Passages clés des Enseignements oraux [8] Les chapitres « L’apparition de la Tour aux trésors » et « Devadatta »
Briller de tout notre éclat au cœur des réalités de ce monde « Même si l’on souhaite que le printemps perdure, il laisse place à l’été », déclare Nichiren (Les bienfaits du Sûtra du Lotus, Écrits, 677). Il utilise l’inexorable évolution des saisons comme métaphore pour illustrer le développement inéluctable de kosen rufu. La Soka Gakkai poursuit sa progression avec un dynamisme croissant tout en accomplissant sa mission en accord avec l’intention du Bouddha – elle va du printemps, saison où s’épanouissent les fleurs, au début de l’été où les lis blancs brillent de tout leur éclat. Juin est le mois des femmes dans la Soka Gakkai. Dans tout le Japon, nos femmes et jeunes femmes 2 organisent des réunions générales par petits groupes. Leurs nobles rassemblements évoquent le parfum des lys. Mon épouse et moi prions pour le grand succès de ces réunions dont nous attendons beaucoup comme si nous étions emportés par un tourbillon de dialogues joyeux. Le bonheur est en soi Le 7 juin 1978 – il y a quarante-cinq ans –, je me suis joint à une réunion de responsables du département des femmes pour inaugurer une plaque commémorative sur laquelle figuraient les paroles de ma chanson Mère [Ndlr : en France le titre est Maman], au centre Soka des femmes (ce qui correspond aujourd’hui au centre culturel de Shinano). « Mère ! Oh, mère ! Quel riche et mystérieux Pouvoir est le vôtre ! » Le 4 juin 2009, alors que je visitais le centre Soka des jeunes femmes, j’ai vu une plaque commémorative sur laquelle figuraient les paroles de la chanson du département des jeunes femmes : Les fleurs de cerisiers de la jeunesse. « Ah, voici la nouvelle ère – voici venu le temps Où une voie dorée s’ouvre devant nous. » Le temps est maintenant venu où les femmes du mouvement Soka avancent avec enthousiasme sur leur « voie dorée » en accueillant chaleureusement de nouvelles personnes. Leur grande force spirituelle, et leur attitude passionnée et positive offrent un exemple inspirant que Nichiren saluerait certainement par de vibrants éloges. Ce sont les « trésors » de la Soka Gakkai. En souhaitant qu’elles demeurent toujours en bonne santé et remportent la victoire, je leur ai dit un jour : « Chacune d’entre vous est le plus précieux de tous les trésors. Le bonheur ne se trouve pas en dehors de vous-même. Vous êtes ce qu’il y a de plus merveilleux. Voilà ce que le bouddhisme enseigne. Il vous permet de faire briller le plus précieux de tous les trésors – qui n’est autre que vous-même. C’est ce qui en fait une philosophie authentique. » Nous sommes les entités de la Loi merveilleuse, d’une noblesse suprême Cloches, arbres, fleurs, tuniques, urnes ornées de joyaux – le monde décrit dans le Sûtra du Lotus est doté de toutes sortes de trésors. Les mots « trésors » et « joyaux » sont contenus dans le nom de nombreux bodhisattvas et divinités, tels que le bodhisattva Accumulation-de-Joyaux et même dans les noms de bouddhas tels que Maints-Trésors 3. Mais aucun d’eux ne peut être comparé en termes de splendeur et de magnificence à la Tour aux trésors qui apparaît dans le chapitre du Sûtra du Lotus appelé précisément « L’apparition de la Tour aux trésors ». Il est dit dans le chapitre précédent, le chapitre « Le maître de la Loi », qu’après la disparition du Bouddha, partout où le Sûtra du Lotus est pratiqué, il faudra ériger des stûpas ornés de pierres précieuses et leur faire des offrandes (cf. SdL-X, 166). Puis, au début du chapitre suivant, « La Tour aux trésors », une immense Tour aux trésors surgit de Terre. Cette Tour aux trésors est dotée des sept sortes de joyaux : or, argent, lapis-lazuli, nacre, agate, perle et cornaline 4. Elle s’élève jusqu’à une hauteur de 500 yojana 5 – soit environ un tiers du diamètre de la planète Terre et possède une largeur de 250 yojana. Cette tour est ornée de somptueux colliers et de dix milliards de cloches couvertes de joyaux et elle émet un merveilleux parfum qui imprègne les quatre directions (cf. SdL-XI, 171). Le bouddha Maints-Trésors est assis à l’intérieur. Après que Shakyamuni a réalisé les trois transformations de la terre 6, la Tour aux trésors s’ouvre et Shakyamuni y prend un siège à côté de Maints-Trésors. Les êtres présents à l’assemblée du pic de l’Aigle s’élèvent à leur tour et c’est alors que commence la Cérémonie dans les airs. Quelle est la véritable signification de la Tour aux trésors ? Quelle est la signification des événements décrits durant la Cérémonie dans les airs ? Dans tout le Recueil des enseignements oraux, Nichiren explique que nous sommes nous-mêmes des êtres d’une noblesse suprême qui incarnent la Loi merveilleuse. Chapitre XI : L’apparition de la Tour aux trésors Vingt points importants Point deux, à propos des sept trésors dans le passage « À ce moment, devant le Bouddha, une tour ornée des sept trésors… [surgit de terre.] « Il est dit dans Les Enseignements oraux : les sept trésors sont : entendre, comme dans entendre la Loi ; y croire ; garder les préceptes ; se livrer à la méditation ; pratiquer assidûment, renoncer à ses attachements aux désirs terrestres ; et avoir le sens de la disgrâce (ou méditer sur soi-même). Ou encore nous pouvons dire que la tête comporte sept orifices : les yeux, les oreilles, les narines et la bouche. « Maintenant Nichiren et ses disciples, qui récitent Nam-myoho-renge-kyo, sont des pratiquants “dotés des sept trésors”. » (cf. OTT, 89) La Cérémonie dans les airs dépeint l’histoire de la vie elle-même L’apparition de la Tour aux trésors, les trois transformations de la terre, la Cérémonie dans les airs, dépeintes dans le Sûtra du Lotus peuvent sembler être de la pure fiction ou un conte de fées mais dans le Recueil des enseignements oraux, Nichiren déclare : « Maintenant Nichiren et ses disciples, qui récitent Nam-myoho-renge-kyo, sont des pratiquants “dotés des sept trésors”. » (OTT, 89) La Tour aux trésors illuminée par les sept sortes de joyaux exalte non seulement la grandeur du Sûtra du Lotus mais aussi notre grandeur à nous, êtres humains, qui croyons dans la Loi merveilleuse et la pratiquons, en faisant briller le trésor de notre vie par notre pratique bouddhique. Mon maître, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, a dit : « Le noble et magnifique état de vie de la bouddhéité est latent en nous-mêmes. La force et les caractéristiques de cet état dépassent notre imagination et défient toute description. Cette cérémonie du chapitre “L’apparition de la Tour aux trésors” explique que nous pouvons, en fait, faire jaillir l’état de bouddha de notre propre vie. En d’autres termes, par la cérémonie de la Tour aux trésors, Shakyamuni a enseigné “la possession mutuelle des dix états 7” et “les trois mille mondes en un instant de vie 8” 9. » La Cérémonie dans les airs, et en fait l’intégralité du Sûtra du Lotus, est un drame qui se joue dans l’esprit de Shakyamuni mais aussi en nous-mêmes. En faisant jaillir l’état de bouddha par la récitation de Nam-myoho-renge-kyo, nous pouvons briser notre karma personnel et parvenir à une transformation fondamentale de notre vie. C’est ce que l’on appelle manifester la bouddhéité. De plus, nous pouvons interpréter l’histoire sublime de notre transformation sur la base du principe des « trois mille mondes en un instant de vie » selon lequel nous pouvons obtenir le bonheur à la fois pour nous-mêmes et pour les autres et contribuer à créer une société prospère et un monde paisible. La Tour aux trésors ornée des sept sortes de joyaux dépeinte dans le Sûtra du Lotus symbolise la noblesse et le potentiel infinis de notre vie, que nous pouvons manifester grâce à notre pratique bouddhique. En réponse à une question de son disciple Abutsu-bo concernant la nature de la Tour aux trésors, Nichiren écrit : « Abutsu-bo est la Tour aux trésors et la Tour aux trésors est Abutsu-bo. Il n’est pas nécessaire d’en savoir davantage. Cette Tour est ornée des sept sortes de trésors : écouter l’enseignement correct, y croire, garder les préceptes, se livrer à la méditation, pratiquer assidûment, renoncer à ses attachements, et méditer sur soi-même. » (La Tour aux trésors, Écrits, 302) La Loi merveilleuse permet à tous les êtres humains de voir et de révéler leur nature de bouddha inhérente et de la faire briller. Tout le monde, sans distinction ni discrimination, est intrinsèquement, depuis l’origine, une noble Tour aux trésors. C’est là une proclamation d’humanité véritablement magnifique et une célébration de la vie. On y sent la compassion provenant de la grande sagesse de l’égalité qui inclut toute la famille de l’humanité avec un esprit large consistant à respecter et soutenir toutes sortes de personnes, leur permettant ainsi de s’épanouir dans toute leur diversité. Pratiquer devant le Gohonzon, c’est participer à la Cérémonie dans les airs M. Toda a dit : « Nichiren a établi l’enseignement de l’ensemencement contenu de façon implicite dans le chapitre “Durée de la vie” sous la forme d’un mandala, le Gohonzon. Si le Gohonzon représente la Cérémonie de la Tour aux trésors de Shakyamuni, il incarne aussi “la possession mutuelle des dix états” et “les trois mille mondes en un instant de vie” présents dans l’esprit de Nichiren – c’est-à-dire la vie du Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi 10. » Plus tard, au cours de la Cérémonie dans les airs (dans le chapitre « Durée de la vie »), Shakyamuni révèle qu’il a atteint l’illumination dans le passé infini et que ce monde saha 11, imprégné des cinq impuretés 12, est en fait la terre pure où réside éternellement le Bouddha. C’est l’enseignement selon lequel le monde saha est en soi la Terre de la Lumière éternellement paisible – l’enseignement de la non-dualité des terres pure et impure. Le monde humain dans lequel nous luttons face à toutes sortes de souffrances et de difficultés est de fait une terre impure enlisée dans les désirs terrestres. Mais en croyant dans la Loi merveilleuse et en la pratiquant, nous pouvons révéler notre nature de bouddha, parvenir à l’illumination, atteindre la bouddhéité en cette vie et établir une terre pure ici et maintenant. Nichiren déclare : « Maintenant Nichiren et ses disciples, qui récitent Nam-myoho-renge-kyo, sont des pratiquants “dotés des sept trésors”. » (OTT, 89). Et « maintenant quand Nichiren et ses disciples récitent Nam-myoho-renge-kyo et y croient constamment, ils sont “suspendus dans les airs”. Ils sont “suspendus” signifie qu’ils participent à la Cérémonie dans les airs. » (OTT, 91) Nichiren a inscrit le Gohonzon de Nam-myoho-renge-kyo, le cœur du Sûtra du Lotus, en se fondant sur la Cérémonie dans les airs. Quand nous faisons notre Gongyo quotidien et récitons Daimoku, nous participons à la noble et splendide Cérémonie dans les airs, en activant la magnifique Tour aux trésors en nous-mêmes. Les femmes du mouvement Soka, convaincues que la prière est le commencement de tout, se lancent des défis face à tous les obstacles en récitant d’abord du fond du cœur Nam-myoho-renge-kyo devant le Gohonzon. Elles harmonisent leur vie avec la Loi merveilleuse et incarnent le grand principe de « l’éveil et la manifestation de cette nature fondamentale » (Les éléments nécessaires pour atteindre la bouddhéité, Écrits, 752). C’est ce qui leur donne la force inébranlable de toujours trouver une voie pour aller de l’avant. Il est certain que les bouddhas et bodhisattvas de tout l’univers font leur éloge et s’emploient à les protéger constamment. Nos voix qui récitent de vigoureux Nam-myoho-renge-kyo résonnent avec force dans l’univers. Elles peuvent être comparées à « la voix retentissante » du bouddha Maints-Trésors faisant l’éloge des enseignements de Shakyamuni (cf. SdL-XI, 171). À propos de cette voix, Nichiren déclare : « Maintenant Nichiren et ses disciples récitent Nam-myoho-renge-kyo avec une voix forte [une voix retentissante]. » (OTT, 90) Les membres dévoués de notre groupe Maints-Trésors ont surmonté toutes sortes d’épreuves durant leur longue vie et brillent de tout leur éclat dans cet âge d’or qui est le leur aujourd’hui. En récitant avec force Nam-myoho-renge-kyo, ils ont démontré de façon éloquente la validité du bouddhisme de Nichiren. Ils ont manifesté une magnifique preuve factuelle grâce au changement de leur karma, ont parlé avec fierté de la véritable grandeur de la Soka Gakkai et partagé les brillantes histoires de leur révolution humaine. Pensons à eux, faisons leur éloge et chérissons-les toujours de tout notre cœur. Deux exemples révolutionnaires : l’illumination de Devadatta et de la fille du roi-dragon La vie est le plus précieux de tous les trésors. L’un des éléments présents au cœur du Sûtra du Lotus, qui prône cette noble philosophie, est la révélation, dans le chapitre « Devadatta », du fait que les hommes mauvais et les femmes peuvent atteindre l’illumination. Dans ce chapitre, Shakyamuni révèle que Devadatta 13 [qui commit la grave offense de tenter de tuer Shakyamuni et de briser l’unité au sein de l’ordre bouddhiste] était en fait le maître qui l’avait mené vers la Loi merveilleuse dans une existence antérieure. Lors de l’assemblée, il prédit l’illumination future de Devadatta, affirmant ainsi que les personnes mauvaises peuvent atteindre l’illumination. Il révèle ensuite que les femmes peuvent elles aussi y parvenir 14. Les sûtras antérieurs au Sûtra du Lotus déniaient cette possibilité aux femmes du fait même de leur apparence féminine. Mais, à travers l’exemple de la fille du roi-dragon, le Sûtra du Lotus affirme clairement que les femmes peuvent devenir bouddha. En outre, la fille du roi-dragon était un animal et un enfant âgé de seulement huit ans. En affirmant qu’elle pouvait atteindre l’illumination, alors même que ses contemporains pensaient que nul n’en était plus éloigné qu’elle, elle prouva la profonde signification et l’excellence du Sûtra du Lotus. Nichiren commenta ces deux exemples ainsi : « Devadatta est un autre nom pour désigner Myoho-renge-kyo » (OTT, 101) et [à propos de la fille dragon] « dans son état originel, celle d’une fille dragon, elle était déjà dans l’état de Nam-myoho-renge-kyo » (OTT, 109). Devadatta et la fille du roi-dragon ont pu l’un et l’autre manifester l’état de bouddha parce qu’ils sont des incarnations de Nam-myoho-renge-kyo. Chapitre douze : Devadatta Huit points importants Point huit, dans le passage « À ce moment la fille dragon possédait un [seul] joyau précieux d’une valeur égale à celle d’un Monde au milliard de plans [ou système de mondes majeurs] qu’elle offrit au Bouddha. Il accepta immédiatement. Puis, s’adressant au bodhisattva Sagesse-accumulée et au vénérable Shariputra, la fille dragon demanda : “J’ai offert ce joyau précieux et l’Honoré du monde l’a accepté. Cela ne s’est-il pas fait rapidement ? — Très rapidement ! répondirent-ils. — Utilisez vos pouvoirs surnaturels et regardez-moi atteindre la bouddhéité, dit alors la fille, et ce sera encore plus rapide.” » (SdL-XII, 186) « Il est dit dans les Enseignements oraux : dans la formule “un [seul] joyau précieux”, le mot “un”, ou l’expression “un seul” désigne Myoho-renge-kyo [ou sous forme abrégée myoho, ou la Loi merveilleuse]. “Précieux” qualifie le fonctionnement de la Loi merveilleuse et le joyau représente l’entité de la Loi merveilleuse… « En accord avec le principe des trois mille mondes en un instant de vie, la fille dragon offre le précieux joyau au Bouddha. Quand il est dit dans le Commentaire textuel [du Sûtra du Lotus de Tiantai] que cela “symbolise l’atteinte de la compréhension parfaite”, c’est une référence au principe des trois mille mondes en un instant de vie. Au moment où le précieux joyau était encore entre les mains de la fille dragon, il représentait ce à quoi elle pouvait parvenir intrinsèquement par sa nature. Mais quand le Bouddha accepta le précieux joyau, ce dernier représenta alors ce à quoi elle pouvait parvenir grâce à ce que sa pratique religieuse lui avait permis d’acquérir. Voilà qui illustre le principe selon lequel les acquis de sa pratique et ce qui relève de sa nature intrinsèque ne sont pas deux choses différentes. » (OTT, 107-108) Révéler le précieux joyau qui existe en soi-même Un précieux joyau joue un rôle symbolique dans le récit de l’atteinte de l’illumination par la fille du roi-dragon relaté dans le Sûtra du Lotus. Elle offre « un précieux joyau » qu’elle a en sa possession à Shakyamuni devant une nombreuse assistance qui refuse obstinément de croire qu’il est possible pour elle d’atteindre la bouddhéité. Elle déclare alors qu’elle y parviendra en moins de temps qu’il ne lui en a fallu pour remettre ce joyau à Shakyamuni. Dans le passage suivant des Enseignements oraux que nous étudions ici, Nichiren explique que le « précieux joyau » représente tout simplement Myoho-renge-kyo, ce qui inclut à la fois l’entité de la Loi (« le joyau ») et le (« précieux ») fonctionnement de la Loi (voir OTT, 108). Il dit ensuite que la transmission du joyau à Shakyamuni par la fille du roi-dragon illustre le principe des « trois mille mondes en un instant de vie ». Nichiren explique alors le précieux joyau à partir de deux perspectives différentes : « parvenir intrinsèquement par sa nature » et parvenir grâce à « ce que sa pratique religieuse lui avait permis d’acquérir ». Alors qu’il était encore entre les mains de la fille dragon, le joyau représentait pour elle ce à quoi elle pouvait parvenir par sa nature intrinsèque. Le principe des « trois mille mondes en un instant de vie » est clairement à l’œuvre ici et l’état de bouddha est inhérent à sa vie. Mais cela seul ne suffit pas pour qu’elle manifeste le noble fonctionnement de la Loi merveilleuse, c’est-à-dire pour qu’elle incarne véritablement « les trois mille mondes en un instant de vie ». Quand Shakyamuni accepte le précieux joyau de la fille du roi-dragon, ce joyau représente alors ce à quoi elle peut parvenir par sa pratique religieuse. Du point de vue de notre pratique actuelle, cela signifie qu’en récitant Nam-myoho-renge-kyo pour notre propre bonheur et en enseignant aux autres à faire de même, nous révélons notre état de bouddha intrinsèque. Ces deux aspects « ce à quoi elle pouvait parvenir intrinsèquement par sa nature » et ce à quoi elle pouvait parvenir grâce à « ce que sa pratique religieuse lui avait permis d’acquérir » sont en profonde interrelation. Parce que nous possédons de manière inhérente l’état de bouddha, nous pouvons le manifester par notre pratique bouddhique et ainsi faire apparaître clairement que nous possédons cet état de vie en nous-mêmes. Il y a une relation de non-dualité entre ces deux aspects et tous deux sont indispensables. Il est dit dans le Sûtra du Lotus que le précieux joyau dans la main de la fille du roi-dragon est « d’une valeur égale à celle d’un Monde au milliard de plans » [ou un système de mondes majeurs] (SdL-XII, 186) – en d’autres termes il est d’une valeur égale à tous les trésors de l’univers. Cela exprime la valeur suprême de la Loi merveilleuse, la Loi ultime de l’univers, et aussi la dignité suprême de notre vie qui incarne la Loi merveilleuse. Il ne fait aucun doute que nous possédons l’état de vie suprême, ou état de bouddha, et que nous sommes par là même nobles et dignes de respect tels que nous sommes. Et, par ailleurs, la pratique est essentielle pour faire apparaître notre bouddhéité et la faire briller de tout son éclat. Bien que nous soyons intrinsèquement des bouddhas – ou, comme le déclare Nichiren, « le Bouddha du véritable aspect de la réalité » (OTT, 91)15 –, cela ne signifie pas que nous devons nous satisfaire de notre vie telle qu’elle est. Si nous sombrons dans une telle complaisance, nous raterons l’occasion qui nous est donnée de progresser ou de nous améliorer nous-même. L’important est de faire briller pleinement notre vie de la façon qui nous est propre. Le cerisier, le prunier, le pêcher, et l’abricotier tirent leur beauté du fait que chacun de ces arbres exprime pleinement la vie unique qui est la sienne au moment de sa floraison. Comme le déclare Nichiren : « Chaque chose – le cerisier, le prunier, le pêcher, l’abricotier – dans sa propre entité, sans subir aucun changement, est éternellement dotée des trois corps du Bouddha. » (OTT, 200) Quand nous croyons dans la Loi merveilleuse et que nous faisons briller pleinement notre bouddhéité inhérente, les qualités uniques qui sont les nôtres s’épanouissent totalement. Votre vie, ma vie sont précieuses et dignes de respect. Alors aidons-nous mutuellement à briller dans toute notre splendeur de la façon qui nous est propre. Telle est la pratique de la Loi merveilleuse. Les difficultés sont des opportunités pour changer notre karma Quand nous croyons dans l’enseignement suprême de la Loi merveilleuse et que nous le propageons, toutes sortes d’obstacles s’abattent sur nous. Dans son commentaire sur la formule « Ce Sûtra est difficile à maintenir » (SdL-XI, 179) du chapitre « L’apparition de la Tour aux trésors » , Nichiren nous adresse cette mise en garde dans le Recueil des enseignements oraux : « Celui qui garde le Sûtra du Lotus devrait le faire en comprenant qu’il rencontrera des difficultés. » (OTT, 97) Mais il dit aussi : « Les difficultés apparaîtront et elles devront être considérées comme des “pratiques paisibles”. » (OTT, 115) En d’autres termes, les difficultés testent et forgent notre foi. Ces difficultés qui s’abattent sur nous quand nous faisons face à la réalité de la vie sont la base de notre développement personnel. Toutes les épreuves auxquelles nous sommes confrontés – maladies, douleurs physiques, difficultés financières, discorde au sein de la famille, inquiétudes concernant l’avenir – représentent une opportunité de changer notre karma. Avec la conviction que tout a une signification profonde, affrontons les épreuves en nous fondant sur la foi et la pratique bouddhiques. Aucun obstacle n’est insurmontable pour ceux qui croient dans la Loi merveilleuse. Les difficultés nous mettent à l’épreuve Florence Nightingale (1820-1910), souvent considérée comme la fondatrice des soins infirmiers modernes, a encouragé un jour ses collègues infirmières, en leur disant qu’elles étaient testées par les épreuves auxquelles elles étaient confrontées et qu’il leur incombait de les surmonter. Elle affirma qu’elle affrontait elle-même joyeusement les difficultés parce que c’est ainsi, disait-elle, que nous pouvons prouver notre valeur 16. Dans la Soka Gakkai, les membres dévouées de notre groupe des infirmières ont lutté en faisant preuve de persévérance et de courage pour prendre soin de la vie infiniment précieuse des gens et les protéger durant toute la pandémie du Covid-19 et au-delà. Elles sont l’incarnation vivante de l’esprit prôné par Florence Nightingale. Aujourd’hui, les nobles femmes qui croient dans la Loi merveilleuse jouent un rôle actif dans la société et dans le monde entier, et propagent largement la philosophie du respect de la vie. Ce sont des Tours aux trésors incarnant avec force l’esprit des bodhisattvas surgis de la Terre. Toutes brillent de la façon unique qui est la leur et elles encouragent chaleureusement les autres en transmettant espoir et inspiration à chaque personne, quels que soient son genre, son ethnie, sa position sociale ou son statut. Ce sont de véritables pionnières, démontrant la grandeur de la Loi merveilleuse. La futurologue américaine, Hazel Henderson (1933-2022), m’a confié que sa mère lui avait enseigné ceci : les plus beaux moments de la vie ne sont pas liés à nos succès personnels mais à la reconnaissance par d’autres que l’aide que vous leur avez apportée a eu une influence cruciale dans leur existence. Le Pr Henderson a déclaré avoir une confiance totale dans ses amis de la Soka Gakkai. Partager en toute confiance la joie de la foi et de la pratique bouddhiques Nous croyons dans la Loi merveilleuse sans pareil qui nous permet et qui permet aux autres de manifester l’état de vie infiniment précieux inhérent à chaque être humain. Nous partageons de précieux liens de confiance et d’amitié avec beaucoup d’autres personnes dans notre environnement et dans la société. Notre foi dans le bouddhisme de Nichiren nous permet de surmonter calmement toutes les épreuves de la vie et de les transformer en force pour prendre notre envol. Avançons ensemble en récitant jour après jour Nam-myoho-renge-kyo, tels des lions qui rugissent. Avec notre précieuse jeunesse du mouvement Soka à l’avant-garde, exprimons-nous d’une « voix retentissante » et partageons en toute confiance la joie de notre foi et de notre pratique bouddhiques afin de développer notre réseau de Tours aux trésors dédiées au bonheur et à la paix !
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