Septembre 2024

Étude bouddhique

Thème

Messages SGI

Chérir chaque personne à travers les réunions de discussion, les visites à domicile et les encouragements personnels

Je vous adresse toutes mes félicitations à l’occasion de la deuxième réunion générale des responsables et de la réunion générale du Kansai célébrant le 3 mai, Jour de la Soka Gakkai et Jour des mères de la Soka Gakkai. Sont présents aujourd’hui 128 membres venus de 17 pays et territoires. Accueillons-les chaleureusement, en témoignage de notre reconnaissance pour le long voyage qu’ils ont effectué pour être parmi nous. Entre les mois de janvier et mars de cette année, les groupes du Japon se sont lancé un défi dans leurs activités, avec pour thème « Nouveau départ pour une Soka Gakkai jeune dans le monde entier », en organisant des réunions de discussion dynamiques centrées sur la jeunesse. En outre, les membres du département de la jeunesse du Japon ont participé au Mirai [Futur] Action Festival au mois de mars 1, précédant le Sommet du futur parrainé par l’ONU [prévu pour septembre 2024], dont l’un des objectifs et des engagements est de promouvoir les objectifs de développement durable (ODD). Je tiens à remercier et féliciter chacune et chacun d’entre vous pour le brillant succès de ces activités qui annoncent fièrement l’avènement d’une nouvelle ère ! Ce qui est crucial, c’est l’action que nous mènerons à partir de maintenant. Les ODD constituent une préoccupation urgente pour nous tous, ils ne sont pas distincts de notre vie quotidienne. Les réunions de discussion, les visites à domicile et les encouragements personnels que nous organisons jour après jour et mois après mois sont l’exemple même d’une société durable, diversifiée et inclusive, où personne n’est laissé-pour-compte. Utilisons nos réunions de discussion mensuelles, nos visites quotidiennes à domicile et nos encouragements individuels pour renforcer et enrichir les liens que nous avons forgés dans le cadre de nos activités lancées autour de notre slogan « Nouveau départ » et, ce faisant, permettons aux jeunes de renforcer leur compréhension et leur attrait pour notre mouvement.   Hiroshi Kainuma, professeur agrégé de l’Initiative interfacultés des sciences de l’information de l’Université de Tokyo, est un sociologue qui a interviewé un certain nombre de pratiquants de la Soka Gakkai dans le cadre de son étude de notre tradition de réunions de discussion, de visites à domicile et d’encouragements personnels. Dans un article qu’il a publié dans le journal Seikyo, il fait ce commentaire : « La force de la Soka Gakkai réside dans le fait qu’elle organise des réunions de discussion considérées comme une activité naturelle essentielle, la plus grande importance étant accordée au fait même de se réunir. » Il reconnaît également la grande valeur des visites à domicile et des encouragements personnels : « Bien que la Soka Gakkai encourage autant de pratiquants que possible à participer à ses activités, je ne pense pas qu’elle aurait connu une telle croissance si elle n’avait pas été une organisation inclusive, c’est-à-dire qui se soucie aussi bien des personnes qui y participent que de celles qui ne peuvent pas y participer. » Il conclut : « Dans la société japonaise d’après-guerre, la majorité des organisations religieuses et même des entreprises n’ont pas réussi à maintenir leurs activités et, au fil du temps, elles ont fini par décliner puis disparaître. En revanche, chaque fois que la Soka Gakkai a été confrontée à un problème de société, comme les catastrophes naturelles ou la pandémie de Covid-19, elle a adapté ses activités en fonction de la situation et a évolué. Cette capacité de résilience est la grande force de la Soka Gakkai. » À l’heure actuelle, dans nos efforts pour entraîner les jeunes générations et renforcer leur attrait pour notre mouvement, relever le défi de notre époque signifie trouver des moyens d’adapter nos réunions de discussion traditionnelles, nos visites à domicile et nos encouragements personnels pour répondre aux exigences du temps présent. Depuis quelques années, l’importance de « proposer un récit » fait l’objet de nombreux débats, même si cela donne lieu à des interprétations différentes selon les domaines. « Récit » et « histoire » ont des significations différentes, une histoire ne change pas, peu importe la personne qui la raconte, tandis qu’un récit est une description de ce que ressent le narrateur lorsqu’il vit les événements et de la signification qu’il leur donne. Ainsi, un même événement peut produire autant de récits qu’il y a de personnes impliquées. Une des caractéristiques de la jeune génération actuelle est l’importance qu’elle accorde à l’authenticité dans son évaluation des personnes et des organisations. En d’autres termes, il importe pour elle de sentir si quelqu’un est authentique ou s’il a des intentions cachées. C’est la raison pour laquelle, plus qu’une histoire parfaitement conçue, un récit qui révèle le véritable moi d’une personne, y compris ses vulnérabilités et ses échecs, tout en racontant ses expériences réelles uniques, touche les jeunes, lesquels valorisent l’authenticité. En conservant cela à l’esprit, nous devons prêter une attention particulière au fait de savoir si les expériences et les comptes rendus d’activités présentés lors des réunions de discussion, des visites à domicile, des encouragements personnels et d’autres réunions sont des récits ou des histoires. Nous avons eu tendance à nous concentrer avant tout sur les résultats, alors que si nous évoquons le cheminement, le processus, et partageons notre vécu – nos pensées, notre ressenti – tout au long de ce même processus, les auditeurs seront davantage en mesure de s’identifier et d’être touchés par notre expérience réelle. Et même lorsque nous n’avons pas obtenu de résultats tangibles ou que nous n’avons pas encore atteint notre objectif initial, le défi représente lui-même la valeur. Lors d’une conférence organisée par la Soka Gakkai à Kyoto, Yoko Yamada, professeure émérite spécialisée dans la psychologie du développement au cours de la vie 2 et la psychologie narrative à l’Université de Kyoto, a déclaré qu’elle admirait la pratique de la Soka Gakkai consistant à employer « l’approche narrative », c’est-à-dire à utiliser le processus du dialogue pour permettre à chaque personne de transformer son histoire de vie en une histoire positive et de créer ainsi un nouveau sens pour elle-même. Le dialogue est l’élément essentiel qui anime nos réunions de discussion, nos visites à domicile et nos encouragements personnels. Il incarne l’esprit fondamental de la Soka Gakkai consistant à chérir chaque individu. À ce sujet, de nombreux chapitres essaient actuellement de nouvelles approches, procédant par empirisme, en fonction de la situation propre à chaque communauté locale : par exemple, au sein de petits groupes de discussion qui abordent des sujets très spécifiques, où chaque participant a l’occasion de s’exprimer. Continuons d’utiliser notre créativité pour innover, tout en apprenant de la sagesse des jeunes générations et en prenant en compte leurs idées de manière proactive.   Un an après avoir quitté son poste de président de la Soka Gakkai, le président Ikeda, alors en visite dans le Kansai le 3 mai 1980, s’exclama : « Oh, “ciel toujours victorieux”, le ciel du Kansai. Notre trésor éternel du 3 mai. » Dans l’édition de mai du Daibyakurenge de la même année, dans un essai intitulé « Notre trésor éternel : le 3 mai », il écrivit : « Sur cet imposant sommet de kosen rufu, le 3 mai, faisons le serment avec nos camarades d’avancer avec audace dans la foi, la pratique et l’étude. Avec reconnaissance pour le développement, les réalisations et les efforts des membres, je prie pour que le 3 mai soit notre trésor éternel. » En tant que disciples du président Ikeda unis par le serment de poursuivre kosen rufu et notre propre révolution humaine, fidèles au concept de cohésion selon le principe de « différents par le corps, un en esprit », faisons du 3 mai notre trésor éternel. Tels étaient le vœu et la prière du président Ikeda. Nichiren écrit : « Les disciples du Bouddha doivent absolument comprendre les quatre dettes de reconnaissance et savoir comment s’en acquitter. » (Sur l’ouverture des yeux, Écrits, 231). Entamons le dialogue avec courage pour semer partout les graines du bouddhisme afin de nous acquitter de notre grande dette de reconnaissance envers le président Ikeda. (Paru dans le numéro du 21 avril 2024 du journal Seikyo, le quotidien de la Soka Gakkai)

Réflexions sur la NRH

La faculté Soka pour jeunes femmes – une magnifique citadelle de l’éducation féminine

La faculté Soka pour jeunes femmes est un lieu où, durant sa jeunesse, chaque étudiante peut établir les fondations qui lui permettront de goûter la victoire tout au long de sa vie. En ouvrant la porte de la classe, j’ai été accueilli par les sourires lumineux et les salutations joyeuses des jeunes femmes présentes. Le 1er octobre 2002, j’ai visité la Salle 101 de la faculté Soka pour jeunes femmes [une faculté située sur le campus de l’université Soka à Hachioji, dans l’agglomération de Tokyo, qui propose des formations universitaires de deux ans]. Le président de cette faculté, Katsuhiko Fukushima, me suggéra de visiter une classe et d’avoir un échange avec des étudiantes. Avec l’aimable permission du Pr Tadashi Kanai, leur enseignant et directeur académique, j’ai abordé brièvement avec elles les thèmes du savoir, de la vie et du bonheur. J’avais choisi de m’appuyer sur le roman Une vie, de Guy de Maupassant (1850-1893), qui raconte le parcours d’une femme depuis la fin de son adolescence jusqu’à ses vieux jours. J’espérais avoir ainsi l’occasion de dialoguer avec ces étudiantes, appelées à ouvrir la voie du siècle des femmes, de la philosophie permettant de mener une vie véritablement victorieuse. « C’est en escaladant les montagnes, en franchissant les vallées et les sommets dangereux de la vie, sans jamais reculer, avec intégrité et courage, que l’on trouve le bonheur », ai-je déclaré en guise d’introduction. Je souhaitais graver dans le cœur de chacune d’entre elles une compréhension juste de la vie, loin de toute notion abstraite ou superficielle. Le grand auteur et philosophe Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) a déclaré qu’il n’existe pas de véritable bonheur sans véritable sagesse ou bon sens. J’ai également dit aux jeunes femmes présentes, pour qui je ressentais autant de respect que s’il s’agissait de mes propres filles : « La société est composée de toutes sortes de personnes : on y trouve des personnes malveillantes qui cherchent à affaiblir et duper les gens ; et aussi des personnes arrogantes pleines de mépris et de dédain. Nous étudions pour triompher de tels individus, réussir tout ce que nous entreprenons et mener une vie épanouie. » Certaines étudiantes acquiesçaient en hochant la tête, les yeux brillant d’intelligence, d’autres s’appliquaient à prendre des notes. À maintes reprises, des rires joyeux et spontanés résonnèrent dans la salle. Cette scène illustre parfaitement cette remarque de la philo­sophe française Simone Weil (1909-1943) : « L’intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. La joie d’apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs 1. » Mon épouse, assise dans un coin de la classe, les regardait en souriant avec bienveillance. Quel cœur magnifique que celui des étudiantes de la faculté Soka pour jeunes femmes ! J’ai proposé de créer cette faculté en juillet 1969. En prélude à ce projet, nous avons inauguré quatre ans plus tard, en 1973, les collège et lycée Soka pour jeunes filles du Kansai, dans la ville de Katano, près d’Osaka. Avec l’objectif de créer ensuite une faculté pour jeunes femmes, nous avons entrepris d’établir un exemple et une tradition en matière d’éducation féminine. En 1982, en prenant en compte les changements de l’époque et après mûre réflexion, il fut décidé de changer les lycées Soka au Kansai et à Tokyo [qui étaient à l’origine des institutions pour garçons] en établissements mixtes. Cependant, j’étais résolu à créer une faculté spéciale pour les jeunes femmes qui répandrait une lumière nouvelle et revitalisante au cœur de l’atmosphère froide, impersonnelle et compétitive qui régnait dans la société japonaise. Le grand maître de l’éducation pour la création de valeurs, le président fondateur de la Soka Gakkai, Tsunesaburo Makiguchi, croyait fermement que les femmes seraient les bâtisseuses d’une société idéale à l’avenir. À l’aube du XXe siècle, il a été l’un des premiers au Japon à lancer des cours par correspondance spécialement destinés aux femmes. À cet égard, la faculté Soka pour jeunes femmes concrétisait la vision du président Makiguchi en offrant une éducation spécialisée pour les femmes. Nous avons décidé que cette faculté serait inaugurée au moment opportun pour pouvoir accueillir les diplômées de la première promotion des lycées mixtes Soka. Ce fut donc le 9 avril 1985, alors que les fleurs de cerisiers embellissaient tout le campus, que la faculté Soka pour jeunes femmes, une institution destinée à développer le potentiel éclatant de chaque étudiante, organisa sa première cérémonie d’entrée. Les 373 membres brillantes et enthousiastes qui composaient la première promotion, chacune dotée d’une grande mission, se réunirent dans le gymnase flambant neuf de la faculté. Les écharpes de couleur vert émeraude que mon épouse et moi avions offertes à chaque étudiante pour célébrer leur entrée dans l’établissement ressortaient avec éclat sur leurs chemisiers blancs. Intérieurement, je joignis mes mains en signe de respect et leur dis : « Merci d’avoir choisi la faculté que j’ai fondée. » Mon épouse et moi avons exprimé notre détermination à toujours faire tout notre possible pour soutenir ces étudiantes, comme si elles étaient nos propres filles. Les arbres et arbustes en fleurs qui ornaient les jardins autour du bâtiment – pommiers du Japon rouges et blancs, cerisiers, pêchers, paulownia, grenadiers et trèfles arbustifs du Japon, pour n’en nommer que quelques-uns – avaient été plantés à la suite de ma suggestion. J’ai participé aux cérémonies célébrant l’inauguration de la faculté, qui se déroulaient pendant deux jours. Suivit la cérémonie d’entrée où l’on accueillait des invités d’honneur, notamment des représentants de grandes sociétés et entreprises. Je leur ai donné ma carte de visite et j’ai dit en m’inclinant profondément : « Dans deux ans, les étudiantes de la première promotion obtiendront leur diplôme. Gardez bien cela à l’esprit. » Je souhaitais faire mon possible pour ouvrir la voie d’un avenir radieux à toutes ces étudiantes, et je me réjouis de dire ici que le taux d’emploi des diplômées de la faculté Soka pour jeunes femmes frôle les cent pour cent chaque année. Lors de la fondation de la faculté, j’ai présenté aux étudiantes trois devises : 1. Devenez une personne qui rayonne par son intelligence, son bonheur et ses qualités ; 2. Devenez une personne de principe, qui œuvre pour l’harmonie entre tous ; et 3. Devenez une personne qui possède une vision mondiale et qui apporte de la sagesse dans la vie sociale. Aujourd’hui, plus de 6 500 diplômées de la faculté Soka pour jeunes femmes ont fait de ces devises les principes fondateurs de leur vie tout en ouvrant une nouvelle voie pour le siècle des femmes. Elles jouissent d’une bonne réputation dans la société pour leur niveau d’excellence, et des dirigeants dans tous les domaines ont fait part de la confiance et de l’admiration qu’elles suscitent. Rien ne pourrait me réjouir davantage. Ces jeunes diplômées poursuivent des carrières dans des sphères très variées – de la comptabilité à la recherche, en passant par l’enseignement et le secrétariat de direction dans des grands groupes, et l’entrepreneuriat. D’autres sont hôtesses de l’air pour des compagnies aériennes internationales. Il y a aussi des conductrices de train sur les lignes à grande vitesse japonaises. Nombre de nouvelles dirigeantes politiques pleines de fraîcheur émergent également désormais de leurs rangs. Dans chaque domaine et profession, des diplômées de la faculté Soka brillent avec éclat en tant que dirigeantes qui se consacrent au bien-être des autres et à la société en général. Notre objectif fondamental est la paix, et la faculté Soka pour jeunes femmes est fière de former un courant régulier de responsables qui s’engagent à réaliser cet objectif. On lit dans un écrit bouddhique cette mise en garde sévère : « Quand une femme succombe à la jalousie, elle devient un serpent venimeux. » (GZ, 1547) Il importe de ne pas être vaincu par ses propres faiblesses ou par sa négativité. La paix naît d’un cœur pur. Les véritables émissaires de la paix, ce sont ces femmes au cœur magnifique qui aiment et chérissent la vie, et se réjouissent du bonheur des autres comme s’il s’agissait de leur propre bonheur. On m’a rapporté que l’université de Wellesley, une des institutions académiques féminines les plus anciennes aux États-Unis, entreprend également de former des femmes qui s’engageront pour la paix mondiale. Lors de notre rencontre, le directeur du département de la vie religieuse et spirituelle de cette université, Victor Kazanjian, souligna l’importance d’enrichir le processus de formation avec une compréhension spirituelle et religieuse profonde. Je suis totalement d’accord avec lui sur ce point. Quand les étudiantes de la première promotion de la faculté Soka annoncèrent leur intention d’organiser un festival dès l’automne de la première année, je leur ai suggéré de l’appeler le Festival des cygnes. Cette proposition fut accueillie et approuvée avec joie. Les anciennes élèves diplômées, membres de l’association des Cygnes, appelées « Swan Alumni », se sont aujourd’hui élancées dans le vaste monde et leurs efforts unissent le cœur des gens pour créer un magnifique arc-en-ciel de la paix. Les diplômées de la faculté Soka persévèrent et s’envolent vers la citadelle du bonheur. Les étudiantes de la faculté Soka pour jeunes femmes ont de multiples occasions de rencontrer des personnes remarquables, tant par leur caractère que par leur intelligence, dans le monde entier. En décembre 1992, Rosa Parks, une figure clé du mouvement des droits civiques américains, prononça un discours à l’université Soka de Los Angeles (SULA) [aujourd’hui appelée université Soka d’Amérique (SUA)]. Les étudiantes de la faculté Soka pour jeunes femmes qui participaient à un programme intensif d’un trimestre reçurent Mme Parks en interprétant la chanson Mère pour lui exprimer leur admiration et leur respect. Tout sourire, Mme Parks déclara qu’elle avait été profondément émue par la pureté du cœur de ces jeunes femmes. Cet événement marqua le début de l’amitié que mon épouse et moi avons tissée avec Mme Parks [que nous avons revue ensuite en février de l’année suivante]. Durant un échange avec les étudiantes, Mme Parks expliqua qu’une des personnes qu’elle respectait et admirait le plus était sa mère parce que cette dernière lui avait appris dès son enfance à être forte et à défendre sa dignité. Les femmes possèdent la faculté innée d’enseigner et de léguer à la génération suivante l’importance du respect de la dignité humaine et le caractère sacré de la vie. Le siècle des femmes sera une ère où les femmes, en tant que mères, enseignantes et modèles de comportement humain, manifesteront pleinement cette capacité. Ainsi, le siècle des femmes sera également le siècle de l’éducation ce qui, à son tour, en fera véritablement le siècle de la paix. Les diplômées de la faculté Soka s’élancent dans le ciel avec les ailes de la victoire. La statue de bronze de la célèbre scientifique Marie Curie (1867-1934) se dresse sur le campus de la faculté Soka pour jeunes femmes et semble veiller sur elles. Durant la jeunesse de Marie Curie, la Pologne, son pays natal, était sous la coupe d’une puissance étrangère hostile. Indignée par les injustices sociales qui y étaient perpétrées, elle avait déclaré : « Je peux endurer les insultes, et même les pardonner si elles me sont adressées à moi uniquement, mais je ne pardonnerai jamais les offenses commises envers mon pays natal ! » Désireuse de devenir une force de changement, elle s’engagea à étudier sérieusement pour acquérir de grandes compétences. Au cœur de ses luttes de jeunesse, elle déclara avec fierté : « Premier principe : ne jamais se laisser accabler par les autres ou les événements. » Et fidèle à sa parole, elle mena une vie victorieuse. Marie Curie fit face avec courage au décès prématuré de son époux qu’elle aimait tant. Elle refusa aussi de se laisser atteindre par les calomnies motivées par la jalousie et la malveillance. Et elle déclara avec fierté et sans crainte qu’enfreindre les droits humains de celles et ceux qui agissent avec le noble sens de leur mission pour le bonheur des autres constitue un crime. Dans une lettre adressée à sa fille, elle l’encourage en disant : « Nous continuerons à faire preuve de courage. Nous devons fermement cultiver l’espoir qu’un ciel ensoleillé nous attend après la pluie. » Sa statue, qui la montre debout avec un flacon de laboratoire à la main, invite les étudiantes à faire preuve d’un courage et d’un espoir invincibles. Jane Addams (1860-1935), militante sociale renommée qui fut la première femme américaine à recevoir le prix Nobel de la paix (en 1931), raconta un jour qu’elle avait fait un serment avec ses amies étudiantes dans l’internat où elle était inscrite. Par ce serment, ces jeunes femmes s’engageaient à rester éternellement fidèles à leurs idéaux de jeunesse et à se mettre en garde les unes les autres face aux dangers de s’enfermer dans des comportements égoïstes. Ce vœu que Jane Addams fit avec ses amies se rapproche beaucoup, je pense, des nobles liens d’amitié que partagent les étudiantes de la faculté Soka. Il se trouve que la faculté Soka des arts et des sciences Ikeda pour jeunes femmes à Chennai, en Inde, dont je suis le fondateur honoraire et mon épouse la directrice honoraire, organisera sa première cérémonie de remise de diplômes en janvier 2004. Les anciennes élèves de l’association Swan ont des amies dans tout le Japon et le monde entier, qui partagent les mêmes idéaux et objectifs. Je suis convaincu que ce réseau de personnes sincères partageant un même engagement s’étendra progressivement pour devenir un pilier de la paix. Les deux années passées par les étudiantes à la faculté Soka peuvent paraître courtes mais ces années de jeunesse sont l’occasion pour elles de faire apparaître les grands trésors du cœur, ce qui équivaut à dix ou vingt ans de formation. L’entraînement et le savoir que nous acquérons ainsi que les amitiés que nous créons dans notre jeunesse peuvent être une source de force et d’inspiration tout au long de notre vie. En avril 2004, la faculté Soka pour jeunes femmes prendra un nouveau départ avec une réforme complète de ses deux départements, renommés département du Commerce moderne et département d’Anglais et Communication. Puis, en 2005, la faculté célébrera son vingtième anniversaire. Les travaux de construction du nouveau dortoir Asakaze pour les internes progressent également. Le temps est venu pour les étudiantes de la faculté Soka, les « cygnes de Soka », de prendre leur envol dans le ciel infini du XXIe siècle qui sera pour elle le siècle du bonheur et de la paix. Avec une confiance et un espoir éclatants, vous, les pionnières du siècle des femmes, couronnez votre vie de victoires !

Citations

Jour après jour, mois après mois

En matière d’amitié, c’est à vous de faire le premier pas, et non aux autres. Soyez naturels et, à tout moment, faites preuve de sincérité et de respect envers les autres. (Essai de la série pour le groupe Avenir, « Construire un avenir radieux fondé sur notre vœu »)   Étudier et pratiquer le bouddhisme de Nichiren chaque jour – telle est la voie pour une longue vie en bonne santé. C’est aussi le moyen de développer une merveilleuse vitalité, un esprit jeune et rayonnant, et le sens de votre mission. (Essai de la série « La lumière du siècle de l’humanisme »)   J’aimerais que, tout particulièrement dans votre jeunesse, vous vous exerciez dans la véritable pratique bouddhique qui consiste à partager le bouddhisme. Car cette pratique permet de développer votre humanisme et de faire briller votre vie. (Encouragement de la série « À mes amis victorieux »)   Remportez la victoire jour après jour grâce à un comportement sincère en tant qu’être humain. (cf. Les trois sortes de trésors, Écrits, 859) ! Luttez avec optimisme et courage afin de devenir des vainqueurs inspirants pour kosen rufu et dans la société ! (Encouragement de la série « Avancer avec les écrits de Nichiren ») Le bonheur se trouve dans notre environnement immédiat. Chaque personne rencontre des difficultés dans sa vie. Mais les difficultés sont le carburant de notre bonheur. Par conséquent, changez tous vos problèmes en une force motrice pour votre bonheur grâce à votre récitation de Nam-myoho-renge-kyo ! (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 30, part. 1, chap. « Nouvel élan », p. 296)   Dans la vie et pour kosen rufu, tout repose sur le courage. La foi est un autre mot pour désigner le courage. Triomphez avec courage de vos propres faiblesses et de votre karma. (La Révolution humaine)   Commencez par ce que vous pouvez faire maintenant. Persévérez en relevant de petits défis. C’est de cette manière que vous écrirez l’histoire éclatante de votre vie. (Essai de la série « Notre voie éclatante vers la victoire »)   La flamme de la joie brûle avec ardeur et fierté dans le cœur de celles et ceux qui se sont éveillés à leur mission et agissent avec courage pour l’accomplir, en débordant de vitalité et de joie, jour après jour. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 28, chap. « Les îles victorieuses »)   Nos efforts continus pour engager des dialogues sincères imprégnés du désir de répandre l’espoir dans notre environnement permettent d’établir concrètement les fondations durables de kosen rufu. (Essai de la série « Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine ») Quand nous réagissons rapidement, nous pouvons tout orienter dans la direction de la victoire. Notre capacité à apporter des réponses promptes et adaptées découle de notre sérieux. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 27, chap. « Justice »)

Messages SGI

Les rencontres positives enrichissent notre vie

Notre vie est influencée par les personnes que nous rencontrons. Le président Ikeda était un véritable dirigeant des personnes ordinaires qui, plus que quiconque, chérissait les liens nés de chacune de ses rencontres. Par-dessus tout, il accordait la plus haute valeur au « lien merveilleux » qui l’unissait à son maître, Josei Toda, qu’il révérait comme le plus grand honneur de sa vie. Ce maître et ce disciple se rencontrèrent pour la première fois le 14 août 1947 et formèrent un lien d’une unité parfaite. Le président Ikeda a souvent décrit ce moment qui décida du reste de sa vie. Dans La Nouvelle Révolution humaine, que le président Ikeda commença à écrire et acheva un 6 août [respectivement en 1993 et 2018], il décrit à plusieurs reprises le moment où, en août 1954, il y a donc soixante-dix ans, M. Toda lui confia la réalisation du kosen rufu mondial tandis qu’ils contemplaient ensemble la mer depuis la plage d’Atsuta. Il lui avait alors dit : « Tu dois illuminer l’Asie et le monde avec la lumière de la Loi merveilleuse. Tu dois le faire à ma place ». Le président Ikeda grava les mots de son maître dans son jeune cœur et en fit une réalité. La voie des disciples consiste à élargir les rangs des bodhisattvas surgis de la Terre dans le monde afin d’établir les fondations inébranlables d’une paix durable pour les prochaines générations. Le président Ikeda comparait la relation entre le maître et le disciple à celle entre l’aiguille et le fil à coudre. Le maître est comme l’aiguille, le disciple comme le fil. En couture, l’aiguille ouvre la voie dans le tissu mais à la fin c’est le fil qui reste en place et maintient l’ensemble. Il nous a montré par son propre exemple le mode de vie d’un disciple créateur de valeurs – en incarnant les pensées et les actions de son maître.   Le 20 août 1979, le président Ikeda visita le centre bouddhique de Nagano pour la première fois, quatre mois après avoir démissionné de sa fonction de président de la Soka Gakkai. À une époque où le clergé lui avait interdit de participer aux activités, il prit part à des sessions de photos souvenirs avec environ 3 000 pratiquants. Intérieurement, il échangeait une ferme poignée de mains avec chacune et chacun d’entre eux. Ses efforts pour tisser des liens éternels avec les pratiquants allaient ainsi créer un puissant courant permettant de contrecarrer les mesures oppressives que le clergé entendait imposer. « Ensemble avec notre maître ! » – tel est notre vœu en tant que disciples du président Ikeda. Pour certains pratiquants, une simple photographie prise avec leur maître devint leur point de départ dans la foi. Pour d’autres, une seule rencontre leur inspira le courage de surmonter toutes leurs difficultés, les unes après les autres. Et, aujourd’hui, des jeunes pratiquants, touchés par l’esprit de leur maître après avoir lu ses écrits, affrontent les défis de la vie en s’appuyant sur l’un de ses encouragements qu’ils ont gravés dans leur cœur. Tous vont de l’avant dans ce voyage de la lutte commune du maître et du disciple, en engageant sans cesse un dialogue intérieur avec leur maître. Nichiren écrit : « Je me demande si vous et moi n’avons pas fait le vœu d’être l’un envers l’autre maître et disciple depuis d’innombrables kalpa dans le passé 1. » Quand nous faisons le vœu de lutter ensemble dans les trois phases de l’existence (la vie dans le passé, le présent et le futur) et de toujours concevoir notre existence sur la base de la relation de maître et disciple enseignée dans le bouddhisme, avec tous ses rebondissements, la voie illimitée de la vie s’étend devant nous. Aujourd’hui, à nouveau, avançons ensemble avec notre maître de kosen rufu et avec nos nobles compagnons de croyance. Soyons à l’initiative d’autant de rencontres positives que possible, forgeons de nouvelles amitiés grâce à nos dialogues et élargissons ainsi notre mouvement pour le bonheur.