Passages clés des Enseignements oraux [11] Le chapitre « La durée de la vie de l’Ainsi-Venu » – partie I sur [3]
Semer les graines de la bouddhéité – la noble tâche du Bouddha est d’apporter le bonheur à tous les êtres humains Le 13 septembre 1948, le soleil torride de l’été s’était apaisé et une pluie d’automne rafraîchissait la terre. Ce jour-là, j’ai noté dans mon journal la vive émotion que j’ai ressentie en écoutant le cours 1 donné par mon maître, Josei Toda, sur le Sûtra du Lotus : « Je suis émerveillé par la profondeur et la grandeur du Sûtra du Lotus. La voie du véritable bonheur pour l’humanité ne se trouve que dans le Sûtra du Lotus. […] Je suis ému aux larmes par l’immense compassion de Nichiren qui, animé par le seul désir de mener tous les êtres humains à l’illumination, lutta contre l’adversité pour apporter l’éclatante lumière de l’aube dans une époque sombre et mauvaise. » Convaincu de ma bonne fortune et de l’importance de ma mission, j’ai renforcé ma détermination et ajouté : « M. Toda est véritablement un maître pour toute l’humanité. […] Les jeunes doivent avancer, toujours aller de l’avant. Les jeunes doivent aller de l’avant pour assurer la transmission éternelle de la Loi ! » Soixante-quinze ans ont passé depuis et la voie de kosen rufu, que j’ai suivie dans un esprit d’unité avec mon maître, a franchi des montagnes escarpées et des torrents tumultueux pour devenir une grande route ouverte sur laquelle s’engagent de joyeux bodhisattvas surgis de la Terre, qui émergent dans chaque pays et région du monde. Rien n’est plus rassurant que de voir des jeunes de valeur marcher, toujours plus nombreux, sur mes pas ! Faire connaître le bouddhisme à nos amis Le 8 septembre 2002 marqua le 45e anniversaire de la Déclaration de Josei Toda appelant à l’abolition des armes nucléaires 2, un objectif dont il confia l’accomplissement à la jeunesse. Ce jour-là, j’ai participé à la cérémonie de Gongyo pour la paix mondiale avec les participants du séminaire de la jeunesse de cinquante pays et territoires. Durant la session de questions-réponses qui suivit, une jeune femme d’Australie m’a demandé quelle était la meilleure manière de partager le bouddhisme avec des personnes de son âge. Priant intérieurement pour son bonheur et celui de ses amis, j’ai répondu qu’il était important qu’elle soit sincère, joyeuse et confiante quand elle parlait de la grandeur du bouddhisme de Nichiren : « Expliquez-leur ce que signifie mener une vie fondée sur la conviction. Dites-leur comment vous avez créé une vie de valeur et reçu la preuve de la puissance de votre pratique bouddhique et comment vous avancez avec un courage et un espoir illimités vers l’avenir. « En fin de compte, il s’agit de partager fièrement sa détermination et son expérience de la foi. Ces paroles plantent les graines du bonheur et de l’espoir dans la vie de vos amis. Ces graines prendront sans nul doute racine, germeront et finiront par éclore. Ensuite, il suffit de continuer de pratiquer et d’attendre le moment propice 3. » La méthode pour transmettre le bouddhisme de Nichiren consiste à semer les graines de la bouddhéité. Un dialogue sincère fondé sur une prière constante touche les autres au plus profond de leur vie. Cela leur permet de forger un lien profond avec le bouddhisme de Nichiren, qui sera la cause de leur bonheur. Dans cet épisode, nous allons commencer par étudier la partie du Recueil des enseignements oraux portant sur le chapitre « La durée de la vie de l’Ainsi-Venu » (16e) du Sûtra du Lotus 4 décrit par Nichiren comme étant « le cœur de l’enseignement essentiel » (WND-II, 748). Nous verrons que le bouddhisme de l’ensemencement – celui qui consiste à semer les graines de la Loi merveilleuse, Nam-myoho-renge-kyo – est d’une importance cruciale à l’époque de la Fin de la Loi. Une personne infiniment noble qui lutte éternellement Le terme « Ainsi-Venu » dans le titre du chapitre est le premier des dix titres honorifiques attribué au Bouddha 5. Il signifie « Celui qui est venu du monde de la vérité ». L’Ainsi-Venu ne demeure pas passivement dans le monde de la vérité, mais il vient délibérément de ce monde pour se présenter aux êtres vivants et leur prêcher la Loi afin de les mener à l’illumination. Comme l’expriment les mots « Que tous les êtres deviennent heureux ! 6 », Shakyamuni œuvra infatigablement au bonheur de tous les êtres vivants, tout au long de sa vie. La révélation dans le chapitre « Durée de la vie » de l’illumination originelle du Bouddha dans le très lointain passé indique clairement que sa lutte ne se limite pas au présent mais se poursuivra éternellement à l’avenir. En outre, ce Bouddha éternel ne vit pas à l’écart des gens du monde réel. Ce Bouddha est la personne la plus noble de toutes, éveillée à l’éternité de la vie, prêchant la grande Loi qui conduit tous les êtres vivants à l’illumination, et luttant sans cesse pour atteindre cet objectif. Le passage du Recueil des enseignements oraux « Point un, à propos du chapitre XVI, La durée de la vie de l’Ainsi-Venu Nam-myoho-renge-kyo » élucide l’essence même d’une religion qui se consacre véritablement au bonheur des êtres humains. Contrairement à d’autres parties du Recueil des enseignements oraux, consacrées aux différents chapitres du Sûtra du Lotus, celle-ci est précédée en japonais par les sept caractères Nam-myoho-renge-kyo 7 et se traduit ainsi : « La durée de la vie de l’Ainsi-Venu Nam-myoho-renge-kyo » (OTT, 123). Nichiren déclare également : « Le titre de ce chapitre fait référence à un sujet important qui concerne Nichiren lui-même » (OTT, 123). Le passage suivant aborde en détail ce point. Chapitre XVI : La durée de la vie de l’Ainsi-Venu Vingt-sept points importants Point un, à propos du chapitre XVI, Durée de la vie de l’Ainsi-Venu Nam-myoho-renge-kyo « […] L’Ainsi-Venu est le bouddha Shakyamuni ou, dans un sens plus général, tous les bouddhas des dix directions et des trois existences [la vie dans le passé, le présent et le futur]. Plus spécifiquement, l’Ainsi-Venu fait référence au Bouddha de l’état originel qui est éternellement doté des trois corps. « Maintenant, pour Nichiren et ses disciples, le terme “Ainsi-Venu” fait référence, dans un sens plus général, à tous les êtres vivants. Plus spécifiquement, il fait référence aux disciples, moines et laïcs, de Nichiren. « Ainsi, l’expression “éternellement doté des trois corps” désigne les pratiquants du Sûtra du Lotus à l’époque de la Fin de la Loi. « Le titre honorifique de celui qui est éternellement doté des trois corps est Nam-myoho-renge-kyo. » (OTT, 123-124) Nam-myoho-renge-kyo est le titre honorifique suprême pour un bouddha Avant le passage ci-dessus, en introduction au point un, Nichiren cite le Commentaire textuel du Sûtra du Lotus du Grand Maître Tiantai 8 : « L’Ainsi-Venu est un titre générique pour désigner les bouddhas des dix directions dans les trois existences [la vie dans le passé, le présent et le futur] » et « un terme spécifique pour désigner les trois bouddhas [les trois corps du bouddha] de l’état originel 9. » Il poursuit en affirmant que l’« Ainsi-Venu » fait référence, dans un sens général, à tous les êtres vivants tandis que, plus spécifiquement, il désigne ses disciples. Nichiren considère que l’expression « Ainsi-Venu Nam-myoho-renge-kyo » est le titre honorifique suprême pour un bouddha. Il déclare : « Nam-myoho-renge-kyo, cœur du chapitre “Durée de la vie”, est la mère de tous les bouddhas des dix directions et des trois existences [la vie dans le passé, le présent et le futur]. » (L’essence du chapitre “Durée de la vie”, Écrits, 185) En d’autres termes, Shakyamuni et tous les bouddhas ont atteint l’illumination grâce à Nam-myoho-renge-kyo. Nichiren, le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi, révéla cette Loi fondamentale unique pour le bien de tous les êtres vivants, dans la perspective de l’avenir éternel. Par conséquent, le titre attribué à un Ainsi-Venu ne concerne pas seulement Shakyamuni et les autres bouddhas. Toute personne qui prie, adopte et transmet la Loi unique et essentielle de Nam-myoho-renge-kyo a le rayonnement de l’état de vie infiniment noble de l’Ainsi-Venu. D’une manière générale, tout le monde possède le potentiel pour devenir un Ainsi-Venu. Plus spécifiquement, cependant, celles et ceux qui récitent et transmettent Nam-myoho-renge-kyo, qui est la graine ou cause de l’illumination de tous les bouddhas, et manifestent l’état de vie illimité du Bouddha inhérent à leur vie – c’est-à-dire, les disciples de Nichiren qui croient en la Loi merveilleuse – sont en réalité bouddhas. Nichiren déclare ensuite que « l’expression “éternellement doté des trois corps” fait référence aux pratiquants du Sûtra du Lotus à l’époque de la Fin de la Loi » (OTT, 124). Par ailleurs, il affirme que dans l’expression « Le titre honorifique de celui qui est éternellement doté des trois corps est Nam-myoho-renge-kyo » (OTT, 124), « Éternellement doté » (jpn Musa) – qui peut être traduit littéralement par « non créé » ou « non fait » (voir OTT, 139) – fait référence à la vérité telle qu’elle est, inhérente et éternelle. L’accent est mis sur le fait que les personnes ordinaires ont le potentiel pour atteindre la bouddhéité. En fin de compte, l’Ainsi-Venu désigne toute personne qui adopte la Loi merveilleuse. Les personnes ordinaires qui manifestent l’état de bouddha éternellement inhérent sont les véritables Ainsi-Venus. Voilà ce que signifie être un bouddha, et c’est la vision que le Recueil des enseignements oraux donne de Shakyamuni et de l’atteinte de l’état de bouddha. Nous nous consacrons à transmettre Nam-myoho-renge-kyo, la Loi fondamentale de l’univers et de la vie, pour faire apparaître notre état bouddha et celui des autres. Ce sont les nobles actions d’un bouddha, inspirées par le souhait de mener tous les êtres humains à l’illumination. La véritable finalité du bouddhisme de Nichiren est d’éveiller des personnes qui se dresseront avec le même vœu que le Bouddha – des personnes ordinaires qui lutteront pour le bonheur éternel de toute l’humanité. Comme le déclare Nichiren, « Si la Loi à laquelle on adhère est suprême, alors la personne qui la pratique doit être, elle aussi, la plus grande de toutes. » (Questions et réponses sur la foi dans le Sûtra du Lotus, Écrits, 62) La vie des pratiquants qui adhèrent à l’enseignement suprême de la Loi merveilleuse et se consacrent à la voie du dialogue et des encouragements pour éveiller la nature de bouddha en chacun rayonne d’une noblesse sans égale. La Loi merveilleuse est l’enseignement de la « grande sagesse de l’impartialité » (SdL-XI, 171), qui transcende et inclut toutes les différences. Pratiquer et partager la Loi merveilleuse répandent la lumière de la dignité inhérente à la vie, diffusent la musique de l’harmonie humaine, et soulèvent les vagues d’une paix durable. Cette lutte incessante est au cœur de notre grand mouvement de kosen rufu. Les « pouvoirs transcendantaux » du Bouddha font référence à l’atteinte de la bouddhéité sans changer d’apparence Le chapitre « Durée de la vie » s’ouvre sur la révélation de Shakyamuni concernant le « secret de l’Ainsi-Venu et [de] ses pouvoirs transcendantaux » (SdL-XVI, 217). Dans le Recueil des enseignements oraux, Nichiren commente ce point ainsi : « Du point de vue de Nichiren et de ses disciples, la concrétisation et la compréhension du concept de l’atteinte de la bouddhéité sans changer d’apparence 10 correspondent au “secret de l’Ainsi-Venu et [à] ses pouvoirs transcendantaux”. Car, en dehors de l’atteinte de la bouddhéité, il n’y a pas de “secret” ni de “pouvoirs transcendantaux.” » (OTT, 125) Manifester la bouddhéité sans changer d’apparence – c’est-à-dire révéler l’état de bouddha dans notre vie, tels que nous sommes – inclut l’essence du « secret de l’Ainsi-Venu et [de] ses pouvoirs transcendantaux ». Ici, « secret » désigne l’enseignement qui permet aux personnes ordinaires de manifester la bouddhéité. De nombreux écrits bouddhiques décrivent les bouddhas comme des êtres magnifiques et resplendissants 11 qui possèdent trente-deux signes principaux et quatre-vingts signes secondaires 12. Ils enseignent également que l’atteinte de la bouddhéité n’est pas le résultat de la pratique limitée à notre existence présente mais celui d’innombrables éons de pratique au cours de nombreuses vies passées. En revanche, le Sûtra du Lotus enseigne que les personnes ordinaires peuvent manifester la bouddhéité en un instant, là où elles se trouvent, sans changer d’apparence. M. Toda fit un jour remarquer que, en tant que personnes ordinaires vivant à l’époque de la Fin de la Loi, nous avons besoin d’un enseignement qui transcende le principe de la cause et de l’effet pour atteindre la bouddhéité, révélé par Shakyamuni avant l’enseignement essentiel du Sûtra du Lotus afin de nous permettre de nous éveiller à notre bouddhéité éternelle. C’est pour répondre à ce besoin que Nichiren a établi l’enseignement grâce auquel nous pouvons, dans notre réalité quotidienne, dépasser le principe de l’atteinte de la bouddhéité fondé sur la causalité des existences antérieures, revenir à notre état de bouddha inhérent depuis le temps sans commencement, et transformer notre destin afin de le rendre brillant et positif 13. Nam-myoho-renge-kyo est le seul et unique enseignement « secret » qui permet de manifester la bouddhéité sans changer d’apparence et Nichiren affirme que « le seul mot “foi” ou “croyance” » (cf OTT, 125) est la clé pour accéder à cet enseignement. Une foi forte dans la Loi merveilleuse est la voie pour puiser avec force dans l’état de bouddha. La déclaration selon laquelle tous les êtres vivants sont bouddhas Examinons maintenant le passage qui est au cœur de l’ensemble du Sûtra du Lotus, où Shakyamuni « rejette le provisoire pour révéler le véritable 14 », révélant ainsi sa véritable identité de Bouddha qui a atteint l’illumination dans le très lointain passé. Il déclare : « Un nombre incommensurable, incalculable, des centaines, des milliers, des dizaines de milliers, des millions de nayuta de kalpa se sont écoulés depuis que j’ai en fait atteint la bouddhéité. » (SdL-XVI, 217) Bien que ces mots indiquent clairement que Shakyamuni a atteint la bouddhéité dans le très lointain passé, Nichiren propose l’interprétation suivante : « Cependant, le sens de ce chapitre est que “je” représente les êtres vivants du monde du Dharma. » (OTT, 126) Comme nous l’avons vu plus haut, la véritable signification du chapitre « Durée de la vie » tient non seulement dans la révélation par Shakyamuni de son atteinte originelle de l’illumination mais aussi dans sa déclaration selon laquelle tous les êtres vivants sont bouddhas. Ensuite, Nichiren explique que, du point de vue des « seigneurs originels des enseignements du chapitre “Durée de la vie” » (OTT, 126), Nam-myoho-renge-kyo est le grand enseignement qui ouvre la voie de l’illumination. Point trois, à propos des mots « Pourtant, hommes de bien, un nombre incommensurable, incalculable, des centaines, des milliers, des dizaines de milliers, des millions de nayuta de kalpa se sont écoulés depuis que j’ai en fait atteint la bouddhéité. » [SdL-XVI, 217] « Maintenant Nichiren et ses disciples, qui récitent Nam-myoho-renge-kyo, sont les seigneurs originels des enseignements du chapitre “Durée de la vie”. D’un point de vue général, les bodhisattvas de l’enseignement théorique ne sont pas les personnes aux capacités appropriées pour appréhender ce chapitre. « Leur approche consiste en effet à mettre l’enseignement théorique en évidence et l’enseignement essentiel en retrait, tandis que Nichiren et ses disciples placent l’enseignement essentiel au premier plan et l’enseignement théorique en arrière-plan. « Néanmoins, ce chapitre ne représente pas l’enseignement essentiel pour l’époque de la Fin de la Loi. Il correspond en effet au bouddhisme de la récolte qui convenait pour l’époque où le Bouddha était de ce monde. Mais seuls les cinq caractères du Daimoku « [Nam-myoho-renge-kyo 15] constituent le bouddhisme de l’ensemencement qui est approprié pour l’époque actuelle. Ainsi, le bouddhisme de la récolte correspond à l’époque où le Bouddha était vivant, et le bouddhisme de l’ensemencement à celle suivant sa disparition. Voilà pourquoi c’est le bouddhisme de l’ensemencement qui convient à l’époque de la Fin de la Loi. » (OTT, 125-127) Le bouddhisme de l’ensemencement : l’enseignement essentiel pour l’époque de la Fin de la Loi D’un point de vue littéral, selon le Sûtra du Lotus, Shakyamuni, qui enseigna que tous les êtres vivants peuvent manifester la bouddhéité, est le « seigneur originel des enseignements du chapitre “Durée de la vie” ». Pourtant, on lit dans le Recueil des enseignements oraux que Nichiren et ses disciples qui récitent Nam-myoho-renge-kyo sont les « seigneurs originels des enseignements du chapitre “Durée de la vie” ». Pourquoi ? Parce que l’enseignement essentiel pour l’époque actuelle de la Fin de la Loi est le bouddhisme de l’ensemencement, qui correspond au cœur du chapitre « Durée de la vie » – c’est-à-dire à Nam-myoho-renge-kyo. Quant aux personnes ayant les capacités de transmettre cet enseignement, les bodhisattvas de l’enseignement théorique – ceux qui sont instruits par le Bouddha de l’enseignement théorique avant qu’il ait révélé avoir atteint l’illumination dans le passé lointain –, « leur approche consiste à mettre l’enseignement théorique en évidence et l’enseignement essentiel en retrait » (OTT, 126). Par conséquent, ils ne peuvent pas se voir confier la propagation de cet enseignement suprême. D’autre part, les disciples originels instruits et convertis par Shakyamuni qui ont atteint l’illumination dans le très lointain passé sont les « bodhisattvas surgis de la Terre, disciples du Bouddha originel » (L’héritage de la Loi ultime de la vie et de la mort, Écrits, 219). Ces bodhisattvas « procèdent en mettant l’enseignement essentiel au premier plan et l’enseignement théorique en arrière-plan ». (OTT, 126) Par conséquent, il est clair que les bodhisattvas surgis de la Terre joueront le rôle principal dans la propagation de l’enseignement du chapitre « Durée de la vie », qui est au cœur de l’enseignement essentiel, puisqu’ils sont les bodhisattvas à qui a été confiée la propagation du Sûtra après la disparition du Bouddha. Nichiren souligne que « seuls les cinq caractères du Daimoku [Nam-myoho-renge-kyo] » qui ont été propagés après la mort de Shakyamuni par ces bodhisattvas, les véritables disciples du Bouddha, constituent l’enseignement du bouddhisme de l’ensemencement. En d’autres termes, la finalité du chapitre « Durée de la vie » est la propagation du bouddhisme de l’ensemencement à l’époque de la Fin de la Loi. Les bodhisattvas surgis de la Terre sont les « seigneurs originels des enseignements du chapitre “Durée de la vie” » Il est ensuite question du bouddhisme de la récolte et du bouddhisme de l’ensemencement. Les étapes par lesquelles le Bouddha conduit les personnes à l’illumination sont comparées aux trois phases du monde agricole consistant à semer, faire mûrir et récolter 16. Le bouddhisme de Shakyamuni est le bouddhisme de la récolte – c’est-à-dire un enseignement qui permet à ceux chez qui la graine de l’illumination a été semée et cultivée par le Bouddha dans des existences passées de récolter le fruit de l’illumination. Mais les personnes vivant à l’époque de la Fin de la Loi n’ont jamais créé de lien avec le Bouddha dans leurs existences passées et il leur faut donc l’enseignement de l’ensemencement. C’est-à-dire le grand enseignement de Nam-myoho-renge-kyo. Les bodhisattvas surgis de la Terre sont les protagonistes qui, à la place de Shakyamuni, sèment directement la graine de la bouddhéité, Nam-myoho-renge-kyo, dans le cœur des gens en cette ère qui suit sa disparition. Ils ne sont autres que les « seigneurs originels des enseignements du chapitre “Durée de la vie” ». Quant à Nichiren, « il a commencé à réaliser la tâche des bodhisattvas surgis de la Terre » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 388), en menant une lutte altruiste capitale pour propager la Loi merveilleuse. Le bouddhisme de Nichiren est le bouddhisme de l’ensemencement. En semant les graines de la Loi merveilleuse, nous pouvons permettre aux autres d’activer la bouddhéité inhérente à leur vie. Comme le montrent clairement les mots choisis par Nichiren, l’expression «Nichiren et ses disciples » indique que ses disciples sont eux aussi « les seigneurs originels des enseignements du chapitre “Durée de la vie”. » Il affirme par là qu’ils possèdent la noble mission de propager concrètement la Loi merveilleuse. C’est pourquoi seule l’apparition de bodhisattvas surgis de la Terre toujours plus nombreux pour semer les graines de Loi merveilleuse – en formant les rangs et en prenant pour guide Nichiren (cf. Les actions du pratiquant du Sûtra du Lotus, Écrits, 770) – prouve la véracité des écrits du Recueil des enseignements oraux. La Soka Gakkai, qui se consacre à réaliser kosen rufu partout dans le monde, est apparue pour rassembler les bodhisattvas surgis de la Terre, qui ont fait le serment de permettre à tous les êtres vivants de devenir véritablement heureux, en accord avec le vœu de Nichiren, et afin d’accomplir la mission qui leur a été confiée depuis le temps sans commencement. La signification de notre dynamique de dialogues En ce moment même et dans le monde entier, les nobles pratiquants de notre mouvement mènent avec enthousiasme d’agréables échanges pour semer les graines de la Loi merveilleuse. Ces graines germent à présent, et l’époque est venue où les fleurs du bonheur et de l’espoir issues de ces graines vont s’épanouir à profusion sur toute la planète. Nos efforts pour semer les graines de la bouddhéité constituent une grande dynamique de dialogues pour la paix, qui rayonnera dans l’histoire humaine. Que signifie pour notre époque cette dynamique de dialogues ? Premièrement, semer les graines de la bouddhéité est le moyen de créer des liens. C’est la noble tâche consistant à amener d’autres personnes à créer un lien avec la Loi merveilleuse et à ouvrir la voie du bonheur pour tous. Le Sûtra du Lotus mentionne que les graines de l’illumination ont aussi été semées dans les époques passées mais elles étaient destinées à celles et ceux qui recherchaient activement l’enseignement. Or, à l’époque de la Fin de la Loi, où les intérêts personnels et la poursuite de satisfactions passagères prédominent, il semble que très peu de personnes recherchent un enseignement profond de leur propre initiative. C’est pour cela que nos efforts pour semer les graines de la Loi merveilleuse correspondent à la noble tâche de tisser des liens avec le bouddhisme, une tâche que seuls les bodhisattvas surgis de la Terre peuvent réaliser. Plus nous aidons les autres, un à un, à forger ce lien et à semer les graines qui peuvent mener tous les êtres humains à l’illumination dans la riche terre de leur cœur, plus notre philosophie du respect de la vie imprégnera de manière sûre et certaine la société. Deuxièmement, semer les graines de la bouddhéité signifie ne pas établir de discrimination ; c’est une noble démarche consistant à dépasser les divisions pour réunir les gens. Le bouddhisme de l’ensemencement inclut toutes les personnes, quels que soient leurs capacités ou leur niveau de compréhension, en transcendant toutes les différences d’ethnies, de nationalité ou de genre. C’est à l’exact opposé de toute tendance à discriminer ou à dénigrer les autres. C’est pour cela que nos efforts pour semer les graines de la Loi merveilleuse sont un voyage au long cours pour créer l’harmonie et la coopération à l’échelle de la famille humaine. La compassion illimitée du Bouddha, libre de toute discrimination, remporte une victoire triomphale sur l’ignorance de l’humanité qui est la cause des divisions. Troisièmement, semer les graines de la bouddhéité signifie avoir la foi ; c’est la cause sans égale pour promouvoir un mode de vie fondé sur le respect des autres. Nous ne savons pas quand les graines que nous avons semées dans la vie des autres émergeront et fleuriront mais nous respectons la nature de bouddha de chacun, et prions avec la conviction qu’elles s’épanouiront le moment venu. La méfiance et la suspicion à l’égard des autres sont à la racine des graves divisions qui troublent le monde d’aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle nos efforts pour semer les graines de la Loi merveilleuse en respectant l’humanité des autres représentent un voyage sans fin. Lorsque nous semons ces graines en croyant à la bonté inhérente de chacun, nous pouvons vaincre le doute et les suspicions qui obscurcissent notre monde. Le défi d’œuvrer avec les personnes ordinaires pour la paix mondiale Cela fait trente ans cette année [2023] que j’ai commencé à écrire mon roman d’abord publié en feuilleton, La Nouvelle Révolution humaine, le 6 août 1993. Ce jour-là, j’ai également mené un dialogue agréable et marquant avec le Dr N. Radhakrishnan, un érudit et philosophe indien qui a perpétué l’esprit de non-violence du Mahatma Gandhi. Dans un entretien marquant l’anniversaire de notre rencontre, il a exprimé son respect et ses grands espoirs à l’égard de notre mouvement : « La Soka Gakkai prend de grandes initiatives en faveur de la paix mondiale. Partout dans le monde, des personnes de tout âge et de tous horizons créent des valeurs, transformant la haine et le ressentiment en force vitale, priant pour la paix mondiale, et partageant une vision pleine d’espoir en tant que membres de la société ayant le sens de leurs responsabilités. Tout en priant pour la paix mondiale, ces créateurs de valeurs relèvent aussi des défis dans leur environnement 17. » En tant que disciples de Nichiren, nous savons que la méthode pour faire surgir le pouvoir illimité permettant aux gens de créer des valeurs dans leur vie est Nam-myoho-renge-kyo. Réciter Daimoku et apprendre aux autres à faire de même font surgir le pouvoir immense du Bouddha dans notre propre vie et dans celle des autres. Créer une société mondiale où s’épanouissent les fleurs du bonheur En tant que pratiquants de la Soka Gakkai, nous sommes directement reliés à Nichiren, le bouddha de l’époque de la Fin de la Loi, qui consacra sa vie à la lutte épique consistant à semer les graines de la bouddhéité. Il a déclaré : « Je ne suis pas encore découragé. Le Sûtra du Lotus est comparable à la graine, le Bouddha au semeur, et les êtres au champ. » (Les éléments nécessaires pour atteindre la bouddhéité, Écrits, 753) Avec le rayonnement émanant de la grande force vitale et de la compassion du Bouddha, et la détermination de réaliser notre noble vœu de bodhisattvas surgis de la Terre, poursuivons avec confiance nos efforts de dialogue pour semer les graines de la Loi merveilleuse afin de créer une société mondiale où s’épanouissent les magnifiques fleurs du bonheur.
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