Nichiren – Un grand vœu de compassion pour le bonheur de l’humanité
Partie XIII. L’exil de Sado (1/4) Traduit du Daibyakurenge, mensuel d’étude affilié au mouvement Soka au Japon, de mai 2023. Après un long voyage depuis Echi, Nichiren fut escorté jusqu’à Teradomari, où il resta plusieurs jours à attendre des vents favorables pour faire la traversée en bateau jusqu’à son ultime lieu d’exil, l’île de Sado. À Teradomari, il rédigea une lettre à l’attention de Toki Jonin, qu’il confia au moine séculier que Toki avait envoyé pour l’accompagner. Nichiren écrit que, même si les épreuves rencontrées jusque-là étaient pires que ce qu’il aurait pu imaginer, il était « dès l’origine […] prêt à rencontrer de telles difficultés » (Lettre de Teradomari, Écrits, 207). Nichiren poursuit en affirmant que les épreuves qu’il a endurées correspondent à celles décrites dans le Sûtra du Lotus et le Sûtra du Nirvana. Il mentionne la doctrine du Sûtra du Nirvana des « précieux joyaux qui rachètent la vie 1 » et cite la conclusion de Tiantai selon laquelle « la vie » dans cette expression fait référence au Sûtra du Lotus. Tous les autres sûtras peuvent donc être considérés comme des joyaux qui aident les gens à adopter le Sûtra du Lotus. Nichiren souligne ensuite les erreurs des érudits d’autres écoles qui ne reconnaissent pas la supériorité du Sûtra du Lotus. En particulier, il critique les affirmations de l’école de la Parole vraie (Shingon), selon lesquelles le Sûtra de Mahavairochana, avec ses pratiques des mudra et des mantras 2, est supérieur au Sûtra du Lotus. En outre, Nichiren écrit que, malgré les critiques qui s’abattent sur lui, sa pratique est correcte précisément parce qu’il rencontre les « trois puissants ennemis 3 » tels qu’ils sont décrits dans le chapitre « Exhortation à la persévérance » (13e) du Sûtra du Lotus. Enfin, il déclare que, puisqu’il est celui qui propage le Sûtra du Lotus à l’époque de la Fin de la Loi, décrite dans le Sûtra, c’est lui qui fait apparaître ces trois puissants ennemis. Des conditions de vie épouvantables Nichiren arriva à Sado le vingt-huitième jour du dixième mois de 1271. Puis, le premier jour du onzième mois, il fut envoyé « dans un champ appelé Tsukahara […] où l’on abandonnait les cadavres » (Les actions du pratiquant du Sûtra du Lotus, Écrits, 775), et il fut contraint de vivre dans une hutte délabrée. Il dépeint son habitat comme étant « une pièce délimitée par quatre piliers », et ajoute : « […] Les planches du toit étaient disjointes et les murs criblés de trous. La neige en tombant s’accumulait sans jamais fondre. Je passais là mes jours, assis, vêtu d’un manteau de paille ou étendu sur une peau de bête. La nuit, il tombait de la grêle et de la neige, et les éclairs se succédaient sans cesse. Le jour, le soleil avait bien du mal à briller. C’était un endroit bien misérable pour vivre. » (Ibid.) Il décrit la suite ainsi : « […] Mes vêtements étaient légers et la nourriture rare. […] C’est comme si j’avais traversé le monde des esprits affamés pour tomber vivant dans l’un des enfers froids. » (Lettre à Horen, Écrits, 524) Telles étaient les conditions de vie épouvantables de Nichiren, auquel il manquait même les produits de première nécessité. Depuis ce lieu d’exil, il lutta avec audace et courage pour éveiller le peuple jusque dans un avenir lointain. Le débat de Tsukahara Les moines locaux des diverses écoles bouddhistes discutèrent de la façon de traiter Nichiren. Ils décidèrent finalement de faire appel au vice-gouverneur militaire de Sado, Homma Rokuro Saemon-no-jo Shigetsura, pour le faire décapiter. Si ce dernier refusait, ils étaient prêts à prendre eux-mêmes les choses en main. Shigetsura répondit aux moines venus en nombre le solliciter : « Dans une lettre officielle, le régent nous donne pour instruction de ne pas exécuter ce moine. Il ne s’agit pas d’un criminel ordinaire et méprisable et, s’il devait lui arriver quoi que ce soit, moi, Shigetsura, je serais coupable d’une grave négligence dans l’exercice de ma fonction. Plutôt que de le tuer, pourquoi ne l’affronteriez-vous pas dans un débat religieux ? » (Les actions du pratiquant du Sûtra du Lotus, Écrits, 777) Suivant la suggestion de Shigetsura, des centaines de moines venus non seulement de Sado, mais encore de régions aussi éloignées que Shin’etsu, Hokuriku, et Tohoku sur l’île principale du Japon, se rassemblèrent à Tsukahara le seizième jour du premier mois de 1272. Pendant deux jours, Nichiren débattit avec eux, sous le regard de Shigetsura et d’une foule d’habitants. Nichiren réagit à toutes leurs déclarations, une à une, clarifiant chaque point, et il réfuta en quelques mots seulement chacune de leurs erreurs et de leurs contradictions. Il écrit : « Je les réfutai aussi facilement qu’un sabre acéré tranche une courge ou qu’une tempête fait plier l’herbe. » (Ibid., Écrits, 778) Réagissant aux critiques de Nichiren, certains adeptes du Nembutsu abandonnèrent immédiatement leur foi. Cette rencontre est connue sous le nom de débat de Tsukahara. Orientation donnée par Ikeda Sensei N’oublions pas que, à ce moment-là, Nichiren attendait au port de Teradomari avant d’effectuer la traversée vers l’île de Sado pour y purger sa peine. Et, en dépit de sa situation difficile, il s’engagea passionnément à corriger ce qui est erroné et révéler ce qui est juste avec plus de ferveur que jamais. À travers cette lettre [Lettre de Teradomari, Écrits, 206], on perçoit l’ouverture de nouveaux horizons pour une lutte sans précédent afin de réaliser kosen rufu. On sent bien ici que Nichiren est fermement résolu à redoubler d’efforts pour kosen rufu alors qu’il est confronté à une persécution qui met sa vie en danger. Qu’est-ce qui avait conduit le Japon à un égarement aussi funeste ? Quel est le grand enseignement qui devrait être diffusé afin de procurer un bonheur véritable et durable au peuple japonais, dont l’existence même et le pays étaient en danger [en raison de la menace imminente d’une invasion mongole] ? Quelle est la fonction de Nichiren dans la propagation du Sûtra du Lotus à l’époque de la Fin de la Loi ? Quel esprit faut-il avoir pour être considéré comme le véritable pratiquant du Sûtra du Lotus ? C’est notamment pour répondre à ces questions que Nichiren élabora des écrits fondamentaux alors qu’il était en exil à Sado, tels que Sur l’ouverture des yeux (Écrits, 220) ou L’objet de vénération pour observer l’esprit (Écrits, 356) , établissant ainsi le grand enseignement bouddhique qui permettrait à toute l’humanité de parvenir à l’illumination à l’époque éternelle de la Fin de la Loi 4. Partie XIV. L’exil de Sado (2/4) Traduit du Daibyakurenge, mensuel d’étude affilié au mouvement Soka au Japon, de juin 2023. Le débat de Tsukahara débuta le seizième jour du premier mois de l’année 1272, et dura deux jours. On trouve le compte rendu d’un débat s’étant tenu le dix-septième jour entre Nichiren et un moine local influent de l’école de la Terre pure, du nom de Benjo, dans Dialogue on the Lotus and Pure Land Teachings [Dialogue sur les enseignements du Lotus et de la Terre pure] (WND-II, 411). On pense qu’il correspond à une partie du débat de Tsukahara. Nichiren rédige Sur l’ouverture des yeux Peu de temps après le débat, Nichiren acheva l’écriture du traité Sur l’ouverture des yeux (Écrits, 220) qu’il préparait depuis son arrivée à Sado. Au cours du deuxième mois, il le confia à Shijo Kingo, de Kamakura, en tant que représentant de tous ses disciples. Ces derniers avaient eux aussi été persécutés, sous la forme d’arrestations ou de confiscation de leurs terres, et ils furent nombreux à céder au doute et à abandonner leur foi. Nichiren affirmera plus tard : « […] Neuf cent quatre-vingt-dix-neuf personnes sur mille […] ont abandonné leur foi au moment de mon arrestation. » (Réponse à Niiama, Écrits, 470) C’est dans ce contexte qu’il écrivit le traité Sur l’ouverture des yeux dans lequel il explique pourquoi ses disciples et lui sont persécutés. Il commence par décrire les trois vertus de souverain, de maître et de parent, trois catégories de personnes que tout le monde devrait respecter. Il affirme que Shakyamuni, qui a exposé le véritable enseignement, est le souverain, le maître et le parent de toute l’humanité 5. Il déclare ensuite que le Sûtra du Lotus est l’enseignement suprême parmi tous les enseignements de Shakyamuni. Le principe des trois mille mondes en un instant de vie, « caché dans les profondeurs du chapitre “Durée de la vie” de l’enseignement essentiel du Sûtra du Lotus 6 » (Sur l’ouverture des yeux, Écrits, 226), est, dit-il, la cause fondamentale qui permet de parvenir à l’illumination et l’enseignement qui constitue la graine de la bouddhéité. Mais, puisque les personnes de cette époque avaient été trompées par les moines aux vues erronées, appartenant à diverses écoles bouddhiques ayant rejeté le Sûtra du Lotus, elles finirent par abandonner les enseignements corrects de ce Sûtra. Sachant cela, Nichiren affirme qu’il est le seul à comprendre que ces personnes tomberont dans les voies mauvaises. Il réitère alors son vœu de s’exprimer ouvertement à ce sujet, pleinement conscient qu’il s’expose à de grandes persécutions, comme le prédit le Sûtra du Lotus. Il décrit ensuite comment il a fait l’objet, depuis, de persécutions répétées. Le grand vœu de libérer tous les êtres humains de la souffrance Plus loin dans ce traité, Nichiren évoque le doute. Il soulève des questions, avant d’y répondre. S’il est réellement le Pratiquant du Sûtra du Lotus, pourquoi les divinités célestes ne le protègent-elles pas ? Peut-être n’est-il pas un pratiquant du Sûtra du Lotus après tout. Il va jusqu’à dire : « Ce doute est l’essence du texte que je suis en train de rédiger. […] c’est là le principal sujet de préoccupation de toute ma vie. » (Sur l’ouverture des yeux, Écrits, 246) Conformément au contenu du Sûtra du Lotus, Nichiren explique tout d’abord que les personnes des deux véhicules (les auditeurs et les éveillés-à-la-causalité), les bodhisattvas, les êtres célestes et les êtres humains ont une grande obligation envers le Sûtra et qu’ils ont fait le vœu de protéger son véritable pratiquant. Mais, comme ils n’ont pas réussi à le protéger, il demande alors si cela signifie qu’en fait il n’est pas un pratiquant du Sûtra du Lotus. En soulevant cette question, il encourage ses partisans à réfléchir sur ce point. Il examine ensuite des passages sur les six actes difficiles et les neuf actes faciles 7, dans le chapitre « L’apparition de la Tour aux trésors » (11e), et sur les trois puissants ennemis 8, dans le chapitre « Exhortation à la persévérance » (13e). Il soutient que le pratiquant du Sûtra du Lotus qui propage cet enseignement à l’époque de la Fin de la Loi sera en effet en proie aux difficultés décrites dans le Sûtra. Ayant pratiqué exactement comme le Sûtra du Lotus l’enseigne, il décrit avec fierté son état de vie élevé : « Moi, Nichiren, je suis l’homme le plus fortuné du Japon d’aujourd’hui. » (Ibid., Écrits, 271) Il cite ensuite trois raisons pour lesquelles les personnes qui persécutent le pratiquant du Sûtra du Lotus ne connaissent pas de rétribution immédiate 9 : (1) le pratiquant du Sûtra du Lotus a accumulé un mauvais karma dans des vies antérieures en raison de ses offenses au Sûtra du Lotus ; (2) les personnes qui persécutent les pratiquants sont destinées à tomber en enfer ; et (3) les habitants aux quatre coins du pays offensent l’enseignement correct, de sorte que les divinités protectrices ont abandonné le pays. Après avoir répondu aux doutes, Nichiren expose son grand vœu de conduire tous les êtres vivants de l’époque de la Fin de la Loi à l’illumination, au prix même de sa vie : « Je déclare ceci : Que les divinités m’abandonnent ! Que toutes les persécutions m’assaillent ! Je donnerai cependant ma vie pour la Loi. […] Quels que soient les obstacles rencontrés, tant que des personnes sages ne prouveront pas que mes enseignements sont erronés, jamais je ne céderai ! Toutes les autres difficultés ne sont pour moi que poussière dans le vent. Je serai le pilier du Japon ! Je serai les yeux du Japon ! Je serai le grand vaisseau du Japon ! Tel est mon vœu et je n’y renoncerai jamais ! » (Ibid., Écrits, 284) Nichiren exprime ici sa ferme détermination, en tant que pratiquant du Sûtra du Lotus, de libérer tous les êtres humains de la souffrance et de les conduire à l’illumination. Le président Ikeda déclare à ce sujet : « Pour Nichiren, il est une chose bien plus importante que de savoir si l’on bénéficie ou non de la protection des divinités célestes – une chose à laquelle nous devrions consacrer notre vie, aussi terrifiants que soient les obstacles. C’est l’atteinte de la bouddhéité par tous les êtres humains, c’est-à-dire le bien le plus élevé, qui correspond au grand vœu révélé par Shakyamuni dans le Sûtra du Lotus. En d’autres termes, il s’agit de kosen rufu, la concrétisation de ce vœu. C’est pour cette cause que Nichiren s’est battu, pour un vœu transcendant le monde des préoccupations et des attachements qui troublaient les personnes ordinaires, et notamment ses disciples 10. » Orientation donnée par Ikeda Sensei Concernant le passage de la lettre de Nichiren Sur les prophéties du Bouddha concernant l’avenir, allant de « Tiantai déclare » à « je [Nichiren] comprends le cœur du chapitre “L’apparition de la Tour aux trésors”. » (Écrits, 406) : La capacité de Nichiren à endurer les conditions extrêmes lors de son exil à Sado était la preuve de son immense état de vie. Plutôt que de s’appesantir sur sa propre situation, il était bien plus préoccupé par le bien-être de ses disciples. Il priait également pour le bonheur des autorités, celles-là mêmes qui l’avaient persécuté. Sa compassion ne connaissait aucune limite. Ses actions dépassaient de loin la simple endurance des épreuves et, à travers son comportement, il démontra la grandeur inhérente à l’être humain. […] L’état de vie de Nichiren durant son exil à Sado était totalement exempt d’inquiétude et de confusion. Tel est l’état de vie du Bouddha. Il est certain que le vaste état de vie de Nichiren est beaucoup plus profond que la simple pensée positive. Il découle de sa sagesse qui lui permettait de percevoir la véritable nature de la réalité tout en affrontant de manière franche et directe les situations les plus difficiles 11. Partie XV. L’exil de Sado (3/4) Traduit du Daibyakurenge, mensuel d’étude affilié au mouvement Soka au Japon, d’août 2023. Nichiren écrivit le traité Sur l’ouverture des yeux (Écrits, 220) pour rassurer ses disciples, alors qu’ils étaient persécutés par les autorités. Plus tard, il en décrivit ainsi le « message essentiel » : « […] La destinée du Japon ne dépend que de Nichiren. Une maison sans pilier s’effondre et une personne sans âme est morte. Nichiren est l’âme du peuple de ce pays. Hei no Saemon a déjà renversé le pilier du Japon et le pays s’agite toujours plus à mesure que des rumeurs et des suppositions infondées s’élèvent comme des fantômes pour créer la dissension parmi le clan au pouvoir. De plus, le Japon est sur le point d’être attaqué par un pays étranger, comme je l’ai annoncé dans [mon traité] Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays. » (Les actions du pratiquant du Sûtra du Lotus, Écrits, 778-779) La puissante conviction de Nichiren, qui transparaît à travers ces lignes, provenait de sa conscience que, en tant qu’émissaire du bouddha Shakyamuni et pratiquant du Sûtra du Lotus, il diffusait largement l’enseignement suprême de la Loi merveilleuse. Bien qu’il soit en exil à Sado, il exprime également son grand vœu de soulager la souffrance de toutes les personnes et de leur permettre de devenir véritablement heureuses. Nous pouvons ressentir son immense compassion à travers cet état de vie imperturbable et digne. Le bienfait de protéger la Loi Dans le traité Sur l’ouverture des yeux, Nichiren explique le pouvoir bénéfique qui découle du fait d’adopter et de protéger la Loi merveilleuse. Il cite le Sûtra du Lotus en faisant référence aux « bienfaits obtenus en protégeant la Loi » (Écrits, 285), et explique la tentative d’exécution et l’exil dont il a fait l’objet comme étant le résultat de son karma en raison d’offenses à la Loi dans des vies antérieures. Réprimander ceux qui offensent la Loi et protéger le Sûtra du Lotus engendrèrent persécutions et difficultés, mais c’étaient là les résultats de son karma négatif accumulés dans des vies antérieures, qui se manifestaient simultanément sous une forme très allégée. Nichiren montrait ainsi que, en protégeant le Sûtra du Lotus, il expiait son mauvais karma qui, autrement, lui aurait causé d’innombrables souffrances au cours de ses vies à venir. Il écrit : « […] Quand je réprimande vigoureusement ceux qui, dans tout le pays, calomnient la Loi, je rencontre de grandes difficultés. C’est sans doute parce que mes actes pour défendre la Loi dans cette vie-ci font apparaître les rétributions de mes graves fautes passées. » (Ibid.) Les « graves fautes » du passé auxquelles Nichiren fait référence correspondent à ses doutes et à ses offenses à l’égard de la Loi merveilleuse. En faisant ainsi référence à son karma négatif engendré antérieurement, il clarifie le sens des difficultés et des persécutions auxquelles il fut confronté alors qu’il luttait contre les offenses à la Loi. Le président Ikeda écrit : « Le fait de nourrir une réflexion sur l’offense à la Loi, laquelle engendre le karma négatif le plus lourd, nous permet d’approfondir la véritable nature de l’obscurité fondamentale, source de tous les maux dans la vie. Le bouddhisme de Nichiren ouvre la voie au changement du karma, en nous permettant de développer une véritable compréhension du mal fondamental inhérent à la vie et d’éliminer la cause profonde qui en est à l’origine 12. » Dans le traité Sur l’ouverture des yeux, Nichiren encourage ses disciples à persévérer dans leur foi avec la même détermination que lui : « Mes disciples et moi, nous rencontrerons peut-être diverses difficultés, mais, si nos cœurs ne connaissent pas le doute, nous atteindrons naturellement la bouddhéité. Ne doutez pas simplement parce que le ciel ne vous accorde pas sa protection. Ne vous découragez pas parce que vous ne goûtez pas une existence facile et paisible en cette vie. C’est ce que j’ai enseigné matin et soir à mes disciples et pourtant ils se mettent à douter et abandonnent leur foi. « C’est le propre des insensés que d’oublier les promesses faites lorsque vient le moment crucial. » (Écrits, 286-287) Il poursuit en expliquant que la pratique bouddhique la plus adaptée à l’époque mauvaise de la Fin de la Loi est celle de shakubuku – qui consiste à transmettre l’enseignement correct tout en réfutant les enseignements erronés. En mettant en œuvre cette pratique bienveillante qui vise à soulager les souffrances des êtres humains et à les guider vers le bonheur, Nichiren remplit le rôle de souverain, maître et parent 13 pour eux à l’époque de la Fin de la Loi. Nichiren a pleinement révélé l’état de bouddha dans sa vie en tant que personne ordinaire. Ce faisant, il a ouvert la voie à tous les êtres humains pour qu’ils puissent atteindre la bouddhéité sous leur forme actuelle – c’est-à-dire devenir bouddhas tels qu’ils sont. Par conséquent, nous pouvons considérer le titre de ce traité, Sur l’ouverture des yeux, comme un appel au peuple à ouvrir les yeux sur le véritable sens de la fonction et du vœu de Nichiren. Les troubles du deuxième mois Au cours du deuxième mois de 1272, l’année où Nichiren envoya sa lettre Sur l’ouverture des yeux à ses disciples, des combats éclatèrent à Kamakura et à Kyoto entre des factions rivales du clan Hojo, alors au pouvoir. Deux frères soupçonnés de trahison, Nagoe Tokiaki et Nagoe Noritoki, membres influents du clan mais éloignés de la lignée héréditaire du régent Hojo, furent tués à Kamakura. Plus tard, Hojo Tokisuke, le vice-représentant du gouvernement dans l’ouest du Japon 14, et demi-frère du régent Hojo Tokimune, fut également assassiné. Ces événements furent connus sous le nom de « troubles du deuxième mois ». Nichiren se rappellera plus tard : « Si, au lieu d’être exilé, j’étais resté à Kamakura, j’aurais certainement été tué dans la bataille. » (Mise en garde contre l’attachement à son fief, Écrits, 832) On pense que le terme « bataille » fait ici référence à ces troubles du deuxième mois. Il avait prédit que le Japon subirait de tels conflits internes, c’est l’un des deux désastres qu’il décrit dans le traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays. Il réitéra par la suite cet avertissement au moment de la persécution de Tatsunokuchi, mais, cette fois, seulement 150 jours plus tard, sa prédiction se réalisait déjà. Orientation donnée par Ikeda Sensei Le sens profond du traité Sur l’ouverture des yeux est d’« ouvrir les yeux des gens sur le grand vœu de Nichiren ». Les personnes qui vivent à l’époque de la Fin de la Loi et qui consacrent leur vie au même vœu que le bouddha de l’époque de la Fin de la Loi sont elles-mêmes des pratiquants du Sûtra du Lotus. La question de savoir si l’on bénéficie de la protection des divinités bouddhiques est secondaire. Comme nous l’avons vu, le « grand désir » est le vœu sans limites du Bouddha exposé dans le Sûtra du Lotus ; c’est le désir profond du Bouddha de permettre à tous les êtres humains d’atteindre l’illumination. Et le vœu de Nichiren est de répandre la grande Loi afin de réaliser ce désir. Son engagement à devenir le « pilier du Japon » est, comme tous ses autres vœux, en parfait accord avec le vœu du Bouddha contenu dans le chapitre « Durée de la vie »15. Partie XVI. L’exil de Sado (4/4) Traduit du Daibyakurenge, mensuel d’étude affilié au mouvement Soka au Japon, de septembre 2023. Les « troubles du deuxième mois 16 », au cours de l’année 1272, prouvaient la justesse de la prédiction de Nichiren, qui avait mis en garde contre l’apparition de luttes intestines. Nichiren indique dans sa lettre Les actions du pratiquant du Sûtra du Lotus (Écrits, 768-788) que, après le débat de Tsukahara organisé le mois précédent, il avait demandé au vice-gouverneur militaire de Sado, Homma Shigetsura, la date de sa prochaine visite à Kamakura. (On pense que Shigetsura faisait des allers-retours de Sado à Kamakura, où résidait son seigneur Hojo Nobutoki.) Shigetsura répondit « que ce serait autour du septième mois », à la suite de quoi Nichiren réagit : « À Kamakura, l’heure de la bataille est proche. Vous devriez vous y rendre rapidement pour vous distinguer au combat et vous serez alors récompensé en recevant des fiefs. Puisque vos guerriers sont renommés dans toute la province de Sagami, si vous restez ici, à la campagne, en vous occupant de vos terres, et arrivez trop tard à la bataille, votre nom sera frappé de disgrâce. » (Écrits, 778) Apparemment perplexe, Shigetsura ne réagit pas. Mais la nouvelle des troubles parvint à Sado le dix-huitième jour du deuxième mois, et il prit alors conscience qu’il s’agissait de ce que Nichiren avait évoqué. Surpris par l’exactitude de sa prédiction, il déclara : « Je me rends compte maintenant que les Mongols ne manqueront pas de nous attaquer et il est également certain que les croyants du Nembutsu sont voués à l’Enfer aux souffrances incessantes. Plus jamais je ne réciterai le Nembutsu. » (Écrits, 779) Il se rendit en hâte à Kamakura. Abutsu-bo et la nonne séculière Sennichi se convertissent À cette époque, un nombre croissant d’habitants de l’île de Sado commençaient à pratiquer et à suivre les enseignements de Nichiren. Parmi eux se trouvaient Abutsu-bo et son épouse, la nonne séculière Sennichi. L’intendant local et les croyants du Nembutsu surveillaient de près la hutte de Nichiren pour l’empêcher de communiquer avec l’extérieur, mais ses disciples trouvèrent le moyen de le soutenir, notamment en venant tard dans la nuit pour lui apporter de la nourriture. Ses disciples de Kamakura et de la province de Shimosa, tels que Shijo Kingo, Nichimyo et Toki Jonin, se rendaient également à Sado ou envoyaient des messagers. D’autres disciples, dont Nikko, restèrent à ses côtés et partagèrent ses épreuves et ses difficultés. Nichiren envoya par la suite une lettre à la nonne séculière Sennichi pour lui témoigner sa profonde reconnaissance : « Jamais, de toute ma vie, je n’oublierai comment, en ces circonstances, avec Abutsu-bo portant sur son dos une hotte de bois chargée de nourriture, vous êtes venue nuit après nuit pour me venir en aide. C’est exactement comme si ma mère défunte avait pu renaître soudain dans la province de Sado ! » (Le Sûtra du véritable acquittement des dettes de reconnaissance, Écrits, 943) Le soutien qu’apportèrent Abutsu-bo et Sennichi à Nichiren leur valut d’être chassés de leurs terres et condamnés à une amende par les autorités, et ils se virent même confisquer leur maison (cf. Écrits, 944). Même après avoir quitté Sado, Nichiren n’oublia jamais leur sincérité, et il leur témoigna sa gratitude tout au long de sa vie. Vers le quatrième mois de cette année-là, les autorités transférèrent Nichiren de Tsukahara jusqu’à un lieu appelé Ichinosawa, dans le village d’Ishida 17, sous la garde d’un adepte du Nembutsu, connu sous le nom de moine séculier Ichinosawa. Les raisons de son transfert depuis sa cabane délabrée de Tsukahara vers un logement situé dans la résidence du moine séculier ne sont pas claires. Certains suggèrent que c’était pour améliorer le traitement de Nichiren, tandis que d’autres y voient au contraire l’intention de l’isoler d’Abutsu-bo et de ses autres disciples de Tsukahara. Bien que plusieurs disciples aient accompagné Nichiren à Ichinosawa, le représentant de l’État chargé de s’occuper de lui durant son exil ne lui fournit que de maigres rations de nourriture, rendant ses conditions de vie extrêmement précaires (cf. Lettre au moine séculier Ichinosawa, Écrits, 533). Le moine séculier Ichinosawa en vint progressivement à admirer Nichiren, et il lui fit parvenir des produits de première nécessité, tandis que sa femme se convertit à ses enseignements. Des années plus tard, à la mort du moine séculier, Nichiren écrivit une lettre à la nonne séculière Sennichi, dans laquelle il exprime sa gratitude pour l’aide d’Ichinosawa. Il écrit : « Je n’ai pourtant pas oublié que le moine séculier Ichinosawa m’a, en plusieurs occasions, sauvé la vie en me dissimulant dans un corridor de sa résidence […]. » (Le Sûtra du véritable acquittement des dettes de reconnaissance, Écrits, 945) Ce passage suggère que Nichiren a été en danger à plusieurs reprises et que le moine séculier l’a protégé. L’élaboration du traité L’objet de vénération pour observer l’esprit Le vingt-cinquième jour du quatrième mois de 1273, l’année qui suit son transfert à Ichinosawa, Nichiren acheva la rédaction de L’objet de vénération pour observer l’esprit. Dans ce traité, il révèle l’objet de vénération de Nam-myoho-renge-kyo pour que les êtres vivants de l’époque de la Fin de la Loi l’adoptent afin de parvenir à la bouddhéité. Le titre complet de ce traité est L’objet de vénération pour observer l’esprit, établi dans la cinquième période de cinq cents ans après la disparition de l’Ainsi-Venu. « La cinquième période de cinq cents ans après la disparition de l’Ainsi-Venu » fait référence à la cinquième période de cinq cents ans après la mort de Shakyamuni, ou le début de l’époque de la Fin de la Loi, lorsque le bodhisattva Pratiques-Supérieures apparaît dans le monde. « Établi » fait référence au moment où ce bodhisattva se lance dans la propagation. « Observer l’esprit » correspond à la pratique des êtres vivants de l’époque de la Fin de la Loi, c’est-à-dire à la récitation de Nam-myoho-renge-kyo, quintessence du Sûtra du Lotus. Il s’agit de la pratique appropriée pour leur permettre d’atteindre l’éveil. « L’objet de vénération » désigne l’objet de vénération de l’enseignement essentiel 18 que les êtres vivants de l’époque de la Fin de la Loi devraient vénérer. Le titre de ce traité suggère ainsi que cet écrit révèle l’objet de vénération de l’enseignement essentiel, qui sera transmis pour la première fois par le bodhisattva Pratiques-Supérieures, le guide des bodhisattvas surgis de la Terre, au début de l’époque de la Fin de la Loi. Nichiren a lui-même rempli le rôle du bodhisattva Pratiques-Supérieures. L’enseignement selon lequel croire dans le Gohonzon équivaut à observer l’esprit Nichiren commence L’objet de vénération pour observer l’esprit en introduisant des passages de sûtras qui apportent un fondement au principe des trois mille mondes en un instant de vie 19. Citant des passages du cinquième volume de l’ouvrage du grand maître Tiantai, La Grande Concentration et Pénétration, il identifie le principe des trois mille mondes en un instant de vie comme l’enseignement ultime de Tiantai. Il explique ensuite la signification du terme « observer l’esprit ». Il fait référence aux êtres vivants qui perçoivent que les dix états (ou dix mondes)20 existent dans leur propre vie. Ainsi, en tant que personnes ordinaires de l’époque de la Fin de la Loi, nos vies sont dotées des dix états (ou dix mondes), y compris celui de bouddha, que nous pouvons ouvrir et faire surgir en réponse à une condition appropriée ou à une cause externe. L’essentiel, c’est que nous possédons en tant qu’êtres humains ordinaires l’état de bouddha, l’état de vie le plus élevé. Nichiren conclut, à propos de l’expression « observer l’esprit », par cette affirmation : « […] Les pratiques de Shakyamuni et les mérites auxquels il parvint de ce fait sont tous contenus dans les cinq caractères de Myoho-renge-kyo. Si nous croyons dans ces cinq caractères, nous sommes naturellement assurés d’obtenir les mêmes bienfaits que lui. » (L’objet de vénération pour observer l’esprit, Écrits, 369) Concrètement, la pratique permettant aux personnes ordinaires de parvenir à la bouddhéité à l’époque de la Fin de la Loi consiste à croire et à garder le Gohonzon de Nam-myoho-renge-kyo révélé par Nichiren. Elle nous permet de parvenir au but de la pratique de l’« observation de l’esprit », c’est-à-dire d’atteindre la bouddhéité. C’est ce que signifie l’enseignement selon lequel « croire dans le Gohonzon équivaut à observer l’esprit ». À l’époque de la Loi formelle 21, le grand maître Tiantai révéla, à travers le principe des trois mille mondes en un instant de vie, la possibilité d’atteindre la bouddhéité sur un plan théorique. Nichiren, lui, recherchait au contraire un moyen concret et pratique accessible à tous les êtres humains, à l’époque de la Fin de la Loi, pour atteindre la bouddhéité. Il parvint à la conclusion qu’il s’agissait de recevoir et de garder le Gohonzon, c’est-à-dire de croire dans le Gohonzon et de réciter Nam-myoho-renge-kyo devant lui. L’objet de vénération de l’époque de la Fin de la Loi Nichiren révèle ensuite l’objet de vénération auquel nous devrions croire et sur lequel nous devrions fonder notre pratique à l’époque de la Fin de la Loi. Il énumère d’abord les différents objets de vénération symbolisant plusieurs bouddhas mentionnés dans les sûtras prêchés par Shakyamuni au cours des cinquante premières années suivant son éveil. Il affirme ensuite que Shakyamuni est le bouddha suprême, en tant que bouddha ayant atteint l’illumination dans le passé infiniment lointain, comme cela est révélé dans l’enseignement essentiel, ou seconde moitié du Sûtra du Lotus. Nichiren poursuit en affirmant que les personnes chargées par Shakyamuni de propager la Loi de Nam-myoho-renge-kyo, quintessence de l’enseignement essentiel du Sûtra du Lotus, à l’époque suivant sa disparition, ne sont autres que les bodhisattvas surgis de la Terre. Nichiren exprime cela dans l’objet de vénération qu’il a inscrit, où figure au centre Nam-myoho-renge-kyo, et qui représente la Cérémonie dans les Airs au cours de laquelle Shakyamuni enseigne le chapitre « Durée de la vie » du Sûtra du Lotus. Il explique ensuite ce que l’on appelle les cinq perspectives sur la révélation 22, montrant que l’objet de vénération qui permet aux personnes ordinaires de l’époque de la Fin de Loi d’atteindre l’illumination est Nam-myoho-renge-kyo, la graine de la bouddhéité à laquelle le bouddha éternel s’est éveillé. Il déclare plus loin que lorsque les désastres des luttes intestines et des invasions étrangères se produiraient, comme cela arrivait à l’époque, les bodhisattvas surgis de la Terre apparaîtraient et transmettraient l’objet de vénération de l’enseignement essentiel. En conclusion, Nichiren écrit : « Manifestant une profonde compassion à l’égard de ceux qui ne peuvent appréhender le joyau de la doctrine des trois mille mondes en un instant de vie, le Bouddha l’enveloppa à l’intérieur des cinq caractères [Myoho-renge-kyo], puis il en orna le cou des ignorants de l’époque de la Fin de la Loi. » (Sur l’objet de vénération pour observer l’esprit, Écrits, 381) Ce passage dépeint la profonde compassion de Nichiren qui inscrivit le Gohonzon de Nam-myoho-renge-kyo pour permettre à tous les êtres humains de l’époque de la Fin de la Loi de développer leur croyance. Nichiren ne cessa, par la suite, d’écrire des lettres et d’affirmer que le bouddhisme de Nichiren se transmettrait largement dans l’avenir, à travers le monde. Entre-temps, ceux qui le méprisaient élaboraient des plans pour l’assassiner. (À suivre) Orientation donnée par Ikeda Sensei Les écrits de Nichiren à cette époque sont très nombreux – on en compte plusieurs dizaines –, et il va sans dire qu’il rédigea chacun d’entre eux pour ses disciples, avec la détermination de conduire tous les êtres humains à l’illumination, alors qu’il faisait lui-même face à des circonstances extrêmes, qui le poussèrent parfois à la limite de la résistance humaine. Nous devrions réfléchir profondément à l’esprit de Nichiren. L’organisation des disciples de Nichiren à Kamakura a certainement été détruite pendant un temps à la suite de la grande persécution de 1271. Je ne pense pas que sa reconstruction ait été le simple fruit de la volonté de ses disciples, qui avaient été largement dispersés et qui se retrouvaient sans but précis. C’est plutôt grâce aux encouragements et aux orientations clairs transmis depuis l’île de Sado par Nichiren que ses disciples partageant son cœur combatif ont pu reconstruire une communauté harmonieuse encore plus forte qu’auparavant selon le principe de « différents par le corps, un en esprit ». N’est-ce pas là la véritable image des disciples de Kamakura lors de l’exil de Nichiren à Sado 23 ? À propos de ce passage du Recueil des enseignements oraux : « Si, en un seul instant de vie, nous épuisons les peines et épreuves de millions de kalpa, alors, instant après instant, surgissent en nous les Trois Corps du bouddha dont nous sommes éternellement dotés. » [“The Essential Passage in Each of the Twenty-eight Chapters of the Lotus Sutra” (Le passage essentiel de chacun des vingt-huit chapitres du Sûtra du Lotus), OTT, 214] : Lorsque nous œuvrons pour kosen rufu, en déployant l’équivalent de cent millions d’éons d’efforts à chaque instant, l’immense état de vie du bouddha surgit dans notre vie, instant après instant. Et les trois propriétés illuminées, sagesse, courage et compassion, que nous possédons de manière intrinsèque, se manifestent alors également dans notre vie. Nichiren a inscrit le Gohonzon pour enseigner aux personnes ordinaires l’existence de cette force vitale incommensurable. Avec le Gohonzon comme clair miroir, nous devrions être convaincus de l’existence de ce pouvoir au cœur de notre vie, comme dans celle de nos amis et de tous les êtres humains. « L’objet de vénération pour observer l’esprit » équivaut à un changement radical dans la conception de l’objet de vénération. On y trouve l’essence d’une « religion pour toute l’humanité », qui respecte au plus haut point le potentiel des êtres humains et rend le véritable changement possible. Nichiren a démontré la grandeur et la noblesse d’un être humain sur le lieu d’exécution de Tatsunokuchi. C’est pour cela qu’il a pu représenter sous forme graphique la Loi fondamentale qui permet à chaque individu de réaliser son plus grand potentiel. Le Gohonzon est la cristallisation du vœu de Nichiren de sauver tous les êtres humains ; il leur permet d’atteindre la bouddhéité. C’est là « l’objet de vénération pour observer l’esprit » de Nichiren 24.
Lire