Extrait La Nouvelle Révolution humaine, vol. 6 Chapitre « Jeunes aigles » (p. 303-342)
Nous publions ici des extraits de La Nouvelle Révolution humaine (vol. 6), où Shin’ichi Yamamoto raconte le début de sa série de cours sur le Recueil des enseignements oraux à l’intention de membres du département des étudiants. On découvre l’esprit avec lequel il prépare et offre ces cours et les raisons pour lesquelles il accorde tant d’importance à l’étude, notamment celle des Enseignements oraux. « Quant à l’écrit que nous allons étudier, prenons le Recueil des enseignements oraux. Puisque ce cours sera destiné au département des étudiants, j’estime que nous devrions étudier un écrit un peu difficile. — Oui… euh, merci ! » bafouilla Goro, incapable de masquer sa surprise et ses réserves. Le Recueil des enseignements oraux est un recueil essentiel qui contient certains des enseignements les plus profonds du bouddhisme de Nichiren. Goro se demandait avec inquiétude si les membres parviendraient à suivre des cours sur un sujet aussi complexe. Voyant l’expression qui se peignait sur son visage, Shin’ichi le rassura en souriant : « Lorsque, avec d’autres jeunes gens, vous avez créé le groupe d’étude sur le Sûtra du Lotus à l’université de Tokyo et suivi les cours sur le Sûtra du Lotus que dispensait le président Toda en s’appuyant sur le Recueil des enseignements oraux, vous veniez à peine d’adhérer à la Soka Gakkai. Ne vous faites aucun souci ! Les responsables actuels du département des étudiants sont plus avancés que vous à l’époque. Ils sont tous membres du département d’étude de la Soka Gakkai. Ils s’en tireront très bien, vous verrez. « Le Recueil des enseignements oraux représente la quintessence de tous les systèmes de pensée et de philosophie. Il élucide parfaitement les principes du bouddhisme de Nichiren – sa conception de la vie, de la religion, de l’univers. Le temps est maintenant venu pour la Soka Gakkai de mettre ces principes en pratique pour réaliser le bonheur et la prospérité de l’humanité dans chaque domaine, que ce soit la politique, l’économie, l’éducation, les arts, la littérature ou les médias. C’est pourquoi je tiens à ce que les responsables du département des étudiants étudient le Recueil des enseignements oraux et acquièrent une compréhension profonde de la philosophie et des principes sans équivalent du bouddhisme de Nichiren Daishonin. « Parmi les membres du département des étudiants que j’entraînerai personnellement, je suis déterminé à former les successeurs de la Soka Gakkai et de grands dirigeants dans la société. » Goro fut profondément touché par ces paroles de Shin’ichi. Il s’empressa de raconter aux autres responsables du département des étudiants que le président Yamamoto projetait de leur donner des cours sur le Recueil des enseignements oraux. Ils furent tous transportés de joie en apprenant cette nouvelle. Le choix de ceux qui participeraient à la série de cours s’effectua sous la conduite de Goro. De son côté, Shin’ichi ne ménagea pas ses efforts pour préparer ses cours. Chaque nuit, il se livrait à une longue et intense réflexion, se demandait sans cesse quelle était la meilleure manière d’enseigner et de transmettre aux étudiants l’esprit de cet écrit bouddhique essentiel. Il lui revint en mémoire qu’il avait été invité à participer à ce qui devait être le dernier cours du président Toda sur le Sûtra du Lotus au groupe d’étude du département des étudiants de l’université de Tokyo, le 27 septembre 1955. Tout comme les autres participants, Shin’ichi était déterminé à graver dans son cœur et son esprit chaque mot de son maître. À la fin du cours, M. Toda avait déclaré à l’ensemble du groupe : « À l’avenir, s’il y a quelque chose que vous n’avez pas compris, il vous suffit de demander à Shin’ichi, ici présent. D’accord ? — Oui, avaient-ils répondu à l’unisson. — Bien, avait poursuivi M. Toda. Mon prochain cours sera le dernier de cette série. » Mais, en réalité, ce prochain cours n’avait jamais eu lieu. Le cours de ce soir-là avait effectivement été le dernier d’une série qui s’était déroulée sur deux ans et demi avec ce groupe. Shin’ichi ne put s’empêcher de penser que les mots prononcés par le président Toda à cette occasion exprimaient son souhait pour l’avenir – une tâche qu’il demandait d’accomplir après sa disparition. Il sentait que sa mission était de poursuivre l’œuvre de Josei Toda en donnant des cours sur le Sûtra du Lotus aux membres du département des étudiants, qui représentaient la prochaine génération de responsables de la Soka Gakkai. Shin’ichi était convaincu que telle était la finalité des cours prévus sur le Recueil des enseignements oraux. Toda, qui s’était éveillé au sens ultime du Sûtra du Lotus en prison, avait dispensé des cours sur ce Sûtra en se fondant sur le Recueil des enseignements oraux et il avait régénéré le bouddhisme en tant que philosophie fondamentale de la vie à l’époque contemporaine. Et, maintenant, à travers ses cours sur cet enseignement essentiel, Shin’ichi espérait mettre en évidence le fait que la philosophie du bouddhisme de Nichiren était le principe directeur permettant de construire une nouvelle ère. L’époque attendait ce nouveau principe directeur. La guerre froide, qui connaissait une escalade, alimentée par les idéologies antagonistes de l’Est et de l’Ouest, avait jeté un voile sombre sur les espoirs d’harmonie humaine. Si beaucoup exprimaient à voix haute leur protestation contre les armes nucléaires, les grandes puissances rivalisaient pour renforcer leurs arsenaux. Au Japon, le coût du « miracle économique » commençait tout juste à se faire sentir sous la forme d’une grave pollution de l’environnement. Parallèlement, tous les secteurs de la vie du pays – politique et éducation en particulier – commençaient à révéler leurs lacunes. Aux yeux de Shin’ichi, le temps était venu pour que la philosophie bouddhique – les principes des droits humains et l’éthique de la paix – soit transmise au monde entier. Telles étaient les pensées qui l’habitaient chaque jour tandis qu’il étudiait et préparait avec soin sa série de cours (p. 303-306). […] Une atmosphère solennelle régnait dans la salle. Le visage grave, chacun se tenait bien droit et écoutait Shin’ichi Yamamoto. « Les Enseignements oraux sont une compilation des paroles de Nichiren, poursuivit-il. Chaque mot et phrase sont importants. Pour comprendre en profondeur le Recueil des enseignements oraux, nous devrions d’abord le lire et le relire à voix haute, d’une voix claire et sonore – jusqu’à le connaître presque par cœur. De même, nous devrions lire les Écrits de Nichiren par nos actions, nos paroles et nos pensées. Cela veut dire décider de vivre en adéquation avec eux, partager leur philosophie avec les autres et pratiquer nous-mêmes leurs enseignements. Nos actions doivent s’accorder avec nos convictions. Voilà l’attitude avec laquelle il faut aborder l’étude du bouddhisme et c’est aussi un postulat de base de la philosophie orientale. » Les participants avaient l’impression d’avoir été réveillés en sursaut. Ils ne pouvaient réprimer un sentiment de honte pour avoir jusque-là présumé qu’il leur suffisait d’écouter passivement les cours (p. 310-311). […] « Je voudrais que vous fassiez du Recueil des enseignements oraux une source d’inspiration et un modèle pour votre croyance, votre pensée et votre mode de vie tout au long de votre existence. C’est pourquoi je tiens à ce que vous les approfondissiez le plus possible et que vous en recherchiez sans cesse le sens. Lorsque vous creusez un puits, il faut continuer jusqu’à ce que vous parveniez à une source sinon, vos efforts auront été vains. Il en va de même de l’étude bouddhique. Une étude sans conviction n’aura pas la capacité de vous faire progresser dans la croyance. « À partir de la prochaine réunion, je voudrais que chacun d’entre vous mène des recherches préliminaires sur tous les passages de sûtras, commentaires et traités philosophiques mentionnés dans le texte. Dorénavant, pour mes cours, je partirai du principe que vous l’avez fait et que vous les comprenez tous, d’accord ? » (p. 318-319) […] « À chaque fois que je lis les Enseignements oraux, je ressens profondément que le bouddhisme de Nichiren n’est pas destiné à un seul pays ou un seul peuple, mais à toute l’Asie et même au monde entier. […] « Je veux que chacun de vous réfléchisse sérieusement aux moyens de propager le bouddhisme de Nichiren sur toute la planète et de guider l’humanité tout entière vers le bonheur. Je fonde de grands espoirs sur vous. Voilà pourquoi j’ai choisi pour notre étude le Recueil des enseignements oraux, qui renferme les doctrines les plus profondes du bouddhisme de Nichiren. » Shin’ichi conclut son cours de la journée après avoir traité de la section portant sur Nam-myoho-renge-kyo. Les jeunes furent de nouveau impressionnés par la profondeur des enseignements de Nichiren et perçurent à quel point ils étaient intimement liés à leur vie. Ils avaient l’impression qu’un voile obscurcissant leur vision avait disparu. Ils se sentaient revivifiés, euphorisés, comme si une douche revigorante avait purifié tout leur être (p. 322). […] Shin’ichi considérait les participants comme des compagnons et des émissaires du Bouddha au même titre que lui. Ils étaient plus jeunes, mais il n’envisageait jamais ses relations avec eux comme celles d’un supérieur à l’égard de ses subordonnés. Il les respectait tous en tant qu’égaux, en tant qu’individus. Il lui arrivait parfois d’être sévère, mais c’était pour les inciter à déployer plus d’efforts. Sa démarche première était cependant d’étudier avec eux, de s’encourager mutuellement à se développer. Telle était la ligne de conduite de Shin’ichi – et celle de la Soka Gakkai – envers autrui. Shin’ichi espérait aussi que lorsque chaque membre rencontrerait une question ou un problème inédits, il prendrait l’initiative de l’examiner et de l’approfondir avec soin et utiliserait les nouvelles connaissances ainsi acquises pour contribuer à ouvrir la voie aux autres (p. 324). […] « Pendant dix ans, j’ai étudié en profondeur et appris les principes de kosen rufu sous la direction de M. Toda. Le maître inculque les principes et le disciple les met en pratique. « À l’avenir, je voudrais que vous fassiez progresser kosen rufu à grands pas, des dizaines et des centaines de fois plus vite, à partir des fondements que j’ai établis. Je serai pour vous comme la pierre du gué qui permet de traverser une rivière. Notre but est le bonheur de tous les êtres humains et la paix mondiale. » Shin’ichi veillait toujours à ce qu’il y ait des en-cas ou un repas pour les étudiants après les cours et il n’omettait jamais de se ménager du temps pour dialoguer amicalement avec eux, en leur dispensant des mots d’encouragement personnels. Il lui arrivait de les réprimander avec sévérité, mais c’était aussi l’expression de sa profonde bienveillance. Parfois, il s’attardait devant les étagères de rangement des chaussures et lorsqu’il remarquait une paire dont les semelles étaient usées, il en achetait une nouvelle par la suite et l’offrait. Les cours permettaient aux membres de connaître leur jeune dirigeant bouddhiste en tant qu’être humain. Ils se familiarisaient aussi avec le rayonnement qui se dégage d’une personne qui vit les principes du bouddhisme et en est entièrement pénétrée. Shin’ichi était pour eux un modèle, et une image très nette de lui en tant que mentor commençait peu à peu à se dessiner dans leur esprit. Cette relation entre maître et disciples œuvrant ensemble à la réalisation du but le plus élevé, le plus noble de tous – kosen rufu – reposait sur un esprit de partage chaleureux et d’inspiration mutuelle. Les cours devinrent un forum exceptionnel d’éducation humaniste permettant de cultiver une nouvelle génération de responsables de talent (p. 339-340).
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