Avril 2025

Étude bouddhique

Thème

Messages SGI

Félicitations pour ce joyeux rassemblement célébrant le 16 mars, jour de kosen rufu !

Le 16 mars 1958, le deuxième président de la Soka Gakkai Josei Toda, a solennellement transmis le flambeau de kosen rufu à la jeunesse, alors dirigée par notre maître Daisaku Ikeda, aujourd’hui président éternel de la SGI. Il est dit dans le Recueil des enseignements oraux : « Aujourd’hui, lorsque Nichiren récite Nam-myoho-renge-kyo, il permet à tous les êtres vivants d’atteindre la bouddhéité dans les dix mille ans de l’époque de la Fin de la Loi. » (OTT, 41) La Soka Gakkai a concrétisé la noble voie qui conduit au ­bonheur et à la paix de toute l’humanité, répondant ainsi au grand vœu de Nichiren – horizontalement, à travers le monde, et, verticalement, pour l’éternité. Cela a été accompli grâce aux luttes inlassables et altruistes de nos trois présidents fondateurs – Makiguchi Sensei, Toda Sensei et Ikeda Sensei. Le 16 mars est un jour où leurs successeurs se dressent en se fondant sur le vœu du maître et du disciple, un jour qui sera éternellement celui du nouveau départ dans notre mouvement pour kosen rufu. Aujourd’hui, en brandissant les brillants étendards de la paix, de la culture et de l’éducation, ce grand mouvement de solidarité des peuples s’est étendu à 192 pays et territoires. De jeunes successeurs, animés par le vœu ardent de mener une lutte commune avec leur maître, se dressent pour passer à l’action. Comme Ikeda Sensei et Toda Sensei seraient heureux de voir ce magnifique courant humain incarner le principe de « tirer de l’indigo un bleu encore plus profond1 ». La société continue d’être minée par l’instabilité, la confusion et la division. La jeune génération, en particulier, peut être confrontée à d’innombrables difficultés. Cependant, c’est en de telles périodes que la sagesse et la compassion du bouddhisme du soleil de Nichiren brillent avec encore plus d’éclat. Dans son poème D’un bleu plus profond que l’indigo, qu’il dédia à la jeunesse [en 1988] pour célébrer le 16 mars, Ikeda Sensei proclame : La Loi merveilleuse, la grande lumière du respect suprême de la vie, a commencé à se répandre à travers notre planète bleue. Ne vous demandez pas si le puissant courant de kosen rufu est une conséquence inévitable de l’Histoire. Mais, plutôt, demandez-vous toujours si vous êtes animés par la passion de rendre kosen rufu inévitable par votre sueur et vos efforts. Le moment est arrivé pour nous, en tant que disciples auxquels le maître a transmis le flambeau de kosen rufu, de réciter Daimoku avec une détermination encore plus grande afin d’accomplir notre révolution humaine et de transformer notre destin. En chérissant chaque personne devant nous, apportons ensemble de magnifiques preuves factuelles en accord avec les principes de « la foi équivaut à la vie quotidienne » et « le bouddhisme se manifeste dans la société ». Continuons de dialoguer avec Sensei dans notre cœur, en avançant comme si chaque jour était le 16 mars, animés par cette détermination : « Aujourd’hui encore, je ne serai pas vaincu ! » « Demain encore, je gagnerai ! » Ensemble, écrivons avec joie et dynamisme, sans aucun regret, l’histoire de la jeunesse qui réalise l’unité du maître et du disciple ! Minoru Harada, président de la Soka Gakkai, mars 2025

Citations

Jour après jour, mois après mois

Une personne pleine de gratitude garde toujours le sourire, rayonne, ne cesse de se développer et accumule de la bonne fortune. Un cœur reconnaissant est le point de départ du bonheur et de la paix. (Série d’encouragements « Des enseignements humanistes pour la victoire »)   « À partir de maintenant, à partir de cet instant » – là réside l’esprit du bouddhisme de la véritable cause. Celles et ceux qui ont cet état d’esprit rayonnent et sont des vainqueurs authentiques dans la foi. (Série d’encouragements « Ouvrir ensemble une nouvelle ère de kosen rufu »)   Ouvrons notre cœur, accueillons les autres avec joie, et soyons sincères dans nos interactions. Semons les graines de l’amitié et de la confiance grâce à nos actions empreintes de sagesse. (Série d’encouragements « Des enseignements humanistes pour la victoire »)   Les bases d’un grand succès durable s’établissent en déployant plein d’efforts avec un cœur pur et altruiste, sans perdre de vue nos objectifs et sans nous ménager. (Série d’encouragements « Notre voie éclatante vers la victoire »)   La prière pour relever les défis que nous rencontrons dans notre vie et la prière pour kosen rufu, c’est-à-dire le désir d’aider chaque personne à devenir heureuse, sont par essence une seule et même chose. Les deux nous propulsent vers l’avant. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 2, « La révolution humaine », part. 1/2, p. 110)   Transmettons sincèrement nos remerciements à notre famille, aux personnes qui nous sont chères, à nos compagnons de croyance, et à celles et ceux qui nous aident et nous soutiennent. C’est ainsi que l’on élargit le cercle de nos relations joyeuses. (Série d’encouragements « À mes amis victorieux »)   Mes admirables compagnons de croyance ! Le temps est venu pour nous d’aller de l’avant et de nous élancer vers de nouveaux sommets. Ensemble avançons dans un esprit d’unité selon le principe de « différents par le corps, un en esprit » ! (Sekai kofu shinjidai no shishin – Orientations pour une nouvelle ère du kosen rufu mondial)   Une vie consacrée à réaliser la vision de son maître est une vie de jeunesse éternelle. Allons de l’avant avec un espoir et un optimisme éclatants pour réaliser ce grand rêve de paix qu’est kosen rufu. (Série d’encouragements « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Faire un pas de plus par rapport à l’an dernier – là réside la joie de la révolution humaine. Prenons un départ plein de vigueur et faisons de cette année une année en or ! (Série d’encouragements « Avancer avec le Gosho »)   J’espère que vous prendrez soin de votre santé, que vous vous fixerez clairement des objectifs que vous souhaitez atteindre et réciterez chaque jour d’ardents Daimoku afin d’établir un soi aussi solide et inébranlable que le mont Fuji. (Série d’encouragements « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Nichiren écrit : « Considérez le service de votre seigneur comme la pratique du Sûtra du Lotus. » (Réponse à un croyant, Écrits, 914-915) Notre travail quotidien fait partie de notre pratique bouddhique. En remportant la victoire au travail, nous montrons la grandeur du bouddhisme de Nichiren. (Discours prononcé à la conférence des représentants des départements, août 2008)   Les dialogues que nous engageons là où nous nous trouvons stimulent notre révolution humaine et celle des autres, et représentent la force motrice pour changer le monde. Ils servent à réunir les gens et contribuent à transformer la méfiance et les préjugés en compréhension et en confiance. (Série d’étude « Une religion de la révolution humaine »)   Trouvez la joie en toute chose – quand vous rayonnez de joie, vous remontez le moral des personnes qui vous entourent, amenez le sourire sur les visages et créez des valeurs. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. I, « Le bonheur », p. 118)   Les activités pour kosen rufu font émerger des personnes de valeur dotées de talents remarquables. Une des grandes caractéristiques des activités de la Soka Gakkai est qu’elles permettent de polir la vie des jeunes et les font briller comme des diamants. (Série d’encouragements « Notre voie éclatante vers la victoire »)   La persévérance est essentielle dans la foi. C’est la véritable source de notre force et la clé pour accomplir notre grand objectif [kosen rufu]. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 19, chap. « Le chant de la victoire », p. 113)   Vous, les jeunes phénix qui êtes nos successeurs, déployez vos ailes intrépides, transformez les vents de l’adversité en alliés et élancez-vous dans les vastes cieux des accomplissements éclatants. (Discours prononcé au festival Jour de Gloire des écoles Soka, juillet 2015)   Chaque personne est une tour aux trésors étincelante, capable de construire une vie empreinte d’une noble dignité. Partageons avec nos amis « la plus grande de toutes les joies » (OTT, 212) – la joie de réaliser que notre vie est Nam-myoho-renge-kyo ! (Série d’étude « Passages clés du Recueil des enseignements oraux »)   Réciter Nam-myoho-renge-kyo stimule votre force vitale et illumine votre physionomie. Cela vous permet de vous élever plus haut, tel un avion qui se propulse dans le ciel. (Discours prononcé à la réunion nationale des responsables du département de la jeunesse, septembre 2007)   Celles et ceux qui partagent les enseignements du Sûtra du Lotus avec ne serait-ce qu’une personne sont les émissaires de l’Ainsi-Venu. En définitive, les dialogues de personne à personne représentent l’activité essentielle aux premières lignes de notre mouvement pour le kosen rufu mondial. (Série d’essais « Le chant de la victoire humaine »)   C’est parce que les arbres supportent l’âpreté de l’hiver qu’ils font s’épanouir de magnifiques fleurs parfumées au printemps. Dans toutes les sphères de la vie, les épreuves et les crises nous renforcent. (Série d’encouragements « Dialogue pour l’avenir »)   La véritable erreur des jeunes est de laisser la peur de l’échec les empêcher de se dépasser. Si vous ne laissez pas les échecs vous décourager et vous faire renoncer, ils se transformeront en combustible pour de futures réalisations éclatantes. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Les réunions de discussion sont semblables à des « trains de l’espoir », conduisant chaque personne dans la direction du bonheur. Ce sont des rassemblements merveilleux pour tisser des liens plus étroits avec des personnes de notre environnement et pour établir une plus grande solidarité. (Série d’essais « Le chant de la victoire humaine »)   Nous croyons dans les nobles enseignements du bouddhisme de Nichiren ! En persévérant dans notre pratique bouddhique avec courage, dévouement et sincérité, nous remporterons à coup sûr la victoire. (Série d’essais « La citadelle éternelle du mouvement Soka »)   Continuons à ouvrir la voie du « grand bien » – c’est-à-dire la voie de kosen rufu, de la paix mondiale ! Tel est le grand vœu partagé par les maîtres et disciples du mouvement Soka. (Message adressé à la réunion mensuelle des responsables, septembre 2017)   Il est important que les responsables échangent leurs opinions, élaborent des plans détaillés, et mènent des actions appropriées. Avancer en étant unis autour d’un même objectif est la formule de la victoire. (Discours prononcé à la conférence nationale des responsables, août 2004)   Si vous êtes fatalistes, sur la défensive, même au sein de l’environnement le plus libre vous vous sentirez malheureux et pris au piège. Mais, si vous êtes volontaires et que vous relevez les défis générés par votre situation, vous serez libres quelles que soient les circonstances. (Dialogues avec la jeunesse, t. 2, p. 93)   Quand des personnes de valeur se retrouvent au premier plan, une nouvelle ère s’ouvre. La victoire future repose sur la formation réussie de jeunes responsables. (Série d’essais « La lumière du siècle de l’humanisme »)   Les personnes courageuses sont intègres, et les personnes intègres sont dignes de confiance. Elles comptent de nombreux amis. (Discours prononcé à la réunion des responsables du siège, février 2008)   Dans les moments cruciaux de notre existence, avoir le courage de passer résolument à l’action ouvre la voie de la victoire. Un pouvoir infini jaillit quand nous nous consacrons à la lutte commune du maître et du disciple. (Série d’étude « À mes amis des quatre départements engagés dans notre lutte commune »)   Remportons la victoire jour après jour en ce mois de février, traditionnellement le mois de la transmission, tout en allant de l’avant vers l’éclatant printemps de notre mouvement Soka ! Tissons de nouveaux liens d’amitié et créons courageusement la magnifique allée du maître et des disciples, telle une grande avenue bordée de cerisiers en fleurs ! (Série d’essais « La citadelle éternelle du mouvement Soka »)   Vous pouvez transformer votre vie comme bon vous semble. Rejetez les expressions telles que « Ce n’est pas la peine » ou « C’est impossible ». (Série d’essais « De merveilleuses rencontres »)   Engageons des dialogues enthousiastes avec nos compagnons de croyance en partageant librement avec eux nos pensées et nos opinions, afin de développer une fraîcheur pleine de vitalité, ainsi que la sagesse et l’amitié. (Discours prononcé à la conférence des responsables de Gunma, août 2001)   Quand nous relevons le défi face à nos difficultés en nous fondant sur la récitation de Nam-myoho-renge-kyo, notre vie s’ouvre. Notre ferme détermination appelle les fonctions protectrices de l’univers, qui veillent sur le développement de kosen rufu. (Série d’essais, « La citadelle éternelle du mouvement Soka »)   Il est important de continuer à apprendre et à nous développer tout au long de notre vie. En agissant ainsi, nous brillerons de l’éclat des vainqueurs. (Discours prononcé à la réunion des responsables de la région de Shin’etsu, août 2006)   L’essence du bouddhisme réside dans notre « comportement en tant qu’être humain » (Les trois sortes de trésors, Écrits, 859), et dans notre rayonnement. Par conséquent, j’espère que vous prendrez l’initiative de vous tourner vers les autres, de les saluer et de leur parler de façon radieuse et amicale. (Série d’essais « Notre voie éclatante de la victoire »)   Celles et ceux qui vivent avec un optimisme indéfectible ne sont jamais vaincus. Ils remporteront à coup sûr la victoire absolue. La foi dans la Loi merveilleuse est la force motrice suprême qui permet de remporter la victoire. (Discours prononcé à la réunion mensuelle des responsables, janvier 2009)   Ceux qui ont le plus souffert méritent le plus grand bonheur. Ceux qui ont le karma le plus difficile peuvent choisir et accomplir la plus noble mission. (Série de commentaires « Le bouddhisme du soleil »)   Nous prions, étudions, dialoguons et marchons ensemble. Lutter ensemble est l’essence même du bouddhisme de Nichiren. (Série d’essais « Notre voie éclatante de la victoire »)   Il n’existe pas d’épopée plus sublime en ce monde que de pouvoir déclarer intérieurement à notre maître : « J’ai réalisé tous mes vœux de jeunesse. » (Série d’essais, « Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine »)   Veillez à dormir suffisamment pour vous remettre de votre fatigue et pouvoir mener, jour après jour, des actions pleines d’énergie. Votre vie quotidienne est une scène importante pour montrer la preuve factuelle. (Discours prononcé à la réunion des responsables du Kansai, mai 1995)

Réflexions sur la NRH

Ma première visite en Écosse

Par Ho Gaku 1 Fier et intègre, je méprise toute vue égoïste : ma plus chère récompense, c’est l’estime et les louanges d’un ami2. Ce sont des vers du grand poète écossais Robert Burns (1759-1796) que j’aimais lire dans ma jeunesse. Récemment, j’ai reçu une magnifique lettre d’Écosse, de la part de J. Forbes Munro, professeur d’histoire économique et sociale à l’université de Glasgow, et de son épouse Sylvia. Il y a cinq ans, jour pour jour, le 15 juin, cette université m’a conféré un doctorat honoris causa. Le Pr Munro a ajouté à sa lettre quelques photographies immortalisant ce moment. Je lui suis profondément reconnaissant pour cette amitié si chaleureuse et durable. En sa qualité de membre du conseil d’administration de l’université, le Pr Munro prononça un discours à l’occasion de la cérémonie de remise du prix, où il expliqua les raisons pour lesquelles l’université avait choisi de m’attribuer ce prix. La cérémonie s’accordait avec les plus hautes traditions des institutions académiques européennes. En 2001, année marquant son 550e anniversaire, l’université de Glasgow s’érigeait toujours en tant que grand sanctuaire du savoir, une vénérable institution. La salle où se déroula la cérémonie baignait dans une lumière douce, tamisée par les vitraux, tandis que résonnaient les notes majestueuses de l’orgue. Dans le cortège, une masse d’argent, symbole de l’université, ouvrait la marche. Ce précieux objet, transmis de génération en génération depuis le XVe siècle, symbolise la grandeur de l’institution. Les récipiendaires d’un doctorat honoris causa prirent place un à un sur un fauteuil en pierre noire, équipé d’un sablier. On ­m’expliqua que ces sabliers servaient autrefois à mesurer le temps lors des examens universitaires. Un trône du savoir, dédié à la quête infinie de la vérité, se doit de refléter une telle exigence. Un palais de l’apprentissage, où la liberté d’esprit est préservée, se doit également d’inspirer émerveillement et respect. L’université de Glasgow s’est depuis toujours distinguée par un esprit intellectuel audacieux, ouvrant la voie aux progrès de l’huma­nité. À la fin du XVIIIe siècle, cette citadelle du savoir appliqué forma l’ingénieur James Watt (1736-1819). Adam Smith (1723-1790), père des théories économiques classiques et membre de l’université, se rendait régulièrement dans l’atelier de Watt pour l’encourager dans ses recherches et, par la suite, Watt inventa la machine à vapeur, inaugurant ainsi la révolution industrielle qui allait transformer le monde entier. L’université de Glasgow est également réputée pour abriter la plus grande collection d’œuvres de James McNeill Whistler (1834-1903), peintre américain du XIXe siècle. À une époque où Whistler était encore inconnu, un professeur de cette université écossaise reconnut son génie artistique et fit connaître ses créations. En signe de gratitude, Whistler légua une grande partie de ses œuvres à l’université. Au milieu du XIXe siècle, l’université de Glasgow contribua également de manière significative à faire connaître la culture japonaise, en partageant généreusement les lumières de son savoir sur un Japon en pleine modernisation. Toutes ces actions révèlent une université qui ne se contente pas de rester spectatrice et silencieuse face à ceux qui osent ouvrir de nouvelles voies, en étant souvent confrontés à des oppositions ou des persécutions injustes. C’est précisément parce que leur tâche est ardue que cette institution leur tend la main, les soutient, les encourage et lutte à leurs côtés. Telle est la sagesse caractéristique d’un véritable humanisme. Défendre fermement ceux qui agissent en faveur de la vérité et de la justice, tel est aussi l’esprit du mouvement Soka. Le jour de la cérémonie, vêtu d’une robe bleu foncé, le Pr Munro monta sur l’estrade et, tel un bon acteur, s’exprima d’une voix sûre et posée. Il prononça à plusieurs reprises et avec force les mots « Soka Gakkai » et « Josei Toda ». Jamais je n’oublierai le son de cette voix fière qui a profondément touché mon cœur. Le Pr Munro conclut son discours en citant un de mes poèmes : « Telle la cascade, soyez vifs, telle la cascade, soyez inflexibles, telle la cascade, soyez intrépides, telle la cascade, soyez heureux, telle la cascade, soyez fiers. Hommes, ayez le maintien d’un roi ! » Ce poème m’a été inspiré par les cascades d’Oirase, situées dans la préfecture d’Aomori, au Japon. Deux mois après avoir eu l’honneur de recevoir le titre de docteur honoris causa de l’université de Glasgow, je me suis rendu à Aomori pour la première fois depuis quinze ans. J’ai dédié cette distinction à mes chers compagnons de Tohoku, cette magnifique région qui s’étend au nord-est du Japon. Glasgow est une ville du Nord, située à 55 degrés de latitude. Le jour de notre arrivée en Écosse, le loch Lomond étincelait sous les rayons du soleil mais le jour de la cérémonie, le vent était d’un froid inhabituel pour un mois de juin. Le temps fut extrêmement changeant. « En quatre jours, nous avons vécu les quatre saisons », confia mon épouse à un ami. En hiver, à Glasgow, la nuit commence à tomber dès 15 heures et, à 16 heures, le soleil a totalement disparu. Le matin, à 9 heures, il n’est pas encore complètement levé. C’est une saison qui exige de l’endurance, en particulier pour les jeunes de l’université Soka qui étudient là-bas dans le cadre d’échanges universitaires. Ils trouvent chaleur et réconfort grâce à l’amitié généreuse du Pr Munro et de son épouse qui les aident à traverser ces journées sombres et ces longues nuits. Ils bénéficient aussi du soutien indéfectible des pratiquants locaux de la SGI, qui veillent sur eux comme des parents. Depuis le début des échanges académiques entre nos universités, 227 étudiants de l’université Soka ont étudié à Glasgow, pendant des périodes plus ou moins longues. Les efforts intenses accomplis dans leurs études et leur grand développement personnel sont autant de souvenirs qui illumineront leur parcours tout au long de leur vie. Il se trouve qu’il y a quelques jours, des étudiants actuels et d’anciens étudiants de l’université Soka effectuant un stage à Glasgow m’ont envoyé un compte rendu enthousiaste de leurs activités. Ils relèvent tous de sérieux défis dans leur domaine respectif. Glasgow tire son nom d’un mot celte signifiant « vallée verte ». Durant ma visite, j’ai posé pour une photo commémorative avec Richard Causton, le regretté directeur de la SGI-Royaume-Uni, et des pratiquants du mouvement Soka d’Écosse, dans le cadre verdoyant des jardins botaniques de Glasgow. Je garde des souvenirs magnifiques de chacun d’eux. Et je chérirai toujours cette photographie comme un trésor. Sous la direction des responsables locaux, Richard et Akami Porteous, une grande alliance de pratiquants fondée sur le principe de « différents par le corps, un en esprit » s’étend aujourd’hui dans toute l’Écosse, notamment à Glasgow, Édimbourg, Aberdeen et dans le centre. Déterminés à m’accueillir un jour en Écosse avec mon épouse, M. et Mme Porteous ont organisé des pratiques hebdo­madaires pendant dix ans, soit plus de 500 fois, jusqu’à notre venue. Nichiren écrit : « Maintenant, à l’époque de la Fin de la Loi, le Daimoku que Nichiren récite diffère de celui des époques précédentes. Nam-myoho-renge-kyo inclut la pratique pour soi et pour les autres. » (GZ, 1022) Réciter Daimoku et agir pour kosen rufu au sein d’un rassemblement harmonieux de compagnons de croyance permettent de se forger une vie rythmée par le succès, le ­bonheur et la victoire, une vie qui, chaque année, gagne en force et en vigueur. En revanche, ceux qui s’isolent mènent une existence solitaire, dénuée de joie et de satisfaction véritables. Sir William Wallace (v. 1270-1305), grand héros national écossais, qui lutta contre l’oppression des autorités politiques, est originaire d’une région située à l’ouest de Glasgow. Il fut en définitive trahi, emprisonné puis cruellement exécuté, mais son esprit passionné ne s’éteignit pas et, au contraire, inspira le peuple écossais qui se libéra quelques décennies plus tard de la domination anglaise. On dit qu’un traité des droits humains rédigé par les figures principales de ce mouvement de résistance servit de référence pour la rédaction de la déclaration d’indépendance américaine. Dans tous les domaines, c’est le courage qui ouvre la voie. Endurant et surmontant les épreuves liées à leur situation géographique et à leur histoire, les Écossais se distinguent par leur ardeur au travail, leur honnêteté et leur patience. Quittant aussi leur terre natale pour s’élancer dans le vaste monde, ce peuple à l’esprit magnanime a su s’intégrer partout où régnait la liberté. M. Makiguchi souligne ce trait de caractère dans son livre La Géographie humaine. En novembre 1995, un an après ma visite à Glasgow, je me suis rendu au Népal, lieu de naissance de Shakyamuni, pour recevoir le titre honorifique de docteur ès lettres décerné par l’université de Tribhuwan. À ma grande surprise, la fanfare interpréta alors en mon honneur Scotland the Brave, une chanson patriotique écossaise. J’ai écouté ce morceau avec un profond respect, en pensant à mes amis d’Écosse, qui se tiennent fiers et droits comme les cimes de l’Himalaya, et dont les visages rayonnants expriment l’amitié et la générosité.

Paroles d'encouragement

C’est à vous, mes jeunes successeurs, que je transmets le relais

Si février nous rapproche du printemps, on y sent toujours néanmoins le froid glacial de l’hiver. Malgré tout, vous vous lancez tous chaque jour des défis pour réaliser vos objectifs. Le président Ikeda a dit un jour que c’est dans les périodes difficiles que nous pouvons acquérir une force véritable. Ce mois-ci, nous publions des extraits de ses encouragements liés à la foi, aux réunions de la Soka Gakkai et à la responsabilité afin de vous encourager à avancer à grands pas vers un printemps plein d’espoir. C’est en nous-mêmes que brille le soleil éclatant de la foi À une époque de défis, vous pouvez avoir le sentiment que vos objectifs sont lointains et vous sentir découragés. Le président Ikeda nous rappelle que le soleil de la foi brille dans notre cœur et que cela nous permet de tout faire évoluer dans une direction positive. L’hiver est la saison de la résilience. C’est un moment où vous pouvez développer votre force, sans vous laisser vaincre par les difficultés. Les fleurs, les arbres, les animaux divers, notamment les insectes, affrontent tous le froid glacial de l’hiver en se préparant de toutes leurs forces à l’arrivée du printemps. Le célèbre philosophe suisse Henri Frédéric Amiel (1821-1881) a déclaré que nous possédons en nous-mêmes la source de toute chose. Quels sont les talents que vous allez cultiver et quelles victoires obtiendrez-vous dans l’avenir ? La source de votre progression et de vos victoires se trouve intégralement en vous-mêmes. Vous pouvez surmonter n’importe quel obstacle et tout transformer par votre force intérieure et votre détermination. Dans une lettre d’encouragement envoyée à la nonne séculière Myoichi qui affrontait de grandes difficultés, Nichiren écrivit : « Ceux qui croient dans le Sûtra du Lotus sont comme en hiver, mais l’hiver se transforme toujours en printemps. » (L’hiver se transforme toujours en printemps, Écrits, 539) Il nous assure que, de même que l’hiver le plus rigoureux ouvre la voie au printemps, ceux qui ont foi dans l’enseignement bouddhique et le pratiquent atteindront la bouddhéité, deviendront heureux et aideront les autres à l’être aussi. Vous avez tous en vous l’éclatant soleil de la foi, ce qui vous donne la force de vous élancer vers un printemps plein d’espoir. Vous n’avez rien à craindre. Quoi qu’il arrive, restez positifs et optimistes et lancez-vous des défis avec un esprit inébranlable de la façon qui vous est propre. Extrait de la rubrique des lycées du journal Seikyo, février 2012 Rester en relation avec nos compagnons de pratique Votre emploi du temps est peut-être si chargé que vous ne pouvez pas participer aux réunions de la Soka Gakkai autant que vous le souhaiteriez. Le président Ikeda a encouragé un jour les membres du groupe Avenir 1 à lutter pour trouver un équilibre entre les études ou activités de club et les réunions bouddhiques. Mon maître, le deuxième président de la Soka Gakkai, nous disait souvent à nous, membres de la jeunesse : « D’abord, soyez déterminés et fixez-vous un objectif. Et ensuite, élancez-vous avec courage2. » Engagez-vous à cent pour cent dans toutes les tâches qui vous attendent. Donnez-vous à cent pour cent dans tout ce que vous entreprenez. Telle est la clé pour remporter la victoire durant votre jeunesse. Le bouddhisme enseigne que c’est le cœur qui importe le plus. C’est pourquoi, même si vous ne pouvez pas toujours assister à des réunions de la Soka Gakkai, avoir le désir de participer à chaque fois que cela vous est possible est en soi vraiment admirable. Cela signifie que votre vie évolue toujours dans une direction positive, dans le sens d’une progression ferme et solide. En outre, même si vous n’avez pas l’occasion de les rencontrer dans les réunions, j’espère que vous informerez les responsables de votre département et vos compagnons de pratique de vos activités et des objectifs que vous vous fixez. Dans le monde de la Soka Gakkai, nous sommes en relation les uns avec les autres par le cœur et par nos Daimoku. Vos compagnons de pratique sont comme des supporters qui vous acclament et pratiquent pour votre progression. Vos réalisations deviendront une source de joie pour tout le monde et, en retour, cela sera aussi pour vous une grande source d’encouragement. Vous découvrirez que, dans les moments cruciaux, vos compagnons de pratique seront toujours là pour vous. Même si vous n’avez pas souvent le temps de vous rendre à des réunions, vous pourrez cependant rester en contact intérieurement avec vos compagnons de pratique. Et quand vous aurez la possibilité de participer à une activité, j’espère que vous irez sans la moindre hésitation. Rappelez-vous que même si vous n’avez parfois pas envie d’y aller, il est certain que vous puiserez de l’énergie et de l’inspiration si vous surmontez vos réticences. Extrait de Dialogue pour l’avenir Les personnes passionnées inspirent confiance Certains d’entre vous exercent des responsabilités dans leur école, dans leur organisation Soka locale ou dans un autre domaine. Nous présentons ici l’extrait d’un encouragement offert par le président Ikeda aux membres du groupe Avenir, les futurs dirigeants qui lutteront pour la paix en ce XXIe siècle, où il décrit les caractéristiques fondamentales communes à bien des dirigeants du monde entier qu’il a eu l’occasion de rencontrer. Il évoque aussi ce que lui a appris son maître Josei Toda à propos de la responsabilité. Il y a des responsables qui luttent à l’avant-garde, en ouvrant activement la voie, et d’autres qui restent dans l’ombre et soutiennent tout le monde avec vigueur. Soyez tout simplement vous-mêmes, avec l’énergie de la jeunesse qui vous est propre. Considérez que toutes les situations que vous rencontrez vous offrent l’occasion de vous former. Beaucoup des grands dirigeants de l’Histoire ainsi que les personnes de premier plan avec qui j’ai eu l’occasion de dialoguer avaient un point commun : la passion. Les personnes passionnées inspirent confiance. Si vous avez le puissant désir de réussir, de progresser au côté de tous ceux qui vous entourent, de faire l’unité dans votre groupe et d’apporter de la joie à tous, vous pourrez faire jaillir la sagesse qui vous permettra de tout réaliser. Tout le monde sera touché si vous pratiquez avec de tels objectifs. J’ai beaucoup appris de M. Toda en matière de responsabilité. Il m’a enseigné l’importance de la confiance en soi, de la sincérité, de la considération envers les autres. Il m’a aussi encouragé à développer mes capacités. Tout cela repose sur la passion, la conviction et la récitation de Nam-myoho-renge-kyo. Ceux qui luttent et ne ménagent pas leurs efforts peuvent accomplir de grandes choses. J’espère que chacune et chacun d’entre vous, mes précieux membres des groupes des collégiens et lycéens, poursuivra ses efforts assidus avec un esprit positif et que vous progresserez et vous développerez, en harmonie avec vos amis. J’attends avec impatience le jour où vous jouerez un rôle actif sur la scène du monde et deviendrez de remarquables ­dirigeants.

Podcast "Sème la joie"