Juillet-Août 2023

Étude bouddhique

Thème

Étude bouddhique

Vivre avec les Écrits de Nichiren

« Je devrais donc étudier tout d’abord la question de la mort, puis m’occuper du reste. » (L’importance du moment de la mort, WND-II, 759) Établir un bonheur indestructible dans les trois phases de la vie En juillet 1976, lors d’un rassemblement de représentantes du département des jeunes femmes venues de tout le Japon, Shin’ichi parla des quatre souffrances de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort. « Et aucun de nous ne peut échapper à la mort. […] Lors de mes échanges avec lui, l’historien britannique Arnold J. Toynbee (1889-1975) a rappelé que tous les êtres humains meurent, que nous sommes tous confrontés aux dures réalités de la naissance et de la mort en cette existence, et il regrettait que nous perdions notre temps dans des diversions sociales et qu’ainsi nous nous égarions et refusions de regarder cette réalité en face. C’est pour cela, m’a-t-il dit, qu’il souhaitait parler avec moi du bouddhisme, sachant que j’étais le président d’un mouvement bouddhiste japonais. « Sans une réponse fondamentale à la question de la mort, nous ne pouvons ni avoir une vision correcte de la vie et des valeurs solides, ni goûter au véritable bonheur. […] « Le bouddhisme de Nichiren offre une solution fondamentale au problème de la mort, dit Shin’ichi avec force. Si vous consacrez votre vie à kosen rufu, vous goûterez non seulement un état de bonheur indestructible dans cette existence mais vous pourrez aussi suivre éternellement la grande voie vers une vie joyeuse à travers les trois phases du passé, du présent et du futur. […] « Mais, si vous vivez en vous consacrant à kosen rufu et conservez une foi constante, votre vie sera unie à la Loi fondamentale de l’univers, la Loi merveilleuse, et vous pourrez calmement surmonter toutes les souffrances. « Un courant sous-jacent de bienfaits coule dans la vie de ceux qui pratiquent sérieusement ce bouddhisme. Même si des vents violents se mettent à souffler et qu’un soleil torride s’abat sur eux, en définitive ces pratiquants s’en trouveront enrichis et recevront les fruits du bonheur. » (Chapitre « Lutte audacieuse ») « Qu’est-ce que cela désigne [la récitation de Nam-myoho-renge-kyo], sinon la joie illimitée de la Loi ? » (Le bonheur en ce monde, Écrits, 685) Daimoku est la force motrice qui permet de surmonter toutes les épreuves Le 24 août 1976, Shin’ichi assista à une cérémonie de Gongyo pour les représentants de la ville de Kokubo (l’actuelle Kirishima), située à côté du centre bouddhique général de Kyushu. Dans ses encouragements aux pratiquants, il souligna l’importance de faire de la foi notre fondation tout au long de la vie. « Dans le Sûtra du Lotus, nous pouvons lire ces mots : “ Ceux [qui ont entendu la Loi] jouissent de paix et de sécurité dans leur existence présente et de bonnes circonstances pour leurs existences futures 1.” Mais divers obstacles apparaissent sur la voie de kosen rufu et la vie est un combat contre notre karma personnel. “Goûter paix et sécurité dans leur existence présente” ne signifie pas que notre existence sera toujours un voyage paisible, sans troubles ni défis. Cela décrit un état de vie où l’on est confronté à des difficultés et des épreuves aussi rudes que des vagues déchaînées, que nous pouvons surmonter avec courage et sérénité, sans jamais reculer d’un seul pas. « Faire preuve d’audace et remporter une victoire éclatante dans la vie quoi qu’il arrive, voilà le véritable sens de goûter “paix et sécurité dans notre existence présente”. L’important, c’est de ressentir dans nos dernières années que nous avons mené une vie de paix et de sécurité après avoir remporté une victoire éclatante sur les tempêtes d’obstacles qui ont peut-être marqué les années précédentes. Pour y parvenir, nous ne devons jamais nous écarter de la Soka Gakkai, ni abandonner le Gohonzon, quoi qu’il arrive, et continuer à réciter Nam-myoho-renge-kyo tout en luttant pour kosen rufu jusqu’à notre dernier souffle. […] » Quelles que soient nos souffrances, nous devrions faire jaillir la foi dans le Gohonzon et pratiquer avec, à l’esprit, “Je ne serai pas vaincu !” Si nous y parvenons, le courage de faire face à nos troubles jaillira de l’intérieur de nous. Nous serons régénérés et pleins de joie. Le moyen de résoudre toutes nos difficultés s’ouvrira sous nos yeux. « Une prière assidue, telle est la clé. Pratiquez vigoureusement chaque jour, que les autres le remarquent ou non – telle est en toutes circonstances la force motrice. » (Chapitre « Lutte audacieuse »)

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Moments inoubliables

Triompher de la maladie en s’appuyant sur l’esprit du fondateur Le jardin d’enfants Soka de Hong Kong fut inauguré en 1992. Depuis son ouverture, la directrice Wong Sui Yok, qui joua un rôle clé dans l’établissement de l’institution, accueille chaque jour sans exception les enfants avec un sourire le matin et les salue le soir de la même manière. Cependant, six ans environ après l’inauguration de l’établissement, elle ne put demeurer auprès des élèves, car on lui avait diagnostiqué un cancer. Mme Wong avait profondément gravé dans son cœur ces mots qui étaient pour elle une source d’inspiration essentielle : « Le jardin d’enfants Soka de Hong Kong est ma vie même. » C’était une des devises que Shin’ichi Yamamoto avait écrites en japonais sur une feuille, puis accrochée dans la salle des professeurs. Mme Wong fut hospitalisée pour se faire opérer. Elle souffrit d’être éloignée des élèves et du jardin d’enfants qui incarnait la vie du fondateur, mais il ne pouvait en être autrement. Dans son état, atteinte d’un cancer, elle se sentait inutile et impuissante. […] [Après son opération, son médecin lui suggéra :] « Vous devriez penser à quelque chose qui vous rende heureuse afin de pouvoir endurer l’inconfort de votre traitement et triompher de votre maladie. » Mme Wong s’imagina entièrement guérie et accueillant à nouveau ses élèves avec un grand sourire tous les matins. Cela suffit à la rendre heureuse. Elle s’imagina également à l’entrée du jardin d’enfants avec son fondateur, Shin’ichi Yamamoto. La lumière de l’espoir éclairait tout son être. « Les élèves et le président Yamamoto m’attendent, se disait-elle. Je servirai les enfants toute ma vie en tant que représentante du président Yamamoto. Je ne serai jamais vaincue ! Je remporterai la victoire sur mon cancer et me tiendrai à nouveau à l’entrée du jardin d’enfants pour accueillir et saluer chaque élève ! » Croire en une noble cause dans sa vie permet de développer une force illimitée, qui jaillit du plus profond de notre être. Mme Wong surmonta en définitive son cancer et put se poster à nouveau à l’entrée de l’école. Chaque jour, elle offrit aux élèves la fleur de son sourire, avec le sentiment d’être au côté de Shin’ichi. En décembre 2000, Shin’ichi revint à Hong Kong et y retrouva les représentants des trois premières promotions du jardin d’enfants Soka lors d’une session de photos souvenirs. « Je suis si heureux de vous voir, dit-il. Vous êtes ma plus grande source de fierté et mon trésor. » Les élèves issus de la première promotion étaient déjà en deuxième année de collège. Shin’ichi s’étonna de voir à quel point ils avaient grandi. Il fut profondément touché de voir se profiler leur avenir. Un de leurs représentants offrit un bouquet à Shin’ichi. « Merci, lui dit-il. Vous avez tous tellement grandi. Vous êtes maintenant comme des adultes ! » Tandis que Mme Wong regardait le fondateur parler avec les anciens élèves, des larmes coulaient sur ses joues. Elles ­exprimaient son amour pour ses élèves et sa joie d’être en vie. (Chapitre « L’avenir ») Apprendre sans cesse fait briller notre vie avec l’éclat de la victoire En mars 1980, le département de l’éducation par correspondance de l’université Soka célèbre la première promotion d’étudiants. Parmi les premiers diplômés se trouve Shoko Imai, qui avait perdu l’ouïe suite à un accident au collège. Durant ses années de lycée, son audition se détériore davantage, soulevant un grand défi pour la poursuite de sa scolarité, et cela l’oblige à renoncer à étudier à l’université. Mais elle a toujours conservé le souhait ­fervent ­d’apprendre. Des années plus tard, alors qu’elle était mariée et mère de trois filles, Shoko apprend l’ouverture du programme d’éducation par correspondance de l’université Soka et prend la décision de s’inscrire et de rendre ses enfants fiers d’elle. L’exemple que nous offrons en tant que parents est la meilleure éducation que nous puissions dispenser à nos enfants. Ayant été admise dans le programme d’enseignement à distance, Shoko étudia avec ardeur tout en élevant ses enfants et en s’occupant de son foyer. Mais, depuis son accident, de nombreuses années auparavant, les maux de tête et les bourdonnements d’oreille persistaient, et dès qu’elle restait assise plus de trente minutes à son bureau, elle était prise d’intenses nausées. Elle devait alors s’allonger avant de pouvoir se remettre au travail. […] Tout en luttant contre ses nausées et ses étourdissements quand elle étudiait, Shoko Imai se demandait parfois si les cours à distance n’étaient pas au-dessus de ses capacités. Quand ces idées l’envahissaient, elle se rappelait le jour où le fondateur de son école, Shin’ichi Yamamoto, était entré dans la salle de classe pendant sa première session. « Malgré ses multiples occupations, se dit-elle, le président Yamamoto est venu dans notre classe, de la sueur perlait sur son front, mais il nous encouragea de toutes ses forces. » En raison de son problème auditif, elle ne savait pas ce que disait Shin’ichi, mais d’après l’expression de son visage, elle sentit qu’il parlait avec passion, ce qui témoignait de son profond engagement et de ses attentes élevées à l’égard des étudiants. Se souvenir de ce moment l’encourageait toujours beaucoup. Lors de cette session de cours, Shoko fut émue aux larmes. À travers les larmes qui lui brouillaient la vue, il lui sembla que Shin’ichi la regardait dans les yeux. […] Elle voulut répondre d’une manière ou d’une autre aux encouragements de Shin’ichi, et décida que le mieux était d’obtenir son diplôme du programme d’enseignement à distance en quatre ans et d’annoncer sa victoire au président Yamamoto. […] Pendant les cours, elle prêtait une attention toute particulière à chaque mot écrit par les professeurs sur le tableau noir et fit de son mieux pour suivre les leçons, malgré son incapacité à entendre. Ses camarades l’aidaient également, en lui montrant leurs notes. Et, en cet instant précis, elle obtenait son diplôme. Quand Shin’ichi fut informé de l’histoire de Shoko Imai et apprit comment elle avait remporté la victoire, il lui envoya un recueil de poèmes afin de célébrer sa remise de diplôme. On pouvait lire dans l’un d’eux les vers suivants : Il est facile d’éduquer les autres, et difficile de s’éduquer soi-même. Rester sur le bon chemin dans la vie tant que vous vivez et continuer à apprendre, telle est la voie de la révolution humaine 1. Un hymne à la lutte commune des bodhisattvas surgis de la Terre Shin’ichi acheva le Chant de la Révolution humaine en juillet 1976. Il voulait écrire « un hymne à la vie » qui inciterait tous les pratiquants à créer une nouvelle ère de la culture et de l’humanisme. En composant le Chant de la Révolution humaine, Shin’ichi essaya de toutes ses forces de trouver un moyen d’exprimer et de communiquer l’expérience que Josei Toda avait vécue en prison : son profond éveil spirituel à son identité de bodhisattva surgi de la Terre. C’est sur la base de cet éveil que M. Toda, se dressant seul, décida de consacrer sa vie à kosen rufu. Comme l’écrit Nichiren : « Si vous avez le même esprit que Nichiren, vous devez être un bodhisattva surgi de la Terre. » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 389) Cet éveil est le point de départ de la foi au sein de la Soka Gakkai, l’organisation qui s’accorde parfaitement avec le vœu et décret du Bouddha, et se consacre à kosen rufu en établissant un lien direct avec Nichiren. Grâce au sens de leur mission, les bodhisattvas surgis de la Terre connaissent l’objectif fondamental de leur vie : ils sont nés afin de lutter pour le bonheur des autres. Telle est la source pour créer un maximum de valeurs dans la vie. C’est la force motrice permettant d’établir un grand soi qui inclut tous les peuples, en fait, toute l’humanité, en transformant l’état de vie étriqué du petit soi, qui ne se soucie que de ses propres intérêts, en désir d’aider les autres. En d’autres termes, se consacrer à la mission des bodhisattvas surgis de la Terre est la voie de la révolution humaine. En raison de l’atmosphère de désespoir et de dépression ainsi que de l’incapacité de la jeunesse de l’époque d’appréhender le sens de la vie, Shin’ichi souhaitait lancer un vigoureux appel à la jeunesse pour lui faire prendre conscience du véritable objectif de l’existence. C’est ce qu’il exprima dans le deuxième couplet de la chanson où il est dit : « Si nous sommes vraiment des bodhisattvas surgis de la Terre / alors nous avons une mission à accomplir en ce monde. » À la fin de l’année 1976, pour célébrer le quarante-neuvième anniversaire à venir de Shin’ichi, le 2 janvier de l’année suivante, un monument de pierre sur lequel était inscrit le texte du Chant de la Révolution humaine fut inauguré dans l’enceinte du siège de la Soka Gakkai. Ce monument fut offert par les pratiquants qui, en tant que disciples de Shin’ichi, souhaitaient tous montrer leur détermination à accomplir leur mission en tant que bodhisattvas surgis de la Terre. Le Chant de la Révolution humaine était une création commune du maître et du disciple. C’était un hymne à la vie. À la suite des paroles gravées sur le monument, Shin’ichi ajouta : « Dédié à son maître Josei Toda par son disciple, Shin’ichi Yamamoto ». (Chapitre « Le courage ») « La création de valeurs » – une expression créée par le maître et le disciple Le 18 novembre, désigné comme le jour de la fondation de la Soka Gakkai, est la date à laquelle le premier volume du livre de Tsunesaburo Makiguchi, Soka Kyoikugaku taikei (Éducation pour une vie créatrice de valeurs), fut publié, en 1930. Cette œuvre révolutionnaire était née d’une conversation entre le maître et le disciple. Un soir d’hiver, M. Makiguchi dialogua avec M. Toda à son domicile, jusque tard dans la nuit, autour d’un poêle à charbon. Immédiatement après avoir annoncé à M. Toda qu’il voulait publier ses théories sur l’éducation, M. Makiguchi admit que cela ne s’annonçait pas chose facile. « Mais il n’est pas raisonnable, lui dit-il, de publier un livre qui ne se vendra pas et engendrera une perte financière. — Sensei, je vais m’occuper de concrétiser ce projet, répondit avec conviction M. Toda. — Mais… cela coûtera une fortune. — Peu m’importe. Je ne suis pas riche mais je possède tout de même dix-neuf mille yens. Je serais content de les investir entièrement dans un tel projet. » À l’époque, le salaire mensuel de départ d’un instituteur était d’environ cinquante yens. M. Toda, qui dirigeait un établissement privé, le Jishu Gakkan, où il s’efforçait de mettre en pratique les théories éducatives de son maître, désirait investir tout ce qu’il avait en ce monde pour faire en sorte que ces théories éducatives soient préservées. […] M. Makiguchi le regarda intensément, puis acquiesça. « Très bien, si tu es à ce point déterminé, allons-y ! » Les yeux de M. Makiguchi brillaient avec éclat. « Eh bien, dans ce cas, comment intituler le livre ? dit-il doucement, comme s’il se parlait à lui-même. — Quel est l’objectif de votre théorie de l’éducation ? demanda M. Toda. — En un mot, de créer des valeurs », répondit M. Makiguchi. Les joues rougies par l’émotion, M. Toda dit alors : « Sensei, pourquoi ne pas l’appeler Éducation pour une vie créatrice de valeurs ? — Oui, c’est un très bon titre ! — Parfait. Ce sera donc Éducation pour une vie créatrice de valeurs. » Il était déjà minuit. C’est grâce à un dialogue entre maître et disciple que le terme création de valeurs a été adopté.

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Apprendre de La Nouvelle Révolution humaine volume 23

Le 26 août dernier (2020), après une interruption de presque six mois, la 46e réunion générale des responsables de la nouvelle ère du kosen rufu mondial eut lieu dans le Hall du Grand Vœu de kosen rufu, à Tokyo. Dans son message adressé aux participants, le président Ikeda rappelle comment le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, et son maître, le président fondateur Tsunesaburo Makiguchi, furent emprisonnés au même moment par le gouvernement militariste de l’époque, au Japon, parce qu’ils avaient refusé de renier leurs convictions religieuses, et comment ces circonstances avaient conduit M. Toda à s’éveiller à son identité de bodhisattva surgi de la Terre durant son incarcération. Le président Ikeda déclare : « La Soka Gakkai n’est autre que le rassemblement des bodhisattvas surgis de la Terre appelés par la résolution solennelle de ce maître et de ce disciple. » Dans le même message, il affirme également à nouveau que la décennie menant au 100e anniversaire de la Soka Gakkai en 2030 sera cruciale et que nous devrions donc être encore plus déterminés à « instaurer un puissant changement dans le destin de ­l’humanité ». Il souligne ensuite que la réunion générale de la jeunesse mondiale du 27 septembre marquera « le début plein d’espoir de ce grand voyage du maître et du disciple ». C’est également à cette réunion des responsables que fut présentée le nouveau chant écrit par la jeunesse Soka du monde entier, intitulé Voyage éternel avec notre maître (Le chant de notre serment). Inspirées de La Nouvelle Révolution humaine, les paroles expriment le vœu commun des disciples de perpétuer éternellement l’esprit de la révolution humaine et la détermination de leur maître, tels qu’ils sont décrits dans le roman. La tradition d’interpréter des chants de la Soka Gakkai a toujours fait partie de notre mouvement pour faire avancer kosen rufu, et le chapitre « Le courage » du volume 23 de La Nouvelle Révolution humaine offre une description détaillée du processus de rédaction du Chant de la révolution humaine, en 1976. Cette année-là marquait le vingtième anniversaire du rassemblement d’Osaka 1 – le point de départ de la lutte de Shin’ichi Yamamoto pour la justice et les droits humains – et il décida d’écrire un nouveau chant qui, non seulement, saisirait l’essence même de l’esprit et de la philosophie de la Soka Gakkai, mais raviverait également la flamme du courage dans le cœur des pratiquants. C’était un chant destiné à éveiller en eux « la combativité inébranlable permettant de surmonter toutes les formes d’adversité ». Ce chapitre décrit les efforts déployés par Shin’ichi pour trouver la meilleure manière de transmettre, à travers les paroles de la chanson, l’illumination de son maître en prison pendant la guerre. Il relut et corrigea sans cesse ces paroles pour exprimer au mieux ce moment d’éveil spirituel profond qui constitue le socle de la conviction de la Soka Gakkai, l’organisation qui avance en accord parfait avec le vœu du Bouddha. Ce processus aboutit à ces lignes dans le deuxième couplet : « Si nous sommes vraiment des bodhisattvas surgis de la Terre, alors nous avons une mission à accomplir en ce monde. » De même que le Chant de la Révolution humaine devint une force motrice puissante pour le mouvement de la révolution humaine, je suis convaincu que le nouveau département de la jeunesse suscitera également un grand élan vers la réalisation du kosen rufu mondial et motivera les jeunes pratiquants sur le chemin de leur progression. Retour sur les dix ans écoulés depuis le chapitre « Lutte audacieuse » Le chapitre « Lutte audacieuse » fut publié en feuilleton dans le journal Seikyo entre juin et août 2010, une année marquant le cinquantième anniversaire de la présidence de Daisaku Ikeda et le quatre-vingtième anniversaire de la fondation de la Soka Gakkai. Le premier épisode de ce chapitre parut dans le numéro du 3 juin, le jour même où se tint la réunion mensuelle des responsables. La veille de la réunion, le président Ikeda déclara que le temps était désormais venu pour les pratiquants de prendre l’entière responsabilité de la Soka Gakkai et que ce moment crucial déterminerait l’avenir de l’organisation. Il ajouta que, désormais, nous ne devrions plus attendre qu’il nous livre ses orientations. Puis, dans le message qu’il adressa à l’occasion de cette réunion et qui fut lu aux participants, il souligna : « Le temps est venu pour moi de mettre les dernières touches à mon travail afin de tout vous confier. […] Quand les disciples se dressent avec un engagement encore plus profond pour leur mission en réponse aux encouragements et orientations qu’ils ont reçus de leur maître, cela donne un élan neuf et dynamique à la progression et à la victoire, ouvrant la voie à un avenir éclatant. » Le premier épisode du chapitre « Lutte audacieuse » publié dans le journal ce matin-là débutait ainsi : « La société et l’époque sont en proie à des changements constants. La Soka Gakkai est entrée dans une nouvelle ère, avec de nouveaux centres bouddhiques et centres culturels, et un courant régulier de nouvelles personnes de valeur. » Plus loin, le chapitre décrit comment, en août 1976, Shin’ichi informe un jeune homme d’Osaka qu’il ne pourra malheureusement pas participer au festival culturel du Kansai : « Le temps est venu de se dresser pour mes disciples. […] J’espère que vous œuvrerez tous ensemble avec vigueur afin que votre festival se traduise par une explosion de joie encore plus intense que si j’étais moi-même présent. Si vous y parvenez, vous serez mes véritables disciples. Je veillerai sur vous. » Au cours de cette décennie, nous avons vu avec quelle intensité le président Ikeda œuvra pour achever les trente volumes de La Nouvelle Révolution humaine. La parution en feuilleton du volume 24 débuta le 1er octobre 2010, avec le chapitre « Ode aux mères », et l’ultime épisode du dernier volume fut publié le 8 septembre 2018. Dans la postface, il écrit : « Je souhaite sincèrement que les pratiquants de la Soka Gakkai fassent de l’achèvement de La Nouvelle Révolution humaine un nouveau point de départ plein de fraîcheur et se dressent, tels des “Shin’ichi Yamamoto”, pour œuvrer au bonheur des autres. Je prie pour que, grâce à leurs efforts inlassables et déterminés, ils créent l’histoire éclatante de leur propre révolution humaine. » On peut dire que les dix années écoulées depuis le chapitre « Lutte audacieuse » ont été une période où nous avons lutté pour révéler notre potentiel en tant que disciples qui encouragent les autres avec le même cœur que leur maître, au lieu de simplement attendre de recevoir ses encouragements. Nous devons maintenant affronter une époque de très grands et nombreux changements sociétaux. C’est précisément parce que nous sommes au cœur d’une époque si tumultueuse, que nous devons nous dépasser pour avancer tels des « Shin’ichi Yamamoto » et poursuivre, jour après jour, notre révolution humaine. Le début de l’éducation Soka Alors que nous commémorons le 18 novembre 1930, date de la publication du livre Soka Kyoikugaku taikei (Éducation pour une vie créatrice de valeurs), comme le jour de la fondation de la Soka Gakkai, le chapitre « L’avenir » précise que cette date marque également le lancement du système éducatif Soka. En 1976, l’éducation Soka connaît un développement dynamique avec l’établissement du jardin d’enfants Soka de Sapporo et du département d’enseignement à distance de l’université Soka. Ses activités couvraient donc désormais toute la scolarité sous des formes diverses, depuis la petite enfance jusqu’à la formation à distance. Dans le chapitre « La lumière du savoir », nous lisons que les présidents Makiguchi et Toda souhaitaient ardemment créer la possibilité pour tous d’étudier à distance. Les deux hommes avaient lancé des programmes pédagogiques par correspondance et, pourtant, M. Makiguchi, en raison de la récession qui suivit la guerre russo-japonaise, et M. Toda, à cause de la période de grave inflation après la Seconde Guerre mondiale, furent contraints de cesser leur activité. La formation au sein du département d’éducation à distance était donc un effort de la part de Shin’ichi pour faire de leurs rêves une réalité – la vision de M. Makiguchi d’une éducation qui contribue au bonheur des personnes ordinaires et le souhait de M. Toda d’une éducation accessible à tous. Pour avoir suivi des cours du soir en sciences politiques et en économie à l’école Taisei Gakuin (l’actuelle université Fuji de Tokyo) dans sa jeunesse, Shin’ichi était tout à fait conscient des difficultés des études à distance. Dans l’espoir que les étudiants, au sein de ce nouveau département, illumineraient leur vie et la société en poursuivant leurs études, il leur offrit cette devise pour les encourager : « La lumière du savoir ». En outre, en s’adressant aux étudiants de cours du soir qu’il considérait comme ses précieux successeurs, il déclara : « Fiers de marcher sur mes pas et de suivre ainsi la véritable voie de maître et disciple, ils devront lutter de toutes leurs forces, se polir et se perfectionner. » Cette année, en raison de la pandémie de Covid-19, le département de l’éducation à distance de l’université Soka a organisé pour la première fois toutes ses sessions d’été en ligne. Ces cours furent suivis par des étudiants de tout le Japon et de dix-huit pays et territoires dans le monde, ce qui marqua une nouvelle page dans l’histoire de leur département. Alors que nous célébrons le 90e anniversaire de la publication d’Éducation pour une vie créatrice de valeurs, la grande lumière de l’éducation Soka rayonne maintenant avec force dans le monde entier. Passages clés du volume 23 « De nouveaux défis ne manquent jamais d’apparaître. Aujourd’hui ne ressemble jamais à hier. C’est la raison pour laquelle la passion, le courage et l’action de nous élever au-dessus des défis sont si essentiels. Les efforts inlassables pour résoudre nos difficultés en progressant au gré de nos efforts et de nos erreurs pour trouver la meilleure manière d’agir se transforment en fin de compte en précieuses expériences. » Chapitre « L’avenir » « La vie est en soi un processus d’apprentissage, et apprendre tout au long de sa vie est la voie qui permet de mener une vie pleinement humaine. » Chapitre « La lumière du savoir » « Quelles sont les qualités nécessaires essentielles pour devenir une personne de valeur au XXIe siècle ? Un esprit soigneusement poli, un courage et une humanité renforcés par l’adversité. » Chapitre « Le courage » « Ceux qui font les plus grands efforts parviennent au plus grand développement. Ceux qui portent le karma le plus difficile ont la plus noble mission. » Chapitre « Le courage » « Les membres du département des hommes sont forts. Ce sont des piliers en or au sein de leur famille, de la société et de la Soka Gakkai. Et les efforts qu’ils accomplissent constituent un facteur décisif dans la lutte pour la victoire de kosen rufu. » Chapitre « Lutte audacieuse » Résumé des chapitres du volume 23 de La Nouvelle Révolution humaine « L’avenir » Le jardin d’enfants Soka de Sapporo ouvre le 16 avril 1976 dans le Hokkaido, lieu avec lequel les présidents Makiguchi et Toda entretenaient des liens. « La lumière du savoir » Le département de l’éducation par correspondance est créé à l’université Soka. Shin’ichi rencontre les étudiants pour les encourager. « Le courage » Le groupe Hisho-kai (le groupe des étudiants en cours du soir) progresse à grands pas. Le Chant de la révolution humaine est interprété pour la première fois. « Lutte audacieuse » Shin’ichi participe aux séminaires et aux cours d’été afin d’encourager les pratiquants du département de la jeunesse.

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La foi est une boussole qui nous permet de mener une vie victorieuse – poursuivons avec courage et joie notre voyage au long cours vers le bonheur

J’ai rencontré pour la première fois Josei Toda en août 1947. À cette réunion de discussion décisive scellant le début de notre relation en tant que maître et disciple, il commenta le traité de Nichiren intitulé Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays (Écrits, 6-32). J’avais tout juste 19 ans. Quand je lui ai posé la question, « Quelle est la meilleure manière de vivre ? », il répondit sans hésiter que le bouddhisme de Nichiren permet à chacun de surmonter les souffrances fondamentales de la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort, afin de mener la meilleure vie possible. C’était seulement deux ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Tout le monde luttait pour survivre au jour le jour. Je me souviens avoir lu un article de journal citant une étude concluant que 90 pour cent des familles luttaient pour joindre les deux bouts du fait de leurs revenus modestes. En cette période de chaos indescriptible, M. Toda se lança, seul, dans la lutte immense de kosen rufu pour dissiper l’obscurité de la souffrance dans laquelle était plongée l’humanité. Le bouddhisme insuffle l’espoir nécessaire pour traverser les périodes de tourments J’ai gardé un document que je chéris précieusement – il s’agit d’un certificat de formation que M. Toda m’avait remis à la fin d’une de ses séries de cours d’étude. Je me souviens très clairement de son regard affectueux et de sa voix pleine d’assurance quand il me le remit. Je l’ai accepté avec une fierté et une gratitude immenses, car il symbolisait les leçons de mon maître sur le bouddhisme de Nichiren, la philosophie la plus profonde qui soit pour réaliser la paix mondiale et parvenir au bonheur éternel. Nichiren écrit : « Si la Loi à laquelle on adhère est suprême, alors la personne qui la pratique doit être, elle aussi, la plus grande de toutes. » (Questions et réponses sur la foi dans le Sûtra du Lotus, Écrits, 62) Quelles croyances et philosophies guident nos actions ? Si nous ne nous ancrons pas dans de solides principes de vie, nous pouvons être rapidement emportés par les courants tumultueux de la vie et de la société. La personne qui garde une philosophie en harmonie avec la Loi régissant l’univers sera « la plus grande de toutes », affirme Nichiren, et elle pourra enrichir son existence de victoires sans pareil. La joie d’étudier la philosophie de la vie suprême Cet automne, l’activité très attendue d’entrée au département d’étude se déroulera à travers tout le Japon [le 6 novembre 2022]. Celles et ceux d’entre vous qui préparent cette activité découvrent peut-être de nombreuses nouvelles expressions bouddhiques, comme la transformation du karma, l’allègement de la rétribution karmique 1 et le choix délibéré du karma qui convient 2. Le bouddhisme de Nichiren est la philosophie de la vie suprême, la lumière de la sagesse illuminant les époques difficiles et troublées. Plus vous l’étudiez, plus vous ouvrez la porte à une vie de bonheur et de victoire. L’étude bouddhique élargit et enrichit notre état de vie intérieur. Les écrits de Nichiren sont une source d’inspiration et de courage. Ils nous éveillent à la dignité absolue de notre vie et nous permettent de surmonter tout type d’adversité. L’étude bouddhique est une force motrice pour établir une sagesse solidement ancrée et pour créer des valeurs en toute liberté. Étudier les principes de vie suprêmes insuffle de la joie et ne manque pas de nous toucher profondément. Ceux qui les étudient et les enseignent deviennent des experts en philosophie humaniste et donnent à leur vie digne et victorieuse tout son éclat. M. Toda encourageait souvent les pratiquants en décrivant ceux qui adoptent le bouddhisme de Nichiren comme des champions de la foi et de la vie. Étudions le bouddhisme, notre boussole dans l’existence, de manière informelle et ouverte, comme si nous conversions à l’ombre d’un arbre, en bénéficiant de la fraîcheur agréable d’une légère brise. Commençons par un extrait de l’écrit Un bateau pour traverser l’océan des souffrances (Écrits, 33-34). « Celui qui écoute ne serait-ce qu’une phrase de ce sûtra et la grave au fond de son cœur est comme un bateau traversant l’océan des naissances et des morts. Le Grand Maître Miaole 3 déclara : “Même une seule phrase profondément gravée dans notre cœur nous aidera immanquablement à atteindre l’autre rive [qu’est l’illumination]4. Méditer sur une phrase et la mettre en pratique revient à naviguer.”5 Seul le bateau de Myoho-renge-kyo 6 nous permet de traverser l’océan des naissances et des morts. » Un bateau pour traverser l’océan des souffrances, Écrits, 34 Une foi résolue pour surmonter les obstacles Il n’est pas exagéré de dire que la vie est une série d’épreuves. À une époque comme la nôtre, marquée par des crises sans fin, de nombreuses personnes sont confrontées à des défis qui semblent échapper à leur contrôle. Dans Un bateau pour traverser l’océan des souffrances, Nichiren explique quel type de foi nous permet d’avancer avec espoir et avec un état de vie large vers la victoire, même quand la vie nous malmène en nous confrontant à des épreuves qui paraissent sans fin. Il commence par faire l’éloge du destinataire de sa lettre, Shiiji Shiro, pour l’exactitude du compte rendu qu’il lui a adressé 7. Il poursuit en soulignant l’importance d’avoir une foi résolue pour surmonter les obstacles. Il décrit l’esprit d’un pratiquant authentique ainsi : « Plus les persécutions qui s’abattront sur lui seront grandes, plus il ressentira de joie grâce à la force de sa foi. […] De même, sans épreuves, il n’y aurait pas de pratiquant du Sûtra du Lotus. » (Écrits, 33) Il encourage également Shiro à lutter en prenant conscience du « profond lien karmique formé dans le passé [qui lui permet d’enseigner aux autres ne serait-ce qu’une seule phrase du Sûtra du Lotus] » afin d’accomplir sa noble mission d’« envoyé de l’Ainsi-Venu. » (Écrits, 33) Le passage que nous étudions dans cet épisode suit immédiatement ces lignes. Nichiren nous encourage à croire que ceux qui gardent la Loi merveilleuse peuvent triompher de toutes les épreuves et atteindre à coup sûr l’illumination. Les inévitables souffrances liées à la naissance et à la mort Personne ne peut échapper aux quatre souffrances de la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort. Le bouddhisme considère la naissance et la mort comme les souffrances majeures. Du vivant de Nichiren, les catastrophes naturelles, la famine, les épidémies et la guerre affectaient le Japon. Totalement démunie, la population errait à la dérive sur un océan de souffrances. Comme l’écrivit Nichiren dans son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays (Écrits, 6-32) : « On aurait du mal à trouver une seule personne épargnée par le malheur » (Écrits, 7). Puis il ajouta : « Seul, j’ai souvent réfléchi à cela, le cœur indigné. » (Écrits, 8) Dans le passage que nous étudions, Nichiren désigne les souffrances incessantes de la vie en ce monde comme l’« océan des souffrances des naissances et des morts » (Écrits, 34). C’est un océan qui s’étend à perte de vue, sombre et insondable, avec des vagues furieuses. Jour après jour, réciter Daimoku pour soi et pour les autres Comment pouvons-nous traverser cet océan si vaste et agité pour atteindre la rive de l’illumination ? Citant les Annotations sur le Commentaire textuel du Sûtra du Lotus du Grand Maître Miaole, Nichiren explique que nous atteindrons à coup sûr cette « rive lointaine 8 » en écoutant et en gardant dans notre vie « ne serait-ce qu’une seule phrase du Sûtra du Lotus » (Écrits, 34). Ici, « une seule phrase » désigne Myoho-renge-kyo [ou Nam-myoho-renge-kyo], la Loi fondamentale grâce à laquelle tous les bouddhas atteignent l’illumination. « Profondément gravée dans notre cœur » (Écrits, 33) signifie continuer, jour après jour, à réciter Nam-myoho-renge-kyo et enseigner aux autres à faire de même. Tout comme la couleur d’un tissu devient plus éclatante à chaque fois qu’il est trempé dans la teinture d’indigo, la pratique répétée de la récitation de Nam-myoho-renge-kyo imprègne la bouddhéité dans notre vie, comme l’illustre la métaphore « plus bleu que l’indigo 9 ». Lorsque nous nous consacrons aux principes fondamentaux de la foi, de la pratique et de l’étude, le Sûtra du Lotus imprègne notre vie et l’enrichit. M. Toda disait : « Parlez sans hésiter aux autres de ce que vous avez appris du bouddhisme de Nichiren. Ainsi, [les enseignements du bouddhisme] feront en définitive partie de votre vie. » En pratiquant notre foi avec la constance de l’eau qui coule, nous pouvons traverser l’océan des souffrances des naissances et des morts, et manifester la bouddhéité, quel que soit notre statut social ou notre situation. Nous devenons ainsi des vainqueurs dans la vie, que rien ne peut ébranler, tout en continuant courageusement à nous entraîner dans la foi. Shakyamuni tient la barre du bateau de Nam-myoho-renge-kyo Nichiren écrit : « Seul le bateau de Myoho-renge-kyo nous permet de traverser l’océan des naissances et des morts. » (Écrits, 34) Pourquoi est-ce nécessairement « le bateau de Myoho-renge-kyo » ? Et comment décrire ce bateau ? Dans la seconde partie de cette lettre, Nichiren emploie une métaphore pour faire ressentir à Shiiji Shiro la splendeur de ce bateau et l’encourager à lutter avec une foi forte. Tout d’abord, il explique que c’est le bateau mentionné dans le chapitre « Les actes antérieurs du bodhisattva Roi-de-la-Médecine » (23e) du Sûtra du Lotus, dans lequel le fait de ­rencontrer le Sûtra est comparé à « une personne trouvant un bateau pour traverser les mers 10» (cf. SdL-XXIII, 272). Ce bateau, écrit Nichiren, a été construit par Shakyamuni qui s’est appuyé sur sa sagesse infiniment profonde. Il le façonne en utilisant le « bois » des sûtras enseignés avant le Sûtra du Lotus, élimine les parties inutiles pour lui donner sa forme et utilise les « pointes », ou les « clous », de l’enseignement où il révéla la vérité de son illumination pour réaliser l’assemblage final (cf. Écrits, 34)11. En d’autres termes, le « bateau de Myoho-renge-kyo » est l’enseignement véritable que Shakyamuni désire transmettre. Ensuite, Nichiren écrit que ce bateau, construit selon les souhaits de Shakyamuni, s’élance sur l’océan des souffrances des naissances et des morts. Son mât est la Voie du Milieu 12, et ses voiles les « trois mille mondes en un instant de vie 13 » – ­l’enseignement de l’espoir et de la transformation qui ouvre la voie de l’illumination à tous les êtres humains. Poussé par le vent de la « réalité ultime de tous les phénomènes 14 », le bateau du Bouddha va de l’avant, en transportant tous les êtres vivants qui ont foi dans la Loi merveilleuse. Mais ce n’est pas tout. Shakyamuni est lui-même à la barre, le bouddha Maints-Trésors largue les amarres et le bodhisattva Pratiques-Supérieures et les trois autres guides des bodhisattvas surgis de la Terre 15  actionnent les avirons en parfaite harmonie (cf. Écrits, 34)16. Voilà ce qu’est le « bateau de Myoho-renge-kyo ». Comme un voilier en mer, ceux qui gardent la Loi merveilleuse peuvent tirer profit de la force des nombreuses tempêtes des aléas de la vie pour aller de l’avant. Quels que soient les courants puissants contre lesquels ils luttent, les innombrables bouddhas et bodhisattvas œuvrent ensemble pour maintenir le bateau sur la voie correcte de la bouddhéité. Libérer tous les êtres humains de la souffrance Un jour, M. Toda indiqua quatre critères pour discerner en quoi une philosophie religieuse est véritablement bénéfique pour ­l’humanité. Cette dernière doit notamment aider à (1) se libérer de la souffrance, (2) goûter un bonheur authentique, (3) purifier véritablement sa vie, et (4) s’éveiller à la véritable nature éternelle de cette vie 17. Le « bateau de Myoho-renge-kyo » est le grand vaisseau pour libérer tous les êtres de la souffrance. Qui peut monter à bord ? Nichiren déclare avec une conviction absolue que ce sont « les disciples, moines et laïcs de Nichiren. » (Écrits, 34) Il promet sans ambiguïté que nous, qui gardons le Gohonzon [Nam-myoho-renge-kyo], atteindrons à coup sûr l’autre rive, celle du bonheur et de l’épanouissement. C’est vraiment merveilleux ! Une première dans l’histoire du bouddhisme La Soka Gakkai est l’organisation qui propage la Loi merveilleuse à travers le monde en accord avec le vœu du Bouddha. Ses membres accomplissent de leur plein gré la noble mission des bodhisattvas surgis de la Terre. Tout en s’attaquant directement aux problèmes existentiels posés par la vie et la mort, ils tracent une voie sur l’océan obscur grâce à la lumière de leur courage et de leur sagesse. Ils vont sereinement de l’avant dans le grand voyage du développement, de la joie et des accomplissements communs. Aujourd’hui, ces personnes ordinaires éveillées ont propagé ce grand mouvement philosophique dans 192 pays et territoires. Dans une interview récente, Nur Yalman, professeur d’anthropologie sociale et d’études du Moyen-Orient à l’université Harvard, fit la remarque suivante : « Une des principales contributions de la Soka Gakkai est de montrer comment chacun peut véritablement s’améliorer et contribuer à l’amélioration de la société et de son entourage en agissant avec gentillesse, douceur et bonté. » Il déclara également que la Soka Gakkai a tiré de la philosophie bouddhique son message humaniste et l’a rendu accessible au monde entier. Il exprima les espoirs qu’il plaçait dans notre mouvement, et ajouta : « C’est la première fois dans l’histoire du bouddhisme que le message humaniste du bouddhisme est élevé au rang de message universel 18. » « J’ai déjà rapporté cela à Brahma, Shakra, aux divinités du soleil et de la lune, et aux autres divinités protectrices. Elles ne manqueront jamais à leur devoir. Considérez votre situation comme le dessein des cieux. Avec mon profond respect, Nichiren » GZ, nouvelle édition, 1936 ; Lettre à Hoki et à d’autres 19 Prier pour une protection absolue Étudions à présent un passage de la Lettre à Hoki et à d’autres, qui apparaît pour la première fois dans la nouvelle édition japonaise du Nichiren Daishonin gosho zenshu (Œuvres complètes de Nichiren Daishonin) [publiée en novembre 2021]. Seules quelques lignes à la fin de la lettre sont parvenues jusqu’à nous, mais la date et le destinataire apparaissent clairement : « Le vingt-sixième jour du neuvième mois [26 septembre] / À Hoki et à d’autres. » Hoki, ou Hoki-bo, est Nikko Shonin [le disciple direct de Nichiren qui deviendra ensuite son successeur]. Figure également sur la lettre l’année, 1279, écrite de la main de Nikko. Étant donné la date et les destinataires de la lettre, il est probable que les prières adressées par Nichiren aux divinités protectrices concernent la persécution d’Atsuhara 20 ou d’autres problèmes qui lui sont liés. S’inquiétant du succès croissant des enseignements de Nichiren, les écoles religieuses officielles unirent leurs forces aux autorités politiques pour persécuter ses disciples, ce qu’elles firent avec une intensité particulière à Atsuhara. Nichiren enseigna alors à ses disciples, résolus à sortir vainqueurs de cette crise sans précédent, l’importance de développer la détermination d’un pratiquant du Sûtra du Lotus. Ses mots « J’ai déjà rapporté cela à Brahma, Shakra, aux divinités du soleil et de la lune, et aux autres divinités protectrices », reflètent son esprit de prier pour que les fonctions protectrices de l’univers protègent absolument ses disciples. Ici, « rapporté » implique le fait que ses prières sont empreintes de sa puissante détermination à inciter ces divinités à agir et de sa conviction inébranlable qu’elles apporteront à coup sûr leur protection. La phrase suivante, « Elles ne manqueraient jamais à leur devoir », souligne à nouveau la certitude de Nichiren quant à la protection de ces divinités célestes. Les fonctions positives et négatives sont inhérentes à notre vie Il est important de prendre conscience que les forces positives et négatives de la vie – les forces protectrices et les fonctions destructrices – existent toutes en nous. Elles sont comme les deux faces d’une même pièce. Nichiren écrit : « La nature fondamentale de l’illumination 21 se manifeste sous la forme de Brahma et de Shakra [les divinités protectrices du bouddhisme] alors que l’obscurité fondamentale [ou ignorance 22] se manifeste sous la forme du roi-démon du sixième ciel 23. » (Le traitement de la maladie, Écrits, 1120) Quand nous ne croyons pas dans la bouddhéité inhérente à notre vie et à celle des autres, notre existence est assombrie par l’ignorance fondamentale. Notre environnement agit alors en tant qu’influence négative ou destructrice, que seul « le sabre tranchant » de la foi peut briser. Quand nous avons une foi solide dans la Loi merveilleuse et consacrons notre vie à kosen rufu – le grand vœu du maître et du disciple –, notre vie manifeste l’état de bouddha à chaque instant et toutes les personnes autour de nous agissent en tant que fonctions protectrices. Nous sommes constamment protégés. Cela s’oppose au principe « le Bouddha pénètre notre corps » [qui a pour principe contraire « les esprits maléfiques pénètrent notre corps »] et au concept selon lequel « lorsque la nature de bouddha jaillit de l’intérieur, cela entraîne une protection de l’extérieur 24. » (cf. Les trois sortes de trésors, Écrits, 856) La force de notre foi détermine en fin de compte la force avec laquelle les fonctions protectrices se manifestent. C’est ce qui rend si essentiel d’identifier les fonctions démoniaques pour ce qu’elles sont et de les vaincre, en faisant apparaître les fonctions protectrices grâce à des Daimoku résolus. M. Toda expliqua ce principe en termes accessibles : « Notre force vitale est la source de notre épanouissement et d’une vie heureuse. […] Si votre force vitale ne vous permet que de gérer vos difficultés familiales, par exemple, vous connaîtrez l’harmonie dans ce domaine, mais votre énergie vitale ne sera pas assez puissante pour faire face aux difficultés auxquelles sont confrontés votre quartier ou votre environnement. Et même si vous parvenez à surmonter ces difficultés, vous serez démunis si vous n’avez pas la force vitale nécessaire pour affronter des tourments aussi importants que les souffrances liées à la naissance, la maladie, la vieillesse et la mort. Cela vous rendra alors malheureux 25. » M. Toda conclut que ce n’est qu’en faisant jaillir une force vitale aussi vaste que l’univers lui-même que nous pouvons interagir librement avec tous les phénomènes de l’univers et avancer avec confiance dans la vie 26. Le bonheur consiste à accueillir avec un esprit calme et une puissante énergie vitale les difficultés, l’adversité et le karma, et à les surmonter victorieusement – en les utilisant comme combustible pour notre développement, comme tremplins pour notre révolution humaine, et comme opportunités pour transformer notre karma. C’est ainsi que nous pourrons goûter une vie rayonnante, dynamique et véritablement épanouie. La foi pour la victoire absolue « Considérez votre situation comme le dessein des cieux. » (GZ, nouvelle éd., 1936) – nous devrions graver ces mots dans notre cœur. Dans d’autres écrits, Nichiren nous enseigne que même quand les événements ne se déroulent pas comme nous l’aurions espéré, nous devrions les considérer comme « le dessein des cieux » (WND-II, 950), « l’œuvre des dix filles rakshasa [les divinités protectrices du bouddhisme]27 » (Mise en garde contre l’attachement à son fief, Écrits, 832), ou « l’œuvre du bouddha Shakyamuni » (Écrits, 824). Quand les affaires de M. Toda étaient au bord de la faillite, lui et moi considérions cela comme « le dessein des cieux » et nous avons avancé sans craindre les vents cinglants de l’adversité. Les divinités célestes nous protègent à coup sûr. Par conséquent, même si les résultats actuels ne sont pas ceux que nous espérions, nous remporterons en définitive la victoire et nous pourrons penser ensuite à ces événements avec reconnaissance, en prenant conscience que nous avons été protégés et que tout ce qui nous est arrivé revêtait un sens profond. C’est la raison pour laquelle il est important d’avancer en toute confiance, sans hésiter (cf. Sur l’ouverture des yeux, Écrits, 287), et de suivre le conseil de Nichiren « de ne pas douter simplement parce que le ciel ne nous accorde pas sa protection » (cf. Écrits, 287). En nous ancrant fermement dans « la foi pour la victoire absolue 28 », « nous atteindrons naturellement la bouddhéité » (Écrits, 287). Aussi pénibles que soient les conditions que nous devons affronter, en récitant Nam-myoho-renge-kyo pour faire surgir une abondante force vitale, nous pouvons créer le moment ou l’opportunité appropriés, développer notre réseau de soutien et d’amitié, et aller victorieusement de l’avant. L’être humain n’est pas prisonnier de son destin. Chacun de nous possède intrinsèquement l’état de bouddha. Doté du pouvoir et du potentiel du vaste univers, cet état peut changer les quatre souffrances de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort en quatre vertus de l’éternité, du bonheur, du véritable soi et de la pureté 29. Nous possédons, à l’état latent, le pouvoir incommensurable des bodhisattvas surgis de la Terre. Le vœu de Nichiren est aussi puissant que le rugissement d’un lion Dans le traité Sur l’ouverture des yeux (Écrits, 220-300), Nichiren déclare : « Je serai le pilier du Japon ! Je serai les yeux du Japon ! Je serai le grand vaisseau du Japon ! Tel est mon vœu et je n’y renoncerai jamais ! » (Écrits, 284) Commentant ces mots, M. Toda déclara : « D’où vient la misère ? Quelles sont les nouvelles personnes qui vont en souffrir ? Regardez autour de vous et dites-moi combien de nos concitoyens se préoccupent du bien-être de notre pays et de sa population ? Soit rien de tout cela n’existe, ou alors le pays est peuplé de personnes égoïstes ! Pour ma part, comme cette situation me tourmente, je ne peux manquer de m’exprimer en m’appuyant sur le vœu de Nichiren 30, aussi puissant que le rugissement d’un lion. » Le pilier de l’espoir, les yeux de l’esprit et le grand vaisseau de l’humanisme En perpétuant à notre époque la vaste transmission du bouddhisme de Nichiren, la Soka Gakkai représente pour la société le pilier de l’espoir, les yeux de l’esprit illuminant le monde, et le grand vaisseau élevant l’état de vie de l’humanité. Dressons-nous et avançons vers une nouvelle ère éclairée par les sourires rayonnants de tous ! Hissons les voiles du mouvement Soka et avançons avec courage et joie sur cette voie qui mène infailliblement au bonheur ! Luttons joyeusement ensemble de toutes nos forces, jour après jour, mois après mois, dans « les deux voies de la pratique et de l’étude » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 390) !

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Déclaration sur le Sommet de Hiroshima, la crise ukrainienne et le non-emploi en premier de l’arme nucléaire

Outre les dévastations qu’elle a infligées au peuple ukrainien, la crise ukrainienne a eu de graves répercussions à l’échelle mondiale, jusqu’à faire surgir le spectre d’un recours à l’arme nucléaire. Elle est désormais entrée dans sa seconde année. C’est dans ce contexte, et sur fond d’appels urgents en faveur d’un dénouement, que se tiendra à Hiroshima, au Japon, le sommet du G7 des pays industrialisés, du 19 au 21 mai. La tenue de ce sommet rappelle la détermination exprimée par le Dr Bernard Lown, cofondateur de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW). En mars 1989, alors que le monde progressait rapidement vers la fin de la guerre froide, le Dr Lown s’est rendu au Japon et a visité Hiroshima. Lorsque nous nous sommes rencontrés à Tokyo, il a évoqué l’engagement qui le poussait à déployer tant d’efforts en faveur de la paix tout en poursuivant ses travaux en cardiologie, aux États-Unis. Le Dr Lown a expliqué que, en tant que médecin, il était mû par le désir de sauver les gens d’une mort tragique et que ce sentiment s’était transformé, au fil du temps, en une détermination à abolir les armes nucléaires, qui peuvent causer la disparition totale de ­l’humanité. Cette détermination fondamentale était partagée par son collègue spécialiste des maladies cardiovasculaires, le Dr Evgueni Chazov, et tous deux s’associèrent, en transcendant le clivage de la guerre froide, pour fonder l’IPPNW. Les échanges qui conduisirent à ce nouveau mouvement eurent lieu en décembre 1980, plus de cinq ans avant le communiqué commun, publié en novembre 1985 à Genève par le président américain Ronald Reagan et le secrétaire général de l’Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev, qui contenait la célèbre déclaration selon laquelle « une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée 1 ». L’année suivante, en juin 1986, MM. Lown et Chazov se rendirent à Hiroshima, où ils rencontrèrent des victimes du bombardement de 1945, hospitalisées en raison des séquelles qu’ils avaient gardées de cette tragédie. Le lendemain, ils donnèrent une conférence commune lors d’un symposium intitulé « Vivons ensemble, ne mourons pas ensemble – Que devons-nous faire pour prévenir une guerre nucléaire ? » Ces mots me semblent exprimer de façon concise le ressenti immédiat de médecins qui se consacrent corps et âme à protéger la vie d’autrui. Ils font également écho à la détermination des survivants des bombardements de Hiroshima et Nagasaki à veiller à ce que plus personne sur cette planète n’ait à subir les terribles conséquences des armes nucléaires. Ces dernières années, alors que la pandémie de Covid-19 faisait rage et que les pays paraissaient se replier sur eux-mêmes, le ­fondement sur lequel a reposé la coopération internationale en faveur de la santé publique était l’esprit de solidarité incarné dans ces mots : « Vivons ensemble, ne mourons pas ensemble. » Je recommande vivement que ce sommet de Hiroshima s’inspire de cet esprit et que des efforts y soient déployés pour trouver une voie de règlement de la crise ukrainienne, qui a eu des effets dévastateurs sur la vie de tant de personnes, et pour parvenir à un accord clair sur la prévention de l’emploi ou de la menace d’emploi de l’arme nucléaire. Si la crise des missiles cubains avait glacé de terreur le monde durant treize jours, en octobre 1962, la crise ukrainienne connaît aujourd’hui une escalade incessante, comme en témoignent le projet russe de stationner des armes nucléaires en Biélorussie, les attaques à proximité de centrales nucléaires et l’interruption de leur alimentation en électricité. Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, a décrit chaque coupure de courant pour une centrale nucléaire comme un coup de dés. « Si nous laissons cette situation perdurer, un jour la chance va tourner 2 », a-t-il déclaré. Le risque de catastrophe découlant de la trajectoire actuelle ne saurait en effet être exclu. En février de cette année, à l’occasion du premier anniversaire de cette crise, s’est tenue une session extraordinaire d’urgence de l’Assemblée générale des Nations unies, qui a adopté une résolution appelant à l’instauration rapide de la paix en Ukraine et exprimé sa profonde inquiétude quant aux conséquences dévastatrices de la guerre sur de multiples enjeux mondiaux tels que la sécurité alimentaire ou l’énergie. Un paragraphe de cette résolution appelait à « la cessation immédiate des attaques contre les infrastructures critiques de l’Ukraine et de toute attaque délibérée contre des biens civils, notamment des résidences, des établissements scolaires et des hôpitaux 3 ». Cet appel doit être respecté afin d’épargner de nouvelles souffrances aux populations civiles. Après cette première étape essentielle, toutes les parties intéressées doivent se réunir afin de créer un espace de dialogue en vue d’un arrêt total des hostilités. À cet égard, je souhaiterais proposer qu’à mesure que les négociations progresseront grâce aux efforts de coopération des pays concernés, ces derniers soient rejoints en qualité d’observateurs par des représentants de la société civile, notamment des médecins et des éducateurs, œuvrant dans des établissements scolaires et des hôpitaux à protéger et préserver la vie et l’avenir de leurs semblables. Le Pr Lown a un jour décrit les activités de l’IPPNW en ces termes : Les médecins possèdent le type de formation et d’expérience leur permettant de résister à la dangereuse tendance consistant à enfermer nos congénères dans des stéréotypes. Par ailleurs, ils sont formés pour trouver des solutions pratiques à des problèmes qui pourraient paraître à première vue insolubles. Il a également appelé l’humanité à s’employer, par-delà les différences nationales, à trouver un chemin vers la paix, qualifiant cette démarche de « remède d’espoir 4 ». À mon sens, les qualités décrites par le Pr Lown, que l’on perçoit chez les médecins ayant joué un rôle majeur pour promouvoir une dynamique en faveur de la cessation de la guerre froide, sont justement celles qui doivent être déployées pour réaliser des progrès décisifs dans la crise actuelle. En mars, les dirigeants de la Russie et de la Chine ont publié, à l’issue de leur rencontre au sommet, une déclaration commune indiquant notamment : « Les deux parties appellent à un arrêt de toute initiative entraînant des tensions et une prolongation des combats afin d’éviter que la crise ne s’aggrave, voire ne devienne incontrôlable 5. » Cela est conforme à l’esprit de la résolution adoptée par la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies. Le sommet de Hiroshima devrait proposer un « remède d’espoir » en œuvrant à une cessation des attaques contre des biens à caractère civil, et élaborer des plans concrets en vue de négociations débouchant sur un arrêt des hostilités. Parallèlement à une action en vue d’un rapide règlement de la crise ukrainienne, j’invite instamment le G7 à s’engager, lors du sommet de Hiroshima, à prendre l’initiative de discussions portant sur des engagements de non-emploi en premier de l’arme nucléaire. La crise actuelle est sans précédent, du point de vue de la persistance ininterrompue de la menace de recours et de la crainte d’un recours effectif à l’arme nucléaire. Ces dernières années ont été marquées par l’expiration du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) ainsi que le retrait des États-Unis et de la Russie du traité Ciel Ouvert, qui visaient à renforcer la confiance entre les États participants. Les tensions ayant été exacerbées par la crise ukrainienne, en février, la Russie a annoncé la suspension de sa participation au traité New START (traité sur la réduction des armes stratégiques) et les États-Unis ont mis fin au partage de données sur les forces nucléaires avec la Russie. Si le traité New START devait expirer, cela risquerait de se traduire par une disparition complète des cadres destinés à assurer la transparence et la prévisibilité en ce qui concerne les arsenaux nucléaires des deux pays, à commencer par le traité sur les systèmes antimissiles balistiques (ABM) et des pourparlers sur la limitation des armes stratégiques (SALT I), qui datent de 1972. Depuis les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, les hibakusha de ces deux villes, de concert avec le mouvement plus large de la société civile, mettent l’accent sur le caractère inhumain des armes nucléaires ; des États non dotés de ces armes mènent une action diplomatique soutenue et les États qui en détiennent font preuve de retenue. Grâce à cela, le monde a réussi à maintenir un record de soixante-dix-sept ans en matière de non-emploi de l’arme nucléaire. Si l’opinion publique internationale et le tabou à l’encontre du recours à l’arme nucléaire ne devaient plus assurer cette fonction de frein, la politique de dissuasion nucléaire, par laquelle un État estime que les armes nucléaires constituent le fondement de sa sécurité tout en considérant qu’elles constituent un péril lorsqu’elles sont détenues par d’autres pays, contraindra l’humanité à se tenir au bord d’une falaise abrupte, sans jamais savoir quand celle-ci pourrait céder. C’est sur cette base qu’en janvier 2022, un mois avant le déclenchement de la crise ukrainienne, j’ai recommandé instamment que lorsque le Japon accueillerait le sommet du G7, en 2023, une réunion de haut niveau sur la réduction du rôle des armes nucléaires soit organisée, afin de créer des conditions propices à la consécration du principe de non-emploi généralisé. Le choix, selon moi, se situait entre laisser expirer le New START, dernière mesure résiduelle adoptée en réponse aux engagements pris au titre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) – ce qui pérenniserait l’expansion des arsenaux nucléaires ainsi que la menace de recours – ou bien concrétiser le poids historique de plus de soixante-dix-sept ans de non-emploi de l’arme nucléaire dans un engagement mutuel de non-recours en premier entre États détenteurs d’armes nucléaires, ce qui deviendrait le fondement des actions en vue de restaurer le régime du TNP sur une assise nouvelle plus solide. Depuis le début de la crise ukrainienne, j’ai rédigé deux déclarations publiques 6. J’ai cité dans chacune d’elles la déclaration ­commune des cinq États dotés d’armes nucléaires (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie), publiée en janvier 2022, qui réitérait le principe selon lequel « une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit pas être menée » et je demandais que cette déclaration serve de base pour réduire le risque d’emploi de l’arme nucléaire. Il convient en outre de noter la prise de conscience commune exprimée dans la déclaration du groupe du G20 en Indonésie, en novembre dernier, où il était dit : « L’emploi d’armes nucléaires ou la menace de leur emploi est inacceptable 7. » Le G20 compte parmi ses membres les cinq États dotés d’armes nucléaires précédemment cités ainsi que l’Inde, qui en possède également. L’Allemagne, l’Italie, le Canada, le Japon, l’Australie et la Corée du Sud, dont les politiques de sécurité dépendent toutes de ces armes, font aussi partie du G20. Il est profondément significatif que ces pays aient reconnu officiellement ensemble que le recours ou la menace de recours aux armes nucléaires serait « inacceptable », ce qui correspond à l’esprit animant le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), entré en vigueur en 2021. La déclaration des dirigeants du G20 soulignait également que « notre époque ne doit pas être une époque de guerre 8 ». Il est essentiel que ces deux messages soient communiqués avec force au monde entier depuis Hiroshima. En cette période où les dirigeants du G7 réexaminent les effets concrets de l’explosion d’une arme nucléaire ainsi que les amers enseignements de l’ère atomique, je les engage vivement à commencer à réfléchir sérieusement à des engagements en matière de non-emploi en premier, de sorte que leur reconnaissance commune du caractère inacceptable des armes nucléaires se traduise concrètement par un changement de politique. La mise en place du G7 remonte au sommet de Rambouillet, qui s’est tenu près de Paris en 1975, au cœur de la guerre froide, et auquel participaient les dirigeants de six pays. La Soka Gakkai internationale (SGI) a également été créée en 1975. Ayant gravé dans mon cœur l’appel à l’abolition des armes nucléaires dans lequel le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, avait transmis, dix-huit ans auparavant, ses instructions finales à ses successeurs, je me suis rendu, en cette année 1975, dans les cinq États dotés d’armes nucléaires afin d’y nouer un dialogue sur les voies menant à la paix mondiale avec des dirigeants et intellectuels éminents. À la suite de mes voyages dans ces pays, le 9 novembre, j’ai prononcé à Hiroshima un discours où j’ai souligné la nécessité absolue que les États dotés d’armes nucléaires émettent des déclarations de non-emploi en premier et offrent des garanties de sécurité, en prenant l’engagement de ne jamais utiliser d’armes nucléaires contre des États qui n’en possèdent pas. De telles mesures constituaient selon moi une question hautement prioritaire pour parvenir à l’abolition des armes nucléaires. Le prochain sommet des six principaux pays, en France, était alors très présent dans mon esprit et j’ai aussi plaidé, en cette occasion, pour l’organisation d’une conférence internationale de la paix à Hiroshima, ce qui m’apparut comme une première mesure allant dans le bon sens. J’ai précisé alors que le raisonnement qui sous-tendait cette proposition se fondait sur ma ferme conviction que les réunions à haut niveau, où les intérêts des seuls pays concernés ainsi que leur sécurité nationale sont considérés comme des priorités, n’ont aucun sens. Ces réunions doivent changer d’orientation et servir à discuter du chemin menant à l’abolition nucléaire dont dépend le destin de l’humanité. Ma conviction demeure inchangée à ce jour et telles sont les attentes que je nourris pour le prochain sommet de Hiroshima. L’humanité s’est retrouvée à maintes occasions au bord d’une guerre nucléaire, notamment lors de la crise des missiles cubains, qui fut un événement particulièrement dramatique. De nos jours, compte tenu de l’érosion du tabou relatif au recours à l’arme nucléaire, parmi les États détenteurs d’armes nucléaires, et du quasi-effondrement des cadres de gestion et de réduction des arsenaux nucléaires, il est plus que jamais nécessaire de mettre en place des politiques de non-recours en premier. Quelle est la nature de la sécurité recherchée par la majeure partie de l’humanité ? Dans un rapport publié seulement quelques semaines avant le déclenchement de la crise ukrainienne, le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) constatait que la plupart des habitants du monde se sentent en insécurité. Ils ont en effet le sentiment que la sécurité humaine, « le droit des êtres humains de vivre libres et dans la dignité, à l’abri de la pauvreté et du désespoir 9 » a été ­fragilisé. Ce sentiment était partagé par 85 % des personnes interrogées, même plusieurs années avant le début de la pandémie de Covid-19. Il est indéniable que les répercussions de la crise ukrainienne n’ont fait que renforcer ce sentiment d’insécurité. Dans son avant-propos du rapport du PNUD, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, se disait préoccupé par le fait que « ­l’humanité rend le monde de moins en moins sûr et de plus en plus instable 10 ». J’estime que le facteur essentiel dans ce domaine est la menace des armes nucléaires qui sont devenues si inextricablement intégrées aux structures du monde qui est le nôtre. Le contraste avec les efforts de lutte contre le réchauffement climatique est éloquent. Face à la dure réalité de la crise climatique, en reconnaissant qu’il s’agissait là d’une question prioritaire concernant l’humanité tout entière, des réunions de la conférence des parties à la convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique se sont tenues chaque année, forgeant régulièrement un consensus et une solidarité à l’échelle mondiale en faveur d’un renforcement des réponses. Pour ce qui est de la question nucléaire, en revanche, même lorsque des voix s’élèvent pour plaider en faveur du désarmement, les États dotés d’armes nucléaires et ceux qui en sont dépendants soutiennent régulièrement qu’en raison des dures réalités auxquelles elles sont confrontées dans leur environnement en matière de sécurité, les conditions permettant des progrès ne sont pas réunies. S’il était possible de trouver un accord sur le principe de non-emploi en premier, qui fut un temps inclus dans les projets de déclaration finale de la conférence d’examen du TNP de l’an dernier, cela jetterait les bases sur lesquelles les États pourraient transformer ensemble les environnements difficiles, qui sont les leurs en matière de sécurité. Je considère qu’il est indispensable de s’orienter vers un paradigme de « sécurité commune » conforme à l’esprit « Vivons ensemble, ne mourons pas ensemble », qui sous-tend les efforts de coopération des gouvernements dans la lutte contre le changement climatique et les réponses à la pandémie. Un engagement en faveur de politiques de non-emploi en premier constitue en effet une « prescription d’espoir ». Il peut servir d’essieu reliant ces roues jumelées que sont le TNP et le TIAN, accélérant ainsi l’instauration d’un monde libéré des armes nucléaires. Pour sa part, la SGI a poursuivi sa coopération avec les hibakusha du monde entier, ainsi qu’avec la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) – issue de l’IPPNW – et avec d’autres organisations, pour défendre en premier lieu l’adoption et, maintenant, l’universalisation du TIAN. En tant que membres de la société civile, nous sommes résolus à promouvoir l’adoption rapide de politiques de non-emploi en premier de l’arme nucléaire, ce qui générera un élan en faveur d’une transformation de notre époque. Cela me rappelle, à cet égard, l’analyse du Pr Lown sur l’importance de l’année 1989. C’est l’année où le mur de Berlin est tombé et où les dirigeants américain et soviétique ont proclamé la fin de la guerre froide. Lorsque plus de 3 000 médecins de l’Est et de l’Ouest se sont réunis pour le Congrès mondial de l’IPPNW à Hiroshima, cette année-là, ce fut sur le thème « Plus de Hiroshima – Un engagement éternel ». Le Dr Lown souligna que c’était une année appelée à être, par la suite, célébrée pour avoir prouvé le pouvoir des personnes ordinaires, qui peut à première vue sembler inefficace, mais est capable de changer le cours de l’Histoire et l’a effectivement changé. On dit que plus l’obscurité est profonde et plus l’aube est proche, et la fin de la guerre froide a démontré toute l’énergie qui se libère lorsque des personnes qui refusent de s’avouer vaincues unissent leurs forces dans la solidarité. Actuellement, dans un climat politique que certains qualifient même de « nouvelle guerre froide », je souhaite ardemment que des discussions constructives proposant un remède plein d’espoir soient engagées au sommet du G7 de Hiroshima. Je voudrais aussi déclarer ceci : Le moment est venu ! Tous ensemble, changeons à nouveau le cours de l’Histoire grâce au pouvoir du peuple, en ouvrant la voie à un monde libéré des armes nucléaires, un monde libéré de la guerre.

Citations

Citations de Daisaku Ikeda – le potentiel de la vie

XXIV. Le potentiel de la vie Une personne pleinement éveillée à la dignité de sa vie, comparable à un diamant, est capable de respecter véritablement ce même trésor chez les autres. *** Le bouddhisme enseigne que rien n’arrive par le fait du hasard. En effet, tout revêt un sens. Soyez convaincus que votre vie intérieure est déjà dotée de tout ce dont vous avez besoin. Aussi difficile que soit la situation dans laquelle vous vous trouvez, vous êtes en vie, en cet instant, et aucun trésor n’est plus précieux que la vie même. *** Le bouddhisme enseigne le concept selon lequel nous manifestons notre véritable nature [par la pratique bouddhique]. Cela veut dire révéler notre véritable identité, notre potentiel inhérent, pour le faire briller, et illuminer ainsi tout notre environnement. « Notre nature » fait référence à notre individualité et à notre singularité dans toute leur subtilité. Quand vous restez fidèles à vos croyances et vivez en vous respectant vous-même, votre véritable valeur en tant qu’être humain s’exprime librement. *** Chacune et chacun de nous devrait partir à la découverte du fil directeur, ou motif, qui caractérise sa vie. En vivant chaque minute avec sérieux, audace et passion, nous pouvons nous ouvrir à une vie complètement différente. *** Tout dépend de ce qu’il y a dans notre cœur. Si nous décidons de nous-même que quelque chose est impossible, alors, en accord avec notre état d’esprit, même ce qui est possible pour nous deviendra impossible. Par ailleurs, si nous sommes convaincus que nous pourrons à coup sûr faire quelque chose ; alors nous avons déjà fait un pas vers la réalisation de notre objectif. *** À quel point sommes-nous éveillés à notre vie intérieure et à notre spiritualité – cet aspect de notre vie intangible et pourtant si précieux ? Quels efforts déployons-nous pour entrer en contact avec ce qui n’est pas immédiatement évident, puisque nous ne pouvons ni le voir ni l’entendre ? Je crois que rechercher et enrichir l’esprit humain détermine notre humanité. Cet enrichissement devient notre boussole intérieure pour conduire les civilisations vers leur grandeur. *** Les êtres humains possèdent intrinsèquement le pouvoir de faire apparaître les meilleures solutions à partir des pires conditions possibles. *** Le potentiel de toute vie humaine est plus profond que l’océan et plus vaste que le ciel. Nous avons tendance à abandonner et à nous résigner face aux difficultés actuelles, en nous persuadant qu’aucune issue n’est possible. Mais en brisant ces limites de notre esprit, nous pouvons mener une vie éclatante et intense d’une force semblable à celle du soleil. *** Quand nous nous préoccupons uniquement de nous-même, il est plus difficile de trouver un objectif qui nous guidera toute la vie. Mais dès que nous changeons de perspective et commençons à réfléchir à ce que nous pourrions faire pour les autres et pour la société, une nouvelle voie s’ouvre devant nous. *** Comme les flammes s’élèvent avec force vers le ciel, la vie a la capacité de transformer la souffrance et la douleur en une énergie créatrice de valeurs, en une lumière qui illumine l’obscurité. Telle l’eau pure qui coule, elle élimine les scories et les impuretés. En définitive, la vie, comme la vaste Terre, nourrit toutes les plantes et la végétation et insuffle, sans discrimination, à tous les êtres humains sa force nourricière bienveillante. *** La vie est riche d’un potentiel véritablement incommensurable. Nous commençons enfin à percevoir le formidable pouvoir qu’elle possède. C’est la raison pour laquelle nous ne devrions jamais exclure personne. Nous ne devrions surtout pas restreindre notre propre potentiel. Dans la plupart des cas, nos prétendues limites découlent uniquement de notre esprit. *** La vie, par nature, s’oriente vers l’épanouissement de son potentiel, vers une progression illimitée. Et la foi est la clé qui nous permet d’ouvrir le champ de toutes les possibilités qui existent dans notre vie. *** Si nous ne nous engageons pas pleinement, non pas « un jour » dans l’avenir, mais dès maintenant, le véritable épanouissement de notre vie nous échappera à jamais. *** Voilà ce qui est fascinant chez les êtres humains : si vous vous croyez moins intelligent que les autres, vous risquez effectivement de ne pas développer vos capacités intellectuelles. Mais, confronté aux mêmes doutes, si vous choisissez de croire que votre esprit est pour l’instant assoupi et manque d’entraînement, il n’y aura pas de limites que vous ne pourrez pas franchir dès lors que vous aurez commencé à faire des efforts sur le plan intellectuel. *** Une chose est certaine : le pouvoir de la croyance et le pouvoir de la pensée feront évoluer la réalité dans la direction que nous recherchons et la façon dont nous la concevons. Si vous croyez vraiment que vous pouvez faire quelque chose, vous le pouvez. C’est un fait. Réaliser pleinement son potentiel intérieur n’est possible que lorsque nous nous engageons dans notre réalité quotidienne. *** Le véritable optimisme s’appuie sur une conviction inébranlable dans le potentiel inhérent à tous les êtres humains. *** Quel genre d’avenir puis-je imaginer pour ma vie ? Quel type de personnalité aimerais-je développer ? Qu’est-ce que je veux accomplir ? Il s’agit de brosser le tableau de votre vie dans votre cœur de la manière la plus précise possible. Cette « peinture » devient elle-même votre conception de l’avenir. La puissance du cœur nous permet de créer réellement dans notre vie un merveilleux chef-d’œuvre conforme à cette image. *** Lorsque vous envisagez clairement la victoire comme issue, que vous la gravez dans votre cœur et que vous êtes fermement convaincu que vous y parviendrez, votre cerveau met tout en œuvre pour concrétiser l’image mentale que vous avez créée. Puis, grâce à vos efforts incessants, cette victoire devient enfin réalité. *** Dans le cœur de chaque personne existe la flamme de la sagesse qui transforme la souffrance en étincelle pour raviver le feu de l’énergie créatrice.

Paroles d'encouragement

Poèmes célébrant le 3 mai

En franchissant les montagnes et les rivières, en partageant nos épreuves et nos joies au cours du voyage de kosen rufu, nous célébrons en ce 3 mai le glorieux triomphe du maître et du disciple ! Les sourires des femmes du mouvement Soka, mères de kosen rufu, débordant de compassion suprême, créent une oasis de vie et une source de paix. Fiers de faire sonner les Sept Cloches 1, aujourd’hui et à l’avenir, les jeunes champions des bodhisattvas surgis de la Terre avancent à grands pas vers la victoire !

Messages SGI

Message pour le 3 mai

Je vous adresse toutes mes félicitations, mes chers amis du mouvement Soka de France, pour vos réunions qui célèbrent la glorieuse journée du 3 mai, Jour de la Soka Gakkai et Jour des mères de la Soka Gakkai. Mon épouse et moi-même veillons sur vous comme si nous étions présents à vos côtés. Grâce à vos efforts quotidiens, le mouvement des personnes ordinaires de la Soka Gakkai, fondé sur le bouddhisme du soleil de Nichiren, s’est répandu dans le monde entier et est devenu une source de grand espoir pour d’innombrables personnes. Il ne fait aucun doute que vous, pionniers du kosen rufu mondial, accumulez d’immenses bienfaits, comme l’affirme Nichiren : « […] tous ces actes méritoires sèmeront des bienfaits et des racines de bien dans votre propre vie. Avec cette conviction, faites des efforts dans la foi. » (Sur l’atteinte de la bouddhéité en cette vie, Écrits, 4) J’espère que vous garderez toujours profondément gravées dans votre cœur ces paroles d’or de Nichiren. Mon maître, Josei Toda, disait souvent : « Entraînez un véritable compagnon ou compagne dans la foi. Puis, continuez de la sorte, en encourageant une autre et encore un autre, et ainsi de suite. Ces efforts mèneront, en définitive, à la création d’une nouvelle époque. » Avançons vers 2025, le 50e anniversaire de la fondation de la SGI, et vers 2030, le 100e anniversaire de la fondation de la Soka Gakkai ! Grâce à de puissants Daimoku, semblables au rugissement du lion, développons une grande force vitale, semblable à celle du soleil levant, et encourageons de tout cœur la personne qui se trouve à côté de nous. Puis, formons de véritables compagnons dans la foi, un à un, en tissant des liens avec chacune et chacun sur la base du bouddhisme, afin d’élargir notre réseau pour le ­bonheur et la paix. Apportez une contribution précieuse à votre environnement et à la société, en tant que citoyennes et citoyens modèles, et vivez une vie de grande valeur grâce à laquelle vous exaucerez tous vos vœux. Et, ensemble, repartons à nouveau pour notre grand voyage triomphal ! Mon épouse et moi-même prions avec ardeur pour votre santé, votre longévité et votre sécurité. Nous vous envoyons également Daimoku pour que vos familles rayonnent de bonheur et d’harmonie et remportent la victoire. Portez-vous bien ! Le 3 mai 2023, Daisaku Ikeda Président de la Soka Gakkai internationale

Messages SGI

Prenons un nouveau départ vers un printemps de paix pour toute l’humanité

Mon maître, Josei Toda, est devenu le deuxième président de la Soka Gakkai lors d’une cérémonie tenue le 3 mai 1951. Ce jour-là, les cieux, la terre et le cœur des membres brillaient de l’éclat du soleil. C’est avec émotion que je me remémore une scène de cette journée. Vers la fin des festivités, tandis que M. Toda dirigeait une chanson de la Soka Gakkai avec dignité et fougue, la carafe et le verre placés sur le pupitre se sont cognés l’un contre l’autre et se sont brisés dans un grand fracas. Tout le monde sursauta sous l’effet de la surprise. Mais M. Toda réagit avec un sourire, en disant : « Il est inutile que le verre et la carafe s’accusent l’un l’autre. C’est comme notre pratique bouddhique. Ce qui compte, c’est de développer une solide identité que personne ne peut détruire. Cela ne dépend de personne d’autre que nous. La foi dans le bouddhisme de Nichiren nous permet de transformer n’importe quel karma par nous-mêmes. » Chaque année, le 3 mai, nous, pratiquants de la Soka Gakkai, unis par les liens de maître et disciple, prenons un nouveau départ avec l’énergie intense et radieuse du temps sans commencement. Avec optimisme, joie et harmonie, nous renouvelons notre vœu d’orienter tous les événements dans le sens de l’espoir, du progrès et de la victoire, tout en œuvrant de concert pour établir en nous l’état de vie vaste et indestructible de la bouddhéité. À l’occasion de cette réunion des responsables, tenue le 3 mai sous un ciel ensoleillé, j’aimerais adresser mes plus sincères félicitations aux nobles représentantes et représentants d’Europe et d’Océanie présents parmi vous, ainsi qu’à tous les pratiquants du Japon et du monde entier, qui célèbrent le triomphe du maître et du disciple. Aujourd’hui, avec une profonde reconnaissance pour les efforts remarquables et dévoués de tous nos amis pratiquants, je voudrais partager avec vous trois calligraphies que j’ai inscrites par le passé. La première s’intitule « Mélodie des lys blancs ». Elle célèbre le 35e anniversaire de la proclamation du Jour des mères de la Soka Gakkai 1. M. Toda s’exclamait souvent en ces termes : « Dans un monde plein de méchanceté, de mesquinerie et de commérages envieux, regardez seulement les sourires et la bonne fortune qui se peignent sur le visage des femmes de la Soka Gakkai, leurs vies nobles et parfumées comme des lys blancs, et écoutez le son rafraîchissant de leurs voix empreintes de compassion ! » Je me réjouis que la Mélodie des lys blancs, ce morceau de musique magnifiquement composé par les membres dévouées du département des femmes, les mères de kosen rufu, soit également transmise aux jeunes femmes au Japon et du monde entier et qu’elle résonne désormais intensément dans leur vie. En Europe, les lys sont depuis longtemps un symbole d’espoir et de pureté. Ils ont été décrits comme les « bannières de la justice » ou encore comme des « maîtres enseignant la joie ». C’est une parfaite description de la vie de nos responsables femmes, qui débordent de bonne fortune et de sagesse et s’attachent avec un dévouement inlassable à transmettre la Loi merveilleuse avec compassion. Prions pour que les réunions des jeunes femmes du « Kayo College » (groupe Kayo 2), prévues ce mois-ci, et que les réunions générales du département des femmes prévues le mois prochain [au Japon] soient de grandes réussites, et offrons-leur notre soutien. Mon épouse, Kaneko, et moi-même vous remettons cette calligraphie intitulée « Mélodie des lys blancs » comme cadeau de célébration, pour qu’elle soit exposée au Centre international Soka des femmes [près du siège de la Soka Gakkai à Tokyo]. La deuxième calligraphie s’intitule « Montagne du maître et du disciple ». Nichiren a écrit : « Comme le mont Sumeru s’élève de la grande terre sans jamais vaciller, on appelle souverain [ou roi] celui dont la présence s’impose dans les royaumes du ciel, de la terre et de ­l’humanité, sans jamais vaciller si peu que ce soit. » (Chevaux blancs et cygnes blancs, Écrits, 1073) À l’instar des montagnes de l’Himalaya qui surgissent de la terre et s’élancent haut dans les cieux, les deux premiers présidents de la Soka Gakkai et moi-même, unis par les liens de maître et disciple et le grand vœu de kosen rufu, et directement liés à Nichiren, sommes restés inébranlables, même face aux tempêtes les plus violentes. Lorsque nous érigeons, dans notre cœur, la montagne inébranlable du maître et du disciple au service de la vérité et de la justice, nous n’avons aucune crainte et rien ne peut nous influencer. Nous sommes alors capables de faire jaillir la puissance invincible de l’unité du maître et du disciple. Tsunesaburo Makiguchi, le premier président de la Soka Gakkai, déclara que les montagnes étaient des endroits qui forgeaient le caractère et produisaient des personnes de valeur. Le moment est venu pour la montagne éternelle du maître et du disciple qu’est la Soka Gakkai de consacrer encore plus d’énergie à encourager les pratiquants du département de la jeunesse et du groupe Avenir 3 pour qu’ils deviennent « plus bleus que l’indigo ». Créons une vague de championnes et champions de l’humanité, de la philosophie et des peuples, qui se dresseront et porteront les espoirs de la famille humaine tout autour du globe ! La troisième et dernière calligraphie s’intitule « Lumière du soleil de printemps émanant des bodhisattvas surgis de la Terre ». Les bodhisattvas surgis de la Terre apparaissent délibérément à une époque comparable à l’hiver, une ère de défis sans précédent, et ils brillent d’une lumière intérieure semblable à celle du soleil du printemps. Ils accomplissent avec joie et fierté la danse de « l’hiver [qui] se transforme toujours en printemps » (L’hiver se transforme toujours en printemps, Écrits, 539), la danse de la révolution humaine et de la transformation du karma, la danse qui rend le monde meilleur, grâce aux principes du bouddhisme de Nichiren, qui célèbrent la vie. Dans un commentaire sur la signification des bodhisattvas « surgis de la Terre », Nichiren explique que la « “Terre” fait référence au terreau de nos cœurs d’êtres humains. “Surgir” signifie que, à l’époque de kosen rufu, il y aura des personnes pratiquant le Sûtra du Lotus parmi les peuples du monde entier 4. » (GZ, nouvelle édition, 1161 ; GZ, 834) Fondamentalement, toute personne, indépendamment de son genre, de son origine ethnique, de sa culture ou même de sa religion, est un bodhisattva surgi de la Terre. Chaque personne attend de rencontrer la Loi merveilleuse, la Loi suprême qui régit l’univers. Il est dit dans le Sûtra du Lotus que les bodhisattvas surgis de la Terre « au même instant en surgirent » (SdL-XV, 207). Aujourd’hui, kosen rufu s’accomplit simultanément aux quatre coins de la planète, et les pages du journal Seikyo regorgent de récits éblouissants de victoires remportées par des « fleurs humaines » d’une riche diversité, chacune s’épanouissant avec la beauté qui lui est propre, comme les fleurs de cerisier, de prunier, de pêcher ou d’abricotier (cf. OTT, 200). Aucun autre journal n’est empli de tant de sourires éclatants, nés de la confiance et d’encouragements mutuels. Avec la conviction toujours plus intime que « [c’est] par la voix que s’accomplit l’œuvre du Bouddha » (OTT, 4), engageons-nous courageusement sur la voie d’un dialogue sincère et joyeux. Avec un cœur plein de compassion pour tous les êtres, faisons aussi le serment profond que le « son des voix du maître et des disciples pratiquant à l’unisson » (OTT, 111) enveloppe notre planète et élargisse notre réseau de compagnons bodhisattvas surgis de la Terre. Apportons ainsi un printemps de bonne fortune et d’harmonie dans la vie des autres, un printemps créateur de valeurs dans la société et un printemps de paix et de coexistence, qui resplendit pour le bien de l’humanité. Je prie de tout cœur pour que chacune et chacun d’entre vous, mes précieux compagnons partout dans le monde, goûtent une longue vie et une bonne santé, vivent dans la paix et la sécurité, et accumulent une bonne fortune et des bienfaits sans limites.

Étude bouddhique

Faisons sonner les cloches du courage et de l’espoir pour un avenir meilleur !

Le 3 mai, Jour de la Soka Gakkai, nous avons pris ensemble un nouveau départ plein de joie et de fraîcheur vers la réalisation de kosen rufu avec nos compagnons de pratique du monde entier. Il y a exactement 750 ans, en mai (soit le cinquième mois intercalaire de 1273), Nichiren, le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi, finissait d’écrire Sur les prophéties du Bouddha concernant l’avenir (Écrits, 401-407), alors qu’il était en exil sur l’île de Sado. Dans cet écrit, il cite deux passages du Sûtra du Lotus qui font clairement référence à kosen rufu, la vaste propagation de la Loi. Le premier passage est tiré du chapitre « Les actes antérieurs du bodhisattva Roi-de-la-Médecine » (23e) du Sûtra du Lotus, où Shakyamuni laisse ces instructions pour l’avenir : « Quand je serai entré dans l’extinction, dans la dernière période de cinq cents ans, il te faudra le propager largement [le Sûtra du Lotus] en terres étrangères et à travers tout le Jambudvipa [le monde entier], sans le laisser jamais disparaître. » (SdL-XXIII, 273) (Écrits, 401) Le second passage est extrait du chapitre « Les encouragements du bodhisattva Sagesse-Universelle » (28e) du Sûtra du Lotus. On y trouve le serment adressé par ce bodhisattva à Shakyamuni : « Lorsque l’Ainsi-Venu sera entré dans l’extinction, je ferai en sorte que le Sûtra [du Lotus] se répande à travers tout le Jambudvipa [le monde entier] et veillerai à ce qu’il ne disparaisse jamais. » (SdL-XXVIII, 301) (Écrits, 405) Dans le premier passage, le maître confie kosen rufu au disciple et, dans le second, le disciple fait le serment au maître de répandre largement son enseignement. La lutte commune du maître et du disciple consiste à accomplir absolument kosen rufu en restant fidèles à leur vœu de garantir la transmission éternelle de l’enseignement de la Loi merveilleuse. Unis par les liens de maître et disciple, nous, pratiquants de la Soka Gakkai, accomplissons notre grand vœu de réaliser kosen rufu dans le monde entier par la propagation bienveillante de la Loi merveilleuse. Depuis le début de la propagation au XXe siècle, jusqu’à aujourd’hui, au XXIe siècle, nous avons avancé avec détermination au sein de notre monde mouvement, en diffusant la lumière éclatante du triomphe humain et du respect de la dignité de la vie. L’honneur que nous en tirons s’élève plus haut que les cieux, et les bienfaits et la bonne fortune que nous accumulons sont plus vastes que les océans. Les jeunes sont les garants d’un avenir où la Loi perdure et ne cesse d’être transmise. Le temps est venu pour les « Shin’ichi Yamamoto » de la nouvelle ère de prendre place en première ligne pour accomplir de grandes réalisations sans précédent. *** Commentant l’écrit de Nichiren, Sur les prophéties du Bouddha concernant l’avenir, mon maître, Josei Toda, a dit : « La Soka Gakkai a pour mission de faire en sorte que [la prophétie de Nichiren] annonçant “la transmission du bouddhisme vers l’ouest” ne soit pas mensongère. » Le 5 avril, l’université Maharaja Surajmal Brijnen en Inde m’a décerné un doctorat honoraire en lettres. J’ai accepté humblement cet honneur, en tant que disciple de M. Toda et représentant de tous les pratiquants du monde. Je garde de très bons souvenirs de ma rencontre [en octobre 2000, à Tokyo] avec le vice-chancelier de l’université, Ramesh Chandra, qui avait formulé le souhait que je reçoive cette distinction académique. En se référant à l’histoire du bouddhisme en Inde, il fit remarquer à l’époque qu’il était regrettable que le bouddhisme ait presque totalement disparu de l’Inde mais que, grâce à la SGI, aujourd’hui de nombreuses personnes dans le monde adoptent le bouddhisme et pratiquent en accord avec le cœur même de l’enseignement de Shakyamuni 1. Je considère ses paroles comme le témoignage du bouddha Maints-Trésors, à l’époque moderne, faisant l’éloge de la Soka Gakkai qui accomplit la prophétie du Bouddha selon laquelle le bouddhisme se propagera vers l’ouest : « La lune se lève à l’ouest et répand sa lumière vers l’est, mais le soleil se lève à l’est et envoie ses rayons vers l’ouest. » (Écrits, 404-405) Aujourd’hui, kosen rufu progresse à un rythme véritablement spectaculaire en Inde, berceau du bouddhisme, ainsi qu’en Corée du Sud, deux pays que mon maître considérait comme ayant une mission profonde pour la « propagation du bouddhisme vers l’ouest ». Dans mon cœur, je le vois s’en réjouir et sourire. *** Cela me rappelle un événement de la vie du président fondateur, Tsunesaburo Makiguchi. Il y a cent ans, en mai 1923, avec sept autres directeurs d’école primaire de Tokyo, il fit partie d’une délégation qui visita les écoles élémentaires dans les préfectures de Kyoto, Osaka et Hyogo. Cinquante ans après cette visite, [en avril 1973], le collège Soka du Kansai et le lycée Soka de Katano, à Osaka, ouvraient leurs portes 2. Les brillants élèves qui entrent dans ces écoles, cette année, font partie de la 51e promotion. Ceux qui ont déjà obtenu leur diplôme dans ces écoles Soka, si chères à mon cœur, jouent des rôles clés dans la société et dans leur environnement. En tant que fondateurs de ces établissements, rien ne pourrait me réjouir davantage. À l’époque où l’endoctrinement militaire imprégnait entièrement l’éducation des enfants au Japon, M. Makiguchi déclara résolument que la véritable finalité de l’éducation est le bonheur de chaque enfant. Son disciple, M. Toda, croyait lui aussi fermement dans le potentiel des jeunes, proclamant alors sa détermination de permettre à chacun d’exceller et de devenir heureux. Tel est le postulat de départ de l’éducation Soka, dont les idéaux ont été propagés à travers le monde. Mon souhait sincère est que, au cours des cinquante, cent prochaines années, l’éducation Soka considère toujours les élèves comme sa priorité absolue, afin de développer un courant régulier de citoyens du monde, qui contribuent au bien-être de l’humanité en œuvrant à l’établissement d’un monde de paix et d’harmonie. *** Un demi-siècle s’est écoulé depuis que j’ai mené mes dialogues avec l’historien britannique Arnold J. Toynbee 3. Ce dernier manifestait un vif intérêt pour la Soka Gakkai, qu’il considérait comme un mouvement religieux universel très impliqué dans l’action. Au cours d’une de nos conversations chez lui, à Londres, il exprima l’espoir que la religion se régénère en cherchant à relever les défis auxquels la société était confrontée et contribue ainsi à surmonter les crises auxquelles est confrontée la civilisation moderne. En s’appuyant sur la vision de l’Histoire du Pr Toynbee, qui affirme que les civilisations se développent en relevant avec succès les défis, la religion, aussi, progressera en répondant courageusement aux défis de l’époque. Le Pr Toynbee mena sa vie avec la détermination de toujours apprendre et de tirer des leçons positives de toutes ses expériences – même des épreuves et des souffrances. Faisons briller avec encore plus d’éclat dans notre monde la sagesse bouddhique illustrée par le principe de la Voie du Milieu, dans lequel le Pr Toynbee plaçait beaucoup d’espoir, et transformons avec force les plus rudes épreuves en tremplin pour insuffler de l’espoir à l’humanité et permettre à chacune et à chacun d’être heureux. *** Dans notre progression vers kosen rufu, les prières sincères et les efforts inlassables des femmes du mouvement Soka insufflent toujours un espoir nouveau qui triomphe des obstacles et crée un élan puissant pour changer le poison en remède. Alors qu’elle participait à une réunion de discussion où elle avait été invitée, en 1979, lors de la dernière année de la première série de Sept Cloches 4, mon épouse, Kaneko, inscrivit cette dédicace sur un carton décoratif : Inébranlables en cette dernière année de la série des Sept Cloches Tel était le serment de toutes les femmes du mouvement Soka de tout le Japon et du monde entier. Fidèles à ce profond serment et pleines de passion, tout en bravant les tempêtes d’obstacles avec une foi résolue, aujourd’hui encore elles ne cessent d’encourager et de soutenir leurs amis pratiquants et ne ménagent pas leurs efforts dans leur environnement. C’est pourquoi la Soka Gakkai, notre grande citadelle du maître et du disciple, demeure inébranlable. Nous serons bientôt en juin, le mois des femmes au sein du mouvement Soka. Le 4 juin est le Jour du groupe Ikeda Kayo-kai de la SGI et le 10 juin, celui de l’anniversaire de la création du département des femmes 5. Des centaines de milliers de réunions générales de femmes en petits groupes se tiendront dans tout le Japon, ce qui permettra un grand épanouissement des magnifiques fleurs du dialogue, du sourire et de l’amitié, riches de leur diversité. Ces réunions de femmes sont organisées de manière que les participantes puissent se réunir en petit comité et engager des ­dialogues de cœur à cœur. Ce sont des rassemblements informels, chaleureux, où les pratiquantes peuvent être elles-mêmes. Je suis certain que la joie et l’espoir irradiant de tout leur être insuffleront de l’inspiration et feront naître des sourires heureux tout autour d’elles. Ces réunions seront comparables à des jardins où fleurit une belle harmonie dans la diversité, illustrant la métaphore bouddhique des « cerisier, prunier, pêcher et abricotier » (cf. OTT, 200) ainsi que le concept prônant « l’éveil et la manifestation de cette nature fondamentale (la nature de bouddha) » (cf. Les éléments nécessaires pour atteindre la bouddhéité, Écrits, 752). Dans un cours sur Les prophéties du Bouddha concernant l’avenir, M. Toda cita ces mots de Nichiren : « Le bodhisattva Jamais-Méprisant était un pratiquant à l’étape initiale où l’on se réjouit. » (Écrits, 401) Il les expliqua ensuite en termes très accessibles, indiquant que le bodhisattva Jamais-Méprisant, qui venait juste de commencer à pratiquer le bouddhisme, s’employait à transmettre la Loi avec une joie irrépressible. Il ajouta que nous aussi, personnes ordinaires, diffusons la Loi et atteindrons sans aucun doute la bouddhéité. Par conséquent, concluait-il, il nous suffit d’être nous-mêmes et de nous comporter avec naturel6. Des réunions joyeuses en cercle restreint, où pratiquantes et invitées conversent ensemble librement et sincèrement et où chacune repart en étant heureuse d’y avoir assisté, sont l’expression vivante d’une culture de paix. *** Il y a soixante-dix ans (en 1953), le 16 mai, juste après ma nomination en tant que responsable du chapitre Bunkyo, nous avons tenu une réunion de responsables de chapitre pleine d’enthousiasme, à laquelle assistait M. Toda. En entendant la responsable des femmes faire part de ses convictions en toute sincérité, M. Toda, profondément touché, déclara qu’elle avait parfaitement saisi sa pensée. Le lendemain, 17 mai, lors d’une réunion générale du chapitre Adachi, dans une brochure intitulée « Orientation pour les femmes », il retransmit à toutes les femmes du mouvement Soka les propos qu’elle avait tenus, auxquels il avait personnellement ajouté une introduction où l’on pouvait notamment lire : « Le moment est venu pour nous d’acquérir une connaissance approfondie des enseignements de Nichiren. Saisissons ce moment et prenons le temps d’étudier dès que l’occasion se présente […] Une foi solide fait naître le désir d’étudier les enseignements de Nichiren. » Ces mots ayant reçu un accueil enthousiaste, M. Toda lança alors cet appel aux fidèles pratiquants d’Adachi : « Si vous avez une foi profonde, votre vie changera radicalement. Vous pourrez transformer votre destinée 7. » Nichiren enseigne que nos jambes correspondent à kyo [litt. « sûtra » ou « enseignement »] de Nam-myoho-renge-kyo (OTT, 28)8 – ce qui signifie agir pour faire connaître la Loi. Incarnant ces mots, nos pratiquants marchent avec vigueur en première ligne, au sein de notre mouvement pour kosen rufu. Tout en s’encourageant mutuellement, ils vont de l’avant et nouent constamment le dialogue afin de réaliser l’idéal de Nichiren : l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays. Chaque noble pratiquant de notre mouvement Soka est un modèle sur les « deux voies de la pratique et de l’étude » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 390). Nichiren a déclaré que les femmes « ouvrent la porte » (cf. WND-II, 884). Mon épouse Kaneko et moi-même prions pour le succès des réunions générales des femmes qui se tiendront en juin et pour qu’elles ouvrent d’innombrables portes menant à un immense ­bonheur dans une société de plus en plus diversifiée, en parfait accord avec les paroles de Nichiren. Nous prions aussi pour la santé, la longévité, l’harmonie et la bonne fortune de toutes. *** Les activités de nos groupes Fanfare, et Fifres et Tambours, qui sont les meilleurs de tous au Japon, sont véritablement impressionnantes. Je tiens à leur exprimer ma sincère reconnaissance ainsi que mes félicitations pour les concerts et défilés specta­culaires qu’ils nous ont offerts lors de parades dans tout le pays. Un jour, dans les temps qui ont suivi la création de la fanfare, alors que je discutais avec ses membres des caractéristiques des défilés qui ont lieu dans divers pays, j’ai proposé que la marque distinctive des prestations de notre fanfare soit d’insuffler du courage. Je me souviens avec émotion de ces jeunes musiciens hochant fièrement la tête, les yeux brillants. Accompagnés des sons merveilleux émis par nos héros musiciens de kosen rufu, membres du groupe Fanfare, ainsi que par nos ravissantes messagères de la paix du groupe des Fifres et Tambours, nous avancerons sans cesse, unis selon le principe « différents par le corps, un en esprit », avec le courage éclatant sans égal qui caractérise « le cœur du roi-lion » (La Tour aux trésors, Écrits, 302). M. Toda a déclaré : « De même que les voyageurs d’antan progressaient par étapes, avançons sur la voie de kosen rufu par étapes de sept ans. » Nous avançons en rythme avec la deuxième série de Sept Cloches, qui a débuté en 2001. En outre, le centenaire de la Soka Gakkai est tout proche. On le célébrera dans seulement sept ans, en 2030. Qui fera résonner les cloches de la victoire dans la vie et sur le chemin de kosen rufu ? Vous devez décider que ce sera vous. Employez-vous tout d’abord à accomplir votre révolution humaine et faites de votre mieux pour assurer la prospérité de votre famille, des groupes de la Soka Gakkai et de votre entourage. J’espère que vous nourrirez de grandes aspirations, que vous vous fixerez des buts concrets et que vous vous lancerez le défi de les réaliser un à un, avec joie et persévérance. La scène grandiose de la deuxième série de Sept Cloches s’étend devant nous. C’est sur cette scène que s’élèveront les fondations de la paix mondiale. Le temps est maintenant venu de répandre la philosophie du respect de la vie, prônée par le bouddhisme de Nichiren. Aujourd’hui encore, en faisant résonner les cloches de l’espoir et du courage dans notre vie, avançons avec entrain, étape après étape, en accord avec la Loi merveilleuse et en suivant le rythme victorieux du chant du mouvement Soka !

Étude bouddhique

Avancer avec nos inspirants compagnons dans la foi

Mes inspirants compagnons de croyance, qui se consacrent avec une foi indéfectible à la réalisation de kosen rufu et de l’idéal [de Nichiren] – « l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays », sont pour moi un trésor. Nichiren, le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi, fait l’éloge d’un disciple loyal, pratiquant de longue date, qui a redoublé ­d’ardeur dans son engagement durant une période d’adversité [la persécution d’Atsuhara 1] : « Vous avez témoigné d’une remarquable détermination durant les incidents récents [d’Atsuhara]. Nombreux sont ceux qui me l’ont signalé. » (Différents par le corps, un en esprit, Écrits, 623) Il poursuit en déclarant qu’il a rapporté tous les efforts sincères de son disciple aux divinités célestes, les fonctions protectrices de l’univers (cf. Écrits, 623). Je ne peux pas m’empêcher de lire ces mots comme un éloge de Nichiren envers les nobles femmes et hommes du mouvement Soka, qui inspirent tant de courage par leurs initiatives et leur comportement exemplaires. Avril 1953 marqua le 700e anniversaire de la première récitation de Nam-myoho-renge-kyo par Nichiren 2. En cette occasion, j’ai lancé un appel aux pratiquants du chapitre Bunkyo en tant que responsable de ce chapitre : « Faites preuve d’un caractère excellent et brûlez de passion, avec la détermination de progresser ! Quand nous luttons de toutes nos forces, les fonctions démoniaques se retirent. En nous unissant avec la détermination de remporter à coup sûr la victoire, élargissons avec joie et fraîcheur notre mouvement ! » Ils répondirent à mon appel avec une confiance renouvelée et firent apparaître des personnes de valeur. Le chapitre Bunkyo devint rapidement un des premiers chapitres en termes de propagation à l’échelle nationale. De ce fait, la vie de ses membres resplendissait de bienfaits. Plein de reconnaissance pour ces pratiquants qui luttèrent à mes côtés, j’écrivis dans mon journal de l’époque : « Ces visages, ces personnes et leurs accomplissements seront à jamais éclairés par la lumière de la Loi merveilleuse 3. » Au cours des soixante-dix années qui suivirent, les pratiquants de notre grande citadelle de Tokyo ont montré de merveilleux exemples, non seulement de la transformation de leur propre vie par la révolution humaine, mais aussi de la transformation positive de leur environnement et de la société. Leurs triomphes brillent avec toujours plus d’éclat et sont une source d’espoir pour le Japon et pour le monde entier. Trois ans après notre grand succès dans le chapitre Bunkyo et immédiatement après notre victoire résultant de la longue lutte de la campagne d’Osaka 4, M. Toda écrivit un poème où il esquissait les défis à venir : Alors que vous vous apprêtez à escalader une montagne encore plus escarpée, poursuivez votre voyage pour kosen rufu avec une ferme détermination. J’ai rassuré M. Toda en lui disant : « Ne vous inquiétez pas. Je suis là ! Je poursuivrai la lutte ! » Il me répondit en souriant : « Oui, c’est vrai. Je peux avoir l’esprit tranquille, parce que tu es là, Daisaku. Merci ! » Et, aujourd’hui, j’ai à mes côtés mes chers disciples qui partagent mon engagement. Ils entreprennent le voyage de kosen rufu avec le même esprit que moi en se dressant, imperturbables, face aux montagnes escarpées. Jour après jour, je veille sur nos jeunes successeurs qui se développent en « héros du monde 5 » toujours victorieux, tout en déployant sans cesse des efforts pour mettre le bouddhisme en action dans la société et remporter la victoire sur la base des principes bouddhiques. Rien ne pourrait me rassurer davantage. Nichiren déplore le chaos dans lequel la société japonaise se trouvait à son époque et les souffrances indicibles causées aux femmes et aux enfants (cf. Sur la piété filiale et son manquement, Écrits, 1045). Une société où s’épanouissent les sourires des femmes, des mères et des enfants qui vivent heureux et en paix – telle est la vision au cœur de notre idéal : l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays. Avançons avec énergie vers le 3 mai, Jour de l’an de la Soka Gakkai – qui marque également cette année le 35e anniversaire de la création du Jour des mères de la Soka Gakkai – aux côtés de nos inspirants compagnons dans la foi, avec le rayonnement et la force vitale du temps sans commencement !

Étude bouddhique

Une philosophie de la vie qui inspire de l’espoir face au monde réel

« Chaque journée est une lutte implacable. Il n’y a pas d’autre choix que d’aller de l’avant, en priant avec ferveur pour la victoire. » Voilà une entrée de mon journal datant ­d’octobre 1950. Dans cette période encore agitée suivant la Seconde Guerre mondiale, j’ai lutté de toutes mes forces pour soutenir et aider mon maître, Josei Toda, dont les affaires avaient connu d’importants revers. Il fut contraint de reporter le paiement de nos salaires et mes collègues partaient les uns après les autres. Mais je ne me suis pas laissé décourager. Le même jour, j’ai également écrit dans mon journal : « Le travail est important mais je dois me faire un point d’honneur à étudier les Écrits de Nichiren. » Et j’ajoutai : « J’ai un grand maître qui a donné du sens à ma vie ! J’ai une noble mission à laquelle je consacre ma jeunesse ! J’ai une profonde philosophie pour me guider afin de développer pleinement mon potentiel ! » Bien qu’épuisé et en mauvaise santé, j’ai puisé dans mon énergie pour lire les Écrits de Nichiren jusque tard dans la nuit. Chaque passage imprégnait ma jeune vie d’espoir et de courage, et gravait en moi le vœu de kosen rufu. Ceux qui croient dans le Sûtra du Lotus équivalent au Bouddha J’aimerais féliciter chaleureusement toutes celles et tous ceux qui consacrent leur temps et leur énergie à étudier les bases du bouddhisme de Nichiren pour passer l’examen d’entrée au département d’étude, qui aura lieu prochainement au Japon [en novembre 2022]. Parmi eux figurent des membres du groupe Maints-Trésors 1 et du groupe Avenir 2. Beaucoup de candidats sont très occupés par leurs études, leur travail et leurs diverses autres responsabilités comme, par exemple, l’éducation de leurs enfants. D’autres luttent contre des difficultés financières ou contre la maladie. Nichiren écrit : « Ceux qui croient dans le Sûtra du Lotus et le pratiquent équivalent au Bouddha Shakyamuni. » (Lettre à la Sage Nichimyo, Écrits, 327) Un puissant esprit de recherche visant à saisir l’essence même de la Loi merveilleuse engendrera sûrement un grand bienfait égal à celui du Bouddha. Notre pratique quotidienne de Gongyo et notre récitation de Nam-myoho-renge-kyo nous permettent de faire jaillir une force vitale inébranlable. Quand nous utilisons nos yeux, nos oreilles, notre voix et nos mains pour lire, entendre, réciter et écrire des passages des écrits de Nichiren, nous gravons ces paroles dans notre cœur et dans notre être. Les paroles de Nichiren deviennent une source de sagesse qui soutient nos efforts dans la vie quotidienne et dans la société, et leur véritable valeur se manifeste à travers les diverses situations et circonstances auxquelles nous sommes confrontés. Soyez certains que tous les bouddhas et bodhisattvas vous féliciteront et que toutes les divinités célestes vous protégeront, vous qui vous consacrez avec tant de sérieux à la pratique et à l’étude. L’étude bouddhique au sein de la Soka Gakkai insuffle en nous la grande compassion et la conviction de Nichiren, qui a triomphé des persécutions mettant sa vie en danger alors qu’il propageait inlassablement la Loi merveilleuse pour mener tous les êtres humains à l’illumination. Mon épouse et moi prions chaque jour de tout notre cœur pour le bonheur et la victoire de ceux qui préparent l’examen, ainsi que pour tous ceux qui les aident et les soutiennent dans leur étude des écrits de Nichiren au sein de notre communauté harmonieuse de pratiquants, en lien direct avec le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi. Découvrir la loi de cause et effet dans notre vie Le 1er octobre est le Jour du groupe des Universités et des Sciences au sein de notre mouvement, dont les membres sont les champions de la quête de la vérité et de la création de valeurs sur la base de la Loi merveilleuse. Les origines de ce département remontent à 1972, il y a donc un demi-siècle, quand j’ai lancé un dialogue avec les membres du groupe des universités de notre organisation, intitulé La philosophie de la vie 3, qui parut en feuilleton dans notre journal d’étude, le Daibyakurenge. Il se trouve que l’article principal écrit par M. Toda pour le tout premier numéro du Daibyakurenge en 1949 s’intitulait lui aussi « La philosophie de la vie ». La véritable valeur d’une religion réside dans la façon dont elle explique la vie et éclaire sa dimension éternelle. Dans l’un de ses écrits, Nichiren fait ce commentaire à propos des enseignements non bouddhiques de son époque : « Ils ne sont que des nourrissons incapables de comprendre les principes de cause et d’effet. » (Sur l’ouverture des yeux, Écrits, 225-226) Le bouddhisme est très précieux parce qu’il perçoit que le principe de cause et d’effet à travers le passé, le présent et l’avenir est intérieur plutôt qu’extérieur. Le bouddhisme de Nichiren révèle la Loi fondamentale qui permet de transformer positivement les causes et effets du passé afin de créer des valeurs. Il présente aussi la voie qui permet à tous les êtres humains de bâtir un état de bonheur indestructible. Deux années se sont écoulées depuis le début de la pandémie de Covid-19. Tout en prenant les plus grandes précautions pour préserver la santé et la sécurité de tous, des examens d’étude ont été organisés cette année [en 2022] au Royaume-Uni, en Allemagne, en Corée du Sud et en Malaisie. D’autres examens se dérouleront en fin d’année aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Espagne, en Suisse, à Taiwan et dans de nombreux pays d’Asie du Sud, d’Amérique Latine et d’Afrique. Plus que jamais les gens aspirent à découvrir la philosophie du bouddhisme de Nichiren, qui prône le respect de la vie. Il est nécessaire d’amplifier nos efforts pour créer le siècle de la vie. Dans cet épisode, nous allons étudier un écrit de Nichiren sur le concept des dix états, qui constitue la base de la philosophie de la vie dans le bouddhisme de Nichiren. « Quand nous regardons de temps à autre le visage de quelqu’un, nous découvrons qu’il est parfois joyeux, parfois furieux, et parfois calme. Il arrive que l’avidité s’y manifeste, ou la stupidité, ou encore la perversité. La haine est le monde de l’enfer, l’avidité celui des esprits affamés, la stupidité celui des animaux, la perversité celui des asura, la joie celui du ciel, et la quiétude celui des êtres humains. […] « Le caractère transitoire de tout ce qui existe sur terre est parfaitement clair à nos yeux. Cela ne signifie-t-il pas que les mondes des deux véhicules sont présents dans le monde humain ? Même un brigand sans cœur aime sa femme et ses enfants. Il a aussi une part de l’état de bodhisattva en lui. La bouddhéité est la réalité la plus difficile à démontrer. […] « Si les hommes du commun nés à l’époque de la Fin de la Loi peuvent croire dans le Sûtra du Lotus, c’est parce que la boud­dhéité est contenue dans le monde des êtres humains. » L’objet de vénération pour observer l’esprit 4 (Écrits, 361-362) Nous possédons tous dix états de vie Il s’agit là d’un extrait de l’un des écrits majeurs de Nichiren intitulé L’objet de vénération pour observer l’esprit (Écrits, 356-385), composé alors qu’il était en exil sur l’île de Sado 5. Auparavant, dans ce traité, Nichiren dit qu’« observer l’esprit » signifie voir les dix états dans notre vie. Et il explique ensuite que, à l’époque de la Fin de la Loi, la pratique pour observer l’esprit et atteindre la bouddhéité consiste à réciter Nam-myoho-renge-kyo avec foi dans le Gohonzon, l’objet de vénération de l’enseignement essentiel du Sûtra du Lotus. Dans l’extrait que nous étudions, Nichiren répond à un questionneur virtuel qui a bien du mal à croire que les dix états existent en nous et il lui offre une explication facile à comprendre. [Ce que le bouddhisme appelle traditionnellement] les dix mondes correspond à dix états ou conditions de vie. On peut les diviser en deux catégories : les six voies (enfer, esprits affamés, animaux, asura, êtres humains et êtres célestes) que les personnes ordinaires dans l’illusion retrouvent vie après vie ; et les quatre nobles mondes (les mondes des auditeurs, des éveillés à la causalité, des bodhisattvas et des bouddhas), c’est-à-dire l’état d’éveil auquel peuvent parvenir ceux qui se sont engagés dans la pratique bouddhique. Les sûtras antérieurs au Sûtra du Lotus présentaient ces dix mondes comme dix états ou domaines séparés les uns des autres et affirmaient que les pratiquants des Deux Véhicules (les auditeurs et les éveillés à la causalité) ne pouvaient pas atteindre l’illumination. Avec ces enseignements, le fervent désir du Bouddha de voir tous les êtres vivants parvenir à l’illumination ne pouvait pas se concrétiser, et atteindre la bouddhéité en cette vie était impossible. En revanche, le Sûtra du Lotus enseigne que tous les êtres vivants peuvent atteindre l’illumination. Cela sous-entend que les êtres vivants dans les dix états – de l’état d’enfer à l’état de bouddha – possèdent en eux le potentiel de l’ensemble de ces dix états. Sur la base de ce principe de « possession mutuelle des dix états 6 », le Grand Maître Tiantai 7 a formulé sa doctrine des trois mille mondes en un instant de vie 8. Étant donné que ces idées constituaient une rupture radicale avec les enseignements antérieurs au Sûtra du Lotus, le questionneur soulève alors cette objection : « Vous semblez dire que le feu est l’eau, ou que le noir est blanc. Même s’il s’agit des enseignements du Bouddha, il me paraît difficile de les accepter. » (Écrits 361) Il est certain que, pour ceux qui ne connaissaient que les enseignements antérieurs, il était difficile d’accepter l’idée que non seulement l’état de bodhisattva, mais aussi la bouddhéité, étaient intrinsèquement présents dans la vie de tous les êtres humains. Un tourbillon d’émotions éphémères Nichiren évoque d’abord les six voies, en expliquant ces états de vie à partir des sensations et émotions que nous éprouvons chaque jour, comme la joie (dans l’état de bonheur temporaire), la rage (dans l’état d’enfer), la quiétude (dans l’état d’humanité), la cupidité (dans l’état d’avidité), etc. De manière plus ou moins marquée, nous sommes toujours confrontés à un tourbillon d’émotions éphémères. C’est parce que ces émotions résident en nous qu’elles peuvent émerger quand elles sont stimulées par les conditions appropriées. Les quatre nobles mondes ne peuvent pas être perçus aussi facilement que les six voies, ou six états de vie inférieurs. Nichiren explique que les états de vie des Deux Véhicules (correspondant aux auditeurs et aux éveillés à la causalité) apparaissent quand on prend clairement conscience que tout en ce monde est transitoire. Puis il dit que même un brigand sans cœur qui, cependant, aime son épouse et ses enfants, représente « une part » de l’état de bodhi­sattva. Mais, l’état de vie le plus élevé, la bouddhéité, dit Nichiren, « est la réalité la plus difficile à démontrer » (Écrits, 362). C’est ce qu’il y a de plus difficile à manifester et à expliquer. En préparant les examens d’étude et en partageant le bouddhisme avec d’autres, je suis sûr que beaucoup d’entre vous s’interrogent profondément sur la façon d’expliquer au mieux que l’état de bouddha est inhérent à notre vie. Croire dans la Loi merveilleuse est la preuve que nous possédons intrinsèquement la bouddhéité Comment Nichiren explique-t-il cela ? Il écrit : « Si les hommes du commun nés à l’époque de la Fin de la Loi peuvent croire dans le Sûtra du Lotus, c’est parce que la bouddhéité est contenue dans le monde des êtres humains. » (Écrits, 362) Le seul fait que les personnes ordinaires de l’époque de la Fin de la Loi peuvent avoir foi dans le Sûtra du Lotus est la preuve que l’état de bouddha est inhérent aux êtres humains. Le Sûtra du Lotus est un enseignement prêché en accord avec l’esprit du Bouddha qui révèle directement la vérité à laquelle il s’est éveillé. C’est le grand enseignement de l’illumination de tous les êtres humains qui ne laisse personne de côté. Selon le concept « remplacer la sagesse par la foi », croire dans le Sûtra du Lotus correspond à s’éveiller à la vérité selon laquelle la sagesse du Bouddha est inhérente à notre vie. Dans le bouddhisme de Nichiren, croire dans le Sûtra du Lotus est la même chose que croire dans la Loi merveilleuse, qui révèle elle-même l’état de bouddha. Considérons maintenant, selon deux optiques différentes, la déclaration de Nichiren suivant laquelle « les hommes du commun nés à l’époque de la Fin de la Loi peuvent croire dans le Sûtra du Lotus » (Écrits, 362). Dans le premier cas, nous concentrons notre attention sur l’époque de la Fin de la Loi, décrite comme « une ère de querelles et de conflits où la Loi pure sera obscurcie et perdue 9 ». Dans le second cas, nous nous concentrons sur l’enseignement qui peut apporter des bienfaits aux personnes ordinaires de l’époque de la Fin de la Loi. Il s’agit de savoir comment mener tous les êtres vivants de l’époque de la Fin de la Loi à la bouddhéité, alors que beaucoup, nous dit Nichiren, n’ont pas créé de liens avec le Bouddha dans leurs existences passées et ont peu d’aptitudes à comprendre le Sûtra du Lotus. Ouvrir à tous la voie de l’illumination Nichiren s’éveilla à la Loi de Nam-myoho-renge-kyo, la Loi fondamentale menant à l’illumination, et en fit officiellement l’enseignement essentiel pour l’époque de la Fin de la Loi. Le Daimoku de Nam-myoho-renge-kyo est la graine de la bouddhéité, qui permet à tous les êtres humains de devenir bouddhas. En croyant dans la Loi merveilleuse, les personnes de l’époque de la Fin de la Loi, même celles qui n’ont pas du tout de racines de bien, c’est-à-dire qui n’ont pas planté de bonnes causes dans leurs existences passées, peuvent faire apparaître l’état de bouddha en elles-mêmes et atteindre l’illumination. Lorsque Nichiren déclare que « les hommes du commun nés à l’époque de la Fin de la Loi peuvent croire dans le Sûtra du Lotus » (Écrits, 362), il se réfère aux personnes nées en cette période troublée, qui ont eu la magnifique bonne fortune de rencontrer Nam-myoho-renge-kyo, la Loi ultime qui permet d’atteindre l’illumination, d’y croire et de la pratiquer. En tant que membres de la Soka Gakkai, nous récitons Nam-myoho-renge-kyo, en imprégnant nos actions sociales de la sagesse du Bouddha, et nous nous consacrons à répandre la confiance et l’amitié. Notre mode de vie prouve clairement que tous les êtres humains possèdent la bouddhéité. Dans le monde entier, les pratiquants de notre mouvement partagent les enseignements de Nichiren de la façon qui convient à notre époque, révélant ainsi leur bouddhéité inhérente, et ils montrent la preuve factuelle selon laquelle « la bouddhéité est contenue dans le monde des êtres humains » (Écrits, 362). Toute personne qui lutte courageusement dans la pratique bouddhique est un noble protagoniste proclamant la grandeur de la Loi merveilleuse. C’est un puissant ambassadeur de kosen rufu. Il n’y a là absolument aucune discrimination fondée sur l’âge, le genre, la nationalité ou l’ethnie. L’esprit fondamental de la Soka Gakkai La véritable signification de ces deux principes – « la possession mutuelle des dix états » et « les trois mille mondes en un instant de vie »  – ne paraît évidente que si l’on fait du bouddhisme la base pour transformer notre vie plutôt que de se contenter de maîtriser ses doctrines comme s’il s’agissait d’un système de pensée abstrait. Le cœur de la philosophie de la Soka Gakkai, c’est la preuve factuelle, c’est-à-dire l’accent mis sur la transformation de notre état de vie et de celui des autres, et sur l’amélioration de la société. Nous étudions les écrits de Nichiren pour nous imprégner de sa compassion infinie et pour la mettre en pratique dans notre vie. Nous lisons ses mots comme un encouragement personnel visant à nous aider dans notre révolution humaine. Et nous luttons pour incarner la grande philosophie de vie du bouddhisme de Nichiren et pour suivre la voie de l’action juste. Maintenons sans cesse cette tradition de l’étude bouddhique en lien direct avec la pratique, prônée par la Soka Gakkai, et renforçons notre détermination à nous relier directement à Nichiren et à fonder notre vie sur ses écrits. Avec cet objectif à l’esprit, étudions maintenant un extrait de Appuyez-vous sur la Loi et non sur les personnes, un des écrits de Nichiren inclus pour la première fois dans la nouvelle édition japonaise du Nichiren Daishonin gosho zenshu (Les Œuvres complètes de Nichiren Daishonin). Ceux qui vivent à l’époque de la Fin de la Loi ne savent pas ce qui est correct et donc, en certaines occasions, ils peuvent soutenir l’opinion de la majorité [même si elle est erronée] et mépriser la voix de la vérité, si elle vient d’une seule personne, ou ils peuvent soutenir l’opinion d’un moine éminent et mépriser celle d’une personne au statut inférieur. Parfois ils peuvent soutenir les déclarations de ceux qui représentent l’autorité et mépriser la voix de la vérité, si elle vient de quelqu’un qui n’a pas de pouvoir. Le Bouddha nous a transmis cette mise en garde : “Appuyez-vous sur la Loi et non sur les personnes 10” mais ceux qui vivent à l’époque de la Fin de la Loi s’appuient sur les personnes, non sur la Loi. Le Bouddha nous a aussi transmis cet enseignement : “Appuyez-vous sur les sûtras qui sont complets et définitifs et non sur ceux qui ne sont ni complets ni définitifs 11” mais les personnes de notre époque troublée s’appuient sur les sûtras qui ne sont pas complets ni définitifs et rejettent ceux qui sont complets et définitifs. GZ, nouvelle édition, 2146-47, Appuyez-vous sur la Loi et non sur les personnes 12 Les trois éléments qui influencent les êtres humains à l’époque de la Fin de la Loi Dans cette lettre, Nichiren affirme que si les personnes de l’époque de la Fin de la Loi – une époque de troubles et de confusions « où la Loi pure sera obscurcie et perdue » – s’éloignent de son enseignement, c’est parce qu’elles se laissent influencer par trois éléments. Le premier est l’opinion de la majorité, le deuxième, les paroles des personnes influentes et respectées, et le troisième, les paroles des personnes qui détiennent l’autorité. En revanche, Nichiren n’était qu’une personne seule, un homme du commun n’ayant aucun lien avec les autorités au pouvoir. C’est pour cela que, bien qu’il ait proclamé avec vigueur la vérité, les gens l’ont ignoré. Telle est la voie mondaine : les êtres humains ont tendance à suivre ce que disent les personnes puissantes et de haut rang, même si cela n’a pas de fondement. C’est encore ce qui se produit aujourd’hui. Nichiren a prouvé le bien-fondé du Sûtra du Lotus Nichiren cite ensuite deux des « quatre normes » de la pratique bouddhique enseignées dans le Sûtra du Nirvana – à savoir « suivre la Loi et non les personnes » et « s’appuyer sur les sûtras qui sont complets et définitifs et non sur ceux qui ne sont ni complets ni définitifs ». Les bouddhistes s’appuient sur la Loi, non sur les personnes, et sur les sûtras qui révèlent pleinement la véritable intention de Shakyamuni, et non sur les autres. C’est-à-dire que nous devons nous appuyer sur le Sûtra du Lotus, l’écrit qui révèle le véritable enseignement du Bouddha et ne pas nous laisser ballotter par l’opinion publique, le statut social ou l’autorité. Nul n’a lu le Sûtra du Lotus avec sa vie – c’est-à-dire mis ses enseignements en pratique – autant que Nichiren. Dans ses efforts pour propager la Loi merveilleuse, il fut confronté à des persécutions mettant sa vie en danger, correspondant précisément aux descriptions du Sûtra, notamment des attaques à coups de sabres et de bâtons (cf. SdL-XIII, 189) et de multiples bannissements (cf. SdL-XIII, 191) 13. Il prouva ainsi la justesse des prédictions de Shakyamuni et du Sûtra du Lotus. Il a mis en pratique dans sa vie les deux normes « suivre la Loi et non les personnes » et « s’appuyer sur des sûtras qui sont complets et définitifs et non sur ceux qui ne sont ni complets ni définitifs » et s’y est consacré avec altruisme. Nous, pratiquants de la Soka Gakkai, unis par les liens de maître et disciple, nous gardons en héritage et perpétuons l’esprit et les actions nobles de Nichiren, en prenant ses écrits comme base et comme guide. En faisant jaillir force et inspiration dans notre vie grâce aux paroles de Nichiren et en déployant des efforts pour kosen rufu, nous réalisons sa prédiction d’une propagation de la Loi merveilleuse dans le monde entier. En accord avec le concept de « transmission du bouddhisme vers l’ouest 14 », nous faisons vivre l’histoire captivante de cette transformation intérieure qu’est la révolution humaine, dans le monde entier. Nous, pratiquants de la Soka Gakkai, établissons le bonheur pour nous-mêmes et pour les autres, en aidant chaque personne à s’éveiller à l’état de bouddha inhérent à sa vie et à faire jaillir sagesse et compassion. Nous générons un courant régulier de citoyens du monde pleins de sagesse, de force et de bonté. Notre réseau rassemble les personnes éveillées à la véritable valeur et à la dignité de la vie et n’est pas ébranlé par les fluctuations de l’opinion publique qui correspondent à ce que le bouddhisme appelle « les huit vents 15 ». Nos amis pratiquants du monde entier incarnent l’idéal de l’illumination pour tous les êtres humains enseigné par Shakyamuni dans le Sûtra du Lotus. Ils avancent énergiquement sur la grande voie menant au bonheur de l’humanité révélée par Nichiren, tout en développant notre mouvement d’espoir et de paix. Une révolution bienveillante diffusant l’espoir Le Pr Carlos Rubio, qui a supervisé la traduction en espagnol des Écrits de Nichiren, a déclaré : « Je crois que, face à la crise actuelle [la pandémie de Covid-19], nous aussi pouvons élever la voix [comme Nichiren l’a fait], et, dans notre vie, être des exemples du pouvoir de transformation du bouddhisme de Nichiren, afin de créer une révolution de la compassion dans notre cœur et chez les personnes qui nous entourent… En tant qu’organisation laïque indépendante, la Soka Gakkai a une mission cruciale. Ses activités sont une source d’inspiration et une source d’espoir pour le monde entier. Et l’espoir est ce dont nous avons besoin en ces temps de pandémie et d’insécurité, dans cette nouvelle ère de mappo [l’époque de la Fin de la Loi] où se trouve l’humanité  16. » Le Pr Rubio, qui a passé plus d’une décennie à traduire les écrits de Nichiren et le Sûtra du Lotus, a saisi profondément le sens du bouddhisme de Nichiren. Il a été le témoin du formidable développement de la Soka Gakkai qui est devenue un mouvement religieux mondial. Les personnes considèrent plus que jamais le bouddhisme de Nichiren comme une religion qui permet à chacun de développer ses riches ressources intérieures et son potentiel illimité. Le rideau se lève maintenant sur une ère du mouvement Soka où « les fleurs humaines » s’épanouissent pleinement. Notre joyeux réseau de bodhisattvas surgis de la Terre Les pratiquants de la Soka Gakkai sont des personnes de sagesse qui se consacrent à accomplir leur mission en tant que bodhisattvas surgis de la Terre. Ils croient dans la plus grande philo­sophie de la vie, l’étudient et la mettent en pratique. Chacun d’eux est un fier champion qui se lance le défi de concrétiser l’idéal de Nichiren : « l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays ». Les pieds solidement ancrés sur la terre ferme, la tête haute et le cœur empli de confiance et de fierté, continuons à développer largement notre joyeux réseau de bodhisattvas surgis de la Terre, afin de créer un siècle de respect de la dignité de la vie !