Septembre 2023

Étude bouddhique

Thème

Étude bouddhique

Notre monde est à construire

Quatrième conversation – La compassion bouddhique Daisaku Ikeda. Nous avons jusqu’à présent abordé les concepts fondamentaux et l’histoire de l’hindouisme, et, en même temps, j’ai beaucoup appris sur votre vie et votre caractère, les fondations qui vous ont inspiré pour travailler à faire progresser les droits humains et la paix. Pourrions-nous ensuite nous demander quelle signification a le bouddhisme pour la société contemporaine ? Le bouddhisme a souvent été considéré à tort comme une religion fataliste, d’évasion ou passive, centrée sur la méditation. Je crois que ce sont des notions fausses et préconçues qui nuisent à une véritable compréhension du bouddhisme. Ved Nanda. Oui, j’ai l’habitude d’entendre de telles définitions du bouddhisme, et elles sont complètement trompeuses. D. Ikeda. Malheureusement, ces méconnaissances persistent au Japon également. Les organisations bouddhiques, y compris la Soka Gakkai, qui encouragent l’activisme social en s’appuyant sur leur croyance, sont souvent critiquées au Japon, en partant de l’idée que des personnes religieuses ne devraient pas s’impliquer dans la résolution des problèmes sociaux. Toutefois, l’esprit originel du bouddhisme du mahayana était d’encourager un engagement proactif dans la société pour le bonheur des individus et le développement et la transformation de la société. Tout d’abord, Shakyamuni était un homme d’action. Il n’a pas passé toute sa vie assis en méditation. Au contraire, il a constamment traversé ce vaste pays qu’est l’Inde jusqu’à son dernier souffle pour enseigner la Loi et encourager les autres. […] Action et colère D. Ikeda. Après l’époque de Shakyamuni, Tiantai en Chine et Nichiren au Japon, apparurent pour prolonger le message du Sûtra du Lotus et affronter sans peur les problèmes de leur temps. Tous le firent à des époques où les gens étaient dans un état de confusion devant un large éventail de philosophies concurrentes, et sans la moindre certitude sur le système de croyance sur lequel il serait correct de fonder leur vie. N’avons-nous pas une situation également problématique de nos jours, un « Grand interrègne » de philosophie 1 dans lequel nous sommes acculés à des impasses dans de nombreux domaines ? Bien que le monde ait rétréci avec l’entrée dans l’ère de l’information et les progrès des moyens de transport, les gens sont incapables de prévoir le cours que devrait prendre leur vie. Le monde est véritablement empli de misère et de souffrances. En même temps, il y a une résignation croissante chez des personnes qui se sentent incapables de faire une différence significative en tant qu’individus, submergés par un énorme sentiment d’impuissance et d’apathie. Dans le Sûtra de Vimalakirti, auquel nous avons fait allusion plus tôt, il est écrit : « Parce que tous les êtres vivants sont malades, voilà pourquoi je suis malade2. » Peut-être une grande partie de l’humanité de nos jours a-t-elle perdu la capacité d’avoir de l’empathie pour la misère et la souffrance des autres. Le bouddhisme est par-dessus tout un enseignement permettant de transformer la réalité. L’essence du bouddhisme est l’empathie et l’action – répondre à la souffrance d’autrui – non en s’asseyant en méditation, mais en se levant et en faisant tout ce qui est nécessaire pour ôter la souffrance et procurer le bien-être. Telle est la contribution majeure que le bouddhisme peut apporter à la société contemporaine. La compassion, notion centrale V. Nanda. Le don que le bouddhisme nous fait à tous est l’esprit de compassion. D. Ikeda. L’une des caractéristiques les plus admirables du bouddhisme est qu’il place la compassion au centre de sa pratique. Shakyamuni exprima cela magnifiquement dans l’un de ses premiers écrits, le Sûtra Nipata, que l’on a appelé « le Sûtra de la compassion » : « Tout comme une mère protégerait de sa propre vie son fils unique, ainsi il faudrait cultiver un esprit d’ouverture sans limite envers tous les êtres et une gentillesse aimante à l’égard du monde entier. Il faudrait cultiver cet esprit indéfiniment, en haut comme en bas et à travers, sans obstruction, sans animosité, sans rivalité. Que ce soit debout, en marchant, assis, ou allongé, aussi longtemps qu’une personne n’a pas le vertige, elle devrait pratiquer l’attention aux autres3. » Comme vous le savez, Shakyamuni vécut en étant fidèle à ces paroles. Le poète bouddhiste Matrceta écrivit à propos de Shakyamuni : « Votre compassion faisait que votre gentillesse s’adressait seulement aux autres […] envers vous seulement, ô Seigneur, elle vous rendait impitoyable4. » Shakyamuni quitta rapidement le lieu où il avait obtenu l’illumination pour se lancer directement dans la réalité turbulente de la souffrance et de l’angoisse des êtres humains. Comme Matrceta l’a noté : « Vous auriez pu résider dans une tranquillité profonde, mais l’approfondissement de la compassion vous a fait même étudier l’art musical5. » Autrement dit, Shakyamuni sortit de sa « tranquillité profonde » pour trouver des façons d’inspirer aux autres le désir d’atteindre l’illumination. V. Nanda. C’est un passage très inspirant. D. Ikeda. Certains disent que nous perdons tout espoir lorsque nous avons l’impression que personne ne nous apprécie ou ne nous respecte, quand nous apprenons que nous sommes atteints d’une maladie incurable ou que nous sommes en faillite. Nous pouvons trouver une satisfaction authentique en nous préoccupant les uns des autres, en travaillant pour le bien-être d’autrui. Je crois que, à notre époque, alors que l’égoïsme et le cynisme sont très répandus, la pratique bouddhique de la compassion – l’esprit d’altruisme, le dépassement de l’égocentrisme – offre un espoir dans le véritable sens de ce mot.

Paroles d'encouragement

Vers un avenir plein d’espoir avec les Écrits de Nichiren

Ouvrons fièrement la voie vers un 3 mai triomphal ! « Dans ce chapitre [le chapitre « Les encouragements du bodhi­sattva Sagesse-Universelle du Sûtra du Lotus], le bouddha Shakyamuni a révélé le point essentiel qu’il souhaitait nous transmettre. Le Bouddha a enseigné le Sûtra du Lotus pendant une période huit ans, et huit caractères résument le message qu’il a laissé pour les êtres vivants de cette époque ultérieure, l’époque de la Fin de la Loi. Ce sont [les huit caractères qui composent le passage où il est dit] : “ … Tu devras te lever et le saluer de loin [le pratiquant du Sûtra du Lotus] en lui montrant autant de respect que s’il s’agissait d’un Bouddha.” » (cf. SdL-XXVIII, 303) Les Enseignements oraux, 192 Le message essentiel du Sûtra du Lotus est incarné par la Soka Gakkai. Nos membres ont progressé et forgé entre eux des liens forts en se respectant mutuellement en tant que bouddhas, et c’est ce qui nous a permis de surmonter toutes sortes d’oppositions et d’attaques pour parvenir à ce résultat sans précédent : la propagation de notre mouvement pour kosen rufu dans le monde entier. J’éprouve une reconnaissance infinie, tout particulièrement à l’égard des femmes si dévouées de notre mouvement Soka, qui font preuve de sollicitude et se soucient de chaque personne avec la même compassion que le Bouddha. Ouvrons fièrement la voie vers un 3 mai triomphal 1 ! Avancer chaque jour avec les Écrits de Nichiren « Exercez-vous dans les deux voies de la pratique et de l’étude. Sans pratique, ni étude, il ne peut y avoir de Loi bouddhique. Vous ne devez pas seulement persévérer vous-même ; vous devez aussi enseigner aux autres. Pratique et étude proviennent toutes deux de la foi. Enseignez aux autres au mieux de vos capacités, ne serait-ce qu’une phrase. » La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 390 Nichiren écrivit cela dans une période de grande adversité. Pratiquer en accord parfait avec ces paroles est, pour les maîtres et disciples du mouvement Soka, la plus importante source de fierté. Nous, pratiquants de la Soka Gakkai, nous exercerons toujours dans « les deux voies de la pratique et de l’étude », avec des cœurs qui ne font qu’un avec celui de Nichiren, le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi. C’est ce qui nous permettra de toujours trouver une voie pour aller de l’avant. En cette époque troublée, le monde recherche avec ferveur les principes bouddhiques de respect de la dignité de la vie, de révolution humaine pour créer un monde paisible fondé sur des valeurs humaines. Aujourd’hui encore, étudions, pratiquons et partageons les enseignements de Nichiren avec une énergie renouvelée. Interpréter la magnifique histoire de notre renaissance « Quand on stimule les autres, on se stimule aussi soi-même, quand on leur donne de la force, on s’en donne également, quand on contribue à prolonger leur vie, on prolonge aussi la sienne. » Sur les vêtements et la nourriture (WND-II, 1066) Mener une vie utile aux autres est source de santé et de vitalité. Si nous pratiquons et agissons pour leur bonheur et leur bien-être, nous serons en retour protégés. S’engager dans les activités de la Soka Gakkai nous permet de développer notre énergie et notre rayonnement, et d’aider les autres à faire de même. C’est la meilleure cause que nous puissions créer pour prolonger notre vie. Rien ne pourra jamais détruire la bonne fortune accumulée à la fois physiquement et mentalement grâce à notre pratique bouddhique. Si nous luttons contre la maladie, nous serons à coup sûr protégés par les bouddhas et les divinités célestes de tout l’univers. Gagnons la victoire sur le démon de la maladie en récitant Nam-myoho-renge-kyo tel un lion qui rugit, et interprétons la magnifique histoire de notre renaissance, en insufflant espoir et courage à tous ! Développons notre réseau d’« amis de bien » afin de créer un courant de paix « Il [le principe merveilleux de la réalité essentielle] est unique mais, au contact de mauvaises influences, il prendra la forme de l’illusion, et, au contact de bonnes influences, celle de l’illumination. L’illumination correspond à la nature fondamentale de la Loi [et des phénomènes] et l’illusion, à son ignorance. » L’entité de la Loi merveilleuse, Écrits, 422 Nos vies changent grâce aux influences extérieures. Les bonnes influences, dit Nichiren, peuvent faire jaillir de nous-mêmes le potentiel le plus positif. Telle est la raison d’être de la Soka Gakkai, qui constitue un réseau d’« amis de bien » unis par la foi dans la Loi merveilleuse. Nous réalisons des dialogues dans l’esprit du bodhisattva Jamais-Méprisant, avec la conviction que chaque personne a la nature de bouddha en elle et en cherchant à aider chacun à l’éveiller. Grâce à ces efforts, nous transformons ensemble illusion et ignorance en éveil à la nature essentielle de la vie. Développer notre réseau d’amis de bien est le moyen le plus stable et le plus sûr de faire avancer notre idéal – « l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays » −, et de créer ainsi un courant de paix dans le monde. Partager joyeusement nos expériences dans la foi est la source d’un bienfait illimité « Les bienfaits obtenus de ce Sûtra augmentent en profondeur et en bonté, et se prolongent jusqu’à la cinquantième personne qui en entend parler. Mais il n’y a aucun bienfait à attendre des autres sûtras, même pour leur premier auditeur, encore moins pour le deuxième, le troisième ou le quatrième, ainsi de suite jusqu’au cinquantième. « Les fleuves ont beau être profonds, ils ne peuvent égaler les parties les moins profondes de l’océan. » Le cœur du chapitre « Roi-de-la-médecine », Écrits, 93 Même la cinquantième personne qui se réjouit d’entendre le Sûtra du Lotus à la suite d’une transmission joyeuse de cœur à cœur acquiert des bienfaits incommensurables. Cette joie si contagieuse et ces bienfaits illimités se trouvent dans nos réunions de discussion. Les expériences de croyance des pratiquants attestent du pouvoir immense de la Loi merveilleuse. Partager en toute confiance nos résultats est le meilleur moyen de répandre la magnifique philo­sophie de vie qui est la nôtre. Aujourd’hui, la joie de pratiquer le bouddhisme de Nichiren se transmet dans le monde entier grâce à des supports tels que le journal Seikyo et beaucoup d’autres publications de la SGI ainsi que par les sites en ligne. Créons ensemble un océan de joie et de bonne fortune toujours plus vaste et profond.

Réflexions sur la NRH

À l’occasion du 66e anniversaire de la Déclaration pour l’abolition des armes nucléaires de Josei Toda

À partir du 12 septembre, pour une durée de quatre mois, l’exposition intitulée « Je suis le gardien de mon frère – La vie et l’époque de Simon Wiesenthal » se tiendra au Hall mémorial Toda pour la paix de la Soka Gakkai, à Yokohama, dans la préfecture de Kanagawa. Le Hall, qui jouxte le centre culturel de Kanagawa, face au célèbre parc Yamashita, est un bâtiment qui appartient à la Soka Gakkai depuis plus de vingt ans. Lieu historique de la ville, il accueille depuis des années de nombreuses activités en faveur de la paix, de la culture et de l’éducation. Yokohama est également le point de départ du mouvement pour la paix de la Soka Gakkai car c’est là que le 8 septembre 1957 – soit seulement six mois avant son décès − le deuxième président, Josei Toda, prononça sa Déclaration appelant à l’abolition des armes nucléaires. L’exposition Simon Wiesenthal, présentée au Japon pour la première fois, célèbre le 44e anniversaire de cette Déclaration. Aujourd’hui, [en 2001], M. Wiesenthal a 92 ans. Après avoir survécu miraculeusement à l’inhumanité de l’holocauste nazi, il a, depuis, consacré sa vie à poursuivre ceux qui perpétrèrent ce crime haineux. Les personnes conscientes du monde entier font son éloge, en le considérant comme un véritable champion des droits humains. D’anciens nazis et collaborateurs parlent avec crainte de celui qu’ils appellent le « chasseur de nazis ». À ce jour [2001], il a enquêté sur plus de 6 000 criminels de guerre nazis, ce qui a abouti à plus de 1 100 condamnations. Cette traque sans répit recouvrait un autre aspect : lutter contre l’amnésie, pour empêcher que l’Holocauste ne tombe dans les oubliettes de l’Histoire. Son esprit était inébranlable : « Je n’oublierai jamais ! » Il était déterminé à garder vivante la mémoire de ce massacre brutal – les larmes amères et les cris tourmentés de ses camarades assassinés, les innombrables vies volées prématurément. Comme l’a déclaré le poète juif Yitzhak Katzenelson, qui périt dans l’Holocauste : « Nous ne devons pas nous contenter de panser éternellement les plaies en oubliant tout. » Les nobles convictions de M. Wiesenthal se reflètent dans ses actions. Pendant les années qui ont suivi la guerre, de jeunes commandos juifs et d’anciens combattants de la résistance se tournèrent vers lui pour obtenir des informations sur des fugitifs nazis. Mais il refusait catégoriquement de leur en donner parce qu’il était clair que ces personnes étaient mues par un désir de vengeance et voulaient tuer ces criminels de guerre nazis. Simon Wiesenthal croyait au contraire qu’ils devaient être jugés en toute impartialité par des tribunaux publics. Réagir dans l’esprit « œil pour œil, dent pour dent » n’aurait fait qu’alimenter ce cycle destructeur sans jamais restaurer la justice. Je n’ai pas encore rencontré M. Wiesenthal mais je me suis entretenu plusieurs fois avec le rabbin Abraham Cooper, doyen du Centre Simon-Wiesenthal. Dans une interview, le rabbin déclara que, pour M. Wiesenthal, le devoir qui incombe à l’humanité après l’Holocauste consiste non pas à se venger mais à restaurer la confiance entre les êtres humains. M. Wiesenthal nous demande de transcender l’hostilité afin de faire régner la justice dans nos sociétés. Ce cri déchirant, émanant des profondeurs même de la vie de ce grand héros des droits humains, est un message solennel qui trouve un écho en chacune et chacun d’entre nous. La justice ne peut briller que si nous luttons contre le mal et en triomphons. Il en va de même dans notre pratique du bouddhisme. Cependant, je ne soulignerais jamais assez que la vengeance bâtie sur la haine est totalement étrangère aux enseignements bouddhiques. Comme le stipule un passage d’un sûtra bouddhique ancien, le Dhammapada : « Aucune haine ne peut cesser si on l’alimente par la haine, il faut cesser de haïr ; c’est une vérité éternelle. » Bien qu’étant la cible des pires persécutions, Nichiren fit lui aussi preuve d’un esprit de tolérance et de compassion aussi vaste que l’océan. Il écrivit notamment : « Je prie avant tout pour guider et diriger le souverain et les autres personnes qui m’ont persécuté. » (Sur les prophéties du Bouddha concernant l’avenir, Écrits, 406) Mais cela ne signifie pas qu’il faut réaliser des compromis sur la question du bien ou du mal, ou cautionner le mal. Comme l’a déclaré le président fondateur de la Soka Gakkai Tsunesaburo Makiguchi, qui s’opposa fermement à l’oppression des autorités militaristes japonaises et mourut en prison pour avoir refusé de renier ses convictions : « Si vous n’avez pas le courage d’être l’ennemi de ceux qui incarnent le mal, alors vous ne pouvez pas être un ami du bien. » Pour révéler le bien, il faut combattre le mal. Nier et ignorer le mal est un signe de lâcheté et d’un manque de compassion et, en définitive, cela équivaut à commettre soi-même le mal. La grande lutte pour triompher des forces invasives du roi-démon du sixième ciel 1 ainsi que des tendances destructrices au sein de notre propre vie correspond à ce que nous appelons kosen rufu. Cela rejoint aussi la révolution humaine. M. Wiesenthal adressa cette mise en garde à la jeunesse : « En réalité, culture et civilisation ne sont que des couches ultra-fines sous lesquelles le monstre qui existe en nous ne cesse de rôder. » Il y a quarante-quatre ans, au lendemain du passage d’un typhon, le ciel s’était dégagé et une brise légère soufflait. Ce jour-là, le président Toda fit face à un rassemblement de 50 000 jeunes. Il offrit alors la première de ses instructions pour l’avenir : sa Déclaration pour l’abolition des armes nucléaires, dans laquelle il confiait aux jeunes la mission de répandre son message dans le monde entier. Le point central de sa Déclaration réside dans la formulation claire de la nécessité d’arracher « les griffes qui se cachent dans les profondeurs » du concept même du recours à l’arme nucléaire – en d’autres termes, les tendances insidieuses inhérentes à la vie. Cela correspond exactement « au monstre qui existe en nous », dont parle M. Wiesenthal. Dans sa Déclaration, M. Toda affirme : « Nous, citoyens du monde, possédons un droit inaliénable à la vie. Toute personne menaçant ce droit est l’incarnation du mal, un être abominable, un monstre. Je propose que l’humanité applique, dans tous les cas, la peine de mort à toute personne responsable d’avoir utilisé l’arme nucléaire, même si elle se trouve dans le camp des vainqueurs. » M. Toda était un bouddhiste doté d’une conviction absolue dans le caractère sacré de la vie. Il s’opposait totalement à la peine capitale, et pourtant il appelle ici à appliquer la peine de mort à quiconque est responsable d’utiliser l’arme nucléaire. Il appela à cette sanction parce qu’il voulait terrasser à jamais les fonctions destructrices inhérentes à la vie humaine, qui cherchent à posséder ou employer l’arme nucléaire. Il voulait graver profondément dans l’esprit des êtres humains un mode de pensée dénonçant les armes nucléaires comme le mal absolu – un mode de pensée qui servirait de contrôle intérieur afin de « prévenir ce qui est erroné et d’arrêter le mal. » (GZ, 744) Pour défendre la vie, M. Toda utilisa le mot « mort », son opposé absolu, avec la détermination d’anéantir les forces démoniaques. C’était un acte plein de conviction dirigé vers le bien suprême qui consistait à protéger à tout prix la vie. À l’époque, l’opinion publique ne prêta pas la moindre attention à cette déclaration sans précédent. Pourtant, son éclat éternel, qui ne fit que s’approfondir avec le temps, en fait aujourd’hui un grand phare illuminant le monde en ce nouveau siècle. Comme l’a dit le Pr David Krieger, président du Nuclear Age Peace Foundation : « Je pense que la Déclaration contre les armes nucléaires de Josei Toda conserve de nos jours toute son importance. » Cet été, le Pr Krieger et moi-même avons fait paraître un dialogue 2 intitulé Kibo no Sentaku (Choisis l’espoir). Dans notre échange, ce militant antinucléaire américain a déclaré : « Les jeunes sont l’avenir. Ils doivent avoir voix au chapitre dans le monde qui sera le leur et jouer un rôle significatif dans la résolution de la menace nucléaire. » Vous, les jeunes, faites entendre encore plus largement et plus fortement votre voix pour la justice ! Jeunes de la SGI du nouveau siècle, développez résolument notre alliance pour une paix durable dans le monde entier et ne cessez jamais d’agir en ce sens à l’avenir !

Citations

Citations de Daisaku Ikeda – Amour et relations humaines

XXV. Amour et mariage La vie quotidienne peut sembler bien morne et ennuyeuse. Vivre peut parfois paraître pénible et peu d’entre nous s’attendent à ce que la joie ressentie puisse durer toujours. Mais quand nous tombons amoureux, la vie prend des allures de fête et de joie. Nous avons l’impression d’être le personnage principal d’un roman. Et pourtant, si nous nous perdons dans l’amour simplement parce que nous nous ennuyons et que nous nous écartons ainsi de la voie que nous devrions suivre, cet amour n’est alors qu’une sorte de fuite. Cela équivaut à s’évader dans un monde de chimères, avec la conviction que ce qui n’est qu’une illusion est la réalité. *** Le bonheur dans la vie n’est pas déterminé par le mariage. Le secret du bonheur réside dans l’établissement d’un soi solide qu’aucune épreuve ou difficulté ne peut affaiblir. *** L’amour idéal ne se développe qu’entre deux personnes sincères, mûres et autonomes. La clé, c’est de lutter intérieurement pour polir ces qualités intérieures. […] Deux personnes qui s’accrochent l’une à l’autre ne vivent pas un amour véritable, car l’amour, le vrai, ne peut être nourri que par deux personnes fortes, ancrées dans la personnalité qui leur est propre. *** Je suis sûr que vous êtes nombreux à avoir déjà eu des peines de cœur ou à avoir souffert à la suite d’une grande déception sentimentale au point de perdre le respect de vous-même et de ne plus avoir envie de vivre. Mais ne vous dépréciez jamais. Rien n’a plus de valeur que vous-même ; vous êtes plus précieux que tous les trésors de l’univers. Si vous êtes fort, même votre tristesse deviendra une nourriture spirituelle, et ce qui vous fait souffrir contribuera à purifier votre vie. *** Si vous entamez une relation amoureuse, veillez à ce qu’elle génère une puissante créativité spirituelle, enrichissante à la fois pour votre partenaire et pour vous-même. *** Si vous négligez ce que vous devez faire et oubliez votre mission dans la vie parce que vous êtes en couple, alors vous faites fausse route. Dans une relation saine, deux personnes s’encouragent à atteindre leurs objectifs respectifs tout en partageant les espoirs et les rêves de l’autre. Une relation devrait être une source d’inspiration, d’énergie et d’espoir. *** Il est important de s’efforcer de construire calmement quelque chose ensemble. C’est le point de départ de l’amour véritable. […] L’amour grandit. L’amour qui ne grandit pas repose simplement sur des goûts et des aversions personnels. *** Dans un couple, les partenaires s’apportent des qualités diverses. Il arrive que l’intensité et la force du soleil soient nécessaires et, à d’autres moments, c’est la lumière apaisante et la sagesse sereine de la lune qui sont recherchées. Une relation où les partenaires coopèrent et œuvrent ensemble est vraiment belle et complémentaire ! *** L’amour véritable devrait conduire à une transformation positive. Cela devrait être un processus qui accroît notre capacité à chérir non pas seulement une personne mais l’humanité tout entière. L’amour authentique peut nous rendre plus fort, nous élever et nous permettre de devenir meilleur. Pourtant, en définitive, nous ne pouvons attirer que les personnes qui nous ressemblent. Cela est vrai aussi pour les liens d’amitié. *** Vous pouvez vous perdre dans l’ivresse d’une relation amoureuse, mais en réalité l’euphorie du moment ne durera probablement pas longtemps. Le plus souvent, en effet, vous ressentirez encore plus de souffrance et de tristesse. Tant que vous ne parvenez pas à vous défaire de vos faiblesses, la souffrance restera, quel que soit l’endroit où vous cherchez à fuir et quelle que soit la personne avec qui vous voulez partir. Vous ne serez jamais véritablement heureux tant que vous n’essaierez pas de changer intérieurement.   XXVI. La gratitude La gratitude rend modeste. Le sens de la gratitude élargit le cœur. Aucun d’entre nous ne peut vivre de manière isolée. Notre vie et notre existence sont soutenues par d’autres, de manière visible ou invisible, que ce soit par nos parents, un maître ou la société dans son ensemble. Être conscient de ces liens, les apprécier et s’efforcer de contribuer en retour à la société dans un esprit de gratitude, telle est la manière correcte de vivre pour les êtres humains. *** Les personnes ingrates se considèrent comme supérieures et pensent que de ce fait qu'elles n’ont pas à manifester de gratitude envers les autres. C’est là leur principal défaut. C’est le sens de la reconnaissance qui élève, enrichit et élargit l’esprit humain. Et c’est l’arrogance qui entrave ce processus. *** Nul n’est aussi fort que celui dont le cœur est toujours rempli de gratitude. *** Ressentir de la gratitude envers ses parents peut sembler anodin, mais c’est la marque d’une véritable maturité et de notre développement en tant qu’être humain.   XXVII. Les relations humaines Ceux qui respectent les autres sont respectés en retour. Ceux qui traitent les autres avec compassion et bienveillance sont protégés et soutenus par eux. Notre environnement est fondamentalement le reflet de nous-même. *** Si vous voulez que les autres changent, changez d’abord votre propre cœur. Si vous changez, les autres autour de vous changeront aussi. *** C’est à travers nos relations avec les autres que nous nous développons et grandissons. Nous apprenons les uns des autres, nous nous aidons, nous soutenons mutuellement et cultivons ainsi un humanisme authentique. Par conséquent, le bonheur ne peut pas se goûter seul. Le bonheur véritable se partage. *** Se cloîtrer dans son petit monde peut sembler plus simple mais ce n’est pas ainsi que nous pourrons nous développer intérieurement. Dans la solitude, notre véritable potentiel ne peut pas briller. Les interactions avec les autres enrichissent notre vie. *** Gentillesse et sollicitude sont des qualités humaines qui se développent lorsque nous luttons pour encourager les autres. Se soucier d'autrui ne signifie pas simplement faire preuve de sympathie ou de pitié mais essayer de comprendre ce qu’ils vivent. Avoir une personne qui nous comprend vraiment nous insuffle parfois la force d’aller de l’avant. *** Notre entourage reflète notre propre état de vie. L’environnement où nous sommes, qu’il soit favorable ou non, est le résultat de notre état de vie. Si nous ne saisissons pas cela, nous avons tendance à faire porter aux autres la responsabilité de nos problèmes. *** S’apitoyer sur le sort d’une personne ou avoir pitié d’elle n’est pas la véritable manifestation de la compassion. La clé est de comprendre. Les gens peuvent trouver la force de continuer à vivre lorsqu’ils savent qu’il y a quelqu’un qui les comprend sans les juger. *** Encourager une personne est une tâche intense qui vise à l’inspirer, en soufflant sur les braises de son énergie vitale afin qu’elle fasse apparaître son esprit indomptable. *** Plus nous aimons les autres, plus nous serons aimés d’eux. Plus nous œuvrons au bonheur des autres, plus nous bénéficierons de leur protection et de leur soutien. Telle est la loi de cause et effet. *** Lorsque nous réfléchissons sur nous-mêmes et élevons notre état de vie, nous pouvons approfondir notre compréhension d’autrui. Une personne qui agit de la sorte est capable d’apprécier la personnalité des autres. *** Quand nous faisons sentir aux autres qu’ils ne sont pas seuls, ils peuvent se dresser et relever les défis qui apparaissent dans leur vie. Quand nous traitons les enfants avec respect, ils apprennent à leur tour à respecter les autres. *** Si vous êtes sincèrement attentifs à ceux qui vous entourent, même pour les questions les plus insignifiantes, vous pourrez provoquer un changement complet dans votre entourage. *** Si vous respectez les autres, ils vous respecteront. Si vous les méprisez, ils vous mépriseront aussi. Quand vous changez, le monde autour de vous change. *** Les mots qui viennent du cœur et qui sont empreints du souhait puissant de voir votre interlocuteur heureux peuvent toucher profondément sa vie et revigorer son esprit, en devenant une source d’inspiration pour lui.

Podcast "Sème la joie"