Janvier 2025

Thème

Citations

Jour après jour, mois après mois

Le temps est venu pour les membres du département des hommes de montrer leur courage en tant que solides piliers dans leur environnement. Le temps est maintenant venu de se dresser ! Le temps est maintenant venu de prendre l’initiative ! (Série d’essais « La voie éclatante de la victoire ») *** Fondons-nous sur une prière forte imprégnée par le vœu puissant de réaliser kosen rufu dans notre environnement immédiat ! (Série d’essais « La voie éclatante de la victoire ») *** Dialoguer et partager les uns avec les autres sur un plan d’égalité en tant qu’êtres humains et forger des liens d’amitié contribuent à établir les fondations de la paix. Les dialogues de personne à personne nous permettent de briser les barrières. (Discours prononcé à la conférence des responsables au Kansai, novembre 2007) *** N’abandonnez jamais ! Ne soyez jamais vaincus ! Remportez la lutte contre vous-même. Celles et ceux qui possèdent cet esprit se créent une vie riche en réalisations éclatantes. (Extrait d’une compilation d’essais Haha no uta [Ode aux mères]) *** « On dit que le roi-lion avance de trois pas, puis se prépare à bondir. » (Réponse à Kyo’o, Écrits, 415) Lançons-nous de tout cœur dans chaque épreuve et travaillons de toutes nos forces pour réussir. De grandes victoires sont le résultat de ces efforts sincères et réguliers. (Discours prononcé à la conférence des représentants des départements, juillet 2003) *** Nichiren écrit : « Cent années de pratique dans la Terre du Bonheur-Suprême ne peuvent se comparer au bienfait obtenu par un jour de pratique dans ce monde impur. » (Sur l’acquittement des dettes de reconnaissance, Écrits, 742) Lutter avec courage et persévérance quand le moment l’exige apporte des bienfaits éternels. (Discours à la réunion des responsables du siège, juin 2004) *** Aider des personnes de tous horizons à créer un lien avec le bouddhisme de Nichiren, même dans une situation éprouvante ou hostile, est l’incarnation de l’esprit de bienveillance. Tel est l’esprit avec lequel nous conduisons nos dialogues en tant que pratiquants du mouvement Soka. (Série d’essais d’étude, « Passages clés du Recueil des enseignements oraux » *** Nul besoin d’être formel ou d’avoir un statut quelconque pour toucher le cœur des autres. L’important est d’insuffler espoir et inspiration. Comme Nichiren le dit : « C’est par la voix que s’accomplit l’œuvre du Bouddha. » (OTT, 4) (Discours prononcé au séminaire des représentants des quatre départements, août 2007) *** Quand vous êtes dos au mur, consacrez encore plus d’énergie à la prière et à l’action. Cela vous permettra de développer un vaste état de vie, tout en continuant à aller de l’avant. (Série d’étude « Le monde des écrits de Nichiren ») *** Un ancien dicton japonais dit : « Un est la mère de dix mille » (cf. Conversation entre un sage et un ignorant, Écrits, 132). Tout dépend de nous. Notre prière, notre sagesse, notre esprit de défi et nos actions créent la dynamique de kosen rufu, comme une seule vague en soulève d’innombrables autres. (Série d’essais « La citadelle éternelle de Soka ») *** Quand nous avançons vers un objectif, les obstacles ne manquent pas d’apparaître sur notre chemin, et c’est précisément le moment de vérité où commence la lutte contre notre faiblesse intérieure. Si nous dominons notre tendance à abandonner ou à faire des compromis et continuons à avancer, la situation changera dans un sens positif. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 30, part. 1, p. 260) *** Le pouvoir de la Loi merveilleuse est illimité. Avançons courageusement pour atteindre chacun de nos objectifs, avec la détermination de continuer à aller de l’avant, pas à pas. (Discours prononcé à la conférence des responsables de la zone Tokyo-2, novembre 2005) *** « Les disciples de Nichiren sont comme des lions qui rugissent. » (Sur les persécutions subies par le Sage, Écrits, 1008) Faisons entendre avec force le courageux rugissement d’un lion en faveur de la vérité et de la justice, afin d’activer les fonctions protectrices de l’univers ! (Message adressé à la réunion des responsables du siège de la Soka Gakkai, janvier 2023) *** Ouvrir la voie de l’espoir sans crainte ni hésitation, quelle que soit la situation – tel est le défi à relever pour créer des valeurs dans l’esprit du mouvement Soka. (Message pour la cérémonie de remise de diplômes de l’université Soka et de la Faculté des femmes Soka, mars 2014) *** Kosen rufu est une lutte sans concession entre les forces du Bouddha et les forces démoniaques. Nous devons garantir la victoire du bien. Créons une terre de la paix et du bonheur où résonne le chant triomphant des personnes ordinaires. (Série d’encouragements « La grande voie de la victoire de la jeunesse ») *** Continuez à prier et à agir sur la voie de la relation de maître et disciple, la voie de l’unité, et la voie du dialogue jusqu’au tout dernier instant. Telle est la voie de la victoire durable. (Discours prononcé à la réunion des responsables du siège, juillet 2009) *** Poursuivons notre voyage plein d’espoir sur la voie de la non-dualité du maître et du disciple, incarnant l’inséparabilité de la vie et de la mort, vers l’établissement d’une ère de paix à laquelle l’humanité aspire ! Luttons toujours ensemble ! Éternellement ensemble ! (Série d’étude « Une religion de la révolution humaine ») *** Les graines que nous semons donneront à coup sûr des fleurs magnifiques. Avec cette conviction, cultivons patiemment les graines de la Loi merveilleuse, les graines du bonheur et de la paix, que nous semons dans le cœur des autres. (Discours prononcé à la conférence des responsables de la zone n° 2 de Tokyo, février 2004 *** Ne perdez jamais votre profonde détermination à œuvrer pour kosen rufu. Prenez soin de vous et faites de votre santé une priorité. (Discours pour la session d’entraînement conjointe des régions du Kansai, Kyushu, Chugoku et Shikoku, août 2006) *** Je souhaite que vous chérissiez le rythme merveilleux qui imprègne toute vie et preniez ensemble un nouveau départ avec une détermination renouvelée. Là se trouve la clé pour un développement illimité et plein d’espoir. (Discours prononcé à la cérémonie de remise de diplômes des écoles Soka, mars 2018) *** « On peut connaître l’esprit d’un autre en écoutant sa voix. » (Ouvrir les yeux des représentations sculptées ou peintes [du Bouddha], Écrits, 87) Les mots venus du cœur touchent les autres. Quand nous nous tournons sincèrement vers nos amis pour dialoguer avec eux, nous illuminons également notre propre cœur. (Série d’encouragements « La grande voie de la victoire des jeunes ») *** La progression dynamique et courageuse des pratiquants du département des jeunes hommes changera le cours de l’Histoire. Le temps est maintenant venu de montrer joyeusement le magnifique principe selon lequel les « bodhisattvas surgissent de Terre » pour créer un monde en paix. (Message pour la réunion nationale des responsables du département des jeunes hommes, octobre 2022) *** Notre époque a besoin d’une philosophie saine. Devenez des personnes dotées d’une grande sagesse qui rayonneront de bonheur, remporteront la victoire et illumineront le cœur de leurs amis grâce aux enseignements pleins d’espoir du bouddhisme de Nichiren. (Série d’encouragements « Les enseignements humanistes pour la victoire ») *** Je veux que le mouvement Soka soit un lieu de revitalisation pour chacun – qui apporte un sentiment de bien-être, insuffle une nouvelle soif de vivre et élève l’esprit. (Discours prononcé à la réunion des responsables du siège, novembre 1993) *** Apprécier les autres et faire preuve de courtoisie et de bon sens sont des qualités essentielles pour les pratiquants du bouddhisme de Nichiren. C’est grâce à cela que le soutien et la compréhension à l’égard de notre mouvement vont se développer. (La Révolution humaine, vol. 12, chap. « Déclaration », traduction provisoire) *** En tant que personnes sages qui mettent en pratique la foi dans la vie quotidienne, faisons de notre mieux jour après jour pour rester en sécurité et éviter tout accident. En priant avec vigueur matin et soir, déployons des efforts en ce sens – par exemple en procédant régulièrement à des vérifications de sécurité et en nous encourageant mutuellement à prendre soin de nous. (Série d’encouragements « Graver les écrits de Nichiren dans notre cœur ») *** Notre bonheur dépend de nous – de notre cœur et de notre esprit. Quand nous faisons surgir une grande force intérieure, notre vision d’ensemble change. La force est la clé du bonheur. (Discours prononcé à la conférence des départements des jeunes femmes et des femmes, février 2006) *** Dans notre mouvement de kosen rufu, tout dépend des personnes de valeur. Nous devrions trouver, soutenir et réunir de nouvelles personnes talentueuses. Ceux qui réussissent dans cette entreprise sont eux-mêmes des personnes qui ont développé des capacités remarquables. (Discours prononcé à la réunion des responsables du siège, juillet 1997) *** Réciter Nam-myoho-renge-kyo avec conviction, faire surgir une puissante force vitale et s’engager dans les activités de la Soka Gakkai pour le bien de kosen rufu – telles sont les clés pour goûter une santé authentique. (Discours prononcé à la conférence des représentants des départements, juillet 2005) *** Notre environnement est la « véritable terre 1 ». Accorder la plus grande importance à l’endroit où nous vivons est le cœur de kosen rufu et de notre pratique bouddhique. (Discours prononcé à la conférence des représentants nationaux, novembre 1996) *** Prions et faisons de notre mieux pour faire en sorte que nos réunions de discussion soient les plus agréables du monde ! Diffusons la lumière de la révolution humaine auprès de tous ceux qui nous entourent ! (Éditorial du Daibyakurenge, septembre 2018) *** L’éducation est l’œuvre de personnes inspirantes, qui éveillent en elles la disposition à créer le bonheur par elles-mêmes. La source de cette inspiration est l’engagement passionné de celles et ceux qui se soucient profondément des intérêts des enfants. (Série d’essais « Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine ») *** L’esprit fondateur de la Soka Gakkai est l’esprit de maître et disciple. Suivons éternellement la grande voie de la non-dualité du maître et du disciple. C’est la voie ultime de la vie humaine. (Série d’encouragements « Sur notre voyage commun de kosen rufu) *** La lumière qui illuminera l’avenir réside dans notre cœur. Chacun de nous est un acteur du kosen rufu mondial. Prenons un nouveau départ plein de vitalité pour notre voyage et notre lutte commune visant à réaliser kosen rufu. (Série d’essais « Le bouddhisme du soleil ») *** Même quand une personne tombe malade ou souffre de handicaps sur le plan physique, tant que son esprit demeure invaincu, elle sera victorieuse. Remporter la victoire dans son cœur équivaut à la véritable victoire dans la vie. (Dialogue sur les mères et les enfants au XXIe siècle) *** C’est précisément quand vous êtes confrontés à des épreuves ou des défis qu’il convient de lire les écrits de Nichiren. Cette attitude clarifiera votre vision de la situation. La lumière de l’espoir dissipera l’obscurité et l’éclatant soleil du courage se lèvera dans votre cœur. (Série d’essais « La voie éclatante de la victoire ») *** Une des principales forces motrices de la Soka Gakkai, qui lui permet de réaliser de grandes avancées en tant que religion universelle est l’esprit consistant à se dresser par soi-même. La présence de personnes courageuses qui prennent des initiatives en vue d’accomplir leur mission pour kosen rufu soulèvera de nouvelles vagues de changement. (Série d’essais « Le chant de la victoire humaine ») *** Devenir une personne capable d’entourer chaleureusement les autres dans son environnement, c’est montrer la preuve factuelle de la foi. Kosen rufu consiste à gagner la confiance des personnes de votre entourage afin qu’elles puissent vous dire : « Ceux qui pratiquent le bouddhisme de Nichiren sont tout à fait admirables. » (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 27, chap. « Justice », traduction provisoire)

Réflexions sur la NRH

Le dialogue est la voie suprême de l’humanité

Mon dialogue avec le professeur Arnold J. Toynbee (1888-1975), un des plus grands historiens du XXe siècle, débuta et s’acheva durant un mois de mai. Notre échange dura au total dix jours, répartis entre les deux visites que j’ai faites à Londres, chacune en mai. La première session commença le 5 mai 1972 et la dernière eut lieu le 19 mai de l’année suivante. Comme le dit une ancienne comptine anglaise, « Les vents de mars et les averses d’avril font s’épanouir les fleurs de mai. » Tournant le dos aux longues soirées froides d’hiver, Londres est d’une beauté éclatante au mois de mai. C’est la saison des fleurs. Le Pr Toynbee et son épouse choisirent tout spécialement ce moment de l’année pour nous inviter, mon épouse et moi. Je me souviens avec émotion m’être promené dans Holland Park avec le Pr Toynbee, en lui proposant de s’appuyer sur mon bras. Récemment, un groupe d’amis très chers de l’arrondissement d’Ota, à Tokyo, où j’ai grandi, m’ont offert une statue en bronze grandeur nature représentant ma rencontre avec le Pr Toynbee. Ce chef-d’œuvre, réalisé par le vice-responsable du département des artistes de la Soka Gakkai, Shunichi Takao, illustre avec éclat la noble allure du grand historien. Cette statue est précise et subtile, et l’auteur alla même jusqu’à représenter le professeur avec son pantalon un peu trop court. Je me souviens que ce grand érudit m’a dit un jour avec un sourire radieux qu’il préférait garder ses vieux habits et dépenser son argent pour s’acheter des livres. La statue montre le Pr Toynbee tendant sa main vers moi, comme s’il était sur le point de me remettre quelque chose. Le dernier jour de notre dialogue, le professeur, alors âgé de 84 ans, me regarda avec douceur, moi qui n’avais que 45 ans à l’époque, et me fit part de son souhait de me voir consacrer le reste de ma vie, qui s’annonçait encore longue, à engager des dialogues avec des penseurs de premier plan parce que l’avenir de l’humanité est dans le dialogue. Trente ans se sont écoulés depuis. J’ai répondu au vœu du Pr Toynbee en engageant plus de 1 500 dialogues au cours de ces trois dernières décennies. Quand je circule en voiture dans l’arrondissement où se trouve le siège de la Soka Gakkai, je traverse souvent les quartiers d’Aoyama, Sendagaya, Yoyogi et Shibuya [au centre de Tokyo]. J’ai mené des dialogues d’une grande portée avec des centaines ­d’invités de marque du monde entier au Hall international de l’amitié, à Sendagaya, ainsi que dans la Maison internationale de l’amitié Soka, à Shibuya. Il y eut notamment Henry Kissinger, Bryan Wilson, Aurelio Peccei, René Huyghe, Anatoli Logounov, Josef Derbolav, Chandra Wickramasinghe, Chang Shuhong, et Hazel Henderson, pour n’en citer que quelques-uns. Parler avec ces personnalités de philosophie, de paix, de culture et d’éducation, et travailler avec elles à la publication de nos échanges comptent parmi mes souvenirs les plus marquants. Le dialogue est pour moi une source d’inspiration majeure et l’essence même de ma vie. À ce jour [en 2003], trente-trois de mes dialogues avec des dirigeants et intellectuels de différents pays et traditions culturelles ont été publiés, et de nombreux autres sont prévus. Je suis actuellement engagé dans un nouveau dialogue avec l’économiste américain de renommée internationale, John Kenneth Galbraith, aujourd’hui âgé de 94 ans. Notre première rencontre remontait à l’automne 1978. Nous avions échangé pendant deux heures au siège du journal Seikyo, dans le quartier de Shinanomachi, à Tokyo. J’ai accueilli cet économiste et son épouse, Kitty, dans le hall d’entrée. Après lui avoir serré la main, j’ai fait un geste pour souligner combien sa grande taille m’impressionnait. Cette touche d’humour le fit sourire et il dit en plaisantant que, contrairement à ce que sa taille pouvait suggérer, il n’avait rien d’exceptionnel. En fait, il venait de publier un livre intitulé Le Temps des incertitudes, qui avait été un best-seller à l’époque, et je lui répondis alors : « Une personne de grande taille a une bonne vision de ce qui l’entoure tandis que les personnes de petite taille distinguent mieux le sol. En alliant ces deux perspectives, nous finirons bien par faire apparaître quelques “certitudes” ! » Ce sont nos différences qui nous permettent de créer de nouvelles valeurs et de faire de nouvelles découvertes à travers le dialogue. Le Pr Galbraith et moi n’étions pas d’accord sur tous les points abordés, mais il a déclaré garder un très bon souvenir de notre échange. Le Pr Galbraith eut l’amabilité de nous inviter, mon épouse et moi, dans sa maison de la banlieue de Boston [en septembre 1993]. Ce jour-là, il m’a dit que la vie l’avait amené à comprendre que rien n’est plus absurde ni plus cruel que la guerre, et que c’était la raison pour laquelle il éprouvait tant d’estime pour mon engagement à créer la paix par le dialogue. Je n’oublierai jamais ces paroles. Cet éminent professeur de Harvard me fit également l’honneur de commenter ma deuxième conférence dans cette université [en septembre 1993]. Ralph Waldo Emerson (1803-1882), un ancien étudiant de Harvard dont on va célébrer le bicentenaire de la naissance le 25 mai de cette année [2003] définit la conversation entre amis comme « la véritable école de la philosophie ». Le dialogue agit tel un miroir : il permet aussi bien de voir les autres que nous-même. En cela, il brise la coquille de l’ego et élargit notre état de vie. Le moine Ryokan chercha à nuire à Nichiren par pure jalousie. En raison de sa lâcheté, il refusait tout dialogue. Plutôt que ­d’affronter directement Nichiren, il s’esquiva en répandant de fausses accusations qui conduisirent en définitive à son arrestation. Quand Nichiren fut exilé sur l’île de Sado, Ryokan prétendit souhaiter avoir aussitôt que possible un débat avec lui sur les enseignements bouddhiques mais, dès le retour de Nichiren à Kamakura, Ryokan s’enferma chez lui, feignant la maladie, et fit tout son possible pour éviter tout débat. Nikken et les moines qui lui sont attachés ont écarté eux aussi toute possibilité de dialogue et choisirent d’attaquer et de persécuter la Soka Gakkai. Ils n’étaient de toute évidence en rien différents de Ryokan. Dans l’une des lettres adressées à la nonne séculière Sennichi, Nichiren écrit : « Renforcez plus que jamais votre foi. Quiconque enseigne les principes du bouddhisme aux autres s’attire inévitablement la haine des laïcs hommes et femmes, des moines et des nonnes. Laissez-les parler à leur guise. Confiez votre vie aux enseignements dorés du Sûtra du Lotus, du bouddha Shakyamuni, de Tiantai, Miaole, Dengyo et Tchang-an. » (WND, 626) Comme ce passage l’indique, quelles que soient les manifestations de haine dirigées contre nous ou les calomnies et les insultes professées à notre encontre, nous devrions parler en faveur de la vérité et de la justice sans la moindre crainte. Parvenir à une vaste diffusion du bouddhisme de Nichiren par le dialogue, avec la détermination ardente d’apporter le bonheur aux personnes qui souffrent autour de nous, est l’essence du noble esprit qui anime la Soka Gakkai. Il est évident que, dans notre monde actuel troublé et complexe, où le cœur des gens est assombri par les trois poisons, engager le dialogue avec les autres pour développer une compréhension mutuelle n’est pas une tâche facile. Cependant, il est clair que sans dialogue ou échange toute compréhension mutuelle sera à jamais impossible. Camper sur des positions fondées sur des hypothèses et des idées préconçues, sans même essayer de se tourner vers les autres pour parler avec eux, engendre des malentendus et de l’hostilité inutiles. Que de souffrances indicibles ce type d’arrogance a infligées à l’humanité tout au long de son histoire ! Qu’il s’agisse de nos interactions personnelles avec nos voisins et les personnes de notre entourage, ou des relations entre nations, tout commence toujours par des rencontres, des dialogues pour apprendre à se connaître et à se comprendre les uns les autres. Le courage est absolument crucial pour aller à la rencontre des autres et dialoguer avec eux. Choisir la voie du dialogue est en soi la victoire de la paix et de l’humanisme. C’est la raison pour laquelle j’ai rencontré, d’égal à égal, toutes sortes de personnes, en transcendant nos différences de nationalité, d’ethnie, de religion, d’idéologie, de génération, de genre et de position sociale. J’ai également poursuivi des dialogues interreligieux en faveur de la paix avec des croyants de nombreuses autres religions, notamment le christianisme, l’islam, l’hindouisme et le judaïsme. Mes interlocuteurs ont été d’une incroyable diversité. Parmi eux figurent des dirigeants de pays, des personnalités politiques, de hauts fonctionnaires, des éducateurs, des spécialistes de littérature, des scientifiques, des économistes, des militants pour la paix, des journalistes, des romanciers, des poètes, des artistes dans le domaine des arts plastiques et dans le monde du spectacle, des astronautes… Certains ont même connu la prison en raison de leurs croyances. À chacune de ces rencontres, je me suis attaché à connaître la cause à laquelle mon interlocuteur a consacré son existence, le but de sa vie ou sa mission – et à en tirer des leçons. Écouter les profondes expériences et la sagesse de personnalités remarquables est toujours plus enrichissant que de lire une montagne de livres. Un dialogue est semblable à une pièce de théâtre comportant plusieurs actes. Il y a des moments où les échanges créent des étincelles et d’autres où l’harmonie engendre une grande joie. Les ­dialogues animés et dynamiques sont épanouissants et débordent de vitalité. C’est la raison pour laquelle je m’engage corps et âme dans chacune de mes rencontres. J’ai entretenu des amitiés profondes et durables avec de nombreux dirigeants chinois, du défunt Premier ministre Zhou Enlai et de son épouse Mme Deng Yingchao au président actuel Hu Jintao. Je suis également engagé dans des dialogues avec les jeunes dirigeants courageux de la Fédération de la jeunesse chinoise (ACYF), qui constitue la cinquième génération depuis la révolution en Chine (en 1949). Cette année, en avril, le « Festival annuel des cerisiers en fleurs Zhou Enlai » s’est tenu sous un ciel ensoleillé à l’université Soka. Ce jour-là, j’ai été interviewé par un représentant du Centre de recherche sur la littérature du parti du gouvernement chinois dans le cadre d’un programme visant à commémorer le centenaire de la naissance de Mme Deng Yingchao. Les questions portaient principalement sur la conversation que j’avais eue avec elle lors de sa visite au Japon en 1979. Lors de ma rencontre avec Mme Deng, à la Maison des hôtes d’État à Tokyo, je lui ai tout d’abord exprimé mon souhait de réaliser une exposition Zhou Enlai au Japon. J’ai également suggéré que la Chine soit incluse dans les prochains sommets des dirigeants des grandes nations du monde. En entendant cette dernière remarque, elle eut un large sourire et me dit que j’allais droit au cœur des choses. Je suis heureux de voir que, un quart de siècle plus tard, le président chinois Hu assistera au prochain sommet d’Évian en France [du 1er au 3 juin], une première pour un chef d’État chinois. Je prie pour que le dialogue menant à l’harmonie mondiale, l’harmonie parmi toute l’humanité, ne cesse de s’étendre. « Les mots sont des graines » est un proverbe de notre pays voisin, la Corée du Sud. Au fil du temps, les graines semées par le dialogue poussent et fleurissent. Lorsque nous parlons à quelqu’un, nous ne nous adressons pas uniquement à la personne devant nous. Cette personne a une famille, des amis et de nombreux jeunes successeurs qui poursuivront son travail. Un beau dialogue où les cœurs se rencontrent est toujours l’annonce de dialogues à venir, la première étape pour créer un réseau d’amitié toujours plus vaste. La voie menant du conflit à la coopération et à l’harmonie passe par le dialogue ; c’est ainsi que l’on peut construire un pont menant à la paix. Je suis déterminé à consacrer chaque jour de ma vie au dialogue, convaincu que nos jeunes suivront éternellement mes pas sur cette grande voie.

La vie de Nichiren

Nichiren – Un grand vœu de compassion pour le bonheur de l’humanité. Partie VIII. Onze lettres de remontrance

Au cours du premier mois de 1268, un événement allait changer le cours de l’histoire japonaise et marquer un tournant décisif dans les efforts de Nichiren pour diffuser son enseignement. Une lettre officielle de l’Empire mongol parvint au bureau du gouvernement de Dazaifu 1 dans le nord de Kyushu, qui gérait les affaires diplomatiques et militaires de la région. Elle fut transmise aux représentants du shogunat de Kamakura au cours du premier mois intercalaire 2 suivant et arriva à la cour impériale le deuxième mois. La lettre prônait des relations diplomatiques entre le Japon et l’Empire mongol, mais elle impliquait l’usage de la force militaire si le Japon ne s’y conformait pas. Les représentants du shogunat, tout comme la cour impériale, ne répondirent pas. Mais le shogunat ordonna aux gouverneurs militaires 3 des provinces de l’Ouest de se préparer à une attaque, et la cour impériale donna pour instruction aux temples et sanctuaires régionaux de prier pour la victoire contre les Mongols. Au cours du troisième mois de 1268, le régent Hojo Masamura, âgé de 64 ans, céda ses fonctions à Hojo Tokimune, le fils de Hojo Tokiyori, âgé de 18 ans, qui était le suivant dans la lignée du clan régnant Hojo. Masamura endossa le rôle de vice-régent de Tokimune 4. Cette restructuration visait à faire face à la crise nationale qui s’annonçait. Huit ans après que Nichiren eut soumis son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays, l’un des deux désastres qu’il avait prédits dans ce traité – l’invasion étrangère – semblait imminent. Nichiren avait alors 47 ans. Ayant eu connaissance de la lettre des Mongols au cours du quatrième mois de 1268, Nichiren écrivit une œuvre courte intitulée Les raisons d’écrire Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays (Écrits, 163) et il l’envoya à un moine appelé Hokan, dont on pense qu’il avait des liens avec des personnalités importantes du shogunat. Nichiren y cite le grand tremblement de terre de l’ère Shoka et l’explosion des famines et des épidémies, et il explique pour quelle raison il a écrit Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays. De plus, il souligne que la lettre des Mongols s’accorde avec son avertissement émis dans ce traité concernant une invasion étrangère, et il exhorte les représentants du gouvernement à prendre en compte ses enseignements. Proposition de rencontrer le moine séculier Yadoya Le shogunat ne répondit pas et, le huitième mois de la même année, Nichiren envoya une lettre au moine séculier Yadoya, qui avait fait office d’intermédiaire lorsqu’il avait soumis son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays, des années plus tôt. Nichiren y insiste sur le fait que, si les écoles bouddhiques calomniatrices continuent de prier pour écarter la menace mongole, les choses ne feront qu’empirer, et il demande à rencontrer Yadoya (cf. Letter to the Lay Priest Yadoya [Lettre au moine séculier Yadoya, WND-II, 312]. Ne recevant pas de réponse, Nichiren envoya une lettre de rappel le mois suivant (cf. Gosho zenshu [Œuvres complètes de Nichiren, nouvelle édition, p. 853]). En écrivant coup sur coup toute une série de lettres aux associés du shogunat, Nichiren montrait son intense détermination et sa profonde bienveillance. Il voulait protéger son pays en crise et sauver à tout prix le peuple. Dans chaque lettre, il indique clairement qu’il ne s’exprime pas pour son propre bien, mais pour la nation et pour le peuple. Une nouvelle fois, le moine séculier Yadoya ne répondit pas. Les dirigeants existent pour le peuple Ensuite, le dixième mois, Nichiren envoya onze lettres au régent, Hojo Tokimune, à d’autres représentants du gouvernement, et à des moines des temples influents de Kamakura, les exhortant à prendre en compte les avertissements présentés dans Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays. Ces lettres sont appelées les onze lettres de remontrance 5. Il demande à Hojo Tokimune de cesser de soutenir les temples bouddhistes qui enseignent des doctrines erronées. Il écrit : « Le destin de la nation dépend de la justesse de ses politiques gouvernementales. Et la validité des enseignements bouddhiques peut être déterminée en consultant le clair miroir matérialisé dans les textes des sûtras. » (Letter to Hojo Tokimune [Lettre à Hojo Tokimune], WND-II, 314) Un autre destinataire était Hei no Saemon-no-jo Yoritsuna, un serviteur du clan Hojo, qui acquit par la suite un pouvoir sans égal. Nichiren lui écrit : « Vous êtes la poutre principale de la nation, vous agissez comme les mains et les pieds d’une multitude de gens. » (Letter to Hei no Saemon-no-jo Yoritsuna [Lettre à Hei no Saemon-no-jo Yoritsuna], WND-II, 318) Nichiren décrit aux dirigeants la manière correcte de gouverner et il les exhorte à assumer leurs responsabilités. Ikeda Sensei explique la portée de ces lettres : « Nichiren déclara résolument que les dirigeants d’une nation doivent servir le peuple et que le peuple est à jamais souverain6. » Les liens des moines bouddhistes avec les autorités militaires Les écoles Zen et Shingon-Ritsu étaient étroitement alliées au gouvernement militaire à Kamakura. La cinquième année de Kencho (1253), l’année où Nichiren proclama son enseignement, Hojo Tokiyori érigea le temple Kencho-ji 7 à Kamakura, et il invita le moine Rankei Doryu de l’école Zen Rinzai à en devenir le premier moine principal. Lorsque la construction du temple fut achevée, les moines prièrent pour la paix et la sécurité des familles de l’empereur, de la cour impériale, du shogun, et d’autres hauts responsables militaires du gouvernement. Ils organisèrent aussi un service commémoratif pour les trois premiers shoguns du clan Genji, Hojo Masako 8, et tous les défunts du clan Hojo. Kencho-ji fut le premier grand temple Zen à Kamakura 9. Dès lors, l’école Zen devint une force religieuse puissante, qui soutint de nombreuses mesures politiques du shogunat. Par la suite, l’école Shingon-Ritsu s’est imposée aux côtés du Zen comme une autre influence religieuse soutenant le gouvernement militaire. La personnalité centrale de cette école était Ryokan (aussi connu sous le nom de Ninsho). Ryokan, qui était actif dans la région de Kanto dès 1252, déménagea à Kamakura en 1261, l’année où le gouvernement exila Nichiren à Izu. L’année suivante, le maître de Ryokan, Eizon du temple Saidai-ji à Nara, se rendit à Kamakura, et il conféra les préceptes à Hojo Tokiyori, ainsi qu’à d’autres hauts responsables du shogunat. En outre, Dokyo, figure importante de la tradition de la Terre pure, reçut aussi les préceptes. C’est ainsi que l’enseignement des préceptes acquit largement le respect des habitants dans tout Kamakura, quelle que soit leur appartenance religieuse. Ryokan, invoquant le désir de sauver tous les êtres vivants, défendit un certain nombre de projets publics, tels que la construction de routes et l’aide aux pauvres. Et le shogunat l’autorisa à percevoir des taxes dans les ports et les postes de contrôle le long des routes. Grâce aux profits de ces diverses entreprises, le temple Gokuraku-ji, qui servait de base aux activités de Ryokan, accumula des richesses considérables. Tout en fournissant de l’aide médicale aux malades et en faisant la charité aux pauvres, Ryokan exploitait leur travail. Doryu et Ryokan reçurent chacun une lettre de remontrance de Nichiren. Dénoncer les faux sages arrogants Seul Nichiren percevait clairement la nature de ces moines des écoles bouddhistes affiliées au gouvernement, et il osa mener un combat par les mots afin de les dénoncer. Ryokan, devenu l’année précédente (1267) le supérieur du temple Gokuraku-ji, étendait son influence. Nichiren lui écrit : « Faux sage, individu doté d’une arrogance démesurée, dans cette existence présente vous serez certainement dépeint comme un traître à la nation, et dans votre prochaine existence vous tomberez dans la région de l’enfer. » (Letter to Ryokan of Gokuraku-ji [Lettre à Ryokan du Gokuraku-ji (WND-II, 324) « Faux sage, individu doté d’une arrogance démesurée » fait référence aux « faux sages arrogants », le troisième des trois puissants ennemis 10. Cela correspond aux religieux qui, tout en jouissant d’un large respect dans la société, font preuve de malveillance envers les pratiquants du Sûtra du Lotus et usent de leur influence auprès des autorités séculières pour les persécuter. Ensemble, avec ses disciples Après avoir écrit aux onze personnages clés (hauts dignitaires du shogunat et supérieurs de temples), Nichiren envoya aussi une lettre à tous ses disciples, les exhortant à se préparer aux persécutions (cf. Letter to My Disciples and Lay Supporters [Lettre à mes disciples moines et laïcs (WND-II, 333). Il explique ensuite la raison pour laquelle il a écrit les lettres de remontrance. Citant un passage de l’œuvre du grand maître Tiantai, Commentaire textuel du Sûtra du Lotus, il écrit : « J’ai utilisé un langage très dur dans mes lettres, mais c’est parce qu’il est nécessaire de “forcer les autres à écouter, même si cela les met en colère”. » (Ibid.) Il se conforme ici au principe selon lequel le fait de faire entendre l’enseignement correct même à ceux qui ne sont pas disposés à l’écouter leur permet d’établir un lien avec la Loi bouddhique. Il écrit : « Ne craignez pas les autorités. Le temps est venu de se libérer des chaînes du cycle des naissances et des morts, et ­d’obtenir le fruit de la bouddhéité ! » Il invite ses disciples à « lui rendre visite dans [sa] résidence lorsque ça leur convient pour examiner en personne le contenu des lettres » (ibid.). Après avoir surmonté son exil à Izu et la persécution de Komatsubara, Nichiren exhorte ses disciples à suivre son exemple, en les appelant à consolider leur détermination à se dresser à ses côtés dans le combat par les mots visant à établir l’enseignement correct pour la paix dans le pays. Les représentants du shogunat et les dirigeants bouddhistes répondirent aux appels passionnés de Nichiren par le silence. Un autre message officiel de l’Empire mongol arriva l’année suivante, en 1269. Les avertissements de Nichiren se concrétisant, un nombre croissant de personnes écoutaient ce qu’il avait à dire, et les dirigeants bouddhistes qu’il avait critiqués le considérèrent encore davantage comme une menace. (à suivre) Orientation donnée par Ikeda Sensei Nichiren défia directement le plus haut dirigeant de l’époque dans une lettre de remontrance (Letter to Hojo Tokimune [Lettre à Hojo Tokimune], WND-II, 314). L’objet de cette requête était de clarifier ce qui était vrai et correct – et ce qui était erroné – du point de vue du bouddhisme. Nichiren savait que cela provoquerait inévitablement des persécutions. Totalement préparé à en affronter les conséquences, il continua d’élucider la vérité. Ses actions découlaient de sa confiance absolue dans les véritables enseignements du bouddhisme ainsi que dans sa détermination bienveillante à sauver le peuple du Japon de la souffrance et d’empêcher la destruction de la nation. Dans son cours, Shin’ichi expliquait que les présidents Makiguchi et Toda avaient hérité de cet esprit de remontrance envers les autorités déviantes, et il décrivait leur lutte contre ­l’oppression du militarisme. C’était là, disait-il, l’héritage magnifique, impérissable, de la Soka Gakkai. La qualité de la gouvernance est d’une importance cruciale pour la vie et le bonheur du peuple. Si le gouvernement oublie le peuple, s’il est déchiré de part et d’autre par les ambitions personnelles et par la soif de pouvoir des dirigeants politiques, ou s’il est en proie à des luttes politiques internes, sa façon de gouverner sera alors dénuée d’idéal et de compassion. Dans ce cas, le peuple souffre 11. Note : « De mon vivant, par mes propres efforts, je transmettrai [le bouddhisme] à 750 000 foyers. » Josei Toda a fait cette déclaration lors de son investiture en tant que deuxième président de la Soka Gakkai, le 3 mai 1951. Six mois plus tard, à la sixième réunion générale de la Soka Gakkai, M. Toda partagea le texte intégral de la Lettre à Hojo Tokimune de Nichiren, et il transmit les orientations suivantes : « Dans cette lettre, Nichiren adresse une remontrance directe à l’ensemble de la nation japonaise. Il ne craignait pas les autorités, il n’était pas influencé par la richesse, et, par compassion envers tous les peuples, il leur transmit Nam-myoho-renge-kyo, la philosophie la plus importante et la plus bénéfique de l’époque de la Fin de la Loi. La Soka Gakkai a fait sien cet esprit. L’esprit de la Soka Gakkai consiste à restaurer la dignité du peuple japonais en menant une lutte contre les croyances religieuses erronées et trompeuses12. » Ikeda Sensei a clarifié la signification de cette déclaration de M. Toda : elle signifiait que l’esprit de la Soka Gakkai s’accorde avec l’esprit de Nichiren visant à sauver toute l’humanité de la souffrance grâce à la Loi merveilleuse. M. Toda s’est ensuite engagé à réaliser kosen rufu au Japon et dans toute l’Asie de l’Est. Et Ikeda Sensei a affirmé qu’il était déterminé à persévérer dans sa mission consistant à concrétiser le vœu du président Toda, même au prix de sa vie. Jeune homme, Ikeda Sensei avait fait sien l’engagement noble de son maître de parvenir à 750 000 foyers de membres et d’accomplir kosen rufu en Asie de l’Est. Trois mois après cette réunion générale, en février 1952, la propagation ne progressait pas comme on l’avait espéré. M. Toda demanda à Ikeda Sensei : « Veux-tu te dresser et accomplir cela pour moi ? » et il le nomma conseiller du chapitre Kamata, à Tokyo. À ce titre, Sensei dirigea les efforts qui permirent de convertir 201 nouveaux foyers dans le chapitre Kamata en un seul mois, un record pour un chapitre de la Soka Gakkai.

 

Partager le bouddhisme avec les autres

Le mois de février est traditionnellement le mois de la transmission dans la Soka Gakkai. Par anticipation, nous vous proposons en ce début d’année ce dossier spécial intitulé « Partager le bouddhisme avec les autres ». Il s’ouvre sur deux textes du département d’étude international ayant figuré au programme des examens d’étude, qui traitent de la pratique pour les autres et de la mission des bodhisattvas surgis de la Terre. Suit un commentaire de Daisaku Ikeda sur les méthodes de propagation du bouddhisme de Nichiren. Enfin, au cœur de ce dossier, vous retrouverez des extraits d’un livre qui paraîtra début février aux éditions ACEP sous le titre Réaliser l’impossible – Les six événements historiques qui ont permis d’établir les bases de kosen rufu. On y retrouve le récit par notre maître des grandes étapes de kosen rufu au Japon dans les années 1950, sous la présidence de Josei Toda, à travers des passages de La Nouvelle Révolution humaine et de divers autres textes parfois inédits en français. Réaliser l’impossible – Les six événements historiques qui ont permis d’établir les bases de kosen rufu, c’est l’histoire d’un incroyable développement qui permit d’amener en moins de sept ans 750 000 familles à la pratique du bouddhisme de Nichiren. La pratique pour les autres À propos de l’importance de propager l’enseignement bouddhique, Nichiren déclare dans La réalité ultime de tous les phénomènes : « Vous ne devez pas seulement persévérer vous-même ; vous devez aussi enseigner aux autres […] Enseignez aux autres au mieux de vos capacités, ne serait-ce qu’une phrase. » (Écrits, 390) Et dans la Lettre à Jakunichi-bo, il dit : « Les moines et les laïcs qui deviennent disciples de Nichiren devraient s’éveiller au profond lien karmique qu’ils partagent avec lui et propager le Sûtra du Lotus en suivant son exemple. » (Écrits, 1004) Il est important de ne pas chercher seulement à transformer notre état de vie par notre pratique quotidienne de Gongyo, mais aussi de partager les enseignements de Nichiren avec d’autres, ne serait-ce qu’un seul mot, en ayant pour objectif notre bonheur et celui des autres. De tels efforts nous aident à approfondir notre foi et notre pratique tout en activant en nous-mêmes les états de vie altruistes que sont les états de bodhisattva et de bouddha – ce qui nous incite à œuvrer au bonheur et au bien-être des autres. C’est ce qui nous permet de devenir d’authentiques disciples de Nichiren. En plus de la pratique de Gongyo, les efforts que nous effectuons pour propager les enseignements bouddhiques constituent, eux aussi, une force puissante pour transformer notre vie. Il est dit dans le Sûtra du Lotus : « Si l’un de ces hommes ou l’une de ces femmes de bien est capable, dans les temps qui suivront mon entrée dans l’extinction, d’exposer secrètement le Sûtra du Lotus à quelqu’un, ne serait-ce qu’une seule phrase, tu dois savoir qu’il ou elle est l’envoyé de l’Ainsi-Venu [le Bouddha]. Il a été dépêché par l’Ainsi-Venu et accomplit l’œuvre de l’Ainsi-Venu. » (SdL-X, 164) S’appuyant sur ce passage, Nichiren déclare : « Celui qui récite ne serait-ce qu’un verset du Sûtra du Lotus et le transmet à un autre est l’émissaire du bouddha Shakyamuni, seigneur des enseignements. » (La voix pure et portant loin, Écrits, 335) En d’autres termes, les efforts que nous effectuons dans notre pratique pour le bonheur des autres sont vraiment nobles ; ils correspondent au comportement et à la pratique du Bouddha, que nous accomplissons en tant qu’émissaires du Bouddha. (Valeurs humaines, hors-série n° 9, Activité d’étude bouddhique, Niveau 1, mai 2019, pp. 56-57) La mission des bodhisattvas surgis de la Terre La Soka Gakkai est apparue à l’époque moderne en accord avec l’intention du Bouddha, et elle a pris la responsabilité d’accomplir le vœu de kosen rufu, héritant ainsi du vœu de Nichiren. Elle révère le Gohonzon, décrit par Nichiren comme « la bannière de la propagation du Sûtra du Lotus » (La composition du Gohonzon, Écrits, 839), et ses pratiquants s’engagent dans la pratique bienveillante consistant à propager la foi dans ce sûtra, ce qui a permis un développement sans précédent du mouvement de kosen rufu à l’échelle mondiale. Convaincu que c’était là la noble mission de la Soka Gakkai, son deuxième président, Josei Toda, déclare que ­l’organisation apparaîtrait à l’avenir dans les écrits bouddhiques sous le nom de « Bouddha Soka Gakkai ». Le grand vœu de Nichiren n’est autre que kosen rufu. C’est aussi le grand vœu des maîtres et disciples de la Soka Gakkai – les trois présidents fondateurs – et des pratiquants du monde entier, qui ont lutté à leurs côtés. Ils se sont dressés ensemble, profondément conscients d’être les disciples directs de Nichiren et dotés d’un sens fervent de leur mission en tant que bodhisattvas surgis de la Terre. Le président Ikeda écrit : « En se consacrant à la mission de diffuser la Loi merveilleuse et en réalisant kosen rufu grâce à une propagation bienveillante, les pratiquants de la Soka Gakkai sont tous des bodhisattvas surgis de la Terre. Ce sont des émissaires du Bouddha. Quand ils agissent avec cet état d’esprit, ils entreprennent une profonde transformation intérieure et la puissante force vitale qui permet de triompher des tempêtes du karma coule en eux 1. » Comment décrire les bodhisattvas surgis de la Terre dans le monde d’aujourd’hui ? Ce sont des personnes qui vivent pour accomplir la mission essentielle consistant à transmettre la Loi fondamentale permettant d’atteindre la bouddhéité au cœur d’une époque et de conditions sociales particulièrement troublées. Ils aident ainsi ceux qui endurent les plus grandes souffrances et les pires difficultés à faire jaillir le pouvoir qui permet de bâtir un ­bonheur authentique. Avec la conviction que ceux qui souffrent le plus ont le droit de goûter au plus grand bonheur, ils avancent au côté des personnes qui souffrent, leur enseignent la Loi merveilleuse et, ensemble avec eux, suivent la voie de la transformation de leur destin. Les personnes qui agissent de cette façon sont les bodhisattvas surgis de la Terre. Extrait de Valeurs humaines, hors-série n° 10, mai 2020 support de l’activité d’étude bouddhique niveau 2. La transmission dans le bouddhisme de Nichiren Shoju et shakubuku 2 Rejetant l’accusation selon laquelle shakubuku implique un « esprit querelleur », Nichiren explique tout d’abord que la pratique bouddhique comprend deux méthodes de transmission : shoju, ou la persuasion délicate, et shakubuku, ou la réfutation stricte. Il indique ainsi que shakubuku est une forme légitime de pratique bouddhique. Cependant, il fait aussi remarquer que, puisque ces deux méthodes de transmission sont exactement opposées, ceux qui pratiquent l’une ont souvent tendance à rejeter l’autre : « Celui qui pratique la méthode de shoju trouve [la pratique de] shakubuku risible et méprisable. Celui qui pratique la méthode de shakubuku éprouve de la peine quand il pense à shoju. » (Sur l’ouverture des yeux, Écrits, 288-289) Nous voyons ici à l’œuvre l’illusion fondamentale de l’égoïsme, qui crée des attachements peu judicieux menant à entretenir des rancunes et à rejeter la position des autres. La conclusion de Nichiren est que tant shoju que shakubuku sont des façons légitimes de transmettre les enseignements du Bouddha, et il dit, citant le grand maître Tiantai : « La méthode choisie devrait être celle qui s’accorde avec le moment. » (Écrits, 289) Pour nous guider quant au bon choix, il nous propose ensuite l’orientation suivante : « Lorsque le pays est empli de personnes mauvaises dépourvues de sagesse, c’est la méthode de shoju qu’il faut appliquer en priorité, comme cela est décrit dans le chapitre “Les pratiques paisibles”. Mais à une époque où nombreux sont ceux qui ont des opinions ­faussées et qui calomnient la Loi, il faut privilégier shakubuku, conformément à ce qui est décrit dans le chapitre “Le bodhisattva Jamais-Méprisant”. » (Écrits, 289) On avait posé à Nichiren une question citant un passage du chapitre « Les pratiques paisibles » pour insinuer que sa réfutation des autres écoles bouddhiques de l’époque différait de l’esprit du Sûtra du Lotus. Mais cette insinuation est simplement fondée sur une compréhension superficielle et fragmentaire du Sûtra, ne tenant pas compte de l’ensemble de ses enseignements. La pratique évoquée dans le chapitre « Les pratiques paisibles » – qui consiste à ne pas parler des fautes des autres écoles ou de leurs maîtres et adeptes – est celle à observer lorsque le pays est peuplé de « personnes mauvaises et sans sagesse3 », c’est-à-dire de personnes qui ne connaissent pas le bouddhisme. Au contraire, shakubuku est la méthode à privilégier lorsque dans le pays « abondent les personnes aux vues erronées et ceux qui s’opposent à la Loi ». Dans le Sûtra du Lotus, cette dernière situation est illustrée par l’exemple du bodhisattva Jamais-Méprisant qui, dans un chapitre portant son nom, est décrit comme persévérant dans sa pratique de révérer les autres même lorsqu’il est attaqué avec « des bâtons, des tuiles ou des pierres » (SdL-XX, 256). La pratique du bodhisattva Jamais-Méprisant consistait à s’incliner devant les autres en signe de respect et à les accueillir en prononçant ce que l’on appelle le « Sûtra du Lotus en vingt-quatre caractères 4 », un extrait du cœur du Sûtra du Lotus enseignant que toutes les personnes possèdent la nature de bouddha. Il ne faiblissait pas dans sa conviction, même lorsqu’il rencontrait des réactions négatives et des persécutions de la part de personnes arrogantes et autoritaires figurant parmi les quatre sortes de croyants (moines, nonnes et laïcs, hommes et femmes). Ses efforts inlassables pour proclamer courageusement la vérité sont comparables à la réfutation des croyances inopportunes et erronées. C’est ainsi que le chapitre du bodhisattva Jamais-Méprisant du Sûtra du Lotus enseigne la pratique de shakubuku. Extraits de Commentaires de Daisaku Ikeda du traité Sur l’ouverture des yeux, Acep 2008, pp. 129-132. Réaliser l’impossible Ces passages figureront dans le livre Réaliser l’impossible, qui paraîtra aux éditions ACEP, en février 2025. Kamata, février 1952 La Soka Gakkai se mit alors à avancer vers la réalisation du but annoncé par le président Toda : 750 000 familles pratiquantes. Mais les progrès étaient lents et il semblait que cet objectif ne serait pas atteint. Le président Toda décida de nommer le jeune Shin’ichi Yamamoto, âgé de vingt-quatre ans, conseiller du chapitre Kamata à Tokyo, et de le laisser prendre en charge la campagne de propagation à Kamata (en janvier 1952). « Mon rôle en tant que disciple est de réaliser les buts de mon maître, quoi qu’il arrive. Je vais tout faire pour que le but de M. Toda soit atteint ! » pensa Shin’ichi. Tel un jeune héros, il releva le défi avec enthousiasme. Et en février 1952, sous la direction de Shin’ichi, le chapitre Kamata parvint au résultat sans précédent de 201 nouvelles familles pratiquantes en l’espace d’un seul mois. Cet exploit eut un effet stimulant sur l’ensemble des pratiquants, qui se dirent : « S’ils ont réussi cela à Kamata, nous aussi, nous pouvons le faire ! » Chacun renouvela sa détermination et le mouvement de kosen rufu connut une progression stupéfiante. La Nouvelle Révolution humaine, vol. 17, chap. « La citadelle des personnes ordinaires », pp. 237-238 Le disciple prend la responsabilité de réaliser les objectifs de son maître Shin’ichi avait pris intensément conscience du lien qui l’unissait à son maître lorsqu’il avait engagé le premier vrai combat dont Toda l’avait directement chargé, en février 1952. Il avait été nommé secrétaire du chapitre Kamata où il avait pris la tête des activités de propagation. Lors de la réunion de lancement du chapitre, il avait confié en toute sincérité les sentiments qui l’animaient, lançant un appel aux membres présents : « Le mois de février est le mois de naissance de Nichiren et le 11 février est l’anniversaire de Josei Toda. « Il va sans dire que c’est parce que Nichiren est apparu en ce monde que nous avons pu rencontrer ce bouddhisme, mais nous devons aussi beaucoup au combat courageux et solitaire du président Toda pour kosen rufu. Nous avons tous reçu de grands bienfaits et nous sommes devenus heureux. « Pour manifester notre gratitude, célébrons le mois de naissance du président Toda et répondons à ses attentes en nous lançant de formidables défis et en remportant une victoire vraiment magnifique dans nos activités. » En songeant la manière dont lui-même, en tant que disciple, pourrait célébrer le 52e anniversaire de Toda, il avait décidé de lancer une nouvelle impulsion en faveur de kosen rufu. Jamais, à aucun moment, Shin’ichi Yamamoto n’oubliait le serment fait par Toda lors de son investiture en tant que deuxième président, le 3 mai 1951 – le serment de parvenir à 750 000 familles membres. C’était parce qu’il en avait fait lui aussi le but personnel de sa vie. Mais le rythme de propagation atteint par la Soka Gakkai en 1952 était bien trop lent pour pouvoir concrétiser la vision de Toda. Même les plus grands chapitres n’enregistraient tout au plus qu’une progression de l’ordre de cent familles environ par mois. Shin’ichi pensait : « À ce rythme-là, la déclaration de Toda risque de devenir une promesse creuse. » Cela l’inquiétait et le perturbait profondément. Cependant, il devait consacrer tout son temps et toute son énergie à tenter de redresser l’entreprise de Toda, qui se trouvait dans une situation encore précaire. Un jour, alors qu’il était toujours aux prises avec ces difficultés, Toda lui avait demandé de superviser les activités du chapitre Kamata en tant que secrétaire du chapitre. Shin’ichi ne voulait pas que l’objectif de Toda demeure inaccompli. Il était même absolument déterminé à éviter cela à tout prix. La combativité et l’énergie jaillirent en lui, ainsi que la décision profonde de prendre personnellement la responsabilité – en tant que disciple de Toda et à la place de son maître – de réaliser ­l’objectif de 750 000 familles membres. En entendant les propos de Shin’ichi lors de la réunion de lancement, les membres du chapitre Kamata prirent conscience de son dévouement et de son engagement envers Josei Toda ; ils apprirent ainsi ce qu’était le véritable esprit d’un disciple. Shin’ichi avait raccourci la distance qui les séparait de Toda. Ils se sentaient désormais bien plus proches de l’esprit de leur maître. Au plus profond de leur être, le courage et le sentiment de leur mission d’œuvrer avec Toda pour kosen rufu avaient été stimulés. Lorsque les disciples ont l’esprit de rechercher le cœur du maître et décident de combattre à ses côtés, la vie du maître – l’engagement du maître pour kosen rufu – vibre et coule dans leurs veines. Brûlant d’un profond sentiment de fierté et animé par l’esprit de défi, les membres du chapitre Kamata se consacrèrent joyeusement à leurs activités. La Nouvelle Révolution humaine, vol. 3, chap. « Lumière de la paix », pp. 276-278 Accorder la plus grande importance à l’unité dans toutes nos activités En tant que conseiller du chapitre Kamata de Tokyo, Shin’ichi se concentra entièrement sur les groupes, qui agissent en première ligne dans l’organisation. Les objectifs de propagation étaient établis au niveau des groupes et c’est aussi à ce niveau-là que se tenaient les réunions de discussion. Cette campagne consista à clarifier les activités quotidiennes de chaque membre du groupe et à réaffirmer une détermination commune. Shin’ichi se rendit dans des groupes et encouragea les pratiquants. Il eut des échanges de cœur à cœur au cours de petites réunions. Par ailleurs, il ne ménagea pas ses efforts pour parler aux pratiquants qui n’avaient pas encore clairement conscience de faire partie de la Soka Gakkai. Ce fut un travail intense, orienté vers la base même du mouvement et qui se déroula en bonne partie dans l’ombre. Aucune de ces actions n’attirait véritablement l’attention ni ne se déroulait sous la lumière des projecteurs. Cependant, c’est grâce à ces efforts que les pratiquants s’éveillèrent à leur mission et se dressèrent pour susciter une nouvelle vague d’expansion. La Nouvelle Révolution humaine, vol. 24, chap. « Une éducation humaniste », p. 204 « Si nous essayons, nous pouvons y arriver ! » En février, le chiffre atteignit le chiffre record de 201 nouvelles familles membres. « Si nous essayons, nous pouvons y arriver ! » Submergé par une joie profonde, chacun prit intensément conscience de cette vérité. Cet exploit éblouissant du chapitre Kamata devint une source d’inspiration pour le reste du pays, ouvrant la voie à l’objectif de 750 000 familles membres. Ce combat de Shin’ichi dans le chapitre Kamata fut aussi à l’origine de la « tradition de février » qui fait de ce mois celui du grand bond en avant dans la diffusion du bouddhisme de Nichiren. La Nouvelle Révolution humaine, vol. 3, chap. « Lumière de la paix », p. 278 Souvenir – Réaliser l’impossible Tout commence par la prière À cette époque, tout le monde acceptait le fait que cent était le nombre maximum de nouveaux pratiquants qu’un chapitre pouvait amener en un mois à la pratique du bouddhisme de Nichiren. Cependant, durant la campagne de Kamata, plutôt que d’établir un objectif au niveau du chapitre, nous avons concentré notre attention sur chaque unité (ce qui correspond au groupe aujourd’hui) et nous avons fixé un objectif de deux foyers par unité. J’ai aussi offert les trois encouragements concrets suivants : Commençons par réciter Daimoku Chérissons nos voisins Partageons nos expériences dans la foi. J’ai moi-même mis en pratique ces trois orientations. J’ai contribué à surmonter la crise à laquelle M. Toda était confronté dans ses affaires en priant « avec autant de ferveur qu’il en faudrait pour produire du feu avec du bois humide ou tirer de l’eau d’un sol desséché » (Réprimander les oppositions à la Loi et éradiquer les fautes, Écrits, 448). J’avais aussi toujours salué chaleureusement mes voisins qui habitaient comme moi dans les appartements Aoba d’Omori, dans l’arrondissement d’Ota, à Tokyo, et je leur ai parlé du bouddhisme à chaque fois que j’en ai eu l’occasion. Je me souviens avec une certaine émotion avoir fait Gongyo dans mon minuscule appartement avec quelques-uns de ces voisins devenus des amis. Par ailleurs, j’avais raconté à de nombreuses personnes mon expérience personnelle de victoire contre la maladie grâce à ma pratique bouddhique. Les membres du chapitre Kamata réagirent avec enthousiasme et partagèrent ma fervente détermination de parvenir à un résultat qui nous vaudrait les applaudissements de M. Toda. « Ça ne dépend pas des autres. Ça dépend de nous. Nous devons agir maintenant et non plus tard, à l’avenir. Ce n’est pas impossible ! Nous pouvons y arriver ! » Peu à peu et très naturellement, les cœurs des pratiquants de Kamata s’harmonisèrent avec le grand vœu de M. Toda pour kosen rufu et tous entreprirent d’agir en tant que disciples partageant le même engagement que leur maître… En luttant pour transmettre la Loi avec cet esprit, nous, membres du chapitre Kamata, avons pulvérisé le record mensuel de cent foyers et même dépassé le nombre de deux cents. La campagne de février de la nouvelle ère, dans World Tribune, 6 avril 2012 La première étape consiste à établir des objectifs clairs Je me souviens du lancement de cette campagne, dans une salle municipale d’Unoki, située dans l’arrondissement d’Ota, juste après être devenu responsable dans le chapitre Kamata. Là, nous avons fait le serment d’avancer telle une puissante vague. Tout d’abord, j’ai proposé aux responsables en première ligne d’établir un objectif concret : augmenter notre nombre de membres de deux nouveaux foyers par unité durant le mois de février. Si les objectifs sont vagues, les gens trouveront difficile de les prendre pour références et de se lancer des défis personnels. Par conséquent, ils ne feront pas ­d’efforts sérieux pour les concrétiser. Par ailleurs, il est important de ne pas imposer d’objectifs aux autres. Ils doivent être présentés de façon que tout le monde puisse les accepter et éprouver de l’enthousiasme à les réaliser. À cette fin, la personne centrale doit avoir la ferme détermination de prendre la responsabilité personnelle d’atteindre l’objectif recherché, même si elle doit le faire seule. La passion et l’enthousiasme émanant de tels responsables incitent les autres à donner le meilleur d’eux-mêmes pour kosen rufu. Nous venions de réorganiser la Soka Gakkai en chapitres, districts et unités, selon un ordre de taille décroissant. L’unité était à l’avant-garde de l’organisation et correspondait à ce que nous appelons aujourd’hui au Japon le niveau groupe. M. Toda voulait donner aux responsables en première ligne de la confiance et le sens de leurs responsabilités personnelles. Et j’étais moi aussi convaincu que c’était un point crucial pour le développement de la Soka Gakkai. Je voulais que les responsables des unités du chapitre Kamata, qui étaient près de cent, prennent le rôle principal et remportent la victoire. Plutôt qu’une personne avance de cent pas, il vaut mieux que cent personnes avancent d’un pas. J’ai prié sincèrement et œuvré inlassablement au sein du chapitre, déterminé à ce qu’aucune unité ne s’effondre et à ce que chaque pratiquant fasse ­l’expérience des bienfaits de la foi. La clé de la victoire consiste à découvrir de nouveaux talents au sein de l’organisation et à faire apparaître leurs capacités. Le mot organisation évoque souvent l’image d’une structure monolithique et impersonnelle. Cependant, dans la Soka Gakkai, les personnes viennent en premier et sont considérées comme plus importantes que tout. Tous les responsables du chapitre Kamata – y compris les responsables de chapitre et de district – participaient aux activités au niveau des unités. Les réunions de discussion se déroulaient à ce niveau parce que cela permettait des rencontres plus chaleureuses et plus intimes. Dans ce cadre restreint, il était possible de répondre comme il convient aux difficultés et aux préoccupations de chacun grâce à des dialogues de cœur à cœur. Lors de ces petites réunions, chaque personne qui parvenait à renouveler sa détermination se dressait courageusement pour transmettre la Loi. Si l’on se contente de donner des ordres, les personnes n’auront pas envie d’agir. C’est d’autant plus vrai que les êtres humains sont des êtres sensibles. Si les gens se sentent contraints et n’agissent que par sens des obligations, ils ne pourront pas manifester leur véritable puissance. Quand j’ai pris ma fonction de responsable à Kamata, je n’avais que vingt-quatre ans. Comment allais-je inciter les autres à agir avec un enthousiasme sincère et sur la base d’objectifs concrets ? Je décidais de montrer l’exemple par mes propres actions, de ne pas ménager mes efforts et de travailler dur pour obtenir des résultats concrets. J’avais pris l’entière responsabilité d’atteindre notre objectif. J’avais la conviction que si je devenais un bon exemple, les membres pourraient apprécier mes efforts et m’accorder leur confiance. Je me suis dressé résolument, comme il convient pour un jeune et un disciple de M. Toda, et je me suis engagé de tout mon cœur. « Regardez-moi ! Regardez bien mes actions ! » Nichiren écrit : « Il n’est guère besoin d’aller très loin pour trouver un exemple. » (La suprématie de la Loi, 618) C’est l’exemple de notre lutte personnelle – et non celle d’un autre – qui engendre sympathie et compréhension dans notre entourage. En tant que conseiller du chapitre, j’ai travaillé de concert avec le responsable du chapitre Kamata, Takashi Kozuimi, pour concrétiser la vision de M. Toda. La fonction de conseiller du chapitre était une fonction de soutien, un peu comme celle de vice-­responsable. Mon rôle consistait donc à aider le responsable de chapitre en ­m’appuyant sur les mêmes idéaux et objectifs que lui. J’ai lutté avec l’esprit : « Je vais soutenir le responsable de Kamata afin que notre chapitre devienne le meilleur de tout le Japon ! » J’ai fait un maximum d’efforts pour me forger afin d’être un modèle en tant que conseiller… Un mois plus tard, on présenta les résultats de notre campagne de février. Le chapitre Kamata était le premier, avec 201 nouveaux foyers ! Jusqu’à ce moment-là, la plupart des chapitres n’étaient jamais parvenus à convertir cent nouveaux foyers par mois. Nous avions totalement brisé cette barrière et créé une immense victoire. Nous étions parvenus à un résultat sans précédent en amenant deux nouvelles familles dans chaque unité. Tout le monde en fut étonné. Aussi difficiles et pénibles qu’aient été les défis rencontrés en chemin, une fois l’objectif atteint, tout se transforme en joie et en satisfaction. Tout le monde était rayonnant. Ce n’était partout que bonheur et satisfaction. Certains responsables d’unité dansèrent littéralement de joie. Rien n’aurait pu me rendre plus heureux. « Exercer une responsabilité pour kosen rufu », dans Kosen rufu, notre mission, vol. 1, New Delhi, Inde, Eternal Ganges Press, 2006, pp. 155-158 Leçons transmises par notre maître Encourager la personne en face de nous Comment ai-je pu mener les membres à la victoire lors de la campagne de février, il y a soixante ans ? C’est en définitive parce que j’ai fait tout mon possible pour encourager de tout mon cœur la personne en face de moi. Tous les pratiquants de notre mouvement sont de nobles et valeureuses personnes qui brillent comme des diamants étincelants. Chacun d’eux a pour mission de montrer la grandeur du bouddhisme de Nichiren. Ils sont précieux et d’une valeur sans égale. C’est pour cela que j’ai désiré de tout cœur encourager tous ceux qui s’engageaient inlassablement à l’avant-garde de notre mouvement durant la campagne de février, en 1952. J’ai prié sincèrement pour que tous puissent éprouver de la joie en participant à cette campagne et je me suis efforcé de trouver toutes sortes de moyens pour les inspirer afin qu’ils puissent manifester librement tout leur potentiel. J’étais le plus jeune des responsables du chapitre Kamata à l’époque. Si j’avais organisé des réunions et agi en étant imbu de moi-même, qui m’aurait écouté ? Ma seule option était d’effectuer concrètement le travail, d’aller personnellement à la rencontre des gens et de marcher aux côtés des membres dans le vent glacé de l’hiver. Je me suis engagé de tout cœur dans toutes les réunions de discussion auxquelles j’ai participé, dans tous les foyers où je me suis rendu, à travers toutes les lettres d’encouragement que j’ai écrites. Je considérais chaque activité comme une bataille décisive. Quand quelqu’un avait du mal à transmettre le bouddhisme, je l’invitais à venir avec moi rencontrer d’autres personnes pour leur parler de la pratique, espérant ainsi l’aider par mon exemple. Et plutôt que de monopoliser la parole, je demandais aux autres pratiquants présents de relater leurs expériences personnelles dans la foi ou d’expliquer les bases du bouddhisme à la personne que nous rencontrions. Cela permit à tous de développer de la confiance en eux et d’approfondir leur conviction. Les pratiquants plus âgés que moi se dressèrent eux aussi pour agir à mes côtés. En tant que jeune homme, je me sentais particulièrement encouragé et gratifié quand des hommes d’une quarantaine d’années se joignaient à moi avec enthousiasme pour faire progresser notre campagne. Tous les membres de Kamata ne ménagèrent pas leur peine pour partager le bouddhisme avec d’autres, même ceux qui étaient confrontés à d’importantes épreuves personnelles. C’est le courage qui incite les autres à faire jaillir la force et la vitalité de se dresser aussi et de surmonter vaillamment leurs difficultés. Personne ne resta passif ; tout le monde fut ainsi stimulé et se lança dans l’action. Même les membres qui n’avaient jamais parlé du bouddhisme autour d’eux auparavant et les tout nouveaux pratiquants qui doutaient de leurs capacités à présenter la pratique purent faire courageusement un pas en avant. L’unité engendrée par cette mise en valeur de chacun put être appelée à juste titre la force motrice de la victoire dans la campagne de février. Comme l’écrit Nichiren : « Même si Nichiren et ses disciples sont peu nombreux, comme ils sont différents par le corps, mais unis en esprit, ils accompliront à coup sûr leur grande mission, qui consiste à propager largement le Sûtra du Lotus [Nam-myoho-renge-kyo]. » (Différents par le corps, un en esprit, Écrits, 622). Pour ouvrir la voie, je n’ai pas ménagé ma peine afin que chaque personne puisse manifester les qualités uniques qui sont les siennes et pour que nous œuvrions tous ensemble dans l’unité et le respect mutuel. J’ai notamment encouragé les jeunes à rechercher le soutien de pratiquants plus âgés ayant de solides expériences du pouvoir de la foi dans la Loi merveilleuse pour partager le bouddhisme. Les membres de Kamata ont œuvré tous ensemble avec un véritable esprit d’équipe. Quand ils entendaient dire que quelqu’un était en proie à de grandes difficultés, ils allaient lui parler du bouddhisme. Il y eut aussi des réunions de discussion presque tous les jours afin d’aider les gens à surmonter leur souffrance et d’insuffler de la joie. Un jour, une femme qui venait de commencer à pratiquer prit la décision courageuse de rendre visite à une amie pour lui parler du bouddhisme de Nichiren, et je l’ai accompagnée. Elle était si nerveuse et inquiète que ses genoux tremblaient. Je lui ai dit : « Et si nous chantions un chant de la Soka Gakkai ! Cela nous donnera de la joie. » D’abord, elle chanta d’une petite voix tremblante mais lorsque nous interprétâmes ensemble à plusieurs reprises le Chant des camarades, elle devint radieuse et positive. Bien qu’elle n’ait pas réussi ce jour-là à persuader son amie de rejoindre la Soka Gakkai, encouragée par cette expérience, elle parvint par la suite à amener de nombreuses personnes à la pratique du bouddhisme de Nichiren. Un tourbillon de joie traversa le chapitre Kamata. Tous les pratiquants s’engageaient sans cesse dans des dialogues avec leurs amis, les uns après les autres, pour semer les graines de la boud­dhéité et permettre à tous d’entendre l’enseignement. Nous ne savons pas combien de personnes exactement ont été alors contactées, mais il y en eut sans aucun doute plusieurs centaines. À la fin du mois de février, après avoir lutté de toutes nos forces, nous sommes parvenus à un résultat de propagation mensuel sans précédent : 201 nouveaux foyers avaient rejoint notre mouvement. Tout le monde avait réalisé une percée dans sa propre vie. Même les nouveaux pratiquants parvinrent ainsi à se régénérer et trouvèrent dans l’unité la force d’engendrer une nouvelle vague de développement. Je me souviens aussi d’une autre femme qui ne ménagea pas ses efforts pour partager le bouddhisme, malgré une situation personnelle difficile. Bien que son mari se soit opposé à sa pratique et qu’elle ait dû travailler le soir à son domicile pour augmenter le revenu familial, elle partait chaque matin de chez elle avec deux boulettes de riz pour ses repas du midi et du soir et parlait du bouddhisme aux autres. Même quand ses efforts ne produisaient pas les effets escomptés, elle poursuivait sa marche en avant sans se laisser perturber. Avec ses compagnons de pratique, elles partageaient sans cesse des encouragements et tous gravaient dans leur cœur ces paroles de Nichiren : « Mais je ne suis pas encore découragé. » (Les éléments nécessaires pour atteindre la boud­dhéité, Écrits, 753) Avec l’esprit acquis durant la campagne de février – consistant à pratiquer et à lutter avec la détermination de réussir à tout prix plutôt que d’abandonner avant même d’avoir commencé –, cette femme parvint à introduire plus de trois cents foyers à la pratique du bouddhisme de Nichiren. Je suis heureux de vous annoncer qu’elle est toujours pleine d’enthousiasme et active aujourd’hui, à l’âge de quatre-vingt-douze ans… Nichiren donna un cours sur son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays, chez les Ikegami, dans l’arrondissement d’Ota, peu avant son décès. M. Toda faisait un cours sur le même écrit quand je l’ai rencontré pour la première fois lors d’une réunion de discussion à Kamata, dans ce même arrondissement d’Ota. Et c’est aussi à Ota, un lieu avec lequel nous entretenons des liens si magnifiques et profonds que, il y a soixante ans, grâce au pouvoir des personnes ordinaires, la campagne de Kamata créa un mouvement de dialogue et de solidarité pour la paix et le bonheur, basé sur les idéaux et les principes du bouddhisme de Nichiren. La campagne de février, annonce d’une ère nouvelle, dans World Tribune, le 13 avril 2012 Yamaguchi – octobre/novembre 1956 et janvier 1957 Shin’ichi, qui dirigeait la campagne de propagation, leur apporta la lumière du courage et ranima en eux l’esprit de lutter. Pour encourager ceux qui n’avaient pas obtenu de résultat dans leurs efforts de transmission, il leur dit : « Il existe deux sortes de manières de propager, c’est-à-dire de semer la graine de la bouddhéité : faire entendre l’enseignement ou conduire les gens à éveiller la foi en eux. La première est claire, il s’agit de permettre aux gens d’entendre l’enseignement, et la seconde consiste à les guider pour éveiller en eux la foi et les amener à recevoir le Gohonzon. « Même si la personne à qui vous parlez ne commence pas à pratiquer tout de suite, puisque vous avez semé les graines de la boud­dhéité dans son cœur, elle pourra en définitive accepter cette foi. Aider les autres à connaître ce bouddhisme est le point de départ de la transmission. » Après avoir souligné cela, Shin’ichi encouragea ces pratiquants en leur disant : « Nous avons tendance à être déçus et découragés si, malgré tous nos efforts sincères pour partager le bouddhisme avec une personne, cette dernière n’adopte pas cette croyance. Mais les bienfaits obtenus en permettant à d’autres d’entendre l’enseignement et ceux que nous accumulons en les éveillant à l’enseignement sont identiques. L’important est de s’exprimer et de partager les enseignements bouddhiques corrects. « Vous connaissez tous le bodhisattva Jamais-Méprisant. Nos efforts en matière de transmission pour semer les graines du bouddhisme sont l’équivalent aujourd’hui de sa pratique. N’est-ce pas extraordinaire ? » En d’autres termes, cela veut dire avoir l’audace de partager le bouddhisme, même avec ceux qui ne souhaitent pas écouter, afin de leur permettre de créer un lien avec l’enseignement. Cet esprit se reflète également à travers les actions du bodhisattva Jamais-Méprisant. Ceux qui entendent l’enseignement de la Loi merveilleuse peuvent ne pas l’accepter immédiatement. Ils peuvent le rejeter […] En entendant parler de la Loi, cependant, leur vie forge un lien avec le bouddhisme et la graine de l’atteinte de la bouddhéité est semée dans leur vie. […] Shin’ichi Yamamoto dit aux personnes engagées dans la campagne de Yamaguchi : « Que quelqu’un qui a entendu parler du bouddhisme choisisse de pratiquer ou non relève de sa décision. Ce qui importe, c’est le nombre de personnes avec lesquelles nous partageons le bouddhisme, sur la base de notre souhait sincère de les voir heureux. « Notre objectif est que chacun établisse un bonheur durable en s’appuyant sur la pratique du bouddhisme de Nichiren. Par conséquent, il va de soi qu’il est essentiel pour nous d’avoir le profond désir que les personnes à qui nous parlons du bouddhisme s’engagent dans cette foi pour leur bien. Mais, même s’ils ne la pratiquent pas, il ne faut pas être découragé ni déçu. « Efforcez-vous de parler du bouddhisme à une première personne. Si cela ne se passe pas bien, adressez-vous alors à deux autres personnes. Si elles non plus ne réagissent pas positivement, parlez à trois, cinq, voire dix autres personnes, et si ces dix dialogues ne portent pas leurs fruits, alors parlez à vingt personnes. Si vous n’obtenez toujours pas de résultats, continuez à dialoguer avec trente, quarante personnes. Ce que je veux vous dire ici, c’est qu’il faut simplement continuer à partager le bouddhisme avec conviction et enthousiasme. Tous ces efforts se changeront en bienfaits et en bonne fortune. Ils constitueront une force qui vous permettra de transformer votre karma. « Nous sommes tous des “bodhisattvas Jamais-Méprisant” de l’époque contemporaine, des bodhisattvas surgis de la Terre. Nous suivons la même grande voie de la pratique bouddhique que Nichiren. » En entendant les paroles enthousiastes de Shin’ichi, le courage surgit dans le cœur des participants. L’esprit ainsi régénéré, ils s’élancèrent à nouveau et renouvelèrent leur détermination de partager le bouddhisme. La Nouvelle Révolution humaine, vol. 25, chap. « Lutte commune », pp. 123-127 Arakawa – août 1957 Shin’ichi dit : « Pour parvenir à une expansion sans précédent en l’espace d’une semaine, soit en un laps de temps très court, nous allons devoir faire surgir une grande sagesse. Je suis sûr que vous pensez tous au nombre de personnes à qui vous avez transmis le bouddhisme le mois dernier et le mois précédent. « Vous pensez sans doute avoir atteint vos limites et vous vous dites qu’il ne reste plus personne dans votre entourage avec qui partager le bouddhisme. Mais une telle façon de penser est en soi un obstacle. « Où se situe donc cet obstacle ? Dans notre propre esprit. Nous le créons nous-mêmes. Il y a en fait beaucoup de gens autour de nous avec qui nous pourrions parler du bouddhisme – simplement nous n’en n’avons pas eu l’occasion ou nous n’avons pas engagé avec eux un dialogue assez profond. « C’est là que la sagesse entre en jeu ; la sagesse qui permet d’engager le dialogue et de toucher le cœur de l’autre. Nous devons faire apparaître toute notre sagesse pour trouver les réponses à ces questions. » Les pratiquants écoutèrent attentivement Shin’ichi et hochèrent la tête en signe d’approbation. Shin’ichi poursuivit, en regardant chacun des participants : « Après avoir eu un simple échange avec quelqu’un, vous en concluez peut-être aussitôt qu’il ou elle n’est pas intéressée et que cela ne sert à rien de continuer. Mais l’esprit des gens change sans cesse, d’une minute à l’autre, et vous pouvez à coup sûr les éveiller en persévérant dans vos efforts de dialogue. « Parfois, nous devons remettre en question notre façon de communiquer. Par exemple, si nous disons à une personne qui rencontre des problèmes avec sa famille qu’elle peut surmonter la maladie grâce au bouddhisme, nous n’éveillerons pas son attention. De même, cela ne sert pas à grand-chose de dire à quelqu’un qui lutte contre la maladie que la foi l’aidera à réussir en affaires. Faire preuve de sagesse signifie aussi savoir obtenir la compréhension des autres. « Certains pratiquants ont des amis mais, en raison de leur manque de conviction, ils n’arrivent pas à leur parler de la foi de façon convaincante. Dans ce cas, il est judicieux qu’un aîné dans la foi les soutienne dans leurs dialogues sur le bouddhisme avec leurs amis. « Notre sagesse est par nature illimitée. Elle peut transformer l’impossible en possible. Et elle fait surgir la ferme détermination d’atteindre nos objectifs. D’une prière sincère naît la sagesse. » Shin’ichi expliqua ensuite qu’il fallait faire preuve de courage pour mettre la sagesse en action : « Comme Nichiren l’écrit : “Un sabre est inutile entre les mains d’un lâche” (Réponse à Kyo’o, Écrits, 415). Le sabre du Sûtra du Lotus, qui est la source de la sagesse illimitée, n’a aucun pouvoir si nous sommes lâches. « J’espère que vous aurez le courage de relever le défi de surmonter et de vaincre vos faiblesses, comme la tendance à éviter les tâches que vous n’aimez pas faire et à vous trouver des excuses pour justifier votre lâcheté et votre négativité. Agir avec courage est la clé pour réaliser votre révolution humaine et remporter la victoire dans tout ce que vous entreprenez. » La Nouvelle Révolution humaine, vol. 17, chap. « La citadelle des personnes ordinaires », pp. 225-227

Podcast "Sème la joie"