« L’étude bouddhique »
«La véritable grandeur est déterminée par les enseignements sur lesquels nous nous fondons, la philosophie que nous étudions et l’intensité avec laquelle nous la mettons en pratique dans notre vie quotidienne », écrit Daisaku Ikeda dans un essai adressé aux jeunes femmes. En nous exerçant jour après jour dans l’étude des enseignements du bouddhisme de Nichiren, nous développons la compréhension, la sagesse, et la conviction pour aller de l’avant dans nos défis et nos luttes. Ce dossier réunit des extraits de La Nouvelle Révolution humaine, où le président Ikeda partage son approche de l’étude et son esprit de recherche, inspiré par son maître Josei Toda, et par le président fondateur de la Soka Gakkai Tsunesaburo Makiguchi ; un essai sur l’importance de l’étude dans notre pratique de la Loi merveilleuse, ainsi que des extraits de lettres de Nichiren, accompagnés d’encouragements du président Ikeda. Ces textes ne concernent pas directement le programme des activités d’étude niveau (N1) et niveau 3 (N3), qui figure dans d’autres publications 1 mais, en rappelant l’esprit de l’étude, nous espérons qu’ils stimuleront chez tous les pratiquants le désir d’étudier pour approfondir leur foi et qu’ils les aideront à surmonter les difficultés et souffrances qu’ils rencontrent dans leur vie quotidienne et à répondre aux questions que d’autres, pratiquants ou non-pratiquants, pourraient leur poser. Extraits de La Nouvelle Révolution humaine Shin’ichi aborde le thème de la pratique bouddhique au quotidien Ce que voulait dire le président Toda lorsqu’il se qualifiait de « simple mortel d’excellente qualité » est très profond d’un point de vue bouddhique. S’agissant de notre attitude, cela veut dire mener une vie perpétuellement consacrée à l’étude, à notre développement et à l’amélioration de la société ainsi qu’à la recherche de la Voie, tout en s’efforçant de polir notre personnalité. « Le premier président de la Soka Gakkai Tsunesaburo Makiguchi étudiait sans cesse. Il consacrait chaque instant de loisir à la lecture, même en attendant l’autobus. En prison aussi, il dévorait avidement les œuvres de Kant et d’autres auteurs. Le président Toda était comme lui. Durant son séjour au temple principal, jusqu’à ses derniers instants, il étudiait le classique chinois intitulé Recueil de dix-huit histoires. […] L’étude est le fondement indispensable qui nous permet non seulement de discerner la profondeur ou la superficialité d’une religion mais aussi de comprendre clairement l’esprit et les enseignements véritables de Nichiren Daishonin. Le président Toda déclarait : « La raison fait naître la foi et la foi recherche la raison. » En d’autres termes, si votre compréhension de la « raison », c’est-à-dire des principes bouddhiques, s’approfondit, votre croyance s’approfondira aussi, et inversement. La Nouvelle Révolution humaine, vol. 2, p. 23-24 Shin’ichi s’exprime lors de la réunion du Nouvel An 1973, au siège de la Soka Gakkai Nous avons appelé cette première année du deuxième chapitre de kosen rufu « l’Année de l’étude ». Pourquoi cela ? Parce que, dans cette nouvelle phase de kosen rufu, on créera une société qui adoptera des principes bouddhiques tels que la compassion et un profond respect de la vie. « En d’autres termes, cela correspond à l’avènement d’une ère où la sagesse bouddhique enseignée au sein de la Soka Gakkai pénètre la société et devient l’héritage commun de toute l’humanité. Pour cela, nous devons revenir au point de départ de la foi, approfondir et réaffirmer les idéaux du bouddhisme, qui serviront d’inspiration pour bâtir une nouvelle société et une nouvelle culture. Voilà pourquoi nous avons appelé cette année “l’Année de l’étude”. » Nichiren Daishonin écrit : « Exercez-vous dans les deux voies de la pratique et de l’étude. Sans pratique ni étude, il ne peut y avoir de Loi bouddhique. Vous ne devez pas seulement persévérer vous-même ; vous devez aussi enseigner aux autres. » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 390) « La pratique » désigne ici la tâche consistant à faire avancer kosen rufu. « L’étude », c’est étudier les enseignements du bouddhisme et approfondir notre compréhension. Ces deux éléments sont pareils aux deux roues d’une bicyclette. « S’efforcer d’étudier le bouddhisme et saisir pleinement les enseignements et les principes bouddhiques sont indispensables pour parvenir à un développement plein de fraîcheur. Cette année marque le point de départ de notre grand mouvement de propagation de cette magnifique philosophie de la vie. La pratique sans étude ne peut pas toucher ni convaincre l’opinion publique ; c’est une pratique uniquement tournée vers la quête de gratifications personnelles. De même, l’étude sans pratique n’est qu’un simple jeu intellectuel qui n’a pas le pouvoir de changer le monde. » La Nouvelle Révolution humaine, vol. 17, p. 9-10 Devant les pratiquantes du département des jeunes femmes, Shin’ichi souligna l’importance de l’étude bouddhique : « Le bonheur ou le malheur d’une personne dépendent de la philosophie qu’elle soutient. Le chemin du véritable bonheur consiste à faire des Écrits de Nichiren, réceptacle de la sagesse suprême, le fondement de votre vie. » Shin’ichi créa aussi un nouveau groupe en cette occasion : le groupe d’étude de la philosophie de la vie des jeunes femmes de Nerima. La Nouvelle Révolution humaine, vol. 17, p. 39 Le président Toda disait toujours que ceux qui n’étudiaient pas n’étaient pas ses disciples. Par conséquent, Shin’ichi décida d’entraîner les membres de la Première Région dont il était responsable pour en faire des disciples authentiques de M. Toda, qui étudient et mènent des actions courageuses. Il voulait les soutenir afin qu’ils deviennent de grands dirigeants dans la société. Certains membres n’avaient pas de base scolaire solide et, de ce fait, ne maîtrisaient ni la lecture, ni l’écriture, ni l’expression orale. Pour surmonter cet obstacle, Shin’ichi les encouragea à lire de grandes œuvres littéraires, à noter par écrit leurs impressions sur diverses réunions et à contribuer aux publications de la Soka Gakkai. Afin de devenir des héros de kosen rufu, les jeunes hommes devaient se forger une forte conviction dans le bouddhisme de Nichiren et, dans ce but, développer une compréhension profonde de ses enseignements. Shin’ichi leur donna donc lui-même des cours sur les écrits de Nichiren et demanda au responsable national du département d’étude et au responsable de la jeunesse de faire de même. En invitant ces brillants aînés dans la foi à s’adresser aux pratiquants, il luttait pour créer un environnement stimulant et inspirant qui favoriserait l’essor et le développement des jeunes hommes. […] La Nouvelle Révolution humaine, vol. 17, p. 243 Shin’ichi s’adresse aux pratiquants du département de la jeunesse. Avec le désir de tout leur confier, il s’assit devant le micro La façon dont nous utilisons notre temps est une question cruciale. Quelqu’un a dit un jour que la clé du succès dans la vie dépend de l’usage que vous faites des heures qui suivent le travail, généralement entre 18 et 20 heures. Naturellement, il est nécessaire de faire au mieux votre travail, mais accomplir ensuite des activités auxquelles vous croyez fera sans aucun doute toute la différence dans votre vie. Pour nous, ce sont les heures que nous consacrons à nos activités de la Soka Gakkai. Ce sont des actions destinées à créer un bonheur durable et à engendrer notre prospérité et celle des autres. Elles constituent un moyen de contribuer à notre environnement et de bâtir une paix durable dans le monde. Elles nous procurent de la joie et nous permettent de découvrir la véritable signification de la vie. En accomplissant régulièrement ce type d’actions, nous brisons les murs de la solitude et de l’aliénation caractéristiques de la société d’aujourd’hui, et unissons les cœurs des êtres humains. Continuez de lutter toute votre vie durant et ne vous écartez jamais de cette voie des activités de la Soka Gakkai. La voix de Shin’ichi se fit de plus en plus passionnée. C’est à vous, les jeunes, que je confie entièrement l’avenir de kosen rufu. Les dix prochaines années seront donc une période de transition majeure pour notre mouvement, et c’est pourquoi je vous encourage à vous forger et à vous entraîner par l’étude et par l’effort. « J’aimerais en particulier que vous puissiez acquérir une connaissance précise des principes essentiels du bouddhisme de Nichiren, qui est une philosophie de vie. Toutes les personnes remarquables se sont entraînées et ont travaillé et étudié plus que quiconque. Aujourd’hui, en tant que philosophes appelés à devenir de grands dirigeants parmi les personnes ordinaires, vous devez pratiquer et étudier en profondeur les enseignements bouddhiques, qui sont la base de toutes choses. Telle est la noble voie de la victoire en tant qu’être humain. » La Nouvelle Révolution humaine, vol. 30-II, p. 201-202 Le bouddhisme du soleil - illuminer le monde Foi, pratique et étude : les bases du bouddhisme de Nichiren [3 sur 3] L’étude bouddhique au sein de la Soka Gakkai permet d’élever son état de vie Traduit du Daibyakurenge, le mensuel d’étude affilié au mouvement Soka au Japon, de novembre 2016. […] « Il y a très peu de papier à lettres dans cette province de Sado et écrire personnellement à chacun d’entre vous aurait pris trop de temps. Cependant, si une seule personne ne reçoit pas de mes nouvelles, elle en éprouvera du ressentiment. Je veux donc que ceux qui ont un esprit de recherche se rencontrent et lisent ensemble cette lettre à titre d’encouragement. » (Lettre de Sado, Écrits, 309-310) Commentaires de Daisaku Ikeda Lire les écrits de Nichiren comme s’ils nous étaient adressés personnellement La plus grande partie des lettres adressées par Nichiren à ses disciples fut composée après son exil sur l’île de Sado et, plus particulièrement, après son installation au mont Minobu − c’est-à-dire à une époque où il était difficile pour lui de les rencontrer en personne. Ses lettres sont l’expression de sa grande compassion ; on y sent fortement ses préoccupations et on voit combien il était sensible à ce qu’éprouvaient ses disciples confrontés à de très dures persécutions. De plus, certains étaient affligés par la perte d’êtres aimés ou accablés par les épreuves de la vie. C’est précisément parce que ses lettres sont riches d’échanges chaleureux, de vie à vie, avec ses disciples, qu’elles transcendent le temps et ont aujourd’hui encore le pouvoir de toucher profondément leurs lecteurs. Nichiren écrivit la Lettre de Sado alors qu’il était en exil, à une époque où sa propre vie était menacée. En raison du manque de papier, il transcrivit ses pensées et ses sentiments dans une seule lettre destinée à être partagée entre tous ses disciples. Les disciples se rassemblaient alors par petits groupes pour lire ou écouter le contenu de ces lettres. En cette époque où les persécutions faisaient rage, ils ont dû être profondément touchés par la chaleureuse considération et par l’empathie de Nichiren. Ils entraient ainsi en contact avec son immense état de vie et son esprit de lutter pour kosen rufu, en étant entièrement résolu à faire face aux persécutions de toutes sortes. Sans doute en ont-ils tiré un courage indomptable. Je les imagine, après la lecture de la lettre, faire ensemble le vœu de conserver une foi ferme, s’encourager mutuellement et prendre un nouveau départ avec une détermination renouvelée. Nous pouvons nous aussi faire aujourd’hui l’expérience de cette magnifique communication entre maître et disciples. Il est important pour nous de lire les écrits de Nichiren avec la conviction qu’ils sont adressés à chacun de nous et que Nichiren nous parle personnellement. Persévérer dans l’étude bouddhique au milieu des difficultés Dans l’exemplaire du Gosho 2 de M. Makiguchi, beaucoup de passages du traité Sur l’ouverture des yeux sont soulignés en rouge et l’on peut lire dans la marge toutes sortes d’annotations : « Quelles sont les caractéristiques d’un pratiquant authentique ? » « La transmission », « le grand vœu » qui témoignent de sa détermination solennelle à rechercher la voie de la pratique bouddhique. Il a dit un jour : « Je ne peux pas lire les écrits de Nichiren sans être ému aux larmes par sa grande compassion. » Comme le suggèrent ces paroles de Makiguchi, la lecture du Gosho n’a qu’une seule raison d’être : nous mettre en contact avec l’esprit de Nichiren. Après la lecture d’un passage du traité Sur l’ouverture des yeux où il avait ressenti toute la passion et la puissante vitalité de Nichiren, M. Toda a décrit ainsi ses sentiments : « Son esprit éclatant frappe mon cœur avec l’intensité du soleil de midi en plein été. J’ai l’impression d’avoir dans la poitrine une gigantesque boule de fer en fusion. Il me semble parfois qu’une source brûlante jaillit de l’intérieur de ma vie ou qu’une grande cascade rugissante s’abat sur moi 3. » Je me rappelle que, dans ma jeunesse, alors que je luttais de tout cœur pour soutenir et aider M. Toda dans un contexte particulièrement hostile, je lisais chaque jour les écrits de Nichiren, malgré mon épuisement. Dans mon journal de l’époque, j’ai exprimé ainsi la joie éprouvée à lire le Gosho : « Vers quoi des jeunes sensibles aux problèmes du monde peuvent-ils se tourner pour trouver une réponse ? En lisant les écrits de Nichiren, je tremble de bonheur. Le bouddhisme, qui expose clairement l’origine et la base de toutes choses, offre le véritable bonheur. » M. Makiguchi a dit : « Ne cherchez pas à comprendre le bouddhisme avec votre esprit. Vous parviendrez à le comprendre par la foi. » En d’autres termes, même si l’on peut trouver les enseignements bouddhiques difficiles à comprendre, par notre désir passionné et par notre détermination d’en tirer des leçons et d’en approfondir la compréhension grâce à nos efforts pour kosen rufu, nous pourrons élever notre état de vie. La lecture quotidienne ne serait-ce que d’une phrase ou d’un court passage du Gosho nous permet de faire briller notre vie avec éclat. L’importance de lire les écrits de Nichiren quand nous nous retrouvons dans une impasse Quand nous nous sentons au fond du gouffre, la lecture du Gosho peut faire se lever le soleil de l’espoir dans notre cœur. Face à une impasse, elle peut nous aider à faire jaillir l’esprit indomptable d’un roi-lion. Et lorsque nous souffrons de maladie, nos vies se trouvent régénérées. Dans les débuts de notre mouvement, les pratiquants emportaient toujours les écrits de Nichiren avec eux, aussi bien lorsqu’ils s’efforçaient de transmettre le bouddhisme que lorsqu’ils donnaient des encouragements personnels et faisaient des activités pour kosen rufu. Dans les réunions, avant ou après Gongyo, ils lisaient aussi à voix haute des passages des écrits de Nichiren. Leur exemplaire du Gosho qu’ils emportaient ainsi, dans les bons comme dans les mauvais moments, était si usé que parfois même des pages s’en détachaient. Il était aussi plein d’annotations et de passages soulignés. Chaque jour, les pratiquants lisaient le Gosho pour entrer en contact avec l’esprit de Nichiren. Graver les écrits de Nichiren dans son cœur, faire jaillir cet état de vie invincible qu’est l’état de bouddha et progresser vers l’accomplissement du grand vœu de kosen rufu tout en luttant pour transformer notre karma − telle est la voie de l’étude bouddhique qui mène directement à une vie de bonheur et de victoire. « Celui qui, en entendant les enseignements du Sûtra du Lotus, redouble d’efforts dans la foi, recherche véritablement la Voie. Tiantai déclare : “Tirer de l’indigo un bleu encore plus profond.” Cela signifie que, ce qui est teint dans l’indigo à maintes reprises, devient encore plus bleu que les feuilles d’indigo. Le Sûtra du Lotus est pareil à l’indigo, et la force de notre pratique est comme le bleu qui devient plus profond. » (L’enfer est la Terre de la lumière paisible, Écrits, 458) Imprégner la bouddhéité dans notre vie Ce passage est tiré de L’enfer est la Terre de la lumière paisible, une lettre adressée à la nonne séculière Ueno [la mère de Nanjo Tokimitsu] qui, malgré les souffrances provoquées par la disparition de son mari, ne ménageait pas sa peine pour élever ses enfants. Dans sa lettre, Nichiren manifeste toute son empathie envers sa souffrance et l’encourage chaleureusement, en priant pour qu’elle surmonte sa tristesse et parvienne au bonheur. La nonne séculière Ueno avait lutté dans sa pratique bouddhique avec une foi ferme et résolue. Mais quand son mari est mort, la laissant seule avec sa famille à charge, elle a dû se sentir parfois envahie par le désespoir. Nichiren Daishonin lui expliqua l’enseignement bouddhique de l’illumination par la fille du roi-dragon 4 qui, dans le Sûtra du Lotus, atteint la bouddhéité sous sa forme actuelle 5. En agissant ainsi, il diffusait la lumière de l’espoir dans son cœur afin qu’elle puisse sans aucun doute devenir heureuse. Pour atteindre la bouddhéité sous notre forme actuelle, nous devons dissiper l’obscurité ou ignorance fondamentale 6 qui dissimule le potentiel de la bouddhéité. La clé dans ce cas est de « redoubler d’efforts dans la foi » (Écrits, 458). Il n’est pas facile de gagner la lutte du Bouddha contre les forces démoniaques dans notre vie. Pour vaincre les fonctions démoniaques, nous devons réaliser des efforts incessants dans la récitation de Nam-myoho-renge-kyo et enseigner aux autres à faire de même, et ainsi renforcer et approfondir notre foi. Dans cette lettre, Nichiren utilise la métaphore du « bleu plus bleu que l’indigo 7 » pour décrire le processus d’approfondissement de notre foi. Lutter et nous entraîner dans notre pratique bouddhique jour après jour pour concrétiser nos désirs et nos buts renforcent nos prières et nous permettent d’approfondir notre foi. Ceci s’applique également à la lecture des écrits de Nichiren. Si, au cœur de nos combats, nous lisons et relisons le Gosho, nous graverons ainsi dans notre vie les actions justes et courageuses de Nichiren, sa compassion illimitée envers ses disciples et, par-dessus tout, son engagement passionné à transmettre la Loi merveilleuse. De cette façon, nous imprégnons la bouddhéité dans notre vie. Nous lui donnons en quelque sorte les couleurs de l’état de bouddha. Comme le dit Nichiren dans une autre lettre : « Ceux qui ont imprégné le Sûtra du Lotus [Nam-myoho-renge-kyo] [dans leur vie] deviendront à coup sûr bouddhas. » (La neige et la laque, WND-II, 675) Quand nous persévérons dans notre pratique bouddhique, cherchons à nous approcher de l’état de vie de Nichiren et à approfondir notre conviction que nous sommes des bodhisattvas surgis de la Terre et des incarnations de la Loi merveilleuse, nous pouvons atteindre un état de bonheur absolu dans lequel le seul fait d’être en vie est en soi la plus grande des joies. Faire jaillir le bienfait inépuisable du Gohonzon grâce au pouvoir de la foi Quand M. Toda a reconstruit la Soka Gakkai après la Seconde Guerre mondiale, il disait souvent que si les autres principaux responsables du mouvement l’avaient quittée au moment de leur arrestation par les autorités militaristes durant la guerre, c’est parce que leurs bases en matière d’étude bouddhique étaient insuffisantes. Après la guerre, il se consacra de toutes ses forces à promouvoir l’étude du bouddhisme de Nichiren afin de former des disciples qui demeureraient inébranlables face aux persécutions ou aux oppositions de toutes sortes. Lorsqu’il s’adressait aux pratiquants qui ne ressentaient pas le besoin d’étudier le bouddhisme, M. Toda leur disait : « Il paraît que certains d’entre vous déclarent : “À partir du moment où je peux obtenir des bienfaits, cela suffit à mon bonheur. Je n’ai pas besoin d’étudier le bouddhisme.” C’est absurde. L’étude bouddhique renforce et accroît notre foi, ce qui génère des bienfaits. « Le bouddhisme de Nichiren enseigne les quatre pouvoirs [le pouvoir du Bouddha, le pouvoir de la Loi, le pouvoir de la foi et le pouvoir de la pratique 8]. Le pouvoir du Bouddha et le pouvoir de la Loi progressent à mesure que se renforcent le pouvoir de la foi et le pouvoir de la pratique. Par conséquent, l’apparition des pouvoirs du Bouddha et de la Loi dans votre vie dépend des pouvoirs de votre foi et de votre pratique. Ces derniers fusionnent et deviennent les pouvoirs du Bouddha et de la Loi, ce qui se traduit sous forme de bienfaits extraordinaires qui défient la compréhension 9. » C’est le pouvoir de la foi qui nous permet de faire apparaître librement les grands et inépuisables bienfaits du Gohonzon. Et l’étude bouddhique est le moyen de renforcer le pouvoir de notre foi. En approfondissant notre compréhension du bouddhisme de Nichiren, nous pouvons transformer les questions et les doutes en clarté, ce qui, en retour, nous permet d’intensifier nos prières. Si nous parvenons à apprécier combien ce bouddhisme est merveilleux, nos prières seront emplies de gratitude. Si nous avons la conviction inébranlable que nos désirs seront exaucés, nos prières seront emplies de joie. En d’autres termes, si nous renforçons notre foi grâce à l’étude bouddhique, nos prières seront pleines de gratitude et de joie, ce qui nous permettra de faire apparaître, librement et avec force, le bienfait du Gohonzon. Extraits de la brochure du Sommet européen de 2020 Remise aux participants de ce Sommet de la Soka Gakkai internationale, cette brochure contient de courts extraits des écrits de Nichiren Daishonin accompagnés de commentaires du président Ikeda sur le thème de l’étude. Ces textes permettent de comprendre que l’étude pratiquée au sein de la Soka Gakkai repose sur l’esprit de recherche des disciples qui ont à cœur d’établir un lien direct avec leur maître. Extrait du Gosho 1 « Toki, Saburo Saemon-no-jo, Kawanobe, Yamato Ajari, et tous vos autres compagnons et moines, tous ensemble, vous devriez vous lire cette lettre les uns aux autres et bien écouter. En cet âge souillé, discutez toujours entre vous et ne cessez jamais de prier pour votre vie prochaine. » (Le pratiquant du Sûtra du Lotus rencontrera des persécutions, Écrits, 452) Citation 1 - Encouragement de Daisaku Ikeda M. Makiguchi a dit : « Ne cherchez pas à comprendre le bouddhisme avec votre esprit. Vous parviendrez à le comprendre par la foi. » En d’autres termes, même si l’on peut trouver les enseignements bouddhiques difficiles à comprendre, par notre désir passionné et notre détermination d’en tirer des leçons et d’en approfondir la compréhension grâce à nos efforts pour kosen rufu, nous pourrons élever notre état de vie. La lecture quotidienne ne serait-ce que d’une phrase ou d’un court passage du Gosho nous permet de faire briller notre vie avec éclat. (Foi, pratique et étude : les bases du bouddhisme de Nichiren, p. 54) Citation 2 - Encouragement de D. Ikeda M. Toda déclara d’une voix forte : « Une des fiertés de la Soka Gakkai est de posséder le plus haut niveau d’étude au monde. » C’est grâce aux cours et aux études de Gosho sérieux que la Soka Gakkai a pu se développer telle qu’elle est aujourd’hui. L’étude est la source de kosen rufu. C’est pour cela que nous nous sommes donnés corps et âme à son développement. La plus grande mission de la Soka Gakkai consiste à faire progresser kosen rufu. Il est important pour cela de développer l’étude bouddhique. M. Toda disait souvent aux responsables : « Lisez le Gosho surtout quand vous vous sentez épuisés ! Ne serait-ce qu’une ligne ou deux. Ouvrez encore plus votre état de vie en lisant les écrits de Nichiren. » (Discours prononcé lors de la réunion des responsables célébrant le 75e anniversaire de la Soka Gakkai, publié dans le journal Seikyo le 16 novembre 2005) Extrait du Gosho 2 « Il semblerait que les disciples de Nichiren, après leur voyage à la capitale, aient d’abord pris soin de ne pas oublier leur mission, mais plus tard, égarés par le démon du ciel, ils ont complètement perdu la raison. C’est ainsi que Sho-bo a agi. Vous devriez prendre garde à ne pas agir de la même manière afin de ne pas encourir la colère du ciel. » (WND-II, 343, Sur la manière correcte d’enseigner la doctrine) Citation 3 - Encouragement de D. Ikeda Nichiren nous adressa cette mise en garde solennelle : « Chudapanthaka fut incapable de mémoriser un enseignement en quatorze caractères, même en trois ans, et atteignit pourtant la bouddhéité. D’un autre côté, Devadatta entreprit de mémoriser soixante mille enseignements mais tomba dans l’Enfer aux souffrances incessantes. » (Trois Maîtres des Trois Corbeilles prient pour qu’il pleuve, Écrits, 607) Chudapanthaka, qui était considéré comme lent d’esprit, a persévéré avec un dévouement sincère en tant que disciple du Bouddha et a atteint l’illumination, tandis que Devadatta, qui maîtrisait la totalité des nombreux enseignements de Shakyamuni, a trahi le Bouddha et est tombé dans l’enfer des souffrances incessantes. En d’autres termes, on ne devient pas quelqu’un de supérieur ni de spécial, simplement parce que l’on excelle dans l’étude bouddhique. N’importe qui peut avoir des connaissances en bouddhisme, comme sur n’importe quel autre sujet. Être érudit en bouddhisme et avoir la foi sont deux choses distinctes. Malheureusement, il existe des responsables ridicules et arrogants, dans le mouvement Soka, qui, bien que faisant grand cas de leurs connaissances doctrinales, finissent par abandonner leur foi et tourner le dos au mouvement et à leurs camarades. En tant que pratiquants du bouddhisme de Nichiren, nos objectifs ultimes sont de révéler notre bouddhéité en cette vie et de réaliser kosen rufu. La seule manière d’y parvenir est d’employer la « stratégie du Sûtra du Lotus » et de naviguer sur les flots tumultueux de la vie, en faisant preuve d’un engagement indéfectible dans la foi. La finalité de l’étude bouddhique est de nous permettre de nous développer en tant que pratiquants exemplaires du bouddhisme de Nichiren, courageux champions de la foi et de la pratique. Nous ne devrions jamais nous tromper sur ce point. Selon M. Toda, il y avait deux sortes d’étude bouddhique : celle qui analyse les enseignements de façon académique et l’autre, qui les explore par le biais de la foi. Unis par les liens profonds de maître et disciple, M. Toda et moi avons engagé la lutte pour kosen rufu en nous fondant sur l’étude bouddhique qui approfondit les enseignements par la foi. C’est la source de la victoire du mouvement Soka. Grâce à leur approfondissement des enseignements de Nichiren et à leurs actions énergiques pour faire avancer kosen rufu, les pratiquants ont remporté victoire après victoire. (« Notre voie éclatante vers la victoire – L’étude pour approfondir notre foi », in D&E, n° 240 décembre 2011, p. 21-22) Citation 4 - Encouragement de D. Ikeda Malgré mon emploi du temps très chargé – ou peut-être précisément parce que j’étais très occupé –, je m’efforçais toujours de lire les écrits de Nichiren à haute voix. Nichiren n’écrivait pas ses lettres et ses traités dans une pièce au calme, à l’écart de la société. Il les écrivait au cœur des immenses persécutions qui mettaient sa vie en danger. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai recopié certains passages importants dans mon journal, résolu à les intégrer dans ma vie, surtout à cette époque de défis incessants. J’espère que vous aussi, lorsque vous vous sentirez dans une impasse, vous lirez les écrits de Nichiren pour faire apparaître votre courage. Comme le déclare Nichiren : « Le caractère myo [de Nam-myoho-renge-kyo] signifie ouvrir. » (Le Daimoku du Sûtra du Lotus, Écrits, 146) Lire ses écrits vous permettra de faire apparaître et d’utiliser la sagesse suprême qui existe en vous-même, pour remporter la victoire. » La Jeunesse et les écrits de Nichiren, p. 93-94 Extrait du Gosho 3 « Exercez-vous dans les deux voies de la pratique et de l’étude. Sans pratique ni étude, il ne peut y avoir de Loi bouddhique. Vous ne devez pas seulement persévérer vous-même ; vous devez aussi enseigner aux autres. Pratique et étude proviennent toutes deux de la foi. Enseignez aux autres au mieux de vos capacités, ne serait-ce qu’une phrase. » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits 40, 390) Citation 5 - Encouragement de D. Ikeda Ce passage de La réalité ultime de tous les phénomènes est de ceux que nous devrions tous graver dans notre cœur en tant que pratiquants du bouddhisme de Nichiren. Dans son exemplaire du Gosho, M. Makiguchi cocha la page contenant ce passage sur « les deux voies de la pratique et de l’étude » pour en marquer l’importance. M. Toda cita aussi ce passage dans son avant-propos à l’édition de la Soka Gakkai intitulée Nichiren Daishonin Gosho Zenshu (Œuvres complètes de Nichiren Daishonin) et écrivit : « Depuis sa création par notre premier président Tsunesaburo Makiguchi, la Soka Gakkai a accordé la plus grande valeur à ces paroles de Nichiren et, en persévérant dans “les deux voies de la pratique et de l’étude”, sur la base d’une foi pure et forte, elle s’est efforcée énergiquement de transmettre la Loi merveilleuse, comme le Bouddha l’enseigne. Cet entraînement rigoureux, comparable à celui d’un maître d’escrime, est devenu la tradition et la noble caractéristique de la Soka Gakkai. » La Soka Gakkai a maintenu vivant l’esprit solennel et sublime de Nichiren en progressant régulièrement sur la base des « deux voies de la pratique et de l’étude ». M. Toda conclut son avant-propos en disant : « C’est mon vœu et ma prière éternels que cet écrit si précieux et sans équivalent [le Gosho] se propage dans toute l’Asie et dans le monde entier. » (Foi, pratique et étude : les bases du bouddhisme de Nichiren, p. 61-62) Extrait du Gosho 4 « Croyez dans le Gohonzon, objet de vénération suprême de tout le Jambudvipa. Veillez à renforcer votre foi et recevez la protection de Shakyamuni, Maints-Trésors et des bouddhas des dix directions. Exercez-vous dans les deux voies de la pratique et de l’étude. Sans pratique ni étude, il ne peut y avoir de Loi bouddhique. Vous ne devez pas seulement persévérer vous-même ; vous devez aussi enseigner aux autres. Pratique et étude proviennent toutes deux de la foi. Enseignez aux autres au mieux de vos capacités, ne serait-ce qu’une phrase. » (La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 390) Citation 6 - Encouragement de D. Ikeda Ce jour-là, dans l’après-midi, des examens d’entrée et de promotion du département d’étude eurent lieu pour les membres du chapitre de Los Angeles en deux endroits différents – l’un à Los Angeles et l’autre à San Diego. Quelque 250 personnes se présentèrent à l’examen qui ne comportait que des épreuves orales. Shin’ichi se rendit au centre d’examen de Los Angeles – installé dans une école de japonais –, afin d’offrir quelques paroles d’encouragement aux candidats. « Merci beaucoup de vous être donné la peine de venir ici pour passer cet examen, dit-il. Certains d’entre vous doivent se demander pourquoi il nous faut étudier une théorie bouddhique si difficile, quand il suffit sûrement de réciter Daimoku et de recevoir des bienfaits. Cependant, n’oubliez pas que si une pratique correcte apporte effectivement des bienfaits considérables, elle présente également des obstacles et des difficultés. Sans les bases solides que procure l’étude, vous commencerez à douter dès que des difficultés surviendront. « Quand l’oppression exercée par le gouvernement militariste a abouti à l’arrestation de M. Makiguchi et de M. Toda au cours de la Seconde Guerre mondiale, tous les responsables de la Soka Gakkai ont abandonné leur croyance. La raison en était qu’ils n’avaient pas étudié et n’avaient pas saisi le sens des principes de ce bouddhisme. « Mais lorsque nous étudions sérieusement les enseignements de Nichiren Daishonin, expliqua-t-il, nous comprenons pourquoi une pratique correcte s’accompagne d’obstacles et de persécutions et nous savons comment atteindre la bouddhéité dans cette vie. De même, quand nous parlons aux autres du bouddhisme, nous sommes en mesure d’expliquer ce qui fait la grandeur des enseignements de Nichiren Daishonin et d’exposer de façon claire, logique et convaincante en quoi consiste une religion correcte. C’est pour cette raison que Nichiren Daishonin insiste sur le fait que la pratique doit aller de pair avec l’étude. Il nous exhorte : “Exercez-vous dans les deux voies de la pratique et de l’étude. Sans pratique ni étude, il ne peut y avoir de bouddhisme.’’ » (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 7, chap. « Nouvelles pousses », p. 136-137) Citation 7 - Encouragement de D. Ikeda M. Toda a dit : « L’étude bouddhique dans la Soka Gakkai consiste à lire le Gosho par nos actes, nos paroles et nos pensées. Comme le déclare Nichiren : “C’est par la voix que s’accomplit l’œuvre du Bouddha.” (OTT, 4) Parlez librement et sans hésiter aux autres de ce que vous savez du bouddhisme de Nichiren. C’est ainsi que le Gosho deviendra en définitive une partie intégrale de votre propre vie. » Il a dit aussi : « Assister simplement à des cours de Gosho ou lire les écrits de Nichiren et dire que l’on comprend les enseignements relève encore de la théorie. L’important est de s’entraîner dans la foi et dans la pratique en accord avec ces enseignements. » Il souligna ensuite que transformer concrètement notre vie est plus important que la simple compréhension. L’étude fondée sur l’esprit de maître et disciple est la tradition de la Soka Gakkai. C’est l’étude pour remporter la victoire, pour avoir une base qui permet de surmonter les obstacles en tirant des enseignements de la conduite de Nichiren et en faisant jaillir l’esprit d’un roi-lion. C’est l’étude qui permet d’approfondir notre foi. C’est aussi l’étude qui nous amène à partager la Loi merveilleuse et à réaliser kosen rufu, qui nous pousse à parler aux autres de l’inspiration et de la joie que nous tirons des enseignements de Nichiren. C’est ce qui nous permet de nous transformer intérieurement et d’accomplir notre révolution humaine, en nous donnant l’opportunité d’entrer en contact avec l’esprit de Nichiren et de saisir pleinement que nous incarnons nous-mêmes la Loi merveilleuse. La pratique et l’étude proviennent de la foi et la foi s’approfondit en suivant « les deux voies de la pratique et de l’étude ». Tel est le rythme de la révolution humaine et de kosen rufu. (Foi, pratique et étude : les bases du bouddhisme de Nichiren, p. 64-65) Citation 8 - Encouragement de D. Ikeda M. Toda forma directement et avec beaucoup de rigueur les membres de ce groupe [il s’agit du département d’étude]. « Ne soyez pas arrogants, nous disait-il. Soyez reconnaissants d’avoir l’opportunité de donner des cours sur le bouddhisme de Nichiren durant lesquels les pratiquants vous écoutent avec attention. » Il disait aussi : « Vous pouvez faire ces cours en mon nom, en toute confiance ! » Il nous enseignait ainsi que délivrer des cours sur les écrits de Nichiren relevait de la lutte commune solennelle du maître et du disciple. (Foi, pratique et étude : les bases du bouddhisme de Nichiren, p. 94) Citation 9 - Encouragement de D. Ikeda Le premier cours sur les écrits de Nichiren devait se tenir à Kawagoe le 25 septembre 1951. Dans un bureau de sa société de commerce Daito, Toda avait expliqué à Shin’ichi, qui s’apprêtait à partir pour Kawagoe en fin d’après-midi : « Chaque cours est crucial. Agis avec la même détermination que si c’était la dernière fois que tu te rendais à Kawagoe. Le cours doit être imprégné de sérieux et de passion, et être d’une logique évidente. Le plus important, c’est de faire jaillir chez les pratiquants la joie d’avoir connu le bouddhisme et de pouvoir dévouer leur vie à kosen rufu. » En peu de temps, Toda avait expliqué à Shin’ichi les éléments essentiels pour dispenser des cours sur les écrits de Nichiren. « Il faut que le contenu soit profond. Qu’est-ce qu’un contenu profond ? Cela ne consiste pas à énumérer des termes hermétiques pour développer une argumentation. Au contraire, il faut que ce soit facile à comprendre pour tout le monde, ce qui fera dire à ceux qui écoutent : “En effet ! Cela m’a ouvert les yeux ! Je n’aurais jamais imaginé qu’il y avait là une signification aussi profonde ! Cela renforce ma conviction !” Autrement dit, un cours qui permet aux gens d’approfondir leur compréhension du bouddhisme et de s’éveiller à leur mission pour kosen rufu est un cours véritablement profond. Dans un an ou deux, tu feras du district Kawagoe l’équivalent d’un chapitre. » Avec ces mots de Toda gravés dans son cœur, sous une pluie fine, Shin’ichi était parti déterminé pour Kawagoe. (Cap n° 1027, p. 11, NRH, vol. 26, chap. « Effort Ardents » [traduction provisoire]) Citation 10 - Encouragement de D. Ikeda La plus haute philosophie, celle qui conduit les êtres humains vers la forme d’humanité la plus élevée, est la philosophie du bouddhisme de Nichiren. La force et la passion de la jeunesse qui pratique cette philosophie si précieuse façonneront le nouveau siècle. Pourquoi l’étude des enseignements de Nichiren est-elle si importante pour les jeunes gens ? On pourrait avancer plusieurs arguments mais je pense que l’essentiel se trouve résumé dans les trois points suivants : Tout d’abord, l’étude du bouddhisme permet d’approfondir la foi. Je n’oublierai jamais la remarque faite un jour par M. Toda, avec un profond regret, à savoir que la majorité de ses amis pratiquants avaient abandonné leur foi sous la pression des autorités militaires durant la Seconde Guerre mondiale parce qu’elles n’avaient pas une connaissance solide des enseignements de Nichiren. « Faute d’étude, expliqua-t-il, les pratiquants ne comprenaient pas vraiment la foi. Ils se laissèrent effrayer et furent vaincus par les persécutions. C’était vraiment très regrettable et je suis déterminé à faire que cette erreur ne se répète pas. » L’étude est une lumière qui illumine le chemin de la foi. Même les attaques subtiles et complexes des forces négatives apparaissent clairement pour ce qu’elles sont à la claire lumière du bouddhisme. L’étude nous permet d’établir une base solide pour notre foi et stimule notre révolution humaine. C’est pourquoi, après la guerre, M. Toda centra ses efforts sur l’étude des enseignements de Nichiren pour reconstruire la Soka Gakkai, comme le prouve l’extraordinaire profondeur de ses séries de cours sur le Sûtra du Lotus. En deuxième lieu, l’étude donne une impulsion pour la progression de kosen rufu. Le Gosho établit la validité du bouddhisme de Nichiren Daishonin et la méthode de propagation qui consiste à réfuter le provisoire pour révéler le véritable. Il nous enseigne clairement et en détail l’engagement nécessaire pour propager largement la Loi merveilleuse, les qualités requises pour les responsables bouddhiques et la clé pour former des responsables de valeur. Étudier le Gosho revient à se mettre en relation avec l’esprit de Nichiren Daishonin. Cela consiste à recevoir directement du bouddha originel des encouragements et des directives sur la foi et la propagation du bouddhisme. Ce n’est que lorsque nous agissons en accord avec le Gosho que nous pouvons prétendre avoir saisi les enseignements du bouddhisme de Nichiren. L’étude sans pratique est inutile. Une connaissance parfaite des principes bouddhiques est pour nous une source de courage infini et stimule notre capacité à nous éveiller à notre plus grand potentiel en tant qu’être humain. En troisième lieu, l’étude est la clé pour établir une nouvelle philosophie humaniste. Nous faisons aujourd’hui face à de nombreux problèmes extrêmement graves : la menace de guerre nucléaire, les conflits ethniques, les problèmes de l’environnement et l’effondrement des systèmes d’éducation. Les êtres humains recherchent paix et bonheur, mais d’un jour à l’autre la situation devient toujours plus sombre et confuse. Cela est dû à l’absence d’une philosophie qui expose la véritable nature de la vie et ses fonctions. Et c’est là qu’intervient le bouddhisme. Ce n’est qu’en revenant à des principes tels que la dignité ultime de la vie, la compassion, l’unité du corps et de l’esprit, et la non-dualité de la vie et de son environnement que nous pouvons commencer à ouvrir la voie vers un nouvel humanisme. La Déclaration pour l’abolition des armes nucléaires de M. Toda exprimait aussi les principes pleins de compassion du bouddhisme qui cherche à protéger l’humanité du mal. Si les membres du département de la jeunesse, nos responsables de l’avenir, ne se forgent pas une solide connaissance de la philosophie bouddhique, l’humanité ne connaîtra pas un destin brillant. Notre philosophie est la philosophie suprême vouée à apporter le bonheur à tous les êtres humains de la planète. M. Toda était fermement convaincu que les jeunes qui pratiquaient avec ardeur le bouddhisme de Nichiren deviendraient les responsables de la société dans les divers domaines d’activités humaines. La profonde dévotion que M. Toda mettait dans ses cours sur le bouddhisme m’a toujours fait penser à la vitesse et à l’intensité avec lesquelles un maître d’escrime pratique son art. Un jour, M. Toda se rendit à Osaka pour y donner un cours aux pratiquants, mais sa santé était si mauvaise qu’il demanda au responsable du département d’étude d’être prêt à donner le cours à sa place. Pourtant, le soir venu, M. Toda quitta le lit en déclarant : « Et puis, après tout, je vais donner ce cours moi-même. Le chapitre “Durée de la vie” du Sûtra du Lotus dit : “Cela, l’œuvre du Bouddha, je ne l’ai jamais négligé un seul instant.” Un Bouddha œuvre continuellement à sauver tous les êtres dans la souffrance, sans jamais prendre un instant de répit. J’ai fait tout ce chemin pour donner un cours et je ne peux pas maintenant me décharger sur quelqu’un d’autre. Mon souhait est de donner ce cours même si je dois mourir en le faisant. » À travers l’exemple de mon maître, en le voyant prêt à risquer sa santé et sa vie pour donner un cours d’étude, j’ai appris combien la tâche qui consiste à transmettre le bouddhisme de Nichiren est sérieuse. Dans ma jeunesse, j’ai étudié le bouddhisme avec assiduité. J’ai étudié si sérieusement que j’ai fini par mémoriser beaucoup d’écrits de Nichiren. Cette étude est devenue aujourd’hui le fondement de ma vie. (« Étudier le bouddhisme dans notre jeunesse », in D&E n° 82, octobre 1998, p. 45-49) n
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