Septembre 2023

Étude bouddhique

Thème

Étude bouddhique

Passages clés des Enseignements oraux [1] Nam-myoho-renge-kyo

Brandir la bannière du respect de la dignité de la vie ! Partagez la grande voie du bouddhisme du peuple ! « Enseignez aux autres au mieux de vos capacités, ne serait-ce qu’une phrase. » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 390) Nous avons gravé ces paroles d’or de Nichiren au plus profond de notre cœur. La propagation – transmettre les enseignements – est ce qui rend une religion vivante. À propos de religion, le célèbre historien britannique Arnold J. Toynbee a écrit : « Plus quelque chose semble important à un être humain et plus il aspire à le partager avec ses compagnons 1. » La religion fait partie de l’histoire humaine. Quelle que soit la société ou la culture, elle n’a jamais été une simple affaire personnelle et elle a toujours été partagée et diffusée auprès des autres Elle a été transmise à travers les âges et sur de grandes distances, en survivant à d’innombrables difficultés. Le Pr Toynbee perçut précisément la forte impulsion humaine qui conduit à propager la religion. Nous sommes entrés dans une ère où le bouddhisme de Nichiren, le bouddhisme du soleil, illumine le monde de la grande lumière de la compassion et d’une profonde philosophie. Les pratiquants du monde entier cherchent à présenter ce grand enseignement à autant de personnes que possible. Ils avancent chaque jour avec un espoir et un enthousiasme illimités, mus par l’irrésistible désir de partager la Loi merveilleuse et la joie de la foi. Des cours libres et dynamiques sur le Sûtra du Lotus À partir de cet épisode, j’aimerais étudier avec vous, mes chers compagnons bodhisattvas surgis de la Terre, Les Enseignements oraux, une œuvre qui contient l’essence même du bouddhisme de Nichiren. Nichiren est le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi qui, en tant qu’être humain ordinaire, s’est éveillé à la Loi de Nam-myoho-renge-kyo. Il a cru dans ce grand enseignement qui permet à tous les êtres humains d’atteindre la bouddhéité et il l’a incarné. En se fondant sur son éveil à cette vérité ultime, il a dispensé, de façon libre et dynamique, des cours sur le Sûtra du Lotus et sur les sûtras qui lui servent d’introduction et de conclusion 2, en en donnant une interprétation vivante. On considère que Nikko Shonin 3 a compilé ces paroles et déclarations précieuses adressées par Nichiren à ses disciples. Les Enseignements oraux sont une compilation créée par la cohésion, ou l’unité, entre le maître et le disciple. Il convient de lire les Enseignements Oraux avec une ferme conviction dans le principe des “trois mille mondes en un instant de vie” et dans le fait que Nam-myoho-renge-kyo est la Loi fondamentale de l’univers et de la vie à laquelle Nichiren s’est éveillé. Le président fondateur de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi, a lu en profondeur les Enseignements oraux et les a mis en pratique dans sa vie. Son exemplaire personnel, qu’il gardait toujours près de lui, tout comme son exemplaire si précieux des Écrits de Nichiren 4, furent l’un et l’autre confisqués lors de sa persécution par les autorités militaristes durant la guerre. Selon les comptes rendus des interrogatoires qu’il subit en prison, en réponse à la question : « Quel type d’enseignement est le Sûtra du Lotus ? », il répondit avec aplomb : « La Loi est sans commencement ni fin. Elle s’étend depuis le passé infini et sans commencement jusqu’à l’éternité, sans fin, est toujours en mouvement et active sans cesse tous les phénomènes de l’univers. Agir en rythme avec cette Loi est en soi le bouddhisme, le mode de vie de la Loi merveilleuse 5. » M. Makiguchi décrivait là Nam-myoho-renge-kyo et la façon de vivre en accord avec cette Loi fondamentale de l’univers et de la vie. Sa foi dans la Loi merveilleuse lui permit de rester serein et inébranlable lorsqu’il fut confronté à la brutalité des autorités ultranationalistes. Notre deuxième président, Josei Toda, mena lui aussi une lutte acharnée en prison après avoir été arrêté en raison de ses croyances. Là, il eut un profond éveil spirituel. En s’interrogeant profondément sur ce qu’est la véritable nature du Bouddha, il s’éveilla soudain au fait que le Bouddha est la vie elle-même. De plus, en persévérant dans sa contemplation de l’essence profonde du Sûtra du Lotus, il s’éveilla à son identité et à sa mission de bodhisattva surgi de la Terre 6. À partir de ces éveils, il examina la conception de la vie présentée dans les Enseignements oraux et se mit à interpréter et à enseigner le Sûtra du Lotus et sa philosophie de la vie. Tel est le point de départ de l’étude bouddhique dans le mouvement Soka. Cela signifie que, en se basant sur cette profonde conception de la vie, chacun de nous peut révéler son potentiel infini et libérer sa force dynamique et le courant de sa sagesse. Trois caractéristiques essentielles du bouddhisme de Nichiren En étudiant les Enseignements oraux, nous acquérons une vision claire de ce qu’est une religion vouée au bonheur du peuple à laquelle l’humanité aspire depuis si longtemps. Le bouddhisme de Nichiren a, de ce point de vue, trois caractéristiques essentielles. Premièrement, c’est un bouddhisme du peuple. Dans les Enseignements oraux, ceci est exprimé par la formule « Les personnes ordinaires sont identiques au niveau le plus élevé de l’être [c’est-à-dire à la bouddhéité] » (OTT, 22) et « Le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi est un simple mortel » (OTT, 157). Ces citations constituent une déclaration selon laquelle le Bouddha n’est jamais séparé des êtres humains ni au-dessus d’eux. Les personnes ordinaires sont le fondement de tout. Chacun incarne le principe de « possession mutuelle des dix états »7 et possède donc de manière inhérente l’état de vie d’une noblesse suprême du Bouddha. Par ailleurs, la raison d’être du Bouddha est d’aider les personnes ordinaires. C’est là un changement radical – le rejet de l’autoritarisme religieux et de la religion pour la religion au profit d’un bouddhisme du peuple, d’une religion pour le bonheur du peuple. Tel est le message qui parcourt les Enseignements oraux. Deuxièmement, le bouddhisme de Nichiren est une religion du maître et du disciple. L’expression « Nichiren et ses disciples » apparaît fréquemment dans les Enseignements oraux. C’est aussi l’idée exprimée par les mots « Moi et mes disciples » dans le traité Sur l’ouverture des yeux 8 (Écrits, 220-300). Pour expliquer le terme « rugissement du lion », Nichiren dit : « Le “rugissement” est le son du maître et des disciples récitant [Nam-myoho-renge-kyo] à l’unisson. » (OTT, 111) Aller de l’avant, avec courage et énergie, dans la lutte commune du maître et du disciple pour propager la Loi merveilleuse est la voie directe pour atteindre la bouddhéité. Troisièmement, le bouddhisme de Nichiren incarne une philosophie du respect de la dignité de la vie. Chaque être humain possède l’état de vie suprême, ou état de bouddha, et la vie de chaque personne est en soi une Tour aux trésors 9. Il est dit à maintes reprises dans les Enseignements Oraux que chaque personne est irremplaçable et digne du plus grand respect. Le Sûtra du Lotus enseigne aussi qu’« aucun ne manquera ­d’atteindre la bouddhéité 10 » (SdL-II, 59). Cette aspiration bienveillante à ne laisser personne de côté – c’est-à-dire à aider tout le monde sans exception à atteindre l’illumination – est l’esprit du bouddhisme de Nichiren et reflète la grande sagesse de l’égalité. En cette période agitée du XXIe siècle, j’espère que, pour la paix mondiale, vous vous joindrez à moi en tirant les leçons de la sagesse infinie des Enseignements oraux. Ensemble, efforçons-nous d’acquérir une compréhension plus claire et plus profonde du bouddhisme de Nichiren, un enseignement porteur d’un véritable humanisme qui prône le respect de la vie. Nam-myoho-renge-kyo « Il est dit dans les Enseignements oraux (le Ongi Kuden) : “Namu ou nam est un mot sanskrit 11. Il s’agit ici de consacrer sa vie à la Personne et à la Loi. Du point de vue de la Personne, on consacre sa vie au bouddha Shakyamuni ; du point de vue de la Loi, on consacre sa vie au Sûtra du Lotus. ‘Se consacrer’ signifie se consacrer au principe de la vérité éternelle et immuable de l’enseignement théorique, et ‘la vie’ signifie qu’une vie consacrée à ce principe se fonde sur la sagesse de la vérité de l’enseignement essentiel, qui opère en accord avec les changements de circonstances. Fondamentalement, on consacre sa vie à Nam-myoho-renge-kyo”. » (OTT, 3) Nam-myoho-renge-kyo est la base de tout La partie d’introduction des Enseignements oraux est intitulée Nam-myoho-renge-kyo. C’est profondément significatif. Nam-myoho-renge-kyo (Myoho-renge-kyo 12) ne désigne pas simplement ici le titre du Sûtra du Lotus. C’est l’essence même de ce Sûtra. Ce n’est rien d’autre que la Loi fondamentale, la Loi éternelle de la vie. C’est le cœur de l’illumination de Nichiren, qui est le point de référence essentiel dans les Enseignements oraux. Consacrer notre vie à la Loi merveilleuse et en faire notre base Le mot sanskrit correspondant à nam dans Nam-myoho-renge-kyo a été traduit en chinois par « consacrer sa vie » (jpn kimyo), ce qui signifie consacrer sa vie au Bouddha et à ses enseignements. C’est-à-dire croire et pratiquer de tout son cœur et de tout son être. Dans toutes les sociétés et cultures, les êtres humains ont toujours cru en quelque chose, que ce soit dans une philosophie ou dans une religion, ou encore dans la science ou dans une idéologie. Le point crucial est de savoir si l’on trouve là une véritable réponse aux questions de la vie et de la mort. Le bouddhisme de Nichiren, que nous pourrions appeler le Sûtra du Lotus de l’époque de la Fin de la Loi, offre une voie claire pour résoudre ces questions fondamentales. Dans sa quête d’une réponse à ces questions existentielles, le Pr Toynbee effectua des recherches profondes sur le bouddhisme durant les dernières années de sa vie. Nichiren dit ici qu’il y a deux éléments auxquels on se consacre dans le bouddhisme : la Personne et la Loi. Il parle ensuite des caractères chinois composant le terme « consacrer sa vie » (jpn kimyo). Il dit que « se consacrer » (ki) signifie « consacrer sa vie » au « principe de la vérité éternelle et immuable de l’enseignement théorique » et que « la vie » (myo) signifie fonder sa vie sur la sagesse de la vérité de l’enseignement essentiel, qui opère en accord avec les changements de circonstances (cf. OTT, 3). En d’autres termes, « se consacrer » signifie chercher à comprendre la vérité immuable et s’efforcer de s’ancrer en elle. Ainsi, nous retournons dans le monde réel et nous nous engageons dans des activités en nous basant sur la sagesse que nous faisons jaillir, en réponse aux changements de circonstances. Voilà ce que signifie « consacrer sa vie » à Nam-myoho-renge-kyo. Les présidents fondateurs Makiguchi et Toda se référaient constamment aux Enseignements oraux M. Makiguchi a dit : « Le Sûtra du Lotus est la vérité de l’univers qui inclut tous les phénomènes du ciel et de la terre. C’est la Loi fondamentale qui nous sert de code de conduite pour mener notre vie en tant qu’êtres humains 13. » Il déclara même que c’est en se fondant sur la Loi merveilleuse 14 qu’il a émis sa théorie des valeurs 15. En d’autres termes, dit-il, un mode de vie qui consiste à « se consacrer à la Loi merveilleuse » et à se fonder sur elle nous permet de créer les valeurs de beauté, gain et bonté, et de les faire s’épanouir dans la réalité de notre vie quotidienne. De plus, nous pouvons aussi comprendre l’éveil de M. Toda en prison – au fait que le Bouddha est la vie elle-même et qu’il était un bodhisattva surgi de la Terre – du point de vue du principe de « consacrer sa vie » à la Loi et de la « prendre pour base ». En recherchant la vérité ultime du bouddhisme, il perçut que le Sûtra du Lotus incarne la Loi éternelle de la vie, qui s’étend à travers passé, présent et futur. Et en se fondant sur cette Loi fondamentale en tant que bodhisattva surgi de la Terre, il consacra sa vie à accomplir le grand vœu de kosen rufu pour soulager les souffrances humaines. M. Toda dispensa ses cours sur le Sûtra du Lotus en se fondant sur les Enseignements oraux. Environ un an après mes débuts de pratique, profondément touché et inspiré par l’un de ses cours, j’ai écrit dans mon journal [en septembre 1948] : « Quelle bonne fortune j’ai eu de pouvoir rencontrer les doctrines infiniment profondes et incommensurables du Sûtra du Lotus !… Que signifie être un pratiquant de la Loi merveilleuse ? Est-ce que je mène vraiment des actions dont je peux être fier ? Suis-je réellement libéré du doute au plus profond de mon cœur ? La foi dépend de moi. » Et j’ai eu la conviction que se consacrer à la Loi merveilleuse était la voie correcte dans la vie. Le même jour, j’ai aussi écrit : « Jeunes, avancez avec une compassion illimitée ! Jeunes, allez de l’avant en chérissant cette grande philosophie ! À l’âge de vingt ans, j’ai trouvé la voie qui permet de vivre la jeunesse la plus noble et la plus honorable possible. » Avec la Loi merveilleuse comme base suprême, soyons fiers de pouvoir interpréter une histoire glorieuse sur la scène de notre mission, l’histoire de la révolution humaine, et « d’établir l’enseignement correct pour la paix dans le pays ». Soka signifie créer des valeurs. En tant que compagnons bodhisattvas surgis de la Terre, faisons jaillir librement la sagesse sur la base de la Loi merveilleuse pour créer le bonheur et la paix afin qu’un nombre croissant de magnifiques fleurs humaines s’épanouissent et rayonnent dans leurs teintes les plus diverses.   « Le nam[u] de Nam-myoho-renge-kyo est un mot sanskrit alors que myoho, renge et kyo sont des mots chinois. Sanskrit et chinois se joignent en un instant pour former Nam-myoho-renge-kyo. » (OTT, 3-4) Une noble vision du kosen rufu mondial Dans ce passage des Enseignements oraux, Nichiren dit que Nam-myoho-renge-kyo combine le sanskrit et le chinois, des langues représentant deux cultures différentes. J’ai le sentiment que, en cette nouvelle ère du kosen rufu mondial, nos membres du monde entier peuvent vraiment apprécier la signification de l’expression « se joignent en un instant ». Du point de vue du Japon à l’époque de Nichiren, l’Inde et la Chine ensemble représentaient le monde dans toute son étendue. La déclaration selon laquelle « sanskrit et chinois se joignent en un instant pour former Nam-myoho-renge-kyo » (OTT, 3-4) peut aussi être considérée comme l’expression de la conviction de Nichiren : Nam-myoho-renge-kyo est un enseignement universel, un enseignement pour toute l’humanité. Dans le cadre de la transmission du bouddhisme vers l’est, le Sûtra du Lotus a été traduit en de nombreuses langues. Il a illuminé la vie d’innombrables personnes en diffusant sa lumière bienveillante, porteuse d’espoir et de revitalisation, et en transcendant les différences ethniques, culturelles et régionales. Avec cela à l’esprit, alors qu’il était exilé sur l’île de Sado à l’époque de la Fin de la Loi – une époque mauvaise en proie aux cinq impuretés  16–, Nichiren prédit la transmission du bouddhisme vers l’ouest 17. Il déclara : « Je dis que la Loi du Bouddha ne manquera pas d’apparaître et de se répandre depuis l’est, depuis le Japon. » (Sur les prophéties du Bouddha concernant l’avenir, Écrits, 405) Ainsi, dans cette grande déclaration, Nichiren affirme que la Loi merveilleuse se propagera dans le monde entier, avec lui à l’avant-garde. Dans le Gonin shoha sho (Sur la réfutation des cinq moines 18), Nikko Shonin a déclaré : « De même que les textes sanskrits ont été traduits en chinois et en japonais quand le bouddhisme de l’Inde a voyagé vers l’est, les écrits sacrés de ce pays [le Japon] devraient être traduits du japonais en chinois et en sanskrit quand viendra le temps d’une vaste propagation. » (GZ, nouvelle édition, 2190 [GZ, 1613]). Nikko Shonin déclare ici que les écrits de Nichiren – composés en utilisant un mélange de caractères chinois et d’écriture phonétique japonaise facile à comprendre – seraient traduits en d’autres langues et largement transmis. L’objectif est de soulager les souffrances de tous les êtres humains. Je suis persuadé que Nichiren et Nikko Shonin ont dû discuter, en tant que maître et disciple, de leur noble vision à long terme du kosen rufu mondial pour aider tous les êtres humains à atteindre l’illumination. Aujourd’hui, la Soka Gakkai a réalisé des traductions des écrits de Nichiren en anglais, espagnol, français, allemand, chinois, coréen et dans beaucoup d’autres langues, permettant ainsi aux peuples du monde entier de les étudier. « Le “grand vœu” concerne la propagation du Sûtra du Lotus [Nam-myoho-renge-kyo] » (OTT, 82). Nous avons hérité du “grand vœu” de Nichiren en propageant sa philosophie de respect de la dignité de la vie et en partageant sa sagesse pour la paix et le bonheur avec les gens du monde entier. La Soka Gakkai est indiscutablement l’organisation qui fait avancer le kosen rufu mondial, en accord avec l’intention du Bouddha. Telle est notre grande fierté en tant que pratiquants de la Soka Gakkai, unis par les liens de maître et disciple. « Kyo [de Nam-myoho-renge-kyo] représente les paroles et les voix de tous les êtres vivants. Il est dit dans un commentaire [de Zhangan 19] : “C’est par la voix que s’accomplit l’œuvre du Bouddha et c’est ce que l’on appelle kyo, ou le Sûtra.” » (OTT, 4) « Les paroles et les voix de tous les êtres vivants » Dans ce passage des Enseignements oraux, Nichiren dit que « les paroles et les voix de tous les êtres vivants » sont le Sûtra, c’est-à-dire le kyo de Nam-myoho-renge-kyo. Les paroles et les voix ne concernent pas ici seulement les êtres humains mais incluent les langages et les voix de tous les êtres vivants. Tous sont des fonctions et des expressions de la Loi merveilleuse. « C’est par la voix que s’accomplit l’œuvre du Bouddha » (OTT, 4), déclare Nichiren. En fait, la voix guide les êtres vivants vers ­l’atteinte de la bouddhéité. Nos paroles et nos voix peuvent sauver les gens de la souffrance et les mener au bonheur. Lors d’une cérémonie de clôture, au terme d’une série de cours sur le Sûtra du Lotus, M. Toda déclara devant les participants : « Je vais réaliser kosen rufu ! » Aujourd’hui encore, sa voix résonne dans mon cœur. Il nous adressa aussi cet appel : « Laissons partir les lâches ! Il faut aller de l’avant, aller de l’avant avec courage ! » En réponse à ses paroles, pareilles au rugissement d’un lion, j’ai fait le vœu de poursuivre la lutte avec cet engagement inébranlable : « Je suis un disciple de Nichiren. Je suis un disciple de Josei Toda. » Les paroles puissantes de M. Toda provenaient d’une intense détermination intérieure. Sa voix accomplissait l’œuvre du Bouddha, en permettant à chacun d’entre nous, jeunes hommes et jeunes femmes ordinaires, de mener une vie fondée sur notre mission et de triompher en tant que bodhisattvas surgis de la Terre. Nos voix sont notre force. Nos voix reflètent notre état de vie. Nos voix ouvrent le chemin de kosen rufu. Nos voix accomplissent la noble œuvre du Bouddha, en aidant les autres à briser leur karma et à établir le bonheur. Le son du Daimoku peut changer le monde « C’est par la voix que s’accomplit l’œuvre du Bouddha » (OTT, 4) signifie aussi que nos voix récitant Nam-myoho-renge-kyo éveillent et activent l’état de bouddha en nous et chez les autres. Je me souviens que l’astronome brésilien Ronaldo Mourão m’a dit un jour que, dans le son et le rythme de Nam-myoho-renge-kyo, il sentait l’énergie créatrice fondamentale de l’univers 20. Les voix récitant Nam-myoho-renge-kyo ont un immense pouvoir. « Nam-myoho-renge-kyo est semblable au rugissement d’un lion, nous enseigne Nichiren. Quelle maladie pourrait donc constituer un obstacle ? » (Réponse à Kyo’o, Écrits, 415) Daimoku a le pouvoir essentiel de vaincre et de chasser les fonctions démoniaques de la maladie. Même si nous ne faisons que pratiquer intérieurement, le rayonnement de notre nature de bouddha provenant des profondeurs de notre être vaincra ces fonctions négatives. Nichiren déclare aussi : « Il n’y a pas d’endroit dans le monde des dix directions que le son de nos voix récitant Daimoku ne puisse atteindre. » (GZ, nouvelle édition, 1121 [GZ, 808 21]. Les personnes qui récitent Nam-myoho-renge-kyo activent les bouddhas et les bodhisattvas des dix directions et des trois existences (la vie dans le passé, le présent et le futur), faisant ainsi jaillir leur pouvoir protecteur. Il dit aussi : « Maintenant, quand Nichiren et ses disciples accomplissent des cérémonies pour les défunts en récitant le Sûtra du Lotus et Nam-myoho-renge-kyo, le rayon de lumière du Daimoku atteint jusqu’à l’enfer des souffrances incessantes et leur permet de parvenir aussitôt à la bouddhéité. » (OTT, 17) Le Daimoku que nous récitons pour le bonheur éternel des défunts a le pouvoir d’illuminer leur vie, en transcendant les frontières de la vie et de la mort. Conformément au souhait de Nichiren, les bodhisattvas surgis de la Terre ont émergé dans le monde entier. Aujourd’hui, le son de nos voix récitant Nam-myoho-renge-kyo se répand toujours plus largement à mesure que se développe notre réseau d’espoir et de bonheur. Chaque personne est une éclatante Tour aux trésors Les Enseignements oraux expliquent que nous, personnes ordinaires, sommes des bouddhas. Ils nous disent que parce que nous incarnons le principe de « la possession mutuelle des dix états », l’état de bouddha, digne du plus grand respect, existe en nous-mêmes. Cet enseignement est une source de courage et de revitalisation illimitée. Chaque personne est une éclatante Tour aux trésors, capable de surmonter les souffrances de la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort et de bâtir une vie victorieuse imprégnée par les nobles vertus – éternité, bonheur, véritable soi et pureté 22. Faisons résonner largement le chant triomphal de la vie tout en étudiant les Enseignements oraux et transmettons aujourd’hui et demain auprès de nos amis, dans notre environnement immédiat et dans le monde entier, « la plus grande de toutes les joies » (OTT, 212) – la joie de nous éveiller au fait que notre vie est Nam-myoho-renge-kyo.

Paroles d'encouragement

Vers un avenir plein d’espoir avec les Écrits de Nichiren

Ouvrons fièrement la voie vers un 3 mai triomphal ! « Dans ce chapitre [le chapitre « Les encouragements du bodhi­sattva Sagesse-Universelle du Sûtra du Lotus], le bouddha Shakyamuni a révélé le point essentiel qu’il souhaitait nous transmettre. Le Bouddha a enseigné le Sûtra du Lotus pendant une période huit ans, et huit caractères résument le message qu’il a laissé pour les êtres vivants de cette époque ultérieure, l’époque de la Fin de la Loi. Ce sont [les huit caractères qui composent le passage où il est dit] : “ … Tu devras te lever et le saluer de loin [le pratiquant du Sûtra du Lotus] en lui montrant autant de respect que s’il s’agissait d’un Bouddha.” » (cf. SdL-XXVIII, 303) Les Enseignements oraux, 192 Le message essentiel du Sûtra du Lotus est incarné par la Soka Gakkai. Nos membres ont progressé et forgé entre eux des liens forts en se respectant mutuellement en tant que bouddhas, et c’est ce qui nous a permis de surmonter toutes sortes d’oppositions et d’attaques pour parvenir à ce résultat sans précédent : la propagation de notre mouvement pour kosen rufu dans le monde entier. J’éprouve une reconnaissance infinie, tout particulièrement à l’égard des femmes si dévouées de notre mouvement Soka, qui font preuve de sollicitude et se soucient de chaque personne avec la même compassion que le Bouddha. Ouvrons fièrement la voie vers un 3 mai triomphal 1 ! Avancer chaque jour avec les Écrits de Nichiren « Exercez-vous dans les deux voies de la pratique et de l’étude. Sans pratique, ni étude, il ne peut y avoir de Loi bouddhique. Vous ne devez pas seulement persévérer vous-même ; vous devez aussi enseigner aux autres. Pratique et étude proviennent toutes deux de la foi. Enseignez aux autres au mieux de vos capacités, ne serait-ce qu’une phrase. » La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 390 Nichiren écrivit cela dans une période de grande adversité. Pratiquer en accord parfait avec ces paroles est, pour les maîtres et disciples du mouvement Soka, la plus importante source de fierté. Nous, pratiquants de la Soka Gakkai, nous exercerons toujours dans « les deux voies de la pratique et de l’étude », avec des cœurs qui ne font qu’un avec celui de Nichiren, le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi. C’est ce qui nous permettra de toujours trouver une voie pour aller de l’avant. En cette époque troublée, le monde recherche avec ferveur les principes bouddhiques de respect de la dignité de la vie, de révolution humaine pour créer un monde paisible fondé sur des valeurs humaines. Aujourd’hui encore, étudions, pratiquons et partageons les enseignements de Nichiren avec une énergie renouvelée. Interpréter la magnifique histoire de notre renaissance « Quand on stimule les autres, on se stimule aussi soi-même, quand on leur donne de la force, on s’en donne également, quand on contribue à prolonger leur vie, on prolonge aussi la sienne. » Sur les vêtements et la nourriture (WND-II, 1066) Mener une vie utile aux autres est source de santé et de vitalité. Si nous pratiquons et agissons pour leur bonheur et leur bien-être, nous serons en retour protégés. S’engager dans les activités de la Soka Gakkai nous permet de développer notre énergie et notre rayonnement, et d’aider les autres à faire de même. C’est la meilleure cause que nous puissions créer pour prolonger notre vie. Rien ne pourra jamais détruire la bonne fortune accumulée à la fois physiquement et mentalement grâce à notre pratique bouddhique. Si nous luttons contre la maladie, nous serons à coup sûr protégés par les bouddhas et les divinités célestes de tout l’univers. Gagnons la victoire sur le démon de la maladie en récitant Nam-myoho-renge-kyo tel un lion qui rugit, et interprétons la magnifique histoire de notre renaissance, en insufflant espoir et courage à tous ! Développons notre réseau d’« amis de bien » afin de créer un courant de paix « Il [le principe merveilleux de la réalité essentielle] est unique mais, au contact de mauvaises influences, il prendra la forme de l’illusion, et, au contact de bonnes influences, celle de l’illumination. L’illumination correspond à la nature fondamentale de la Loi [et des phénomènes] et l’illusion, à son ignorance. » L’entité de la Loi merveilleuse, Écrits, 422 Nos vies changent grâce aux influences extérieures. Les bonnes influences, dit Nichiren, peuvent faire jaillir de nous-mêmes le potentiel le plus positif. Telle est la raison d’être de la Soka Gakkai, qui constitue un réseau d’« amis de bien » unis par la foi dans la Loi merveilleuse. Nous réalisons des dialogues dans l’esprit du bodhisattva Jamais-Méprisant, avec la conviction que chaque personne a la nature de bouddha en elle et en cherchant à aider chacun à l’éveiller. Grâce à ces efforts, nous transformons ensemble illusion et ignorance en éveil à la nature essentielle de la vie. Développer notre réseau d’amis de bien est le moyen le plus stable et le plus sûr de faire avancer notre idéal – « l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays » −, et de créer ainsi un courant de paix dans le monde. Partager joyeusement nos expériences dans la foi est la source d’un bienfait illimité « Les bienfaits obtenus de ce Sûtra augmentent en profondeur et en bonté, et se prolongent jusqu’à la cinquantième personne qui en entend parler. Mais il n’y a aucun bienfait à attendre des autres sûtras, même pour leur premier auditeur, encore moins pour le deuxième, le troisième ou le quatrième, ainsi de suite jusqu’au cinquantième. « Les fleuves ont beau être profonds, ils ne peuvent égaler les parties les moins profondes de l’océan. » Le cœur du chapitre « Roi-de-la-médecine », Écrits, 93 Même la cinquantième personne qui se réjouit d’entendre le Sûtra du Lotus à la suite d’une transmission joyeuse de cœur à cœur acquiert des bienfaits incommensurables. Cette joie si contagieuse et ces bienfaits illimités se trouvent dans nos réunions de discussion. Les expériences de croyance des pratiquants attestent du pouvoir immense de la Loi merveilleuse. Partager en toute confiance nos résultats est le meilleur moyen de répandre la magnifique philo­sophie de vie qui est la nôtre. Aujourd’hui, la joie de pratiquer le bouddhisme de Nichiren se transmet dans le monde entier grâce à des supports tels que le journal Seikyo et beaucoup d’autres publications de la SGI ainsi que par les sites en ligne. Créons ensemble un océan de joie et de bonne fortune toujours plus vaste et profond.

Réflexions sur la NRH

À l’occasion du 66e anniversaire de la Déclaration pour l’abolition des armes nucléaires de Josei Toda

À partir du 12 septembre, pour une durée de quatre mois, l’exposition intitulée « Je suis le gardien de mon frère – La vie et l’époque de Simon Wiesenthal » se tiendra au Hall mémorial Toda pour la paix de la Soka Gakkai, à Yokohama, dans la préfecture de Kanagawa. Le Hall, qui jouxte le centre culturel de Kanagawa, face au célèbre parc Yamashita, est un bâtiment qui appartient à la Soka Gakkai depuis plus de vingt ans. Lieu historique de la ville, il accueille depuis des années de nombreuses activités en faveur de la paix, de la culture et de l’éducation. Yokohama est également le point de départ du mouvement pour la paix de la Soka Gakkai car c’est là que le 8 septembre 1957 – soit seulement six mois avant son décès − le deuxième président, Josei Toda, prononça sa Déclaration appelant à l’abolition des armes nucléaires. L’exposition Simon Wiesenthal, présentée au Japon pour la première fois, célèbre le 44e anniversaire de cette Déclaration. Aujourd’hui, [en 2001], M. Wiesenthal a 92 ans. Après avoir survécu miraculeusement à l’inhumanité de l’holocauste nazi, il a, depuis, consacré sa vie à poursuivre ceux qui perpétrèrent ce crime haineux. Les personnes conscientes du monde entier font son éloge, en le considérant comme un véritable champion des droits humains. D’anciens nazis et collaborateurs parlent avec crainte de celui qu’ils appellent le « chasseur de nazis ». À ce jour [2001], il a enquêté sur plus de 6 000 criminels de guerre nazis, ce qui a abouti à plus de 1 100 condamnations. Cette traque sans répit recouvrait un autre aspect : lutter contre l’amnésie, pour empêcher que l’Holocauste ne tombe dans les oubliettes de l’Histoire. Son esprit était inébranlable : « Je n’oublierai jamais ! » Il était déterminé à garder vivante la mémoire de ce massacre brutal – les larmes amères et les cris tourmentés de ses camarades assassinés, les innombrables vies volées prématurément. Comme l’a déclaré le poète juif Yitzhak Katzenelson, qui périt dans l’Holocauste : « Nous ne devons pas nous contenter de panser éternellement les plaies en oubliant tout. » Les nobles convictions de M. Wiesenthal se reflètent dans ses actions. Pendant les années qui ont suivi la guerre, de jeunes commandos juifs et d’anciens combattants de la résistance se tournèrent vers lui pour obtenir des informations sur des fugitifs nazis. Mais il refusait catégoriquement de leur en donner parce qu’il était clair que ces personnes étaient mues par un désir de vengeance et voulaient tuer ces criminels de guerre nazis. Simon Wiesenthal croyait au contraire qu’ils devaient être jugés en toute impartialité par des tribunaux publics. Réagir dans l’esprit « œil pour œil, dent pour dent » n’aurait fait qu’alimenter ce cycle destructeur sans jamais restaurer la justice. Je n’ai pas encore rencontré M. Wiesenthal mais je me suis entretenu plusieurs fois avec le rabbin Abraham Cooper, doyen du Centre Simon-Wiesenthal. Dans une interview, le rabbin déclara que, pour M. Wiesenthal, le devoir qui incombe à l’humanité après l’Holocauste consiste non pas à se venger mais à restaurer la confiance entre les êtres humains. M. Wiesenthal nous demande de transcender l’hostilité afin de faire régner la justice dans nos sociétés. Ce cri déchirant, émanant des profondeurs même de la vie de ce grand héros des droits humains, est un message solennel qui trouve un écho en chacune et chacun d’entre nous. La justice ne peut briller que si nous luttons contre le mal et en triomphons. Il en va de même dans notre pratique du bouddhisme. Cependant, je ne soulignerais jamais assez que la vengeance bâtie sur la haine est totalement étrangère aux enseignements bouddhiques. Comme le stipule un passage d’un sûtra bouddhique ancien, le Dhammapada : « Aucune haine ne peut cesser si on l’alimente par la haine, il faut cesser de haïr ; c’est une vérité éternelle. » Bien qu’étant la cible des pires persécutions, Nichiren fit lui aussi preuve d’un esprit de tolérance et de compassion aussi vaste que l’océan. Il écrivit notamment : « Je prie avant tout pour guider et diriger le souverain et les autres personnes qui m’ont persécuté. » (Sur les prophéties du Bouddha concernant l’avenir, Écrits, 406) Mais cela ne signifie pas qu’il faut réaliser des compromis sur la question du bien ou du mal, ou cautionner le mal. Comme l’a déclaré le président fondateur de la Soka Gakkai Tsunesaburo Makiguchi, qui s’opposa fermement à l’oppression des autorités militaristes japonaises et mourut en prison pour avoir refusé de renier ses convictions : « Si vous n’avez pas le courage d’être l’ennemi de ceux qui incarnent le mal, alors vous ne pouvez pas être un ami du bien. » Pour révéler le bien, il faut combattre le mal. Nier et ignorer le mal est un signe de lâcheté et d’un manque de compassion et, en définitive, cela équivaut à commettre soi-même le mal. La grande lutte pour triompher des forces invasives du roi-démon du sixième ciel 1 ainsi que des tendances destructrices au sein de notre propre vie correspond à ce que nous appelons kosen rufu. Cela rejoint aussi la révolution humaine. M. Wiesenthal adressa cette mise en garde à la jeunesse : « En réalité, culture et civilisation ne sont que des couches ultra-fines sous lesquelles le monstre qui existe en nous ne cesse de rôder. » Il y a quarante-quatre ans, au lendemain du passage d’un typhon, le ciel s’était dégagé et une brise légère soufflait. Ce jour-là, le président Toda fit face à un rassemblement de 50 000 jeunes. Il offrit alors la première de ses instructions pour l’avenir : sa Déclaration pour l’abolition des armes nucléaires, dans laquelle il confiait aux jeunes la mission de répandre son message dans le monde entier. Le point central de sa Déclaration réside dans la formulation claire de la nécessité d’arracher « les griffes qui se cachent dans les profondeurs » du concept même du recours à l’arme nucléaire – en d’autres termes, les tendances insidieuses inhérentes à la vie. Cela correspond exactement « au monstre qui existe en nous », dont parle M. Wiesenthal. Dans sa Déclaration, M. Toda affirme : « Nous, citoyens du monde, possédons un droit inaliénable à la vie. Toute personne menaçant ce droit est l’incarnation du mal, un être abominable, un monstre. Je propose que l’humanité applique, dans tous les cas, la peine de mort à toute personne responsable d’avoir utilisé l’arme nucléaire, même si elle se trouve dans le camp des vainqueurs. » M. Toda était un bouddhiste doté d’une conviction absolue dans le caractère sacré de la vie. Il s’opposait totalement à la peine capitale, et pourtant il appelle ici à appliquer la peine de mort à quiconque est responsable d’utiliser l’arme nucléaire. Il appela à cette sanction parce qu’il voulait terrasser à jamais les fonctions destructrices inhérentes à la vie humaine, qui cherchent à posséder ou employer l’arme nucléaire. Il voulait graver profondément dans l’esprit des êtres humains un mode de pensée dénonçant les armes nucléaires comme le mal absolu – un mode de pensée qui servirait de contrôle intérieur afin de « prévenir ce qui est erroné et d’arrêter le mal. » (GZ, 744) Pour défendre la vie, M. Toda utilisa le mot « mort », son opposé absolu, avec la détermination d’anéantir les forces démoniaques. C’était un acte plein de conviction dirigé vers le bien suprême qui consistait à protéger à tout prix la vie. À l’époque, l’opinion publique ne prêta pas la moindre attention à cette déclaration sans précédent. Pourtant, son éclat éternel, qui ne fit que s’approfondir avec le temps, en fait aujourd’hui un grand phare illuminant le monde en ce nouveau siècle. Comme l’a dit le Pr David Krieger, président du Nuclear Age Peace Foundation : « Je pense que la Déclaration contre les armes nucléaires de Josei Toda conserve de nos jours toute son importance. » Cet été, le Pr Krieger et moi-même avons fait paraître un dialogue 2 intitulé Kibo no Sentaku (Choisis l’espoir). Dans notre échange, ce militant antinucléaire américain a déclaré : « Les jeunes sont l’avenir. Ils doivent avoir voix au chapitre dans le monde qui sera le leur et jouer un rôle significatif dans la résolution de la menace nucléaire. » Vous, les jeunes, faites entendre encore plus largement et plus fortement votre voix pour la justice ! Jeunes de la SGI du nouveau siècle, développez résolument notre alliance pour une paix durable dans le monde entier et ne cessez jamais d’agir en ce sens à l’avenir !

Citations

Citations de Daisaku Ikeda – Amour et relations humaines

XXV. Amour et mariage La vie quotidienne peut sembler bien morne et ennuyeuse. Vivre peut parfois paraître pénible et peu d’entre nous s’attendent à ce que la joie ressentie puisse durer toujours. Mais quand nous tombons amoureux, la vie prend des allures de fête et de joie. Nous avons l’impression d’être le personnage principal d’un roman. Et pourtant, si nous nous perdons dans l’amour simplement parce que nous nous ennuyons et que nous nous écartons ainsi de la voie que nous devrions suivre, cet amour n’est alors qu’une sorte de fuite. Cela équivaut à s’évader dans un monde de chimères, avec la conviction que ce qui n’est qu’une illusion est la réalité. *** Le bonheur dans la vie n’est pas déterminé par le mariage. Le secret du bonheur réside dans l’établissement d’un soi solide qu’aucune épreuve ou difficulté ne peut affaiblir. *** L’amour idéal ne se développe qu’entre deux personnes sincères, mûres et autonomes. La clé, c’est de lutter intérieurement pour polir ces qualités intérieures. […] Deux personnes qui s’accrochent l’une à l’autre ne vivent pas un amour véritable, car l’amour, le vrai, ne peut être nourri que par deux personnes fortes, ancrées dans la personnalité qui leur est propre. *** Je suis sûr que vous êtes nombreux à avoir déjà eu des peines de cœur ou à avoir souffert à la suite d’une grande déception sentimentale au point de perdre le respect de vous-même et de ne plus avoir envie de vivre. Mais ne vous dépréciez jamais. Rien n’a plus de valeur que vous-même ; vous êtes plus précieux que tous les trésors de l’univers. Si vous êtes fort, même votre tristesse deviendra une nourriture spirituelle, et ce qui vous fait souffrir contribuera à purifier votre vie. *** Si vous entamez une relation amoureuse, veillez à ce qu’elle génère une puissante créativité spirituelle, enrichissante à la fois pour votre partenaire et pour vous-même. *** Si vous négligez ce que vous devez faire et oubliez votre mission dans la vie parce que vous êtes en couple, alors vous faites fausse route. Dans une relation saine, deux personnes s’encouragent à atteindre leurs objectifs respectifs tout en partageant les espoirs et les rêves de l’autre. Une relation devrait être une source d’inspiration, d’énergie et d’espoir. *** Il est important de s’efforcer de construire calmement quelque chose ensemble. C’est le point de départ de l’amour véritable. […] L’amour grandit. L’amour qui ne grandit pas repose simplement sur des goûts et des aversions personnels. *** Dans un couple, les partenaires s’apportent des qualités diverses. Il arrive que l’intensité et la force du soleil soient nécessaires et, à d’autres moments, c’est la lumière apaisante et la sagesse sereine de la lune qui sont recherchées. Une relation où les partenaires coopèrent et œuvrent ensemble est vraiment belle et complémentaire ! *** L’amour véritable devrait conduire à une transformation positive. Cela devrait être un processus qui accroît notre capacité à chérir non pas seulement une personne mais l’humanité tout entière. L’amour authentique peut nous rendre plus fort, nous élever et nous permettre de devenir meilleur. Pourtant, en définitive, nous ne pouvons attirer que les personnes qui nous ressemblent. Cela est vrai aussi pour les liens d’amitié. *** Vous pouvez vous perdre dans l’ivresse d’une relation amoureuse, mais en réalité l’euphorie du moment ne durera probablement pas longtemps. Le plus souvent, en effet, vous ressentirez encore plus de souffrance et de tristesse. Tant que vous ne parvenez pas à vous défaire de vos faiblesses, la souffrance restera, quel que soit l’endroit où vous cherchez à fuir et quelle que soit la personne avec qui vous voulez partir. Vous ne serez jamais véritablement heureux tant que vous n’essaierez pas de changer intérieurement.   XXVI. La gratitude La gratitude rend modeste. Le sens de la gratitude élargit le cœur. Aucun d’entre nous ne peut vivre de manière isolée. Notre vie et notre existence sont soutenues par d’autres, de manière visible ou invisible, que ce soit par nos parents, un maître ou la société dans son ensemble. Être conscient de ces liens, les apprécier et s’efforcer de contribuer en retour à la société dans un esprit de gratitude, telle est la manière correcte de vivre pour les êtres humains. *** Les personnes ingrates se considèrent comme supérieures et pensent que de ce fait qu'elles n’ont pas à manifester de gratitude envers les autres. C’est là leur principal défaut. C’est le sens de la reconnaissance qui élève, enrichit et élargit l’esprit humain. Et c’est l’arrogance qui entrave ce processus. *** Nul n’est aussi fort que celui dont le cœur est toujours rempli de gratitude. *** Ressentir de la gratitude envers ses parents peut sembler anodin, mais c’est la marque d’une véritable maturité et de notre développement en tant qu’être humain.   XXVII. Les relations humaines Ceux qui respectent les autres sont respectés en retour. Ceux qui traitent les autres avec compassion et bienveillance sont protégés et soutenus par eux. Notre environnement est fondamentalement le reflet de nous-même. *** Si vous voulez que les autres changent, changez d’abord votre propre cœur. Si vous changez, les autres autour de vous changeront aussi. *** C’est à travers nos relations avec les autres que nous nous développons et grandissons. Nous apprenons les uns des autres, nous nous aidons, nous soutenons mutuellement et cultivons ainsi un humanisme authentique. Par conséquent, le bonheur ne peut pas se goûter seul. Le bonheur véritable se partage. *** Se cloîtrer dans son petit monde peut sembler plus simple mais ce n’est pas ainsi que nous pourrons nous développer intérieurement. Dans la solitude, notre véritable potentiel ne peut pas briller. Les interactions avec les autres enrichissent notre vie. *** Gentillesse et sollicitude sont des qualités humaines qui se développent lorsque nous luttons pour encourager les autres. Se soucier d'autrui ne signifie pas simplement faire preuve de sympathie ou de pitié mais essayer de comprendre ce qu’ils vivent. Avoir une personne qui nous comprend vraiment nous insuffle parfois la force d’aller de l’avant. *** Notre entourage reflète notre propre état de vie. L’environnement où nous sommes, qu’il soit favorable ou non, est le résultat de notre état de vie. Si nous ne saisissons pas cela, nous avons tendance à faire porter aux autres la responsabilité de nos problèmes. *** S’apitoyer sur le sort d’une personne ou avoir pitié d’elle n’est pas la véritable manifestation de la compassion. La clé est de comprendre. Les gens peuvent trouver la force de continuer à vivre lorsqu’ils savent qu’il y a quelqu’un qui les comprend sans les juger. *** Encourager une personne est une tâche intense qui vise à l’inspirer, en soufflant sur les braises de son énergie vitale afin qu’elle fasse apparaître son esprit indomptable. *** Plus nous aimons les autres, plus nous serons aimés d’eux. Plus nous œuvrons au bonheur des autres, plus nous bénéficierons de leur protection et de leur soutien. Telle est la loi de cause et effet. *** Lorsque nous réfléchissons sur nous-mêmes et élevons notre état de vie, nous pouvons approfondir notre compréhension d’autrui. Une personne qui agit de la sorte est capable d’apprécier la personnalité des autres. *** Quand nous faisons sentir aux autres qu’ils ne sont pas seuls, ils peuvent se dresser et relever les défis qui apparaissent dans leur vie. Quand nous traitons les enfants avec respect, ils apprennent à leur tour à respecter les autres. *** Si vous êtes sincèrement attentifs à ceux qui vous entourent, même pour les questions les plus insignifiantes, vous pourrez provoquer un changement complet dans votre entourage. *** Si vous respectez les autres, ils vous respecteront. Si vous les méprisez, ils vous mépriseront aussi. Quand vous changez, le monde autour de vous change. *** Les mots qui viennent du cœur et qui sont empreints du souhait puissant de voir votre interlocuteur heureux peuvent toucher profondément sa vie et revigorer son esprit, en devenant une source d’inspiration pour lui.