Octobre 2025

Étude bouddhique

Thème

Citations

Jour après jour, mois après mois

Commençons chaque journée avec l’énergie du soleil levant. Ceux qui passent à l’action avec une détermination fraîche sont éternellement jeunes. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   La santé est notre priorité – dans notre vie quotidienne, au travail et dans les activités de kosen rufu. Prions, ne ménageons pas nos efforts, prenons soin de notre santé et faisons preuve de sagesse pour nous maintenir en bonne forme. (Discours prononcé à la réunion générale de la SGI, octobre 1995)   La non-dualité entre maître et disciple est le lien humain le plus profond. Il n’existe rien de plus noble ni de plus fort que le lien unissant le maître et les disciples qui partagent le grand vœu de kosen rufu et luttent pour le réaliser. (Série d’essais « Le chant de la victoire humaine »)   Nous ne pouvons pas tromper notre propre cœur. Nous devons remporter la victoire là où nous sommes – une victoire qui nous permet de dire en toute honnêteté que nous avons tout donné. Ceux qui agissent de la sorte sont de véritables champions. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Un dialogue sincère fondé sur le souhait commun du bonheur et du bien-être de chacun est la clé pour cultiver la véritable démocratie. Exprimons-nous avec assurance au nom de la vérité ! (Série d’encouragements « Diffuser la lumière éclatante des écrits de Nichiren »)   Plus nous prions et passons à l’action, plus nous accumulons de la bonne fortune. Jour après jour, faisons tout ce qui est nécessaire pour faire avancer kosen rufu ! (Discours prononcé à la réunion mensuelle des responsables, mars 2007)   Allons à la rencontre des autres pour les écouter. Rencontrons-les pour dialoguer. Encourageons une personne puis une autre et, ensemble, dressons-nous. Kosen rufu commence par ces actions. (Série d’essais « La citadelle éternelle du mouvement Soka »)   Récitez Nam-myoho-renge-kyo d’une voix éclatante, avec la puissance d’un lion qui rugit et la dignité et la prestance d’un souverain. Rappelez-vous de toujours prier avec l’ardeur, la détermination et le dynamisme de celui qui est déterminé à remporter la victoire. (Discours prononcé à la réunion nationale des responsables du département de la jeunesse, novembre 2007)   Aider les êtres humains à devenir sages, à devenir des philosophes rois, est la clé pour parvenir à une véritable démocratie. Et c’est la tâche à laquelle nous, membres de la Soka Gakkai, nous nous sommes consacrés. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 6, chap. « Long voyage », p. 99)   Si nous devons nous exprimer, alors offrons des mots empreints de bonté et de vérité qui réunissent les gens. Partageons des paroles positives et encourageantes. (Série d’essais « La citadelle éternelle du mouvement Soka »)   C’est toujours le courage des jeunes qui ouvre la voie vers une nouvelle ère. Quand un jeune courageux se dresse résolument, il peut ouvrir une voie, même au cœur du plus difficile des défis. (Discours prononcé à la réunion mensuelle des responsables, août 1989)   « Que les difficultés m’assaillent ! » « Je ne serai pas vaincu ! » cet esprit d’engager la lutte fait fuir les fonctions négatives. Seuls ceux qui continuent d’aller de l’avant peuvent ouvrir la voie et remporter des victoires éclatantes. (Discours prononcé à la session d’entraînement conjointe, août 2005)   Le cœur du roi-lion, c’est l’esprit de défi. C’est agir avec audace sans jamais céder aux difficultés. Le courage de s’exprimer joyeusement et avec conviction ouvre le cœur de vos amis et le transforme. (Série d’encouragements « Suivre la grande voie vers la victoire avec un cœur jeune »)   « Je réussirai à coup sûr ! » – cette détermination active les fonctions protectrices de l’univers et transforme chaque chose en ami et allié. Rien n’a plus de force que la foi pour briser tous les obstacles et dépasser nos limites. (Série d’encouragements « Vivre avec les écrits de Nichiren »)   La vie est une lutte. La vie de ceux qui font surgir le courage de lutter pour la justice au moment crucial brillera d’un éclat sans pareil. (Discours prononcé à la réunion mensuelle des responsables, mars 2001)   Quelle est la plus grande source de fierté pour les trois présidents fondateurs de la Soka Gakkai ? C’est le fait d’avoir lutté de toutes leurs forces contre la nature destructrice de l’autorité pour protéger la liberté et le bonheur des personnes ordinaires, et d’avoir remporté la victoire. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   L’époque de la Fin de la Loi est un âge corrompu, souillé par les cinq impuretés 1, où les conceptions déformées se propagent et les personnes ne savent plus faire la distinction entre ce qui est juste et erroné. Dans une telle époque, ce sont les efforts indéfectibles pour s’exprimer en faveur de la vérité et de la justice qui ouvriront la voie de kosen rufu. (Discours prononcé à la réunion des représentants des responsables, novembre 2008)   Nous investir totalement, jour après jour. Dépasser nos limites. Faire tout ce qui est en notre pouvoir. Tel est l’esprit de défi caractérisant la non-dualité du maître et du disciple dans le mouvement Soka. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Nos dialogues insufflent de l’espoir. Nos dialogues créent une ère des personnes ordinaires, grâce au pouvoir de la foi en l’être humain. (Série d’essais « Apprendre des écrits de Nichiren »)   Rien de grand ne peut être accompli sans des efforts constants. L’achèvement d’une phase marque le début d’une autre. Chaque étape doit mener à la création d’une nouvelle page, encore plus magnifique, de notre histoire. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 30-I, chap. « Grande montagne »)   Il n’existe pas de trésor plus précieux que la vie. Poursuivons nos efforts pour faire du principe bouddhique du respect suprême de la dignité de la vie l’esprit universel de notre temps. (Série d’encouragements « Les enseignements humanistes pour la victoire »)   Il est important que les parents pratiquent le bouddhisme de Nichiren avec leurs enfants. Les enfants apprennent la pratique bouddhique et en héritent en observant leurs parents. (Série d’essais « La lumière du siècle de l’humanisme »)   Regardons devant nous. Espoirs, rêves et victoires nous attendent. Quand nous levons les yeux et continuons à aller de l’avant, de nouveaux horizons s’ouvrent. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Le bouddhisme de Nichiren existe pour le bien de chaque personne. Par conséquent, nos actions devraient s’appuyer sur le respect de chacune et de chacun et sur le souhait de voir leur vie briller du plus grand éclat. La finalité de la Soka Gakkai est d’apporter paix et bonheur à tous. (Série de commentaires « Le bouddhisme du soleil »)   Nos difficultés nous permettent de développer notre sagesse et notre humanisme. En ayant cela à l’esprit, allons de l’avant avec confiance et sang-froid. Menons une vie joyeuse et intense en restant fidèles à ce que nous sommes. (Discours prononcé à la conférence des représentants des départements, août 2002)   Quel est le but de la vie ? Être heureux. Quelle est la clé du bonheur ? Notre état de vie. Fondamentalement, la manière d’élargir notre état de vie consiste à réciter Nam-myoho-renge-kyo. (Discours prononcé à l’occasion d’un événement culturel à Bonn, en Allemagne, juin 1991)

Paroles d'encouragement

C’est à vous, mes jeunes successeurs, que je transmets le relais

Polir notre vie par la récitation de Nam-myoho-renge-kyo Le président Ikeda enseigne que la récitation de Gongyo et Daimoku est la clé pour faire évoluer votre vie dans la meilleure direction possible, même si nous ne voyons peut-être pas les résultats immédiatement. Ne vous inquiétez pas s’il vous paraît difficile de garder votre cap – renouvelez votre détermination et prenez un nouveau départ. Le président Ikeda a transmis un jour les encouragements suivants concernant l’importance de Gongyo et de Daimoku. Vos dents s’abîmeront si vous ne les brossez pas chaque jour. Votre chambre deviendra sale si vous n’y faites jamais le ménage. Votre miroir se ternira si vous ne le polissez pas. De la même façon, notre vie se ternira si nous ne la polissons pas constamment. Faire Gongyo matin et soir et réciter Nam-myoho-renge-kyo constituent le processus qui nous permet de polir notre vie. Il faut polir les diamants et saphirs bruts pour qu’ils brillent comme des joyaux. Chacun de vous – et même en fait tous les êtres humains – est une pierre précieuse à l’état brut, qui possède en elle le brillant état de vie du Bouddha. C’est en polissant notre vie que nous devenons « d’étincelants joyaux ». Nous ne pouvons sans doute comprendre cela que grâce à notre expérience personnelle. Voilà pourquoi il est important de nous lancer des défis, même modestes au départ, puis de plus en plus grands. En faisant Gongyo et en récitant Nam-myoho-renge-kyo chaque jour, vous pouvez mettre votre vie sur la bonne orbite et vous écarter du malheur et de la malchance. Les résultats de vos prières seront peut-être immédiats alors que pour d’autres ils apparaîtront plus lentement, de même qu’un arbre pousse peu à peu. En regardant en arrière, il est possible aussi que vous ayez le sentiment qu’un objectif pour lequel vous avez décidé de pratiquer ne s’est pas réalisé. En tout cas, votre vie continuera à coup sûr à suivre une direction positive. Il ne fait aucun doute que la meilleure façon d’avancer s’ouvrira alors devant vous. Extrait de Dialogue de l’espoir Ayez la patience de lire et développez votre imagination Aimez-vous lire ? Certains d’entre vous ont peut-être le sentiment que ce n’est pas leur point fort ou vous trouvez difficile de lire un livre dans sa totalité. Dans cet extrait, le président Ikeda, lecteur passionné depuis sa jeunesse, partage ses conseils et ses réflexions sur la lecture. Bien sûr, il n’y a pas de méthode de lecture qui convienne à tous et toutes les approches sont possibles. On peut parfois se contenter d’un survol. Mais n’oubliez pas que si vous persévérez dans votre lecture en faisant simplement preuve d’un peu de patience, il y a de bonnes chances pour que vous y trouviez un intérêt. De grandes œuvres de la littérature mondiale peuvent peut-être vous sembler ennuyeuses au début à cause de longues descriptions de paysages ou d’arrière-plans historiques qui vous paraîtront interminables. Il vous suffit alors de survoler ces parties pour y revenir plus tard. Si, en persévérant, vous ne découvrez toujours rien qui trouve un écho en vous, alors prenez un autre livre. En prenant ainsi l’habitude de faire preuve d’un peu de patience dans la lecture, vous pourrez développer votre imagination et vos facultés de compréhension, ce qui rendra votre lecture plus agréable. Je crois que l’imagination est cruciale pour mener une vie riche et significative. En y réfléchissant, vous vous rendrez compte que les bandes dessinées, les spectacles télévisés et les films sont aussi le fruit de l’imagination humaine. Beaucoup de ces créations ont d’ailleurs été inspirées par de grandes œuvres littéraires. De même, les nouvelles technologies comme l’informatique sont nées du cœur et de l’esprit de personnes qui ont eu une idée et se sont appliquées à en faire une réalité. L’imagination est le moteur des progrès de l’humanité. L’imagination est créativité. Extrait de Dialogues de l’espoir Semer les graines de la paix dans le monde entier Le 24 août est le jour où le président Ikeda a adhéré à la Soka Gakkai. Tout a commencé par sa rencontre avec son maître, Josei Toda, lors d’une réunion de discussion en 1947. À partir de ce moment-là, le président Ikeda s’est engagé dans d’innombrables dialogues et a bâti un réseau de paix dans le monde entier, comme son maître l’y avait incité. Dans l’extrait suivant, le président Ikeda se souvient de cette rencontre décisive. Des amis m’avaient emmené à une réunion de discussion de la Soka Gakkai où je vis un homme doté de lunettes aux verres épais s’adresser à un groupe d’une vingtaine de personnes. « Je veux supprimer tous les malheurs et toutes les souffrances de la surface de la Terre ! » dit-il ce soir-là avec une voix passionnée qui résonna dans toute la pièce. Josei Toda faisait un cours sur le traité de Nichiren Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays qui enseigne que, afin d’apporter la paix dans le monde, chaque personne doit agir sur la base d’une philosophie de vie correcte. Après la fin de son cours, je lui ai demandé : « Quel est, selon vous, le mode de vie correct ? » Il me répondit avec beaucoup de chaleur humaine et d’un ton familier, comme s’il me connaissait depuis longtemps. Puis il ajouta : « Essayez donc de pratiquer le bouddhisme de Nichiren. Vous êtes jeune. Si vous faites cela, à un moment donné, vous constaterez sans doute que vous suivez la voie correcte dans la vie. » Je ne saisissais pas à l’époque combien les enseignements bouddhiques étaient profonds mais je sentais intuitivement que je pouvais faire entièrement confiance à M. Toda. Dix jours plus tard, le 24 août – qui était, selon mes souvenirs, un dimanche particulièrement chaud et ensoleillé – ,j’ai adhéré à la Soka Gakkai et je me suis lancé dans mon voyage sur la voie de maître et disciple. Soixante-six ans se sont écoulés depuis [en 2013]. En suivant les enseignements de M. Toda, j’ai engagé une lutte pour la paix par le dialogue et j’ai semé les graines de la paix dans le monde entier. Extrait de Dialogue pour l’avenir

Réflexions sur la NRH

Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine

Singapour, une citadelle de citoyens du monde Par Ho Goku 1 Ce fut véritablement un voyage dans le XXIe siècle. Le soir du 22 novembre, je suis arrivé à l’aéroport international Changi, à Singapour, la magnifique ville du Lion. Sur le lieu de notre hébergement, nous avons été accueillis par le rythme vif et joyeux de la pluie qui jouait une mélodie divine. Le lendemain matin, la ville était fraîche et verte après la pluie. Les feuilles de palmier se balançaient dans la brise, et un peu partout on pouvait voir s’ouvrir les bougainvillées ainsi que de nombreuses autres fleurs aux couleurs éclatantes. Les gratte-ciel, symboles du développement économique, se dressaient dans le ciel, et la ville vibrait d’une énergie dynamique. Les vents de l’avenir soufflaient toujours dans ce lieu. C’était mon troisième voyage à Singapour, et mon premier en cinq ans. Lors de cette visite qui suivait les célébrations du 70e anniversaire de la fondation de la Soka Gakkai, j’ai entamé mon 70e voyage pour la paix – un voyage destiné à ouvrir enfin le rideau sur le siècle du mouvement Soka. Le 23 novembre, lendemain de mon arrivée, j’ai rendu une visite de courtoisie au président de Singapour, M. S. R. Nathan, à ­l’Istana, la résidence officielle du chef de l’État. Le jour suivant, le 24, j’ai reçu, en tant que représentant de tous les membres de la SGI, un doctorat honoris causa ès lettres de l’université de Sydney, l’institution d’enseignement supérieur la plus ancienne d’Australie, lors d’une cérémonie de remise des diplômes organisée ici même à Singapour. Je suis ravi de pouvoir écrire une nouvelle page dorée de l’histoire avec tous mes compagnons de cette nation des lions, et j’espère que nous continuerons à en écrire d’autres à l’avenir.   Cette année [2000] marque le quarantième anniversaire du début de mes voyages pour la paix mondiale. Il me semble donc approprié de partager avec vous un peu de l’histoire des premiers jours de notre mouvement de kosen rufu à Singapour. Bien que ce ne fût pas une visite officielle, j’ai foulé le sol de la ville du Lion pour la première fois, le 29 janvier 1961. C’était lors d’une escale, en route vers l’Inde, au cours d’un voyage entrepris avec la détermination de réaliser la transmission du bouddhisme vers l’ouest, prédite par Nichiren, et qui constituait également le vœu le plus cher de mon maître Josei Toda. La nuit commençait à tomber sur l’aéroport lorsque nous avons atterri pour faire le plein. Alors que j’attendais dans l’aérogare, j’ai levé les yeux vers les étoiles que l’on pouvait voir à travers les fenêtres. Elles étaient magnifiques. Mais lorsque j’ai repensé à l’histoire douloureuse de Singapour, à son invasion par le Japon, aux innombrables innocents tués, et à la souffrance cruelle infligée à tant de personnes, mon cœur s’est serré de douleur comme si on le déchirait. Je décidai alors, en cet instant précis, qu’en tant que Japonais je consacrerais ma vie à apporter la paix et le bonheur au peuple de Singapour. J’ai prié sincèrement en y mettant tout mon cœur : « Émergez, bodhisattvas surgis de la Terre ! Assemblez-vous, mes camarades dotés d’une grande mission ! » – afin qu’un nouveau matin glorieux se lève sur Singapour. En août 1963, environ deux ans et demi plus tard, notre premier district fut formé à Singapour. Le 9 août 1965, Singapour devint une nation indépendante. En juin 1967, M. Koh Kian Boon – qui devint plus tard directeur général de la Soka Gakkai de Singapour – fut nommé responsable de district. Le chapitre Singapour fut établi en août 1969, quatre ans après l’indépendance du pays. Le premier responsable de chapitre et la première responsable du département des femmes étaient Toshio et Haruko Oshiro, qui avaient quitté le Japon pour s’installer à Singapour en raison du travail de Toshio. En coopération étroite avec M. Koh, le couple persévéra avec ténacité et constance dans les activités de la Soka Gakkai. Nos archives montrent que, en janvier 1970, il y avait 324 familles pratiquantes à Singapour. Plus tard cette année-là, les Oshiro retournèrent au Japon. Je suis heureux de vous dire qu’ils continuent d’être actifs, en première ligne de notre mouvement à Hachioji, dans la préfecture de Tokyo, respectivement en tant que vice-responsable du siège et vice-responsable du département des femmes. M. Koh, quant à lui, est devenu responsable du chapitre Kuala Lumpur, en Malaisie, pays où il se consacra sincèrement à kosen rufu. Après avoir posé de solides fondations pour l’organisation de la Soka Gakkai en Malaisie, M. Koh retourna à Singapour, la ville du Lion, où il exerça la fonction de responsable central dans son quartier, puis de directeur général, et s’investit sans relâche pour le bonheur de ses compagnons de pratique. La Soka Gakkai de Singapour fut créée en janvier 1972. M. Koh fut remplacé par M. Ong Bon Chai dans sa fonction de directeur général, et il continua à inspirer les jeunes lions de Singapour afin qu’ils se dressent fermement pour faire retentir leur chant de vérité, de justice et de victoire.   Aujourd’hui, le réseau de personnes luttant pour la paix et ­l’humanisme, fondé sur l’esprit du bouddhisme, s’est largement étendu dans la société singapourienne, et la Soka Gakkai y est considérée comme une source d’espoir et un pilier digne de confiance. Comment cela a-t-il été possible ? M. Koh, aujourd’hui directeur général honoraire de la Soka Gakkai de Singapour, explique : « Nous avons tous fait le serment de pratiquer sincèrement l’enseignement du Sûtra du Lotus : “[…] tu devras te lever et le saluer de très loin, en lui montrant autant de respect que s’il s’agissait d’un bouddha” (SdL-XXVIII, 303). Et c’est exactement ce que nous avons fait. C’est l’esprit que partagent tous les pratiquants à Singapour. » Le bouddhisme enseigne que nous possédons tous le noble état de vie suprême de bouddha. Ainsi, nous devrions traiter chaque personne avec le plus grand respect, conscient qu’elle possède une mission profonde et un éclat comparable à celui du diamant. Tel est le chemin de l’humanisme bouddhique, le chemin que le bouddhisme nous enseigne de suivre en tant qu’êtres humains. Cet esprit consistant à respecter chaque personne a permis à notre organisation de Singapour de bâtir une unité harmonieuse et indestructible comportant de nombreuses personnes unies par un même cœur et un même esprit. C’est cela qui a permis aux pratiquants de Singapour de créer un courant ininterrompu de jeunes successeurs confiants, qui avancent librement en manifestant toute la mesure de leurs talents.   Le bouddhisme enseigne les principes selon lesquels « la foi se manifeste dans la vie quotidienne » et « le bouddhisme se manifeste dans la société ». Cela signifie que la philosophie humaniste du bouddhisme, en tant qu’héritage commun de l’humanité, devrait être mise en pratique dans nos vies et contribuer à nos sociétés respectives. En effet, le bouddhisme enseigne que la véritable foi réside uniquement dans une pratique aussi active et engagée. Et kosen rufu est le nom que nous donnons à nos efforts pour transcender les barrières de langue, d’ethnie et d’autres différences pour rassembler les gens, forger l’harmonie, et créer la paix et le bonheur pour l’humanité.   Singapour est une terre de jeunes. C’est un pays plein d’énergie et d’harmonie, qui est en pleine construction et se développe sans cesse. Mon maître Josei Toda, disait : « Ce sont la passion et la force de la jeunesse qui créent une nouvelle ère. » À l’aube d’un nouveau siècle, je voudrais adresser ces mots aux jeunes pratiquants, qui sont les piliers de Singapour. Le nouveau siècle appartient aux jeunes. Tant qu’ils restent vifs et énergiques, le regard brillant d’espoir, leur pays continuera de croître et prospérer. Jeunes lions ! Camarades dotés d’une mission commune ! Élancez-vous ensemble ! Avec fierté, confiance et sérénité, donnons le signal du départ tout en nous élançant sur le vaste océan du troisième millénaire dont les vagues dansent et reflètent l’espoir. Gloire à Singapour ! Majulah Singapura ! (En avant, Singapour !)

Étude bouddhique

Nichiren – Un grand vœu de compassion pour le bonheur de l’humanité

Partie XIX. L’invasion mongole Le quatrième mois de l’année 1273, après trois années passées à réprimer une rébellion dans le royaume de Goryeo (la rébellion des Sambyeolcho), l’Empire mongol (également connu sous le nom de dynastie Yuan) prit finalement le contrôle du royaume de Goryeo, qui gouvernait l’ensemble de la péninsule coréenne. Après avoir réprimé Goryeo, les Mongols finirent par prendre les armes contre le Japon. Le troisième jour du dixième mois de l’année suivante (1274), une force mongole de 33 000 hommes, selon certaines sources, partit du port de Happo 1, sur la péninsule coréenne. En plus des Mongols, l’armée comprenait des soldats Jurchen 2 vaincus par les Mongols, dont des natifs de cette région, ainsi que des Chinois Han et des combattants coréens de Goryeo, alors sous le contrôle de la dynastie mongole Yuan. Ces troupes atteignirent l’île japonaise de Tsushima  le cinquième jour. Pris par surprise et largement dépassés en nombre, les guerriers défendant l’île furent rapidement vaincus, et le vice-gouverneur militaire So Sukekuni fut tué au combat. Le quatorzième jour, les Mongols naviguèrent jusqu’à l’île d’Iki  et anéantirent les défenseurs japonais, dirigés par le vice-gouverneur militaire Taira no Kagetaka. Lors de ces batailles insulaires, de nombreux habitants furent également tués, et des hommes comme des femmes furent faits prisonniers (cf. Lettre au moine séculier Ichinosawa, Écrits, 534). Le vingtième jour du même mois, les Mongols débarquèrent sur l’île de Kyushu, à Momochibaru dans la baie de Hakata. Ils livrèrent de violents combats contre les défenseurs japonais sur la plage ainsi qu’à une courte distance à l’intérieur des terres, à Sohara, Torikai, Befu et Akasaka 5. Les forces de défense japonaises sur place étaient dirigées par Shoni Tsunesuke, vice-secrétaire général du bureau du gouvernement du Dazaifu 6, et Otomo Yoriyasu, commissaire à la défense de l’Ouest, tandis que le frère cadet de Tsunesuke, Kagesuke, commandait les lignes de front. Les Mongols utilisèrent des armes jamais vues auparavant au Japon, notamment des grenades à main 7, ainsi que des formations et des tactiques de combat inconnues, ce qui força les défenseurs japonais à se replier vers le Dazaifu. Avant que l’issue de la bataille ne se décide, les forces d’invasion se replièrent soudainement vers leurs navires dans la baie de Hakata et, selon certains récits, dès le lendemain, elles avaient disparu 8. Nul ne sait avec certitude pourquoi les envahisseurs se retirèrent. Parmi les hypothèses évoquées, la fatigue des troupes, un manque de vivres, d’arcs, de flèches et de poudre, une difficulté à commander efficacement une armée aussi hétérogène, ainsi que la vulnérabilité des navires de guerre construits par le Goryeo, moins coûteux mais plus enclins à chavirer que les navires chinois. Une autre théorie suggère que les Mongols se seraient retirés après avoir accompli leur mission : évaluer la force militaire japonaise en vue d’une future invasion de plus grande envergure 9. Connue sous le nom de bataille de Bun’ei, selon le nom de l’ère japonaise durant laquelle elle eut lieu, elle fut la première des deux invasions mongoles du Japon. Par la suite, le shogunat de Kamakura accorda des récompenses aux guerriers ayant combattu. En parallèle, il mit en place un système de garde côtière rotatif en prévision d’une possible seconde invasion. En outre, le gouvernement fit construire une série de murs de défense en pierre, censés s’étendre sur environ 20 kilomètres autour de la baie de Hakata. Il envisagea même de lancer une attaque préventive contre la péninsule coréenne. Pour se préparer à combattre les Mongols, les Japonais accordèrent une grande importance aux prières adressées aux divinités et aux bouddhas. On croyait que la prière était tout aussi déterminante que la force militaire pour décider de l’issue d’une bataille. Pour la bataille de Bun’ei, le shogunat avait mandaté divers temples et sanctuaires afin qu’ils prient pour la défaite de l’ennemi, et il récompensa ceux dont les rituels furent associés aux victoires militaires. En prévision d’une nouvelle invasion, les autorités religieuses s’unirent dans une collaboration étroite avec les dirigeants. La compassion de Nichiren pour les personnes affectées Alors que le shogunat se préparait à la prochaine attaque, voici ce que Nichiren écrivit au sujet des souffrances de ceux que le gouvernement avait envoyés à Kyushu pour combattre les envahisseurs : « Le dixième mois de la onzième année de Bun’ei, les habitants des îles d’Iki et de Tsushima furent tous massacrés d’un coup. Comment pouvons-nous dire que cela ne nous concerne pas ? Quel ne doit pas être le désespoir des soldats partis affronter les envahisseurs ! Ils ont dû laisser derrière eux leurs vieux parents, des enfants en bas âge, de jeunes épouses, et leurs foyers aimés pour aller défendre les côtes, sans aucun résultat. S’ils voient des nuages à l’horizon, ils imaginent qu’il s’agit des bannières de leurs ennemis. S’ils aperçoivent des bateaux de pêche, ils les prennent pour les bateaux de guerre mongols et sont paralysés par la peur. Une ou deux fois par jour, ils gravissent les collines pour scruter la mer. Trois ou quatre fois, au cours de la nuit, ils sellent et dessellent les chevaux. Bien qu’encore vivants, ils ont l’impression d’être dans le monde des asura. » (Lettre aux deux frères Ikegami, Écrits, 500-501) Au milieu de tels bouleversements, où tant de gens furent entraînés dans les combats, Nichiren porta toujours une attention particulière aux personnes ordinaires, en partageant leur peine. On perçoit dans cet esprit une profonde compassion visant à permettre à chaque personne de parvenir à un bonheur véritable . Alors qu’il se trouvait au mont Minobu, Nichiren dut recevoir des rapports détaillés sur l’invasion mongole de la part de ses disciples, car il en donne une description saisissante dans la Lettre au moine séculier Ichinosawa, rédigée le cinquième mois de 1275, soit l’année suivant la bataille de Bun’ei (cf. Écrits, 529). Un mois après l’attaque, il en fait mention dans une lettre adressée à son jeune disciple Nanjo Tokimitsu, intitulée L’offrande d’un pâté de sable : « Moi, Nichiren, ai nourri le profond espoir d’aider le Japon, mais ses habitants, du plus puissant au plus modeste, paraissant tous résolus à mener le pays à sa perte, non seulement n’ont pas tenu compte de mes conseils, mais à maintes reprises m’ont traité avec hostilité. Ne pouvant faire autrement, je me suis retiré dans cette forêt de montagne [à Minobu]. Et voici que parvient la nouvelle d’une attaque des forces du grand royaume des Mongols. J’en suis profondément attristé, songeant à ce qui se serait produit s’ils avaient seulement écouté mes conseils. Quand je pense qu’ils auront à subir les mêmes souffrances que les habitants d’Iki et de Tsushima, mes larmes ne cessent de couler. » (WND-II, 500) Renforcement des critiques contre les enseignements ésotériques Nichiren identifie les offenses à la Loi commises par diverses écoles bouddhistes comme la cause principale de la destruction de la nation. Il dénonce en particulier l’école de la Parole vraie (Shingon), qui avait attiré de nombreux adeptes, y compris parmi les puissants, qualifiant la situation de « faute d’une extrême gravité » (ibid.). Il réfute catégoriquement les enseignements de cette école, s’appuyant sur des exemples historiques pour les désigner comme une cause de défaite. Selon lui, celle-ci deviendra inévitable si l’on permet aux moines de la « Parole vraie, la doctrine du mal » (ibid.), d’offrir des prières pour la victoire. Au cours du même mois (le onzième mois de 1274), Nichiren envoya la lettre Distinguer le Sûtra du Lotus des sûtras de la Parole vraie à Soya Kyoshin, un disciple de la province de Shimosa, dans laquelle il écrit : « Tous connaîtront la même situation que les habitants d’Iki et de Tsushima aujourd’hui. Cela est entièrement dû aux conceptions erronées sur les enseignements du Bouddha. » (WND-II, 503) Le mois suivant, il écrivit dans Clarifications sur le sens de l’établissement de l’enseignement correct que l’arrivée de la lettre officielle de l’Empire mongol en 1268 ainsi que la rébellion civile connue sous le nom de Troubles du deuxième mois 11 en 1272 prouvaient que les désastres – invasion étrangère et luttes intestines – qu’il avait annoncés s’étaient bel et bien produits. C’est pourquoi il exhorte « les personnes clairvoyantes [...] à croire en [s]es paroles » (WND-II, 506). Il déplore l’état du pays, qui ne s’est pas tourné vers lui malgré l’invasion : « On dirait que le démon céleste a pris possession de notre pays, en le rendant ivre ou fou. Il y a là de quoi pleurer, ­s’affliger, trembler et éprouver du dégoût ! » (Ibid.) Nichiren cite alors son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays, dans lequel il écrit : « S’ils ne se débarrassent pas de ces illusions auxquelles ils se sont accrochés, mais continuent à nourrir des visions erronées, alors ils quitteront rapidement ce monde des vivants et tomberont à coup sûr dans l’Enfer aux souffrances incessantes. » (Écrits, 26) Il poursuit : « Étant donné que mes autres prédictions se sont réalisées, on peut s’attendre à ce que, dans l’avenir, tous les habitants du Japon, du plus puissant au plus modeste, tombent dans la grande citadelle de l’enfer Avici. Cela est aussi certain qu’une flèche pointée vers la terre ne peut manquer sa cible. » (WND-II, 507) Par cette déclaration, Nichiren exhorte ses disciples à renforcer leur foi. Sa prédiction d’une invasion étrangère s’étant révélée exacte, Nichiren renforça ses appels en faveur de l’établissement de l’enseignement correct, systématisa son enseignement en établissant trois principes essentiels, les Trois Grandes Lois cachées, et intensifia ses critiques à l’égard des enseignements ésotériques – y compris ceux qui dominaient désormais l’école Tendai – qu’il considérait comme menant le pays à sa ruine. L’invasion mongole donna raison à la prophétie de Nichiren et prouva ainsi la justesse de ses enseignements, ce qui stimula l’engagement de ses disciples à travers tout le Japon. En réaction, des manœuvres virent le jour pour discréditer et nuire aux disciples de Nichiren. Mais, unis à leur maître, ils refusèrent de reculer d’un seul pas et continuèrent de brandir l’étendard du bouddhisme du peuple. (À suivre) Orientations données par Ikeda Sensei La lettre que nous étudions, L’offrande d’un pâté de sable, fut écrite juste après que Nichiren eut reçu la nouvelle de l’invasion mongole. Nichiren éprouvait une profonde tristesse et une vive inquiétude à l’idée que, dans l’avenir, tous les Japonais puissent « subir les mêmes souffrances que les habitants d’Iki et de Tsushima » (WND-II, 500). À la lumière de cette époque troublée et agitée, Nichiren saisit cette occasion pour instruire Tokimitsu, en lui expliquant que les enseignements fondamentalement erronés des écoles boud­dhistes établies au Japon étaient la cause essentielle de la situation critique du pays, qui se trouvait alors au bord de la destruction 12. Note : Forces de résistance Sambyeolcho Le neuvième mois de l’année 1271, le Japon reçut une lettre officielle censée provenir du royaume de Goryeo. Cette lettre informait le Japon que l’Empire mongol avait l’intention de l’attaquer. Elle exprimait également une opposition envers les Mongols, critiquant leurs manières et leurs coutumes, et demandait des provisions ainsi que des renforts. Auparavant, en 1268, un envoyé de Goryeo avait remis au Japon une lettre officielle de la part des Mongols ainsi qu’un message du gouvernement de Goryeo exhortant le Japon à établir une relation tributaire avec l’Empire mongol. Des discussions répétées eurent lieu à la cour impériale sur la contradiction apparente entre ce message antérieur et la dernière lettre reçue. En réalité, la lettre de 1271 n’avait pas été envoyée par le gouvernement de Goryeo. Elle avait été rédigée au nom de celui-ci par le dernier groupe des forces de résistance opposées à l’incursion mongole sur la péninsule coréenne : les Sambyeolcho. À partir de 1231, Goryeo subit maintes et maintes fois les raids de l’Empire mongol, pendant près de trente ans, essuyant d’importantes pertes et destructions. Les Sambyeolcho constituaient l’armée privée du clan des Choe, qui gouvernait le royaume. Elle était composée de trois groupes de combat, et son nom signifiait « trois patrouilles spéciales » ou « trois unités d’élite ». Les Sambyeolcho étaient chargés de la protection de la capitale de Goryeo, Kaesong. Lorsque le pouvoir du clan des Choe s’effondra en 1258 et que le royaume de Goryeo se soumit aux Mongols, les Sambyeolcho refusèrent de capituler. Ils se replièrent d’abord sur l’île de Jindo, puis sur celle de Jeju, où ils furent écrasés en 1273 par l’alliance entre l’Empire mongol et Goryeo. En incluant la résistance des Sambyeolcho, Goryeo s’était opposé aux Mongols pendant plus de quarante ans. L’Empire mongol ayant envahi le Japon en 1274, l’année suivant la défaite des Sambyeolcho, on peut considérer que leur résistance a, en fin de compte, retardé l’invasion mongole du Japon. Il n’existe aucune trace d’une réponse japonaise à la lettre des Sambyeolcho. Toutefois, le neuvième mois de l’année 1271, le shogunat ordonna à ses vassaux possédant des terres à Kyushu de se préparer à une invasion mongole. Certains suggèrent que cette décision s’est appuyée sur les informations contenues dans la lettre des Sambyeolcho 13.