Mars 2026

Étude bouddhique

Thème

Citations

Jour après jour, mois après mois

Cet esprit bouddhique de chérir absolument chaque personne et de n’en négliger aucune n’existe nulle part ailleurs de manière aussi puissante et intense qu’au sein des réunions de discussion de la SGI que nous avons créées et protégées. […] C’est précisément parce que nous chérissons nos groupes que nous pouvons puiser la sagesse et la force du Bouddha en nous-mêmes. (Éditorial du Daibyakurenge, octobre 2011)   La persévérance est une force. Quelle que soit la tâche entreprise, les gens qui continuent à déployer des efforts réguliers finissent par remporter la victoire. Une foi inébranlable dans la Loi merveilleuse est la clé pour ouvrir la voie de la victoire. (Série d’encouragements « Graver les écrits de Nichiren dans notre cœur »)   Nous pratiquons le bouddhisme de Nichiren pour nous développer et poursuivre notre révolution humaine au travail, en famille et au sein de notre environnement. Nous agissons pour créer les plus grandes valeurs à l’endroit même où nous nous trouvons. (Série d’étude « Les jeunes et les écrits de Nichiren »)   Toujours prendre un nouveau départ, nous dépasser et lutter sans cesse – cette détermination indéfectible à affronter courageusement chaque épreuve est une authentique source de jeunesse, de sérénité, de sagesse et de bonne fortune. (Discours prononcé à la réunion des responsables du siège, mai 1991)   Celles et ceux qui se dépassent pour encourager les autres par leurs efforts sincères, leurs paroles sensibles et leur comportement authentique sont les plus nobles et les plus admirables de tous. (Message pour le groupe Avenir, novembre 2016)   Nous nous acquittons véritablement de notre dette de reconnaissance quand nous offrons l’attention et le soutien dont nous avons bénéficié à la prochaine génération. Accordons la plus grande valeur aux jeunes successeurs, encourageons-les et entraînons-les. (Discours prononcé à la conférence des responsables, avril 2009)   Depuis l’origine, les réunions de discussion de la Soka Gakkai sont ouvertes et accessibles à tous. Ce sont des forums populaires destinés à insuffler sagesse et vitalité dans la société. Dans ces réunions, les participants racontent les bienfaits qu’ils ont accumulés grâce à la pratique du bouddhisme de Nichiren ; cela crée en chacun une nouvelle détermination. Nous applaudissons les efforts de ceux qui luttent avec courage. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 3/1-Kosen rufu et la paix mondiale, chap. 22 « L’organisation destinée à faire avancer kosen rufu », p. 156.) [Accessible en ligne : 24.6]   La prière fondée sur notre vœu de bodhisattva surgi de la Terre est la force motrice qui nous permet de nous développer, de faire surgir notre potentiel et de polir notre vie sans limite. (Discours prononcé à la réunion des responsables de chapitre, juillet 1989)   Il est important de prendre l’initiative et de créer des liens positifs avec une personne, puis une autre. Rappelons-nous toujours que là réside la clé pour soulever de nouvelles vagues de victoires dans nos actions pour kosen rufu. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Si vous êtes tendu et sur vos gardes à chaque fois que vous parlez du bouddhisme, les gens ne seront pas réceptifs à vos propos. Pour nous, le dialogue bouddhique est l’expression naturelle de notre humanité. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 6, p. 110)   L’important est de ne pas spéculer sur ce que pourrait être l’avenir, mais d’être déterminé à créer l’avenir que nous souhaitons et de passer à ­l’action pour qu’il en soit ainsi. (Message pour la réunion nationale du département des étudiants, décembre 2022)   Au sein de notre mouvement dédié à la création de valeurs, les pratiquants célèbrent leur développement mutuel et s’apprécient. Ils transforment la plainte en prière, et partagent les joies et les peines des autres, devenant ainsi une source d’espoir pour la transformation de leur environnement. (« Les cinq orientations éternelles de la Soka Gakkai »)   Toute organisation, quelle qu’elle soit, cherche à insuffler son esprit et à transmettre ses principes fondateurs. Cela constitue la ligne directrice de son développement et assure sa pérennité. Toute prospérité n’est durable que lorsqu’elle est associée à la sagesse qui permet de répondre aux besoins de l’époque. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 29, traduction provisoire)   Les mots qui inspirent l’âme servent d’“armes” dans cette révolution pacifique – la révolution humaine – qui vise à opérer une transformation radicale dans la vie de chacun. Les paroles sont la vie. Elles représentent la lumière et l’espoir. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 10, p. 44)   Nichiren écrit : « Le sûtra connu sous le nom de Sûtra du Lotus est un bon médicament pour les divers maux du corps et de l’esprit. » (WND-II, 747) Réciter des Daimoku éclatants nous permet de surmonter la maladie et de mener une longue vie en bonne santé. (Éditorial du Daibyakurenge, janvier 2015)   Vivre avec esprit de discipline est vital pour s’améliorer. Quand vous récitez Gongyo le matin, exprimez clairement vos objectifs de la journée et, pendant le Gongyo du soir, réfléchissez au déroulement de votre journée. (Discours prononcé à la réunion nationale des responsables du département des femmes, juin 1990)   La religion est faite pour le bonheur des êtres humains. Notre bouddhisme est un enseignement humaniste d’une grande profondeur, éternellement ancré dans l’engagement de Nichiren à promouvoir la liberté et la dignité de chacune et chacun. (Séminaire d’entraînement États-Unis/Japon, septembre 1991)   Affrontez chaque difficulté avec un esprit positif et courageux. Les personnes se rassemblent naturellement là où il y a joie et espoir. De cœurs rayonnants surgissent de nouvelles vagues de dialogues. (Discours prononcé à la conférence conjointe des représentants de Hong Kong et de Macau, janvier 2011)   Nous accumulons une grande bonne fortune par nos actes de vertu cachée. « Là où il y a vertu cachée, il y aura une récompense visible » (Vertu cachée et récompense visible, Écrits, 916) traduit le principe rempli d’espoir selon lequel celles et ceux qui luttent sincèrement dans l’ombre accumuleront d’immenses bienfaits. (Discours prononcé à la réunion des responsables, avril 2004)   Ce qui compte, c’est de sans cesse remporter la victoire, jour après jour. En remportant victoire après victoire dans notre vie et pour kosen rufu, terminons l’année avec éclat ! (Série d’essais « Le chant de la victoire humaine »)   C’est dans la propagation que résident notre véritable pratique bouddhique et notre révolution humaine. Elle part du combat intérieur que nous menons pour vaincre notre lâcheté et nos faiblesses. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 7, chap. « Jeunes pousses », p. 117)   Tout vient du sérieux et de la sincérité. Avec une telle attitude, nous pouvons puiser un courage, une force et une sagesse infinis. Les personnes sérieuses ne sont pas imprudentes, inattentives ou négligentes, et c’est pour cela qu’elles ne sont pas vaincues. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 12, chap. « La fraîcheur de l’espoir », p. 22)   Nichiren affirme : « Nous avons une profonde dette de reconnaissance envers notre maître qui nous empêche de suivre des doctrines erronées et nous mène vers la voie correcte. » (WND-II, 204) Quand des personnes se sentent soutenues et soutiennent elles-mêmes d’autres personnes, tout leur environnement devient plus fort et plus rayonnant. (Série d’essais « La citadelle éternelle du mouvement Soka »)   Avoir la force et l’attitude de rire de tous les obstacles est la marque d’un bien-être spirituel. Les personnes de grand courage sont rayonnantes et enthousiastes. (Discours prononcé à la réunion des responsables du siège, janvier 1991)   Nous devons croire dans le potentiel immense des enfants et lutter pour développer leurs capacités innées ainsi que les nôtres. Plus nous élargissons notre esprit, plus nous pouvons inspirer et soutenir les autres. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 4, chap. « Le groupe Avenir est le trésor de la Soka Gakkai », pp. 30-31.) [Accessible en ligne : 30.1]   « Accorder la plus grande valeur à chaque personne » − ces mots très simples incarnent la philosophie et les idéaux du bouddhisme de Nichiren, qui enseigne le respect de la dignité de la vie. Mettre cela en pratique conduira à la création d’une nouvelle solidarité entre celles et ceux qui ouvriront la voie vers un avenir plus radieux. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 26, chap. « Des responsables courageux », p. 244)   Quand nous nous éveillons à notre mission en tant que bodhisattvas surgis de la Terre et que nous nous dressons dans l’action pour l’accomplir, le courage et une puissante force vitale jaillissent de l’intérieur de notre vie. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 30-I, chap. « Nouvel élan », p. 288)   Kosen rufu se réalise quand nous nous efforçons avec persévérance d’établir la confiance et l’amitié sur notre lieu de travail et dans notre environnement. En d’autres termes, un comportement fondé sur le sens commun est l’expression d’une foi authentique. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 24, chap. « Le phare », p. 294)

Paroles d'encouragement

C’est à vous, mes jeunes successeurs, que je transmets le relais

Cette série contient des extraits d’encouragements du président Ikeda parus dans le mensuel Mirai 1, la revue du département des collégiens et des lycéens au Japon, le 1er janvier 2026. Certains de ces extraits ont déjà été publiés mais ils paraissent ici dans une version révisée. Brillez de tout votre éclat en récitant Nam-myoho-renge-kyo Le président Ikeda a enseigné que réciter Nam-myoho-renge-kyo nous permet de faire jaillir notre potentiel illimité. Je reçois de nombreux messages de membres du groupe Avenir du Japon et du monde entier exprimant leur détermination de se lancer, pleins d’énergie, dans la nouvelle année. Faisant part de tout l’espoir qu’il plaçait dans nos jeunes successeurs, mon maître, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, a dit : « À l’avenir, nous devrons bâtir une société paisible fondée sur l’esprit de citoyens du monde et libérée de toute discrimination nationale ou ethnique – une société où chacun peut faire ­l’expérience du véritable bonheur. J’espère que vous vous souviendrez de ce que j’ai dit aujourd’hui et que vous contribuerez à réaliser ce rêve, même modestement. » M. Toda traitait les enfants à qui il s’adressait comme des adultes, en leur manifestant le plus grand respect. Il partageait sincèrement avec eux sa noble vision de la citoyenneté mondiale, en ayant la conviction inébranlable que les jeunes qui adoptent le bouddhisme de Nichiren sont déjà des dirigeants du monde. Ceux qui récitent Nam-myoho-renge-kyo peuvent puiser dans leur potentiel illimité. Ils peuvent faire jaillir d’eux-mêmes une sagesse inépuisable. Ils peuvent insuffler de l’espoir aux autres en offrant un exemple inspirant de courage et de conviction. Vous avez tous adopté la Loi merveilleuse dans votre jeunesse. Et vous vous lancez des défis dans vos études. Les portes du monde s’ouvrent largement devant vous. Si vous récitez sincèrement Nam-myoho-renge-kyo et que vous agissez pour le bien-être et le ­bonheur des autres, alors, quel que soit l’endroit où vous vous rendrez dans le monde, ce sera pour vous un lieu idéal qui vous permettra de briller de tout votre éclat. Extrait de Dialogue pour l’avenir Le trésor de l’espoir Pour nous encourager à faire un pas en avant vers nos objectifs, le président Ikeda relate ici un épisode historique concernant la vie du roi de Macédoine Alexandre le Grand (356-323 avant notre ère). Alors qu’Alexandre s’apprêtait à partir en expédition en Perse, sachant que l’avenir de son pays reposait sur ses épaules, il se mit à distribuer tous ses biens personnels à ses serviteurs, ce qui ne manqua pas de les surprendre, mais il insista : « Prenez tout. Ne vous gênez pas. » Il voulait sans aucun doute s’assurer que, quoi qu’il arrive durant la campagne militaire dans laquelle il allait s’engager, les familles des serviteurs qui l’accompagneraient ne resteraient pas sans ressources. Mais Alexandre allait-il se retrouver lui-même totalement démuni ? Un de ses serviteurs s’en préoccupa : « Votre Majesté, si vous renoncez à tous vos trésors, qu’adviendra-t-il de vous ? Vous vous apprêtez à partir et vous ne gardez rien. « En ce qui me concerne, je garde un trésor qui est en fait le plus grand d’entre tous. Je l’emmènerai d’ailleurs avec moi durant mon voyage. » Les serviteurs parurent perplexes. « De quel trésor parlez-vous ?Ce trésor, répondit Alexandre, c’est l’espoir. C’est le seul trésor que j’emporterai avec moi – l’espoir. Il fixa alors le ciel avec un grand sourire et désigna l’Orient où le mènerait son expédition. En imaginant toute la noblesse et la dignité d’Alexandre le Grand à ce moment-là, je pense à chacun d’entre vous, mes amis du groupe Avenir. Je prie pour vous et vous lance du fond du cœur cet appel : « Quoi qu’il arrive, remportez la victoire ! Remportez la victoire d’une manière ou d’une autre ! Remportez la victoire finale ! » Extrait de Dialogue sur l’espoir Développer la confiance en soi en agissant au mieux de ses capacités Le président Ikeda nous a encouragés à renforcer peu à peu notre confiance en avançant à notre rythme et en nous lançant régulièrement des défis. Il n’est jamais trop tard. L’important, c’est de commencer maintenant. Que ce soit dans vos études ou dans n’importe quel autre domaine, vous pouvez tout réussir si vous le souhaitez vraiment. La vraie confiance ne vient pas du fait de se comparer aux autres et de se sentir supérieurs à eux. Ce type de confiance s’effondrera au moment où vous verrez apparaître quelqu’un qui vous semblera meilleur que vous. La véritable confiance se construit avec des efforts réguliers et quand vous avez la conviction que vous avez donné le meilleur de vous-même. Un président d’université m’a dit un jour : « Même si nous devons nous y prendre à trois fois pour réaliser ce que les autres parviennent à faire immédiatement, même si nous devons nous y prendre à dix fois pour réaliser ce que les autres accomplissent en trois fois, il n’y a rien que nous ne pourrons pas accomplir si nous persévérons. » Voilà ce qu’est la vraie confiance. Le poète japonais Kotaro Takamura 2 a écrit : « Devant moi ne s’ouvrait aucune route. Derrière moi, une route est tracée. » La route que vous suivez devient votre chemin. Le mode de vie que vous choisissez façonne votre avenir. Votre comportement est décisif. C’est à vous et à vous seulement qu’incombe la responsabilité de diriger votre vie. Si vous vous contentez d’agir sous le contrôle de votre environnement, alors cela deviendra la principale caractéristique de votre existence. Ce n’est pas une bonne façon de vivre. Vous êtes vous-même le héros de votre histoire, c’est vous qui décidez du type de vie que vous allez mener. Extrait de Dialogue sur l’espoir

Réflexions sur la NRH

Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine

Comment mon maître encourageait chaque personne Par Ho Goku 1 J’ai déjà évoqué par le passé mes cours du matin à l’« université Toda », où mon maître Josei Toda m’enseignait toutes sortes de matières. Chaque jour, de nombreuses personnes venaient voir M. Toda pour lui demander des encouragements et des orientations dans la foi. Même s’il était occupé à travailler, il les recevait et prenait le temps de les écouter. Elles arrivaient avec toutes sortes de problèmes et de tourments : il y avait des personnes pauvres, ou qui se trouvaient dans une impasse, ainsi que des personnes insatisfaites ou qui avaient perdu la foi. Je restais toujours aux côtés de M. Toda dans ces moments-là. Je le soutenais dans l’ombre jour après jour et il me demandait parfois de transmettre ses encouragements et orientations à d’autres. Grâce à cet entraînement, j’ai pu écouter très attentivement chacun de ses mots, en les gravant dans mon esprit. Pour encourager ses interlocuteurs, M. Toda employait parfois des exemples concrets, faciles à comprendre et, en d’autres occasions, il prodiguait des conseils inspirants ou encore exposait le fruit de ses réflexions de manière simple et concise. Mais il pouvait aussi partager différentes anecdotes, en souriant et en conversant d’une voix chaleureuse et amicale afin d’apaiser le cœur de ses interlocuteurs. Il lui arrivait également d’être aussi furieux qu’un père strict mais aimant en soulignant la paresse, les faiblesses ou l’arrogance de la personne en face de lui afin de l’amener à corriger cette tendance. Et quand une mère démunie venait le voir, portant un bébé dans le dos et un autre dans ses bras, M. Toda ouvrait son exemplaire des écrits de Nichiren et lui citait des passages pour l’encourager et lui redonner espoir. Il rappelait toujours avec humilité qu’il ne s’agissait pas de ses paroles à lui, mais de celles de Nichiren, et que c’était là le cœur de l’enseignement bouddhique qu’elle avait elle-même décidé de pratiquer. Je revois encore la chaleur et la bienveillance infinies avec lesquelles M. Toda s’adressait à chacun. « Ceux qui croient dans le Sûtra du Lotus vivent comme en hiver, mais l’hiver se transforme toujours en printemps. » (L’hiver se transforme toujours en printemps, Écrits, 539) « Ceux qui croient au Sûtra du Lotus attireront le bonheur depuis plus de dix mille ri alentour. » (Écrit du Nouvel An, Écrits, 1145) Il citait des passages des écrits de Nichiren faciles à comprendre pour encourager ces femmes qui luttaient dans un contexte financier particulièrement difficile et cherchaient à se frayer un chemin sur les pentes escarpées de la vie. Il les rassurait en leur disant sans cesse : « Tel est l’enseignement de Nichiren ; ce ne sont pas seulement mes mots. » En d’autres occasions, quand ses jeunes disciples du département de la jeunesse venaient le voir, il leur lisait des passages du Gosho et les instruisait avec rigueur. Quand des jeunes femmes venaient lui demander conseil, il leur offrait des orientations fondées sur les paroles d’or de Nichiren, leur montrant ainsi la voie correcte à suivre et il leur disait : « Je vous dis cela pour qu’à l’avenir vous soyez heureuse. » Un jour, alors qu’il encourageait une personne qui ne s’entendait pas avec ses frères et sœurs, M. Toda lui lut une lettre de Nichiren adressée aux frères Ikegami qu’il expliqua ainsi : « Nichiren écrit que deux frères unis dans leurs actions sont comparables aux deux roues d’un chariot ou aux deux ailes d’un oiseau. Il poursuit en déclarant que s’ils le considèrent, lui Nichiren, comme leur maître, ils pourront alors surmonter leurs différences et s’unir autour d’un objectif commun. Dans le cas contraire, ils doivent savoir que les bouddhas et divinités célestes ne les protégeront plus. Nichiren leur rappelle que, en tant que pratiquants du Sûtra du Lotus, ils ont déjà des ennemis clairement identifiés et que s’ils se disputent, ils seront comme le bécasseau et le crustacé qui, trop occupés à se quereller, se font tous deux capturer par le pêcheur. » Nichiren illustre son propos avec éloquence en citant cette métaphore traditionnelle. M. Toda réprimandait aussi sévèrement ceux qui critiquaient leurs compagnons de pratique, en citant plusieurs passages importants du Gosho. « Vous devriez le respecter comme s’il s’agissait du Bouddha. C’est ce que signifie ce passage du Sûtra : “Tu devras te lever et le saluer de très loin, en lui montrant autant de respect que s’il s’agissait d’un bouddha.” » (Les quatorze oppositions à la Loi, Écrits, 762) En s’appuyant sur ce passage, M. Toda rappelait l’importance, pour les pratiquants, de faire preuve de respect les uns envers les autres, en considérant chaque personne comme un bouddha. Et il souligna que c’est ce que le Sûtra du Lotus et Nichiren enseignaient. Citant le passage, « Par conséquent, la meilleure façon d’atteindre la bouddhéité consiste à rencontrer un ami de bien » (Trois Maîtres des Trois Corbeilles prient pour qu’il pleuve, Écrits, 603), il indiquait à ses interlocuteurs : « Nichiren nous encourage vivement, nous qui vivons dans ce monde corrompu, à toujours dialoguer ensemble et à œuvrer sincèrement à kosen rufu, afin de créer un bonheur éternel. Nous n’avons pas le temps de critiquer les autres ou de nous quereller. Nous serions à coup sûr réprimandés par Nichiren si nous nous laissions emporter par des émotions si mesquines. » Quand les responsables lui rapportaient des problèmes au sein de l’organisation, il fondait ses encouragements sur les passages du Gosho où Nichiren enseigne le principe fondamental de l’unité. Dans la vie comme dans le bouddhisme, l’essentiel, ce sont les principes de base. « Si la conscience d’être “différents par le corps, un en esprit” prévalait parmi les êtres humains, ils atteindraient tous leur but. En revanche, s’ils sont “un par le corps, différents par l’esprit”, ils ne pourront rien accomplir de remarquable. » (Différents par le corps, un en esprit, Écrits, 622) « En revanche, même si Nichiren et ses disciples sont peu nombreux, comme ils sont différents par le corps, mais unis en esprit, ils accompliront à coup sûr leur grande mission, qui consiste à propager largement le Sûtra du Lotus. » (Écrits, 622) M. Toda commenta également avec beaucoup d’énergie un passage essentiel de L’héritage de la loi ultime de la vie et de la mort : « Tous les disciples de Nichiren, moines et laïcs, devraient réciter Nam-myoho-renge-kyo avec la conscience d’être “différents par le corps, un en esprit”, en transcendant toute différence entre eux jusqu’à devenir aussi inséparables que les poissons et l’eau dans laquelle ils nagent. Ce lien spirituel est la base de l’héritage de la Loi ultime de la vie et de la mort. Ici réside le vrai but de la propagation du message de Nichiren. Avec une telle unité, même le grand désir d’une vaste diffusion peut être ­réalisé. » (Écrits, 218) La Soka Gakkai est une organisation de pratiquants unis dans l’harmonie, agissant de concert pour kosen rufu, qui a fait sienne l’héritage spirituel de Nichiren. Par conséquent, rien ne doit détruire cette organisation que M. Toda décrit comme plus précieuse que sa propre vie. La Soka Gakkai remportera toujours la victoire grâce à l’unité selon le principe de « différents par le corps, un en esprit ». S’exprimant avec passion et conviction, M. Toda déclara qu’il n’est possible de réaliser kosen rufu que si nous protégeons et renforçons la Soka Gakkai, digne héritière de l’intention et de la volonté du Bouddha. Il est dit dans le Sûtra du Nirvana : « Appuyez-vous sur la Loi et non sur les personnes. » (Comment ceux qui aspirent initialement à la Voie peuvent atteindre la bouddhéité grâce au Sûtra du Lotus, Écrits, 881) La Soka Gakkai est forte parce qu’elle s’appuie sur les écrits de Nichiren. Quelle que soit l’époque, tant que nous revenons toujours aux fondamentaux, nous ne serons jamais dans une impasse. Dans sa préface de l’édition de la Soka Gakkai des Écrits de Nichiren (Gosho Zenshu), M. Toda écrit : « Mon souhait le plus fervent, celui que je chéris depuis toujours, c’est que ces précieux écrits soient transmis aux peuples d’Asie et du monde entier. » Aujourd’hui, en accord avec le souhait de M. Toda, les écrits de Nichiren sont traduits en plusieurs langues partout dans le monde. Les écrits de Nichiren ont déjà été traduits en coréen, et une traduction chinoise sera publiée cette année pour célébrer le 70e anniversaire de la fondation de la Soka Gakkai. Une nouvelle traduction révisée en anglais a paru l’année dernière. Grâce à cette publication, quelque 1,8 milliard de lecteurs anglophones ont désormais accès aux écrits de Nichiren. Cette publication revêt de fait une très grande importance. La Soka Gakkai internationale, qui compte des pratiquants dans 156 nations [en 2000], fonde son unité sur les écrits de Nichiren. Nichiren nous enseigne que rien ne surpasse la stratégie du Sûtra du Lotus. Le Gosho est la clé pour remporter la victoire dans chaque lutte. M. Toda disait souvent avec une grande conviction : « Ceux qui s’efforcent de concrétiser les enseignements de Nichiren en propageant largement la Loi merveilleuse sont des bodhisattvas et des bouddhas. » Dans le bouddhisme, il s’agit de remporter la victoire. C’est pourquoi il est crucial de lutter pour survivre et pour remporter la victoire face à chaque défi auquel nous sommes confrontés en appliquant les principes enseignés par Nichiren. Là se trouve la véritable voie de la foi pour les disciples de Nichiren. En suivant cette voie, nous sommes assurés d’accumuler sans cesse des bienfaits, de bénéficier d’une bonne fortune incommensurable et de remporter éternellement la victoire.

Dossier thématique

« Les piliers en or de Soka »

Nous célébrons aussi en ce mois de mars le 60e anniversaire de la création du département des hommes et, en cette occasion, des membres de ce département venus de toute l’Europe participeront à un séminaire dans notre centre bouddhique de Trets du 5 au 8 mars. Il y aura aussi, le samedi 7 mars, une réunion générale rassemblant 600 hommes européens qui renouvelleront tous ensemble leur serment de réaliser kosen rufu en Europe et prendront de solides décisions pour l’avenir. Dans le dossier qui suit, nous publions d’abord un extrait du commentaire de Daisaku Ikeda sur l’écrit La stratégie du Sûtra du Lotus, adressé au célèbre samouraï Shijo Kingo dont le courage exemplaire fait souvent référence. Vient ensuite un long passage de La Nouvelle Révolution humaine racontant la création du département des hommes le 5 mars 1966 à Tokyo. Cet extrait contient de nombreux encouragements pour ceux que notre maître a appelés « Les piliers en or de Soka 1 ». Une foi pour remporter la victoire Extrait d’un commentaire de l’écrit La stratégie du Sûtra du Lotus « […] Masakado avait la réputation d’être un général courageux qui avait maîtrisé l’art de la guerre mais il fut vaincu par les armées qui étaient sous le commandement de l’empereur. Même Fan Kuai et Zhang Liang eurent leurs échecs. C’est le cœur qui est important. Quelle que soit la ferveur avec laquelle Nichiren prie pour vous, si vous manquez de foi, ce sera comme essayer de faire du feu avec une mèche humide. Efforcez-vous de faire surgir le pouvoir de la foi. Considérez comme merveilleux le fait d’être encore en vie. Employez la stratégie du Sûtra du Lotus avant toute autre. “Tous ceux qui t’ont fait du tort ou cherché querelle seront éradiqués.” [voir SdL-XXIII, 273] Ces paroles d’or ne seront jamais fausses. La stratégie et l’art du sabre proviennent fondamentalement de la Loi merveilleuse. Ayez une foi profonde. Un lâche ne verra aucune de ses prières se réaliser. Avec mon profond respect, Nichiren Le vingt-troisième jour du dixième mois, Réponse à Shijo Kingo 2 » Commentaires de Daisaku Ikeda Le plus important est le cœur Taira no Masakado (mort en 940) fut un grand guerrier japonais de l’ère Heian (794-1185). Il maîtrisait parfaitement les arts militaires et régnait sur la région de Kanto, à l’est du Japon. Cependant, il fut anéanti avec son armée sur l’ordre de la cour impériale qui craignait son influence grandissante. Le valeureux Fan Kuai et le brillant stratège Zhang Liang, célèbres généraux de la Chine ancienne, accordèrent leur soutien à Liu Bang (256-195 av. J.-C.), devenu plus tard le premier empereur de la dynastie Han. Tous deux contribuèrent largement à la fondation de cette dynastie. Leurs actions décisives sauvèrent également Liu d’une tentative d’assassinat au cours d’une rencontre avec un autre général célèbre, Xiang Yu. Cet épisode est connu sous le nom d’« Incident du banquet de Hongmen ». La vie de ces deux personnages est décrite dans des textes classiques chinois, tels que le Recueil de dix-huit histoires, une œuvre lue et étudiée par M. Toda jusqu’à la fin de sa vie. Indépendamment de leur degré d’excellence, s’ils n’avaient pas partagé le combat engagé de Liu Bang pour une noble cause, ils n’auraient jamais pu contribuer de manière significative à la création de la dynastie Han. Toutes leurs stratégies auraient été vaines. Le pouvoir, la prouesse militaire, la fortune, la célébrité ou autres façades extérieures ne se traduisent pas automatiquement en victoire, et ne garantissent pas le bonheur. « C’est le cœur qui est important. » (La stratégie du Sûtra du Lotus, Écrits, 1011) C’est la conclusion de Nichiren. Le ­bonheur n’est pas déterminé par les études, les titres, le statut social, la position dans la société, ou l’âge. Tout dépend de notre cœur, ou esprit. Un cœur peut être envahi par l’obscurité (ou ignorance). Un esprit plein d’illusions est piégé dans un cycle de négativité et de malheur, accentué par les souffrances de la naissance et de la mort. Au contraire, un esprit éveillé se fraye un chemin ascendant plein d’optimisme et d’espoir, ayant le pouvoir de transformer ce qui est négatif en positif. Le potentiel de ces deux états d’esprit existe en nous. L’ignorance et l’éveil ne font qu’un par essence. Par conséquent, l’entité d’un « esprit assombri par les illusions de l’obscurité inhérente à la vie3 » peut briller tel le joyau éclatant de la « nature fondamentale de tous les phénomènes ou réalité essentielle3. » Nous pouvons transformer l’ignorance en éveil, le poison en remède. C’est pourquoi on dit que la Loi est merveilleuse. Un esprit ayant rompu les chaînes de l’ignorance est aussi vaste que le ciel et libre comme un aigle. De plus, il est aussi digne et majestueux que l’impressionnante Tour aux trésors décrite dans le Sûtra du Lotus. Serein, il goûte librement la joie de la Loi. Il est empreint de la sagesse du Bouddha capable de dépasser et de surmonter toutes formes de maladies et de malheurs. Le pouvoir de l’esprit est véritablement incommensurable. Un changement subtil d’état d’esprit peut tout changer. La pratique nous permettant de puiser dans ce pouvoir de l’esprit est la récitation de Nam-myoho-renge-kyo pour soi et pour les autres. Nichiren a écrit : « Cet esprit, au-delà de toute compréhension, représente l’enseignement essentiel des sûtras et des traités. Celui qui s’y éveille et le comprend est appelé “Ainsi-Venu” [c’est-à-dire un bouddha]. » (WND-II, 844) Utiliser pleinement le pouvoir de l’esprit est la clé pour la victoire, à la fois du point de vue de notre vie quotidienne et de notre existence éternelle. Là réside la « stratégie du Sûtra du Lotus. » Partager le même engagement que le maître Nichiren Daishonin a manifesté ce véritable potentiel de l’esprit. Il a inscrit le Gohonzon, objet de vénération, comme l’expression directe de l’état de vie vaste et illimité qu’il avait atteint. Par conséquent, réciter résolument Nam-myoho-renge-kyo avec foi dans le Gohonzon revient à être face à un miroir et à voir notre univers intérieur : le vaste état de bouddha. L’image renvoyée est parfaitement claire. Nous pouvons manifester le même état de vie courageux que Nichiren. Nichikan Shonin (1665-1726), le réformateur du bouddhisme de Nichiren, a écrit : « Par le pouvoir de la Loi merveilleuse, nous manifestons la vie de Nichiren en nous-mêmes4 » et « Quand nous croyons en l’objet de vénération de tout notre cœur, l’objet de vénération devient lui-même notre cœur. Ainsi, le monde de la bouddhéité englobe les neuf autres états. En récitant Nam-myoho-renge-kyo avec détermination, notre vie dans son ensemble devient l’objet de vénération5. » Nichiren déclare : « Ce Gohonzon ne se trouve que dans les deux caractères “esprit croyant”. » (La composition du Gohonzon, Écrits, 840) Dans le passage « C’est le cœur qui est important », le mot cœur peut être interprété comme la croyance. Un cœur d’une croyance véritable est un trésor inégalé. Il contient en lui tous les trésors de l’Univers. Dans La stratégie du Sûtra du Lotus, comme dans d’autres écrits, Nichiren insiste sur un point important concernant notre attitude dans la foi : prier et œuvrer avec le même esprit que le maître. Il déclare : « Quelle que soit la ferveur avec laquelle Nichiren prie pour vous, si vous manquez de foi, ce sera comme essayer de faire du feu avec une mèche humide. » (Écrits, 1011) Dans une autre lettre adressée à Shijo Kingo, Les huit vents, Nichiren l’avertit : « Si des croyants laïcs et leur maître prient sans unité de cœur, leurs prières seront aussi futiles que si l’on essayait d’allumer un feu sur de l’eau. » (Les huit vents, Écrits, 801) Dans une lettre envoyée du mont Minobu à la nonne séculière Sennichi sur l’île de Sado, Nichiren fait l’éloge de son esprit de recherche en dépit de la distance qui les sépare : « Même si vous êtes restée à Sado, votre cœur est parvenu jusqu’à cette province. » (Le tambour à la Porte du Tonnerre, Écrits, 960) Ses mots encourageants signifient que malgré la distance, ils partagent le même cœur et un lien profond. Il lui assure par-là que la sincérité du cœur est ce qui importe le plus. Le passage « C’est le cœur qui est important » peut également être lu comme « partager le même cœur que le maître ». Nichiren a aussi écrit : « Ceux qui ont le cœur d’un roi-lion atteindront à coup sûr la bouddhéité. » (Lettre de Sado, Écrits, 305) Les armes et les stratégies les plus puissantes pour réaliser la paix et garantir le bonheur à travers passé, présent et futur, sont : • le cœur de la foi : transmettre la Loi merveilleuse ; • le cœur d’un disciple : soutenir son maître ; • le cœur du lion : se battre pour la vérité et la justice. Selon Nichiren, cela constitue la « stratégie du Sûtra du Lotus ». La stratégie du Sûtra du Lotus : une foi qui assure la victoire Le premier sens du mot « stratégie » fait référence aux tactiques militaires, à l’art de la guerre ou aux arts martiaux. Dans un sens plus large, il peut être interprété comme une méthode pour obtenir de meilleurs résultats dans tous les domaines, c’est-à-dire mener une vie victorieuse en créant des valeurs. La « stratégie du Sûtra du Lotus » fait référence à la foi dans le Gohonzon. C’est la foi qui combat l’ignorance et l’illusion. Grâce à une prière confiante, à la sagesse illimitée et au courage qui en découle, elle transforme le karma négatif et mène à la victoire. Quelle que soit la situation, en nous fondant sur la Loi merveilleuse, Loi ultime de l’univers, nous ne nous trouverons jamais dans l’impasse. Son pouvoir inégalé nous permet de surmonter tous les obstacles sur le chemin de la bouddhéité. Nichiren cite le passage du chapitre « Les actes antérieurs du bodhisattva Roi-de-la-Médecine », qui enseigne que tous les obstacles seront dépassés (Voir SdL-XXIII, 273). C’est un exemple de l’immense bonne fortune reçue lorsque l’on adopte et transmet le Sûtra du Lotus. Le pouvoir de la « stratégie du Sûtra du Lotus », c’est être capable de surmonter les obstacles et les forces négatives par la foi en la Loi merveilleuse. C’est pourquoi Nichiren dit que la « stratégie du Sûtra du Lotus » est en fait l’essence de « la prudence et du courage » ayant permis à Shijo Kingo de sortir victorieux et sans blessure de son combat face à ses ennemis. Vouloir rester en bonne santé, désirer mener une vie satisfaisante, tisser des liens de confiance dans son quartier et dans la société… Le cœur de tous ces efforts, ces entreprises et ces défis, c’est cela la stratégie du Sûtra du Lotus ou, en d’autres termes, une foi forte. À la fin de la lettre La stratégie du Sûtra du Lotus, Nichiren écrit : « Un lâche ne verra aucune de ses prières se réaliser. » Ralph W. Emerson (1803-1882), philosophe américain a dit : « La lâcheté fait fermer les yeux6. » La lâcheté nous empêche de percevoir la vérité, de voir les choses comme elles sont. Elle peut transformer une difficulté mineure en un immense obstacle insurmontable et nous empêcher d’envisager une issue éventuelle. Le courage est donc crucial. Ralph W. Emerson a aussi écrit : « Il est clair qu’il n’existe pas de compartiment ou de cellule séparée dans le cerveau, nommés courage, ni de vaisseau dans le cœur contenant des gouttes ou des atomes attribuant cette vertu ; le courage est l’état naturel ou sain de tout homme libre de faire ce pour quoi il est fait. C’est cet accord authentique entre l’esprit et l’action qui représente le courage 7. » En termes bouddhiques, le courage est l’état d’esprit le plus fort et le plus robuste découlant de notre nature inhérente de bouddha. C’est avoir l’esprit combatif de vaincre notre obscurité fondamentale et de révéler instantanément notre bouddhéité. Pour nous, le courage signifie nous lancer un défi face aux problèmes auxquels nous sommes confrontés dans notre vie quotidienne, là où nous nous trouvons, avec la conviction que nous sommes les entités de la Loi merveilleuse. C’est le moyen d’utiliser la stratégie du Sûtra du Lotus, d’écrire une histoire ornée de victoires 8... La création du département des hommes Extrait de La Nouvelle Révolution humaine, vol. 10, p. 335-345 À Tokyo, ce 5 mars était une belle journée de printemps au ciel dégagé. Shin’ichi attendait cette date le cœur débordant d’espoir. Une cérémonie marquant la création du département des hommes, annoncée lors de la réunion des responsables du 27 février, devait avoir lieu ce soir-là au siège de la Soka Gakkai. Dans la journée, lorsqu’il croisait un employé du siège qui allait intégrer le nouveau département, Shin’ichi faisait observer joyeusement : « Le temps est enfin venu pour les hommes de la Soka Gakkai de se dresser. Le rideau va maintenant se lever sur une époque où les activités en faveur de kosen rufu vont véritablement prendre tout leur essor. » Shin’ichi était fermement convaincu que les membres du département des hommes étaient les piliers de soutènement de cette architecture grandiose de kosen rufu. Du temps de Nichiren Daishonin, c’étaient ses disciples masculins d’âge mûr qui jouaient un rôle clé parmi les laïcs. À titre d’exemple, Shijo Kingo, l’un des disciples éminents de Nichiren à Kamakura, avait une quarantaine d’années lorsqu’il l’accompagna au moment de la persécution de Tatsunokuchi, prêt à sacrifier sa propre vie pour sauver son maître. C’est aussi vers l’âge de 45 ans qu’il avait tenté de persuader son suzerain, le Seigneur Ema, de se convertir au bouddhisme de Nichiren, et il avait dû endurer ensuite des persécutions et attaques, notamment la confiscation de certaines de ses terres. Pour autant, on se représente souvent Shijo Kingo comme un jeune disciple. Cette impression tient en partie au fait qu’il avait 27 ans lorsqu’il s’est converti au bouddhisme de Nichiren. Mais surtout, elle est due à son dévouement résolu à kosen rufu, à sa sincérité et sa passion hors du commun. En japonais, le nom du département des hommes est sonen-bu – bu signifiant « département » et sonen littéralement « hommes dans la force de l’âge ». Il importe donc que tout en gardant calme et sang-froid, les membres de ce département fassent également montre de courage, d’énergie, et d’un goût de l’action en tant que personnes brûlant d’un engagement passionné pour kosen rufu. Outre Shijo Kingo, à Kamakura, les disciples clés de Nichiren Daishonin dans la province de Shimosa (située dans les actuelles préfectures de Chiba et Ibaragi) étaient Toki Jonin, Ota Jomyo et Soya Kyoshin, tous des hommes dans la force de l’âge. En 1260, Toki Jonin offrit refuge à Nichiren Daishonin dans sa demeure après la persécution de Matsubagayatsu, où des croyants de l’école de la Terre pure (Jodo) avaient attenté à sa vie. Toki Jonin avait quelques années de plus que Nichiren et était âgé d’environ 45 ans lorsqu’il se joignit au combat visant à répandre la Loi merveilleuse. Ota Jomyo, converti aux enseignements de Nichiren par Toki Jonin, était, pense-t-on, du même âge que ce dernier. Soya Kyoshin avait deux ans de moins que Jomyo. Ainsi, lors de la persécution de Tatsunokuchi, en 1271, Toki Jonin avait approximativement 56 ans, Ota Jomyo environ 50 ans et Soya Kyoshin, 48. Parce que ces hommes se sont dressés pour combattre avec bravoure et ont incité leurs amis pratiquants à faire de même, ils ont sans aucun doute été des modèles de conviction inébranlable aux yeux de bon nombre de disciples qui furent ainsi encouragés à persévérer dans la croyance face à de grandes persécutions. Là où se trouvent des hommes de cette trempe, ceux qui les entourent se sentent rassurés. Voir les hommes se dresser insuffle du courage aux autres. Leur présence est capitale, et leur potentiel, énorme. À 17 heures, la cérémonie marquant la création du département des hommes s’ouvrit dans la salle située au deuxième étage du siège de la Soka Gakkai. Les rayons éclatants du soleil couchant se déversaient dans la pièce. Shin’ichi Yamamoto dirigea un Gongyo solennel. Les participants arboraient un visage radieux, enthousiastes à l’idée que le moment était venu pour eux de faire la démonstration de leurs véritables capacités. Shin’ichi pria avec ferveur pour que ce département, ce grand rempart de la Soka Gakkai, se dresse résolument. Le directeur général Izumida prononça ensuite une allocution. Il appela les participants à remporter la victoire sur leur lieu de travail et à apporter d’éminentes contributions dans leur quartier, gagnant ainsi la confiance de la société tout entière. Shin’ichi se penchait sur son siège et applaudissait. Les hommes dans la force de l’âge occupent de nombreux postes à responsabilité dans la société. De ce fait, pour réaliser une société paisible fondée sur les idéaux bouddhiques, il importe que les membres du département des hommes jouent un rôle actif dans chaque sphère de la société et deviennent de remarquables dirigeants. L’ère de l’époque essentielle de kosen rufu est celle où chaque individu apportera la preuve concrète du pouvoir de sa croyance en se basant sur le principe selon lequel “la foi équivaut à la vie quotidienne”. Ce discours du directeur général fut suivi d’interventions des vice-responsables du nouveau département des hommes, puis d’orientations dans la croyance du président Yamamoto. Ce dernier prit la parole en arborant un large sourire : « Félicitations pour cette création du département des hommes. Je suis vraiment au comble du bonheur. Ainsi ce jour est finalement arrivé et je me sens encore plus rassuré quant à l’avenir de kosen rufu. » Shin’ichi exprimait là ce qu’il ressentait du fond du cœur. Il ajouta que dans l’intérêt d’une progression constante de kosen rufu, il importait de conjuguer les deux atouts que représentaient une prudente circonspection et un esprit de réforme, juvénile et énergique, ajoutant que c’était la combinaison exemplaire des efforts de la maturité et de la jeunesse qui avait jusqu’alors contribué au développement de la Soka Gakkai. Il fit par ailleurs observer qu’en cette époque de nouveau départ du mouvement, l’énergie de la jeunesse, qui alimente le développement de kosen rufu, ainsi que l’expérience et la sagesse des hommes matures et expérimentés, étaient cruciales. Shin’ichi évoqua ensuite le rôle de ce département au sein de la Soka Gakkai tout entière. « Il va sans dire que notre organisation avance grâce à la coopération entre ses divers départements. Cependant, de même que le père est souvent l’épine dorsale de la famille, les membres du département des hommes ont pour importante mission d’assurer le succès de nos activités. C’est pourquoi les hommes font office de figures centrales dans chaque chapitre et district. « Si l’une des fonctions essentielles du département des hommes est certes de former ses membres, j’espère cependant que vous ne vous considérerez pas seulement comme un département de la Soka Gakkai parmi d’autres, mais favoriserez l’harmonie entre tous ceux qui la composent et prendrez sur vous de protéger l’organisation ainsi que tous ses membres. » Des exclamations enthousiastes et des applaudissements fusèrent dans toute la salle. Shin’ichi reprit : « Si le département des hommes donne un exemple édifiant, ceux des femmes, des jeunes hommes et des jeunes femmes connaîtront eux aussi un essor spectaculaire. Les encouragements sincères du département des hommes contribueront à nourrir des personnes véritablement capables dans chaque département. « J’aimerais en particulier que vous souteniez les jeunes hommes dans leurs efforts pour déployer leur potentiel, en leur offrant des occasions d’œuvrer activement en première ligne et en prenant l’entière responsabilité de leur développement. « De même, j’aimerais que vous entouriez et protégiez chaleureusement les départements des femmes et des jeunes femmes. Le département des hommes représente un modèle de croyance pour les autres départements. Tout le monde vous observe afin de voir comment, avec votre riche expérience concrète de la vie, vous vous attaquez à vos divers défis. « Si vous persévérez contre vents et marées avec une forte croyance, les membres des autres départements suivront sans hésiter votre brillant exemple. Si, en revanche, vous manquez de sincérité et faites preuve d’opportunisme ou de veulerie, voire si vous abandonnez la pratique, cela en amènera certains à perdre de vue leurs objectifs, et peut-être même à douter de leur croyance. Le rôle du département des hommes est vraiment fondamental. » Shin’ichi tenait à leur faire mesurer toute l’importance de persévérer dans la croyance jusqu’à la fin de sa vie. Il n’est pas rare de voir la passion des hommes s’émousser lorsqu’ils prennent de l’âge, même s’ils ont été très actifs pendant leur jeunesse et se sont juré de se consacrer à kosen rufu. Il y a de nombreuses raisons à cela. L’une est qu’ils sont plus occupés par leur travail en raison de plus lourdes responsabilités professionnelles ; la maladie ou une santé déclinante peuvent parfois aussi en être la cause. Dans d’autres cas, ils se relâchent dans leur croyance, estimant que puisqu’ils ont consacré beaucoup d’énergie à leurs activités au sein de la Soka Gakkai par le passé, ils méritent bien une pause. Bien entendu, il y a des moments dans la vie où le travail revêt une priorité absolue. De même, si l’on tombe malade, il est important de se reposer afin de récupérer. Mais la pratique bouddhique est une quête de toute une vie. Quelles que soient les circonstances, il est capital de ne pas reculer dans la foi. La plus infime tentation en ce sens dénote déjà un fléchissement dans notre croyance, même si nous n’en avons peut-être pas conscience. Nichiren Daishonin écrit : « Renforcez votre foi, jour après jour, mois après mois. Si vous relâchez votre détermination ne serait-ce qu’un petit peu, les démons l’emporteront » (Sur les persécutions subies par le Sage, Écrits, 1008). Si nous régressons dans la foi ou succombons à la négligence ou à la lâcheté, si peu que ce soit, nous créons alors une brèche où pourront s’engouffrer les fonctions démoniaques afin de tenter de détruire notre croyance ainsi que le fondement de notre bonheur. Shin’ichi espérait que tous les membres du département des hommes continueraient à suivre jusqu’au bout le chemin de ­l’atteinte de la bouddhéité en cette vie, de leur révolution humaine, et de la gloire et de la victoire à travers les trois existences (passé, présent et futur). Abandonner sa foi équivaut à se trahir soi-même. Évoquant la fin pitoyable qu’avaient connue les membres ayant quitté la Soka Gakkai, calomnié et attaqué le président Toda ainsi que l’organisation, il mit l’accent sur la nécessité de conserver sa croyance jusqu’à la fin de ses jours. Sa voix vibrait de la ferme détermination de ne pas laisser ne fût-ce qu’un seul membre au bord de la route : « Nul ne peut échapper au fonctionnement rigoureux de la loi de causalité bouddhique. Par conséquent, quelles que soient les critiques et les attaques dont vous êtes la cible, il est crucial de demeurer constant dans votre croyance, en conservant votre foi dans le Gohonzon et en restant fidèles à la Soka Gakkai, avec la certitude d’accumuler ainsi de grands bienfaits invisibles. « Citant le Sûtra du Lotus, Nichiren Daishonin déclare sans équivoque que ceux qui maintiennent une croyance solide goûteront “paix et sécurité dans leur vie présente et des conditions favorables dans la prochaine” (SdL-V, 110). Ces paroles de Nichiren ne sauraient être mensongères. » La voix de Shin’ichi redoubla de vigueur : « Vous, membres du département des hommes, entamez la période de consolidation des fondements pour le chapitre final de votre vie. Chacun de vous possède de formidables capacités. J’espère que vous emploierez tous vos talents à faire progresser kosen rufu. « Nichiren écrit : “Puisque la mort est certaine dans les deux cas, vous devriez choisir de donner votre vie pour le Sûtra du Lotus. Considérez une telle offrande comme une goutte de rosée qui rejoint l’océan ou un grain de poussière retournant à la terre” (La Porte du Dragon, Écrits, 1013). Puisque nul d’entre nous ne saurait échapper à la mort, Nichiren nous exhorte à vivre notre vie pour le Sûtra du Lotus, la Loi éternelle de la vie. En d’autres termes, il nous engage à utiliser notre vie pour œuvrer à kosen rufu. « C’est la seule manière de fusionner avec la Loi merveilleuse, la grande vie de l’univers, et de vivre éternellement, tout comme la goutte de rosée qui rejoint l’océan et le grain de poussière qui retourne à la terre. Une vie s’écoule en un clin d’œil. De plus, en cette existence-ci, la période où nous pouvons être actifs et débordants de vitalité est limitée. Une fois atteint l’âge moyen, le temps semble passer à la vitesse de l’éclair. « Si vous ne vous dressez pas maintenant, quand allez-vous le faire ? Si vous ne déployez pas tous vos efforts maintenant, quand comptez-vous le faire ? Combien de décennies avez-vous l’intention d’attendre avant de vous décider ? Nul ne sait dans quel état vous serez à ce moment-là. Vous êtes dans la force de l’âge. C’est une période précieuse dans notre existence présente qui est limitée. Si je vous dis cela, c’est parce que je ne veux pas que vous ayez de regrets ! » Pareille au rugissement d’un lion, la voix de Shin’ichi toucha profondément le cœur des membres du département des hommes. Les participants écoutaient avec sérieux, en désirant avec ardeur s’imprégner de chacune de ses paroles. Il poursuivit : « C’est à l’âge de 57 ans que le président Makiguchi se convertit au bouddhisme. C’est à l’âge de 45 ans, à sa sortie de prison, que le président Toda se dressa seul pour accomplir kosen rufu. Ils avaient à peu près le même âge que bon nombre d’entre vous lorsqu’ils ont fait jaillir une foi profonde et relevé le défi de faire progresser kosen rufu. Telle est la tradition de la Soka Gakkai. « Je suis moi aussi membre du département des hommes. J’espère que vous vous dresserez courageusement avec moi dans cet esprit de la Soka Gakkai et deviendrez les piliers en or soutenant la citadelle de Soka. » La détermination d’être des champions de kosen rufu illuminait le visage des membres. Pour conclure, Shin’ichi déclara : « Je compte sur vous. Si le département des hommes se développe magnifiquement et édifie un cadre solide pour kosen rufu, notre organisation demeurera éternellement indestructible. » Un tonnerre d’applaudissements, imprégné du vœu fier et joyeux d’accomplir kosen rufu, retentit longuement dans toute la salle. Puis Kazumasa Morikawa, l’un des nouveaux administrateurs généraux, lut l’éditorial que Shin’ichi venait d’achever pour le mensuel d’étude Daibyakurenge du mois d’avril, intitulé « Valeureux champions de la Loi merveilleuse ». Shin’ichi y dépeignait en détail les qualités que devaient posséder de tels champions. La première était une conviction absolue dans la force du Gohonzon ; la deuxième, la capacité d’affronter les difficultés et de relever le défi face à celles-ci ; la troisième, exercer ses responsabilités avec une connaissance approfondie de tous les aspects de la société ; la quatrième, l’ardeur à former les membres cadets ; la cinquième, diriger avec un esprit large et pétri d’humanité, et la sixième, posséder un sens aigu du devoir et la capacité d’établir des plans d’action. L’éditorial énumérait brièvement tous les objectifs que devrait se fixer le département des hommes. Six ans environ s’étaient écoulés depuis la nomination de Shin’ichi à la présidence de la Soka Gakkai. Les préparatifs en vue d’une nouvelle phase de kosen rufu étaient maintenant achevés. Shin’ichi s’inclina pour saluer les participants et se dirigea vers la sortie. Mais il s’arrêta subitement, leva alors le poing et s’exclama : « Déployons des efforts tous ensemble ! Créons une histoire de réalisations inédites ! Si nous devons vivre cette vie, vivons-la en œuvrant avec dynamisme en faveur de la Loi ! » Les membres répondirent par un grand cri de joie approbateur et levèrent également le poing. Des larmes brillaient dans bien des yeux. Leur cœur brûlait de combativité. Débordant de fierté, ces champions couronnés de lauriers, grands généraux de la Loi merveilleuse, engageaient leur vaillante marche vers l’avenir. Au-dehors, le ciel s’était obscurci, mais au deuxième étage du siège de la Soka Gakkai brillait l’éclatante lumière de la joie.

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