Passages clés des Enseignements oraux [1] Nam-myoho-renge-kyo
Brandir la bannière du respect de la dignité de la vie ! Partagez la grande voie du bouddhisme du peuple ! « Enseignez aux autres au mieux de vos capacités, ne serait-ce qu’une phrase. » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 390) Nous avons gravé ces paroles d’or de Nichiren au plus profond de notre cœur. La propagation – transmettre les enseignements – est ce qui rend une religion vivante. À propos de religion, le célèbre historien britannique Arnold J. Toynbee a écrit : « Plus quelque chose semble important à un être humain et plus il aspire à le partager avec ses compagnons 1. » La religion fait partie de l’histoire humaine. Quelle que soit la société ou la culture, elle n’a jamais été une simple affaire personnelle et elle a toujours été partagée et diffusée auprès des autres Elle a été transmise à travers les âges et sur de grandes distances, en survivant à d’innombrables difficultés. Le Pr Toynbee perçut précisément la forte impulsion humaine qui conduit à propager la religion. Nous sommes entrés dans une ère où le bouddhisme de Nichiren, le bouddhisme du soleil, illumine le monde de la grande lumière de la compassion et d’une profonde philosophie. Les pratiquants du monde entier cherchent à présenter ce grand enseignement à autant de personnes que possible. Ils avancent chaque jour avec un espoir et un enthousiasme illimités, mus par l’irrésistible désir de partager la Loi merveilleuse et la joie de la foi. Des cours libres et dynamiques sur le Sûtra du Lotus À partir de cet épisode, j’aimerais étudier avec vous, mes chers compagnons bodhisattvas surgis de la Terre, Les Enseignements oraux, une œuvre qui contient l’essence même du bouddhisme de Nichiren. Nichiren est le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi qui, en tant qu’être humain ordinaire, s’est éveillé à la Loi de Nam-myoho-renge-kyo. Il a cru dans ce grand enseignement qui permet à tous les êtres humains d’atteindre la bouddhéité et il l’a incarné. En se fondant sur son éveil à cette vérité ultime, il a dispensé, de façon libre et dynamique, des cours sur le Sûtra du Lotus et sur les sûtras qui lui servent d’introduction et de conclusion 2, en en donnant une interprétation vivante. On considère que Nikko Shonin 3 a compilé ces paroles et déclarations précieuses adressées par Nichiren à ses disciples. Les Enseignements oraux sont une compilation créée par la cohésion, ou l’unité, entre le maître et le disciple. Il convient de lire les Enseignements Oraux avec une ferme conviction dans le principe des “trois mille mondes en un instant de vie” et dans le fait que Nam-myoho-renge-kyo est la Loi fondamentale de l’univers et de la vie à laquelle Nichiren s’est éveillé. Le président fondateur de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi, a lu en profondeur les Enseignements oraux et les a mis en pratique dans sa vie. Son exemplaire personnel, qu’il gardait toujours près de lui, tout comme son exemplaire si précieux des Écrits de Nichiren 4, furent l’un et l’autre confisqués lors de sa persécution par les autorités militaristes durant la guerre. Selon les comptes rendus des interrogatoires qu’il subit en prison, en réponse à la question : « Quel type d’enseignement est le Sûtra du Lotus ? », il répondit avec aplomb : « La Loi est sans commencement ni fin. Elle s’étend depuis le passé infini et sans commencement jusqu’à l’éternité, sans fin, est toujours en mouvement et active sans cesse tous les phénomènes de l’univers. Agir en rythme avec cette Loi est en soi le bouddhisme, le mode de vie de la Loi merveilleuse 5. » M. Makiguchi décrivait là Nam-myoho-renge-kyo et la façon de vivre en accord avec cette Loi fondamentale de l’univers et de la vie. Sa foi dans la Loi merveilleuse lui permit de rester serein et inébranlable lorsqu’il fut confronté à la brutalité des autorités ultranationalistes. Notre deuxième président, Josei Toda, mena lui aussi une lutte acharnée en prison après avoir été arrêté en raison de ses croyances. Là, il eut un profond éveil spirituel. En s’interrogeant profondément sur ce qu’est la véritable nature du Bouddha, il s’éveilla soudain au fait que le Bouddha est la vie elle-même. De plus, en persévérant dans sa contemplation de l’essence profonde du Sûtra du Lotus, il s’éveilla à son identité et à sa mission de bodhisattva surgi de la Terre 6. À partir de ces éveils, il examina la conception de la vie présentée dans les Enseignements oraux et se mit à interpréter et à enseigner le Sûtra du Lotus et sa philosophie de la vie. Tel est le point de départ de l’étude bouddhique dans le mouvement Soka. Cela signifie que, en se basant sur cette profonde conception de la vie, chacun de nous peut révéler son potentiel infini et libérer sa force dynamique et le courant de sa sagesse. Trois caractéristiques essentielles du bouddhisme de Nichiren En étudiant les Enseignements oraux, nous acquérons une vision claire de ce qu’est une religion vouée au bonheur du peuple à laquelle l’humanité aspire depuis si longtemps. Le bouddhisme de Nichiren a, de ce point de vue, trois caractéristiques essentielles. Premièrement, c’est un bouddhisme du peuple. Dans les Enseignements oraux, ceci est exprimé par la formule « Les personnes ordinaires sont identiques au niveau le plus élevé de l’être [c’est-à-dire à la bouddhéité] » (OTT, 22) et « Le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi est un simple mortel » (OTT, 157). Ces citations constituent une déclaration selon laquelle le Bouddha n’est jamais séparé des êtres humains ni au-dessus d’eux. Les personnes ordinaires sont le fondement de tout. Chacun incarne le principe de « possession mutuelle des dix états »7 et possède donc de manière inhérente l’état de vie d’une noblesse suprême du Bouddha. Par ailleurs, la raison d’être du Bouddha est d’aider les personnes ordinaires. C’est là un changement radical – le rejet de l’autoritarisme religieux et de la religion pour la religion au profit d’un bouddhisme du peuple, d’une religion pour le bonheur du peuple. Tel est le message qui parcourt les Enseignements oraux. Deuxièmement, le bouddhisme de Nichiren est une religion du maître et du disciple. L’expression « Nichiren et ses disciples » apparaît fréquemment dans les Enseignements oraux. C’est aussi l’idée exprimée par les mots « Moi et mes disciples » dans le traité Sur l’ouverture des yeux 8 (Écrits, 220-300). Pour expliquer le terme « rugissement du lion », Nichiren dit : « Le “rugissement” est le son du maître et des disciples récitant [Nam-myoho-renge-kyo] à l’unisson. » (OTT, 111) Aller de l’avant, avec courage et énergie, dans la lutte commune du maître et du disciple pour propager la Loi merveilleuse est la voie directe pour atteindre la bouddhéité. Troisièmement, le bouddhisme de Nichiren incarne une philosophie du respect de la dignité de la vie. Chaque être humain possède l’état de vie suprême, ou état de bouddha, et la vie de chaque personne est en soi une Tour aux trésors 9. Il est dit à maintes reprises dans les Enseignements Oraux que chaque personne est irremplaçable et digne du plus grand respect. Le Sûtra du Lotus enseigne aussi qu’« aucun ne manquera d’atteindre la bouddhéité 10 » (SdL-II, 59). Cette aspiration bienveillante à ne laisser personne de côté – c’est-à-dire à aider tout le monde sans exception à atteindre l’illumination – est l’esprit du bouddhisme de Nichiren et reflète la grande sagesse de l’égalité. En cette période agitée du XXIe siècle, j’espère que, pour la paix mondiale, vous vous joindrez à moi en tirant les leçons de la sagesse infinie des Enseignements oraux. Ensemble, efforçons-nous d’acquérir une compréhension plus claire et plus profonde du bouddhisme de Nichiren, un enseignement porteur d’un véritable humanisme qui prône le respect de la vie. Nam-myoho-renge-kyo « Il est dit dans les Enseignements oraux (le Ongi Kuden) : “Namu ou nam est un mot sanskrit 11. Il s’agit ici de consacrer sa vie à la Personne et à la Loi. Du point de vue de la Personne, on consacre sa vie au bouddha Shakyamuni ; du point de vue de la Loi, on consacre sa vie au Sûtra du Lotus. ‘Se consacrer’ signifie se consacrer au principe de la vérité éternelle et immuable de l’enseignement théorique, et ‘la vie’ signifie qu’une vie consacrée à ce principe se fonde sur la sagesse de la vérité de l’enseignement essentiel, qui opère en accord avec les changements de circonstances. Fondamentalement, on consacre sa vie à Nam-myoho-renge-kyo”. » (OTT, 3) Nam-myoho-renge-kyo est la base de tout La partie d’introduction des Enseignements oraux est intitulée Nam-myoho-renge-kyo. C’est profondément significatif. Nam-myoho-renge-kyo (Myoho-renge-kyo 12) ne désigne pas simplement ici le titre du Sûtra du Lotus. C’est l’essence même de ce Sûtra. Ce n’est rien d’autre que la Loi fondamentale, la Loi éternelle de la vie. C’est le cœur de l’illumination de Nichiren, qui est le point de référence essentiel dans les Enseignements oraux. Consacrer notre vie à la Loi merveilleuse et en faire notre base Le mot sanskrit correspondant à nam dans Nam-myoho-renge-kyo a été traduit en chinois par « consacrer sa vie » (jpn kimyo), ce qui signifie consacrer sa vie au Bouddha et à ses enseignements. C’est-à-dire croire et pratiquer de tout son cœur et de tout son être. Dans toutes les sociétés et cultures, les êtres humains ont toujours cru en quelque chose, que ce soit dans une philosophie ou dans une religion, ou encore dans la science ou dans une idéologie. Le point crucial est de savoir si l’on trouve là une véritable réponse aux questions de la vie et de la mort. Le bouddhisme de Nichiren, que nous pourrions appeler le Sûtra du Lotus de l’époque de la Fin de la Loi, offre une voie claire pour résoudre ces questions fondamentales. Dans sa quête d’une réponse à ces questions existentielles, le Pr Toynbee effectua des recherches profondes sur le bouddhisme durant les dernières années de sa vie. Nichiren dit ici qu’il y a deux éléments auxquels on se consacre dans le bouddhisme : la Personne et la Loi. Il parle ensuite des caractères chinois composant le terme « consacrer sa vie » (jpn kimyo). Il dit que « se consacrer » (ki) signifie « consacrer sa vie » au « principe de la vérité éternelle et immuable de l’enseignement théorique » et que « la vie » (myo) signifie fonder sa vie sur la sagesse de la vérité de l’enseignement essentiel, qui opère en accord avec les changements de circonstances (cf. OTT, 3). En d’autres termes, « se consacrer » signifie chercher à comprendre la vérité immuable et s’efforcer de s’ancrer en elle. Ainsi, nous retournons dans le monde réel et nous nous engageons dans des activités en nous basant sur la sagesse que nous faisons jaillir, en réponse aux changements de circonstances. Voilà ce que signifie « consacrer sa vie » à Nam-myoho-renge-kyo. Les présidents fondateurs Makiguchi et Toda se référaient constamment aux Enseignements oraux M. Makiguchi a dit : « Le Sûtra du Lotus est la vérité de l’univers qui inclut tous les phénomènes du ciel et de la terre. C’est la Loi fondamentale qui nous sert de code de conduite pour mener notre vie en tant qu’êtres humains 13. » Il déclara même que c’est en se fondant sur la Loi merveilleuse 14 qu’il a émis sa théorie des valeurs 15. En d’autres termes, dit-il, un mode de vie qui consiste à « se consacrer à la Loi merveilleuse » et à se fonder sur elle nous permet de créer les valeurs de beauté, gain et bonté, et de les faire s’épanouir dans la réalité de notre vie quotidienne. De plus, nous pouvons aussi comprendre l’éveil de M. Toda en prison – au fait que le Bouddha est la vie elle-même et qu’il était un bodhisattva surgi de la Terre – du point de vue du principe de « consacrer sa vie » à la Loi et de la « prendre pour base ». En recherchant la vérité ultime du bouddhisme, il perçut que le Sûtra du Lotus incarne la Loi éternelle de la vie, qui s’étend à travers passé, présent et futur. Et en se fondant sur cette Loi fondamentale en tant que bodhisattva surgi de la Terre, il consacra sa vie à accomplir le grand vœu de kosen rufu pour soulager les souffrances humaines. M. Toda dispensa ses cours sur le Sûtra du Lotus en se fondant sur les Enseignements oraux. Environ un an après mes débuts de pratique, profondément touché et inspiré par l’un de ses cours, j’ai écrit dans mon journal [en septembre 1948] : « Quelle bonne fortune j’ai eu de pouvoir rencontrer les doctrines infiniment profondes et incommensurables du Sûtra du Lotus !… Que signifie être un pratiquant de la Loi merveilleuse ? Est-ce que je mène vraiment des actions dont je peux être fier ? Suis-je réellement libéré du doute au plus profond de mon cœur ? La foi dépend de moi. » Et j’ai eu la conviction que se consacrer à la Loi merveilleuse était la voie correcte dans la vie. Le même jour, j’ai aussi écrit : « Jeunes, avancez avec une compassion illimitée ! Jeunes, allez de l’avant en chérissant cette grande philosophie ! À l’âge de vingt ans, j’ai trouvé la voie qui permet de vivre la jeunesse la plus noble et la plus honorable possible. » Avec la Loi merveilleuse comme base suprême, soyons fiers de pouvoir interpréter une histoire glorieuse sur la scène de notre mission, l’histoire de la révolution humaine, et « d’établir l’enseignement correct pour la paix dans le pays ». Soka signifie créer des valeurs. En tant que compagnons bodhisattvas surgis de la Terre, faisons jaillir librement la sagesse sur la base de la Loi merveilleuse pour créer le bonheur et la paix afin qu’un nombre croissant de magnifiques fleurs humaines s’épanouissent et rayonnent dans leurs teintes les plus diverses. « Le nam[u] de Nam-myoho-renge-kyo est un mot sanskrit alors que myoho, renge et kyo sont des mots chinois. Sanskrit et chinois se joignent en un instant pour former Nam-myoho-renge-kyo. » (OTT, 3-4) Une noble vision du kosen rufu mondial Dans ce passage des Enseignements oraux, Nichiren dit que Nam-myoho-renge-kyo combine le sanskrit et le chinois, des langues représentant deux cultures différentes. J’ai le sentiment que, en cette nouvelle ère du kosen rufu mondial, nos membres du monde entier peuvent vraiment apprécier la signification de l’expression « se joignent en un instant ». Du point de vue du Japon à l’époque de Nichiren, l’Inde et la Chine ensemble représentaient le monde dans toute son étendue. La déclaration selon laquelle « sanskrit et chinois se joignent en un instant pour former Nam-myoho-renge-kyo » (OTT, 3-4) peut aussi être considérée comme l’expression de la conviction de Nichiren : Nam-myoho-renge-kyo est un enseignement universel, un enseignement pour toute l’humanité. Dans le cadre de la transmission du bouddhisme vers l’est, le Sûtra du Lotus a été traduit en de nombreuses langues. Il a illuminé la vie d’innombrables personnes en diffusant sa lumière bienveillante, porteuse d’espoir et de revitalisation, et en transcendant les différences ethniques, culturelles et régionales. Avec cela à l’esprit, alors qu’il était exilé sur l’île de Sado à l’époque de la Fin de la Loi – une époque mauvaise en proie aux cinq impuretés 16–, Nichiren prédit la transmission du bouddhisme vers l’ouest 17. Il déclara : « Je dis que la Loi du Bouddha ne manquera pas d’apparaître et de se répandre depuis l’est, depuis le Japon. » (Sur les prophéties du Bouddha concernant l’avenir, Écrits, 405) Ainsi, dans cette grande déclaration, Nichiren affirme que la Loi merveilleuse se propagera dans le monde entier, avec lui à l’avant-garde. Dans le Gonin shoha sho (Sur la réfutation des cinq moines 18), Nikko Shonin a déclaré : « De même que les textes sanskrits ont été traduits en chinois et en japonais quand le bouddhisme de l’Inde a voyagé vers l’est, les écrits sacrés de ce pays [le Japon] devraient être traduits du japonais en chinois et en sanskrit quand viendra le temps d’une vaste propagation. » (GZ, nouvelle édition, 2190 [GZ, 1613]). Nikko Shonin déclare ici que les écrits de Nichiren – composés en utilisant un mélange de caractères chinois et d’écriture phonétique japonaise facile à comprendre – seraient traduits en d’autres langues et largement transmis. L’objectif est de soulager les souffrances de tous les êtres humains. Je suis persuadé que Nichiren et Nikko Shonin ont dû discuter, en tant que maître et disciple, de leur noble vision à long terme du kosen rufu mondial pour aider tous les êtres humains à atteindre l’illumination. Aujourd’hui, la Soka Gakkai a réalisé des traductions des écrits de Nichiren en anglais, espagnol, français, allemand, chinois, coréen et dans beaucoup d’autres langues, permettant ainsi aux peuples du monde entier de les étudier. « Le “grand vœu” concerne la propagation du Sûtra du Lotus [Nam-myoho-renge-kyo] » (OTT, 82). Nous avons hérité du “grand vœu” de Nichiren en propageant sa philosophie de respect de la dignité de la vie et en partageant sa sagesse pour la paix et le bonheur avec les gens du monde entier. La Soka Gakkai est indiscutablement l’organisation qui fait avancer le kosen rufu mondial, en accord avec l’intention du Bouddha. Telle est notre grande fierté en tant que pratiquants de la Soka Gakkai, unis par les liens de maître et disciple. « Kyo [de Nam-myoho-renge-kyo] représente les paroles et les voix de tous les êtres vivants. Il est dit dans un commentaire [de Zhangan 19] : “C’est par la voix que s’accomplit l’œuvre du Bouddha et c’est ce que l’on appelle kyo, ou le Sûtra.” » (OTT, 4) « Les paroles et les voix de tous les êtres vivants » Dans ce passage des Enseignements oraux, Nichiren dit que « les paroles et les voix de tous les êtres vivants » sont le Sûtra, c’est-à-dire le kyo de Nam-myoho-renge-kyo. Les paroles et les voix ne concernent pas ici seulement les êtres humains mais incluent les langages et les voix de tous les êtres vivants. Tous sont des fonctions et des expressions de la Loi merveilleuse. « C’est par la voix que s’accomplit l’œuvre du Bouddha » (OTT, 4), déclare Nichiren. En fait, la voix guide les êtres vivants vers l’atteinte de la bouddhéité. Nos paroles et nos voix peuvent sauver les gens de la souffrance et les mener au bonheur. Lors d’une cérémonie de clôture, au terme d’une série de cours sur le Sûtra du Lotus, M. Toda déclara devant les participants : « Je vais réaliser kosen rufu ! » Aujourd’hui encore, sa voix résonne dans mon cœur. Il nous adressa aussi cet appel : « Laissons partir les lâches ! Il faut aller de l’avant, aller de l’avant avec courage ! » En réponse à ses paroles, pareilles au rugissement d’un lion, j’ai fait le vœu de poursuivre la lutte avec cet engagement inébranlable : « Je suis un disciple de Nichiren. Je suis un disciple de Josei Toda. » Les paroles puissantes de M. Toda provenaient d’une intense détermination intérieure. Sa voix accomplissait l’œuvre du Bouddha, en permettant à chacun d’entre nous, jeunes hommes et jeunes femmes ordinaires, de mener une vie fondée sur notre mission et de triompher en tant que bodhisattvas surgis de la Terre. Nos voix sont notre force. Nos voix reflètent notre état de vie. Nos voix ouvrent le chemin de kosen rufu. Nos voix accomplissent la noble œuvre du Bouddha, en aidant les autres à briser leur karma et à établir le bonheur. Le son du Daimoku peut changer le monde « C’est par la voix que s’accomplit l’œuvre du Bouddha » (OTT, 4) signifie aussi que nos voix récitant Nam-myoho-renge-kyo éveillent et activent l’état de bouddha en nous et chez les autres. Je me souviens que l’astronome brésilien Ronaldo Mourão m’a dit un jour que, dans le son et le rythme de Nam-myoho-renge-kyo, il sentait l’énergie créatrice fondamentale de l’univers 20. Les voix récitant Nam-myoho-renge-kyo ont un immense pouvoir. « Nam-myoho-renge-kyo est semblable au rugissement d’un lion, nous enseigne Nichiren. Quelle maladie pourrait donc constituer un obstacle ? » (Réponse à Kyo’o, Écrits, 415) Daimoku a le pouvoir essentiel de vaincre et de chasser les fonctions démoniaques de la maladie. Même si nous ne faisons que pratiquer intérieurement, le rayonnement de notre nature de bouddha provenant des profondeurs de notre être vaincra ces fonctions négatives. Nichiren déclare aussi : « Il n’y a pas d’endroit dans le monde des dix directions que le son de nos voix récitant Daimoku ne puisse atteindre. » (GZ, nouvelle édition, 1121 [GZ, 808 21]. Les personnes qui récitent Nam-myoho-renge-kyo activent les bouddhas et les bodhisattvas des dix directions et des trois existences (la vie dans le passé, le présent et le futur), faisant ainsi jaillir leur pouvoir protecteur. Il dit aussi : « Maintenant, quand Nichiren et ses disciples accomplissent des cérémonies pour les défunts en récitant le Sûtra du Lotus et Nam-myoho-renge-kyo, le rayon de lumière du Daimoku atteint jusqu’à l’enfer des souffrances incessantes et leur permet de parvenir aussitôt à la bouddhéité. » (OTT, 17) Le Daimoku que nous récitons pour le bonheur éternel des défunts a le pouvoir d’illuminer leur vie, en transcendant les frontières de la vie et de la mort. Conformément au souhait de Nichiren, les bodhisattvas surgis de la Terre ont émergé dans le monde entier. Aujourd’hui, le son de nos voix récitant Nam-myoho-renge-kyo se répand toujours plus largement à mesure que se développe notre réseau d’espoir et de bonheur. Chaque personne est une éclatante Tour aux trésors Les Enseignements oraux expliquent que nous, personnes ordinaires, sommes des bouddhas. Ils nous disent que parce que nous incarnons le principe de « la possession mutuelle des dix états », l’état de bouddha, digne du plus grand respect, existe en nous-mêmes. Cet enseignement est une source de courage et de revitalisation illimitée. Chaque personne est une éclatante Tour aux trésors, capable de surmonter les souffrances de la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort et de bâtir une vie victorieuse imprégnée par les nobles vertus – éternité, bonheur, véritable soi et pureté 22. Faisons résonner largement le chant triomphal de la vie tout en étudiant les Enseignements oraux et transmettons aujourd’hui et demain auprès de nos amis, dans notre environnement immédiat et dans le monde entier, « la plus grande de toutes les joies » (OTT, 212) – la joie de nous éveiller au fait que notre vie est Nam-myoho-renge-kyo.
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