Les éléments nécessaires pour atteindre la bouddhéité (Écrits, 751-754)
Extraits étudiés « Il est dit dans le Sûtra du Lotus que Pratiques-Supérieures et les autres bodhisattvas [surgis de la Terre] apparaîtront dans les cinq cents premières années de l’époque de la Fin de la Loi pour propager les cinq caractères [de la Loi merveilleuse, Nam-myoho-renge-kyo], concrétisation des deux éléments que sont la réalité et la sagesse. Le Sûtra clarifie parfaitement ce point. Qui pourrait le contester ? Moi, Nichiren, je ne suis ni le bodhisattva Pratiques-Supérieures ni son envoyé, mais je les précède, en propageant les cinq caractères pour préparer le chemin. De l’Ainsi-Venu Shakyamuni, le bodhisattva Pratiques-Supérieures a reçu l’eau de la sagesse de la Loi merveilleuse pour la répandre dans le désert de la vie des êtres en ce monde mauvais de la Fin de la Loi. Tel est le sens de la sagesse. Le Bouddha transmit cet enseignement [les cinq caractères de la Loi merveilleuse] au bodhisattva Pratiques-Supérieures et Nichiren le propage maintenant au Japon. La transmission des enseignements se partage en deux catégories : l’une générale et l’autre spécifique. Si vous confondez le général et le spécifique si peu que ce soit, vous ne pourrez jamais atteindre la bouddhéité et vous errerez dans la souffrance à travers le cycle sans fin des naissances et des morts. […] « [O]ublier le maître originel qui nous a apporté l’eau de la sagesse puisée dans le grand océan du Sûtra du Lotus pour suivre quelqu’un d’autre à la place nous conduira sûrement à sombrer dans les souffrances incessantes des naissances et des morts. « Il faut abandonner jusqu’à son maître si celui-ci s’égare. Il est cependant des cas où ce n’est pas nécessaire. Il faut prendre sa décision en tenant compte à la fois des principes du monde séculier et des principes bouddhiques. Les moines de l’époque de la Fin de la Loi ignorent les principes bouddhiques et sont vaniteux, si bien qu’ils méprisent le bon maître et se montrent serviles envers les mécènes. Les véritables moines sont honnêtes et, ayant peu de désirs, se satisfont de peu. Il est dit dans le premier volume du Commentaire textuel du Sûtra du Lotus [du Grand Maître Tiantai] : “Ceux qui n’ont pas encore atteint la vérité devraient se montrer modestes devant le principe le plus élevé, qui est comparable au ciel, et se montrer humbles devant tous les sages. Alors, ce seront des moines ayant le sens de l’humilité. Les véritables moines sont ceux qui manifestent pénétration et sagesse.” « Il est dit dans le Sûtra du Nirvana : “Si un bon moine voit quelqu’un détruire l’enseignement et n’y prête pas garde, s’abstient de tout reproche, ne le chasse pas ou ne le punit pas pour sa faute, alors vous devez comprendre que ce moine trahit l’enseignement du Bouddha. Mais s’il chasse celui qui détruit la Loi, lui adresse des reproches ou le punit, alors, c’est mon disciple et un véritable auditeur.” Vous devriez graver profondément dans votre esprit les mots “voit” et “n’y prête pas garde” dans le passage “[Si un bon moine] voit quelqu’un détruire l’enseignement et n’y prête pas garde, s’abstient de tout reproche […]”. Maître et disciples tomberont à coup sûr dans l’Enfer aux souffrances incessantes s’ils voient des ennemis du Sûtra du Lotus mais n’y prennent pas garde et s’abstiennent de tout reproche. Le Grand Maître Nanyue dit qu’ils “tomberont en enfer en même temps que ces mauvaises personnes”. Espérer atteindre la bouddhéité sans dénoncer les oppositions à la Loi est aussi futile que tenter de trouver de l’eau au milieu du feu ou du feu au milieu de l’eau. Quelle que soit la sincérité de notre foi dans le Sûtra du Lotus, si l’on est coupable de ne pas réfuter les oppositions à la Loi, on tombera à coup sûr en enfer, aussi certainement qu’une seule patte de crabe abîmera mille pots de laque. Tel est le sens du passage du Sûtra : “Parce que le poison a déjà fait de profonds ravages et que leurs esprits ne fonctionnent plus comme auparavant.” [SdL-XVI, 220] « On lit dans le Sûtra : “Ces personnes qui avaient entendu la Loi demeurèrent ici et là dans diverses terres de bouddha, renaissant continuellement en compagnie de leurs maîtres” [SdL-VII, 144]. […] Veillez avant tout à suivre votre maître originel de façon à pouvoir atteindre la bouddhéité. Le bouddha Shakyamuni est le maître originel de tous les êtres et, de plus, il est doté des vertus de souverain et de parent. Pour avoir exposé cet enseignement, j’ai été exilé et j’ai failli être tué. Comme le dit le proverbe : “Un bon conseil écorche l’oreille.” Mais je ne suis pas encore découragé. Le Sûtra du Lotus est comparable à la graine, le Bouddha au semeur, et les êtres au champ. Si vous déviez de ces principes, je ne pourrai pas vous sauver dans votre prochaine vie. » (Écrits, 752-753) Commentaires de Daisaku Ikeda Quels que soient les succès et la reconnaissance que nous avons pu obtenir, si nous n’avons pas un professeur ou maître, nous menons en fait une vie bien triste et solitaire. Car, sans maître, la véritable victoire humaine reste hors de portée. C’est la raison pour laquelle se développer aux côtés d’un maître tout au long de sa vie est un des plus grands bienfaits qui soit. J’ai rencontré Josei Toda, l’homme qui devint mon maître et, plus tard, le deuxième président de la Soka Gakkai, en août 1947. C’était à l’été de mes 19 ans, et j’ai alors pris la décision de devenir son disciple. J’ai immédiatement senti que je pouvais lui faire confiance et qu’il était la personne que je devais prendre pour maître spirituel. Avec cette ferme conviction, je me suis engagé dans une lutte commune vers la réalisation d’une révolution religieuse et d’une paix mondiale durable – un voyage que j’ai toujours poursuivi avec la même passion jusqu’à aujourd’hui. Tout au long des cinq décennies où j’ai dirigé le mouvement de kosen rufu après le décès de M. Toda [en avril 1958], j’ai traversé et surmonté toutes sortes de difficultés, en poursuivant sans cesse un dialogue intérieur avec mon maître. Et, ensemble, avec chacun de vous, mes chers compagnons de croyance du monde entier, j’ai établi les fondations du mouvement de kosen rufu à une échelle sans précédent. Aujourd’hui, je n’ai aucun regret. J’ai remporté la victoire dans tous les domaines. Pour ma part, je considère qu’il n’existe pas de plus grande satisfaction dans la vie que de pouvoir rapporter mes victoires à mon maître. Le mode de vie le plus significatif consiste à partager le même idéal que son maître. Plus cet idéal est élevé, plus l’héritage que nous créons et léguons est précieux et durable. Devenir heureux et aider les autres à le devenir est l’idéal éternel auquel tous les êtres humains aspirent. Ce vœu correspond à la sagesse ultime contenue dans les profondeurs de notre vie que chacun de nous peut faire apparaître. C’est le désir sincère sous-jacent à toutes les fonctions de la vie. Cependant, il n’existe pas d’objectif plus difficile à atteindre parce que les nuages sombres de l’ignorance et de l’avidité voilent notre vie et obscurcissent le soleil de la sagesse et de l’idéalisme. Le bouddhisme de Nichiren nous enseigne à la fois la philosophie et la pratique pour forger un bonheur durable pour nous-même, tout en aidant les autres à faire de même. L’esprit qui l’anime consiste à relever ce défi ardu sans jamais cesser d’œuvrer à sa réalisation. Et au cœur même du réseau humain et des efforts conjoints si nécessaires à la réussite de cette entreprise se trouve la relation de maître et disciple. Suivre harmonieusement cette voie du maître et du disciple permet de goûter une vie sans pareille, consacrée à élargir la voie de la paix et du bonheur de l’humanité. Apporter « la nourriture de la sagesse » et la « rosée de la compassion » dans la vie des gens, qui peut être tel un désert aride, et affaiblie par l’avidité, la colère et l’ignorance, leur permet de se régénérer tels des « champs verdoyants et luxuriants ». Telle est la raison d’être de la relation de maître et disciple dans le bouddhisme. On pourrait aussi dire qu’en un sens cette amélioration de la condition humaine correspond au désir profond de toute l’humanité. Dans l’écrit que nous étudions ce mois-ci, intitulé Les éléments nécessaires pour atteindre la bouddhéité, Nichiren met en lumière ce qui définit un véritable maître bouddhiste. Il nous transmet son esprit qui consiste à faire face à toutes les épreuves afin que l’eau de la sagesse infinie du Bouddha se répande « dans le désert de la vie des êtres en ce monde mauvais de la Fin de la Loi » (Écrits, 752). On pense que cette lettre, écrite en août 1276, est adressée à un disciple laïc du nom de Soya, qui devint par la suite un moine séculier 1. Dans la première moitié de la lettre, Nichiren indique que la Voie de la bouddhéité réside dans deux éléments, la réalité et la sagesse (cf. Écrits, 751), et il souligne l’importance de chercher à notre époque le bon maître qui propage la Loi de Nam-myoho-renge-kyo, incarnation de ces deux éléments (Écrits, 752). Dans la seconde moitié, Nichiren affirme que le bon maître manifestera, à la fois par son esprit et par ses actions, sa ferme détermination à réprimander les offenses à la Loi, et il explique ensuite que se joindre à ce maître est la clé pour atteindre la bouddhéité en cette ère troublée. Cette lettre met en évidence le caractère indivisible des liens qui unissent le maître et les disciples. Ensemble, étudions la grande voie des disciples qui s’engagent de tout cœur aux côtés de leur maître pour que la transmission de la Loi se poursuive sans entrave, ouvrant ainsi la voie au bonheur de tous les êtres humains. « Il est dit dans le Sûtra du Lotus que Pratiques-Supérieures et les autres bodhisattvas [surgis de la Terre]2 apparaîtront dans les cinq cents premières années de l’époque de la Fin de la Loi pour propager les cinq caractères [de la Loi merveilleuse, Nam-myoho-renge-kyo], concrétisation des deux éléments que sont la réalité et la sagesse. Le Sûtra clarifie parfaitement ce point. Qui pourrait le contester ? Moi, Nichiren, je ne suis ni le bodhisattva Pratiques-Supérieures ni son envoyé, mais je les précède, en propageant les cinq caractères pour préparer le chemin. De l’Ainsi-Venu Shakyamuni, le bodhisattva Pratiques-Supérieures a reçu l’eau de la sagesse de la Loi merveilleuse pour la répandre dans le désert de la vie des êtres en ce monde mauvais de la Fin de la Loi. Tel est le sens de la sagesse. Le Bouddha transmit cet enseignement [les cinq caractères de la Loi merveilleuse] au bodhisattva Pratiques-Supérieures et Nichiren le propage maintenant au Japon. La transmission des enseignements se partage en deux catégories : l’une générale et l’autre spécifique 3. Si vous confondez le général et le spécifique si peu que ce soit, vous ne pourrez jamais atteindre la bouddhéité et vous errerez dans la souffrance à travers le cycle sans fin des naissances et des morts. […] « [O]ublier le maître originel qui nous a apporté l’eau de la sagesse puisée dans le grand océan du Sûtra du Lotus pour suivre quelqu’un d’autre à la place nous conduira sûrement à sombrer dans les souffrances incessantes des naissances et des morts. » (Écrits, 752) La Loi merveilleuse est la clé pour accéder à une source de sagesse intarissable La vie des êtres humains est fondamentalement noble et suprême ; chaque être humain est une entité de la Loi merveilleuse digne de respect et possède une sagesse infinie. Comment faire briller cette sagesse ? Comment exprimer le potentiel latent infini que nous possédons tous ? Le bouddhisme répond à ces questions en enseignant la Loi éternelle et universelle qui sous-tend la vie. Cette Loi existe également en chaque personne. En s’éveillant à l’existence de cette Loi qui imprègne la vie et l’univers, chacun peut surmonter les quatre souffrances, naissance, vieillesse, maladie et mort, et forger un bonheur durable. Dans le bouddhisme, la transmission et la diffusion de cette grande Loi du bonheur, qui existe en nous, reposent entièrement sur la non-dualité du maître et du disciple. Au début de cette lettre, Nichiren décrit la Loi comme incarnant « les deux éléments que sont la réalité et la sagesse » (Écrits, 751). Il s’agit d’un principe essentiel qui explique l’illumination du Bouddha. La « réalité » exprime la réalité objective ou vérité, et inclut tout ce qui appartient aux domaines spirituel et physique. La « sagesse » désigne la sagesse subjective qui permet de percevoir ou d’illuminer cette vérité. La profonde sagesse du Bouddha éclaire non seulement la nature véritable de tous les phénomènes de l’univers, mais nous éveille au fait que nous sommes nous-mêmes des entités de la Loi merveilleuse. Le point essentiel à propos de ces deux éléments, la réalité et la sagesse, est leur fonction : illuminer notre véritable soi avec la lumière de la grande sagesse. Le moyen de manifester l’état d’esprit vaste et parfaitement serein d’un bouddha est la fusion de la réalité et de cette sagesse. Une fois éveillés à notre véritable soi – c’est-à-dire à notre grand soi –, nous pouvons accéder à la sagesse infinie capable de briser et de surmonter toutes les illusions et souffrances qui découlent de nos attachements à notre soi inférieur. Là se trouve la voie pour se forger un bonheur authentique. Ces deux éléments, réalité et sagesse, sont tout simplement Nam-myoho-renge-kyo, la Loi propagée par Nichiren. En d’autres termes, quand nous « consacrons notre vie » (jpn nam ou namu) à Myoho-renge-kyo, la Loi ultime de l’univers, nous fusionnons avec le « principe de la vérité éternelle et immuable », manifestant ainsi l’état de bouddha sur lequel nous pouvons fonder toutes nos activités avec la « sagesse de la vérité qui opère en accord avec les changements de circonstances » (cf. OTT, 3). Et l’eau de la sagesse infinie qui jaillit de notre grand soi coule alors avec force dans notre vie. C’est la Loi de Nam-myoho-renge-kyo qui nous permet de faire surgir la force vitale illimitée de notre grand soi. C’est pourquoi Nichiren déclare dans cet écrit : « En quoi consistent alors ces deux éléments, la réalité et la sagesse ? Ils correspondent simplement aux cinq caractères de Myoho-renge-kyo 5 » (Écrits, 752). Pour utiliser une analogie, le grand soi est comparable à une source vaste et profonde d’où jaillit l’eau de la sagesse. Nam-myoho-renge-kyo nous permet de puiser cette eau et de cultiver ainsi le champ de notre vie. En revanche, vivre selon la sagesse limitée de notre « petit ego » est comparable à puiser l’eau d’une source profonde à l’aide d’une petite louche. Quels que soient les efforts déployés, nous ne pourrons retirer qu’une modeste quantité d’eau, car il y a dans ce cas déconnexion entre la réalité et la sagesse ; elles ne fusionnent pas. Dans cette lettre, Nichiren fait référence aux sûtras exposés avant le Sûtra du Lotus qui, dit-il, enseignent différentes sortes de réalité et de sagesse en fonction des capacités des personnes dans les neuf états (de l’état d’enfer à celui de bodhisattva), mais aucun d’entre eux n’enseigne le principe de la fusion de la réalité et de la sagesse, qui caractérise l’illumination du Bouddha. Parce que ces sûtras séparent réalité et sagesse, ils ne peuvent pas, écrit aussi Nichiren, enseigner aux gens le bonheur véritable de l’état de bouddha. (Écrits, 752) Nichiren est « le maître originel » de l’époque de la Fin de la Loi Dans l’histoire de l’humanité, Shakyamuni s’éveilla le premier à ces deux éléments, la réalité et la sagesse, et les enseigna largement aux autres. Cependant, ce fut Nichiren qui les identifia comme étant Nam-myoho-renge-kyo et qui les propagea pour que tous ceux qui souffrent puissent parvenir à l’illumination à l’époque mauvaise suivant la disparation du Bouddha. Par conséquent, dans cet écrit, Nichiren révèle qu’il devrait être considéré comme « le maître originel » pour toutes les personnes vivant à l’époque de la Fin de la Loi (Écrits, 753). Il écrit : « Il est dit dans le Sûtra du Lotus que Pratiques-Supérieures et les autres bodhisattvas [surgis de la Terre] apparaîtront dans les cinq cents premières années de l’époque de la Fin de la Loi pour propager les cinq caractères, concrétisation des deux éléments que sont la réalité et la sagesse. » (Écrits, 752) De toute évidence, Nichiren est celui qui a engagé la propagation de la Loi merveilleuse à l’époque de la Fin de la Loi, une tâche qui avait été confiée au bodhisattva Pratiques-Supérieures dans le Sûtra du Lotus. Et c’est Nichiren qui nous a confié le Gohonzon – la représentation matérielle de son éveil où réalité et sagesse ne font qu’un – et la pratique qui consiste à réciter Nam-myoho-renge-kyo pour soi et à l’enseigner aux autres. Son intention était de permettre à l’eau de la sagesse de la Loi merveilleuse de couler dans la vie de tous dans le monde entier et jusque pour l’éternité de l’époque de la Fin de la Loi et, par conséquent, de permettre à tous les êtres humains de se forger un bonheur authentique. Grâce au Gohonzon qui représente la vie de Nichiren et correspond à notre « réalité » et grâce à la foi dans Nam-myoho-renge-kyo, fondée sur le Gohonzon qui correspond à notre « sagesse » (selon le principe de « substituer la foi à la sagesse 6 »), nous pouvons manifester le même état de vie que le Bouddha, où réalité et sagesse ne sont qu’un (c’est-à-dire l’illumination). Tout ce dont nous avons besoin, c’est d’une foi solide pour résister aux obstacles et repousser les fonctions destructrices qui sont la manifestation de l’obscurité ou de l’ignorance. L’essentiel est de développer une foi persévérante qui ne vacille jamais, quelles que soient les circonstances. M. Toda a déclaré : « Le Gohonzon [Nam-myoho-renge-kyo] est l’entité fondamentale de la vie qui régit les changements dans l’univers. En réalisant la fusion de la réalité et de la sagesse dans notre vie [par la récitation de Nam-myoho-renge-kyo avec foi dans le Gohonzon], nous pouvons la transformer et accumuler des bienfaits. » Le pouvoir bénéfique du Gohonzon est infiniment profond et incommensurable. La Loi bouddhique est éternelle, illimitée et sans entrave. En priant devant le Gohonzon et en engageant des actions fondées sur la foi dans la Loi merveilleuse, nous pouvons faire surgir cette sagesse inépuisable dans notre vie. Par conséquent, il n’y a aucune raison que nous nous retrouvions dans une impasse. Nichiren écrit : « De l’Ainsi-Venu Shakyamuni, le bodhisattva Pratiques-Supérieures a reçu l’eau de la sagesse de la Loi merveilleuse pour la répandre dans le désert de la vie des êtres en ce monde mauvais de la Fin de la Loi. » (Écrits, 752) Comme ce passage l’enseigne, en accomplissant sa mission en tant que bodhisattva Pratiques-Supérieures, Nichiren entreprit de faire couler « l’eau de la sagesse de Loi merveilleuse » dans le cœur des personnes dépourvues de bonne fortune et de bienfaits de l’époque de la Fin de la Loi, afin de cultiver et d’enrichir leurs vies comparables à un désert. Ensuite, Nichiren aborde la question de la transmission des enseignements dans le bouddhisme, en précisant qu’il existe deux catégories de transmission – l’une générale et l’autre spécifique –, et qu’il convient de les distinguer clairement. Pour quelle raison souligne-t-il cela ? On peut supposer que c’est une façon de rappeler solennellement qui a apporté « l’eau de la sagesse puisée dans le grand océan du Sûtra du Lotus » et par conséquent qui est le « maître originel » de l’époque de la Fin de la Loi. En effet, écrit Nichiren, suivre un maître du mal « conduira sûrement à sombrer dans les souffrances incessantes des naissances et des morts. » (Écrits, 752) Si nous délaissons le maître originel pour suivre un maître qui a la fonction négative de détourner les gens de la voie correcte, ce que le bouddhisme désigne par un « ami de mal 7 », l’eau de la sagesse du Bouddha cessera de se répandre. C’est pour cette raison que la non-dualité du maître et du disciple est si essentielle dans le bouddhisme. « Il faut abandonner jusqu’à son maître si celui-ci s’égare. Il est cependant des cas où ce n’est pas nécessaire. Il faut prendre sa décision en tenant compte à la fois des principes du monde séculier et des principes bouddhiques. Les moines de l’époque de la Fin de la Loi ignorent les principes bouddhiques et sont vaniteux, si bien qu’ils méprisent le bon maître et se montrent serviles envers les mécènes. Les véritables moines sont honnêtes et, ayant peu de désirs, se satisfont de peu. Il est dit dans le premier volume du Commentaire textuel du Sûtra du Lotus [du Grand Maître Tiantai] : “Ceux qui n’ont pas encore atteint la vérité devraient se montrer modestes devant le principe le plus élevé, qui est comparable au ciel, et se montrer humbles devant tous les sages. Alors, ce seront des moines ayant le sens de l’humilité. Les véritables moines sont ceux qui manifestent pénétration et sagesse.” » (Écrits, 752-753) Il est essentiel qu’un maître de l’époque de la Fin de la Loi garde précieusement la Loi À partir de ce passage, Nichiren évoque les exigences requises pour être un bon maître à l’époque de la Fin de la Loi. Dans le passage précédent, il avait parlé du bon maître de l’époque de la Fin de la Loi du point de vue de son éveil intérieur à ces deux éléments que sont la réalité et la sagesse. Il aborde ensuite la même question en évoquant le comportement à adopter pour propager correctement la Loi. D’abord, il écrit : « Il faut abandonner jusqu’à son maître si celui-ci s’égare. » (Écrits, 752). L’époque de la Fin de la Loi est une époque pleine de maîtres dévoyés, de moines corrompus et d’amis de mal. Il est particulièrement difficile de déceler la véritable nature des deux derniers : les moines corrompus et les amis de mal. C’est pourquoi, dans cet écrit, Nichiren souligne les exigences requises pour un bon maître et les caractéristiques des maîtres dévoyés afin de présenter les critères fondamentaux qui permettent de faire clairement la distinction entre les deux. Il décrit les mauvais maîtres ainsi : « Les moines de l’époque de la Fin de la Loi ignorent les principes bouddhiques et sont vaniteux, si bien qu’ils méprisent le bon maître et se montrent serviles envers les mécènes. » (Écrits, 752) En revanche, évoquant les caractéristiques d’un bon maître, il cite des qualités telles que « l’honnêteté » et le fait d’avoir peu de désirs et de se satisfaire de peu (cf. Écrits, 753). « L’honnêteté » implique généralement la droiture morale, sincérité et intégrité. Dans le bouddhisme, ce mot inclut toutes ces significations et veut dire aussi avancer droit sur la voie de l’enseignement correct. Au niveau le plus profond, cela revient à rechercher la Loi avec ferveur et à la propager correctement. Par ailleurs, avoir peu de désirs et se satisfaire de peu signifie contrôler nos désirs mais aussi, plus largement, avoir l’esprit d’accorder une plus grande importance à la Loi et le manifester en luttant activement dans notre pratique bouddhique pour transmettre la Loi sans ménager notre vie. Ceux qui recherchent sincèrement la Loi peuvent faire jaillir leur sagesse et poursuivre leur marche sur la voie de l’amélioration personnelle et du développement en comparant toujours humblement leur situation actuelle et l’état de vie des sages du passé, et en se consacrant assidûment à leur pratique bouddhique. En bref, la Loi est l’ultime critère. Pour nous, il s’agit de savoir si nous nous fondons ou pas sur le bouddhisme de Nichiren et ses écrits, si nous pratiquons ou pas la foi en lien direct avec Nichiren, en plaçant le Gohonzon au centre de notre vie. Durant ces dernières décennies, il y a eu des moines corrompus et quelques anciens grands responsables de la Soka Gakkai centrés sur eux-mêmes, qui se sont écartés de cette voie de la foi et se sont opposés par leurs actions aux enseignements de Nichiren. Dans les deux cas, c’est l’arrogance qui a empêché ces personnes de conserver une attitude correcte envers la Loi. Les arrogants et les vaniteux se détournent invariablement de la voie de maître et disciple. À la place de la Loi, ces personnes se sont appuyées sur leur ego dévoyé. De ce fait, il leur a été en définitive impossible de demeurer dans le monde rigoureux du bouddhisme où la Loi occupe la place centrale. Jaloux et pleins de rancune à l’égard de la communauté harmonieuse des croyants qui fondent leur pratique sur la Loi, ils n’avaient pas d’autre choix que de partir. « Il est dit dans le Sûtra du Nirvana : “Si un bon moine voit quelqu’un détruire l’enseignement et n’y prête pas garde, s’abstient de tout reproche, ne le chasse pas ou ne le punit pas pour sa faute, alors vous devez comprendre que ce moine trahit l’enseignement du Bouddha. Mais s’il chasse celui qui détruit la Loi, lui adresse des reproches ou le punit, alors, c’est mon disciple et un véritable auditeur.” Vous devriez graver profondément dans votre esprit “voit” et “n’y prête pas garde” dans le passage “[Si un bon moine] voit quelqu’un détruire l’enseignement et n’y prête pas garde, s’abstient de tout reproche. […]” Maître et disciples tomberont à coup sûr dans l’Enfer aux souffrances incessantes s’ils voient des ennemis du Sûtra du Lotus mais n’y prennent pas garde et s’abstiennent de tout reproche. Le Grand Maître Nanyue 8 dit qu’ils “tomberont en enfer en même temps que ces mauvaises personnes 9”. Espérer atteindre la bouddhéité sans dénoncer les oppositions à la Loi est aussi futile que tenter de trouver de l’eau au milieu du feu ou du feu au niveau de l’eau. Quelle que soit la sincérité de notre foi dans le Sûtra du Lotus, si l’on est coupable de ne pas réfuter les oppositions à la Loi, on tombera à coup sûr en enfer, aussi certainement qu’une seule patte de crabe abîmera mille pots de laque. Tel est le sens du passage du Sûtra : “Parce que le poison a déjà fait de profonds ravages et que leurs esprits ne fonctionnent plus comme auparavant.” » (SdL-XVI, 220) (Écrits, 753) Les efforts pour réprimander les offenses à la Loi sont cruciaux pour atteindre la bouddhéité Ici, Nichiren cite un passage célèbre du Sûtra du Nirvana et souligne ensuite l’importance d’adopter une position ferme contre les moines corrompus qui vont à l’encontre des enseignements du bouddhisme. « Si un bon moine voit quelqu’un détruire l’enseignement et n’y prête pas garde, s’abstient de tout reproche, ne le chasse pas ou ne le punit pas pour sa faute, alors vous devez comprendre que ce moine trahit l’enseignement du Bouddha. Mais s’il chasse celui qui détruit la Loi, lui adresse des reproches ou le punit, alors, c’est mon disciple et un véritable auditeur. » Nichiren dit que nous devrions graver profondément dans nos cœurs le mot « voit » et l’expression « n’y prête pas garde » qui figurent dans le passage [du Sûtra du Nirvana] : « [Si un bon moine] voit quelqu’un détruire l’enseignement et n’y prête pas garde… » Et il déclare qu’à la fois le maître et le disciple tomberont à coup sûr dans l’enfer des souffrances incessantes s’ils rencontrent des ennemis du Sûtra du Lotus mais ne les remettent pas en cause. Il dit aussi qu’il est tout à fait vain d’espérer atteindre la bouddhéité sans effectuer aucun effort pour réprimander les offenses à la Loi ; en effet, sans de tels efforts, même celui qui croit dans le Sûtra du Lotus sera voué à tomber en état d’enfer. Il utilise ensuite la métaphore d’« une seule patte de crabe [qui] abîmera mille pots de laque ». La laque japonaise est élaborée à partir de la sève de l’arbre à laque. Cette sève est extraite lentement par des coupes dans le tronc de l’arbre, suivant un processus qui requiert beaucoup de temps. À l’époque de Nichiren, on croyait qu’il existait une substance dans les crustacés qui contrecarrait les propriétés de la laque, de sorte que même l’équivalent d’une simple patte de crabe pouvait suffire à annuler l’effet produit par une épaisse couche correspondant à mille pots de laque. De même, une simple goutte de poison ajoutée dans un bol d’eau pure suffit à la rendre impropre à la consommation. Les offenses à la Loi peuvent être un poison virulent du point de vue de la foi ; elles ont le terrible potentiel de changer instantanément l’eau de la sagesse de la Loi merveilleuse en poison dans la vie d’une personne. C’est pour cela qu’un bon maître à l’époque de la Fin de la Loi réprimande sévèrement ces offenses. Cette époque mauvaise que j’ai mentionnée précédemment est pleine d’amis de mal ou d’influences négatives qui égarent les gens, en les amenant en particulier à s’opposer à l’enseignement correct. C’est aussi une époque où les moines bouddhistes détenteurs d’une autorité religieuse ont une influence particulièrement négative. C’est pour cela qu’un bon maître se dresse courageusement contre les offenses et les erreurs, sans craindre ceux qui possèdent pouvoir et autorité, afin de permettre à l’eau de la sagesse de la Loi merveilleuse de couler sans entrave dans la vie des gens. Lutter contre le mal fait partie de notre pratique bouddhique, notamment parce que si nous ne le faisons pas, nous devenons des complices de ce mal. Concernant cette réalité effrayante, Nichiren cite le Grand Maître Nanyue qui affirme que ceux qui ferment les yeux sur le mal tomberont en enfer en même temps que ceux qui le commettent (cf. Écrits, 753). « Ne pas faire le bien revient à faire le mal » – telle était aussi la conviction immuable de Tsunesaburo Makiguchi, le président fondateur de la Soka Gakkai. Les amis de mal ont pour fonction d’amplifier l’ignorance ou l’obscurité dans la vie des autres – c’est-à-dire de faire croître en eux l’œuvre des trois poisons : l’avidité, la colère et la stupidité 10. Telle est la nature effroyable de ces influences négatives. Permettre au mal de proliférer sans s’y opposer ne peut en définitive qu’amener souffrance et douleur dans la vie de bien des gens. Le bouddhisme étant une philosophie qui enseigne la dignité inhérente à la vie humaine, il est crucial que ses pratiquants luttent résolument contre les tendances qui conduisent à l’irrespect de la vie humaine, à la discrimination et à la destruction de la vie. Si nous n’arrêtons pas le mal, nous ne pourrons pas engendrer un bien réel et durable. De même, si nous n’adoptons pas une position ferme contre les oppositions et les erreurs au sein du bouddhisme, nous ne pourrons pas atteindre la bouddhéité. Il ne faut pas se contenter de demi-efforts. M. Toda nous exhortait toujours à vaincre entièrement le mal. Nichiren cite ensuite ces mots du Sûtra du Lotus : « Parce que le poison a déjà fait de profonds ravages et que leurs esprits ne fonctionnent plus comme auparavant. » (SdL-XVI, 220) Il est vital de lutter contre le poison des enseignements erronés ou contre les modes de pensée qui amènent les gens à perdre de vue leur nature de bouddha et à détruire leur humanité. Alors, comme l’enseigne le Sûtra du Nirvana, nous pratiquerons comme d’authentiques disciples du Bouddha et garderons un enseignement véritablement humaniste. « On lit dans le Sûtra : “Ces personnes qui avaient entendu la Loi demeurèrent ici et là dans diverses terres de bouddha, renaissant continuellement en compagnie de leurs maîtres.” (SdL-VII, 144) […] Veillez avant tout à suivre votre maître originel de façon à pouvoir atteindre la bouddhéité. Le bouddha Shakyamuni est le maître originel de tous les êtres et, de plus, il est doté des vertus de souverain et de parent. Pour avoir exposé cet enseignement, j’ai été exilé et j’ai failli être tué. Comme le dit le proverbe : “Un bon conseil écorche l’oreille.” Mais je ne suis pas encore découragé. Le Sûtra du Lotus est comparable à la graine, le Bouddha au semeur, et les êtres au champ. Si vous déviez de ces principes, je ne pourrai pas vous sauver dans votre prochaine vie. » (Écrits, 753) Le grand vœu provient d’un esprit bienveillant Dans la partie finale de cette lettre, Nichiren indique clairement que le bon maître qui partage la Loi pour le bonheur des gens à l’époque de la Fin de la Loi est aussi le maître originel avec qui tous les êtres humains ont un profond lien karmique, parce qu’ils l’ont déjà suivi dans les vies passées. D’abord, il cite un passage du chapitre « La parabole de la cité illusoire » (7e) : « Les personnes qui avaient entendu la Loi / demeurèrent ici et là / dans diverses terres de bouddha / renaissant continuellement en compagnie de leurs maîtres. » (SdL-VII, 144) C’est l’un des quatre vers de ce Sûtra ou de ses commentaires qu’il cite dans cette lettre. Par ce passage, il indique que les êtres humains ne peuvent atteindre la bouddhéité que grâce à l’instruction d’un maître avec qui ils ont formé de profonds liens karmiques dans leur vie passée 11. Les vers cités ci-dessus ne soulignent pas seulement que le lien entre maître et disciple s’étend sur une longue durée, mais montre aussi que maître et disciple ont lutté ensemble depuis le très lointain passé sur la base du même grand vœu des bodhisattvas afin de réaliser le bonheur pour soi et pour les autres. Cet esprit de bodhisattva est en soi la quintessence du bouddhisme Mahayana. En outre, du point de vue de l’enseignement essentiel du Sûtra du Lotus (la seconde moitié), cet esprit est incarné dans le vœu des bodhisattvas surgis de la Terre et dans le grand vœu provenant d’un esprit bienveillant, qui est l’essence même de la vie du bouddha éternel, révélée dans le chapitre « Durée de la vie » (16e). En novembre 1946, à l’occasion de la troisième cérémonie en l’honneur de M. Makiguchi (correspondant au deuxième anniversaire de son décès), M. Toda s’est adressé à son maître défunt en ces termes : « Dans votre vaste et infinie compassion, vous m’avez permis de vous accompagner jusqu’en prison. Grâce à cela, j’ai pu lire avec tout mon être ce passage du Sûtra du Lotus : “Les personnes qui avaient entendu la Loi / demeurèrent ici et là / dans diverses terres de bouddha / renaissant continuellement en compagnie de leurs maîtres.” (SdL-VII, 144) J’obtins alors le bienfait de percevoir mon existence antérieure de bodhisattva surgi de la Terre et d’absorber avec ma vie même, ne serait-ce qu’une infime partie de la signification du Sûtra. Pourrait-il y avoir plus grand bonheur que celui-là 12 ? » Ces paroles solennelles de M. Toda se sont gravées dans mon cœur durant ma jeunesse, dès la première fois où je les ai entendues. J’éprouve le même esprit de reconnaissance envers mon maître M. Toda. Qu’elle est sublime la vie qui consiste à servir et soutenir notre maître tout en cherchant à concrétiser ses grandes aspirations. Ceux qui suivent la voie de maître et disciple en viennent à goûter un état de vie indestructible imprégné par les quatre nobles vertus (éternité, bonheur, véritable soi et pureté) en rythme avec la Loi merveilleuse éternelle. C’est une voie où l’on peut ressentir la joie illimitée qui provient de la lutte pour accomplir la plus noble des missions. Et je souhaite transmettre cette joie à la jeunesse. Fondamentalement, le Sûtra du Lotus et le bouddhisme de Nichiren nous enseignent à rester fidèles à notre vœu de mener les autres à l’illumination en luttant sans cesse ensemble sur la voie de maître et disciple à travers les trois existences (la vie dans le passé, le présent et le futur). « Mais je ne suis pas encore découragé » – l’esprit éternel de la Soka Gakkai L’immense compassion de Nichiren en tant que maître originel à l’époque de la Fin de la Loi est résumée dans les mots : « Mais je ne suis pas encore découragé » (Écrits, 753). À son époque, en perdant de vue le bouddha Shakyamuni, le Sûtra du Lotus et l’esprit fondamental du bouddhisme, les gens avaient en grande partie placé leur foi dans le bouddha Amida de l’école de la Terre pure (le Nembutsu), dans le bouddha Mahavairochana qui était révéré par l’école Shingon et dans divers autres bouddhas qui apparaissent dans les enseignements antérieurs au Sûtra du Lotus. Nichiren osa souligner les erreurs et la confusion qui régnaient dans le bouddhisme à son époque. Mais comme le dit un proverbe : « Un bon conseil écorche l’oreille. » Il dut en effet subir la fureur des autorités séculières et religieuses de son temps. Cela lui valut d’être exilé à deux reprises et il faillit être exécuté à Tatsunokuchi. Cependant, bien que quasiment toute la population du Japon ait été dressée contre lui, il déclara résolument : « Mais je ne suis pas encore découragé. » Comparable au rugissement d’un lion dépourvu de toute crainte, ce cri irrépressible exprimait la compassion infinie du bouddha de l’époque de la Fin de la Loi. Lutter contre les erreurs et les offenses à la Loi sans ménager sa vie afin de protéger l’enseignement bouddhique correct et d’œuvrer au bien-être des gens traduit la compassion du maître originel de l’époque de la Fin de la Loi. Lutter ainsi est en effet crucial pour permettre à l’eau de la sagesse de la Loi merveilleuse de couler sans entrave dans la vie des gens. À la fin de cette lettre, Nichiren compare les efforts accomplis en ce sens au fait de planter les graines de la Loi merveilleuse dans le champ du cœur humain. Il écrit : « Le Sûtra du Lotus est comparable à la graine, le Bouddha au semeur, et les êtres au champ. » (Écrits, 753) Planter les graines de la Loi merveilleuse dans le cœur des gens signifie tout simplement activer leur nature de bouddha. Il est possible de toucher et d’éveiller ainsi la nature de bouddha en chacun, parce que Nichiren est le maître originel avec qui nous partageons de profonds liens karmiques depuis les vies passées. Et ce sont les trois premiers présidents de la Soka Gakkai – unis par les liens de maître et disciple – qui ont œuvré pour kosen rufu avec le même esprit et la même détermination que Nichiren, perpétuant ainsi son héritage. En parfaite unité avec ces maîtres, tous les membres de la Soka Gakkai – et pas seulement nos membres pionniers du groupe Maints-Trésors – ont porté avec ferveur les enseignements du bouddhisme de Nichiren et les ont diffusés largement. En cherchant passionnément à briser les murs épais de l’obscurité fondamentale, qui empêchent la nature de bouddha de briller avec éclat, ils se sont consacrés à planter les graines de la Loi merveilleuse dans la vie des gens. Nul n’est plus fort que ceux qui ont lutté avec cet esprit invincible. Ils ont ainsi développé un caractère majestueux qui leur vaut de bénéficier d’une confiance inébranlable et d’être admirés au sein de notre mouvement comme en dehors. Les maîtres et disciples du mouvement Soka ont remporté la victoire ! J’ai entendu certains de nos membres pionniers dire : « La déclaration de Nichiren “Et je n’en suis pas encore découragé” est en soi l’esprit de la Soka Gakkai » ou encore « J’ai suivi la grande voie de maître et disciple avec cette détermination : “Quoi qu’il arrive, je consacrerai ma vie à kosen rufu.” » Nous trouvons dans ces mots le cœur même de la Soka Gakkai. Les efforts altruistes pour faire couler l’eau de la sagesse de la Loi merveilleuse dans la vie des gens en cette époque mauvaise de la Fin de la Loi – une tâche d’abord entreprise par une seule personne, Nichiren – ont été perpétués et s’amplifient encore aujourd’hui grâce à l’héroïsme d’innombrables personnes ordinaires. Ce sont les bons maîtres de la Soka Gakkai, nos maîtres, M. Makiguchi et M. Toda, qui nous ont enseigné comment vivre en tant que nobles champions de l’humanité. Voici ce que Nichijun Shonin (1898-1959), le 65e grand patriarche de la Nichiren Shoshu, a écrit à propos de la voie de maître et disciple au sein de la Soka Gakkai : « Nichiren écrit : “L’enseignement de Nichiren correspond à la troisième doctrine 13.” (La troisième doctrine, Écrits, 863) Le président Toda adopta vraiment cet enseignement avec sa vie. Je crois que la voie de maître et disciple trouve son origine dans le Gohonzon d’où s’écoule l’eau de la Loi qui commence aujourd’hui à se diffuser dans toute la Soka Gakkai. C’est grâce à cela que la Soka Gakkai jouit d’une grande diversité de bienfaits et de beaucoup de bonne fortune.14 » Il déclare clairement que la voie de maître et disciple présente dans la Soka Gakkai trouve son origine dans notre mission consistant à garder la foi dans le Gohonzon et à œuvrer pour la réalisation de kosen rufu. La pratique du bouddhisme devrait toujours « se conformer au moment » (cf. Écrits, 291). M. Makiguchi a donné sa vie pour protéger l’intégrité du bouddhisme de Nichiren, M. Toda est parvenu à amener à la pratique du bouddhisme un nombre sans précédent de 750 000 foyers membres, et nous, pratiquants de la Soka Gakkai internationale d’aujourd’hui, avons transmis la Loi merveilleuse dans 192 pays et territoires du monde entier. Il ne pourrait y avoir de preuve plus éloquente que nous, maîtres et disciples du mouvement Soka, sommes les seuls à être reliés directement à Nichiren, le bouddha de l’époque de la Fin de la Loi, et à concrétiser son décret : la réalisation du kosen rufu mondial. Si chaque pratiquant conserve l’esprit de maître et disciple du mouvement Soka et continue à se consacrer au vœu de mener les autres à l’illumination, le mouvement de la SGI ne cessera jamais de se développer et de s’épanouir pour l’éternité.
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