Janvier 2024

Étude bouddhique

Thème

Réflexions sur la NRH

Souvenirs de mes interprètes

Les interprètes ont une mission indispensable dans notre long voyage vers la réalisation de la paix mondiale. Ils sont des ponts qui relient les gens par le langage. Ce sont également des diplomates expérimentés qui élargissent le cercle de la compréhension et de l’amitié à travers le monde. On pourrait dire qu’ils sont les gardiens des échanges culturels authentiques. Pendant quarante ans, j’ai œuvré à répandre la philosophie et les idéaux du bouddhisme de Nichiren pour le bonheur de l’humanité et pour une paix durable. Durant cette période, j’ai été amplement soutenu par de nombreux interprètes remarquables alors que je m’efforçais de transmettre ma joie spirituelle à mes interlocuteurs. Je me souviens de chacune et chacun d’entre eux, sans exception, avec beaucoup d’affection. Certains n’étaient pas membres de la Soka Gakkai, comme Léon Strijak, qui était professeur agrégé à l’université d’État de Moscou en Russie, et Lin Liyun qui fut interprète lors de ma rencontre avec le premier Ministre chinois, Zhou Enlai. Leurs visages brillent dans mon esprit comme les rayons argentés de l’étoile du matin. Vladimir Kanef, qui fut mon interprète durant ma visite en Bulgarie en 1981, me fit forte impression. Âgé d’une trentaine d’années, ce diplômé de physique avait été appelé à la toute dernière minute. Comme il avait étudié au Japon et s’était lié d’amitié avec plusieurs membres de la Soka Gakkai, il me connaissait bien et était parfaitement informé de mes activités. Mon programme durant cette visite était extrêmement chargé mais M. Kanef ne se départit jamais de son sourire, et sa voix garda tout son éclat et sa chaleur tandis qu’il traduisait mes paroles. Je lui ai serré la main à de nombreuses reprises en lui exprimant ma profonde reconnaissance et, peu avant mon départ, je lui ai offert mon stylo-plume pour le remercier. On me rapporta qu’il avait dit humblement à l’un des membres de notre mouvement : « Ce stylo pèse très lourd. Il me fait sentir combien ma responsabilité est immense. » Ses mots témoignent de tout le rayonnement de sa personnalité, pareil à une étoile. Quand je me suis rendu au Brésil en février 1984, dix-huit ans après ma précédente visite, j’ai rencontré le président João Baptista de Oliveira Figueiredo, dans la capitale Brasilia. En fait, en cette occasion, c’est dans l’avion qui me menait au Brésil que j’ai trouvé mon interprète. Il s’agissait d’un Japonais travaillant pour la compagnie aérienne, qui se trouvait avec nous durant le vol. Nous avons entamé une conversation amicale et je lui ai demandé s’il accepterait d’être mon interprète lors de ma rencontre avec le président brésilien, car il n’y avait personne de prévu. Il m’a répondu que ce serait une énorme responsabilité, mais il a accepté avec plaisir. Le souhait bienveillant de propager largement les enseignements du bouddhisme de Nichiren nous amène inévitablement à nous déplacer dans le monde. Et cela nous a tout naturellement conduits à répondre à un besoin crucial : trouver de nombreux interprètes qualifiés. Mes dialogues sont de nature philosophique et intellectuelle. Il est donc parfois difficile pour les interprètes ne disposant pas d’une compréhension profonde du bouddhisme de communiquer mes véritables pensées et intentions. Quand le christianisme est devenu une religion universelle, de très nombreux interprètes de talent sont apparus. Dans notre mission de transmettre le bouddhisme de Nichiren dans le monde, nous aussi, pratiquants de la SGI, avons dû faire preuve de sagesse pour trouver la meilleure manière de procéder. J’ai pris conscience que j’aurais besoin d’interprètes pour m’aider dans mon travail. J’étais déterminé à en trouver et à les former pour établir un courant d’interprètes. J’ai offert des prières profondes et puissantes pour réaliser ce vœu. Et, j’ai découvert, les unes après les autres, de remarquables personnes de talent que j’ai encouragées et soutenues. Aujourd’hui, la SGI est dotée d’une grande équipe d’interprètes dans toutes les langues. Il y a vingt-cinq ans, j’ai engagé un dialogue avec l’historien de renom, Arnold J. Toynbee. Les grands esprits ont tendance à perdre patience lorsqu’ils se retrouvent face à des interprètes inexpérimentés. Combien de fois j’eus des sueurs froides quand nos interprètes perdaient pied et n’arrivaient plus à suivre le rythme de nos échanges. Ils disent qu’ils se souviennent encore à ce jour de leur supplice d’alors et des remords qu’ils ont éprouvés du fait de leur manque de qualification. La présence d’interprètes talentueux est directement liée à la progression du kosen rufu mondial. Parallèlement, nombreux sont ceux qui font l’éloge de nos interprètes pour leur finesse et leurs connaissances sur les sujets les plus divers. Je n’oublierai jamais ma troisième visite au Pérou, en février et mars 1984. Le dernier jour, j’étais invité à un déjeuner avec le président péruvien de l’époque, Fernando Belaúnde Terry. Mon interprète en cette occasion était Rosa Kishimoto, qui est actuellement la responsable du groupe des conseillers dans le département des femmes de la SGI-Pérou. Mme Kishimoto est une admirable pionnière qui contribua à établir les fondations du mouvement de la SGI au Pérou avec son défunt mari, Victor Kishimoto. Elle avait proposé de servir d’interprète peu avant ma venue. Le déjeuner était un événement public important auquel participaient le président et la première dame du pays, le Premier ministre et son épouse, des membres du cabinet, et des personnalités culturelles de haut rang. Même l’indomptable Mme Kishimoto était un peu crispée – au point que je lui ai demandé de se détendre. Mais une fois lancée, elle s’acquitta parfaitement de son rôle avec aplomb et dignité. La conversation aborda de nombreux thèmes, de la visite du président au Japon aux échanges culturels et universitaires entre les deux pays. Mme Kishimoto traduisit de manière remarquable. Sa voix était raffinée et confiante. On me rapporta que le secrétaire général du président lui avait exprimé ses remerciements tant il avait été impressionné par son très haut niveau de compétence. Quand je l’ai félicitée en la remerciant pour son excellent travail, son sourire étincelant exprima à la fois son soulagement et sa satisfaction. Mme Kishimoto est une Japonaise de la deuxième génération, née au Pérou. Quand la Seconde Guerre mondiale éclata, les conditions de vie de sa famille se dégradèrent au point qu’elle ne put poursuivre sa scolarité au-delà du primaire. Elle ne reçut aucune formation en tant qu’interprète. Mais, pendant de nombreuses années, elle a lu des journaux internationaux de qualité et acquit ainsi, au fil de ses lectures, de vastes connaissances. En plus de ses compétences linguistiques, elle comprenait sincèrement le cœur du peuple péruvien. Elle ne cessait de réfléchir à la meilleure manière de lui transmettre l’esprit du bouddhisme de Nichiren. Le secret pour une interprétation réussie, qui est aussi la quintessence de la communication humaine, ne consiste pas à simplement transmettre les mots mais à véhiculer l’esprit, l’essence même de ce qui est dit, pour relier un cœur à un autre. Le grand auteur Léon Tolstoï a écrit : « En ce qui concerne l’humanité, ce sont la bonté et la beauté qui unissent les êtres humains. » Aujourd’hui, la mission de la SGI consistant à unir l’humanité par la beauté lumineuse de la paix et de la culture brille avec encore plus d’éclat qu’auparavant. Et je suis animé par un profond sentiment de gratitude pour nos remarquables interprètes.

Paroles d'encouragement

Vers un avenir plein d’espoir avec les Écrits de Nichiren

Illuminer notre environnement et le monde avec la lumière de la confiance « Il est certain que la paix dans le monde et la stabilité du pays sont aujourd’hui le but du souverain comme de ses sujets et correspondent au désir de tous les habitants. Un pays parvient à la prospérité grâce à la Loi bouddhique et on voit que cette Loi est digne d’être révérée grâce à ceux qui la suivent. » Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays, Écrits, 20 En lien direct avec Nichiren, les membres de notre mouvement prient pour la paix mondiale et le bonheur de toute l’humanité dans un relais permanent, où il se trouve toujours quelque part dans le monde des pratiquants qui récitent le Gongyo du matin ou le Gongyo du soir. Les membres du département de l’Environnement 1 dans la Soka Gakkai au Japon fournissent des efforts exemplaires pour concrétiser l’idéal de Nichiren : l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays. En nous efforçant de créer des vies et des environnements qui soient une source d’inspiration pour tous, illuminons le monde en gagnant la confiance et en manifestant une brillante preuve factuelle. Vous êtes tous de grands trésors « Celui qui recueille des éloges ne craint pas de prendre de risques personnels mais, s’il est critiqué, il peut courir inconsidérément à sa propre perte. Telle est la voie des hommes du commun. » La réalité ultime de tous les phénomènes, Écrits, 389 Faire l’éloge des autres et les féliciter est au cœur du Sûtra du Lotus. Les écrits de Nichiren débordent de paroles chaleureuses pour ses disciples. La Soka Gakkai est un monde de confiance et de réconfort sans pareil où les membres s’encouragent et s’applaudissent mutuellement. Nous ne sous-estimons jamais les efforts invisibles et dévoués de ceux qui ne ménagent pas leurs efforts derrière la scène, sous le regard bienveillant du bouddha de l’époque de la Fin de la Loi. Tous sont des grands trésors. En cette époque pleine de paroles haineuses qui calomnient et rabaissent les autres, ayons la force de partager et de diffuser des paroles bienveillantes qui, au contraire, les respectent et les élèvent ! Éveillons la nature de bouddha présente dans la vie de chaque être humain !

Étude bouddhique

Établir des citadelles de personnes de valeur et des jardins de la paix à travers le monde

Le désir d’apprendre est puissant et magnifique. Dans l’une de ses lettres, Nichiren fait l’éloge de Myoichi-nyo pour son esprit de recherche, qui l’amène à poser des questions sur la doctrine de l’atteinte de la bouddhéité sans changer d’apparence. Il lui écrit même : « [Ce] n’est certainement pas une chose ordinaire. Le bouddha Shakyamuni, seigneur des enseignements, est-il entré dans votre cœur ? » (WND-II, 892) En cette « Année de la jeunesse et du triomphe », des activités et des voyages d’étude ont été organisés si largement dans le Japon et le monde que l’année 2023 aurait également pu être appelée « Année de l’étude dans le monde ». Cela réjouirait à coup sûr Nichiren ! Le mois dernier, la sixième session d’activité d’étude bouddhique a eu lieu en Afrique, sur le « Continent de l’espoir », illustrant ainsi l’importance accordée à l’étude au niveau mondial. Animés d’un fervent esprit de recherche, des pratiquants de 28 pays africains – dont la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Cameroun, le Kenya, Madagascar et la Zambie – y ont participé. Ces activités d’étude eurent lieu pour la première fois en 2016 et, après une interruption de deux ans en raison de la pandémie du Covid-19, elles ont repris l’année dernière. Les pratiquants peuvent ainsi approfondir leur compréhension du bouddhisme en étudiant et en s’encourageant chaleureusement les uns les autres dans les différentes langues pratiquées en Afrique. Cette année, l’examen se déroula pour la première fois dans la République des Seychelles, un archipel de 115 îles situées dans l’océan Indien, à quelque 1 300 kilomètres des côtes africaines. Quand j’ai appris cette nouvelle, j’ai joint mes mains en signe de respect et de reconnaissance, en songeant également aux efforts altruistes des nobles pratiquants du groupe Îles de la victoire [anciennement appelé groupe Îles lointaines] au Japon, qui célébra récemment le 45e anniversaire de sa création [le 7 octobre]. J’ai été particulièrement touché par le joyeux compte rendu ­d’activités d’un responsable de la SGI-Afrique du Sud qui a déclaré : « S’unir autour de l’étude en tant que Continent du XXIe siècle a été une grande victoire. » Partout dans le monde, nos amis bodhisattvas surgis de la Terre, dont beaucoup sont confrontés à d’incroyables défis, étudient avec sérieux et mettent en pratique des principes fondamentaux de transformation intérieure, tels que la « possession mutuelle des dix états » et les « trois milles mondes en un instant de vie ». Puisque tous les êtres humains incarnent la possession mutuelle des dix états, ils possèdent également le noble et suprême état de bouddha. Cet enseignement du bouddhisme de Nichiren fait profondément écho à l’ubuntu de la sagesse africaine. Il s’agit d’une philosophie mettant en valeur la compassion, la bonté intérieure et les interrelations entre tous les êtres humains, selon l’esprit « Je suis car tu es ». L’ancien président d’Afrique du Sud et indomptable champion des droits humains, Nelson Mandela (1918-2013), souligna l’importance de l’ubuntu. Pour résumer la philosophie de vie qu’il s’est forgée durant plus de vingt-sept années d’incarcération et au cours de sa lutte incessante pour les droits humains, il a déclaré : « La bonté de l’homme est une flamme qu’on peut cacher mais qu’on ne peut jamais éteindre1. » Cet esprit inébranlable consistant à respecter tous les peuples, tous les êtres humains, a fait tomber les murs terrifiants de l’apartheid, un système de discrimination raciale institutionnalisé. Un mouvement d’étude bouddhique florissant peut servir de puissante force motrice pour kosen rufu. Il y a soixante ans, la Soka Gakkai avait désigné l’année 1963 « Année de l’étude ». Dès le début de cette année-là, les examens d’entrée au département d’étude eurent lieu aux quatre coins du pays, avec la participation de près de 500 000 pratiquants de tous âges et horizons. Ce grand mouvement pour mettre en pratique la philosophie de la vie du bouddhisme de Nichiren par et pour les personnes ordinaires a nourri et enrichi de façon progressive et profonde la société japonaise. Cette année-là également, dans les mois précédant le mois de la fondation de la Soka Gakkai en novembre, j’ai voyagé au Japon pour donner des cours sur les écrits de Nichiren et encourager les pratiquants à se dresser dans l’action. J’ai appelé les pratiquants de Tohoku et de Shin’etsu à garder une foi forte pour apporter la paix à l’humanité. J’ai exhorté les pratiquants de Tokyo à consolider les fondations de la Soka Gakkai afin qu’elle se dresse à l’avenir et pour l’éternité. J’ai encouragé les pratiquants de Kanto à lutter en constituant le noyau de l’unité de notre mouvement. J’ai appelé les pratiquants de Tokaido à œuvrer joyeusement pour le bien de kosen rufu en s’appuyant sur l’esprit de respect mutuel. J’ai exhorté les pratiquants de Chugoku à développer leurs capacités afin d’aider toutes les personnes du Japon à trouver le bonheur. J’ai encouragé les pratiquants du Kansai à devenir les alliés de ceux qui souffrent et à avancer de manière à se faire connaître comme les « piliers du Japon ». J’ai exhorté les pratiquants de Shikoku à devenir des personnes de valeur qui possèdent la force de mille personnes, brûlant de la détermination d’apporter le bonheur à tous. J’ai appelé les pratiquants du Hokkaido à être des rois-lions qui gagnent la confiance de toutes les personnes ordinaires, en se projetant à dix ou vingt ans. J’ai encouragé les pratiquants de Chubu à incarner l’esprit de kosen rufu en soutenant un courant régulier de nouveaux responsables. J’ai exhorté les pratiquants de Kyushu à créer un nouvel élan afin de libérer la société de toutes les impasses qui l’entravent grâce à leurs efforts. Plus tôt cette année-là [en août 1963], j’ai également encouragé les pratiquants de Hokuriku à montrer que ceux qui ont foi dans le bouddhisme de Nichiren triomphent à coup sûr. Et l’année suivante, j’ai encouragé les pratiquants d’Okinawa à créer une terre de paix en développant avec énergie un mouvement de personnes ordinaires. À nouveau, aujourd’hui, je vous confie tous ces espoirs. À cette époque, il y a soixante ans, j’attendais beaucoup des activités menées par les membres du département des hommes. Dans mon éditorial de novembre 1963, paru dans notre mensuel d’étude, le Daibyakurenge, j’ai écrit que l’établissement d’une grande citadelle Soka des personnes ordinaires repose sur les épaules du département des hommes, et j’ai invité instamment ses membres à s’unir pour se consacrer à la grande tâche de kosen rufu, tout au long de leur vie. Quand les champions porteurs d’un défi courageux se dressent, ils peuvent changer l’époque et le cours de l’Histoire. Récemment, le département des hommes de la Bharat Soka Gakkai [Inde] m’a offert son chant, intitulé Que la lutte commence ! Il est dit dans l’un des couplets : Courageux champions, audacieux et forts, En ne faisant qu’un en esprit et en allant de l’avant, Ouvrez la voie grâce à votre prière intrépide. C’est l’illustration parfaite de ce qu’est un « cœur d’un roi-lion » ! La pluie de météoroïdes des Léonides doit illuminer le ciel autour du 18 novembre, date coïncidant à la fois avec le glorieux anniversaire de la fondation de la Soka Gakkai et le jour anniversaire du décès en prison de notre président fondateur Tsunesaburo Makiguchi pour ses convictions. Ce spectacle céleste atteindra son apogée au Japon le 18 novembre, en début d’après-midi. Comme si elles célébraient les bodhisattvas surgis de la Terre au cœur de roi-lion qui « surgirent au même instant » (cf. SdL-XV, 207) partout dans le monde, les milliers d’étoiles filantes des Léonides illumineront le ciel de leur lumière éblouissante. Cela me rappelle un jour anniversaire de la fondation de la Soka Gakkai particulièrement ensoleillé. C’était le 18 novembre 1978. La réunion générale des responsables avait eu lieu ce jour-là au centre culturel d’Arakawa, à Tokyo, une citadelle de « pratiquants inspirants 2 ». C’est à cette date que fut publié le dixième volume de mon roman La Révolution humaine, dans lequel je relate l’histoire de la lutte commune que mes chers compagnons du Kansai « toujours-victorieux » engagèrent à mes côtés. Dans le chapitre « Détermination » de ce volume, je rapporte les mots passionnés que mon maître, Josei Toda, prononça à l’occasion d’un cours d’étude dans le hall municipal de la ville de Nakanoshima 3, à Osaka [en 1956] : « Je suis ici parmi vous, à Osaka, pour vous donner un cours. Pourquoi ? Parce que je veux éliminer la maladie et la pauvreté à Osaka. C’est mon seul et unique souhait. » Pourquoi nous lançons-nous dans des activités ? Pourquoi soutenons-nous des personnes de valeur ? Afin de réaliser notre grand rêve d’éliminer la misère de la surface de la Terre. Dans les temps pionniers de notre mouvement, les pratiquants du Kansai ont fait leur l’esprit de M. Toda et ils ont lutté courageusement à mes côtés pour transformer leur destinée et celle de leur pays. Ils ont ainsi ouvert une brèche durant la campagne d’Osaka en accomplissant ce que personne ne pensait réalisable 4. C’est dans le hall municipal de Nakanoshima qu’eut lieu la première réunion générale des responsables de la Soka Gakkai en dehors de Tokyo. Je garde de bons souvenirs de cet événement, datant de décembre 1973, durant la deuxième « Année de l’étude » dans notre organisation. C’est également dans ce hall qu’eut lieu le rassemblement d’Osaka 5, incarnant l’invincible combativité de nos pratiquants. Cette année 1973 fut aussi appelée « Année de la jeunesse », et les jeunes pratiquants déployèrent alors de remarquables efforts. À cette époque, le prix du pétrole avait grimpé en flèche à cause de la guerre du Kippour (la quatrième guerre israélo-arabe) et des conditions météorologiques extrêmes avaient provoqué une crise alimentaire mondiale. Durant cette réunion générale, j’ai transmis cet extrait du traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays : « Quand un pays sombre dans le désordre, ce sont d’abord les esprits qui montrent des signes de dérèglement. Comme les esprits se dérèglent, tous les habitants du pays sombrent dans le chaos6. » (Écrits, 10) Cela signifie, en d’autres termes, que le désordre social est toujours le reflet des pensées et des esprits troublés des personnes qui composent la société. Dans ces périodes-là, il arrive souvent que les intérêts du pays prennent le pas sur la vie des personnes ordinaires et justifient une violence nourrie par la haine. Malheureusement, ce sont les personnes ordinaires, les mères et les enfants, qui supportent le poids de cette inversion des priorités. La situation est encore plus grave aujourd’hui. Par conséquent, en tant que personnes qui gardent la philosophie du respect de la vie du bouddhisme de Nichiren, développons notre mouvement avec la conviction que « rien ne procure plus de bonheur que la paix7 », et commençons par agir sur les lieux de nos missions respectives. De nombreux nouveaux groupes spécifiques furent également créés au sein de notre mouvement au Japon autour de cette année 1973. Il s’agit entre autres du groupe des Professionnels du monde de l’entreprise, du groupe des Cadres, du groupe des Grands Ensembles (l’actuel groupe Citadelles du bonheur), de la Pêche et de l’Agriculture, et des Communautés. Là où ils se trouvaient, les membres de ces groupes – champions et héros du monde 8 – ont brandi les valeurs bouddhiques, « mettre la foi en pratique dans la vie quotidienne », « le bouddhisme se manifeste dans la société », « changer le poison en remède » et « le bouddhisme signifie remporter la victoire ». Pendant cinquante ans, ils ont déployé des efforts en tant que pionniers afin d’être des modèles pour tous. Ma reconnaissance à leur égard est infinie. Dix ans ont passé depuis l’achèvement du Hall du Grand Vœu 9 pour kosen rufu. M. Toda nous encourageait souvent, en disant : « Soyez déterminés à ce que dans dix ans, chacun de vous puisse dire avec fierté qu’il est devenu la personne la plus heureuse au monde10. » C’est exactement ce que les pratiquants ont réalisé au cours de cette dernière décennie, en surmontant des montagnes de difficultés et en menant une vie heureuse pleine de victoires. Aujourd’hui, notre rassemblement de pratiquants unis par un vœu commun est présent dans 192 pays et territoires, avec près de 3 millions de pratiquants en dehors du Japon. Partout, ils montrent la merveilleuse preuve factuelle du bonheur par leur révolution humaine. En tant que bodhisattvas surgis de la Terre, ils dansent joyeusement sur la scène du monde – en Amérique du Nord, en Amérique centrale et du Sud, en Asie et en Océanie, en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Quels que soient les événements, les pratiquants du mouvement Soka sont unis solidement selon l’esprit « différents par le corps, un en esprit ». Avec la flamme du courage brûlant dans leur cœur, convaincus que « plus la nuit est obscure, plus l’aube est proche », ils continuent à aller de l’avant, illuminant avec éclat leur environnement par leurs actions. Rien ne me procure plus de ­bonheur que de voir les membres de notre mouvement dotés d’un tel rayonnement. Un jour, lors d’une interview, Harvey Cox, professeur émérite de la Harvard Divinity School, fit observer que la SGI participe à la résolution des problèmes urgents auxquels l’humanité est confrontée. Il déclara également que ce qui distingue notre mouvement bouddhiste de personnes ordinaires, c’est son engagement social. Il y voyait le reflet de notre engagement ferme à œuvrer non seulement pour notre bonheur personnel mais également pour celui de tous 11. La Soka Gakkai, qui défend la philosophie la plus profonde au monde en matière de bonheur humain, constitue le plus grand rassemblement mondial de personnes ordinaires que rien ne pourra détruire. Sur toute la planète, les fondations de notre jeune Soka Gakkai sont solides comme le roc. En rassemblant plus que jamais la passion et la puissance des jeunes bodhisattvas surgis de la Terre, élevons de grandes citadelles de personnes de valeur et cultivons des jardins de la paix toujours plus vastes pour créer des valeurs et conduire ­l’humanité au bonheur !

Messages SGI

Changeons le destin de l’humanité tout entière !

À chacune et à chacun d’entre vous, mes précieux compagnons, je tiens à exprimer ma plus profonde gratitude pour vos nobles, courageux et inlassables efforts, qui nous ont permis de célébrer avec fierté le 10e anniversaire de l’inauguration du Hall du Grand Vœu pour kosen rufu en ce mois de la fondation de la Soka Gakkai, ainsi que l’anniversaire du décès en prison de notre premier président fondateur, Tsunesaburo Makiguchi. Pour marquer le coup d’envoi de l’année 2024 – « Année du nouveau départ pour une Soka Gakkai jeune dans le monde entier » –, j’aimerais vous présenter trois calligraphies encadrées, qui expriment ma profonde reconnaissance ainsi que mes espoirs. La première calligraphie s’intitule « Compagnons pratiquants du monde entier ». Durant les dix ans qui se sont écoulés depuis l’achèvement du Hall du Grand Vœu pour kosen rufu, notre mouvement pour la paix, la culture et l’éducation a progressé de manière absolument remarquable. C’est grâce aux citoyennes et citoyens du monde, qui forment le mouvement Soka dans 192 pays et territoires, et s’unissent dans la prière avec kosen rufu pour vœu commun, en agissant selon le principe « différents par le corps, un en esprit ». En effet, le nombre des pratiquants de notre mouvement autour du globe, en dehors du Japon, est passé de 1,75 million en 2013 à près de 3 millions aujourd’hui. Quand j’y repense, 3 millions, c’est aussi le nombre de familles pratiquantes que mon maître, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, m’avait fixé comme objectif pour la prochaine grande étape de notre mouvement de kosen rufu au Japon, après que nous eûmes accompli le rêve de sa vie, à savoir partager la pratique du bouddhisme de Nichiren avec 750 000 familles [à la fin de l’année 1957]. Il m’a dit : « Daisaku, te sens-tu capable de faire passer le nombre de familles pratiquantes à 3 millions dans les sept ans à venir ? » Je lui ai promis de le faire, en déclarant : « À cette idée, je sens jaillir en moi un courage accru. Je réaliserai absolument cet objectif1. » Grâce aux efforts conjugués de tous ses disciples, nous avons atteint ce but en cinq ans seulement, plutôt qu’en sept. Aujourd’hui, nous avons fait apparaître une magnifique forêt de Tours aux trésors – les « Compagnons pratiquants du monde entier », soit près de 3 millions de personnes qui se lancent le défi d’accomplir leur révolution humaine. C’est avec une grande fierté que je fais part, aujourd’hui, de cette réussite à Nichiren, le bouddha de l’époque de la Fin de la Loi, et aux présidents Makiguchi et Toda, devant le Joju Gohonzon de la Soka Gakkai, portant l’inscription « Pour la réalisation du grand vœu de kosen rufu par la propagation bienveillante de la Grande Loi ». La deuxième calligraphie s’intitule « Paix mondiale ». Il y a sept cent cinquante ans [en 1273], alors qu’il traversait la terrible épreuve de l’exil sur l’île de Sado, Nichiren écrit dans la lettre Sur la pratique telle que le Bouddha l’enseigne : « Quand tous les êtres humains réciteront Nam-myoho-renge-kyo, le vent ne tourmentera plus les branches et la pluie ne brisera plus les mottes de terre. Le monde redeviendra ce qu’il était à l’époque de Fu Xi et de Shen Nong2. Dans leur existence présente, les gens seront libérés du malheur et des désastres et apprendront l’art de mener de longues vies. Soyez conscients que le moment viendra où sera révélée cette vérité, à savoir que la personne [du Bouddha] comme la Loi sont sans âge et éternelles3. » Notre récitation de Nam-myoho-renge-kyo est le son ultime du respect de la dignité de la vie et de l’harmonie universelle. C’est la force motrice fondamentale pour parvenir à la sécurité des pays et à la paix mondiale. Le regard tourné vers l’avenir éternel de l’époque de la Fin de la Loi, Nichiren nous a enseigné la grande voie du dialogue pour réaliser la paix et la prospérité véritables en tout lieu, sur la base des principes du bouddhisme, qui célèbrent la vie. Les trois présidents fondateurs de la Soka Gakkai et leurs disciples ont suivi cette voie avec le cœur d’un roi-lion. Aujourd’hui, notre Soka Gakkai jeune dans le monde entier est un grand mouvement qui change le destin de toute l’humanité. Nos membres débordent de la force vitale illimitée du soleil du temps sans commencement, appliquent le principe de transformation des « trois mille mondes en un instant de vie » et demeurent inébranlables dans leur conviction selon laquelle « un grand mal est suivi d’un grand bien4». Il est merveilleux que vous, les jeunes du mouvement Soka qui partagez mon esprit et êtes liés par de profonds liens karmiques, ayez choisi d’être ici au moment de ce nouveau départ. Je prie pour que vous fassiez retentir les cloches de l’espoir pour le triomphe de la paix aujourd’hui et à l’avenir. Je suis convaincu que vous y parviendrez. La troisième calligraphie s’intitule « Nous sommes les compagnons de la citadelle du bonheur ». Il s’agit d’une calligraphie que j’ai présentée à l’origine aux pratiquants de l’arrondissement de Shinjuku à Tokyo, où se trouve le siège et principal bastion de la Soka Gakkai. Elle vient d’être montée et encadrée. Selon le Sûtra du Lotus, les bodhisattvas surgis de la Terre que nous sommes sont tous « accompagnés de foules égales aux grains de sable de soixante mille Gange5 ». Puisque nous sommes des bodhisattvas surgis de la Terre, nous ferons apparaître en ce monde de nombreux amis partageant les mêmes idées 6. On lit aussi dans le Sûtra du Lotus que « les germes de boud­dhéité croissent en s’appuyant sur la causalité [ou les causes externes et connexions]7 ». Pendant les sept années qui nous séparent de notre centenaire [en 2030], puisons toujours plus de sagesse pour aider les gens à former un lien avec le bouddhisme de Nichiren. Éveillons un nombre encore plus grand de personnes dans le monde à leur nature de bouddha. Et invitons joyeusement et courageusement de nombreux nouveaux amis à se joindre à nous dans la citadelle du bonheur, au sein de laquelle nous pourrons briller ensemble de l’éclat de la sagesse et de la compassion. « La vie est limitée ; nous ne devons pas la donner à contrecœur. En définitive, le but auquel nous devons aspirer est la Terre de bouddha8. » En comprenant que ces derniers mots signifient « ce à quoi nous devrions finalement aspirer, c’est à kosen rufu et à la paix mondiale », gravons ce message de Nichiren au fond de notre cœur !

Podcast "Sème la joie"