La réunion de discussion
«La réunion de discussion est la plus grande fontaine de la croyance », écrit Ikeda Sensei dans Paroles offertes à mes jeunes amis. Et il ajoute : « C’est pourquoi j’ai pris garde de n’y jamais manquer./À cet avant-poste, je proclame fermement ma conviction/Et cherche, avec les autres, le bon chemin. » Et dans leurs vœux de nouvel an, en cette année 2025, Suzanne Pritchard et Robert Harrap, coprésidents de la SGI 1-Europe, reprennent le même thème et déclarent : « La clé de notre développement individuel et de celui de notre mouvement réside dans l’expansion de notre dynamique de réunions de discussion là où nous nous trouvons. » Nous pourrions citer encore ici un extrait de l’éditorial du président Harada intitulé « La réunion de discussion est un noble rassemblement fondé sur le respect de tous », paru en ce mois de février dans le Daibyakurenge, où il dit : « Je me souviens qu’Ikeda Sensei faisait afficher dans son bureau le tableau mensuel du nombre de participants en réunion de discussion, à travers le pays. Il prêtait toujours attention à ces chiffres et voulait savoir s’ils augmentaient d’un mois à l’autre, et si les participants appréciaient ces réunions. Mois après mois, j’étais profondément touché par son authentique souci du bonheur des gens. Avec la même détermination, efforçons nous de créer des réunions de discussion dont nous pouvons rendre compte avec fierté à notre maître éternel – des réunions empreintes d’un esprit jeune dont chaque personne est le cœur. » Nous vous proposons donc, en ce mois de mars, un dossier consacré à la réunion de discussion comprenant un essai intitulé « Notre grand mouvement de réunions de discussion » et des extraits de La Nouvelle Révolution humaine (volume 13), en espérant que chacun y trouvera une source d’inspiration pour développer la réunion à laquelle il participe afin qu’elle soit « ce noble rassemblement fondé sur le respect de tous » et cette « grande fontaine de la croyance » qu’elle a pour vocation d’être. Notre grand mouvement de réunions de discussion Essai paru dans le Seikyo Shimbun, quotidien affilié à la Soka Gakkai au Japon, le 11 décembre 2009, et publié en français dans Discours et entretiens, avril 2010, p.51. Vous Et moi, Joyeux camarades Depuis le temps sans commencement, Victorieux champions. En 1809, Wolfgang von Goethe (1749-1832) écrivait dans son roman Les Affinités électives : « Une joyeuse déférence mutuelle et le respect sont les marques d’une plaisante compagnie 2. » Si Goethe avait pu participer à l’une de nos réunions de discussion, je suis persuadé qu’il en aurait gardé une bonne impression. Ce sont des rassemblements chaleureux où les gens se réunissent dans un esprit de camaraderie et de respect mutuel. C’est une fière tradition de la SGI. « La clé de notre développement individuel et de celui de notre mouvement réside dans l’expansion de notre dynamique de réunions de discussion. » Robert Harrap et Suzanne Pritchard. Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) a fait remarquer que, lorsque les gens se rendent compte qu’ils font partie de la même grande famille humaine, « ils grandissent et s’épanouissent en reconnaissance de leurs semblables. Ils se regardent et sourient 3 ». « Commençons la réunion de discussion ! » Aux quatre coins de notre planète, cette phrase fait naître le sourire. Aujourd’hui, les vibrantes réunions de discussion de la SGI ont lieu sur des îles du Cercle arctique ; dans des pays au niveau de l’équateur, en Équateur et en Ouganda, ou bien encore dans les régions les plus au sud des continents proches de l’Antarctique ; en Inde, berceau du bouddhisme, à Athènes en Grèce, source de la démocratie, dans les grandes métropoles telles que New York, Londres et Moscou, et à Hong Kong et Macao. Dans le désert spirituel de notre société, caractérisée par un sentiment croissant d’isolement et d’aliénation, nos réunions de discussion jouent le rôle d’« oasis d’humanisme », débordantes de dialogues animés. Elles nourrissent l’esprit et se répandent dans le monde. La raison de leur succès tient au fait qu’elles transmettent l’esprit humaniste du Sûtra du Lotus, qui enseigne l’importance d’accorder à chaque personne autant de respect qu’à un bouddha (SdL-XXVIII, 303). La voie éternelle du mouvement Soka Aux trésors infinis, Nous réunit En une grande assemblée Heureuse et joyeuse. « … Nous allons pouvoir partager notre peine. Voyons cette question en détail. » (Écrits, 8). C’est sur ces mots que s’ouvre le dialogue franc et ouvert du traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays de Nichiren Daishonin. Nous menons nos dialogues au sein de nos réunions de discussion exactement dans le même esprit, sans la moindre trace de mépris ou de malice, d’intimidation, d’autoritarisme, de discrimination ou de sentimentalisme affecté. Nos réunions sont empreintes d’un grand esprit de confiance et de soutien, fondé sur un profond respect mutuel. Elles sont l’occasion de partager notre conviction commune que chacun a le droit d’être heureux et peut immanquablement le devenir, quelles que soient ses difficultés. C’est pour cela que nos réunions sont si ouvertes et tolérantes. À titre d’exemple, sur l’île de Fiji, dans le Pacifique sud, nos réunions de discussion accueillent des représentants d’autres cultes religieux et participent ainsi à promouvoir des liens d’amitié au-delà de l’appartenance religieuse. Nos réunions de discussion sont des havres d’harmonie, où tout le monde peut partager ses expériences, transcendant les différences de culture, de confession religieuse et de statut social. Abdurrahman Wahid, ancien président d’Indonésie et religieux musulman, a fait l’éloge de nos réunions de discussion : « Le fait d’apprendre des autres leurs points forts et de partager ses qualités permet de forger mutuellement sa personnalité 4. » Et « Les encouragements et le soutien sont particulièrement essentiels en période de difficultés et de défis. L’amitié est en effet un trésor dans la vie 5. » À la suite de l’entrée en guerre du Japon, les premiers raids aériens s’abattirent sur Tokyo en avril 1942. En mai, alors que la peur d’autres attaques hantait les esprits, Tsunesaburo Makiguchi, président fondateur de la Soka Gakkai, participa à une réunion de discussion à Nakano. En se fondant sur les écrits de Nichiren, il transmit toute sa conviction pour encourager les quelque quarante personnes présentes. Il expliqua que, en tant que pratiquants de l’enseignement définitif du bouddhisme, ils seraient indubitablement confrontés à des difficultés, mais qu’ils ne devaient ni les craindre ni céder à de tels obstacles. Il ajouta que leurs efforts pour réaliser kosen rufu et transformer leur karma feraient immanquablement apparaître ce que le bouddhisme appelle les « Trois Obstacles et les Quatre Démons 6 », dont la fonction est justement d’entraver toute progression. Le danger permanent de bombardements sur les villes principales du Japon et le durcissement des restrictions par les autorités militaristes sur les activités des citoyens compliquaient l’organisation des réunions de discussion. Les pratiquants distribuaient des tracts pour prévenir les participants que les réunions étaient annulées en cas d’alerte de raids aériens. Et, quand une réunion de discussion pouvait avoir lieu, elle était souvent placée sous surveillance d’agents de la brigade spéciale de police, ou « police de la pensée ». « Le fait d’apprendre des autres leurs points forts et de partager ses qualités permet de forger mutuellement sa personnalité. » Abdurrahman Wahid Ce fut le cas un jour où M. Makiguchi participa à une réunion tenue au domicile des parents de mon épouse, à Kamata, un quartier de Tokyo. Jeune fille, à l’époque, elle s’était assise à côté de lui. Makiguchi ne s’est jamais soumis au fascisme fanatique de son temps. Il a continué d’aller en réunion et à parler avec confiance du bouddhisme de Nichiren, jusqu’au jour de son arrestation. M. Makiguchi était convaincu que, quelle que soit l’époque ou les conditions sociales, la Soka Gakkai continuerait de progresser avec la réunion de discussion comme fondement. Son disciple, Josei Toda, son successeur, a hérité fidèlement de cet esprit. Pendant la guerre, de nombreux responsables avaient fini par renier leur foi, par manque d’engagement dans leur pratique bouddhique et par peur d’être persécutés par les autorités. Mais le lien bouddhique infiniment noble de maître et disciple que partageaient M. Makiguchi et M. Toda demeura indéfectible face à l’oppression. À sa libération en juillet 1945, M. Toda était déterminé à poursuivre la volonté de son défunt maître bouddhique et à reconstruire la Soka Gakkai, conscient que les réunions de discussion seraient la priorité de ses efforts en ce sens. Le 5 mai 1946, soit moins de neuf mois après la fin de la guerre, M. Toda se rendit à Kamata pour participer à la première réunion de discussion officielle de la Soka Gakkai « après-guerre ». Il y encouragea chaleureusement tous ses compagnons de foi 7. Puis, en septembre, il fit sa première tournée d’encouragements dans la préfecture de Tochigi, où il assista à une magnifique réunion de discussion. Aujourd’hui, le centre cultuel de Tochigi, à Nasu, abrite un mémorial au nom de cette réunion historique. En hommage à MM. Makiguchi et Toda, j’y ai fait graver les mots suivants : « Par ses efforts assidus et continus pour tenir des réunions de discussion, la Soka Gakkai a frayé la voie de la reconstruction et de l’essor. » Ces réunions sont le point de départ de l’essor de la Soka Gakkai. Notre progression, notre élan et nos victoires découlent de cette impulsion donnée dans nos réunions dynamiques et énergiques. En février 1952 et en 1956, à Osaka, elles ont également joué un rôle crucial dans notre remarquable avancée. Elles font la force de la Soka Gakkai. Elles la rendent invincible. M. Toda a déclaré : « Une seule réunion de discussion contribue bien davantage à la réalisation de kosen rufu qu’une myriade de belles paroles théoriques. » Surmontant Les persécutions, Le mouvement Soka Avance résolument Dans la joie et la cohésion. Le 18 mai 1978, après avoir participé à une réunion de responsables de la région de Chugoku, dans notre centre bouddhique de Yamaguchi, j’ai décidé d’aller à une réunion de discussion à Otoshi, à l’improviste. J’avais à peine entrouvert la porte que je fus accueilli par des cris de joie et de surprise. Puis, très vite, tous reprirent un air sérieux et guindé. Je me suis alors immédiatement proposé d’animer leur réunion, désireux de les voir se détendre. J’ai tout fait pour rendre ce moment agréable et mémorable. De nombreux futurs jeunes responsables étaient présents. La région de Chugoku poursuit la fière tradition de soutenir des jeunes par le biais de ces réunions. Dans une atmosphère chaleureuse et conviviale, la réunion s’est transformée en une session de questions réponses. J’ai écouté les participants avec une grande attention et les ai encouragés de tout mon cœur. Le philosophe et essayiste américain Ralph Waldo Emerson (1803-1882) a noté : « Il est tout à fait certain qu’une conversation sincère et positive décuple nos forces 8. » Le bouddhisme de Nichiren existe pour que chacun devienne heureux. L’objectif de nos réunions de discussion est d’inspirer chacun dans sa croyance. L’objectif principal de la réunion de discussion doit être le bonheur de chaque participant, sans exception. Par conséquent, la détermination et l’engagement de ses responsables et de ceux qui y assistent sont cruciaux. Dans les semaines qui la précèdent, ils devraient sincèrement prier pour le bonheur des croyants et des invités, et la préparer avec minutie. Il est essentiel qu’ils montrent un respect et une gratitude sincères envers chaque personne, et fassent tout particulièrement l’éloge de ceux qui ont contribué, par leurs efforts en coulisses, au bon déroulement de cette activité. Le penseur Michel de Montaigne (1533-1592) a écrit : « Ce que je vois de beau en autrui, je le loue et l’estime très volontiers […] Je témoigne souvent de ce que je trouve de louable chez mes amis 9. » En raison des horaires, il se peut que tout le monde n’ait pas l’occasion de s’exprimer. Cependant, si la réunion est chaleureuse, vivante et agréable, débordante du courage et de la détermination des pratiquants, chacun repartira heureux d’y être venu et impatient de revenir. Nos réunions de discussion sont des forums ouverts, où nous pouvons inviter nos amis de notre quartier. Aux participants de celle d’Otoshi, j’ai dit : « Les pratiquants qui viennent en réunion ne doivent jamais oublier de faire leur maximum pour se soutenir les uns les autres pour approfondir leur foi, et de contribuer à l’amélioration de leur communauté. » Nous devons nous appliquer à convertir l’énergie et l’inspiration que nous en tirons en réalisations positives et en victoires dans la société. D’une réunion à l’autre, nous devons concentrer toute notre attention sur la façon de progresser encore davantage et de gagner dans notre vie en tant que croyants du bouddhisme de Nichiren. Comme nous y encourage Nichiren : « Renforcez votre foi jour après jour, mois après mois. Si vous relâchez votre détermination, ne serait-ce qu’un petit peu, les démons l’emporteront. » (Sur les persécutions subies par le Sage, Écrits, 1008) Dans chacune de nos organisations, il est vital que les responsables et les vice-responsables fassent de la réunion de discussion leur priorité, et continuent non seulement de se lancer des défis dans leur pratique bouddhique et leur vie quotidienne, mais soutiennent aussi de toutes leurs forces leurs camarades en leur rendant visite et en les encourageant individuellement. Cela s’applique, bien évidemment, à tout responsable aîné qui a prévu d’y assister. J’espère que nos successeurs, au sein de la jeunesse, apporteront toute leur énergie aux réunions de discussion. Ce qui importe le plus n’est pas seulement la réussite, mais aussi les efforts sincères et quotidiens que nous déployons avant la réunion. L’essentiel de ce grand mouvement de réunions de discussion réside dans le rythme dynamique de bonheur et de victoires, c’est-à-dire nos efforts pour encourager les pratiquants, partager la sagesse des enseignements bouddhiques avec nos amis, montrer la preuve tangible dans notre communauté et dans la société, et rendre le contenu le plus inspirant possible. Tout au long de ce processus pour polir et forger notre vie, nous gravons profondément en nous les orientations éternelles de croyance de la Soka Gakkai pour que chaque personne devienne heureuse, pour surmonter nos obstacles et remporter une victoire éclatante. Une autre pierre angulaire réside dans notre sincérité à encourager encore plus chaleureusement ceux qui n’ont pas pu venir, et à exprimer notre profonde reconnaissance envers ceux qui ouvrent leur maison pour accueillir ces réunions. Faisons preuve de courtoisie et d’attention envers les voisins. Ces réunions ont lieu au cœur de la communauté. Alors, ne soyons pas égocentriques. La réunion n’a plus sa raison d’être si nous gênons ou incommodons le voisinage, en garant mal notre voiture par exemple, ou, une fois la réunion terminée, en parlant trop fort à l’extérieur. Toda disait : « Les réunions de discussion devraient rayonner de bienveillance et être les endroits les plus agréables au monde. » et « Plus la crainte et l’aliénation gagnent nos sociétés, plus nos réunions de discussion doivent briller et devenir une source de confiance et de courage. » Brahma et Shakra 10 Vous protégeront tous, Vous qui voyagez de loin Pour vous rendre Dans nos havres d’amitié. J’éprouve un respect et une admiration sans limites pour tous les pratiquants dévoués qui accueillent une réunion de discussion chez eux. Le Sûtra du Lotus déclare : « Une autre personne survient et la première s’empresse de l’inviter à s’asseoir et à écouter, ou lui propose de partager son siège et la persuade de s’asseoir. Les bienfaits obtenus par cette personne seront tels que, lorsqu’elle renaîtra, elle se retrouvera là où le seigneur Shakra est assis, où le roi céleste Brahma est assis, ou là où le sage roi qui fait tourner la roue est assis. » (SdL-XVIII, 237). De par la nature de la loi de cause et d’effet, il est certain que l’immense bienfait acquis par ceux qui reçoivent les réunions se transmettra à leurs descendants pour des générations. Remportant d’éclatantes victoires Dans leur quartier, Partout, Ces jeunes champions de la justice, Nobles bodhisattvas surgis de la Terre. Les rassemblements en petit comité ont le pouvoir de changer le cœur et l’esprit des gens. Un jour, la célèbre artiste peintre et graveur américaine, Sue Jane Smock, m’a parlé de ses souvenirs avec le militant américain pour les droits civiques, Martin Luther King (1929-1968). Elle a eu l’occasion d’assister à une réunion en petit comité en présence de M. King, quelques semaines avant sa mort. Selon elle, c’était un moment très inspirant. Elle m’expliqua que, par ces échanges, elle s’était rendu compte de la nécessité d’un nouveau paradigme culturel qui transcende les notions de culture et de nationalité. À l’issue de cette réunion, elle a décidé d’utiliser son travail d’artiste pour bâtir ce genre de ponts culturels. Depuis, elle joue un rôle très actif dans son domaine 11. Durant la Seconde Guerre mondiale, les actions à une échelle locale de petits groupes solides et unis de la Résistance française ont joué un rôle capital pour contrer l’occupation allemande en France. Il est historiquement reconnu que ces petits groupes, mus par une réelle volonté humaniste, ont triomphé d’une dictature cruelle. Incidemment, le président François Mitterrand (1916-1996), l’écrivain et critique d’art André Malraux (1901-1976) et l’historien d’art René Huyghe (1906-1997) que j’ai rencontrés et avec qui j’ai mené des dialogues, étaient engagés dans le mouvement de la Résistance française. Un historien japonais de renom a suggéré qu’il y avait un aspect crucial de la solidarité des résistants que les nazis ne pouvaient leur confisquer : c’était le dialogue. Selon lui, ce sont les échanges francs et ouverts d’individus unis par un même esprit qui ont conduit à la création d’un mouvement composé de petits groupes et à l’établissement d’objectifs communs 12 . Combattre ou agir par petits groupes est la voie la plus simple, mais la plus certaine vers la victoire. Mon propre engagement pour la paix prend également sa source dans une réunion de discussion. Le 14 août 1947, veille de l’anniversaire de la fin de la guerre, j’ai rencontré mon maître bouddhique, Josei Toda, pour la première fois, dans une réunion de discussion à Kamata. Je me réjouis aujourd’hui de voir le nouvel essor que prennent nos réunions de discussion. Jour après jour, mon épouse et moi prions de toutes nos forces pour que de nombreuses jeunes personnes de valeur sortent de terre et se développent pour les cinquante ou soixante prochaines années. Shakyamuni a commencé ses prêches par une première conversation avec seulement cinq personnes. Nichiren a dit : « Je l’ai publiquement déclaré pour la première fois […] depuis, je me suis exprimé avec une ardeur constante » (Écrits, 655). Il a créé le mouvement de kosen rufu pour les dix mille ans à venir dans la période de la Fin de la Loi, en partageant d’abord son enseignement avec un petit groupe de personnes, comme il le décrit dans sa Lettre aux moines du Seicho-ji (Écrits, 654). En japonais, les idéogrammes chinois pour discussion, dan (du mot zadankai, réunion de discussion) comprennent non seulement les sens de « mots » ou « dialogue, » mais aussi ceux de « parole » et « flamme ». Ainsi, quand notre cœur brûle de la flamme de la passion et de l’enthousiasme, nos discussions s’animent du même cœur. En nous engageant dans ce mouvement dynamique, ouvrons la voie d’une victoire éclatante tout en continuant à faire notre propre révolution humaine. Je souhaite que la jeunesse s’élève dans l’action, que les femmes avancent toujours joyeuses et que les hommes se réunissent pleins de détermination. Faisons résonner l’hymne de la victoire en repoussant les nuages épais de la société ! Que l’année du 80e anniversaire de la fondation de notre mouvement rayonne de victoires par les réunions de discussion ! Faire l’éloge Des milliers de pratiquants de la Soka Gakkai Qui œuvrent à la réalisation de leur vœu Depuis le temps sans commencement. Extraits de La Nouvelle Révolution humaine 13 Le 25 septembre 1968 se tint la réunion mensuelle des responsables de la Soka Gakkai à l’auditorium de l’université Nihon, dans le quartier de Ryogoku, à Tokyo. En cette occasion, Shin’ichi exhorta les responsables à unir leurs efforts et à œuvrer ensemble pour faire des réunions de discussion un grand succès afin d’établir une base solide pour la progression de kosen rufu. « Comme vous en avez bien conscience, leur dit-il, avec l’étude des enseignements de Nichiren, la réunion de discussion constitue traditionnellement le cœur des activités de la Soka Gakkai. C’est un élément essentiel de la pratique bouddhique et le cœur même de toute notre organisation. « Je considère que la réunion de discussion est de la plus haute importance. En réaffirmant ici qu’elle a toujours représenté le “terrain de bataille” de la Soka Gakkai, j’aimerais une fois de plus attirer votre attention sur ce point. Qu’en dîtes-vous ? » Un tonnerre d’applaudissements enthousiastes résonna dans tout l’auditorium. Shin’ichi exprima ensuite son désir d’établir une structure appelée provisoirement le « bureau pour la promotion de la réunion de discussion » au siège de la Soka Gakkai. Il entendait assumer lui-même la responsabilité de ce bureau et donner l’impulsion au mouvement. En tant que responsable engagé en première ligne, Shin’ichi s’efforçait toujours de montrer l’exemple. Les personnes ordinaires sont sages et lucides. Il ne fait aucun doute qu’elles n’écouteraient pas des responsables se contentant de dispenser des ordres sans agir et obtenir eux-mêmes des résultats. Les mots seuls ne touchent pas les gens – ils doivent être inspirés. Ce qui pousse à agir, c’est la conviction fondée sur l’expérience et les efforts concrets. Celui qui pense que l’on peut mobiliser sur commande est véritablement arrogant et ne recueille que le mépris des autres. Pour sa part, Shin’ichi était déterminé à prendre l’initiative en fournissant des efforts pour renforcer et consolider la réunion de discussion, pilier de toutes les activités de la Soka Gakkai. Toujours, depuis l’époque du président Makiguchi, cette réunion constituait le cœur même de la Soka Gakkai. En fait, elle avait même été le point de départ de ce mouvement populaire qu’était la Soka Gakkai. Forum d’étude des écrits de Nichiren, mais aussi lieu où les pratiquants partageaient en toute sincérité leurs expériences et où les responsables offraient des encouragements clairs dans la foi, ces réunions servaient à insuffler aux participants une détermination pleine de fraîcheur, devenant ainsi la force motrice du développement du mouvement. Elles constituaient par ailleurs un forum où les hommes et les femmes de tous âges et aux modes de vie les plus divers se réunissaient et s’encourageaient mutuellement, en endossant mutuellement leurs souffrances et en se réjouissant des victoires des uns et des autres. On ne trouvait pas la moindre marque de discrimination sociale ou financière dans ces rassemblements. La réunion de discussion était l’essence même de la démocratie et de l’harmonie humaine, une oasis spirituelle au cœur des réalités de la société moderne. Dans les réunions de discussion de la Soka Gakkai, les pratiquants et leurs amis échangeaient leurs idées en toute franchise. Elles représentaient un forum où l’on pouvait dialoguer librement, une arène où l’on pouvait présenter le bouddhisme de Nichiren. Les gens y avaient un contact concret et direct avec la Soka Gakkai qui leur permettait d’acquérir une compréhension juste de l’organisation. Tant que les réunions de discussion seraient enrichissantes et déborderaient d’énergie et de joie, kosen rufu ne cesserait jamais d’avancer. Cependant, durant les années précédentes, on leur avait accordé de moins en moins d’attention et leur contenu global ne cessait de perdre de l’intérêt à cause de la force de l’habitude. C’est cette situation qui incita Shin’ichi à lancer une réforme complète de cette activité majeure. Première étape, le 18 septembre. Ce jour-là, il avait inscrit comme orientation sur le tableau noir du siège de la Soka Gakkai : « Les responsables doivent toujours s’efforcer de promouvoir des réunions de discussion inspirantes. Il est important de dialoguer avec chaque pratiquant, de leur donner confiance et de leur montrer le chemin du bonheur. » Puis il dit aux employés du siège, qui se trouvaient près de lui : « À partir d’aujourd’hui, lançons une révolution des réunions de discussion. Œuvrons ensemble à créer les meilleures réunions qui aient jamais existé. » « Sensei, quelle est la clé pour réaliser une réunion idéale ? demanda l’un de ces employés. — J’ai précisément l’intention d’aborder cette question lors de la prochaine réunion mensuelle des responsables, mais le principe fondamental est clair, répondit Shin’ichi. Tout dépend de la ferme décision des responsables principaux de la réunion et des responsables invités. » Les réunions de discussion avaient pour but originel d’être un forum où l’on puisse parler du bouddhisme et le faire connaître. Les présidents Makiguchi et Toda ont l’un et l’autre accompli d’énormes efforts pour répondre avec précision à toutes les demandes des invités. Avec une conviction absolue, ils expliquaient en termes logiques en quoi le bouddhisme de Nichiren était l’enseignement correct et ce qu’était la voie vers le véritable bonheur. Les réunions de discussion étaient donc à l’avant-garde de la lutte pour la transmission de la Loi merveilleuse. Les premier et deuxième présidents ont aussi fait de leur mieux pour encourager leurs compagnons de pratique présents à ces réunions, en cherchant à leur apporter espoir et confiance. Les participants repartaient invariablement avec le sentiment d’être régénérés. En d’autres termes, le succès d’une réunion de discussion dépend entièrement de la détermination des personnes centrales et de leur capacité à fournir des explications convaincantes aux pratiquants ainsi qu’aux invités, pour leur apporter de la joie et les inciter à approfondir davantage leur foi. Les responsables doivent avoir conscience que la réunion de discussion constitue leur terrain de lutte, c’est là un point crucial. Shin’ichi s’était déjà entretenu avec le rédacteur en chef et d’autres responsables du Seikyo Shimbun à propos de la publication d’articles consacrés à l’amélioration des réunions de discussion. Ainsi, à partir du 18 septembre, le journal lança une nouvelle série intitulée « Donnons un nouvel élan à nos réunions de discussion ». Shin’ichi utilisa aussi l’occasion offerte par la réunion du bureau national des directeurs, le 24 septembre, au siège de la Soka Gakkai, pour dénoncer sévèrement le manque d’intérêt général pour les réunions de discussion qui représentaient traditionnellement la plus importante activité au sein du mouvement. À la réunion générale du 25, il développa encore ce point. Après avoir rappelé la signification de la réunion de discussion, il annonça que, pour mettre un terme à leur rareté et à leur irrégularité, ces réunions s’inscriraient désormais dans un planning régulier à l’échelle nationale. Il ajouta que, à partir d’octobre, il donnerait lui-même l’exemple en participant à ces réunions. Des applaudissements enthousiastes résonnèrent dans tout le hall. Shin’ichi attendit que le calme revienne avant de poursuivre : « Un authentique pratiquant de la Soka Gakkai est quelqu’un qui a développé sa foi en participant concrètement aux réunions de discussion. L’étude bouddhique et les réunions de discussion constituent, en définitive, les fondements de la Soka Gakkai et la force motrice de kosen rufu. « Par conséquent, si vous considérez sincèrement notre mouvement comme précieux, si vous l’aimez et si vous souhaitez le protéger, je vous exhorte à travailler vigoureusement avec moi et à lutter pour rendre nos réunions de discussion véritablement magnifiques et inspirantes. » Touchés par l’appel passionné de Shin’ichi, les participants renouvelèrent leur détermination à se lancer ce défi. Shin’ichi aborda ensuite plusieurs points importants pour les aider à concrétiser leur objectif : « Il est essentiel que ceux qui amènent des invités bénéficient de la plus grande considération. Il y a peut-être eu des moments où leurs invités se sont opposés à la pratique. Néanmoins, en aspirant sincèrement au bonheur de leurs amis, ils font tout ce qu’ils peuvent pour les emmener à la réunion. Mettre ces pratiquants mal à l’aise, c’est donc mépriser leur sincérité et leurs efforts dévoués. J’espère donc que vous les traiterez avec le plus grand respect et que vous les entraînerez en y mettant tout votre cœur. « Et, dans le cas où il n’y a pas d’invités, je veux que les personnes centrales fassent apparaître leur sagesse et rendent cette réunion véritablement significative en s’adressant avec sérieux aux pratiquants présents et en répondant à toutes leurs questions et préoccupations. » Shin’ichi souligna ensuite le point suivant : « La participation de tous devrait être la règle générale pour les réunions de discussion. Il va sans dire que tous les responsables, notamment les responsables de chapitre, de centre et nationaux, se doivent de participer à cette réunion le jour fixé. « Au cours de sa préparation, les responsables devraient se partager la tâche de contacter les pratiquants pour les encourager à venir, en faisant tout leur possible pour parvenir à une participation à cent pour cent. Le succès d’une réunion de discussion ne dépend pas simplement du déroulement de la réunion elle-même, mais aussi des préparatifs, notamment des efforts accomplis pour que les personnes y assistent. » Shin’ichi évoqua ensuite quelle devrait être l’attitude des responsables : « Il est essentiel que les responsables qui s’occupent d’une réunion de discussion prient sincèrement devant le Gohonzon pour son succès, et qu’ils participent à la réunion, emplis d’une détermination et d’une confiance inébranlables. Aussi intéressants que soient leur exposé ou leur présentation, si leurs paroles manquent de conviction, ils ne toucheront pas le cœur des participants. En définitive, ceux qui n’ont pas de conviction ne sont pas qualifiés en tant que responsables. « J’espère, avant tout, que vous créerez des rassemblements empreints de bout en bout par l’esprit de la Soka Gakkai. « Une autre condition préalable indispensable, pour un responsable, est de faire preuve de considération envers les autres. Même si la discussion est ouverte, certains peuvent avoir du mal à s’exprimer en groupe. Les responsables doivent donc avoir la capacité de discerner ce que chacun ressent. « Ils doivent aussi posséder la sagesse et la bienveillance qui permettent de réagir comme il faut, quelles que soient les circonstances. Ainsi, il peut arriver qu’une personne, sous l’emprise de l’alcool, entreprenne de perturber la réunion en la tournant en dérision. Dans ce cas, il incombe au responsable de faire preuve de fermeté et de demander à la personne de partir. Nous ne pouvons pas laisser quiconque ou quoi que ce soit jeter le trouble dans le monde pur de la foi. « Les responsables doivent être déterminés tout en agissant par ailleurs avec bon sens et de manière sociable. Ils doivent notamment choisir leurs mots avec soin. Par exemple, même s’ils se retrouvent face à quelqu’un qui critique la Soka Gakkai, il est important qu’ils s’adressent à lui avec courtoisie et respect. « La triste réalité est que certains pratiquants ont quitté le mouvement à la suite de remarques indélicates de certains responsables. » Shin’ichi avait prononcé ces dernières paroles d’un air sévère. Shin’ichi développa ensuite en détail quelques points essentiels concernant les responsables invités et les hôtes des réunions. « Il est crucial que les responsables fassent preuve de considération envers les pratiquants qui offrent leur domicile en leur faisant part de leur sincère gratitude, afin qu’ils éprouvent toujours de la joie à accueillir des réunions. Il est aussi important que les responsables remercient les autres membres de la famille habitant sur les lieux, y compris les enfants. « Ils doivent par ailleurs s’assurer qu’il n’y ait aucun désagrément pour les voisins lié, par exemple, à un mauvais stationnement des voitures, au bruit ou à l’entassement de bicyclettes. Il est aussi avisé de contacter les voisins afin de les informer aimablement de la tenue de cette réunion. Les réunions de discussion devraient être des événements rafraîchissants et agréables pour tous. « C’est une erreur que de les considérer comme de simples activités de quartier d’une signification mineure. La Soka Gakkai ne se situe pas dans un lieu lointain mais précisément au sein même de ces réunions de discussion à l’échelle locale. C’est pour cela que le succès de ces réunions est la clé du développement de l’organisation. » Les encouragements de Shin’ichi lors de cette réunion des responsables nationaux fournirent les orientations fondamentales destinées à servir par la suite de référence pour l’organisation des réunions de discussion. Les responsables présents, ainsi que les pratiquants qui lurent le discours de Shin’ichi dans le Seikyo Shimbun, y puisèrent une forte combativité. Tous étaient déterminés à tenir de magnifiques réunions de discussion, représentatives de la Soka Gakkai. Et ils étaient résolus à unir leurs efforts dans cette tâche. Certains allèrent rendre visite à tous leurs amis, sans en oublier un seul, pour les inviter à une réunion, tandis que d’autres faisaient un maximum d’efforts pour se rendre chez les pratiquants. Le désir enthousiaste de conduire les réunions de discussion à un immense succès se propagea dans tout le Japon. Dix jours après cette réunion des responsables, tous les hôtes de réunion de discussion reçurent un marque-page représentant une cavalière sur son cheval avec une inscription en anglais qui signifiait : « Lieu de réunion de discussion de la Soka Gakkai ». Désireux de rendre hommage à la sincérité de tous ces pratiquants, Shin’ichi avait proposé la fabrication de ces marque-pages destinés à être distribués dans tout le Japon. Aussi modeste que fut ce cadeau, ceux qui le reçurent furent profondément touchés par la sincérité du président Yamamoto. Ils sentirent aussi, à travers ce geste, sa ferme détermination à œuvrer à la promotion des réunions de discussion. […] Dans la Soka Gakkai, la révolution des réunions de discussion, forums où chacun pouvait régénérer sa vie, fut donc couronnée d’un grand succès.
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