Mars 2024

Étude bouddhique

Thème

Réflexions sur la NRH

L’importante mission des journaux étudiants

Le mois dernier [en mars 2003], j’ai donné le premier cours d’une série spéciale à l’université Soka. Le thème portait sur Johann Wolfgang von Goethe, un auteur que j’ai lu avidement dans ma jeunesse et dont je discutais souvent avec mon maître, Josei Toda, le deuxième président de la Soka Gakkai. Comme ce cours eut lieu très peu de temps avant la cérémonie de remise des diplômes, il venait clore l’année pour beaucoup d’étudiants présents. J’étais heureux et soulagé de voir qu’ils avaient tous apprécié mon intervention. À la fin, j’ai partagé ces mots de Goethe : « Bonus vir semper tiro. » (Je resterai toujours un homme bon.) Ceux qui gardent un esprit jeune et ne cessent d’apprendre sont remarquables. Ceux qui le perdent sont à plaindre. Les personnes qui continuent d’apprendre cherchent parallèlement à utiliser concrètement ce qu’elles ont appris. C’est un processus cyclique, semblable à celui consistant à recharger une batterie pour ensuite utiliser son énergie. Quand nous aimons apprendre, nous souhaitons naturellement partager les nouvelles choses et idées qui apparaissent en nous. La caractéristique particulière et le privilège de la jeunesse sont le désir enthousiaste de s’exprimer, de partager avec le monde entier ; les jeunes sont animés par la flamme d’une passion ardente et leur énergie, qui jaillit du plus profond d’eux-mêmes, ne cherche qu’à s’extérioriser. Les jeunes sont en quête de vérité et de justice ; ils s’indignent contre la corruption et l’injustice ; dans leur esprit brûle la flamme de nobles idéaux. Ce feu intérieur se développe ensuite en un cri irrépressible qui jaillit de leur cœur avec autant de fracas que le tonnerre. C’est précisément pour cela que Goethe émit cette sévère mise en garde : « Jamais vous n’agirez sur [le cœur] des autres, si votre éloquence ne part pas du cœur même1. » Ce feu jailli de l’esprit de la jeunesse possède le pouvoir d’émouvoir et d’inspirer les autres, et de vaincre les ennemis. Récemment, des représentants du comité des étudiants de l’université Soka m’ont apporté un exemplaire de leur nouveau journal étudiant qui venait de sortir. Ce numéro, publié juste avant la cérémonie d’entrée de la nouvelle année académique, comprend un dossier spécial sur le cours que j’ai donné récemment à l’université. La passion des étudiants pour développer une réflexion profonde et agir dans les domaines de la paix, de la vie et de leurs études se reflète avec beaucoup de vivacité à travers les pages de ce journal. Dans la lutte pour faire connaître la vérité, il est essentiel de polir son intelligence et sa sagesse, d’acquérir des compétences concrètes et d’améliorer et de renforcer nos capacités à affirmer nos convictions en matière de vérité et de justice. En fait, c’est tout à fait crucial. Il existe de nombreuses autres publications à l’université Soka – comme le journal publié par le Club de la presse ou la newsletter du Comité de la paix, ainsi que d’autres revues et périodiques. Malgré leur caractère parfois abrupt, ces publications, qui expriment les convictions audacieuses et idéalistes des étudiants, sont une source d’inspiration pour leurs jeunes lecteurs et pour notre campus. Elles possèdent même le pouvoir d’influencer notre époque et notre société. Enfant, je rêvais de devenir journaliste. C’est pour cela que j’attends beaucoup de nos talentueux étudiants en journalisme, qui disposent du magnifique support d’un journal étudiant pour exprimer leurs messages en faveur de la vérité et de la justice. Dans l’Histoire, le premier journal étudiant connu s’appelait The Dartmouth. Il a été créé à la faculté de Dartmouth, à l’est des États-Unis. Le premier numéro parut en 1799. Le Yale Daily News de l’université Yale et le Columbia (Daily) Spectator de l’université de Columbia, qui remontent à la dernière moitié du 19e siècle, sont également très connus. L’héritage des luttes journalistiques de ces reporters et éditorialistes étudiants qui brandirent audacieusement leur plume pour la cause de la vérité et de la justice est véritablement admirable. Quand le dirigeant du mouvement des droits civiques américain, Martin Luther King, était étudiant à l’université Morehouse, il publia un essai intitulé « La finalité de l’éducation » dans un journal étudiant appelé The Maroon Tiger. Il y critique avec une grande perspicacité la vision erronée de ce qu’est la finalité de l’éducation pour beaucoup d’étudiants : « La plupart des “frères” pensent que l’éducation devrait leur fournir les meilleurs instruments d’exploitation pour qu’ils puissent piétiner éternellement les masses », écrit-il. En ce qui le concerne, il affirme au contraire que l’éducation n’est pas un « instrument d’exploitation » mais plutôt un « moyen noble », qui nous enseigne à réfléchir correctement. « L’intelligence combinée au caractère – voilà l’objectif de la véritable éducation », ajoute-t-il. Je partage en tout point son avis. Pour quelles fins doit-on utiliser les connaissances et aptitudes acquises grâce à des études supérieures ? Si elles ne servent pas à cultiver les bases même de notre caractère, nous serons malheureusement condamnés à devenir des « animaux talentueux » égocentriques et superficiels. L’Histoire ne veut plus de la perfidie de ces dirigeants et élites qui bafouent et méprisent les personnes ordinaires. Le temps où une petite élite arrogante peut dominer les autres est révolu – ou plutôt, nous devons veiller à ce que ce temps ne revienne pas. Nous devons faire paraître de nouveaux journaux annonçant une ère où les personnes bienveillantes triompheront au nom du bonheur et de la paix de l’humanité. « Dans quel but faudrait-il cultiver la sagesse ? » Pour la paix et le bonheur de tous. L’université Soka est une institution éducative fondée sur la réalisation de cet idéal. C’est une université créée pour les jeunes qui prendront la responsabilité d’une nouvelle ère attendue de longue date. De son campus n’émergera aucun dirigeant arrogant ; ce lieu a pour vocation de cultiver un humanisme dans lequel brille le sens d’une justice éclairée et où l’on s’engage à protéger les citoyens ordinaires anonymes de notre planète. Dans sa jeunesse, le Premier ministre chinois, Zhou Enlai, s’engagea d’abord dans le mouvement de la révolution en tant que rédacteur en chef d’un journal étudiant. En mai 1919, le mouvement antijaponais du 4 mai débuta à Pékin et se répandit rapidement dans tout le pays. Tout juste rentré en Chine après ses études au Japon, Zhou Enlai s’engagea corps et âme dans ce mouvement et, dès la fin du mois de juin, il se vit confier la publication du journal de la Ligue étudiante de Tianjin. Le 12 juillet, il présenta la ligne directrice de ce journal et le premier numéro sortit le 21 juillet. Dans son éditorial, il défendit l’idée que pour mettre en place les réformes, les étudiants devaient commencer par changer de l’intérieur, et cet appel fit grand bruit. C’était certes un journal pour les étudiants, mais il faisait preuve du plus haut niveau de professionnalisme. Non seulement les étudiants, mais également des chefs d’entreprise aussi bien que des ouvriers et des femmes au foyer le lurent. Un des amis de Zhou Enlai loua ses efforts, en disant que par ses articles il exerçait un impact plus considérable que s’il s’exprimait devant une foule de milliers de personnes. En sa qualité de rédacteur en chef, Zhou Enlai écrivit : « Chacun de nous doit s’intéresser aux affaires de l’État car sur les épaules de notre génération repose la responsabilité de sauver notre pays. » C’est pour cette raison qu’il s’opposa avec force aux pouvoirs arrogants qui gouvernaient la Chine et opprimaient son peuple. « Le temps est venu de s’éveiller et de chasser les forces de l’obscurité ! » Tel était le message porté par son cri. Ses paroles véhémentes étaient des armes destinées à lutter pour la justice et à renverser la corruption. C’était le sabre tranchant de la vérité qui fendait les sombres intrigues. Il menait une bataille pour stimuler le courage et la fierté du peuple. Zhou Enlai exprimait en fait ce que ce peuple voulait dire. Les mots qu’ils ne parvenaient pas à prononcer sortaient de sa plume avec la puissance d’un lion qui rugit. J’espère que nos journaux étudiants, notamment celui de l’université Soka, s’en inspireront. Si ce n’était pas le cas, ils n’auraient pas de raison d’être. Je ne peux oublier le commentaire perspicace de mon maître, le président Toda, qui a déclaré qu’avec l’approche de l’ère des médias, un journal pourrait représenter un atout de la plus haute importance pour notre mouvement. M. Toda était convaincu que cette ère viendrait quand la société et l’Histoire changeraient non pas du fait des manigances de quelques dirigeants ou d’une élite constituée en clan, mais grâce aux voix des personnes anonymes, aux paroles sincères et authentiques du peuple. Le journal Seikyo que le président Toda et moi avons créé à partir de rien est aujourd’hui une magnifique citadelle dédiée à la vérité et à la justice. Je m’en réjouis profondément. Je m’engage à ce que ce journal continue à progresser dans un avenir illimité. Développer de bonnes compétences en communication dès la jeunesse est un exercice qui mène à un grand développement personnel. Entre 20 et 30 ans, tout en me livrant à différentes tâches éditoriales sous la direction de M. Toda, j’ai également lu un grand nombre de livres, réfléchi à diverses questions et n’ai jamais cessé d’écrire. Je me souviens que dans le tumulte suscité par ­l’incident d’Osaka 2, souhaitant encourager les pratiquants, j’ai rédigé des essais sur Lord Byron et Beethoven pour le journal Seikyo. Même aujourd’hui, à l’âge de 75 ans, je me lance toujours ce défi. Je continue à écrire, à m’exprimer, à poursuivre la lutte des mots pour la vérité et la justice en rédigeant dix, cent, mille fois plus d’écrits que dans ma jeunesse. Lorsque Goethe observa sa vie du haut de ses 75 ans, il déclara : « Tout n’a été en fait que labeur et soucis ; je peux dire que durant mes soixante-quinze années de vie, je n’ai jamais connu un seul mois de confort véritable. » Telles sont les paroles d’un homme qui a longuement lutté en y mettant toute son ardeur. Une grande vie est faite de défis intenses et de luttes ardues. Mais en définitive ceux qui ont vécu ainsi et triomphé sont toujours rayonnants et positifs. Cette lutte par les mots, nous pouvons tous la mener là où nous sommes. Nombreux sont les héros engagés dans cette lutte qui, avec rien de plus qu’un stylo et du papier, ont fait trembler les plus puissants. Victor Hugo fut l’un de ces héros ; Émile Zola et Lu Xun également. Socrate en son temps ne disposait pas de stylo mais il mena sa lutte en s’engageant sans cesse dans le dialogue. Relevons des défis en mettant à profit notre esprit, notre voix et notre faculté d’écrire. Continuons à nous exprimer tant que nous respirons. Il est essentiel d’avoir le courage et la passion de faire entendre la voix de la vérité et la justice. Mon souhait le plus cher est que nos étudiants deviennent les jeunes champions d’une parole fondée sur la vérité et d’éloquents défenseurs de la justice, qui se consacrent à protéger les personnes ordinaires. Le grand philosophe américain Ralph Waldo Emerson a dit : « Une manière de parler et d’écrire qui ne sera jamais obsolète, c’est celle qui consiste à parler et à écrire avec sincérité. »

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À mes chers amis des quatre départements engagés dans notre lutte commune (partie 5/6)

Au département de la jeunesse : dépassez vos limites et devenez les porte-étendards d’un nouvel essor Dans cet épisode, j’aimerais étudier avec vous – mes jeunes amis bodhisattvas surgis de la Terre, qui êtes les porte-étendards d’un nouvel essor – le noble esprit de se dresser seul pour kosen rufu et d’agir avec bienveillance en considérant chaque personne comme précieuse. C’est l’esprit fondamental du bouddhisme de Nichiren et de la Soka Gakkai. « Dans tout le Japon, je suis le seul à réciter Nam-myoho-renge-kyo. Je suis comme un grain de poussière seul, marquant le commencement du mont Sumeru 1, ou comme l’unique goutte de rosée, annonçant le début du grand océan. Il est probable que deux personnes, puis trois, puis dix, puis cent, se rassembleront pour réciter [ce Daimoku] jusqu’à ce qu’il se propage dans une province, dans deux, puis dans l’ensemble des soixante-six provinces du Japon, jusqu’à atteindre les deux îles d’Iki et de Tsushima. Les personnes qui m’ont calomnié finiront par pratiquer également ; et tous, depuis le souverain jusqu’à la multitude des gens ordinaires, réciteront Nam-myoho-renge-kyo d’une seule voix, conformément à la description du chapitre « Les pouvoirs transcendantaux de l’Ainsi-Venu » du Sûtra du Lotus. Même si les arbres désirent rester immobiles, le vent ne cesse pas pour autant de souffler ; même si l’on souhaite que le printemps perdure, il laisse place à l’été. » Les bienfaits du Sûtra du Lotus 2, Écrits, 676-677 Le premier extrait que nous étudions ici est tiré de l’écrit Les bienfaits du Sûtra du Lotus où Nichiren illustre par son propre exemple l’esprit de se dresser seul. Il indique clairement qu’il est le premier à s’être lancé dans la propagation de la Loi merveilleuse à l’époque de la Fin de la Loi, une époque où il convient de transmettre le Daimoku du Sûtra du Lotus, Nam-myoho-renge-kyo, « ce remède extrêmement efficace » (SdL-XVI, 220) pour soulager les souffrances de tous les êtres vivants. Autrement dit, il s’est dressé seul pour ouvrir la grande voie menant l’humanité à l’illumination dans l’avenir éternel. Nichiren exprimait ici sa puissante conviction : cette récitation de Nam-myoho-renge-kyo, qu’il avait enseignée, allait se propager, et le temps viendrait où les habitants de tout le pays réciteraient tous ensemble le Daimoku (cf. Écrits, 677). Le courant de kosen rufu part d’une seule personne La Loi est la vérité éternelle sans commencement ni fin. Mais s’il n’y a pas une personne qui s’éveille à cette Loi et qui se dresse pour la transmettre aux autres, l’humanité ne pourra jamais en goûter les bienfaits. Après avoir atteint l’illumination sous l’arbre de la bodhi, le bouddha Shakyamuni, fondateur du bouddhisme, hésita : allait-il partager avec d’autres cette Loi à laquelle il s’était éveillé, sachant que c’était un enseignement sans précédent et qu’il rencontrerait donc sans aucun doute beaucoup d’incompréhension ? Finalement, il prit la décision de se dresser seul et d’enseigner la Loi pour le bonheur des êtres humains. Cet état d’esprit est la base immuable du bouddhisme depuis sa naissance. Quand Nichiren révéla pour la première fois son enseignement, lui aussi se dressa seul pour le propager, en étant parfaitement conscient des grandes difficultés qu’il devrait affronter. Il déclare : « Dans tout le Japon, je suis le seul à réciter Nam-myoho-renge-kyo. » (Écrits, 676) Ayant hérité du grand vœu de Nichiren, les trois présidents fondateurs de la Soka Gakkai se sont dressés pour la concrétisation de kosen rufu3. Et, aujourd’hui, nous sommes entrés dans l’ère splendide du kosen rufu mondial. Il s’agit d’un principe éternel. Dans tous les combats engagés pour kosen rufu, il n’y a pas de progression sans efforts ancrés dans cet esprit de se dresser par soi-même. Nous avons peut-être le sentiment que notre vie est aussi petite et insignifiante qu’un grain de poussière ou une goutte de rosée, mais quand nous nous dressons avec une profonde détermination et un noble état de vie rayonnant de joie, nous ne sommes plus un grain de poussière perdu parmi tant d’autres ni une goutte de rosée éphémère, mais plutôt ce « grain de poussière seul marquant le commencement du mont Sumeru » et « l’unique goutte de rosée annonçant le début du grand océan ». Un grain de poussière et une goutte de rosée sont à l’origine du gigantesque mont Sumeru et du vaste océan. Cette image s’accorde avec le principe des « trois mille mondes en un instant de vie 4 ». Tel est le pouvoir de trans­formation dynamique enseigné dans le bouddhisme. La lutte altruiste de Nichiren pour propager la Loi Nichiren écrit ensuite : « Les personnes qui m’ont calomnié finiront par pratiquer également. » (Écrits, 676) Comme il l’avait prédit, ceux qui l’avaient calomnié dans le passé ont fini par ouvrir les yeux et par s’éveiller au bien-fondé de ses paroles. Son inlassable lutte altruiste, face aux persécutions les plus rudes, ainsi que son comportement et la preuve factuelle qu’il manifesta incitèrent de nombreuses personnes à devenir ses disciples ou les transformèrent en alliés. Nichiren exprime sa profonde conviction en disant : « Tous, depuis le souverain jusqu’à la multitude des gens ordinaires, réciteront Nam-myoho-renge-kyo d’une seule voix […] » (Écrits, 676). Tous les êtres humains possèdent intrinsèquement l’état de bouddha. Il est donc important de toujours parler aux autres, en toute confiance et avec la plus grande sincérité, de la grandeur du bouddhisme de Nichiren et de la Soka Gakkai. Même s’ils ne nous comprennent pas et nous critiquent, leur état de bouddha finira par se manifester. La jeunesse a pour vocation de se dresser avec détermination M. Toda a dit : « Il est certain que kosen rufu finira par se réaliser si ne serait-ce qu’un seul jeune fait le vœu d’y consacrer toute sa vie. » En accord avec ces paroles, j’ai lutté de tout mon cœur pour être « ce jeune » qui ouvre la voie vers l’expansion de kosen rufu. Les jeunes du mouvement Soka doivent avoir la détermination de se dresser par eux-mêmes, sans attendre que quelqu’un d’autre le fasse avant. L’important est de devenir une personne qui manifeste un engagement aussi profond. J’espère que chacun de vous fera jaillir son courage, brisera ses limites intérieures, et lancera des dialogues pour développer notre mouvement sans se soucier de ce que les autres font ou disent. Les fondations du remarquable développement de kosen rufu auquel nous sommes parvenus aujourd’hui ont été établies grâce aux efforts intenses et passionnés de nos pratiquants pionniers qui ont dépassé leurs limites pour établir l’histoire de nouvelles réalisations. Si, sur la base d’une forte prière, vous vous lancez le défi d’engager des dialogues fondés sur le désir du bonheur des autres, vous ouvrirez à coup sûr la voie et accomplirez de nouvelles percées qui permettront le développement de notre mouvement de kosen rufu. Rien ne pourra arrêter le courant du kosen rufu mondial Nichiren a écrit : « Même si les arbres désirent rester immobiles, le vent ne cesse pas pour autant de souffler ; même si l’on souhaite que le printemps perdure, il laisse place à l’été. » (Écrits, 677) De même que personne ne peut empêcher le changement des saisons dans le monde naturel, rien ne pourra arrêter le courant de kosen rufu à l’époque de la Fin de la Loi. En fait, en ce XXIe siècle, le kosen rufu mondial constitue déjà un immense et irrépressible courant. Si un nombre toujours croissant de jeunes successeurs perpétue la tradition de se dresser dans la foi en toute autonomie, il est certain que notre mouvement de kosen rufu ne cessera jamais de croître. C’est ce que l’on appelle la perpétuation éternelle de la Loi. Tout dépend de chacun d’entre nous. En tant que jeunes, vous trouvez peut-être aujourd’hui votre environnement très complexe et exigeant. Je sais que certains luttent contre des conditions difficiles et que d’autres affrontent les tempêtes de leur karma. Mais à toutes les époques, les jeunes sont le moteur du changement. C’est tout particulièrement vrai pour ceux qui pratiquent ce magnifique bouddhisme de Nichiren. Les jeunes qui adoptent la Loi merveilleuse ont la force intérieure et la faculté de résilience qui leur permettent d’ouvrir la voie face aux vagues de l’adversité et de la souffrance, sans se laisser emporter. Votre autonomie dans la foi est la source de cette force suprême. M. Toda encouragea ainsi les jeunes : « Menez une vie joyeuse à l’endroit où vous vous trouvez maintenant, quelles que soient les circonstances. Il est important de faire des efforts pour accomplir votre mission. Même si vous êtes confrontés à des difficultés dans la vie, restez positifs. Sur la scène de la mission qui vous incombe, cherchez à donner le meilleur de vous-mêmes de façon à constituer un exemple pour le Japon et pour le monde entier ! »

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C’est à vous, mes jeunes successeurs, que je transmets le relais

Le président Ikeda a dit un jour aux membres du groupe Avenir : « Vous êtes les étoiles du futur. Vous êtes les successeurs de notre mouvement. Je vous ouvre la voie. Je ne redoute rien. Je vous confie le relais de kosen rufu1. » Le département des lycéens a été créé le 7 juin 1964 et celui des collégiens, six mois plus tard, le 15 janvier 1965. Durant les soixante dernières années, le président Ikeda a rencontré les membres de ces départements, les uns après les autres, pour créer des liens de cœur à cœur et les encourager chaleureusement. Il écrivit aussi de nombreux livres leur offrant des encouragements afin qu’ils soient pour eux des sources d’inspiration. Cette nouvelle série comprendra des extraits d’encouragements du président Ikeda destinés aux pratiquants de ces deux départements. Gongyo est un exercice spirituel quotidien L’« Année du nouveau départ pour une Soka Gakkai jeune dans le monde entier » vient de commencer. Beaucoup de pratiquants participent à des cérémonies de Nouvel An. Pourquoi les pratiquants de la Soka Gakkai font-ils Gongyo ? Voici quelques explications données par le président Ikeda sur le sujet. « Gongyo est une activité quotidienne par laquelle nous purifions et entraînons notre cœur et notre esprit. C’est ainsi que le matin nous mettons en route le moteur de notre journée. » « Certains ont de puissants moteurs et d’autres non. La puissance de notre moteur exerce une énorme influence sur ce que nous accomplissons dans le cours de notre vie. La différence peut être considérable. S’engager assidûment dans la pratique de Gongyo et réciter Nam-myoho-renge-kyo stimulent la puissance de notre moteur. » « Il n’est pas nécessaire de s’imposer une pression inutile. Le bouddhisme est fait pour libérer les gens, non pour les contraindre. Agir ne serait-ce qu’un peu chaque jour est important. La nourriture que nous mangeons chaque jour se transforme en énergie pour notre corps. Notre étude est aussi un précieux atout si nous fournissons des efforts réguliers jour après jour. Notre vie se crée à partir de ce que nous faisons et selon la manière dont nous menons notre existence quotidienne. C’est pour cela que nous devrions nous efforcer de vivre chaque journée de façon à nous améliorer constamment. La force motrice pour cela est notre pratique de Gongyo matin et soir. « S’exercer à la pratique du Sûtra du Lotus chaque jour s’apparente à un véritable entraînement spirituel intérieur. Cela purifie notre vie, et met en marche le moteur qui nous maintient toute la journée sur la bonne voie. Cette pratique favorise le fonctionnement harmonieux de notre corps et de notre esprit, et nous accorde au rythme de l’univers. » Extraits de Dialogues avec la jeunesse, t. 2, p. 23 Une personne intelligente n’abandonne jamais Au Japon comme dans d’autres pays, à l’occasion des vacances d’hiver, beaucoup de jeunes ont étudié régulièrement jour après jour, pour préparer leurs examens d’entrée dans des écoles particulières ou à l’université. Dans son intervention sur le thème « Qu’est-ce qu’être intelligent ? », le président Ikeda a fait part des observations ci-après. « Une personne intelligente n’abandonne jamais, quoi qu’il arrive. Quand elle se trouve confrontée à une situation qu’elle ne comprend pas, elle ne se laisse pas pour autant arrêter. Elle continue concrètement d’avancer, bien déterminée à parvenir à ses fins. Une personne qui a cette force mentale peut être qualifiée d’intelligente. « Ceci ne concerne pas seulement l’école mais la société en général. Ceux qui ne s’enfuient pas quand ils se retrouvent dans des situations qu’ils ne comprennent pas ou quand ils sont confrontés à des difficultés, finiront par remporter la victoire. Vous entraînez tous votre corps et votre esprit pour les temps futurs. » « Vos parents et vos enseignants vont peut-être se fâcher contre moi en entendant ce que je vais vous dire, mais je pense que si vous donnez vraiment le meilleur de vous-mêmes mais que vos notes ne s’améliorent pas encore, ce n’est pas grave. Il y a en effet quelque chose de bien plus important que les résultats à court terme, c’est d’acquérir l’habitude de faire de votre mieux, de toujours tout faire à cent pour cent ─– dans vos études ou dans n’importe quel autre domaine. Si vous y parvenez, vous vous renforcerez et développerez vos qualités, et vous parviendrez finalement à découvrir votre mission dans la vie. « L’habitude de toujours essayer de faire pour le mieux sans ménager vos efforts est ce qui peut vous permettre de faire apparaître tout votre potentiel en tant qu’être humain. Si vous avez pour coutume de persévérer, vous finirez par remporter la victoire, même si ça prend du temps. L’important est de ne jamais abandonner jusqu’à ce que vous remportiez la victoire. » Extraits de « Dialogue de l’espoir » Nos rêves sont des ailes Avez-vous des rêves ? Ce n’est pas grave si ce n’est pas le cas aujourd’hui. Il est certain que, à l’avenir, vous nourrirez de grands rêves auxquels vous n’avez même pas pensé. Le président Ikeda a offert les encouragements suivants à propos des rêves. « Mon maître, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, disait toujours : « Les jeunes gens devraient chérir des rêves qui paraissent même trop grands pour pouvoir se concrétiser. » « Les rêves sont comme des ailes. Ils nous permettent de nous envoler librement partout dans le monde. Ils sont comme un interrupteur qui active nos forces cachées. Les rêves sont aussi semblables à un phare éclairant la voie devant nous au cœur des ténèbres des difficultés. Ils sont le privilège de la jeunesse. Tant que nous persévérerons en étant fidèles à nos rêves, nous pourrons toujours aller de l’avant. « Bien sûr, les rêves sont appelés rêves parce qu’ils ne se sont pas encore réalisés. Pour qu’ils deviennent réalité, nous devons accomplir des efforts sincères. « Certains d’entre vous trouvent peut-être difficile d’avoir un rêve. Il est inutile d’être impatient. L’important est de faire face à tous les défis devant vous, un à un, en déployant toutes vos forces. En agissant ainsi, vous découvrirez à coup sûr le rêve unique qui est le vôtre. « Vous, mes jeunes successeurs, vous pratiquez le bouddhisme de Nichiren et vous faites se lever dans votre cœur le soleil de l’espoir en récitant Nam-myoho-renge-kyo. Soyez convaincus que vous pourrez à coup sûr ouvrir la scène de votre mission qui vous permettra de manifester librement votre potentiel et que votre futur s’étend à l’infini devant vous. » Extrait de « Sur les ailes de vos rêves »

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La Nouvelle Révolution humaine, vol. 9, chapitre « Jeunes phénix »

La jeunesse possède un potentiel illimité. Elle est animée d’un espoir infini, d’une passion ardente et d’un intarissable désir de se perfectionner. La force ardente de la jeunesse est un trésor infini pour toute l’humanité. La réunion de juin des responsables du département des jeunes hommes se déroula au gymnase de Taito à Tokyo, le 1er juin 1964. Lorsque le responsable de la jeunesse, Eisuke Akizuki, annonça que deux départements – celui des lycéens et celui des collégiens – allaient être créés au sein du département de la jeunesse, un tonnerre d’applaudissements ébranla la salle. Le département des lycéens regrouperait les élèves de lycée et serait rattaché au département des étudiants. Quant au département des collégiens, il se composerait des élèves des deux dernières années de l’école primaire et de collège, et ce seraient les membres des départements des jeunes hommes et des jeunes femmes au niveau de chaque chapitre qui s’en occuperaient. Les lycéens présents dans l’auditoire furent particulièrement heureux de cette annonce. À l’époque, ils participaient aux activités de la Soka Gakkai en tant que pratiquants de la jeunesse. Il n’était pas rare qu’ils assument des responsabilités en première ligne et entraînent jusqu’à une dizaine de pratiquants chacun. La question de la création de ces deux nouveaux départements avait été soumise à Shin’ichi pour la première fois, environ deux mois plus tôt. Celui-ci participait à une réunion avec plusieurs hauts responsables de la jeunesse, lorsque Goro Watari, responsable des étudiants, proposa d’élaborer une structure destinée à encourager les lycéens de terminale ainsi que les bacheliers qui préparaient les concours d’entrée à l’université, et ce afin de renforcer le département des étudiants. Shin’ichi répondit : « C’est une excellente suggestion en ce qui concerne les lycéens, mais je ne crois pas que nous devrions nous limiter aux élèves de dernière année. Essayons de concevoir un projet qui inclut tous les lycéens. Il s’agit d’une question capitale pour l’avenir du Japon. » Depuis longtemps, Shin’ichi avait profondément conscience de l’importance de former les lycéens, non seulement pour l’avenir de la Soka Gakkai, mais pour le Japon tout entier. Il était certes de la plus haute importance de faire participer les lycéens aux activités des départements des jeunes hommes et des jeunes femmes dans la mesure où cela leur permettait de dialoguer avec leurs aînés et stimulait leur croyance. Mais Shin’ichi pensait également qu’il était essentiel pour eux de disposer d’un forum susceptible de leur apporter des encouragements dans leurs études. Il en avait par conséquent conclu qu’il serait préférable pour les lycéens de posséder leur propre structure. Shin’ichi poursuivit : « Étant donné que nous avons un département pour les étudiants d’université, ce serait peut-être une bonne idée de créer un département séparé pour les lycéens. Ceux qui sont nés pendant le “baby-boom” de l’après-guerre fréquentent à présent le lycée, et ils sont si nombreux qu’ils représentent un énorme potentiel insuffisamment développé. Le problème, c’est que la société d’aujourd’hui n’a aucune idée de la manière dont on peut mettre en valeur cette immense richesse. » L’un des responsables du département des jeunes hommes intervint : « À vrai dire, de plus en plus de collégiens et d’élèves de cours moyen expriment le désir de prendre part aux activités des jeunes hommes et des jeunes femmes. Ayant grandi dans la Soka Gakkai, ces enfants ont vu leurs parents déployer joyeusement des efforts dans la pratique, et ils souhaitent ardemment faire de même. C’est également le cas pour les lycéens. « Mais les réunions du département de la jeunesse se tiennent d’habitude le soir, en semaine, et se terminent souvent vers 21 heures. Ce qui pose problème pour les collégiens et les élèves de l’école primaire. Je voudrais donc proposer de créer également un groupe indépendant pour ces jeunes. » Les activités des départements des jeunes hommes et des jeunes femmes exerçaient en effet une forte attraction sur les jeunes enfants. En avril de cette année-là, les jeunes hommes avançaient à pas de géant vers leur objectif : compter un million et demi de membres dans leur département pour l’année. Dans le même temps, les jeunes femmes, qui visaient le million de pratiquantes, progressaient également avec joie et dynamisme. Dans chaque chapitre et district, tous faisaient un maximum d’efforts et offraient un espoir éclatant aux autres départements. Ils incarnaient l’esprit de la Soka Gakkai. Les jeunes enfants admiraient leurs aînés du département de la jeunesse. Quand on leur demandait ce qu’ils voulaient devenir plus tard, bon nombre d’entre eux répondaient : « Membre du département des jeunes hommes ! » ou « Membre du département des jeunes femmes ! » Souvent ils entraient dans le groupe des Cuivres ou des Fifres et Tambours en attendant le moment où ils pourraient faire partie de ces départements en tant que membres à part entière. « Vous avez raison, répondit Shin’ichi. Réfléchissons également à la création d’un département des collégiens. Il s’agit d’une question tout aussi importante. « À propos, je crois que le Livre blanc sur la jeunesse, qui vient de paraître met l’accent sur l’aggravation du problème de la délinquance juvénile. Comment éduquer et former les jeunes est un sujet capital pour l’avenir du Japon. La Soka Gakkai est la seule organisation réellement capable d’aborder ce problème. » Le Livre blanc en question, publié par le gouvernement japonais en mars de cette année 1964, révélait une forte augmentation de la criminalité juvénile d’une année sur l’autre. Il notait également une hausse du nombre des crimes et délits commis par les jeunes enfants ; ainsi, ceux perpétrés par les adolescents de 14-15 ans avaient augmenté de 35 pour cent par rapport à l’année précédente. On notait en outre un accroissement de la délinquance parmi les enfants issus des classes moyennes. Les principaux responsables du département de la jeunesse écoutaient avec attention les paroles de Shin’ichi : « Le Livre blanc soutient que la délinquance juvénile est directement liée à l’urbanisation croissante du Japon, ce qui m’a profondément frappé. Le rapport affirme que quand les jeunes se rendent dans les endroits à la mode des grandes villes, ils se sentent perdus au milieu de toute cette foule. Progressivement, le sentiment de leur identité diminue, ce qui à son tour conduit à un affaiblissement de leur sens des responsabilités. Selon le rapport, cette tendance est susceptible d’aboutir finalement à un comportement criminel. « Le Livre blanc souligne également que la criminalité juvénile d’aujourd’hui n’est pas engendrée par la pauvreté comme cela a été le cas auparavant, mais qu’elle est plutôt le fait de jeunes dont la vie est relativement normale. Je pense que c’est là un point capital. Le Japon a complètement vaincu la pauvreté dont il a souffert après la Seconde Guerre mondiale. Il est même devenu une nation plutôt prospère. Le nombre de personnes qui fréquentent les lycées et les universités a augmenté. De même, le visage de nos villes a changé. En particulier grâce aux Jeux olympiques qui se dérouleront à Tokyo l’automne prochain, nous avons assisté à une amélioration considérable de l’environnement physique de Tokyo. « Pourtant la criminalité juvénile est en hausse et la tendance à la délinquance se renforce. Quelle en est, selon vous, la raison ? » Une responsable du département des jeunes femmes répondit : « Je crois que c’est parce que les enfants n’ont rien à quoi consacrer leur énergie et, par conséquent, se sentent prisonniers d’un vide spirituel qui ne fait que s’élargir. On leur dit que tout ce qui compte c’est de réussir les concours d’entrée scolaires ; ils sont donc incapables de concevoir que la vie ait d’autres finalités. » Un responsable des jeunes hommes donna alors son opinion : « Il me semble que, comme l’affirme le Livre blanc, de plus en plus de jeunes perdent le sentiment de leur existence. Ils ne trouvent pas leur place dans la vie et se croient quantité négligeable. Je suis persuadé que les actes de délinquance juvénile sont l’expression de cette incertitude et de cette anxiété. — Autrement dit, répondit Shin’ichi, les jeunes perdent de vue la valeur fondamentale de leur être aussi bien que de leur vie elle-même ; ils ne voient pas de raison de vivre. Le gouvernement a investi beaucoup d’énergie dans l’éducation dans le but de “former les gens”. Pourtant, notre système éducatif actuel est encore loin d’apprendre aux enfants quoi que ce soit sur leur mission dans la vie ni sur la façon de créer des valeurs porteuses de vie. Il n’a pas été non plus capable de leur enseigner ce que sont le bien et le mal ni l’importance de réparer les injustices. « Le fond du problème est que le système éducatif japonais est dépourvu de philosophie humaniste et n’est donc pas en mesure de former des personnes dotées d’une authentique humanité. » D’une voix douce, il poursuivit : « Quand on considère l’avenir du Japon et du monde, il devient évident que la manière dont nous éduquons nos collégiens et nos lycéens est cruciale. C’est la mission de la Soka Gakkai de donner l’exemple dans cette voie, et ce sera l’un des rôles que nous aurons à jouer dans la société. Si vous êtes tous d’accord, j’aimerais donc créer à la fois un département des lycéens et un département des collégiens. » Le phénix était un oiseau mythique vénéré depuis la Chine ancienne. Considéré comme un symbole de bon augure, il aurait été le présage de l’avènement d’un souverain qui gouvernerait avec justice et humanité. De même, Nichiren Daishonin comparait le Sûtra du Lotus, le roi de tous les sûtras, à un phénix. Shin’ichi qualifiait les membres lycéens de jeunes phénix afin d’exprimer son désir sincère de les voir devenir les grands responsables de la future génération. […] Le responsable du département des lycéens, Masaya Ueno, présenta l’éditorial écrit par le président Yamamoto pour le numéro de novembre du Daibyakurenge, “Jeunes Phénix, prenez votre envol vers l’avenir !” Il lut à haute voix : « À mes jeunes amis du département des lycéens qui sont tournés vers l’avenir et en assumeront la responsabilité ! Vous êtes les jeunes phénix qui réaliseront kosen rufu. Votre développement est l’espoir de la Soka Gakkai ; il est le signe annonciateur d’une aube nouvelle pour le Japon et pour le reste du monde. « Le département des lycéens est le premier département créé depuis que nous sommes entrés dans l’époque essentielle de notre mouvement. Son essor rapide et remarquable est stupéfiant, tel un ruisseau qui se déverserait soudain dans les eaux d’une rivière majestueuse. Votre rôle en tant que force motrice de la société à l’avenir est une nécessité historique. » Les lycéens écoutaient attentivement. Le texte se poursuivait ainsi : « Aussi longtemps que la Soka Gakkai débordera d’une énergie vitale solide, juvénile et pure, ses fondations seront à jamais inébranlables et il ne fait aucun doute que nous pourrons accomplir la noble tâche d’instaurer une société paisible basée sur les enseignements corrects. C’est la preuve même que la Soka Gakkai met en action l’injonction de “perpétuer éternellement la Loi”. » Le président Yamamoto attendait beaucoup des étudiants. Évoquant en quelques mots le principe bouddhique « tirer de ­l’indigo un bleu encore plus profond 1 », il affirmait que les membres du département des lycéens étaient de véritables jeunes phénix et qu’il avait une confiance immense dans leur noble mission en tant que futurs dirigeants de la Soka Gakkai qui permettraient à l’organisation de progresser encore davantage. Shin’ichi déclarait également que la jeunesse était une période cruciale pour façonner sa personnalité et que les efforts déployés entre les âges de 10 et 30 ans se révélaient décisifs pour l’avenir d’une personne. Il recommandait avec insistance : « J’espère que, en tant que jeunes qui adhérent au bouddhisme suprême de Nichiren, vous prendrez profondément conscience que chacun de vos actes présents constitue à la fois une expérience précieuse en elle-même et un élément essentiel pour consolider les bases de votre vie. » Shin’ichi voulait que les lycéens comprennent le sens de la croyance et déploient des efforts à cet égard en récitant Daimoku, car c’est de cette manière que l’on se forge une grande sagesse, que l’on enrichit sa vie et que l’on acquiert force et santé. Il les exhortait ensuite : « J’espère sincèrement que vous accorderez la priorité absolue à vos études et que vous vous efforcerez d’acquérir de vastes connaissances, propres à conduire à des réalisations remarquables à l’avenir. » Dans ce texte, Shin’ichi exposait clairement l’objectif principal des lycéens dans ses grandes lignes. C’est ainsi que « Priorité aux études » devint la directive éternelle du département. La lecture de l’éditorial se poursuivit : « Je sais que nombre d’entre vous sont totalement plongés dans la préparation des concours d’entrée à l’université, tandis que d’autres prennent des cours du soir tout en travaillant énormément pendant la journée, s’appliquant avec assiduité malgré des conditions difficiles. J’imagine également que certains entreront dans la vie active immédiatement après l’obtention de leur diplôme, pendant que d’autres encore iront à l’université et se consacreront à leurs études pendant de nombreuses années. » L’éditorial reflétait le désir fervent de Shin’ichi d’encourager chacun des pratiquants lycéens. Il écrivait encore : « Si vous vivez avec une foi solide, basée sur la Loi merveilleuse, vous connaîtrez sans aucun doute le bonheur véritable et la véritable victoire dans la vie, et vous serez capables de remplir votre véritable mission pour kosen rufu. » Abordant ensuite le sujet du cycle d’instabilité qui prévalait dans le monde et celui de la situation actuelle du Japon, Shin’ichi remarquait qu’en raison d’une absence de fondement philosophique les gens perdaient confiance et espoir dans l’avenir et que l’augmentation de la délinquance juvénile, en particulier, était le reflet d’une situation sociétale confuse. Il demandait ensuite aux lycéens de contribuer à l’édification d’un siècle nouveau. « Il est temps pour nous à présent d’avancer vers la réalisation de la paix mondiale, ce que nous appelons le kosen rufu mondial, en y mettant toutes nos forces. Je me suis entièrement voué à vous ouvrir la voie, et je suis déterminé à continuer ainsi. J’espère que vous conserverez sans cesse la pureté de votre croyance et que vous hériterez tous de ­l’esprit véritable de la Soka Gakkai et accomplirez librement et joyeusement vos missions respectives en vous appuyant sur les fondations que vos prédécesseurs se sont donné tant de mal à établir… « Je prie toujours pour votre magnifique essor en tant que jeunes bodhisattvas surgis de la Terre qui agiront pour le bien de la société, pour la Loi et pour vous-mêmes. » La lecture de Masaya Ueno terminée, un tonnerre d’applaudissements secoua les murs du gymnase pendant quelques instants. Fixer des objectifs revient à acquérir courage et espoir. Les participants eurent le sentiment qu’un vaste océan d’espoir s’ouvrait devant eux. Une fois paru le numéro de novembre du Daibyakurenge, tous les pratiquants lycéens du Japon lurent et relurent l’éditorial à plusieurs reprises, dévorant son contenu mot par mot. Le texte fut lu à voix haute à l’occasion de leurs divers rassemblements, et les membres l’eurent bientôt mémorisé. C’est ainsi que les jeunes phénix en vinrent à prendre conscience de leur très noble et très profonde mission. Les paroles de Shin’ichi eurent un impact considérable sur les lycéens. Certains, dont les familles se débattaient dans des difficultés financières, eurent l’idée de travailler comme livreurs de journaux afin de gagner de quoi entrer à l’université. Par ailleurs, l’intensité des Daimoku récités par tous les lycéens s’accrut. Comme pour se faire concurrence, ils se mirent également à étudier avec acharnement. […] [Shin’ichi] prit la parole et confia en toute franchise ses sentiments : « Nous sommes dans “l’Année de l’aube” et “l’Année du département des lycéens”. On l’a appelée “Année de l’aube” parce que c’est celle où le département des lycéens deviendra autonome et sera à l’avant-garde pour annoncer l’aube de véritables efforts en faveur de kosen rufu. Je vous attendais. « La relation entre maître et disciple est comparable à celle qui existe entre l’aiguille et le fil. Le maître est l’aiguille et le disciple, le fil. En couture, l’aiguille ouvre la voie dans le tissu, mais à la fin elle devient inutile et c’est le fil qui reste en place et maintient le tout. Je suis l’aiguille. Vous êtes ceux qui demeureront sur la scène de kosen rufu après mon départ. « Je suis fermement convaincu que mon action la plus importante dans la période essentielle de notre mouvement consiste à préparer le terrain pour vous. »

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