Établir des citadelles de personnes de valeur et des jardins de la paix à travers le monde
Le désir d’apprendre est puissant et magnifique. Dans l’une de ses lettres, Nichiren fait l’éloge de Myoichi-nyo pour son esprit de recherche, qui l’amène à poser des questions sur la doctrine de l’atteinte de la bouddhéité sans changer d’apparence. Il lui écrit même : « [Ce] n’est certainement pas une chose ordinaire. Le bouddha Shakyamuni, seigneur des enseignements, est-il entré dans votre cœur ? » (WND-II, 892) En cette « Année de la jeunesse et du triomphe », des activités et des voyages d’étude ont été organisés si largement dans le Japon et le monde que l’année 2023 aurait également pu être appelée « Année de l’étude dans le monde ». Cela réjouirait à coup sûr Nichiren ! Le mois dernier, la sixième session d’activité d’étude bouddhique a eu lieu en Afrique, sur le « Continent de l’espoir », illustrant ainsi l’importance accordée à l’étude au niveau mondial. Animés d’un fervent esprit de recherche, des pratiquants de 28 pays africains – dont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Cameroun, le Kenya, Madagascar et la Zambie – y ont participé. Ces activités d’étude eurent lieu pour la première fois en 2016 et, après une interruption de deux ans en raison de la pandémie du Covid-19, elles ont repris l’année dernière. Les pratiquants peuvent ainsi approfondir leur compréhension du bouddhisme en étudiant et en s’encourageant chaleureusement les uns les autres dans les différentes langues pratiquées en Afrique. Cette année, l’examen se déroula pour la première fois dans la République des Seychelles, un archipel de 115 îles situées dans l’océan Indien, à quelque 1 300 kilomètres des côtes africaines. Quand j’ai appris cette nouvelle, j’ai joint mes mains en signe de respect et de reconnaissance, en songeant également aux efforts altruistes des nobles pratiquants du groupe Îles de la victoire [anciennement appelé groupe Îles lointaines] au Japon, qui célébra récemment le 45e anniversaire de sa création [le 7 octobre]. J’ai été particulièrement touché par le joyeux compte rendu d’activités d’un responsable de la SGI-Afrique du Sud qui a déclaré : « S’unir autour de l’étude en tant que Continent du XXIe siècle a été une grande victoire. » Partout dans le monde, nos amis bodhisattvas surgis de la Terre, dont beaucoup sont confrontés à d’incroyables défis, étudient avec sérieux et mettent en pratique des principes fondamentaux de transformation intérieure, tels que la « possession mutuelle des dix états » et les « trois milles mondes en un instant de vie ». Puisque tous les êtres humains incarnent la possession mutuelle des dix états, ils possèdent également le noble et suprême état de bouddha. Cet enseignement du bouddhisme de Nichiren fait profondément écho à l’ubuntu de la sagesse africaine. Il s’agit d’une philosophie mettant en valeur la compassion, la bonté intérieure et les interrelations entre tous les êtres humains, selon l’esprit « Je suis car tu es ». L’ancien président d’Afrique du Sud et indomptable champion des droits humains, Nelson Mandela (1918-2013), souligna l’importance de l’ubuntu. Pour résumer la philosophie de vie qu’il s’est forgée durant plus de vingt-sept années d’incarcération et au cours de sa lutte incessante pour les droits humains, il a déclaré : « La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher mais qu’on ne peut jamais éteindre1. » Cet esprit inébranlable consistant à respecter tous les peuples, tous les êtres humains, a fait tomber les murs terrifiants de l’apartheid, un système de discrimination raciale institutionnalisé. Un mouvement d’étude bouddhique florissant peut servir de puissante force motrice pour kosen rufu. Il y a soixante ans, la Soka Gakkai avait désigné l’année 1963 « Année de l’étude ». Dès le début de cette année-là, les examens d’entrée au département d’étude eurent lieu aux quatre coins du pays, avec la participation de près de 500 000 pratiquants de tous âges et horizons. Ce grand mouvement pour mettre en pratique la philosophie de la vie du bouddhisme de Nichiren par et pour les personnes ordinaires a nourri et enrichi de façon progressive et profonde la société japonaise. Cette année-là également, dans les mois précédant le mois de la fondation de la Soka Gakkai en novembre, j’ai voyagé au Japon pour donner des cours sur les écrits de Nichiren et encourager les pratiquants à se dresser dans l’action. J’ai appelé les pratiquants de Tohoku et de Shin’etsu à garder une foi forte pour apporter la paix à l’humanité. J’ai exhorté les pratiquants de Tokyo à consolider les fondations de la Soka Gakkai afin qu’elle se dresse à l’avenir et pour l’éternité. J’ai encouragé les pratiquants de Kanto à lutter en constituant le noyau de l’unité de notre mouvement. J’ai appelé les pratiquants de Tokaido à œuvrer joyeusement pour le bien de kosen rufu en s’appuyant sur l’esprit de respect mutuel. J’ai exhorté les pratiquants de Chugoku à développer leurs capacités afin d’aider toutes les personnes du Japon à trouver le bonheur. J’ai encouragé les pratiquants du Kansai à devenir les alliés de ceux qui souffrent et à avancer de manière à se faire connaître comme les « piliers du Japon ». J’ai exhorté les pratiquants de Shikoku à devenir des personnes de valeur qui possèdent la force de mille personnes, brûlant de la détermination d’apporter le bonheur à tous. J’ai appelé les pratiquants du Hokkaido à être des rois-lions qui gagnent la confiance de toutes les personnes ordinaires, en se projetant à dix ou vingt ans. J’ai encouragé les pratiquants de Chubu à incarner l’esprit de kosen rufu en soutenant un courant régulier de nouveaux responsables. J’ai exhorté les pratiquants de Kyushu à créer un nouvel élan afin de libérer la société de toutes les impasses qui l’entravent grâce à leurs efforts. Plus tôt cette année-là [en août 1963], j’ai également encouragé les pratiquants de Hokuriku à montrer que ceux qui ont foi dans le bouddhisme de Nichiren triomphent à coup sûr. Et l’année suivante, j’ai encouragé les pratiquants d’Okinawa à créer une terre de paix en développant avec énergie un mouvement de personnes ordinaires. À nouveau, aujourd’hui, je vous confie tous ces espoirs. À cette époque, il y a soixante ans, j’attendais beaucoup des activités menées par les membres du département des hommes. Dans mon éditorial de novembre 1963, paru dans notre mensuel d’étude, le Daibyakurenge, j’ai écrit que l’établissement d’une grande citadelle Soka des personnes ordinaires repose sur les épaules du département des hommes, et j’ai invité instamment ses membres à s’unir pour se consacrer à la grande tâche de kosen rufu, tout au long de leur vie. Quand les champions porteurs d’un défi courageux se dressent, ils peuvent changer l’époque et le cours de l’Histoire. Récemment, le département des hommes de la Bharat Soka Gakkai [Inde] m’a offert son chant, intitulé Que la lutte commence ! Il est dit dans l’un des couplets : Courageux champions, audacieux et forts,En ne faisant qu’un en esprit et en allant de l’avant,Ouvrez la voie grâce à votre prière intrépide. C’est l’illustration parfaite de ce qu’est un « cœur d’un roi-lion » ! La pluie de météoroïdes des Léonides doit illuminer le ciel autour du 18 novembre, date coïncidant à la fois avec le glorieux anniversaire de la fondation de la Soka Gakkai et le jour anniversaire du décès en prison de notre président fondateur Tsunesaburo Makiguchi pour ses convictions. Ce spectacle céleste atteindra son apogée au Japon le 18 novembre, en début d’après-midi. Comme si elles célébraient les bodhisattvas surgis de la Terre au cœur de roi-lion qui « surgirent au même instant » (cf. SdL-XV, 207) partout dans le monde, les milliers d’étoiles filantes des Léonides illumineront le ciel de leur lumière éblouissante. Cela me rappelle un jour anniversaire de la fondation de la Soka Gakkai particulièrement ensoleillé. C’était le 18 novembre 1978. La réunion générale des responsables avait eu lieu ce jour-là au centre culturel d’Arakawa, à Tokyo, une citadelle de « pratiquants inspirants 2 ». C’est à cette date que fut publié le dixième volume de mon roman La Révolution humaine, dans lequel je relate l’histoire de la lutte commune que mes chers compagnons du Kansai « toujours-victorieux » engagèrent à mes côtés. Dans le chapitre « Détermination » de ce volume, je rapporte les mots passionnés que mon maître, Josei Toda, prononça à l’occasion d’un cours d’étude dans le hall municipal de la ville de Nakanoshima 3, à Osaka [en 1956] : « Je suis ici parmi vous, à Osaka, pour vous donner un cours. Pourquoi ? Parce que je veux éliminer la maladie et la pauvreté à Osaka. C’est mon seul et unique souhait. » Pourquoi nous lançons-nous dans des activités ? Pourquoi soutenons-nous des personnes de valeur ? Afin de réaliser notre grand rêve d’éliminer la misère de la surface de la Terre. Dans les temps pionniers de notre mouvement, les pratiquants du Kansai ont fait leur l’esprit de M. Toda et ils ont lutté courageusement à mes côtés pour transformer leur destinée et celle de leur pays. Ils ont ainsi ouvert une brèche durant la campagne d’Osaka en accomplissant ce que personne ne pensait réalisable 4. C’est dans le hall municipal de Nakanoshima qu’eut lieu la première réunion générale des responsables de la Soka Gakkai en dehors de Tokyo. Je garde de bons souvenirs de cet événement, datant de décembre 1973, durant la deuxième « Année de l’étude » dans notre organisation. C’est également dans ce hall qu’eut lieu le rassemblement d’Osaka 5, incarnant l’invincible combativité de nos pratiquants. Cette année 1973 fut aussi appelée « Année de la jeunesse », et les jeunes pratiquants déployèrent alors de remarquables efforts. À cette époque, le prix du pétrole avait grimpé en flèche à cause de la guerre du Kippour (la quatrième guerre israélo-arabe) et des conditions météorologiques extrêmes avaient provoqué une crise alimentaire mondiale. Durant cette réunion générale, j’ai transmis cet extrait du traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays : « Quand un pays sombre dans le désordre, ce sont d’abord les esprits qui montrent des signes de dérèglement. Comme les esprits se dérèglent, tous les habitants du pays sombrent dans le chaos6. » (Écrits, 10) Cela signifie, en d’autres termes, que le désordre social est toujours le reflet des pensées et des esprits troublés des personnes qui composent la société. Dans ces périodes-là, il arrive souvent que les intérêts du pays prennent le pas sur la vie des personnes ordinaires et justifient une violence nourrie par la haine. Malheureusement, ce sont les personnes ordinaires, les mères et les enfants, qui supportent le poids de cette inversion des priorités. La situation est encore plus grave aujourd’hui. Par conséquent, en tant que personnes qui gardent la philosophie du respect de la vie du bouddhisme de Nichiren, développons notre mouvement avec la conviction que « rien ne procure plus de bonheur que la paix7 », et commençons par agir sur les lieux de nos missions respectives. De nombreux nouveaux groupes spécifiques furent également créés au sein de notre mouvement au Japon autour de cette année 1973. Il s’agit entre autres du groupe des Professionnels du monde de l’entreprise, du groupe des Cadres, du groupe des Grands Ensembles (l’actuel groupe Citadelles du bonheur), de la Pêche et de l’Agriculture, et des Communautés. Là où ils se trouvaient, les membres de ces groupes – champions et héros du monde 8 – ont brandi les valeurs bouddhiques, « mettre la foi en pratique dans la vie quotidienne », « le bouddhisme se manifeste dans la société », « changer le poison en remède » et « le bouddhisme signifie remporter la victoire ». Pendant cinquante ans, ils ont déployé des efforts en tant que pionniers afin d’être des modèles pour tous. Ma reconnaissance à leur égard est infinie. Dix ans ont passé depuis l’achèvement du Hall du Grand Vœu 9 pour kosen rufu. M. Toda nous encourageait souvent, en disant : « Soyez déterminés à ce que dans dix ans, chacun de vous puisse dire avec fierté qu’il est devenu la personne la plus heureuse au monde10. » C’est exactement ce que les pratiquants ont réalisé au cours de cette dernière décennie, en surmontant des montagnes de difficultés et en menant une vie heureuse pleine de victoires. Aujourd’hui, notre rassemblement de pratiquants unis par un vœu commun est présent dans 192 pays et territoires, avec près de 3 millions de pratiquants en dehors du Japon. Partout, ils montrent la merveilleuse preuve factuelle du bonheur par leur révolution humaine. En tant que bodhisattvas surgis de la Terre, ils dansent joyeusement sur la scène du monde – en Amérique du Nord, en Amérique centrale et du Sud, en Asie et en Océanie, en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Quels que soient les événements, les pratiquants du mouvement Soka sont unis solidement selon l’esprit « différents par le corps, un en esprit ». Avec la flamme du courage brûlant dans leur cœur, convaincus que « plus la nuit est obscure, plus l’aube est proche », ils continuent à aller de l’avant, illuminant avec éclat leur environnement par leurs actions. Rien ne me procure plus de bonheur que de voir les membres de notre mouvement dotés d’un tel rayonnement. Un jour, lors d’une interview, Harvey Cox, professeur émérite de la Harvard Divinity School, fit observer que la SGI participe à la résolution des problèmes urgents auxquels l’humanité est confrontée. Il déclara également que ce qui distingue notre mouvement bouddhiste de personnes ordinaires, c’est son engagement social. Il y voyait le reflet de notre engagement ferme à œuvrer non seulement pour notre bonheur personnel mais également pour celui de tous 11. La Soka Gakkai, qui défend la philosophie la plus profonde au monde en matière de bonheur humain, constitue le plus grand rassemblement mondial de personnes ordinaires que rien ne pourra détruire. Sur toute la planète, les fondations de notre jeune Soka Gakkai sont solides comme le roc. En rassemblant plus que jamais la passion et la puissance des jeunes bodhisattvas surgis de la Terre, élevons de grandes citadelles de personnes de valeur et cultivons des jardins de la paix toujours plus vastes pour créer des valeurs et conduire l’humanité au bonheur !