Juillet-août 2024

Étude bouddhique

Thème

Étude bouddhique

Apprendre de la NRH. Volume 25

Le 18 novembre de cette année, où nous avons célébré le 90e anniversaire de notre fondation, a marqué le début d’une décennie pour bâtir une nouvelle Soka Gakkai jeune vers notre centenaire en 2030. Nous avons choisi d’appeler cette année 2021, la première de cette période cruciale de dix ans, « l’Année de l’espoir et de la victoire ». En cette année significative, nous célébrerons non seulement le 55e anniversaire de la création du département des hommes, le 5 mars, mais aussi le 70e anniversaire du département des femmes, le 10 juin, et également le 70e anniversaire des départements des jeunes hommes et des jeunes femmes, respectivement les 11 et 19 juillet. Ce sera aussi les soixante-cinq ans des campagnes d’Osaka et de Yamaguchi, jalons dorés de notre histoire où le président Ikeda ouvrit largement la voie à l’expansion de kosen rufu. Shin’ichi Yamamoto évoque ainsi l’importance de ces commémorations dans le chapitre « La citadelle des personnes ordinaires » du volume 25 de La Nouvelle Révolution humaine : « La Soka Gakkai a adopté de nombreuses dates commémoratives. L’objectif est de se souvenir d’un point originel, de transmettre notre histoire et notre esprit aux futures générations, et d’aller chaque année de l’avant en renouvelant notre détermination. [...] Notre histoire et nos commémorations n’ont de signification que si nous les transformons en source de force pour le présent. » Chaque année, nous avons bâti notre mouvement de kosen rufu selon un rythme consistant à progresser et à atteindre des objectifs pour le 3 mai, Jour de la Soka Gakkai, et le 18 novembre, Jour de la fondation de la Soka Gakkai. Si nous choisissons de célébrer des anniversaires tels que ceux-là, ce n’est pas simplement pour réfléchir sur notre histoire. Ils marquent aussi un nouveau départ vers l’avenir et l’important est donc de les utiliser afin de créer un nouvel élan – c’est-à-dire de faire un vœu et de nous lancer un nouveau défi dans notre vie. Le volume 25 décrit en détail les voyages réalisés par Shin’ichi en 1977 pour encourager les pratiquants dans les préfectures de Fukushima, Yamaguchi, Fukuoka, Saga et Kumamoto, avec la détermination d’« établir les fondations fermes et durables de la foi dans le cœur de chaque pratiquant ». À ce moment-là, le mouvement de kosen rufu entrait dans une nouvelle phase avec l’ouverture de nouveaux centres de la Soka Gakkai dans divers quartiers et préfectures au Japon, et les visites de Shin’ichi dans ces centres devinrent une étape profondément significative de la relation de maître et disciple pour les pratiquants qui résidaient dans ces lieux. Apprendre l’esprit de maître et disciple qui est intrinsèquement lié à ces dates et événements significatifs et le traduire en action sont pour nous la force motrice qui nous permet de créer une magnifique histoire qui s’étendra à la postérité. Le département de la jeunesse au Japon a lancé une nouvelle campagne, le projet pour la Génération Nouvelle Révolution Humaine [visant à apprendre l’esprit du maître en étudiant ensemble ce roman]. Ce projet s’étendra du 18 novembre 2020 au 18 novembre 2023. En prenant pour objectif le centenaire de la Soka Gakkai, faisons nôtre le cœur de notre maître qui est au centre de La Nouvelle Révolution humaine et créons la « plus merveilleuse histoire » (Lettre aux deux frères Ikegami, Écrits, 503) qui inspirera à coup sûr les générations à venir. Le rayonnement de la vie En juillet 2011, lors de la 50e réunion des responsables de la Soka Gakkai, a été annoncée la publication en feuilleton du premier chapitre du volume 25 de La Nouvelle Révolution humaine, intitulé « La lumière du bonheur » à partir de septembre de cette année-là, soit six mois après le tremblement de terre et le tsunami dévastateurs de Tohoku, le 11 mars. Dans le discours qu’il prononça lors de cette réunion, le président Ikeda exprima son intention de consacrer ce chapitre aux pratiquants de Tohoku, qui s’employaient alors à reconstruire leur vie et leur environnement : « Ensemble avec tous mes compagnons de pratique victorieux de Tohoku, je souhaite proclamer de nouveau face au monde, et pour la postérité, que votre détermination à ne jamais être vaincus est illuminée par la grande lumière du bonheur – une lumière qui sera sans aucun doute toujours plus éclatante et se répandra largement ! » Le chapitre « La lumière du bonheur » commence par ces mots : Voici venu le printemps ! Voici venu le printemps de la renaissance ! Il décrit ensuite en détail la visite de Shin’ichi à Tohoku, dans la préfecture de Fukushima, le 11 mars 1977. Le lendemain, lors d’une réunion avec des représentants des responsables au centre culturel de Fukushima, qui venait tout juste d’être inauguré, Shin’ichi transmit cet encouragement aux participants : « Il est essentiel d’être énergique et d’avoir une vie qui brille de tout son éclat. Ce rayonnement illuminera alors même la face obscure de la vie. C’est cela, la lumière du bonheur. » Je ne peux qu’imaginer l’espoir et la force immenses que ces paroles d’encouragement ont apportés aux pratiquants de Tohoku, dont la vie était dévastée par le tremblement de terre et le tsunami. L’année prochaine [2021] marquera le dixième anniversaire de ce désastre et de la publication du chapitre « La lumière du ­bonheur » dans le journal Seikyo. Dans ce chapitre, Shin’ichi souligne aussi à quel point la participation aux activités de la Soka Gakkai nous permet de polir notre vie : « Elles [les activités de la Soka Gakkai] illuminent la voie directe vers le bonheur absolu, transforment la vie des gens et permettent d’établir une société prospère et de créer la paix mondiale. » À propos de notre mission, il ajoute que notre foi et notre pratique bouddhiques nous permettent de « nous dresser résolument et de persévérer, quelles que soient les souffrances qui nous assaillent » et c’est cela, vivre en tant que bodhisattvas surgis de la Terre et pratiquants authentiques de la Soka Gakkai. Maintenant, plus que jamais, alors que le monde fait face aux défis soulevés par l’épidémie de coronavirus, gravons dans notre cœur les encouragements contenus dans ce chapitre. En tant que pratiquants de la Soka Gakkai, dressons-nous avec fierté et encourageons les autres, en illuminant le monde avec la lumière du bonheur. Orientations pour développer le département de la jeunesse Comme cela est expliqué dans le volume 25, kosen rufu n’est pas un point final qu’il faut atteindre. C’est le flot lui-même. Pour expliquer ce point, Shin’ichi déclare : « Seuls les jeunes peuvent faire se lever la prochaine vague de kosen rufu. Et les générations successives doivent faire croître ces vagues qui marquent le développement de notre mouvement. Ce sont ces efforts constants que nous appelons kosen rufu. » Ce volume comporte de nombreuses orientations importantes sur le rôle et la mission de la jeunesse pour kosen rufu et l’on y trouve aussi des points clés pour former la jeunesse. Nos membres du département de la jeunesse sont les précieux successeurs de la Soka Gakkai. Ce sont tous des personnes de valeur à qui est confiée la mission de développer notre ­mouvement et de le faire s’épanouir comme jamais auparavant. Dans le chapitre « La lumière du bonheur », durant une réunion informelle avec quelques responsables, Shin’ichi indique qu’il aimerait que la jeunesse acquière la force et la capacité d’amener d’autres personnes à cette pratique et à la propagation du bouddhisme. Il déclare que si nous n’encourageons pas les jeunes à devenir de grands champions de la compréhension et de la diffusion du bouddhisme, la Soka Gakkai n’aura pas d’avenir. Les récits des activités de transmission, notamment la campagne du « 10 par groupe » du chapitre Bunkyo et la campagne de Yamaguchi, nous apprennent que la clé pour briser les limites étroites de notre perception et développer l’organisation n’est autre que la lutte commune du maître et du disciple. Dans le chapitre « Douce brise », nous pouvons lire : « Offrir des encouragements et partager ce bouddhisme dépendent du lien que vous avez su développer au niveau le plus profond avec votre interlocuteur. » Tel est l’esprit fondamental de toutes nos activités bouddhiques. Quelle que soit l’époque, l’existence de la Soka Gakkai dépendra toujours des échanges de cœur à cœur, c’est-à-dire de la façon dont une vie peut en inspirer une autre. Le moyen de faire véritablement avancer kosen rufu consiste à « être prêt à se rendre partout pour le bien d’une autre personne, à lui faire connaître le bouddhisme et à l’encourager de tout son cœur ». Le volume 25 clarifie aussi trois points importants pour les membres du département de la jeunesse afin qu’ils accomplissent leur mission de successeurs : 1. Acquérir des expériences pour approfondir leur conviction ; 2. S’engager dans l’étude bouddhique pour comprendre comment vivre en se basant sur les principes bouddhiques et 3. Approfondir le lien de maître et disciple, et renforcer l’amitié et la solidarité avec nos compagnons de pratique. Le chapitre « Lutte commune » contient le passage suivant : « Il [Shin’ichi] ajouta que les activités pour kosen rufu devaient s’appuyer sur une bonne compréhension des changements de l’époque et qu’il fallait mettre au point des méthodes concrètes efficaces pour répondre à ces changements. » En accord avec cette orientation et en prenant toutes les précautions nécessaires, le département des jeunes hommes du Japon organise régulièrement des réunions pour partager des expériences dans la foi et insuffler du courage à ceux qui les entourent. Quant aux jeunes femmes, tout en s’encourageant mutuellement telles des sœurs au sein du groupe Kayo-kai, elles lancent elles aussi dans tout le Japon une nouvelle campagne de dialogues de personne à personne (de décembre 2020 à janvier 2021) afin de donner de l’espoir à toutes celles qui les entourent. En s’appuyant sur la sagesse et la créativité, ces initiatives conçues par le département de la Jeunesse sont vraiment une réponse efficace et concrète aux besoins de l’époque. Pour célébrer le 90e anniversaire de la fondation de la Soka Gakkai, le 18 novembre de cette année [2020], le président Ikeda a composé le poème suivant : « Ô vous jeunes lions débordant de joie, bodhisattvas surgis de la Terre depuis le temps sans commencement, remportez la victoire et forgez-vous avec passion en allant de l’avant, afin de transformer le grand mal en grand bien. » Tout en louant et en encourageant les efforts sincères de nos précieux « jeunes lions », avançons en formant une solide unité en tant que disciples du président Ikeda et ouvrons triomphalement la voie à des histoires d’espoir et de victoire. Passages clés du volume 25 « Ceux qui pensent uniquement à leur bonheur deviendront anxieux et faibles, tandis que ceux qui se déterminent à vivre pour kosen rufu et à développer une foi profonde auront un esprit de plus en plus large et résilient. » Chap. « Lumière du bonheur » « L’orientation de notre vie est influencée par notre bonne fortune. La reconnaissance est importante pour accumuler de la bonne fortune. » Chap. « Lumière du bonheur » « Plus vous marchez, plus vous tracez un chemin. Plus vous dialoguez, plus vous semez les graines de l’espoir. Ne laissons pas les difficultés entraver notre progression. Tous nos efforts inlassables deviendront les joyaux étincelants de notre bonne fortune. » Chap. « Lutte commune » « La valeur d’un aîné se manifeste à travers les réalisations de ses cadets. Quand les aînés se plaignent de l’immaturité ou de ­l’incompétence de leurs cadets, ils ne manifestent en réalité que leur propre manque de compétence et de responsabilité. » Chap. « Lutte commune » « Kosen rufu commence par cet effort pour éveiller et former des personnes en les encourageant les unes après les autres. » Chap. « Douce brise » « Surpasser notre maître dans les luttes est la marque d’un véritable disciple. La clé pour la perpétuation éternelle de la Loi consiste à faire progresser kosen rufu encore plus que ne l’aurait fait notre maître durant sa présidence. » Chap. « La citadelle des personnes ordinaires » 1. Moments inoubliables, volume 25 − par Hiromasa Ikeda, vice-responsable de la SGI Paru dans le journal Seikyo, le 11 novembre 2020. Un combat pour kosen rufu mené sous la pluie En juillet 1957, Shin’ichi Yamamoto qui, à l’époque, était responsable du bureau du département de la jeunesse, fut arrêté à Osaka sur la base de fausses accusations dans ce qui allait être nommé par la suite l’incident d’Osaka. En réponse, les membres du chapitre Bunkyo de Hamadori, dans la préfecture de Fukushima, renforcèrent leur détermination et ne ménagèrent pas leurs efforts pour remporter la victoire dans la campagne de propagation lancée par Shin’ichi avec comme objectif d’amener à la pratique dix nouveaux foyers par groupe. Un des pratiquants du secteur de Hamadori avait perdu son emploi un mois plus tôt quand l’entreprise pour laquelle il travaillait avait fait faillite. Ses deux enfants étaient en mauvaise santé, et sa vie était bien difficile. À cette époque, il parcourut près de vingt kilomètres pour se rendre chez un ami et lui parler du bouddhisme de Nichiren. Il parlait avec tant d’ardeur qu’il manqua le train pour rentrer chez lui. Faute d’alternative, il se mit à marcher en suivant les rails. Les derniers mots que son ami avait prononcés lors de leur conversation sur le bouddhisme l’avaient profondément frappé : « Avant d’aller voir les gens pour leur parler du bouddhisme, tu devrais d’abord trouver un travail. Et si cette foi et cette pratique bouddhiques sont si merveilleuses, pourquoi tes enfants sont-ils toujours malades ? » [...] Tout au long de la conversation, son ami avait souri avec un air sceptique et parlé d’un ton sarcastique. En rentrant à pied ce soir-là, le pratiquant ressentit une immense amertume et ne put s’empêcher de pleurer. Tandis que ses larmes coulaient, il sentit des gouttes tomber sur son visage. Il pleuvait. Malheureusement il n’avait pas de parapluie. La pluie s’intensifia. [...] Après deux heures de marche, il se souvint soudain d’un encouragement de Shin’ichi lors d’une réunion du chapitre Bunkyo : « Il y a des moments où vous serez attaqués ou calomniés et critiqués par ceux à qui vous présentez ce bouddhisme. Vous connaîtrez peut-être bien d’autres expériences amères. Mais c’est exactement ce que prédisent le Sûtra du Lotus et Nichiren. Serrez simplement les dents, soyez déterminés à ne pas être vaincus et poursuivez vos efforts. C’est l’occasion d’effacer vos offenses passées. Alléger ces rétributions et transformer son karma sont les fondements de notre pratique bouddhique. Quand vous en serez convaincus, alors toutes vos souffrances se transformeront en grande joie. » Tout en se remémorant l’encouragement de Shin’ichi, l’homme se dit : « Je me demande ce que M. Yamamoto fait à cet instant. Il est en garde à vue depuis plusieurs jours maintenant. Il subit probablement de rudes interrogatoires quotidiens. Il n’a pas le droit de sortir et ne peut pas librement contacter sa famille. Pourtant, en dépit de tout cela, il défend la justesse de la Soka Gakkai et mène une lutte audacieuse en prison. Comparé à lui, je suis dans une situation bien tranquille ! Si je suis faible et me laisse vaincre, cela équivaut à abandonner M. Yamamoto. Je ne serai pas vaincu ! » [...] La pluie se mit à tomber encore plus fort. Mais l’homme se mit à marcher vigoureusement à grandes enjambées, tout en entonnant des chants de la Soka Gakkai pour se donner du courage sous la pluie. La flamme de sa détermination à réaliser kosen rufu brûlait avec éclat, ardeur et intensité. Chapitre « La lumière du bonheur » Une organisation composée de personnes ordinaires dignes de respect Depuis l’automne 1956, la campagne de propagation de Yamaguchi, engagée sous la direction de Shin’ichi, avançait à grands pas. De nombreux pratiquants furent profondément inspirés par les encouragements de Shin’ichi et décidèrent alors de se dresser. Lors d’une réunion de discussion à Hofu, dans la préfecture de Yamaguchi, Shin’ichi répondit aux questions des participants qui lui firent souvent part des souffrances intenses qu’ils ressentaient en raison de diverses difficultés personnelles. Au fur et à mesure que Shin’ichi parlait, les doutes des invités se dissipaient et l’atmosphère se transforma et fut gagnée par la lumière de l’espoir et de la revitalisation. Après que Shin’ichi eut répondu à la plupart des questions, un homme moustachu doté d’une grande influence au niveau local, qui avait été invité là par un ami, déclara d’un air condescendant : « Contrairement à la plupart des personnes présentes ici, je n’ai pas de problèmes d’argent. En fait, mon seul problème est de déterminer quel sera mon prochain grand succès en affaires. Auriez-vous de bons conseils à me donner dans ce domaine ? » [...] Shin’ichi prit soudain un ton sévère qui surprit les autres participants. Sa voix puissante résonna dans la pièce : « La Soka Gakkai est l’alliée des personnes ordinaires, l’alliée de celles et ceux qui souffrent. Les personnes obnubilées par des considérations aussi superficielles que l’apparence, le statut et les titres ne comprendront jamais vraiment le cœur de la Soka Gakkai ou du bouddhisme. » L’homme d’affaires fut stupéfait par les paroles directes de Shin’ichi et cligna des yeux, visiblement décontenancé. Shin’ichi poursuivit sur un ton plus doux : « La plupart des pratiquants présents ici souffrent de difficultés économiques ou de maladie. Mais ils essaient de toutes leurs forces de surmonter ces problèmes. En plus d’affronter leurs difficultés, ils luttent chaque jour pour aider les autres à devenir heureux, malgré les moqueries et le mépris dont ils sont la cible. » [...] « La société se concentre généralement sur des aspects tels que l’argent, le statut social et la renommée, perdant ainsi de vue les trésors du cœur. Mais la seule manière de mener une vie véritablement heureuse consiste à accumuler ces trésors du cœur. Le bouddhisme nous encourage à polir notre être intérieur jusqu’à ce qu’il brille afin d’établir un soi que rien ne peut vaincre. La Soka Gakkai se consacre à propager le bouddhisme de Nichiren afin d’éliminer la misère et le malheur du monde. [...] » À la fin, des applaudissements résonnèrent dans la pièce et la plupart des invités voulurent rejoindre le mouvement, y compris l’homme d’affaires qui avait été impressionné par les propos de Shin’ichi. [...] Cet homme d’affaires déclara avec un enthousiasme irrépressible : « [...] Quel jeune homme impressionnant ! Ses paroles m’ont touché profondément. Elles m’ont ébranlé au point que je me suis trouvé totalement déboussolé. Cette philosophie doit être vraiment très puissante ! » Chapitre « Lutte commune » Des encouragements fondés sur l’empathie touchent le cœur des autres Hideyoshi Sakata fut l’une des personnes inspirées par Shin’ichi durant la campagne de Yamaguchi en 1956. Au cours de cette période, il apprit un jour par un autre pratiquant que Shin’ichi allait arriver ce soir-là à Tokuyama et, sitôt son travail achevé, il sauta sur sa moto pour se rendre à l’hôtel où Shin’ichi résidait à une quarantaine de kilomètres de là. Il [Hideyoshi] arriva au moment où se déroulait une réunion de discussion. [...] Une femme qui souffrait d’un handicap visuel leva la main pour poser une question. Elle était devenue aveugle durant son enfance mais environ un mois après avoir adhéré à la Soka Gakkai et commencé à pratiquer le bouddhisme, elle avait un peu recouvré la vue. Puis elle l’avait à nouveau perdue, revenant ainsi à son point de départ. Elle se demandait si elle pourrait retrouver l’usage de ses yeux. [...] Shin’ichi s’approcha de cette femme et fixa intensément son visage. Puis il parla avec une grande compassion comme si ses souffrances étaient les siennes. « J’imagine combien cela doit être pénible pour vous, lui dit-il. Cela doit être une épreuve bien difficile à supporter. » Il lui prit la main et la mena à l’avant de la salle, devant le Gohonzon. « Récitons ensemble trois fois Nam-myoho-renge-kyo. » La voix de Shin’ichi, claire et intense, résonna dans toute la salle. Elle vibrait avec force, comme s’il avait rassemblé toute son énergie vitale. La femme pria avec lui. Puis Shin’ichi lui dit avec la plus grande sincérité : « Mettez toute votre foi dans le Gohonzon et priez de tout votre être. Pour concrétiser vos prières et transformer votre karma, il est crucial que votre pratique s’appuie sur une ferme conviction. [...] Vous êtes un bodhisattva surgi de la Terre né avec la mission de devenir absolument heureuse et d’aider les autres à le devenir également. Vous êtes bouddha. Vous avez volontairement endossé toutes ces souffrances pour les surmonter et montrer la véritable grandeur du bouddhisme de Nichiren. [...] Quoi qu’il arrive, n’acceptez jamais la défaite ! Vous devez gagner ! Gagner pour devenir heureuse ! » Tout le monde sentit combien l’esprit de Shin’ichi débordait de compassion. La femme se mit à verser des larmes de joie et son visage auparavant triste s’éclaira et devint lumineux. Hideyoshi eut le sentiment d’avoir été le témoin de ce qu’était un véritable encouragement ou orientation bouddhique. « Encourager, c’est manifester de la compassion », se dit-il. « C’est partager la souffrance des autres. C’est la conviction. Cette force vitale touche les autres et fait jaillir le courage de l’intérieur de leur vie. » Chapitre « Douce brise » Jeunes, étudiez pour la cause de l’avenir ! En mai 1977, Shin’ichi se rendit dans le nouveau centre culturel de Kumamoto. Peu après son arrivée, il participa à la cérémonie d’inauguration de quatre monuments en pierre pour célébrer l’ouverture du centre. Sur ces monuments étaient gravées des paroles des présidents de la Soka Gakkai. [...] On trouvait notamment une description des origines du centre culturel de Kumamoto. Durant la cérémonie, les monuments furent inaugurés les uns après les autres. « Je propose maintenant que le responsable de la jeunesse de la préfecture lise l’inscription pour toute l’assistance », dit soudain Shin’ichi. Le responsable en question, Heihachiro Katsuyama, ne s’attendait pas du tout à cela mais il dit « D’accord » et se plaça devant le monument. [...] Heihachiro se mit à lire d’une voix sonore : « Fondation du centre culturel de Kumamoto. La fumée du volcan s’élève depuis le haut sommet de notre cher mont Aso… » Après avoir lu les trois premières lignes, il se retrouva face à des caractères chinois complexes. Il lui fallut deux ou trois secondes pour se rappeler comment lire le caractère chinois signifiant « flotter » dans l’expression « la bannière de la Loi merveilleuse flotte ». Puis il buta à nouveau, quelques lignes plus bas, sur le caractère chinois signifiant « tour », et à nouveau sur l’expression « désir sincère ». Quand il eut fini, la sueur perlait sur son front. [Shin’ichi dit à Kasuyama] : « [...] En tant que responsable de la jeunesse, vous auriez dû lire ce texte avant pour pouvoir le réciter par cœur. Vous avez peut-être été troublé parce que je vous ai demandé spontanément de lire en public à voix haute, mais il n’en reste pas moins vrai que vous auriez dû faire l’effort de vous préparer. « M. Toda entraînait la jeunesse avec beaucoup de rigueur. [...] À chaque fois que nous nous voyions, il me demandait ce que je lisais. Et je ne devais pas me contenter de citer le premier titre qui me venait en tête, parce qu’il m’interrogeait aussi sur le contenu du livre et me demandait de lui en faire un résumé. Il était impossible de le tromper. C’est cependant grâce à ce strict mais bienveillant entraînement de M. Toda que je suis devenu la personne que je suis aujourd’hui. « Pour l’avenir, je nourris le grand espoir que des jeunes feront l’effort sincère de ne jamais cesser d’apprendre toute leur vie durant, aussi occupés qu’ils puissent être. » Tous les membres du département de la jeunesse sont les successeurs au sein de la Soka Gakkai et les dirigeants qui porteront l’avenir de la société. [...] C’est pour cela que Shin’ichi offrait cet encouragement strict avec le désir de développer ce responsable afin qu’il soit une personne de premier plan par sa culture et son savoir. Chapitre « La citadelle des personnes de valeur » 2. Vivre avec les Écrits de Nichiren extraits du volume 25 de La Nouvelle Révolution humaine Paru dans le journal Seikyo, le 17 novembre 2020.   « Enseigner quelque chose à quelqu’un, c’est comme huiler les roues d’un chariot pour qu’elles tournent, même si ce chariot pèse lourd, ou comme mettre un bateau à flot pour qu’il puisse avancer aisément. » (Le riche Sudatta, Écrits, 1094) Contribuer au développement de la jeunesse par notre exemple Le 11 mars 1977, Shin’ichi Yamamoto se rendit dans la préfecture de Fukushima et eut un long échange avec les responsables de la préfecture sur la façon d’entraîner la jeunesse pour l’avenir. « Il est essentiel de clarifier non seulement le but de nos efforts de propagation mais également de toutes les autres activités, en veillant à ce que toutes les personnes impliquées les comprennent bien. Cela permet à tous les pratiquants de faire jaillir pleinement leur potentiel et d’avancer sans dévier de cette voie. « Cependant, nous ne pouvons pas nous contenter de parler de l’importance de propager le bouddhisme de Nichiren à des jeunes qui n’ont pas d’expériences préalables en la matière, et les encourager simplement à faire de leur mieux en espérant qu’ils vont réussir. La plupart se sentiront alors incapables d’obtenir le moindre résultat. « Ce qui importe, c’est de leur montrer par notre propre exemple comment présenter le bouddhisme aux autres. « Pour les aînés dans la foi – les membres des départements des femmes et des hommes qui ont réussi à transmettre le bouddhisme de Nichiren –, le bon comportement consiste à partager leurs expériences dans ce domaine. « Il est également nécessaire de se réunir de temps à autre avec les jeunes pour engager des dialogues sur le bouddhisme, leur enseigner concrètement comment agir sur la base de leur pratique bouddhique. Si vous leur offrez l’occasion de vous observer en train d’agir, ils se diront peut-être : “Ah, je vois. C’est comme ça qu’il faut faire. Je peux y arriver moi aussi. J’ai envie d’essayer à mon tour !” « Quand les gens pensent qu’une tâche est au-dessus de leurs forces, ils hésitent à passer à l’action. Mais s’ils pensent pouvoir y parvenir, alors ils se lanceront. » [...] Les encouragements et les orientations ont pour fonction de clarifier ce qui nous empêche d’avancer, de lever les obstacles et de faire jaillir notre courage. Chapitre « La lumière du bonheur » « Accepter est facile ; persévérer est difficile. Mais la bouddhéité réside dans une foi constante. » (La difficulté de garder la foi, Écrits, 472) Se consacrer à kosen rufu en menant une vie exemplaire Le 19 mai 1977, durant sa visite dans la préfecture de Yamaguchi, Shin’ichi participa à une réunion avec toutes celles et tous ceux qui avaient lutté avec lui à l’époque des pionniers durant la campagne de Yamaguchi. Il les encouragea à rester fermes dans leur foi jusqu’à la fin de leur vie. « Ceux qui avaient environ quarante ou cinquante ans à l’époque [lors de la campagne de Yamaguchi] en ont désormais environ soixante ou soixante-dix. C’est l’âge où l’on apporte les touches finales à sa vie. J’aimerais donc aborder la signification de cette étape. [...] L’essentiel est de faire preuve de reconnaissance et de vous consacrer à kosen rufu tout au long de votre vie, sans jamais cesser de renforcer votre foi. Votre fonction au sein du mouvement a sans doute changé mais vous ne devriez jamais penser que vous avez atteint l’âge de la retraite dans la foi ou que vous mériteriez un diplôme pour votre parcours de croyance et que vous en avez assez fait comme ça. Vous continuez à lutter pour une noble cause, en jouant simplement un rôle différent. « Sinon, tous vos serments, toute votre détermination et tous les encouragements que vous avez offerts aux autres jusqu’à présent n’auront servi à rien. Si vos cadets constatent que vous avez cessé de lutter, ils perdront courage et espoir, ce qui pourrait les amener à ne plus croire dans ce bouddhisme. [...] « Tous les pratiquants de la Soka Gakkai observent attentivement comment leurs aînés dans la foi, qui pratiquent le bouddhisme de Nichiren depuis de très nombreuses années, mènent leur vie, poursuivit Shin’ichi. C’est la raison pour laquelle les anciens responsables de la Soka Gakkai ont la mission et la responsabilité d’être des exemples jusqu’à la fin de leur existence, afin de montrer le bien-fondé de la Soka Gakkai et du bouddhisme. « Avec l’âge, votre vigueur physique peut certes décliner et certains d’entre vous auront peut-être plus de difficultés à se déplacer mais c’est l’évolution naturelle de la vie. Il n’est pas nécessaire de vous surmener ou de vous sentir gênés. Soyez vous-mêmes et continuez à encourager les pratiquants, en parlant du bouddhisme et en luttant de votre mieux pour kosen rufu. » Chapitre « Lutte commune »

Citations

Notre lutte commune

Au département des femmes Les femmes du mouvement Soka inspirent un espoir illimité Au cours de notre dialogue, la spécialiste de la paix, la Pre Elise Boulding (1920-2010), a donné cette description généreuse de ses rencontres avec les pratiquants : « Les bouddhistes de la SGI rayonnent toujours de leur détermination à améliorer leur vie, grâce à leur foi. Ils sont réellement une source d’espoir pour le monde 1. » Elle a également déclaré : « Les êtres humains sont sans aucun doute capables de mieux se connaître, de se soucier les uns des autres et de s’aider mutuellement. Dans ce domaine, les pratiquants de la SGI apportent de remarquables contributions à la société en aidant chacun à être un bon citoyen 2. » Nous sommes entrés dans une ère où nos pratiquants rayonnent et constituent de magnifiques exemples dans leur environnement et dans l’ensemble de la société. Sarah Wilder, professeur d’anglais et experte en matière d’étude de la condition féminine à l’université Colgate aux États-Unis, avec laquelle j’ai mené aussi un dialogue, a également fait notre éloge, en déclarant que les femmes du mouvement Soka lui procuraient un espoir illimité. Elle était, dit-elle, particulièrement impressionnée par la façon dont elles se soutenaient et s’aidaient mutuellement, par-delà les notions de génération et de culture. Elle affirmait aussi qu’il était indispensable et essentiel de se relier aux autres, au niveau le plus profond et le plus universel, avec le désir de bâtir une culture de paix. À chaque fois qu’elle ressentait un besoin d’espoir, elle pensait, disait-elle, aux femmes du mouvement Soka 3. Qu’elles en soient conscientes ou non, toutes les pratiquantes de notre département des femmes sont une source constante ­d’espoir et d’inspiration. Nichiren déclare : « Le Sûtra du Lotus est comme le roi-lion qui règne sur tous les autres animaux. Une femme qui adopte le Sûtra du Lotus, lequel est comme le roi-lion, n’a plus à redouter aucune des bêtes sauvages de l’enfer ou des mondes des esprits affamés et des animaux. » (Le tambour à la Porte du Tonnerre, Écrits, 959) Les préoccupations les plus nobles M. Toda a dit : « Les gens se font du souci parce qu’ils n’ont pas suffisamment d’argent. Ils s’inquiètent aussi pour leur santé. Pour les études de leurs enfants. À chaque instant, des soucis apparaissent dans un domaine ou dans un autre de notre existence. La vie est ainsi faite. Néanmoins, en plus de nos propres soucis, nous, pratiquants de la Soka Gakkai, nous soucions de transmettre les enseignements de Nichiren et d’aider les autres à devenir ­heureux. Les soucis qui proviennent de nos efforts pour la Loi, pour les autres, pour la Soka Gakkai et pour kosen rufu sont les plus nobles de tous. » Les préoccupations des femmes du mouvement Soka sont les préoccupations du Bouddha. Fondées sur le principe selon lequel « les désirs terrestres sont l’illumination 4 », leurs préoccupations deviennent la sagesse et la compassion du Bouddha, qui incluent et orientent tous leurs efforts. La ferme unité des pratiquantes du département des femmes du monde entier Dans mon essai À l’attention du département des femmes, écrit le 11 février 1963, j’ai cité un poème de M Toda : Oh ! qu’il est noble le rassemblement Des amies au cœur pur, Pareilles aux lys blancs parfumés. Et j’ai écrit : « J’espère que, en accord avec l’esprit de ce poème, vous vous appuierez sur une foi pure et constante comme l’eau qui coule, tout en luttant pour atteindre la bouddhéité en cette vie. Et j­’espère aussi que vous œuvrerez ensemble, fermement unies, jusqu’à la réalisation de kosen rufu, afin de devenir le meilleur département des femmes au monde. » Mes sentiments demeurent aujourd’hui inchangés. Continuez d’aller de l’avant sur la voie de votre mission tels des soleils radieux – afin d’illuminer votre famille, vos successeurs dans la foi et l’environnement dans lequel vous vivez. Par-dessus tout, faites de ce siècle un siècle des femmes, un siècle de respect de la dignité de la vie et un siècle de paix. Développer un réseau joyeux et uni Nos prières sont tournées vers la réalisation de la paix dans le monde et vers le bonheur de l’humanité. Nous récitons Nam-myoho-renge-kyo pour accomplir le vœu ultime des bodhisattvas du Mahayana qui pratiquent pour leur bonheur et pour celui des autres, et pour aider chaque personne à atteindre l’illumination. Le Daimoku récité par les pratiquants de la SGI résonne maintenant dans toutes les régions du monde. Nos prières ouvrent la Tour aux trésors dans la vie des êtres humains, les uns après les autres. Nous sommes ainsi de plus en plus nombreux à ouvrir la voie à une transformation du destin des lieux où nous vivons. À partir de nos prières pour réaliser notre idéal – « l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays » – et grâce à nos efforts pour bâtir une terre aux trésors là où nous avons fait le vœu d’accomplir notre mission, le moment est maintenant venu de développer un réseau toujours plus important de citoyens du monde, joyeux et unis ! Au département des hommes Conviction et engagement M. Toda incarnait ce qu’un héros était véritablement. Dans son cœur s’élevaient deux gigantesques piliers – une foi absolue dans le Gohonzon et l’engagement de toute une vie pour kosen rufu. Dans cet épisode, nous allons étudier des passages des écrits de Nichiren qui mettent en valeur la conviction et l’engagement, des qualités essentielles pour nos pratiquants du département des hommes, qui sont les champions du mouvement Soka. Le temps est maintenant venu pour qu’ils jouent un rôle encore plus actif sur la scène de kosen rufu. « Cela [la persécution de Komatsubara 5] n’a fait que renforcer ma foi dans le Sûtra du Lotus. Il est dit dans le quatrième volume du Sûtra : “Puisque haine et jalousie envers ce sûtra abondent en ce monde du vivant même de l’Ainsi-Venu, ne seront-elles pas pires encore après sa disparition 6 ?” Et, dans le cinquième volume : “Il [le Sûtra du Lotus] se heurtera à une grande hostilité dans le monde et sera difficile à croire .” Au Japon, nombreux sont ceux qui lisent et étudient le Sûtra du Lotus […] [Mais] ceux qui croient à ce sûtra au Japon ne sont pas encore à la hauteur des passages cités. Je suis le seul à avoir lu le Sûtra de tout mon être. Tel est le sens de la phrase : “Nous n’épargnerons ni notre corps ni notre vie, car seule nous préoccupe la Voie inégalée 8.” Je suis donc le premier des pratiquants du Sûtra du Lotus au Japon. « Si vous [Nanjo Hyoe Shichiro] deviez quitter cette vie avant moi, il vous faudra vous présenter aux dieux célestes Brahma et Shakra, aux quatre rois célestes et au roi Yama 9. Dites-leur que vous êtes un disciple du moine Nichiren, premier pratiquant du Sûtra du Lotus au Japon. Il sera alors impossible qu’ils manquent de courtoisie à votre égard. » (Encouragement à un malade 10, Écrits 82-83) Avec une foi inébranlable, nous ne serons jamais vaincus Le président fondateur de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi, souligna ce passage dans son exemplaire personnel des Écrits de Nichiren, ce qui indiquait qu’il l’avait étudié en profondeur. En déclarant « Je suis le seul à avoir lu le Sûtra de tout mon être » (Écrits, 83), Nichiren affirme avec force qu’il est le seul à avoir souffert des persécutions prédites dans le Sûtra du Lotus. Nichiren a envoyé cette lettre à Nanjo Hyoe Shichiro, le père de son jeune disciple Nanjo Tokimitsu, et l’ancêtre des pratiquants du département des hommes d’aujourd’hui. Il y offre de vigoureux encouragements à Hyoe Shichiro, confronté à une situation qui pouvait l’amener à faiblir dans sa foi, et il l’exhorte à suivre son exemple. Hyoe Shichiro était à l’origine un croyant des enseignements de la Terre pure (le Nembutsu), mais on pense qu’il s’est converti aux enseignements de Nichiren alors qu’il séjournait à Kamakura. Bien que Hyoe Shichiro ait pratiqué avec une foi sincère, il était tombé gravement malade, ce qui avait incité certains membres de sa famille à faire pression sur lui pour qu’il revienne à la pratique du Nembutsu. Dans Encouragement à un malade (Écrits 76-84), Nichiren exhorte donc Hyoe Shichiro à demeurer fidèle à l’enseignement correct, en soulignant l’importance de ne pas se laisser égarer par les tendances négatives et en lui indiquant que le moment était venu pour lui de faire jaillir une foi forte. La foi dans la Loi merveilleuse nous permet de transformer n’importe quelle maladie ou situation défavorable, autrement dit de changer le poison en remède. Tant que nous conserverons une foi inébranlable, nous ne serons jamais vaincus dans la vie. Raison, passion et courage Dans cette lettre, Nichiren explique en détail, à travers « les cinq guides pour la propagation 11 », la doctrine essentielle qui permet d’affirmer que le Sûtra du Lotus est le noble enseignement capable de mener tous les êtres humains de l’époque de la Fin de la Loi à l’illumination. De manière générale, les hommes ont tendance à accorder une grande valeur à la logique et à la raison. Hyoe Shichiro a dû sans aucun doute renouveler son engagement dans la foi en la Loi merveilleuse, grâce à l’explication claire des principes bouddhiques que lui a donnée Nichiren. Mais il arrive aussi que la logique, bien qu’elle s’accorde avec le bon sens, ne touche pas le cœur des gens. Après avoir raconté comment il avait surmonté la persécution de Komatsubara le mois précédent (en novembre 1264), Nichiren déclare : « Cela n’a fait que renforcer ma foi dans le Sûtra du Lotus. » (Écrits, 82) Ainsi, il enseigne l’importance d’avoir le courage de manifester une foi fervente et de montrer la preuve factuelle de la victoire. Au département de la jeunesse Juillet – mois de la jeunesse et de la relation de maître et disciple Juillet est le mois de la jeunesse au sein de la Soka Gakkai – le mois où ont été fondés les départements des jeunes hommes et des jeunes femmes (respectivement les 11 et 19 juillet 1951). C’est aussi le mois où Nichiren soumit, au risque de sa vie, son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays 12, dans lequel il adressait des remontrances aux autorités en place. Pour la Soka Gakkai, qui perpétue la grande lutte altruiste de Nichiren, c’est le mois où les premier et deuxième présidents, Tsunesaburo Makiguchi et Josei Toda, ont été arrêtés en raison des persécutions des autorités militaristes japonaises (le 6 juillet 1943). C’est aussi le mois de la relation de maître et disciple, le mois où M. Toda a été libéré de prison et où j’ai été moi-même incarcéré à la suite de fausses accusations portées par les autorités 13. Poursuivre la lutte avec la détermination de ne pas être vaincu Ce jour où mon maître a été libéré et où j’ai été emprisonné symbolise la relation de maître et disciple. À 19 heures, le 3 juillet 1945, M. Toda fut libéré après avoir enduré deux années d’emprisonnement pour ses croyances. Puis, à la même date et à la même heure, douze ans plus tard (en 1957), j’ai été à mon tour victime d’un abus de pouvoir et incarcéré sur la base de fausses accusations. Je n’oublierai jamais les larmes d’indignation versées à cette époque par les pratiquants pionniers du Kansai, qui luttèrent à mes côtés. Ils ont partagé mon engagement et se sont dressés, avec une combativité sans faille, déterminés à ne pas être vaincus. Aujourd’hui encore, ils partagent mon combat, toujours prêts à se lancer un nouveau défi et à bâtir l’histoire infinie de nos victoires. Leur progression sans crainte et leur audacieuse unité – fondées sur la non-dualité du maître et du disciple et sur l’esprit d’itai doshin (différents par le corps, un en esprit) – sont un modèle pour kosen rufu et constituent une source d’inspiration pour les pratiquants du monde entier. Perpétuer l’esprit éternel du Kansai Aujourd’hui, d’innombrables jeunes perpétuent l’esprit éternel du Kansai que les pionniers de cette région ont transmis à leurs enfants et petits-enfants, et que ces jeunes transmettront à leur tour aux générations futures et dans le monde entier. Dans cet épisode, j’aimerais étudier avec vous – mes jeunes amis bodhisattvas surgis de la Terre qui êtes les porte-étendards d’un nouvel essor – le noble esprit de se dresser par soi-même pour kosen rufu et d’agir avec bienveillance en considérant chaque personne comme précieuse. C’est l’esprit fondamental du bouddhisme de Nichiren et de la Soka Gakkai. « Dans tout le Japon, je suis le seul à réciter Nam-myoho-renge-kyo. Je suis comme un grain de poussière seul, marquant le commencement du mont Sumeru , ou comme l’unique goutte de rosée, annonçant le début du grand océan. Il est probable que deux personnes, puis trois, puis dix, puis cent, se rassembleront pour réciter [ce Daimoku] jusqu’à ce qu’il se propage dans une province, dans deux, puis dans l’ensemble des soixante-six provinces du Japon, jusqu’à atteindre les deux îles d’Iki et de Tsushima. Les personnes qui m’ont calomnié finiront par pratiquer également ; et tous, depuis le souverain jusqu’à la multitude des gens ordinaires, réciteront Nam-myoho-renge-kyo d’une seule voix, conformément à la description du chapitre « Les pouvoirs transcendantaux de l’Ainsi-Venu » du Sûtra du Lotus. Même si les arbres désirent rester immobiles, le vent ne cesse pas pour autant de souffler ; même si l’on souhaite que le printemps perdure, il laisse place à l’été. » (Les bienfaits du Sûtra du Lotus 15, Écrits, 676-677) Le premier extrait que nous étudions ici est tiré de l’écrit Les bienfaits du Sûtra du Lotus où Nichiren illustre par son propre exemple l’esprit de se dresser par soi-même. Il indique clairement qu’il est le premier à s’être lancé dans la propagation de la Loi merveilleuse à l’époque de la Fin de la Loi, une époque où il convient de transmettre le Daimoku du Sûtra du Lotus, Nam-myoho-renge-kyo, « un remède extrêmement efficace » (SdL-XVI, 220) pour soulager les souffrances de tous les êtres vivants. Autrement dit, il s’est dressé pour ouvrir la grande voie menant l’humanité à l’illumination dans l’avenir éternel. Nichiren exprimait ici sa puissante conviction : cette récitation de Nam-myoho-renge-kyo, qu’il avait enseignée, allait se propager, et le temps viendrait où les habitants de tout le pays réciteraient tous ensemble le Daimoku (cf. Écrits, 677). Au département des étudiants Dans cet épisode, explorons la noble mission des membres de notre département des étudiants qui, tel le bodhisattva Sagesse-Universelle, sont des héros de la spiritualité voués à ouvrir une nouvelle ère pleine d’espoir. « Dans les Enseignements oraux, il est dit [à propos du titre du chapitre du Sûtra du Lotus « Les encouragements du bodhisattva Sagesse-Universelle » (jpn Fugen Bosatsu Kambotsu-hon)] : « Dans le mot composé kambotsu, l’élément kan (ou kam), qui signifie “encouragement” se réfère à la conversion des autres, alors que l’élément botsu (ou hotsu), qui signifie “initier”, se réfère à notre pratique. » Dans le nom Fugen, ou Sagesse-Universelle, l’élément fu, “universel”, désigne la réalité ultime de tous les phénomènes, le principe de la vérité éternelle et immuable présent dans l’enseignement théorique. L’élément gen, qui signifie “vertueux” ou “sage”, exprime l’idée de sagesse qui s’accorde avec les changements de circonstances, présente dans l’enseignement essentiel. Nous voyons donc ici que, dans sa conclusion, ce sûtra évoque la vénération de la Loi, présente de façon implicite dans les deux enseignements, théorique et essentiel. D’un point de vue général, nous pouvons dire que désormais, quand Nichiren et ses disciples récitent Nam-myoho-renge-kyo, ils bénéficient de l’attention et de la protection du bodhisattva Sagesse-Universelle. (Enseignements oraux, OTT, 189-190 16) Faire apparaître des responsables à la sagesse infinie Le bodhisattva Sagesse-Universelle apparaît dans le chapitre « Les encouragements du bodhisattva Sagesse-Universelle », le vingt-huitième et dernier chapitre du Sûtra du Lotus. Il détient une sagesse infinie qu’il utilise pour protéger ceux qui propagent le Sûtra du Lotus et font avancer kosen rufu. Dans les Enseignements oraux, Nichiren déclare que la Loi merveilleuse se propage à l’époque de la Fin de la Loi grâce à « l’autorité et aux pouvoirs surnaturels » et « grâce à l’attention et à la protection » de ce bodhisattva (cf. OTT, 190). Il est dit dans le Sûtra du Lotus que, en apprenant que Shakyamuni enseignait la Loi merveilleuse, ce bodhisattva effectua un long trajet depuis l’Est pour l’entendre. Accompagné d’innombrables bodhisattvas qui interprétaient une musique splendide, il parvint à destination juste avant que Shakyamuni ne conclue son sermon (cf. SdL-XXVIII, 299). De même, c’est vers la fin de la vie de M. Toda qu’a été créé le département des étudiants. Nous pouvons dire que chaque membre du département des étudiants est un bodhisattva Sagesse-Universelle du mouvement Soka, apparu pour se voir confier ­l’importante mission de lancer une ère du peuple. Kosen rufu consiste d’abord à encourager ceux qui nous entourent M. Makiguchi souligna, dans son exemplaire des Écrits de Nichiren, le passage des Enseignements oraux que nous étudions ici indiquant par là qu’il le jugeait particulièrement important. Nichiren commente donc le titre du chapitre « Les encouragements du bodhisattva Sagesse-Universelle », et plus particulièrement les mots « encouragement » (kambotsu) et « sagesse universelle » (fugen). Il dit d’abord : « L’élément kan (ou kam), qui signifie “encouragement” se réfère à la conversion des autres, alors que l’élément botsu (ou hotsu), qui signifie “initier”, se réfère à notre pratique. » (OTT, 189) Il explique ensuite que fu (qui signifie « universel ») dans le mot fugen représente « le principe de la vérité éternelle et immuable », alors que gen (« sagesse ») correspond à « la sagesse qui s’accorde avec les changements de circonstances » (OTT, 189). En d’autres termes, « encourager » (kambotsu) signifie faire jaillir de nous-mêmes la foi et, grâce à l’état de vie joyeux auquel nous parvenons alors, exhorter les autres à pratiquer également. C’est un processus qui consiste à faire passer l’inspiration d’une vie à une autre. Détenir la sagesse universelle (fugen) signifie saisir pleinement des principes d’une grande diversité et faire preuve d’une vaste sagesse. C’est avoir la sagesse d’insuffler aux autres réconfort, espoir, conviction et courage. Nichiren déclare ensuite que le chapitre « Les encouragements du bodhisattva Sagesse-Universelle » exprime « une vénération pour la Loi, présente de façon implicite dans les deux enseignements, théorique et essentiel » (OTT, 190). Pour nous, vénérer la Loi merveilleuse signifie tout d’abord réciter Nam-myoho-renge-kyo avec force et ferveur devant le Gohonzon. Nous faisons ainsi apparaître une joie débordante, nous nous épanouissons, et notre vie peut ainsi se développer à l’infini. En outre, quand nous faisons l’expérience de l’immense joie provenant de notre engagement dans les activités de la Soka Gakkai, nous avons naturellement envie de parler de notre pratique bouddhique aux autres. Quand notre vie est imprégnée d’une joie exubérante, nous pouvons nous éveiller et faire jaillir la nature de bouddha chez les autres. L’attention bienveillante que nous portons à leur bien-être engendre une infinie sagesse. Les encouragements sincères venus du fond du cœur sont eux aussi importants. La première étape pour réaliser kosen rufu consiste à encourager ceux qui nous entourent.

Réflexions sur la NRH

Dans la Soka Gakkai internationale, les groupes sont la base du bonheur pour les personnes ordinaires

Quand es-tu venu jusqu’à mes pieds, Ô escargot ? Issa Progresser lentement mais sûrement, pas à pas – là se trouve la source de toute victoire remarquable. Le Mahatma Gandhi avait lui aussi conscience de cette vérité profonde quand il déclara : « Le Bien avance à la vitesse d’un escargot. » Un jour, alors que je feuilletais un mensuel dans lequel j’avais publié un essai, j’ai vu un article du romancier japonais, Fuyuji Domon, au sujet de « la Garde des mille hommes de Hachioji ». Dès que je vois le nom Hachioji, je pense immédiatement à l’université Soka, que j’ai fondée dans cette ville de la préfecture de Tokyo, ainsi qu’à mes chers compagnons de pratique qui vivent là-bas. Je me souviens que c’est en voyant le mot Hachioji que j’ai eu envie de poursuivre la lecture de cet article.   La Garde des mille hommes de Hachioji s’appela d’abord « la police des mille hommes de Hachioji ». Il s’agissait d’un groupe de samouraïs au service du shogunat Tokugawa que ce dernier avait déployé dans les villages de fermiers autour de Hachioji, peu après l’instauration de la nouvelle capitale à Edo (l’actuelle Tokyo) par le premier shogun Tokugawa Ieyasu. Les gardes étaient placés sous l’autorité directe du shogunat Tokugawa, et comme ils étaient mille, ils furent appelés la « Garde des mille hommes ». Le shogunat Tokugawa leur attribua des terres agricoles qu’ils cultivèrent. En retour, leur devoir consistait à protéger Edo en cas de menace et à s’entraîner régulièrement afin de toujours être prêts à intervenir militairement. Leur forte loyauté envers le shogunat Tokugawa se transmit de père en fils, de génération en génération, pendant près de trois siècles. Leur noble dévouement m’a fortement impressionné. M. Domon fit cette juste observation : « Je crois que la forte allégeance de ces personnes aux Tokugawa découle, entre autres, de leur profond attachement à la terre. Ceux qui partaient vivre dans les grandes villes cultivaient des sentiments plus tièdes. Quand un incident se produisait, ils étaient les premiers à trouver des excuses pour ne pas s’engager ou à prendre la fuite. Mais les samouraïs attachés à leur terre ne se comportaient pas de cette manière. Tel est le véritable esprit d’Edo. » Je comprends très bien cet état d’esprit. En effet, j’ai observé de nombreuses personnes qui, faute d’avoir un fort ancrage dans les activités bouddhiques, ont fini par dévier de la voie de maître et disciple et perdre de vue l’axe central de leur vie.   Être ancré dans la terre signifie avoir de solides fondations. L’expression en japonais issho kemmei, qui veut dire « s’exercer de toutes ses forces » s’écrivait à l’origine avec des caractères différents signifiant « défendre sa place au péril de sa vie ». Elle reflète la tradition des samouraïs qui défendaient leur fief au prix même de leur vie. Défendre sa place envers et contre tout, au risque même de perdre la vie. Être ancré dans sa région et y remporter la victoire. Un engagement si sincère est la formule pour remporter la victoire absolue. Le Sûtra du Lotus décrit ce monde saha rempli de conflits comme la Terre véritable où le Bouddha réside depuis toujours. Quel qu’il soit, le lieu où nous avons décidé d’œuvrer pour kosen rufu est la Terre de la lumière éternellement paisible, glorieuse et victorieuse, que nous avons choisie depuis le passé infiniment lointain. Dans la Soka Gakkai internationale (SGI), c’est le groupe qui représente la base de la victoire éternelle et du bonheur. Le groupe est la Terre véritable de kosen rufu où l’on peut manifester la boud­dhéité en cette vie. S’en détourner équivaut à oublier qu’il est le lieu de notre véritable mission en ce monde. Les piliers d’un groupe sont les responsables de groupe. Personne n’est plus noble que ces hommes et ces femmes qui se consacrent sincèrement aux diverses activités de la SGI et luttent ainsi aux avant-postes dans notre mouvement pour kosen rufu. Je suis intimement convaincu que Nichiren ferait leur éloge et qu’ils sont protégés par les bouddhas et bodhisattvas des dix directions, les fonctions protectrices de l’univers.   Dans ma jeunesse, j’ai eu moi aussi un rôle actif au sein de mon groupe en tant que responsable des jeunes hommes et plus tard responsable du groupe Omori, au sein du chapitre Kamata, à Tokyo. Cela correspond à peu près à l’époque où M. Toda avait pris ses fonctions de deuxième président de la Soka Gakkai, en 1951. Peu après notre mariage, mon épouse a été elle aussi ­responsable de groupe dans le département des femmes avant d’assumer en plus la fonction de vice-responsable de chapitre. À cette époque, chaque réunion de discussion était composée de plusieurs sous-groupes. J’aimerais évoquer ici Michoko Hagiwara, alors membre du département des jeunes femmes, qui a connu mon épouse à ce moment-là. Elle raconte ses souvenirs en ces termes : « Quand j’étais jeune, j’ai pu côtoyer Mme Ikeda. Elle emmenait son petit garçon quand elle faisait des activités de transmission ou des visites à domicile. De nombreuses personnes furent inspirées par son engagement dans la foi et cela les incita à renouveler leur détermination. Ce petit garçon était son fils aîné, Hiromasa, qui œuvre aujourd’hui à l’avant-garde du mouvement de kosen rufu en tant que vice-président de la Soka Gakkai. Mme Ikeda m’accompagnait quand je voulais présenter le bouddhisme à des amis, et elle venait chez moi à chaque fois que j’étais confrontée à une épreuve ou que j’étais contrariée, toujours avec le sourire et disposée à ­m’offrir des encouragements chaleureux. Elle était un véritable havre de paix, vers lequel je pouvais toujours me tourner pour être rassurée et guidée dans les moments difficiles. » Mon épouse a toujours considéré les pratiquants de la Soka Gakkai comme des membres précieux de notre famille, et elle pensait que nous ne devrions jamais laisser un seul d’entre eux dans la souffrance.   À cette époque, il y avait aussi un responsable de la jeunesse que personne n’appréciait. Un jour, il expliqua avec dédain que les fonctions de responsable ou de vice-responsable de groupe n’étaient pas suffisamment élevées compte tenu de ses ­compétences pour qu’il puisse les accepter. Ses compagnons de pratique lui ­reprochèrent son arrogance et lui demandèrent si le but de sa croyance se ­limitait uniquement à accumuler des titres et des fonctions. Mais sa foi n’était pas ancrée dans la réalité et, en fin de compte, il mena une existence triste et solitaire. Comme le déclare Nichiren : « Même un arbre qui a bien grandi pourra tomber si ses racines sont fragiles. » (Trois Maîtres des Trois Corbeilles prient pour qu’il pleuve, Écrits, 603) Dans le Sûtra du Nirvana, Shakyamuni invite ses disciples à « s’appuyer sur la Loi et non sur la personne ». La Loi est la base de la foi, et le mouvement dédié à la vaste propagation de cette Loi pour l’éternité est la Soka Gakkai internationale. Par conséquent, engager des activités au sein du mouvement permet d’adopter un mode de vie centré sur kosen rufu et en accord avec la véritable Loi. Nichiren écrit : « Je vous confie la propagation de la Loi bouddhique dans votre province. » (Les caractéristiques du riz, Écrits, 1124) Si nous considérons que la « province » correspond au « groupe », nous comprenons l’importance de la mission des responsables de groupe. Les activités menées avec enthousiasme et vigueur au sein des groupes accélèrent la marche vers kosen rufu, et celles et ceux qui s’engagent dans ces activités accumulent des bienfaits et une bonne fortune illimités et seront à jamais bercés par la brise du bonheur. Je prie sincèrement pour votre victoire, votre bonheur et votre santé !

Citations

Jour après jour, mois après mois

L’important est de faire briller notre vie de la manière qui nous est propre. Continuons à faire de nouvelles découvertes et à trouver de nouvelles sources d’inspiration et de joie en interagissant avec nos différents amis. (Extrait d’un essai de la série « Voyages inoubliables ») Ceux qui ont réellement maîtrisé l’art de vivre trouvent un sens à ces luttes, vivent avec un but, se fixent des objectifs et relèvent avec enthousiasme les défis de l’existence. Ils rendent chaque minute aussi significative et agréable que possible. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 4, chapitre « Rissho Ankoku », p. 232) Chacune et chacun de nous, sans exception, peut développer un état de bonheur éternel et indestructible dans sa vie et aider les autres à faire de même. C’est précisément là l’objet de la foi et de l’étude bouddhique. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix – nouvelle version) Celles et ceux qui ont une foi forte ne peuvent pas être vaincus. Posséder un esprit intrépide et indomptable est l’esprit de la Soka Gakkai et la marque d’honneur des pratiquants du bouddhisme de Nichiren. (Discours prononcé à une réunion de la jeunesse, décembre 1988) Le 3 mai est le jour où nous célébrons le vœu de maître et disciple consistant à lutter ensemble pour kosen rufu. La progression de kosen rufu ne s’arrête jamais un seul instant. Allons de l’avant pleins d’énergie, en rayonnant avec une puissante force vitale ! (Essai de la série « Notre voie éclatante vers la victoire ») Les lieux où les femmes déploient avec éclat leurs capacités resplendissent de force et de fraîcheur, et possèdent un potentiel de développement illimité. En définitive, les endroits qui accordent la plus grande valeur aux femmes prospèrent. (Discours pour la conférence nationale des responsables, août 2005) Comme le taux de natalité baisse, chérissons encore davantage chaque enfant. Le temps est venu d’aider chacun d’eux à devenir une personne remarquable, qui manifeste le pouvoir et le potentiel de dix, voire de cent personnes ! (Essai de la série « La lumière du siècle de l’humanisme ») La foi se manifeste dans la vie quotidienne. Si votre attitude fondamentale dans la foi change, votre situation au travail et dans la vie changera aussi. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 17, chapitre « La citadelle des personnes ordinaires, p. 231) Faisons l’éloge et encourageons le plus possible celles et ceux qui œuvrent dans l’ombre sans ménager leur vie. Quand nous reconnaissons sincèrement les efforts altruistes de nos compagnons dans la foi, la joie et la bonne fortune se répandent. (Discours pour la réunion générale des responsables, mars 1992) La finalité de notre pratique bouddhique est de goûter une vie longue, vigoureuse, riche de sens et épanouissante. Nous pouvons développer un mode de vie sain grâce à notre sagesse et à notre détermination. (Série d’encouragements « Notre voyage commun pour kosen rufu ») À quoi devons-nous nous consacrer aujourd’hui ? En nous appuyant sur notre récitation de Gongyo et de Daimoku avec des objectifs concrets à l’esprit, faisons surgir une puissante vitalité pour remporter la victoire dans chacune de nos luttes, jour après jour ! (Série d’encouragements « Avancer avec le Gosho ») La Renaissance est un autre mot pour désigner l’irrépressible élan de la vie. Mes amis, ne soyez pas vaincus par les tempêtes du karma ! Continuez à aller résolument de l’avant avec un esprit courageux ! (Extrait d’un poème intitulé « Une nouvelle ère éclatante pour l’Italie ») L’étude bouddhique est importante – c’est le squelette qui soutient notre corps. Votre foi ne s’écroulera pas si les fondations de l’étude bouddhique sont solides. (Discours prononcé à la Conférence sur la culture et l’éducation en Asie, novembre 1995) L’avenir sera radieux tant que les jeunes citoyens du monde du mouvement Soka continueront à aller de l’avant, tout en mettant en commun leur passion et leur force, et en élargissant le cercle de la solidarité. Les jeunes sont les éclatants soleils de l’espoir, capables de triompher de toutes les formes d’adversité. (Série de commentaires « Le bouddhisme du soleil ») Nichiren lance cet appel à ses disciples : « Je veux donc que ceux qui ont un esprit de recherche se rencontrent et lisent ensemble cette lettre à titre d’encouragement. » (Lettre de Sado, Écrits, 310) Passer à l’action pour réaliser kosen rufu tout en s’encourageant mutuellement – telle est la dynamique appropriée pour manifester la bouddhéité en cette vie. (Discours prononcé à la conférence des représentants, novembre 2008) Quand nous avançons avec l’esprit de la Soka Gakkai, aux côtés de nos compagnons de croyance et sur la voie de la non-dualité de maître et disciple pour réaliser le grand bien, nous pouvons à coup sûr atteindre le grand sommet de notre révolution humaine personnelle. (Essai « Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine ») Quand vous êtes « attaqués » par la maladie, faites surgir le grand pouvoir de la foi. Priez pour en faire une opportunité de vous développer en tant qu’être humain. (Essai de la série « À mes jeunes amis – responsables d’une nouvelle ère ») Notre réseau de jeunes du mouvement Soka s’étend désormais dans le monde entier. Vous, mes jeunes amis, qui êtes apparus joyeusement en accord avec votre vœu depuis le très lointain passé, continuez à lutter avec courage et joie pour accueillir de nombreux nouveaux amis, compagnons bodhisattvas surgis de la Terre, dans notre mouvement ! (Série d’encouragements « Avancer avec les Écrits de Nichiren ») Le caractère se forge à travers l’adversité. Tous les problèmes et les défis auxquels nous sommes confrontés nous permettent de développer la résilience d’un diamant et de résister à n’importe quelle tempête. (Discours pour la conférence des représentants des départements, février 2010) Une journée de vie a plus de valeur que tous les trésors de l’univers. Faisons briller notre vie de son plus bel éclat en nous appuyant sur une foi sincère et résolue et créons des valeurs à l’infini ! (Série d’encouragements « Avancer avec les Écrits de Nichiren ») Fondamentalement, shakubuku [transmettre le bouddhisme] consiste à dire la vérité. Tous nos efforts pour expliquer le bouddhisme fondé sur le désir sincère et authentique d’aider les autres à devenir heureux sont shakubuku. (Adapté de La Sagesse du Sûtra du Lotus, vol. 1, p. 411) Savoir qu’une autre personne est consciente de l’ardeur que nous déployons dans la lutte nous donne de la force. Il n’y a pas d’encouragement plus puissant que la reconnaissance de nos efforts. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 27, chapitre « Jeunes pousses » [traduction provisoire]) J’aimerais que vous manifestiez votre gratitude envers les autres en les remerciant sincèrement. Un simple « merci » peut enrichir votre vie et celle des autres, et permettre de développer encore plus des liens chaleureux. (Série pour le groupe Avenir 1 « Déployez vos ailes vers l’avenir ») La vie est un défi sans fin. L’important est d’ouvrir une voie vers l’avant, ne serait-ce qu’un peu, avec des idées inédites, une détermination et des actions nouvelles. (Essai de la série « Notre voie éclatante vers la victoire »)

Paroles d'encouragement

Sur les écrits de Nichiren et le développement de la bonté

Beaucoup d’entre vous vont passer le mois prochain (juin) l’examen d’entrée au département d’étude. Certains se sont peut-être inscrits pour acquérir une meilleure compréhension de notre pratique bouddhique et de la Soka Gakkai tandis que d’autres l’ont peut-être fait parce que leurs parents le leur ont demandé et vous vous êtes dit : Pourquoi pas ? Quelles que soient vos motivations, nous allons vous présenter dans cet épisode les encouragements du président Ikeda sur la joie et l’importance de l’étude bouddhique, destinés aux membres du groupe Avenir 1. Étudier les écrits de Nichiren nous permet d’approfondir notre foi L’examen d’étude comprend une partie sur les écrits de Nichiren. Pourquoi étudions-nous les écrits de Nichiren ? Voici les éléments donnés par le président Ikeda à ce sujet. Mon maître, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, était un brillant mathématicien. Il disait souvent que la foi suscite en nous le désir de mieux comprendre les principes bouddhiques et cette compréhension nous permet en retour d’approfondir notre foi. Tout en pratiquant sérieusement le bouddhisme de Nichiren, vous commencez peut-être par vous demander pourquoi nous récitons Nam-myoho-renge-kyo et obtenons des réponses à nos prières. Vous voulez comprendre la logique qui sous-tend cela. L’étude des écrits de Nichiren peut nous apporter une réponse à ces questions. Par ailleurs, rechercher ces réponses nous aide à approfondir notre foi. Nichiren écrit : « Les mots de ce Sûtra [le Sûtra du Lotus] sont tous sans exception des bouddhas vivants à l’illumination parfaite. Mais, avec nos yeux de chair, nous les voyons comme de [simples] caractères chinois. » (Réponse au moine séculier Soya, Écrits, 488) Si vous continuez à lire les écrits de Nichiren, tout en récitant régulièrement Daimoku, tous les mots contenus dans ces écrits finiront par manifester le pouvoir du Bouddha et seront absorbés par vos jeunes vies. Dans les écrits de Nichiren, nous pouvons sentir sa ferme détermination à garder l’enseignement bouddhique correct et sa puissante conviction selon laquelle les difficultés et obstacles de toutes sortes peuvent être à coup sûr surmontés. Nichiren nous montre la voie pour parvenir au bonheur absolu de manière que la vie elle-même devienne une joie sans pareille. Extrait de Dialogue for the Future (Dialogue pour l’avenir) La pratique bouddhique nous permet de nous renforcer, et de développer bonté et sagesse Étudier pour passer l’examen d’entrée au département d’étude nous donne l’occasion d’approfondir notre compréhension du bouddhisme de Nichiren. Lors de l’été 2022, le président Ikeda a adressé le message suivant aux membres du groupe Avenir qui étudiaient très sérieusement au cœur de la pandémie de Covid, en leur assurant qu’ils sont précieux tels qu’ils sont et que la pratique bouddhique les mettra tout naturellement sur la voie de leur développement. J’avais 13 ans lorsque la guerre du Pacifique [la Seconde Guerre mondiale] commença [en 1941], et 17 lorsqu’elle s’acheva [en 1945]. En d’autres termes, j’avais à peu près le même âge que vous, collégiens et lycéens d’aujourd’hui. Au cœur de notre époque agitée, où nous devons faire face au Covid et à beaucoup d’autres défis, chacun de vous, mes jeunes amis du groupe Avenir, garde la philosophie bouddhique de la dignité de la vie et menez votre jeunesse avec un esprit invincible, en accordant la priorité à vos études et à l’amitié. Rien ne m’apporte plus de joie et de confiance que de vous voir vous développer ensemble et vous encourager mutuellement en tant que compagnons de pratique. Dans mon discours à l’université Harvard 2 [en 1993], j’ai dit que le bouddhisme Mahayana, et plus particulièrement le bouddhisme de Nichiren, peut apporter une grande contribution à la civilisation du XXIe siècle. J’ai aussi soulevé trois questions essentielles en matière de religion : « Une religion rend-elle les gens plus forts ou les affaiblit-elle ? » « Encourage-t-elle ce qu’il y a de bon ou ce qu’il y a de mauvais en eux ? » « Les rend-elle meilleurs et plus sages ? » J’aimerais que vous soyez convaincus que le fait d’avoir adopté la foi dans la Loi merveilleuse alors que vous êtes si jeunes, mes amis du groupe Avenir, vous permettra sans aucun doute de donner à votre vie un cours ascendant et de développer toujours plus force, de bonté et de sagesse. Extrait de « Le grand éclat de notre révolution humaine » Établir un monde heureux et paisible Le terme kosen rufu apparaît à de nombreuses reprises dans les documents de l’examen d’entrée au département d’étude. Vous avez sûrement aussi entendu ce terme dans vos réunions de discussion locales mais vous n’avez pas une idée claire de ce que cela signifie. Voici ce qu’a dit le président Ikeda à ce sujet. En termes simples, kosen rufu signifie bâtir un monde heureux et paisible dans lequel tout le monde est content de naître, apprécie sa vie et peut mener une existence joyeuse et accomplie en harmonie avec les autres. C’est précisément ce que nous exprimons chaque matin et chaque soir dans nos prières silencieuses à la fin de notre Gongyo : « Je prie pour la paix dans le monde entier et le bonheur de tous les êtres vivants. » C’est pour cela que beaucoup de vos parents et grands-parents et d’autres pratiquants de la Soka Gakkai autour de vous font tant d’efforts pour partager le bouddhisme de Nichiren avec d’autres. Leurs prières et actions vont bien au-delà d’eux-mêmes et de leur famille. Elles concernent aussi leurs amis, voisins et toutes les autres personnes de leur communauté. Quand nous élargissons le champ de nos préoccupations, nous faisons jaillir encore plus de courage, de sagesse et de compassion, et nous approfondissons nos objectifs et le sens de ce que nous faisons. Partout, jour après jour, les pratiquants de la Soka Gakkai luttent pour élever leur vie tout en contribuant au bonheur des autres et à la société. C’est la voie pour atteindre la bouddhéité en cette vie et la pratique de la révolution humaine. Extrait de « À nos membres du groupe Avenir, porte-étendards la justice – notre espoir pour l’avenir »

Étude bouddhique

Un grand vœu de compassion pour le bonheur de l’humanité (suite)

Partie III. La proclamation de l’enseignement de Nichiren En se rendant dans des centres d’études bouddhiques à travers le Japon, Nichiren lut attentivement les différents sûtras et commentaires (les interprétations des sûtras), ce qui lui permit de saisir l’essence des enseignements de chaque tradition bouddhique. Ce faisant, il parvint à la conclusion que le Sûtra du Lotus était le plus élevé de tous ces enseignements et que sa quintessence, Nam-myoho-renge-kyo, était la loi qui permettait de résoudre les souffrances fondamentales de tous les êtres humains. Nichiren observa comment les gens, tout en cherchant à devenir heureux, commettaient la grave erreur de tourner le dos à l’enseignement correct. Il perçut que les moines dirigeant les différentes écoles bouddhistes, par leur interprétation erronée des enseignements, avaient détourné les personnes de la voie correcte. Lui seul en avait conscience, et, s’il décidait d’en parler ouvertement, il s’exposerait à la colère de nombreuses personnes. Garder le silence ou s’exprimer et mettre les gens en garde fut un dilemme auquel il réfléchit profondément avant de proclamer son enseignement. Il écrivit plus tard à ce sujet, dans son traité Sur l’ouverture des yeux (Écrits, 220-300) : « Mais, si je prononce ne serait-ce qu’un mot à ce sujet, alors mes parents, mes frères, mes maîtres, et même le souverain du pays prendront sûrement des mesures contre moi 1. Par ailleurs, je suis parfaitement conscient que, si je ne m’exprime pas, je fais preuve d’un manque de compassion. Je me suis demandé quel chemin emprunter à la lumière du Sûtra du Lotus et du Sûtra du Nirvana. En restant silencieux, je peux échapper aux persécutions en cette vie, mais, dans la vie prochaine, je ne manquerai pas de tomber dans l’Enfer aux souffrances incessantes. Si je parle, j’ai tout à fait conscience que je devrai affronter les trois obstacles et les quatre démons 2. Mais, entre ces deux chemins, c’est sûrement le second qu’il faut choisir. » (Écrits, 242) Même après avoir pris sa décision, il continua pourtant d’approfondir sa réflexion. Il affirme : « Si, cependant, je devais faiblir dans ma détermination face aux persécutions du souverain, il vaudrait mieux que je ne parle pas. » (Ibid.) Après mûre réflexion, il se remémora la description des « six actes difficiles et neuf actes faciles » dans le chapitre « L’apparition de la Tour aux trésors » du Sûtra du Lotus, dans lequel le Bouddha démontre combien il est difficile d’adopter et de propager le Sûtra après sa mort. Les actes qualifiés de « faciles » sont en fait impossibles à réaliser. Ils incluent des exploits tels que saisir le mont Sumeru 3 et le projeter à travers d’innombrables Terres de bouddha, ou traverser une prairie en feu avec un ballot d’herbe sèche sur le dos sans se brûler. Mais ces actes sont faciles, explique le Bouddha, si on les compare avec les six actes difficiles, comme adopter et répandre largement le Sûtra du Lotus à l’époque de la Fin de la Loi. Shakyamuni exhorte ensuite les bodhisattvas à faire le vœu de propager le Sûtra du Lotus à l’époque mauvaise qui suivra son décès, en surmontant tous les obstacles et toutes les difficultés. Pour réaliser le vœu profond du Bouddha de permettre aux êtres humains de parvenir à l’illumination, Nichiren vint à bout de ses hésitations et se dressa résolument pour le bonheur de toute l’humanité à l’époque de la Fin de la Loi. Il écrit : « Néanmoins, j’ai émis le vœu de produire le désir puissant et indomptable de l’illumination et de ne jamais faiblir dans mes efforts. » (Écrits, 243) En méditant sur son engagement, alors qu’il se trouvait en exil sur l’île de Sado, près de deux décennies plus tard, Nichiren revint sur le grand vœu qu’il avait fait lorsqu’il proclama son enseignement : « Je serai le pilier du Japon ! Je serai les yeux du Japon ! Je serai le grand vaisseau du Japon ! Tel est mon vœu et je n’y renoncerai jamais ! » (Écrits, 284) Nichiren resta fidèle à ce vœu jusqu’à la fin de sa vie. Malgré les tempêtes de persécutions, il ne recula pas, même d’un seul pas. Il était convaincu que le fait de rencontrer de telles difficultés correspondait en tout point à la prédiction des sûtras pour le Pratiquant du Sûtra du Lotus, et il les considérait donc comme un honneur. Une religion au service des êtres humains Le vingt-huitième jour du quatrième mois de l’année 1253, vers midi. Le moment était venu pour Nichiren, de retour dans sa province natale d’Awa, d’exposer son enseignement aux moines du Seicho-ji. Il révéla à cette occasion que Nam-myoho-renge-kyo était le cœur et l’essence même du bouddhisme (cf. Lettre aux moines du Seicho-ji, Écrits, 655, et Sur les persécutions subies par le Sage, Écrits, 1007). Il réfuta également l’injonction de Honen de pratiquer exclusivement le Nembutsu, ou de réciter le nom du bouddha Amida, et affirma pour la première fois que le Sûtra du Lotus était, parmi tous les enseignements bouddhiques, celui qui incarnait la vérité. Réciter Nam-myoho-renge-kyo, affirma-t-il, surpassait de loin des pratiques telles que le Nembutsu. Honen avait enseigné qu’il était extrêmement difficile pour les gens de l’époque de la Fin de la Loi (une époque où les enseignements de Shakyamuni avaient perdu leur pouvoir) de mener à bien le type de pratique requise pour atteindre la bouddhéité. Il affirma qu’ils devraient plutôt aspirer à renaître dans la Terre pure du bouddha Amida dans la prochaine vie [où il serait plus facile ­d’atteindre l’éveil]. Pour cette raison, il avait prêché la récitation du nom du bouddha Amida comme véritable pratique, et affirmé que tous les autres enseignements et pratiques n’étaient pas essentiels. Cette affirmation équivalait cependant à dénigrer l’enseignement du Sûtra du Lotus, selon lequel tout le monde peut atteindre la bouddhéité dans cette vie, et niait ainsi le véritable potentiel des êtres humains vivant ici et maintenant. Nichiren réfuta avec détermination les enseignements erronés de Honen et chercha à établir une religion qui se consacrerait véritablement au bonheur des êtres humains. Il proclama que Nam-myoho-renge-kyo était l’enseignement correct, capable de soulager les souffrances de ceux qui vivent à l’époque de la Fin de la Loi. Sa profession de foi, à cette occasion, est aujourd’hui connue sous le nom de « proclamation de son enseignement ». Ce jour-là, il annonça clairement les principes de sa philosophie. Le soleil du bouddhisme de Nichiren se mit alors à répandre sa lumière sur toute l’humanité, éclairant jusque dans l’avenir lointain les ténèbres de l’ignorance fondamentale, qui obscurcit le potentiel des êtres humains. Nichiren avait alors 32 ans. Après avoir dénoncé les erreurs de l’école de la Terre pure, il critiqua les écoles du Zen, de la Parole vraie (l’ésotérisme ayant pour centre le To-ji et d’autres temples), des Préceptes 4, et enfin les enseignements ésotériques de l’école Tendai (ayant pour centre notamment les temples Enryaku-ji et Onjo-ji). Il résuma ses critiques dans ce que l’on appelle les quatre dictons : le Nembutsu mène à l’Enfer aux souffrances incessantes ; le Zen est l’invention du démon céleste ; la Parole vraie (Shingon) est une doctrine néfaste qui détruira le pays ; et les observateurs des Préceptes (Ritsu) sont des traîtres au pays (cf. On Reprimanding Hachiman [Réprimandes à Hachiman], WND-II, 932). Le président Ikeda écrit : « Les quatre dictons expriment l’essence même de la sagesse de Nichiren, qui perçut et identifia l’arrogance des différentes écoles de l’époque, ainsi que leur duplicité en dissimulant leur véritable nature derrière l’autorité religieuse. [...] Au cœur des quatre dictons, se trouve la compassion de Nichiren pour protéger le peuple 5. » Dozen-bo renie Nichiren Dès l’instant où il proclama son enseignement, Nichiren devint la cible d’attaques et de persécutions, exactement comme il s’y était préparé. Il écrit : « D’abord, quand moi seul récitais le Daimoku, ceux qui m’ont vu, rencontré ou entendu, se sont bouché les oreilles, m’ont fixé avec des yeux furieux, ont pincé les lèvres, serré les poings et grincé des dents. Même mes parents, mes frères, mes maîtres et mes amis sont devenus mes ennemis. Puis, l’intendant et le gouverneur local du district où je vivais se sont retournés contre moi. » (Lettre au moine séculier Nakaoki, Écrits, 1017) À cette époque, Tojo Kagenobu, l’intendant du village de Tojo, qui tentait d’obtenir le contrôle des terres sur lesquelles le temple Seicho-ji et la maison familiale de Nichiren étaient situés, commença à agir de manière hostile envers Nichiren (voir note à la fin du texte : « Tojo Kagenobu »). Les moines Enchi-bo et Jitsujo-bo du temple Seicho-ji commencèrent également à le persécuter. Dozen-bo, craignant la colère de Kagenobu, alla même jusqu’à désavouer Nichiren en tant que son disciple (cf. Sur l’acquittement des dettes de reconnaissance, Écrits, 735). Entre-temps, les moines Joken-bo et Gijo-bo, tous deux également disciples de Dozen-bo, protégèrent Nichiren de Kagenobu, qui cherchait à s’en prendre à lui, et l’éloignèrent prudemment du temple Seicho-ji. Nichiren loua par la suite leurs actions courageuses : « Vous avez rendu un service incomparable au Sûtra du Lotus. » (Ibid.) Le choix du nom « Nichiren » C’est à partir de ce moment-là, pense-t-on, qu’il commença à utiliser le nom « Nichiren ». Il écrit : « Le Sûtra du Lotus est le soleil, la lune et la fleur de lotus. C’est pourquoi on l’appelle le Sûtra du Lotus de la Loi merveilleuse. Nichiren aussi peut être comparé au soleil, à la lune et à la fleur de lotus. » (L’accouchement facile d’un enfant de bonne fortune, Écrits, 187) Le président Ikeda dit à ce sujet que prendre pour nom « Nichiren » signifie qu’il « s’est éveillé, seul, à sa mission consistant à dissiper les ténèbres dans la vie des êtres humains, comme le soleil, et de faire éclore au cœur de la société la fleur immaculée de la Loi merveilleuse, comme la fleur de lotus qui fleurit dans un étang boueux 6 ». Il poursuit en suggérant que ce nom reflète le grand vœu bienveillant de Nichiren pour le bonheur de toute l’humanité, et pour l’éternité. Nichiren partit ensuite pour Kamakura, le siège du gouvernement militaire. (À suivre) Orientations données par le président Ikeda Les six actes difficiles et les neuf actes faciles expriment ­l’intention du Bouddha. [...] Parmi les neuf actes faciles, Nichiren en mentionne trois pour témoigner de la difficulté de réaliser son vœu. Il se décrit comme un homme ordinaire « dont la force est dérisoire », « dépourvu de pouvoirs transcendantaux » et « dépourvu de sagesse » (cf. Sur l’ouverture des yeux, Écrits, 242-243). Ainsi, même si l’on manque de force physique, de pouvoirs transcendantaux ou de sagesse, nous dit-il, si l’on avance en se fondant sur le grand vœu de transmettre la Loi, avec le Bouddha dans son cœur, notre vie sera remplie d’une force, d’un courage et d’une sagesse inépuisables, et aucun obstacle, même redoutable, ne sera impossible à surmonter. Tel est le message d’espoir sans limites qu’il nous transmet à travers ses mots 7.   [L’enseignement de Nichiren] dépasse les limites étriquées d’une simple école, il est accessible à tous et partout dans le monde. En réalité, Nichiren a établi les fondations d’une religion pour toute l’humanité. [...] À ce titre, le bouddhisme de Nichiren est une religion « humaine », littéralement, une religion mondiale au sens le plus vrai du terme. Je suis convaincu que la proclamation de son enseignement est à l’origine d’une lutte sans merci contre la source du mal cachée dans les profondeurs de la vie humaine, contre la nature démoniaque de la vie et toutes les formes que peut prendre l’obscurité fondamentale 8. Note : Tojo Kagenobu Tojo Kagenobu (dates inconnues) était l’intendant du village de Tojo, dans le district de Nagasa, où se trouvait le temple Seicho-ji. Il serait un descendant de Tojo Shichiro Akinori, à qui Minamoto no Yoritomo, le fondateur du shogunat de Kamakura, avait accordé le contrôle des terres de ce district. L’intendant était chargé par le shogunat de superviser les domaines (les terres privées détenues par les familles nobles et les temples) et les principautés (les terres publiques détenues par la cour impériale), de collecter les impôts des exploitants et d’exercer des pouvoirs de police. En raison de l’autorité qui leur était conférée, les intendants ne payaient pas toujours leurs impôts aux seigneurs féodaux locaux et tentaient d’étendre leur pouvoir, ce qui conduisait fréquemment à des litiges entre les seigneurs et eux. Ce fut le cas de Kagenobu. Lorsqu’il évoquait l’épouse du seigneur du domaine, Nichiren en parlait comme de quelqu’un envers qui il avait une « grande dette » (cf. Réponse à Niiama, Écrits, 470). Et, quand un différend juridique surgit entre elle et Kagenobu, Nichiren prit son parti et lui offrit son soutien. Priant avec la détermination de « rejeter le Sûtra du Lotus » si ce procès était perdu, Nichiren aida l’épouse du seigneur à remporter la victoire (cf. Lettre aux moines du Seicho-ji, Écrits, 656). On pense que cet incident eut lieu vers 1253, mais la date est incertaine. Hojo Shigetoki, un fervent croyant des enseignements de la Terre pure (Nembutsu), soutenait Kagenobu. Shigetoki était le beau-père et le conseiller de Hojo Tokiyori, le cinquième régent du shogunat de Kamakura. En accord avec les intentions de Shigetoki et de son clan, Kagenobu continua d’intenter des poursuites. Finalement, lorsque Nichiren retourna dans sa maison familiale en 1264, Kagenobu lança une action contre lui et ses disciples. Lors du procès, les juges, qui appartenaient au clan de Shigetoki, se prononcèrent contre Nichiren, et ils le bannirent de son village natal, bien que Shigetoki soit déjà décédé. (cf. Condolences on a Deceased Husband [Condoléances adressées à une veuve à la suite du décès de son époux], WND-II, 773) On sait peu de choses sur ce qu’il advint par la suite de Kagenobu, mais on pense qu’il était mort au moment de l’exil de Nichiren sur l’île de Sado en 1271 (cf. Sur l’acquittement des dettes de reconnaissance, Écrits, 735).

Étude bouddhique

La vie de Nichiren Nichiren – Un grand vœu de compassion pour le bonheur de l’humanité

Partie II. Esprit de recherche À l’âge de 12 ans, Nichiren entre au temple Seicho-ji pour y étudier ; il s’y engage, par la prière, à devenir la « personne la plus sage du Japon ». Ayant reçu, selon ses propres mots, un « grand joyau » de sagesse « aussi brillant que l’étoile du matin » (Lettre aux moines du Seicho-ji, Écrits, 655), il entreprend sa quête pour découvrir l’essence même du bouddhisme. À l’époque de Nichiren, le Seicho-ji, devenu un temple de l’école Tendai 1, avait incorporé les enseignements de la Terre pure, alors largement répandus à travers le Japon. Plusieurs de ses moines, y compris le maître de Nichiren, Dozen-bo, récitaient le mantra de la Terre pure, Namu-Amida-butsu, une formule de vénération à l’égard du bouddha Amida. En étudiant dans ce contexte, Nichiren en vint à se demander sur quelle base chacune des écoles bouddhiques prétendait être la seule et unique à prôner un enseignement correct. Plus tard, Nichiren écrivit que, tout en s’interrogeant sur ce qu’il devait faire, il s’engageait à « ne tenir aucun compte des déclarations de ces huit ou dix écoles 2 » (Sur l’acquittement des dettes de reconnaissance, Écrits, 697). À la lecture de cette déclaration, il apparaît que, dans sa volonté de suivre l’esprit et l’intention du bouddha Shakyamuni, Nichiren avait décidé de ne prendre en considération que les enseignements des sûtras bouddhiques eux-mêmes, et de ne pas s’en laisser détourner par des interprétations ultérieures, émises par certains moines. À cette époque, les diverses écoles bouddhistes considéraient comme absolus les enseignements de leurs fondateurs, chinois ou japonais, et avaient développé leurs doctrines respectives sur cette base. Nichiren, quant à lui, est retourné puiser à la source des enseignements originels du bouddhisme, poursuivant ses études avec l’esprit bienveillant de rechercher une voie pour délivrer ­l’humanité de ses souffrances. C’est avec cet esprit qu’il s’est consacré à analyser l’essence même des enseignements de chaque école bouddhique. En outre, Nichiren s’interrogeait au sujet de certains événements historiques récents : la mort par noyade, en 1185, pendant la guerre de Genpei 3, de l’empereur Antoku, alors qu’il était encore un enfant, et l’exil, à la suite de leur défaite au cours des troubles de l’ère Jokyu en 1221, de l’empereur retiré Gotoba et de ses deux fils ; ces derniers avaient pourtant fait conduire des séances de prières pour la victoire selon les rites du Shingon (cf. Rulers of the Land of the Gods [Les souverains de la terre des dieux], WND-II, 614-615). Ces incidents ont conduit Nichiren à remettre en cause la manière dont le bouddhisme était alors pratiqué au Japon. La soif d’apprendre Quel enseignement incarne véritablement l’intention du Bouddha de libérer de la souffrance tous les êtres humains ? Tout en cherchant à répondre à cette question, Nichiren écrit : « Comme [le Seicho-ji] se trouvait dans une province si reculée et éloignée, il n’y avait là personne en mesure de me dispenser une instruction digne de ce nom. » (cf. Questions and Answers on the Object of Devotion [Questions et réponses sur l’objet de vénération], WND-II, 794) C’est avec un esprit de recherche passionné que le jeune Nichiren s’est lancé dans l’étude du bouddhisme, ce qui l’amena à surpasser jusqu’aux moines aînés. Dans sa quête pour comprendre la situation du bouddhisme à son époque, il part étudier à Kamakura, à Kyoto et dans d’autres centres d’études bouddhiques. Il écrit, après avoir quitté le Seicho-ji : « Pendant une période d’environ vingt ans […], j’ai voyagé de province en province, de temple en temple, visitant ainsi Kamakura, Kyoto, le mont Hiei, le Onjo-ji, le mont Koya, et le Shitenno-ji. » (cf. Condolences on a Deceased Husband [Condoléances adressées à une veuve à la suite du décès de son époux], WND-II, 767) Ce faisant, il a étudié les doctrines essentielles de chacune des écoles bouddhistes majeures. Bien que certains points de détail restent imprécis, il semblerait qu’il se soit d’abord rendu à Kamakura et que, pendant les une ou deux années suivant son entrée dans les ordres à l’âge de 16 ans, il aurait étudié en profondeur les enseignements de la Terre pure (cf. Encouragement à un malade, Écrits, 82). Il semblerait également que, en 1242, à l’âge de 21 ans, Nichiren ait de nouveau résidé au Seicho-ji, avant de partir étudier au temple Enryaku-ji sur le mont Hiei, au nord-est de Kyoto. L’histoire du Enryaku-ji remonte à l’an 785, quand le grand maître Dengyo installe une modeste demeure sur le mont Hiei, puis, en 788, y construit un temple de petite taille, connu sous le nom de Ichijo Shikan-in. Ce dernier sera officiellement déclaré école bouddhiste par la cour impériale en 806. L’école Tendai, également connue sous le nom d’école du Lotus Tendai, établit sa doctrine à partir des enseignements en chinois de Tiantai, qui se fondent principalement sur le Sûtra du Lotus. Pourtant, le Enryaku-ji, temple principal de cette même école Tendai, devint un centre d’éducation générale sur le bouddhisme, proposant un programme d’ensemble sur les quatre grands courants de la pensée bouddhique – le Zen, les préceptes bouddhiques, le bouddhisme ésotérique, ainsi que les doctrines de l’école Tendai. Des moines tels que Honen, Shinran, Eisai 4 et Dogen, qui ont largement influencé le bouddhisme japonais, ont également étudié sur ce site. La dénonciation de l’offense à la Loi En se rendant d’un lieu à un autre pour y étudier le bouddhisme, Nichiren a pu évaluer l’essence même des doctrines de chaque école (cf. Lettre aux moines du Seicho-ji, Écrits, 655). Il en a conclu que les gens avaient tendance à s’imaginer que les divers enseignements bouddhiques représentaient une seule et même vérité, et que la pratique assidue de n’importe lequel d’entre eux pourrait leur permettre de se libérer des souffrances de la vie et de la mort. Pourtant, en abordant et en pratiquant les enseignements bouddhiques de manière incorrecte, ils couraient le grand risque de « tomber dans le profond fossé que représente l’offense à la Loi 5 » (cf. Condolences on a Deceased Husband [Condoléances adressées à une veuve à la suite du décès de son époux], WND-II, 767). Nichiren a entrepris de classer les divers écrits bouddhiques en s’appuyant sur les « cinq périodes », un système de classification doctrinale du Grand Maître Tiantai 6 (servant à évaluer et à interpréter le contenu des enseignements dispensés dans les divers sûtras). Selon ce système, l’ensemble des sûtras qui, à l’époque de Tiantai, étaient déjà parvenus jusqu’en Chine, contenaient les paroles mêmes du bouddha Shakyamuni. Le Grand Maître Tiantai a, en fonction de leur contenu respectif, classé ces sûtras en périodes successives, en suivant la chronologie ou l’ordre selon lesquels ils auraient, d’après lui, été dispensés. Dans le Sûtra aux sens infinis, qui aurait été prêché juste avant le Sûtra du Lotus, Shakyamuni déclare : « Durant ces quelque quarante années, je n’ai pas encore révélé la vérité […]. » (The Lotus Sutra and Its Opening and Closing Sutras [Le Sûtra du Lotus et les sûtras qui lui servent d’introduction et de conclusion], p. 15) En outre, le Sûtra aux sens infinis présente le Sûtra du Lotus comme le véritable enseignement que le Bouddha transmettrait ensuite. Il est d’ailleurs dit dans le Sûtra du Lotus : « L’Honoré du monde a depuis longtemps déjà exposé ses doctrines ; le temps est maintenant venu pour lui de révéler la vérité. » (SdL-II, 45) En s’appuyant sur ces passages, Nichiren a pu affirmer que le Sûtra du Lotus constitue l’enseignement correct, qui révèle la véritable nature de l’éveil de Shakyamuni. Le sûtra suprême Selon Nichiren, le Sûtra de Lotus surpasse tous les autres sûtras déjà transmis ou qui pourraient l’être dans l’avenir, en cela qu’il révèle la « raison primordiale » (SdL-II, 50) pour laquelle les bouddhas apparaissent dans ce monde, à savoir permettre à tous les êtres humains d’atteindre la bouddhéité. Les cinq caractères de Myoho-renge-kyo, le Daimoku (ou titre du Sûtra du Lotus), constituent l’essence du Sûtra du Lotus et de tous les autres sûtras, ainsi que l’enseignement correct que chacun devrait placer au-dessus de toute autre doctrine (cf. Sur l’acquittement des dettes de reconnaissance, Écrits, 736). La récitation de Nam-myoho-renge-kyo par un pratiquant du Sûtra du Lotus inclut les vertus et bienfaits de tous les bouddhas et bodhisattvas et de tous les sûtras. Sans la mise en œuvre de Myoho-renge-kyo, les divers bouddhas et sûtras n’auraient aucun impact ou effet. Nichiren a fait le constat que seul le Sûtra du Lotus révèle la loi essentielle qui régit toute vie ainsi que l’Univers entier, et qui peut soulager les souffrances humaines à la racine. Il a révélé cette loi, Nam-myoho-renge-kyo, l’enseignement le mieux adapté aux êtres humains vivant à l’époque de la Fin de la Loi. Nam-myoho-renge-kyo Sur quels principes contenus dans le Sûtra du Lotus Nichiren s’est-il appuyé pour déclarer qu’il surpasse tous les autres sûtras ? En premier lieu se trouve la doctrine selon laquelle les personnes des « deux véhicules » peuvent atteindre la bouddhéité et en second lieu, la révélation que le bouddha Shakyamuni a originellement atteint l’illumination dans le passé infiniment lointain. Selon le deuxième chapitre du Sûtra du Lotus, « Moyens opportuns », les êtres qui résident dans les états décrits comme les deux véhicules (les mondes des auditeurs et des éveillés-à-la-causalité) peuvent atteindre l’illumination, alors que les autres sûtras leur déniaient cette possibilité. Par extension, ce principe garantit que tous les êtres humains dans n’importe lequel des dix mondes (ou dix états) peuvent atteindre la bouddhéité. La révélation que le Bouddha a atteint l’illumination dans le passé infiniment lointain, et non pas, comme on le présumait, au cours de sa vie présente (sous l’arbre de la Bodhi), se trouve dans le chapitre 16 du Sûtra, « La durée de la vie de l’Ainsi-Venu ». Ayant donc atteint la bouddhéité dans le très lointain passé, le Bouddha demeure toujours présent au cœur du monde saha 7, guidant les êtres vivants et leur prodiguant ses enseignements. Cependant, le Sûtra du Lotus ne précise pas quel enseignement Shakyamuni aurait pratiqué pour devenir bouddha. Il restait donc à mettre pleinement en lumière l’enseignement qui ouvre la voie de la bouddhéité à tous les êtres humains, à l’époque de la Fin de la Loi. C’est Nichiren qui, en approfondissant cette question, a pris conscience que Nam-myoho-renge-kyo était bien cet enseignement essentiel – la Loi, au cœur même du Sûtra du Lotus, qui offre aux personnes ordinaires la possibilité d’atteindre la bouddhéité. Au sujet du principe selon lequel les personnes ordinaires peuvent atteindre la bouddhéité, le président Ikeda écrit : « On pourrait dire que l’illumination des personnes ordinaires […] représente le cœur du Sûtra du Lotus et l’essence même du bouddhisme, ainsi que l’ultime objectif de la religion. » Il écrit en outre : « L’esprit religieux consiste à percevoir l’éternel et l’absolu chez tous les êtres humains et à souhaiter que leur vie brille de tout son éclat. L’enseignement de Nichiren, ou bouddhisme de l’ensemencement, qui se fonde sur la Loi suprême dissimulée dans les profondeurs du Sûtra du Lotus, s’ancre directement dans cet esprit religieux 8. » Nichiren a dénommé Nam-myoho-renge-kyo la loi fondamentale qui pénètre l’Univers et permet à tous les bouddhas de s’éveiller. C’est la clé pour apporter une solution aux souffrances des êtres humains au niveau le plus profond et pour leur ouvrir la voie d’un bonheur authentique. Un bouddha est quelqu’un qui est parvenu à incarner cette loi dans sa propre vie ; ce faisant, il a vaincu toutes sortes d’obstacles et d’oppositions, et atteint un état de bonheur absolu et indestructible. En récitant Nam-myoho-renge-kyo avec foi, nous, qui vivons à l’époque de la Fin de la Loi, sommes capables de faire surgir cette vie de bouddha qui est inhérente à notre vie. Les mauvais moines égarent les gens Les gens continuaient malgré tout à rejeter ou à ignorer le Sûtra du Lotus, préférant placer toute leur estime dans des enseignements que le Bouddha avait désignés comme de simples moyens opportuns. Dans ce contexte, Nichiren prit conscience qu’une telle opposition généralisée à la Loi constituait la cause fondamentale du malheur affligeant la population et générant l’instabilité dans la société. Cette opposition à la Loi émanait en particulier des ­enseignements de la Terre pure, alors très populaires. Honen, le fondateur de l’école de la Terre pure, prônait le rejet de toute autre forme de pratique bouddhique, au profit de la seule récitation de Namu-Amida-butsu 9, une invocation du nom du bouddha Amida exprimant le vœu de renaître sur la terre de ce bouddha, nommée Terre pure du Bonheur-Suprême. Il amenait ainsi les gens à renoncer totalement à générer des bienfaits par leur pratique bouddhique, pour n’attendre leur salut que du seul bouddha Amida. Nichiren, quant à lui, avait la conviction que la Terre pure du bouddha Shakyamuni, qui a atteint l’illumination dans le passé infiniment lointain, ne se trouve nulle part ailleurs que dans notre monde réel, le monde saha. Il estimait que les moines de la Terre pure, en poussant les gens à rejeter ce monde pour chercher la Terre de bouddha dans l’au-delà, ne faisaient ainsi que s’égarer, très loin de l’authentique esprit du Sûtra du Lotus. Il était indigné et triste que ces moines bouddhistes, au lieu de s’acquitter de leur rôle et de guider les gens vers l’illumination, les éloignent en fait du Sûtra du Lotus, la voie directe pour atteindre la bouddhéité. À ce propos, le président Ikeda fait remarquer : « Les études menées par Nichiren l’ont conduit à son grand vœu pour kosen rufu. Celui-ci, lié au vœu qu’il avait prononcé à l’âge de 12 ans, illustre aussi sa conscience aiguë d’accomplir le grand désir du Bouddha, exprimé dans le Sûtra du Lotus 10. » Ainsi, le souhait ardent de Nichiren de rechercher la vérité l’a conduit à faire le vœu de libérer l’humanité de la souffrance, à l’époque de la Fin de la Loi. Au terme de son périple, il retourne dans sa province natale d’Awa et entreprend de transmettre largement la Loi merveilleuse. (À suivre) Orientations données par le président Ikeda Il apparaît clairement que, tout en s’inspirant de sa propre illumination, Nichiren s’est consacré corps et âme à rechercher l’enseignement qui ouvrirait la voie d’un bonheur authentique pour toute l’humanité, à l’époque de la Fin de la Loi. À l’issue de cette recherche, il en est venu à la conclusion que le Sûtra du Lotus surpassait tous les autres sûtras, et constituait la finalité même de sa propre quête. Ainsi, la sagesse jaillissant de sa vie était la Loi merveilleuse du Sûtra du Lotus prêché par le bouddha Shakyamuni. Il a pris conscience que là se trouvait le seul enseignement à même de libérer des souffrances de la vie et de la mort les êtres humains vivant à l’époque de la Fin de la Loi, et de transformer notre ère, marquée par l’avidité et les conflits 11.

Étude bouddhique

Passages clés des Enseignements oraux [10] Le chapitre « Surgir de Terre »

Une vie noble consacrée à accomplir la mission des bodhisattvas surgis de la Terre C’est au mois d’août que j’ai rencontré mon maître et, tous les ans durant ce mois, je me rappelle son cri émouvant : « Quelle noblesse est la nôtre et quelle incroyable mission nous avons en tant que bodhisattvas surgis de la Terre ! Vivre pour cette mission est la meilleure façon possible de passer notre jeunesse et notre existence. » M. Toda enseigna l’importance de notre mission en tant que pratiquants de la Soka Gakkai d’une façon facile à comprendre, en citant toujours des passages des Écrits de Nichiren et du Sûtra du Lotus. Je suis l’un des nombreux disciples qui ont pu mener leur vie de la meilleure façon possible grâce à leur rencontre avec M. Toda. Un poème improvisé lors de ma première rencontre avec mon maître Quand j’ai rencontré pour la première fois M. Toda le 14 août 1947, j’ai été profondément frappé par sa façon de s’exprimer et son comportement ouvert, direct et sincère. J’ai immédiatement senti que c’était une personne en qui je pouvais avoir totalement confiance. J’ai exprimé sur-le-champ toute ma reconnaissance dans un poème improvisé que j’ai intitulé par la suite « Surgir de Terre » et qui s’achève par ces vers : Dans l’obscurité précédant l’aube, j’avance en quête de lumière. Pour dissiper les nuages sombres dans mon esprit, pour rechercher un grand arbre qui ne plie pas dans la tempête, je surgis de la Terre. À ce moment-là, je ne connaissais pas la description des bodhisattvas surgis de la Terre du Sûtra du Lotus ; mon poème était simplement inspiré par la vitalité des arbres et des plantes qui surgissaient du sol aride et s’épanouissaient dans un pays tout juste sorti d’une guerre dévastatrice. Dix jours plus tard, le 24 août, dans la chaleur brûlante de l’été, j’ai reçu mon Gohonzon, déterminé à suivre M. Toda, mon maître, et à aller de l’avant sur la voie que j’avais choisie. Soixante-seize ans se sont écoulés depuis que j’ai commencé ce voyage sur la voie de maître et disciple. En ce mois d’août, point de départ de cette lutte commune du maître et du disciple, j’aimerais aborder la partie du Recueil des enseignements oraux concernant le chapitre « Surgir de Terre » (15e) du Sûtra du Lotus 1. Concentrons-nous ici sur la relation de maître et disciple et la mission des bodhisattvas surgis de la Terre en rappelant les orientations données par M. Toda. Je sais combien il serait ravi de voir à quel point se sont développés les rangs des bodhisattvas surgis de la Terre qui ont émergé en cette nouvelle ère de kosen rufu. Le début de l’enseignement essentiel du Sûtra du Lotus Commençons par voir rapidement les divers événements du Sûtra du Lotus relatés dans ce chapitre. Le chapitre « Surgir de Terre » (15e) est le début de l’enseignement essentiel du Sûtra du Lotus. La différence majeure entre l’enseignement théorique (les quatorze premiers chapitres) et l’enseignement essentiel (les quatorze derniers chapitres) est que l’on passe d’un point de vue où Shakyamuni se présente comme un bouddha ayant atteint pour la première fois l’illumination sous l’arbre de la Bodhi à celui du Bouddha qui atteignit à l’origine l’illumination dans le très lointain passé 2. En outre, il dépeint le grand vœu ou souhait du Bouddha dans sa véritable identité et celui des ­bodhisattvas, ses disciples, ainsi que leur lutte éternelle pour guider les êtres humains vers l’illumination en ce monde saha 3 empli de souffrances. Au début du chapitre « Surgir de Terre », les bodhisattvas déjà présents dans l’assemblée demandent à Shakyamuni de leur confier la mission de propager le Sûtra du Lotus dans le monde saha après sa mort. Shakyamuni avait lancé un appel en ce sens dans le chapitre « L’apparition de la Tour aux trésors » (11e) et les bodhisattvas avaient fait alors le vœu d’accomplir cette tâche dans le chapitre « Exhortation à la persévérance » (13e) – en ayant parfaitement conscience des grandes persécutions qu’ils seraient amenés à rencontrer au cours de ce processus – et ils présumaient tout naturellement que leur vœu serait pris en compte et que le Bouddha leur confierait cette mission. Mais au lieu de cela, il déclare : « Arrêtez, hommes de bien » (SdL-XV, 207) et fait cette surprenante déclaration : « Il n’est pas nécessaire que vous protégiez ce sûtra. Pourquoi ? Parce dans ce monde saha qui est le mien, les bodhisattvas-­mahasattvas sont aussi nombreux que grains de sable de soixante mille Gange […] Quand je serai entré dans l’extinction, ils seront alors capables […] de prêcher largement ce Sûtra. » (SdL-XV, 207) Après que Shakyamuni a prononcé ces mots, on voit se dérouler l’une des scènes les plus extraordinaires du Sûtra du Lotus : « Le sol du milliard de terres du monde saha se mit à trembler et à s’entrouvrir, et au même instant en surgirent d’innombrables milliers, dizaines de milliers, millions de bodhisattvas-mahasattvas 4 […] Chacun de ces bodhisattvas […] était accompagné d’une suite aussi nombreuse que les grains de sable de soixante mille Gange […] Chacun d’eux se dirigea vers la merveilleuse tour […] où se trouvaient l’Ainsi-Venu Maints-Trésors et le bouddha Shakyamuni [qu’ils saluèrent avec le plus grand respect] […] Ces bodhisattvas [remplirent] les cieux au-dessus d’innombrables centaines, milliers, dizaines de milliers et millions de terres. » (cf. SdL-XV, 207-208) Il est également dit dans le Sûtra : « Leur corps [de ces bodhisattvas] était de couleur dorée, arborait les trente-deux traits caractéristiques 5 et diffusait une lumière d’un éclat sans limite. Jusqu’alors, ils avaient tous résidé dans l’espace vide 6 au-dessous du monde saha, mais le fait d’entendre la voix du bouddha Shakyamuni [les] avait fait surgir de terre. » (SdL-XV, 207) Maitreya 7, qui représente l’assemblée stupéfaite, se dit ébloui par la magnifique apparence de ces bodhisattvas et demande qui ils sont et la raison de leur apparition. Shakyamuni répond que ce sont ses disciples qu’il instruit et convertit depuis le très lointain passé (voir SdL-XV, 212-213). En agissant ainsi, il les conduit à s’interroger sur leurs postulats ­antérieurs et à entretenir des doutes 8, et se prépare ainsi à révéler dans le chapitre suivant, le chapitre « Durée de la vie » (16e), son atteinte originelle de l’illumination dans le très lointain passé.   [Chapitre XV : Surgir de Terre Un point important] Point un, à propos du passage « Parmi ces bodhisattvas se trouvaient quatre guides. Le premier s’appelait Pratiques-Supérieures, le deuxième s’appelait Pratiques-Sans-Limites, le troisième s’appelait Pratiques-Pures et le quatrième Pratiques-Solidement-Établies. Ces quatre bodhisattvas étaient les guides les plus importants et les maîtres les plus éminents de tout le groupe. » (SdL-XV, 208) « Il est dit dans le Recueil des enseignements oraux : Ce chapitre “Surgir de Terre” est consacré entièrement aux questions relatives aux bodhisattvas de l’enseignement essentiel, ceux qui furent instruits et convertis par le Bouddha dans sa véritable identité 9. L’action réalisée par les bodhisattvas de l’enseignement essentiel est Nam-myoho-renge-kyo. Cela correspond au caractère sho [« prôner » dans le mot composé shodo qui signifie « prôner et guider ».] Le caractère do signifie qu’ils mèneront et guideront tous les êtres vivants de ce pays qu’est le Japon sur la Terre pure de la montagne sacrée [le pic de l’Aigle]. Quant aux “maîtres” qui servent de guides à l’époque de la Fin de la Loi, il ne peut s’agir que des bodhisattvas de l’enseignement essentiel. […] Nichiren et ses disciples, qui récitent maintenant Nam-myoho-renge-kyo, sont tous des disciples de ces bodhisattvas surgis de la Terre (ou en font eux-mêmes partie). » (OTT, 117-118) Les disciples de Nichiren sont les bodhisattvas surgis de la Terre Examinons maintenant la première moitié de cette partie des Enseignements Oraux consacrée au chapitre « Surgir de Terre ». Le premier point que j’aimerais développer concerne la phrase « L’action réalisée par les bodhisattvas de l’enseignement essentiel est Nam-myoho-renge-kyo. » Le même thème apparaît dans la seconde partie des Enseignements oraux sur ce chapitre, qui confirme une fois de plus que seuls les bodhisattvas surgis de la Terre de l’enseignement essentiel possèdent ou adoptent le Daimoku de la Loi merveilleuse, Nam-myoho-renge-kyo, autrement dit que ce n’est pas le cas des bodhisattvas de l’enseignement théorique. En d’autres termes, seuls les bodhisattvas surgis de la Terre récitent Nam-myoho-renge-kyo et aident toutes les personnes à atteindre la bouddhéité dans leur vie présente. Nam-myoho-renge-kyo est la Loi fondamentale pénétrant l’univers et la vie. C’est aussi l’essence même de la vie de Nichiren, le bouddha de l’époque de la Fin de la Loi. Cela correspond également au fonctionnement des états de bouddha et de bodhisattva en nous, qui sommes des pratiquants en lien direct avec Nichiren. Nam-myoho-renge-kyo a aussi pour fonction d’harmoniser ­l’ensemble des dix états. C’est seulement en croyant dans la Loi merveilleuse que nous pourrons en définitive faire jaillir le courage et la force de réaliser les six actions difficiles et les neuf actions faciles 10, et vaincre les trois puissants ennemis 11. Le chapitre « Surgir de Terre » présente les quatre représentants des bodhisattvas surgis de la Terre–les bodhisattvas Pratiques-Supérieures, Pratiques-Sans-Limites, Pratiques-Pures et Pratiques-Solidement-Établies – qui sont à la fois des maîtres et des guides (voir SdL-XV, 208), c’est-à-dire des dirigeants sans égal. Dans le Recueil des Enseignements oraux, Nichiren explique que le mot « guider » (jpn shodo) – comprenant le caractère chinois cho qui signifie « prôner » ou « réciter » et « do » « mener » ou « guider » – exprime la fonction des bodhisattvas surgis de la Terre qui récitent Nam-myoho-renge-kyo et guident tous les êtres vivants vers la Terre pure du pic de l’Aigle, c’est-à-dire vers l’état de bouddha (voir OTT, 117). Il dit alors clairement que ces bodhisattvas qui adoptent la Loi merveilleuse sont les maîtres et les guides de l’époque de la Fin de la Loi. Par leur foi dans la Loi merveilleuse, les bodhisattvas surgis de la Terre s’éveillent à leur valeur et à leur dignité suprêmes. Ils croient pleinement dans le potentiel intérieur illimité des autres et sont animés d’une profonde compassion qui les conduit vers le bonheur pour soi et pour les autres et vers la réalisation d’un monde où les êtres humains peuvent coexister dans la paix et l’harmonie. Cette partie s’achève ainsi : « Nichiren et ses disciples, qui récitent maintenant Nam-myoho-renge-kyo, sont tous des disciples de ces bodhisattvas surgis de la Terre [ou en font eux-mêmes partie]. » (OTT, 118) C’est l’affirmation indéniable que, à l’époque de la Fin de la Loi, Nichiren et chacun de nous, ses disciples, nous sommes des bodhisattvas surgis de la Terre. Les héroïques bodhisattvas surgis de la Terre agissent sur toute la planète Avoir conscience de notre identité de bodhisattvas surgis de la Terre est l’esprit fondamental du mouvement Soka. À l’origine de cela il y a l’éveil du président Toda alors qu’il était persécuté en prison. Au moment où M. Toda pris conscience qu’il était un bodhisattva surgi de la Terre, le Sûtra du Lotus put renaître dans les temps modernes. Sans l’émergence de personnes qui parviennent à s’éveiller à cela, les passages de sûtra enseignant la propagation du Sûtra du Lotus après la disparition de Shakyamuni seraient vides et dépourvus de toute signification. De même, nous ne pourrions pas perpétuer la lutte constante de Nichiren au cœur des grandes difficultés pour ouvrir la voie de kosen rufu à l’époque de la Fin de la Loi. Après avoir été libéré de prison, M. Toda parla du profond éveil dont il avait alors fait l’expérience : « Notre vie est éternelle, sans commencement ni fin. Je suis maintenant conscient que nous sommes tous apparus en ce monde avec la grande mission de propager le Sûtra du Lotus en sept caractères [Nam-myoho-renge-kyo 12] dans l’époque de la Fin de la Loi. Si je définis notre statut en accord avec cette conviction, nous sommes tous des bodhisattvas surgis de la Terre 13. » Cette conscience d’être un bodhisattva surgi de la Terre – que M. Toda n’avait d’abord révélée qu’à son regretté maître, le président fondateur de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi – se diffusa finalement dans tout le mouvement Soka. Et cela mena finalement à l’accomplissement du vœu de M. Toda : 750 000 foyers de pratiquants. M. Toda dit souvent à la jeunesse : « Je me chargerai de réaliser kosen rufu. Je parviendrai à cet objectif de 750 000 foyers de pratiquants par mes propres efforts. Voulez-vous m’aider ? » Ce cri passionné d’un bodhisattva surgi de la Terre, provenant des profondeurs de son être, diffusa le sens de la mission éternelle de kosen rufu dans le cœur de tous les pratiquants, les uns après les autres. Aujourd’hui, des pratiquants du monde entier se dressent avec la conviction qu’ils sont des bodhisattvas surgis de la Terre. Nous sommes entrés dans une ère où les héroïques bodhisattvas surgis de la Terre agissent sur toute la planète, en apportant partout la lumière de l’espoir. La Soka Gakkai a pu voir ainsi l’histoire des bodhisattvas surgis de la Terre relatée dans le Sûtra du Lotus devenir réalité et se propager dans le monde entier. Se lancer délibérément des défis Nichiren déclare : « Nichiren et ses disciples, qui récitent maintenant Nam-myoho-renge-kyo, sont tous des disciples de ces bodhisattvas surgis de la Terre [ou font eux-mêmes partie de ces bodhisattvas] ». (OTT, 118) Ces paroles indiquent que nous, maîtres et disciples du mouvement Soka, sommes des bodhisattvas surgis de la Terre. Tous les gens, quelles que soient leur situation ou leur condition, qui s’éveillent à leur mission et agissent pour propager la Loi merveilleuse « sont tous des disciples de ces bodhisattvas surgis de la Terre [ou en font eux-mêmes partie] ». Comme l’a écrit par ailleurs Nichiren : « Si vous avez le même esprit que Nichiren, vous devez être un bodhisattva surgi de la Terre. » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 389) Le chapitre « Surgir de Terre » énumère, à partir de diverses perspectives, les caractéristiques des bodhisattvas surgis de la Terre – que Nichiren incarnait lui-même parfaitement. Ce sont aussi les qualités que nous acquérons quand nous luttons dans notre pratique bouddhique pour conserver notre foi dans la Loi merveilleuse. Elles sont notamment présentées dans les passages suivants : – « [Avec] une sagesse insondable, fermes dans leur résolution et leur pensée, et dotés du pouvoir de grande persévérance, leur vue comble les êtres vivants. » (SdL-XV, 210) – « Pour pouvoir se consacrer nuit et jour, avec une ferveur constante, à la quête de la voie du Bouddha » (SdL-XV, 213) – « Avec une ferme volonté et une forte concentration, en quête de la sagesse, avec une constante ferveur, ils exposent diverses doctrines merveilleuses et leur esprit est sans crainte. » (SdL-XV, 213) – « S’instruisant habilement dans la voie des bodhisattvas, sans se laisser souiller par les choses de ce monde, comme la fleur de lotus sur l’eau. » (SdL-XV, 215) – « Ils excellent dans l’art difficile des questions et réponses, leur cœur ne connaît pas la peur. Ils ont fermement cultivé l’esprit de persévérance, la rectitude, la dignité et la vertu. » (SdL-XV, 216) Comme l’indiquent ces mots, les bodhisattvas surgis de la Terre demeurent forts et inébranlables face à toutes les épreuves. Ils jaillissent au cœur de cette époque tumultueuse de la Fin de la Loi, en apportant d’innombrables contributions face aux défis de ce monde saha. Dans le traité Sur l’ouverture des yeux, Nichiren les décrit ainsi : « Solennels, dignes, c’étaient des êtres de grande et noble stature. Sans les comparer à Shakyamuni, à Maints-Trésors et aux émanations de Shakyamuni venues des dix directions, ils étaient cependant dignes d’être des amis de bien sur lesquels tous les êtres pouvaient s’appuyer. » (Écrits, 256) Il dit aussi des bodhisattvas surgis de la Terre qu’ils se sont forgés en champions de kosen rufu à l’époque de la Fin de la Loi : « Ces bodhisattvas sont donc ceux qui s’étaient forgé une détermination inébranlable. » (Le général Tigre-de-Pierre, Écrits, 963) En manifestant cette puissante force vitale des bodhisattvas surgis de la Terre, nous nous sommes engagés dans une grande lutte sans précédent pour vaincre l’ignorance fondamentale 14 de l’humanité, en proie à des conflits et à des souffrances sans fin. Poussons plus loin notre exploration en étudiant maintenant la seconde partie de cette section des Enseignements oraux consacrée au chapitre « Surgir de Terre ». « De plus, il est dit dans les Enseignements oraux que, parmi les mille plantes et dix mille arbres de ce monde, il n’en est aucun qui ne soit pas par essence un bodhisattva qui surgit de la Terre. Ainsi nous pouvons dire que les bodhisattvas qui surgissent de Terre sont les bodhisattvas de l’enseignement essentiel [ceux que le Bouddha a instruits et convertis en premier après avoir atteint l’illumination dans le très lointain passé]. Le mot “essentiel” ou “originel” représente les mérites [ou bienfaits] transmis depuis un passé équivalant à d’innombrables kalpa de particules de poussière de mondes majeurs, autrement dit des mérites qui sont sans commencement ni fin. « Ces bodhisattvas sont les détenteurs de la Loi essentielle ou originelle. La Loi originelle est Nam-myoho-renge-kyo. Le Daimoku, Nam-myoho-renge-kyo, est détenu par tous les bodhisattvas surgis de la Terre sans exception, mais pas par les bodhisattvas de l’enseignement théorique, qui furent instruits et convertis par le Bouddha sous son statut provisoire. De la substance de cette Loi originelle dérive la fonction qui s’est diffusée sous la forme de la pratique de la concentration et pénétration [du Grand Maître Tiantai]. C’est ce que l’on appelle le principe des trois mille mondes en un instant de vie [énoncé par Tiantai]. En effet, toutes les explications données par les grands maîtres et les maîtres ordinaires sont orientées vers la diffusion de cette fonction de la Loi merveilleuse. « Recevoir et garder cette Loi originelle s’expriment par le simple mot “croyance” ou “foi”. » (OTT, 119) La Soka Gakkai est l’organisation qui s’accorde avec l’intention du Bouddha Nichiren déclare : « Parmi les mille plantes et dix mille arbres de ce monde, il n’en est aucun qui ne soit pas par essence un bodhisattva qui surgit de la Terre. » (OTT, 119) C’est là l’expression du profond principe selon lequel tout ce qui vit sur notre planète, y compris les plantes et les arbres, est par essence un bodhisattva surgi de la Terre. M. Toda a dit un jour que tous les phénomènes dans l’univers correspondent au fonctionnement de la compassion 15. Toutes les choses vivantes, même les plantes et les arbres, expriment la compassion de la Loi merveilleuse et sont en réalité des bodhisattvas surgis de la Terre. Ce sont les disciples instruits et convertis dans le très lointain passé par le Bouddha sous sa véritable identité. Ce sont des bodhisattvas qui consacrent leur vie à enseigner la « Loi originelle » à d’autres et à leur conférer « les mérites qui sont sans commencement ni fin » (OTT, 119) à l’époque de la Fin de la Loi. Cela est dû au fait que « ces bodhisattvas sont les détenteurs de la Loi essentielle ou originelle » (OTT, 119). Comme nous l’avons indiqué précédemment, les bodhisattvas surgis de la Terre croient dans le grand enseignement de Nam-myoho-renge-kyo, la Loi fondamentale et éternelle sans commencement ni fin. Ce sont les vrais disciples qui consacrent leur vie à kosen rufu à l’époque de la Fin de la Loi. Tous leurs efforts bienveillants pour propager la Loi merveilleuse sont des fonctions dérivées de « la substance de cette Loi originelle » (voir OTT, 119). Comme ils sont nobles ces bodhisattvas qui croient dans la Loi merveilleuse – la « Loi originelle » – et la propagent tout en montrant ses immenses bienfaits ! Nous, pratiquants de la Soka Gakkai, nous consacrons à cette grande mission. Il n’y a pas de plus grande ni de plus noble manière de vivre que celle-là, ancrée dans le concept fondamental de l’éternité de la vie. M. Toda a dit un jour à ce sujet : « Sur cette Terre, après que le bouddhisme de la maturation et de la récolte [de Shakyamuni] parvint à son terme, le bouddhisme de Nichiren [le bouddhisme de l’ensemencement] s’est fermement établi. J’ai à présent ouvert la voie de la transmission pour la réalisation de kosen rufu. Le futur vous appartient entièrement. En effet, [dans ma prochaine vie], je vais œuvrer de la même façon pour kosen rufu sur une autre planète ! » Il a fait ces commentaires dans un discours prononcé lors d’une réunion des jeunes gens et je m’en souviens encore très bien aujourd’hui. M. Toda disait souvent : « La Soka Gakkai est un rassemblement des bodhisattvas surgis de la Terre à qui Nichiren, le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi, a confié la réalisation de kosen rufu à notre époque, l’époque de la Fin de la Loi. C’est une organisation agissant en parfait accord avec l’intention du Bouddha. » La foi est la clé pour garder et propager la Loi merveilleuse À la fin de la partie des Enseignements oraux consacrée au chapitre « Surgir de Terre », Nichiren déclare que le seul mot « foi » ou « croyance » est la clé pour garder et propager la Loi merveilleuse. Il dit aussi : « Le seul mot “croyance” [ou foi] est le sabre tranchant avec lequel on affronte et surmonte l’obscurité ou l’ignorance fondamentale. » (OTT, 119-120) Vaincre l’ignorance fondamentale qui engendre méfiance et irrespect, croire dans notre nature de bouddha et dans celle des autres sont absolument essentiels. En tant que pratiquants de la Soka Gakkai, nous recherchons activement le dialogue, ne croyons pas seulement dans notre nature de bouddha mais aussi dans celle des autres. Nos efforts sont éclairés par la conviction suprême que tous les êtres humains méritent le respect et possèdent une profonde mission. Les racines de l’humanité Quand nous nous éveillons à notre mission, nous pouvons puiser une grande force au plus profond de nous. Quand nous nous consacrons à la voie de notre mission, nous faisons jaillir de nous-mêmes la force de rester inébranlable et de persévérer, ce qui nous donne la capacité de surmonter n’importe quel obstacle. Quand nous nous consacrons à accomplir notre mission, nos vies sont positives et passionnantes. Tels d’authentiques champions, nous n’aurons pas le moindre regret et nos cœurs seront aussi vastes et ouverts qu’un ciel bleu limpide. Il n’y a pas de plus grande mission que de vivre pour le grand vœu des bodhisattvas surgis de la Terre. Ceux qui donnent le meilleur d’eux-mêmes en tant que bodhisattvas surgis de la Terre établissent le bonheur suprême. J’ai écrit un jour dans un poème que l’état de vie des bodhisattvas surgis de la Terre constitue les « racines fondamentales » de notre humanité. Je voulais dire par là que nous ne devrions pas limiter notre quête de racines à nos origines ethniques mais plutôt l’étendre jusqu’aux sources de notre humanité commune, de notre « foyer » commun. Nous découvrirons alors nos « racines primordiales » dans l’état de vie des bodhisattvas surgis de la Terre 16 – comme je l’ai exprimé dans ces quelques vers : « Poursuivez sans compromission la quête de vos racines les plus authentiques dans les zones les plus profondes de votre vie. Recherchez les “racines” primordiales de l’humanité. Alors vous découvrirez à coup sûr le vaste monde de jiyu qui se déploie dans les profondeurs de votre vie 17. » Il n’y a pas de discrimination ni d’exclusion dans le monde des bodhisattvas surgis de la Terre. Nichiren dit : « Parmi les mille plantes et dix mille arbres de ce monde, il n’en est aucun qui ne soit pas par essence un bodhisattva qui surgit de la Terre. » (OTT, 119) Les liens de la vie unissent tous les êtres humains et tout ce qui existe. La vie primordiale que possèdent tous les êtres humains – écrite par Nichiren comme étant « au plus profond de la nature essentielle de tous les phénomènes et des principes bouddhiques ultimes » (WND-II, 843) – est la véritable identité des bodhisattvas surgis de la Terre. Si les êtres humains s’éveillent à l’essence de la vie caractérisée par la compassion et l’harmonie, le temps viendra où tous respecteront leur véritable valeur et leur dignité ainsi que celles de tous les autres. À ce moment-là, ils feront jaillir leur état de vie inhérent de bodhisattvas surgis de la Terre tout en vénérant ce même potentiel chez les autres et en les aidant à le faire jaillir. Une lutte sans précédent pour vaincre l’ignorance fondamentale de l’humanité Kosen rufu est une grande lutte spirituelle sans précédent pour vaincre l’ignorance fondamentale de l’humanité et transformer son karma. Avec cette puissante conviction, soyons fiers et avançons avec force et dignité. Les bodhisattvas surgis de la Terre ne redoutent rien. Avançons toujours avec audace dans le vaste monde des bodhisattvas surgis de la Terre et accomplissons joyeusement notre noble mission en cette vie en tant que maître et disciples unis dans une magnifique diversité comme les cerisiers, les pruniers, les pêchers et les abricotiers (cf. OTT, 200).