais durant votre jeunesse. Cela procurera de la joie à vos parents et à votre famille. Mes jeunes amis, même si vous êtes chaque jour confrontés à des défis semblables au vent cinglant de l’hiver, avancez courageusement vers un printemps riche d’espoir et remportez une victoire éclatante dans tous les combats que vous menez. Extrait de Déployez vos ailes vers l’avenir Journal de jeunesse 1949 MARDI 31 MAI Pluie fine. Il y a trop d’hypocrites dans ce monde. Les jeunes, en particulier, doivent chérir la vérité. Quiconque recherche la vérité tout au long de sa vie est une personne de valeur. Six mois se sont déjà écoulés depuis que j’ai commencé à travailler dans l’entreprise de M. Toda. Période houleuse et riche en événements. Le mieux à faire, c’est de me préparer à affronter les épreuves avec le sourire. Dois progresser vers l’aube, sans jamais flancher dans ma détermination, à l’image de mon mentor pour la vie – non, de mon mentor éternel. […] JEUDI 2 JUIN Ciel dégagé. Époque de la jeunesse, baignée de larmes. À travers les larmes, je sens monter une nouvelle force. À travers les larmes, je ressens une émotion ineffable jaillir du plus profond de mon cœur. Jeunesse, riche en poésie. Jeunesse, qui se vit avec passion et dans l’effort. Dans ces précieux moments de la jeunesse, je souhaite exprimer, à travers ma façon de vivre, le sommet de l’art. En littérature, en poésie, en musique. Je prie pour que l’élan de la jeunesse ne m’entraîne pas sur le mauvais chemin. Pour traverser les épreuves, accomplir sa mission dans la vie, se consacrer au noble dessein du salut de l’humanité – en définitive, il n’existe aucun autre moyen que de nourrir une foi absolue dans le Gohonzon. Je dois vivre avec, en permanence, la conscience de la mission suprême. Dois progresser vers l’aube glorieuse. Tous les hommes s’efforcent de briller, et je ne suis en rien différent. Les dirigeants de demain, en revanche, devront être armés de réelles qualités et compétences. Ne pas oublier l’esprit de nos ancêtres, de nos prédécesseurs. La marche du temps est implacable, jour après jour. Je veux être capable de suivre le rythme de cette marche – non, d’en prendre la tête ! Je chéris les enfants, ces nouveaux arrivants qui réaliseront les rêves de demain. Je chéris tous mes compatriotes. J’ai envie d’étreindre tout le monde, de serrer la main de chaque personne, à chaque instant et en tout lieu, mais les conventions sociales l’interdisent. J’aime toute la communauté humaine comme un amant passionné. Mais quand bien même je crierais mon amour de toutes mes forces, personne ne pourrait m’entendre. Peuples du monde ! Le temps est venu d’embrasser la religion authentique, d’adopter les enseignements de Nichiren. Je sonne la cloche d’or et brise le silence de l’aube. Je couvre la clameur braillarde des cloches de la morosité. VENDREDI 3 JUIN  Nuageux. Fraîcheur depuis le matin. Risque de pluie depuis l’après-midi, mais aucune goutte n’est tombée. Journées chargées, mais je me bats résolument pour accomplir les missions qui me sont confiées. Cela donne du sens à mon travail. Même lorsque c’est dur, je suis profondément heureux. Dois faire de la société de M. Toda un fleuron du Japon. Créer le meilleur magazine du pays. Je suis bouleversé par l’essor de la Soka Gakkai et les épreuves qu’elle rencontre. Dois convaincre mon père de commencer à pratiquer dès que possible. Je dois transformer le destin de ma famille au niveau le plus profond. Je sens, au fond de moi, que c’est ma mission. On n’accomplit rien dans la vie sans esprit de décision. Suis-je lâche ? Ou suis-je un jeune homme qui parviendra à réaliser une révolution religieuse ? Empreint du véritable esprit de la jeunesse, dresse-toi ! Empreint du véritable esprit de la jeunesse, prends l’initiative ! […] Ô expansion incommensurable d’un univers sans limites ! L’histoire se renouvelle sans cesse. Les êtres s’agitent dans la confusion comme s’ils étaient pris au piège dans une maison en feu. Des vies assiégées par les conflits à répétition. Le flux harmonieux du cosmos infini qu’aucune intelligence humaine ne peut appréhender. Vers où peut se porter le regard d’une jeunesse sensible pour trouver des réponses ? À la lecture du Gosho, je vibre de joie. Le bouddhisme expose clairement l’origine et le fondement de toute chose, et révèle la voie du bonheur authentique. […] SAMEDI 4 JUIN Ciel dégagé. Le progrès et la révolution suscitent toutes sortes d’oppositions. Ceux qui parviennent à les surmonter sont dignes d’être qualifiés de jeunes. À l’instar des graines qui résistent à l’hiver et surgissent de terre au printemps. Jeunesse ! Renonce aux illusions. La réalité est implacable. La jeunesse correspond au moment où il faut aller de l’avant, progresser, combattre la corruption. Un jeune est d’autant plus digne de respect qu’il avance avec sérieux vers un objectif. Mais n’oublie pas de sourire. Sois toujours joyeux. […] LUNDI 6 JUIN Nuageux. Épuisé, aussi bien mentalement que physiquement. Lourdes responsabilités chaque jour. Jeunesse au cœur de la tempête : profonde, solitaire, mystérieuse. Jeunesse, à l’image des rythmes exaltés de Beethoven. Jeunesse, débordant d’une poésie aussi prodigieusement passionnée que celle de Dante. Jeunes arbres courageux qui résistent à la tempête. Beauté mystérieuse des forêts illuminées par l’orage. Le même parfum ancien et familier de la terre, bien que le sol soit labouré encore et encore. Mouvement irrépressible d’une âme qui, même trempée par la pluie et battue par le vent, n’oublie pas la beauté profonde et intemporelle. Jeunesse dans la tempête ! Va de l’avant, sans jamais oublier le soleil ardent sur le point de se lever ! 13 JUIN Nuageux. […] Jeunesse, dresse-toi ! Va de l’avant ! Sinon il n’y aura pas de révolution humaine. Plonge au cœur du tourbillon de la réalité, et démène-toi. Ne crains rien. Garde à l’esprit ta grande mission. Acheté trois livres dans le quartier de Kanda : Pensées de Pascal, Le Livre de la passion, et un autre. Dépensé 120 yens en tout. Réunion de responsables aujourd’hui. La Soka Gakkai progresse avec tellement de détermination. Ne dois pas me retrouver à la traîne. Ma seule frustration, mon seul regret, c’est de ne pas pouvoir m’investir autant que je le souhaite dans les activités bouddhiques en raison de mon travail. Quelle joie cela doit être de consacrer sa vie à Nichiren ! Je dois transmettre la Loi. Je prends aussi du retard dans mes études. J’espère que je pourrai retourner aux cours du soir demain. Je suis absent depuis si longtemps que mes camarades doivent se demander ce qu’il m’est arrivé. […] VENDREDI 2 SEPTEMBRE  Typhon. Passage du typhon Kitty. Rues inondées de boue. Averses continues depuis le matin. Impression d’étouffer. Les personnes éveillées à leur mission doivent purifier leur vie jour après jour, bien plus que ceux qui les entourent. Ne sois jamais hypocrite. Ne sois jamais faible. Même une personnalité publique respectée ne devrait pas s’enorgueillir d’éloges mondains ou de distinctions officielles. Ceux qui sont à la recherche de tels honneurs sont plus à plaindre que des mendiants. Jeunesse ! Affronte tes difficultés sans faux-semblants et va de l’avant pour mener une existence noble, avec foi dans la justice, au service de ton pays et du bonheur de toute l’humanité ! Ne sois jamais vaincue par les pressions venues de l’extérieur. Chéris au plus profond de ton cœur tes espoirs et tes aspirations. L’histoire montrera à coup sûr la droiture de ceux qui brandissent le glaive de la justice. Nichiren observe tes efforts. N’aie donc peur de rien et ne sois jamais lâche. Avance avec courage et audace, car tu es jeune. Développe-toi sans relâche. Ne manque jamais de dépasser tes limites. Je dois sérieusement réfléchir sur moi-même, aujourd’hui encore. Suis-je en train de me mentir ? De commettre une erreur ? Suis-je, oui ou non, pourvu d’une véritable compassion ? Ma vie s’est écoulée jusqu’à présent comme un rêve ou une pièce de théâtre qui appartient déjà au passé. C’est l’instant présent qui importe. À partir de maintenant. L’avenir est ma scène, le terrain d’entraînement où je pourrai combler mes lacunes. […] DIMANCHE 4 SEPTEMBRE   Nuageux. Quelle est la tâche d’aujourd’hui ? Accomplir ma mission. Quelle est ma mission d’aujourd’hui ? Lutter au cœur de ma réalité présente. En quoi consiste cette lutte ? Il s’agit de progresser, jusqu’à atteindre mes limites. Quelle est la problématique de demain ? La journée de demain est-elle la prolongation de celle d’aujourd’hui, d’instant en instant ? Quelle que soit la lourdeur du présent, si l’on rêve à demain, l’espoir revient. En faisant tout notre possible aujourd’hui, l’avenir brille de mille feux et des flammes de joie jaillissent. La réalité est constituée par notre ressenti en cet instant présent, et cet instant se poursuit éternellement. Nous n’avons d’autre choix que de faire notre révolution humaine. Quelle est la question fondamentale posée par la vie ? C’est celle de la mort. Qu’est-ce que la mort ? Un nombre incalculable de saints et de sages sont apparus au cours des cinq mille ans de l’histoire de l’humanité, mais en est-il un seul qui soit parvenu à une réponse convaincante ? Quelqu’un est-il jamais revenu nous prouver sa théorie ? La Loi merveilleuse est la seule et unique voie permettant de répondre à la question fondamentale de la mort. Dois éclaircir et élucider cette question, et en apporter la preuve. […] 1950 LUNDI 15 MAI Ciel dégagé. […] Un esprit qui perçoit la vie comme étant aussi vaste que l’univers. Un cœur qui recherche la beauté éternelle. Une conviction inébranlable qui brille comme si elle était marquée au fer rouge. Je m’efforcerai d’acquérir tout cela. Au service de l’humanité et du monde entier. Pour chérir et guider le peuple. Que les gens se moquent, s’ils le veulent. Qu’ils enragent, s’ils le souhaitent. Leurs injures importent peu. Ce qui compte, c’est de poursuivre la véritable pratique du bouddhisme. Cela demande des efforts exceptionnels. Mais ces efforts conduisent infailliblement sur le noble chemin du bonheur. Nouvelle lutte acharnée aujourd’hui. Je ne dois pas être vaincu. Être faible revient à être malheureux. Vaincus, votre nom est misère. Lutte ! Gagne ! Sauve les faibles et les vaincus. N’est-ce pas là le sens de la justice d’un vainqueur ? […] SAMEDI 27 MAI Pluie. Ne me sens pas bien du tout. Il était 9h50 quand je suis arrivé au travail. Perdu le combat d’aujourd’hui dès le début. Mai a été un mois de luttes acharnées, aussi bien sur le plan personnel qu’au travail. Plus que quatre jours. Dois faire des efforts jusqu’au dernier instant. M. Toda semble traverser lui aussi de grandes difficultés. Je suis un homme, maintenant. Cela fait vingt ans déjà que j’ai entrepris le voyage de la vie. Cela doit être un moment de joie et d’espoir. Un temps pour brûler d’ardeur pour des idéaux. Va de l’avant. Avance et c’est tout. L’avenir jugera. Nichiren et M. Toda, ma merveilleuse mère et mes compagnons de croyance, gardez les yeux sur moi. Observez ce jeune homme, cet individu que je suis. Mes activités, ma conviction, mes idéaux, ma pratique. À partir de demain, écrire plus lisiblement. Réunion de discussion chez M. Kodaira. Chez moi à minuit. Au lit à 1h00. DIMANCHE 28 MAI Nuageux avec pluie. Levé à 8h30. Suis allé au temple Kankiryo. Forcé de réfléchir plus profondément à l’attitude de celui qui étudie le bouddhisme. Je suis un disciple du véritable Bouddha ; je partage un lien avec Nichiren. Ne dois jamais flancher. Ai réfléchi à la mission profonde de celui qui embrasse les enseignements suprêmes du bouddhisme et qui s’efforce d’œuvrer pour kosen rufu. Cela m’a forcé à méditer sur ma foi. Fais surgir le grand vœu. Avance avec le sourire face à l’adversité pour accomplir ta noble mission. Je suis jeune. J’avancerai avec courage, débordant de joie. Regarde-moi, Gohonzon, je suis un jeune du futur, convaincu que kosen rufu se concrétisera. LUNDI 29 MAI Ciel dégagé. […] Jeunesse, quel mot prometteur ! Je tiendrai ma promesse et vivrai ma propre jeunesse d’une manière utile et significative. Quelle est ma mission ? Faire tout mon possible pour devenir capable d’accomplir kosenrufu. J’apporterai peut-être ma contribution en tant qu’homme de lettres, homme d’État influent ou homme d’affaires prospère. N’importe lequel de ces rôles me convient. Ce qui compte, c’est d’agir, de relever les défis d’aujourd’hui et d’avancer jusqu’aux limites de l’énergie de ma jeunesse. Que les gens me critiquent, s’ils le souhaitent. Qu’ils se moquent, s’ils le veulent. Qu’importe ! Seul Nichiren me voit tel que je suis. Ne meurs pas pour des valeurs insignifiantes. Vis pour ce qui est grand ! Pour les gens. Pour le monde. Pour la Loi. […] DIMANCHE 4 JUIN Pluie. […] La souffrance est le compagnon permanent de la jeunesse. Mais traverser ces difficultés et ces souffrances, et continuer d’aller de l’avant – c’est cela la révolution. LUNDI 5 JUIN Ciel dégagé. « Au Japon, tout le monde sans exception, depuis le souverain jusqu’aux gens ordinaires, a tenté de me nuire, mais j’ai survécu jusqu’à ce jour. Vous devez réaliser que c’est dû au fait que, bien que je sois seul, j’ai une foi résolue. » (La suprématie de la Loi, Écrits, 619) La pression s’accumule au bureau. Est-ce parce que je manque d’expérience ? Chaque jour, une lutte acharnée. Les jeunes doivent se battre, de toutes leurs forces. Ils sont nobles et beaux. Des yeux las se lèvent. Là, l’espoir s’éveille et l’avenir voit le jour. Là, la musique des cieux résonne. Combats, au nom de la justice ! Lutte, pour le plus grand bien ! Pour l’instant, les yeux du peuple sont fermés. Mais un jour, ils finiront par s’ouvrir. Non. C’est à moi de les ouvrir. Organisé une réunion de discussion ici, dans ma petite chambre. K. était présent. Peu de monde. Un sentiment de vide, mais ces efforts font tous partie de notre pratique. […] Le moment est enfin venu pour la jeunesse d’apparaître. Poètes ! Réformateurs ! Jeunesse de la révolution religieuse ! Vendredi 9 juin. Pluie faible. Réunion de discussion chez K. Chez moi à 23h30. La pluie d’été tombe sans discontinuer. Quelle autre religion fondée sur la compassion suprême pourrait-elle sauver les gens empêtrés dans la misère ? La société et la politique sont tellement irrationnelles. Une vie s’écoule comme un rêve. Cinquante ans défilent et s’évanouissent. Me donner corps et âme en tant qu’envoyé du Bouddha – en tant que véritable disciple du Bouddha –, telle est ma plus grande fierté. SAMEDI 10 JUIN Pluie. « Même si l’on pouvait prendre la terre pour cible et la rater, même si l’on pouvait réussir à attacher le ciel, même si le mouvement de flux et de reflux des marées pouvait cesser et le soleil se lever à l’ouest, jamais les prières du pratiquant du Sûtra du Lotus ne resteraient sans réponse. » (Sur la prière, Écrits, 349) Plus fatigué que jamais. Ma santé va de mal en pis. Ce soir, ma famille a organisé une cérémonie funéraire, chez elle, pour mon frère aîné. Plus de cinq ans déjà qu’il a été tué à la guerre. Quelle tragédie de mourir célibataire à vingt-neuf ans ! Lui enverrai mes prières les plus sincères depuis ma chambre. Acheté Goethe et Schiller, et les Œuvres complètes de Chogyu Takayama [un auteur contemporain] à Kanda. De tous les milliards d’années passées et dans les centaines de milliards d’années à venir, que de personnes réunies à un moment donné en tant que maître et disciple, en tant que parent et enfant ! Cette pensée est vertigineuse. DIMANCHE 11 JUIN Pluie. Perds du poids. Je le constate moi-même. Jamais je ne céderai face au démon de la maladie. Une vie saine, un visage respirant la santé et la joie – j’y parviendrai grâce à la foi. Impatient de me voir quand j’aurai vaincu ma propre faiblesse. Ce matin, suis allé au temple Kankiryo, à Nakano. Me suis arrêté chez S. avec des amis sur le chemin du retour. La pluie tombe sans cesse. Dois prendre soin de ma santé. Gohonzon, c’est tout ce que je demande. Laisse-moi recouvrer la santé ! […] MERCREDI 2 AOÛT Pluie légère. Parlé avec M. Toda pendant environ une heure. Il semble traverser de terribles difficultés. C’est aussi une souffrance continue pour moi. Il place beaucoup d’espoir dans ses projets à venir. Quel dommage que les choses ne se soient pas déroulées comme il le souhaitait. Je continuerai à me battre en faisant preuve de toutes les capacités et de la force de caractère dont je suis capable. JEUDI 3 AOÛT Pluie. La société est dure. Je suis pleinement conscient de l’importance de la confiance. Me suis bien battu aujourd’hui. Une lutte acharnée marquée par l’angoisse, les efforts et la pluie. J’ai pour mission de protéger M. Toda, toute ma vie. Je n’ai aucun lien avec les autres responsables de département. Cela m’attriste que M. Toda ne puisse pas immédiatement percevoir ce que je suis en train d’essayer de réaliser. Je ne l’ai jamais vu me regarder avec autant de mécontentement qu’aujourd’hui. Suis vraiment malheureux. Tout ce que je peux faire, c’est me consacrer avec loyauté à mon travail. Je ne suis qu’un simple employé. M. Toda attend plus de moi que des directeurs généraux. Suis maintenant dans une position délicate. Toda, quoi qu’il arrive, je me battrai jusqu’au bout. S’il vous plaît, attendez encore un peu. S’il vous plaît, ne vous méprenez pas sur mon compte – vous verrez. Je saisirai le gouvernail du puissant navire et le dirigerai en toute sécurité au-dessus des vagues déchaînées. Je mettrai les voiles avec enthousiasme. Observez-moi ! Beaucoup de gens admirent les fleurs, mais peu en comprennent vraiment la beauté. JEUDI 10 AOÛT Pluie. Un mois de luttes amères. Où réside la cause d’un tel tourment ? Je crois que peu de journées, dans ma vie, auront été aussi douloureuses que celle d’aujourd’hui. Je suis malade. Les affaires s’effondrent. Nous sommes au bord de la faillite. Les gens commencent à perdre confiance en notre entreprise. Toda est dans une situation épouvantable. Je me bats avec une volonté indéfectible mais rien ne marche comme je le souhaite. Affligé par les plaintes de mes collègues. N’aie pas peur, même cerné par les obstacles, Toi, un bodhisattva surgi de la Terre. Le jeune homme qui a prêté serment devant le Bouddha Se dresse pour mener à bien sa lourde mission. Vagues puissantes qui se cabrent dans les cieux, Libérez votre fureur. Mesurez votre force à la mienne ! […] MARDI 12 SEPTEMBRE    Nuageux. Chaque jour, une occasion de faire sa révolution humaine. Chaque jour doit être le moment d’avancer. Toda m’a encouragé sérieusement au sujet de ma santé. Il a prié pour moi au centre bouddhique, devant le Gohonzon. Il a été sévère concernant mon manque de force vitale. J’ai été frappé par son sérieux. J’étais à la fois ému, effrayé, impressionné. Retourné à la gare d’Omori avec K. Chez moi à 23h00. Je devrais bien dormir à partir de ce soir. SAMEDI 16 SEPTEMBRE Temps beau et clair. Une journée chaude. Participé à une réunion de discussion chez M. Toda et l’ai écouté parler de philosophie. Tout le monde était enthousiasmé. Toda n’est toujours que le directeur général de la Soka Gakkai. Je me demande pourquoi il n’assume pas la présidence. T. est venu me voir. Nous avons parlé pendant près d’une heure de la foi et de notre entreprise. C’est quelqu’un de bien. Au lit à 00h30. Réalité et idéaux. Idéaux et réalité. Celui qui évite la réalité est un lâche. Celui qui n’a pas d’idéal est semblable à un cadavre vivant. […] SAMEDI 23 SEPTEMBRE Temps clair. Une journée fraîche. Retour à la maison à minuit. Ma santé s’améliore. Certains jours, j’arrive à travailler avec un bon état de vie. D’autres fois, je dois lutter malgré la souffrance. Mais parce que je combats sérieusement, je n’aurai absolument aucun regret, même si je devais m’effondrer ou même si personne ne remarquait mes efforts. Seul le Gohonzon nous permet de tout résoudre. Tout ce que j’ai à faire, c’est réfléchir sur ma foi et voir si je commets des offenses à la Loi. Réunion de discussion chez K. Ai composé un poème : Sur la plaine désolée Je resterai seul, déterminé, Tenant haut la lanterne, comme l’enfant d’un grand précurseur. Ne néglige pas l’introspection. N’oublie pas d’avancer étape par étape. Ne te laisse pas influencer par l’extérieur. Sois inflexible dans ta foi. […] MERCREDI 4 OCTOBRE Pluie. […] L’éveil personnel est ce qui importe le plus. Les personnes qui dépendent des circonstances et qui ne s’éveillent pas par elles-mêmes seront submergées par les tempêtes de la vie. Ne peut-on pas dire que l’éveil personnel constitue le fondement de la philosophie ? Dans la société, il y a ceux qui gagnent et ceux qui perdent. La chance et la malchance ne peuvent se prévoir. Et même si nous gagnons, notre joie ne durera pas indéfiniment. Une personne qui s’éveille, en revanche, même si elle est momentanément vaincue, peut continuer à construire un avenir plus vaste, plus large, plus profond et plus grand. Tant que nous ne sommes pas vaincus au niveau fondamental, nous devons continuer d’avancer pas à pas, confiants dans notre victoire finale. Ceux qui ont goûté à la défaite apprécient véritablement la joie de la victoire. En fin de compte, l’arrogance dans la victoire et la tristesse dans la défaite sont toutes deux risibles. À quoi aspirons-nous, quelle est l’ampleur de notre éveil intérieur ? Voilà ce qui importe. Cet éveil personnel n’est possible que par la foi. […] LUNDI 9 OCTOBRE  Nuageux. Lourdes responsabilités au quotidien. Suis épuisé physiquement. Mais quand je pense aux souffrances auxquelles M. Toda est confronté dans son engagement pour la noble cause, je ne peux pas me plaindre. Quel mauvais disciple est celui qui cherche à vivre plus confortablement que son maître. Jeunesse ! Découvre les houles majestueuses du Pacifique. Découvre la passion ardente du soleil. Découvre la solennité de la montagne. Découvre le rouge gracieux des érables en automne. Jeunesse ! Vis sans oublier. Avance en portant tout cela dans ton cœur. Jeunesse ! Sois courageuse dans la bataille d’aujourd’hui. Célèbre l’idéal de demain. Oublie les rêves du passé. Dresse-toi, pour les rêves de l’avenir ! Jeunesse ! Avance, avance, En avant, éternellement. Au lit à 1h00. MERCREDI 11 OCTOBRE Pluie. Nuit calme d’automne. Une légère pluie est tombée. En fin de compte, la vie est une lutte avec soi-même. C’est aussi un combat contre des forces extérieures. Rien n’est plus pitoyable dans la vie que d’être vaincu. Les efforts et la sagesse distinguent-ils les vainqueurs des vaincus ? Ou est-ce la chance ou quelque chose qui s’apparente au destin ? Même après une défaite importante, nous devons absolument recommencer à lutter, en utilisant cette expérience. La manière dont nous affrontons les dures réalités de la vie, en mobilisant tout notre être et toutes nos expériences, la profondeur de notre réflexion sur nous-mêmes et sur la société dans cette lutte, ainsi que la noblesse des objectifs que nous chérissons – voilà ce qui crée des valeurs dans la vie, ce dont les jeunes devraient être reconnaissants. Détermination Courage Sincérité Ces trois éléments sont fondamentaux. Je n’ai même plus une seule chaussette sans trou. Je vais devoir en repriser une paire pour demain. Crois en toi, en ta conviction et en ton sens des responsabilités. […] Le travail est important, mais il ne faut pas négliger l’étude régulière du Gosho. Je dois agir, de tout mon cœur. Avance, fais retentir l’appel, lutte ! Je suis jeune, je suis jeune. Si je ne lutte pas maintenant, quand vivrai-je à nouveau mes défis de jeunesse ? Au lit à 00h30. JEUDI 19 OCTOBRE Temps beau et clair. […] Peu de gens sur qui compter au moment crucial. La plupart se révèlent égoïstes. Quelle joie immense, en revanche, que d’avoir rencontré la Loi merveilleuse et un maître qui observe mes actions. Apathique toute la journée. Demain, dois poursuivre mon développement. Je ne vais compter sur aucun de mes collègues mais déployer mes propres capacités, et faire de mon mieux. Celui qui est fort lorsqu’il est seul est un véritable héros. Penser à une stratégie pour développer la société O. Accélérer la liquidation de la T. Credit Union. Établir une assise financière dès que possible pour queM. Toda puisse agir librement. SAMEDI 21 OCTOBRE Pluie légère. L’Histoire ne s’arrête jamais. Elle se forme continuellement, jour après jour et année après année. Les milliers d’années qui se sont écoulées définissent désormais le présent – non, elles marquent plutôt le premier pas vers les cinq mille prochaines années. C’est là une grande vérité. M. Josei Toda m’a parlé et m’a confié en détail diverses questions pour l’avenir. Sa détermination résonne dans mon cœur. Toi qui pleures, toi qui te réjouis ! Humanité, l’heure est venue ! N’oublie pas le formidable écho de la cloche annonçant le siècle nouveau. DIMANCHE 22 OCTOBRE   Pluie légère. Au temple Kankiryo à Nakano pour la première fois en deux mois. T. m’a accompagné. Une amitié qui se fonde sur la Loi est noble. Les amis sont vraiment précieux. Mon esprit a fonctionné au ralenti toute la journée. Est-ce par manque de foi ? Trois années se sont écoulées depuis que j’ai commencé à pratiquer. Je vais faire de ce moment un point de départ vers la prochaine étape. Il faut que je renouvelle mon éveil dans la foi. Je dois réciter Daimoku pour lever le rideau sur la prochaine étape. Je vais tout faire pour surmonter mes faiblesses. Participé à une réunion de discussion chez M. à mon retour du temple. Chez moi à 23h30. N’oublie pas l’esprit de la pratique persévérante. Chéris la vérité. Vis de la manière qui te semble juste. Au lit à 1h00. JEUDI 26 OCTOBRE  Nuageux. Levé à 6h30. Lu les Essais de Francis Bacon. Ils sont chargés de sens. Suis allé chez I. à Ito, en tant que représentant de M. Toda. Ma mission n’y est pas terminée. On se sent plus heureux lorsque notre mission est accomplie et que nos rêves sont réalisés. Ces derniers temps, extrêmement fatigué mentalement. Chez moi peu avant minuit. VENDREDI 27 OCTOBRE. Temps beau et clair. […] Les difficultés personnelles et familiales sont cause de souffrances. Elles constituent les problèmes les plus urgents et les plus importants. La politique, la science, les institutions, l’éducation, etc. s’efforcent de répondre à certaines problématiques, mais elles restent sans réponse face aux difficultés personnelles et familiales qui nous affectent directement. La seule réponse fondamentale réside dans une foi correcte. Peu nombreux sont ceux qui adoptent la véritable Loi. Peut-être, comme le dit le Sûtra, est-ce parce que les gens se contentent de petits plaisirs et, se laissant emporter par eux, ne recherchent pas le bonheur suprême ? […] LUNDI 30 OCTOBRE Pluie. […] Jeunesse. La jeunesse a beaucoup de rêves. Des rêves effrayants. Des rêves magnifiques. Des rêves empreints de désirs et d’aspiration. Des rêves de défis et d’épreuves. Jeunesse influençable. Mes rêves s’élargissent chaque jour ; la souffrance comme la joie ont un sens. Rêves de la jeunesse, en quête d’arcs-en-ciel. Nous devons poursuivre nos rêves en faisant tourner la roue de l’effort, du progrès, de la persévérance et de l’espoir. Il nous faut faire preuve de courage pour affronter et triompher de la corruption et de l’hypocrisie de la société. Notre voie s’ouvrira alors un peu plus, et nos esprits seront libérés de tous regrets.

Podcast "Sème la joie"