Février 2026

Étude bouddhique

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Jour après jour, mois après mois

Chaque enfant est un trésor de l’humanité. C’est la raison pour laquelle il est si important de transmettre avec sincérité aux jeunes l’esprit de s’engager en faveur de la vérité et de la justice. (Série d’essais « La lumière du siècle de l’humanisme »)   Quand nous sommes déterminés à œuvrer au bonheur des autres et à la réalisation de kosen rufu, en avançant avec la Soka Gakkai et nos compagnons de croyance, nous accumulons des bienfaits incommensurables. (Discours prononcé à la conférence jointe des départements des femmes et des jeunes femmes, février 2006)   Le bouddhisme est harmonie et solidarité – comme l’illustre le principe de « différents par le corps, un en esprit ». Chaque personne est un bouddha d’une valeur suprême, un bodhisattva surgi de la Terre doté d’une profonde mission. C’est la raison pour laquelle il est si important de faire preuve de respect mutuel, de se soutenir et de s’aider dans un esprit de bonne entente. Si nous nous appuyons sur cet esprit, nous remporterons à coup sûr la victoire tant dans notre vie que pour kosen rufu. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 3- Kosen rufu et la paix mondiale, chap. 23- L’unité selon le principe de « différents par le corps, un en esprit », p. 188. (Accessible en ligne : 25.8)   Bien que leur vie puisse paraître peu enthousiasmante ou prestigieuse, les véritables vainqueurs, les authentiques champions, sont ceux qui s’engagent sérieusement dans leur pratique bouddhique, en déployant des efforts sincères pour kosen rufu. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 2- La révolution humaine, part. 1/2, chap. 9- Le bouddhisme détermine la victoire ou la défaite, p. 98. (Accessible en ligne : 16.9)   Rassembler le courage d’aller à la rencontre d’un ami, de prier pour son bonheur et partager sincèrement et passionnément le bouddhisme avec lui – se dépasser intérieurement de cette manière fait tomber les murs qui existent dans notre cœur et touche aussi le sien. (Série d’essais « La citadelle éternelle du mouvement Soka »)   Notre pratique bouddhique n’est pas une obligation, mais un droit qui nous permet de devenir heureux. Les bienfaits que nous accumulons sont directement proportionnels à notre détermination et à nos efforts dans la foi. (La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 2- La révolution humaine, part. 2/2, chap. 16-Tirer le meilleur profit de chaque journée, p. 117. (Accessible en ligne : 17.6)   La valeur de notre jeunesse ne se mesure pas à l’aune de notre statut ou de notre apparence, mais plutôt à la philosophie que nous adoptons, le serment que nous faisons et les efforts que nous déployons sans cesse. (Message pour la réunion générale de l’académie du département des jeunes hommes, septembre 2018)   En approfondissant notre compréhension du bouddhisme de Nichiren, nous pouvons transformer les questions et les doutes en clarté […]. En d’autres termes, si nous renforçons notre foi grâce à l’étude bouddhique, nos prières seront pleines de gratitude et de joie, ce qui nous permettra de faire apparaître, librement et avec force, le bienfait du Gohonzon. (Foi, pratique et étude : les bases du bouddhisme de Nichiren, p. 59)   Nul n’est parfait. Alors, compensons nos faiblesses respectives et mettons à profit nos forces. Avoir l’esprit de s’unir aux autres de cette manière est une source de bonne fortune. (Discours prononcé à la conférence des représentants, juillet 1995)   Quand une personne devient un soleil d’espoir, elle peut créer l’harmonie dans sa famille. L’humanisme qui rayonne chez celles et ceux qui gardent la Loi merveilleuse illumine tout leur entourage et permet de créer une famille heureuse. (Série d’encouragements « Avancer avec les écrits de Nichiren »)   C’est parce que nous rencontrons des difficultés que nous pouvons devenir heureux. En les affrontant directement, nous pouvons même accroître notre bonheur. Tels sont le cœur de la foi et l’essence même de la vie. (Discours prononcé à la réunion des responsables, janvier 1993)   C’est notre cœur qui touche celui des autres. Si nous nous exprimons de manière chaleureuse et humaine, sincère et sensible, nos paroles, même si nous manquons d’éloquence, toucheront les autres. (Discours prononcé à la réunion des responsables du siège, janvier 1989)   Par notre prière sincère, nous faisons le serment de réaliser kosen rufu, puis nous passons à l’action dans la société. Sur la base de ce serment, nous pouvons faire jaillir un courage et une sagesse infinis. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Tomber malade n’est pas un signe de défaite dans la foi. Même si vous êtes physiquement malade, si votre foi reste vigoureuse, vous pouvez goûter un bonheur indestructible. (Discours prononcé à la réunion nationale des responsables du département des hommes au Japon, octobre 1992)   Chaque journée, chaque seconde est décisive. Remporter la victoire maintenant est le point de départ de toutes nos victoires. Remportons la victoire là où nous sommes. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Nichiren enseigne l’esprit de « partager avec nos amis nos joies et nos peines » (cf. WND-II, 964). Le monde de la foi est un monde de liens forts et magnifiques fondés sur l’empathie mutuelle, où nous pouvons rire et pleurer ensemble. C’est un véritable havre de paix. (Série d’essais « Le chant de la victoire humaine »)   Les personnes que nous considérons comme des génies ont souvent travaillé sans relâche, en déployant bien plus d’efforts que les autres. En un sens, le talent est simplement la capacité à persévérer inlassablement dans ses efforts. C’est la clé pour couronner notre vie de victoires. Watakushi no ningengaku (Sur les personnages historiques et la société)   Celles et ceux qui déploient des efforts incessants dans le dialogue et apprennent sans cesse ne stagnent jamais. Une énergie illimitée jaillit de leur vie. (Discours prononcé à la conférence exécutive, avril 2009)   Derrière chaque réussite, il y a les efforts de nombreuses personnes. Un responsable qui garde toujours cela à l’esprit et reste humble et reconnaissant remportera toujours la victoire. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 30-II, p. 32)   L’enseignement de la Loi merveilleuse nous permet de tirer la meilleure part de toute expérience. Cela nous permet de voir que même les périodes de la pire adversité, dans lesquelles nous avons pu trébucher, nous relever et tomber encore, ont contribué à faire de nous les personnes que nous sommes. (Jazz, bouddhisme et joie de vivre. Échanges entre Herbie Hancock, Daisaku Ikeda et Wayne Shorter, Acep, 2019, p. 172)   Nous nous réunissons en petits groupes, et faisons briller notre nature de bouddha tout en avançant ensemble. Nos rassemblements de personnes ordinaires qui mènent des dialogues de cœur à cœur ont lieu partout dans le monde – ce sont de nobles assemblées en accord avec l’esprit de Nichiren. (Éditorial du Daibyakurenge, mai 2018)   Kosen rufu n’est pas une lutte abstraite. C’est une entreprise qui requiert des efforts constants. Une prière sincère est toujours suivie d’actions. Passons à l’action ! Affrontons les défis qui se présentent à nous ! (Discours prononcé au séminaire des représentants des départements, août 2007) La lecture nous permet de comprendre le cœur des autres et polit le miroir de notre propre cœur. Illuminons les autres avec la lumière de la sagesse. (Série d’essais « Notre voie éclatante vers la victoire »)   Construire est une lutte longue et difficile alors que détruire ne prend qu’un instant. Déployer des efforts pour éviter de tomber dans la négligence et l’autosatisfaction est la clé pour être victorieux dans la vie. (Discours prononcé à la réunion nationale des responsables du département des étudiants, avril 1998)   Le bouddhisme de Nichiren est le bouddhisme de l’ensemencement. Quand nous présentons le bouddhisme aux autres en partageant avec eux ne serait-ce que quelques mots, nous semons la graine de l’atteinte de la bouddhéité, une graine qui ne disparaîtra jamais. (Série d’essais « La citadelle éternelle du mouvement Soka »)   Le mois de la fondation de notre mouvement [novembre] est celui de la création d’une histoire nouvelle. Remportons la victoire à chaque instant. Brisons notre ancienne coquille et prenons un tout nouveau départ ! (Série d’essais « Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine »)   Ayons de l’espoir, faisons preuve de courage et vivons avec audace ! Plus nous affrontons directement l’adversité, plus nous nous renforçons. C’est ce que signifie mener une vie digne d’un être humain. (Discours prononcé lors d’une session de photos commémoratives, décembre 2001) Qu’est-ce que la culture ? C’est la lutte pour la paix contre la violence. C’est la lutte pour l’humanisme contre la barbarie. C’est la lutte pour l’espoir, consistant à transformer même les tragédies en histoires joyeuses. (Série pour le groupe Avenir « Déployez vos ailes vers l’avenir »

Messages SGI

Mobiliser la solidarité mondiale pour relever les défis de la crise climatique

Le 5 novembre 2025, le Comité des perspectives mondiales de la Soka Gakkai internationale (SGI) a publié la déclaration suivante : En cette période critique, deux menaces existentielles mettent en péril la survie des générations présentes et futures : le risque croissant d’utilisation d’armes nucléaires, aujourd’hui à son plus haut niveau depuis la fin de la guerre froide, et l’intensification de la crise climatique, si urgente qu’elle a été qualifiée de « bouillonnement planétaire ». En janvier 2025, la Soka Gakkai internationale (SGI) a publié une déclaration sur la prévention de l’utilisation d’armes nucléaires. Fidèle à cet engagement pour la survie et en amont de la trentième Conférence des parties (COP30) à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui se tiendra à Belém, au Brésil, à partir du 10 novembre, la SGI publie la déclaration suivante. Déclaration Cette année, des températures anormales affectent des régions du monde entier à un rythme encore plus rapide que l’année dernière, officiellement enregistrée comme la plus chaude de l’Histoire. Des pluies torrentielles et des inondations sans précédent se produisent avec une fréquence croissante, causant des dégâts catastrophiques d’une ampleur inimaginable auparavant. Alors que la concentration atmosphérique de dioxyde de carbone, principal gaz à effet de serre, atteint un niveau record, tous les glaciers de référence de la planète continuent de fondre et le niveau moyen des mers a atteint un record pour la treizième année consécutive. De plus, l’augmentation sans précédent des feux de forêt massifs a contribué à une forte hausse de la perte de forêts primaires dans le monde, portant la superficie totale perdue à un niveau record. Force est de constater que « l’avenir n’est plus ce qu’il était1 ». Par le passé, même face aux mutations des sociétés, l’avenir restait perçu comme relativement prévisible. Or, nous constatons aujourd’hui une multiplication des crises – qu’il s’agisse de la hausse des températures ou des catastrophes naturelles – si bien que les populations de nombreux pays ressentent un bouleversement brutal et indéniable, le sentiment d’être entrées dans une dimension radicalement différente de tout ce qu’elles ont connu jusqu’ici. Face à l’incertitude croissante quant à l’avenir, l’inquiétude grandit quant à l’approche d’un seuil critique concernant la crise climatique et ce, dans deux domaines clés. Le premier concerne l’augmentation effective des températures moyennes mondiales. L’objectif fixé par l’accord de Paris, à savoir limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, est désormais gravement menacé. Les conséquences de la crise climatique ont déjà causé de graves dommages aux habitations et aux moyens de subsistance, notamment dans les États insulaires du Pacifique et ailleurs, et le nombre de personnes touchées ne cesse d’augmenter. Un réchauffement bien au-delà de la limite de 1,5 °C nuira inévitablement de façon encore plus grave à la vie, à la dignité et aux moyens de subsistance des populations du monde entier. Le second sujet de préoccupation est le risque croissant ­d’affaiblissement de la solidarité internationale, pourtant essentielle pour relever nos défis communs. Ces dernières années, parvenir à un consensus entre pays développés et pays en développement est devenu de plus en plus difficile, et des mesures telles que la hausse des droits de douane ont alimenté les craintes quant à l’avenir de l’économie mondiale. De ce fait, la coopération visant à réduire significativement les émissions de gaz à effet de serre se heurte désormais à de sérieux obstacles. Face à une incertitude et une instabilité croissantes, un sentiment de résignation pourrait s’installer parmi les populations du monde entier, laissant entendre que la résolution de la crise climatique est peut-être hors de notre portée. Si un tel désespoir se propage, il compromettra non seulement la dynamique en faveur d’une intensification de l’action climatique, mais menacera également l’engagement pris dans les efforts déjà déployés. Il existe néanmoins de nombreux domaines où chacun d’entre nous, au sein de la société civile, peut faire entendre sa voix et agir pour promouvoir une transformation plus large. Par exemple, les énergies renouvelables, dont le développement était autrefois considéré comme irréalisable pour de nombreux pays, devraient désormais, selon les projections de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dépasser le charbon et devenir la première source d’électricité mondiale en 2026. Le Brésil, pays hôte de la COP30, a également accueilli le Sommet de la Terre en 1992, où la CCNUCC et la Convention sur la diversité biologique (CDB) ont été ouvertes à la signature pour la première fois. Ces accords historiques, ainsi que la coopération internationale observée ces dernières années face à la pandémie de Covid-19, nous rappellent avec force que les êtres humains possèdent intrinsèquement la capacité de s’unir par-delà les frontières nationales et de tracer ensemble un chemin commun. Même face à des crises sans précédent, nous sommes capables de maintenir un esprit de solidarité, de nous unir pour protéger la vie et la dignité de chacun et de refuser de céder au désespoir. Guidée par cette conviction, la SGI s’efforce de sensibiliser le public à la crise climatique et aux autres enjeux environnementaux. Dans ce cadre, nous avons organisé l’exposition « Graines d’espoir & Action : faire des ODD une réalité », une initiative conjointe de la SGI et de la Charte de la Terre Internationale, présentant des pistes pour un mode de vie durable. Cette exposition a été présentée en dix langues dans vingt-quatre pays et territoires. Par ailleurs, la Soka Gakkai collabore depuis 2021 avec l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) pour soutenir les efforts de reforestation en Afrique de l’Ouest. Ces initiatives s’inscrivent dans notre engagement plus large en faveur de la construction d’une société mondiale durable. À cette occasion, nous souhaitons formuler deux propositions, l’une axée sur la société civile et l’autre sur la jeunesse, visant à renforcer la solidarité internationale afin de contribuer à catalyser les progrès dans la lutte contre la crise climatique, en nous appuyant sur l’expérience acquise grâce à nos efforts continus. Renforcer la solidarité au sein de la société civile La première proposition porte sur la mobilisation de la société civile. Pour faire face à la crise climatique, notamment par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, les mesures nationales ne suffisent pas. Il est urgent d’unir la volonté de tous autour d’un avenir d’espoir et de sécurité. Les initiatives de la société civile offrent un socle d’action fondé sur une détermination sans faille à résoudre cette crise. Les communautés religieuses et leurs diverses traditions de foi peuvent jouer un rôle essentiel dans cet effort. Lors d’un événement organisé par le Comité de liaison interreligieux (CLI) auprès de la CCNUCC, pendant la COP29 en Azerbaïdjan, en novembre 2024, un représentant de la SGI a souligné le point suivant : avec plus de 80 % de la population mondiale adhérant à une forme de croyance ou de conviction religieuse, les communautés de foi sont particulièrement bien placées pour inspirer la transformation comportementale indispensable à la lutte contre la crise climatique. Alors que la SGI poursuit son engagement sur la question du changement climatique en collaboration avec d’autres organisations non gouvernementales (ONG), l’accent est mis en particulier sur trois domaines clés : Diffuser des informations exactes sur le changement climatique ; Donner la parole aux personnes en situation de vulnérabilité – notamment celles qui subissent directement les impacts des changements climatiques – et garantir leur inclusion dans les espaces de dialogue et de prise de décision ; En tant que personnes de foi, nous encourageons une perspective ancrée dans l’humanité et les réalités vécues par les gens ordinaires comme principe directeur dans les discussions relatives au climat. Parmi ces domaines, les deuxième et troisième font référence à l’approche du président de la SGI, Daisaku Ikeda, qui, tout au long de sa vie, s’est engagé sans relâche dans le dialogue et a élaboré des propositions concrètes pour répondre aux enjeux communs de l’humanité, notamment le changement climatique. Dans sa Proposition pour la paix de 2020, le président Ikeda a insisté sur la nécessité de ne jamais abandonner ceux qui luttent dans des conditions difficiles. Il a notamment évoqué la situation critique des populations insulaires confrontées à des crises telles que la submersion des terres due à la montée des eaux. Il a également présenté les travaux de l’Institut Toda pour la paix, qu’il a fondé en 1996, et a souligné que cet institut mène des recherches sur les impacts du changement climatique sur les pays insulaires du Pacifique depuis 2018. Il a averti : « Même si ces populations se déplacent vers une autre île et parviennent à une sécurité matérielle, elles resteront privées de ce que le rapport qualifie de “sécurité ontologique” dont elles bénéficiaient en vivant sur leur île d’origine. Le projet conclut que la prise en compte de cette souffrance irréparable doit faire partie intégrante de toute action visant à lutter contre le changement climatique. » Il a également insisté : « Lorsqu’on aborde les conséquences du changement climatique, on a tendance à se concentrer sur l’ampleur des pertes économiques ou sur d’autres indicateurs quantifiables. Or, il me semble essentiel de prendre en compte les souffrances réelles de nombreuses personnes que ces indices macroéconomiques risquent d’occulter, et de placer cette question au cœur de nos efforts pour trouver ensemble des solutions. » Selon les projections de la Banque mondiale, si la hausse des températures mondiales se poursuit au rythme actuel, le nombre de réfugiés climatiques contraints de quitter leur environnement familier pourrait dépasser les 200 millions dans le monde d’ici à 2050. Dans ce contexte, l’appel du président Ikeda résonne aujourd’hui avec une urgence et une importance encore plus grandes. L’ONU et le Brésil, pays hôte de la COP30, ont appelé à ce que l’action climatique future soit guidée non seulement par des analyses politiques et scientifiques, mais aussi par un engagement éthique et une approche inclusive. Dans cette optique, le Bilan éthique mondial (BEM) a été élaboré comme cadre de dialogue dépassant les objectifs chiffrés tels que la réduction des gaz à effet de serre. Il préconise un réexamen fondamental, sous un angle éthique, de l’impact de l’humanité sur l’environnement. Le BEM vise à susciter une volonté collective, transcendant les frontières nationales, et à inciter l’humanité à adopter de nouveaux modes de vie et à bâtir un monde aux fondements éthiques solides. Au cœur de ces efforts réside la conviction que, sans une véritable transformation des comportements et des priorités de l’humanité, même les solutions technologiques les plus avancées ne pourront pleinement démontrer leur efficacité. Dans cette optique, la SGI, en tant qu’organisation confessionnelle, a exprimé son soutien à la mise en œuvre du BEM. Elle a activement contribué à ce processus, notamment par l’intermédiaire de ses jeunes, et a récemment présenté ses conclusions à la présidence de la COP30. Nous espérons contribuer à renforcer la solidarité entre les différentes traditions religieuses afin de donner plus d’ampleur à ces initiatives essentielles et de soutenir des actions concrètes, telles que la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui plus que jamais, toutes les traditions religieuses doivent être des sources de conscience humaine, incitant chacun à agir face aux défis mondiaux actuels. Elles sont également appelées à jouer un rôle plus actif pour inspirer la résilience de l’esprit humain – un esprit qui refuse de céder, quelle que soit l’adversité, et qui se redresse pour affronter les épreuves les plus redoutables. Dans cette optique, la SGI propose que davantage d’opportunités soient créées lors des conférences COP pour permettre aux organisations religieuses et aux organisations confessionnelles de se réunir, de partager leurs meilleures pratiques, d’apprendre les unes des autres et de travailler ensemble pour élaborer des solutions permettant de faire face à la crise climatique et de construire une société mondiale durable. Intégration de l’engagement des jeunes La deuxième proposition que la SGI souhaite formuler à cette occasion est la création d’un conseil permanent de la jeunesse au sein du Secrétariat de la CCNUCC, afin de renforcer les cadres institutionnels. Cet organe, dirigé par des jeunes, aurait pour mission d’explorer et d’élaborer de nouvelles mesures et stratégies de mise en œuvre pour relever les défis actuels, et de présenter ces idées lors des sessions annuelles de la COP. Ces dernières années, les jeunes ont fait entendre leur voix, appelant avec urgence à une action climatique plus ambitieuse pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et partageant des idées et des initiatives dans leurs pays et communautés respectifs. Derrière ces actions se cache une détermination profonde et inébranlable à préserver les fondements non seulement de leur propre survie, mais aussi de celle des générations futures. Au cœur de cette détermination réside un puissant désir de façonner eux-mêmes un avenir meilleur. Parce que les décisions prises aujourd’hui par la communauté internationale auront un impact majeur sur la jeunesse actuelle et les générations futures, les demandes de leur inclusion dans les processus décisionnels se sont intensifiées. Ceci est essentiel pour parvenir à la justice climatique. Dans ce contexte, en 2022, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution historique reconnaissant le droit humain à un environnement sain, propre et durable. C’était la première fois que l’Assemblée générale reconnaissait formellement ce droit. Notamment, la résolution mentionnait également les générations futures comme les bénéficiaires légitimes de ce droit. Au fil des ans, la SGI a souligné l’importance d’intégrer la perspective des droits humains à l’action climatique. Nous l’avons fait notamment au Conseil des droits de l’homme des Nations unies et lors des COP annuelles, ainsi que lors d’un événement parallèle à la sixième session de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (UNEA-6), qui s’est tenue au Kenya en 2024. La SGI participe également à l’initiative « Appel mondial » pour la reconnaissance universelle de l’accès à un environnement sain, propre et durable comme un droit humain. En juillet de cette année, la Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis consultatif novateur déclarant que les États ont l’obligation de protéger l’environnement des émissions de gaz à effet de serre. La Cour a affirmé que le respect de cette obligation exige des États qu’ils fassent preuve de diligence raisonnable et qu’ils coopèrent entre eux pour prendre des mesures efficaces. C’est la jeunesse qui a joué un rôle déterminant dans ce processus historique. Inspiré par le plaidoyer du mouvement étudiant des îles du Pacifique contre le changement climatique (PISFCC), mené par des jeunes, l’État de Vanuatu a pris l’initiative qui a conduit à l’adoption, en mars 2023, d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies demandant l’avis consultatif de la Cour internationale de justice, lançant ainsi la procédure judiciaire. Il est essentiel que la passion et le dynamisme de la jeunesse soient pleinement intégrés au cadre international de lutte contre la crise climatique, afin qu’elle puisse impulser de profondes transformations. « L’avenir n’est plus ce qu’il était. » Telle est la mise en garde léguée à l’humanité du XXIe siècle par le Dr Aurelio Peccei, cofondateur et premier président du Club de Rome. Le Dr Peccei n’entendait cependant pas ces mots uniquement comme un avertissement quant aux crises à venir. Il était plutôt convaincu que si l’avenir s’est si radicalement éloigné de la conception traditionnelle, les méthodes et systèmes conventionnels ne suffiraient plus à relever les défis qui nous attendent. Il sous-entendait ainsi que le leadership nécessaire à l’élaboration de solutions efficaces devait être confié aux jeunes générations. Dans sa Proposition pour la paix de 2020, publiée quatre mois après le Sommet historique des jeunes pour le climat des Nations unies, le président Ikeda a rappelé sa conviction partagée avec le Dr Peccei quant au potentiel illimité de la jeunesse, telle qu’exprimée dans leur dialogue Cri d’alarme pour le XXIe siècle (1986) : « Contrairement à des problèmes tels que la pollution et l’épuisement des ressources, qui étaient des sujets de préoccupation lors de la publication de l’ouvrage Les limites à la croissance et dont les causes peuvent, pour la plupart, être dissociées, les facteurs à l’origine des changements climatiques sont intégrés à tous les domaines de notre vie quotidienne et de notre activité économique, ce qui rend la recherche de solutions d’autant plus difficile. […] « C’est précisément parce qu’il est si complexe et qu’il exige une approche multidimensionnelle que nous pouvons considérer le défi du changement climatique comme offrant une remarquable diversité d’opportunités aux êtres humains de donner libre cours à leur potentiel illimité. » Avant même cette proposition, le président Ikeda n’a cessé de souligner l’importance cruciale d’intégrer activement la voix des jeunes dans la recherche de solutions aux défis mondiaux. Dans une proposition de réforme de l’ONU de 2006, par exemple, il préconisait la création d’une agence spécialisée dédiée à la mobilisation des jeunes du monde entier, ou d’un département de la jeunesse au sein de l’administration onusienne. Conformément à cette proposition, le Bureau de la jeunesse des Nations unies a été créé au sein du Secrétariat de l’ONU en décembre 2023. Ce bureau vise à dynamiser et à accroître l’engagement des jeunes au sein du système des Nations unies ainsi que leur influence. Ce renforcement de la participation des jeunes doit constituer une priorité absolue pour les cadres internationaux de lutte contre la crise climatique. À cet égard, Mary Robinson, fervente défenseure de la justice climatique et du dialogue intergénérationnel, et ancienne présidente du groupe The Elders – qui réunit d’anciens chefs d’État et de gouvernement, des défenseurs des droits humains et d’autres personnalités politiques –, a lancé, en janvier 1925, l’appel suivant aux côtés de Felipe Paullier, directeur du Bureau des Nations unies pour la jeunesse : « Les défis complexes auxquels nous sommes confrontés à l’échelle mondiale exigent la force morale de s’attaquer non seulement aux problèmes actuels, mais aussi aux risques et aux opportunités à long terme. Ce leadership n’est pas intrinsèquement lié à une seule génération, mais il est renforcé lorsque la prise de décision intègre des perspectives diverses, notamment celles des jeunes. Impliquer les jeunes comme partenaires à part entière enrichit le processus décisionnel, en y intégrant des idées novatrices et une vision d’avenir qui profitent aux générations présentes et futures. » Dans cette perspective, l’organisation bouddhiste italienne Soka Gakkai participe activement à l’initiative internationale Youth4Climate (Y4C), copilotée par le gouvernement italien et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Cette initiative vise à donner aux jeunes leaders climatiques et aux organisations de jeunesse les moyens de développer et de mettre en œuvre des solutions innovantes et efficaces face au changement climatique. À ce jour, Y4C a apporté un soutien financier à une centaine de projets menés par des jeunes dans cinquante-deux pays. En mars 2024, les jeunes de la SGI au Japon ont collaboré avec d’autres organisations de la société civile pour organiser le Festival de l’action pour l’avenir (Future Action Festival) au Stade national de Tokyo. Cet événement appelait à une action immédiate face à la crise climatique et à l’abolition des armes nucléaires. Les témoignages de quelque 120 000 personnes, recueillis lors d’un sondage réalisé en amont de l’événement, ont servi de base à une déclaration commune, utilisée depuis dans le cadre d’actions de sensibilisation. En septembre 2024, des représentants de la SGI ont participé au Sommet de l’avenir qui s’est tenu au siège des Nations unies, où ils ont coorganisé des événements parallèles permettant de partager le point de vue des jeunes. Nous sommes fermement convaincus que la promotion de telles initiatives, qui intègrent pleinement l’engagement des jeunes au sein d’un activisme de la société civile en constante expansion, ainsi que la création d’un conseil permanent de la jeunesse au sein du Secrétariat de la CCNUCC, seront un puissant vecteur de changement véritable. Il est temps de créer des espaces et des opportunités pour que les jeunes puissent déployer tout leur potentiel et jouer les rôles dont ils sont capables. Ignorer la gravité de la situation qui se déroule sous nos yeux n’enrayera pas l’accélération de la crise. Forts des deux piliers proposés ci-dessus – la mobilisation citoyenne mondiale et le renforcement des institutions où la jeunesse est pleinement intégrée –, œuvrons ensemble pour relever ce défi historique : protéger non seulement la vie, la dignité et les moyens de subsistance des habitants de cette planète aujourd’hui, mais aussi de ceux des générations futures. Le Comité des perspectives mondiales de la SGI publie des déclarations proposant des pistes de solution aux défis mondiaux les plus urgents, s’appuyant sur les idées défendues par le président de la SGI, Daisaku Ikeda, dans ses propositions pour la paix. Ce Comité regroupe des dirigeants de la SGI engagés dans des actions de paix dans divers pays d’Afrique, d’Asie-Pacifique, d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine.

Paroles d'encouragement

Extrait Journal de jeunesse

Le Journal de jeunesse d’Ikeda Sensei vient de paraître aux éditions Acep. Il constitue sans aucun doute une grande source d’encouragements pour tous. Nous vous présentons ici des pages écrites 1 il y a tout juste soixante-dix ans, en février 1956, alors que Daisaku Ikeda était âgé de 28 ans. Le contexte 1956 Dans son message du Nouvel An publié dans le Seikyo Shimbun, le président Toda affirme que, bien que le Japon ait jusque-là atteint un certain niveau de stabilité économique, politique et diplomatique, il semble encore manquer quelque chose. Ce vide, explique-t-il, provient de l’incapacité des gens à vivre chaque jour avec énergie, force vitale et dynamisme. Il insiste sur l’importance de faire émerger un groupe de personnes dignes de confiance aux yeux de la société. Dans le même numéro, sur la page consacrée au département de la jeunesse, Daisaku Ikeda, alors responsable de la coordination générale de ce département, exprime sa vision de la mission des jeunes. Il appelle la jeunesse à faire apparaître et à cultiver une foi puissante et à se dresser avec la conscience qu’elle portera la nouvelle ère sur ses épaules. En cinq ans, depuis sa première parution en 1951, le Seikyo Shimbun est passé d’un bulletin de deux pages, publié trois fois par mois, avec un tirage de 4 000 exemplaires, à un hebdomadaire de quatre pages dépassant les 200 000 abonnés. […] Afin de réaliser l’objectif cher au président Josei Toda ­d’atteindre 750 000 foyers membres, la Soka Gakkai fixe un objectif de 500 000 foyers pour l’année 1956. […] Dès le début de l’année, la célèbre campagne d’Osaka se déploie sous la direction de Daisaku Ikeda. La première étape de cette campagne est d’aider les pratiquants de la région à se familiariser en profondeur avec les principes du bouddhisme de Nichiren par l’étude. En parallèle, le responsable de la coordination Daisaku Ikeda s’emploie avec une grande minutie à rencontrer et à encourager un maximum de personnes à travers des directives empreintes d’une foi profonde. Ces efforts répétés avec patience font émerger une vague de foi et de pratique sans précédent. […] Mercredi 1er janvier Nuageux. Nichiren enseigne que le véritable « palais du bonheur » ne se trouve nulle part ailleurs qu’au plus profond de la vie d’une personne, dans sa détermination. C’est la philosophie de vie noble et éternelle, le grand idéal pour le XXIe siècle, la cristallisation du spirituel et du matériel. La lettre de Nichiren Les trois sortes de trésors dit : « Les trésors du corps sont plus précieux que les trésors du grenier, et les trésors du cœur sont les plus précieux de tous. » (Écrits, 858) Veux passer ma vie à mettre cette idée en pratique et à en prouver la justesse. Au siège à partir de 18 h. Réunion des professeurs du département d’étude. Tout simplement stupéfait par la profondeur philosophique et la richesse du cours de Sensei. Puis, préparation de la campagne d’Osaka avec F. et K. Un dialogue de fond. Ils ne comprennent pas mon intention. Multiplier par dix le nombre de foyers actuels, qui sont déjà plus de 20 000, nécessite une campagne monumentale. Ils n’en mesurent pas toute la portée. […] Mardi 7 février Ciel dégagé. Étant une personne aux capacités moyennes, je porte en moi bien des contradictions, parfois j’ai envie d’écrire, parfois non. Comme jeune homme, je vis de nombreux contrastes, parfois je suis emporté par de rapides courants, parfois je tiens bon face aux torrents déchaînés. Parfois, je goûte la solitude, et parfois, je me réjouis de discuter avec les autres. La vie elle-même a bien des aspects. On lit dans le chapitre « La durée de la vie de l’Ainsi-Venu » du Sûtra du Lotus : « Ils perdent toute retenue et s’abandonnent aux cinq désirs et tombent dans les voies mauvaises de l’existence. Je distingue toujours parfaitement parmi les êtres vivants qui pratique la voie et qui ne la pratique pas. Pour répondre à leurs besoins d’être sauvés, je prêche diverses doctrines à leur intention. À tout moment je m’interroge : “Comment puis-je permettre aux êtres vivants d’accéder à la voie inégalée et d’acquérir rapidement le corps d’un bouddha ?” » (SdL-XVI, 223) Un jour de solitude. Jeudi 9 février Ciel dégagé. Début du printemps. Rien n’est plus imprévisible que le destin, que le chemin qui s’ouvre devant nous. Nul ne peut connaître l’avenir. J’en viens récemment à comprendre que la foi est, en définitive, quelque chose d’absolument essentiel. Sensei est rentré d’Osaka à 14 h. Heureux de le voir en excellente forme. La forteresse d’Osaka se consolide d’année en année. En juillet, je relèverai mon premier grand défi pour réaliser la fusion entre le bouddhisme et la société. Ce sera aussi, pour Sensei, la première grande bataille pour le bouddhisme de Nichiren. Dois avancer avec courage et détermination afin de lui témoigner toute ma reconnaissance. Ma détermination est vaste et profonde. Donné des encouragements personnels au siège dans l’après-midi. Sous mes yeux, je peux voir la souffrance causée par le poison des écoles fallacieuses. Le bouddhisme authentique face aux enseignements erronés. Même si, en apparence, elles semblent similaires, pourquoi est-il si difficile de comprendre qu’une religion se distingue fondamentalement selon qu’elle conduit au bonheur ou à la souffrance, au bien ou au mal ? Ai prodigué des encouragements de toutes mes forces. À 18 h, réunion des professeurs adjoints du département d’étude. Ressens toujours que je n’étudie pas assez. Ensuite, suis allé dîner à Shinagawa avec des amis avant de rentrer chez moi.

Réflexions sur la NRH

Réflexions sur La Nouvelle Révolution humaine

Shizuoka est un modèle pour kosen rufu Par Ho Goku 1 « Soyons aussi imperturbables que le mont Fuji ! » – c’est avec cet état d’esprit que l’ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et moi avons abordé notre dialogue. Quelle que soit la force avec laquelle les vents soufflent, nous devons posséder un soi aussi imperturbable que le mont Fuji et mener notre vie au côté d’amis sur qui nous pouvons compter. Une de mes photographies du mont Fuji orne un mur d’une salle de réunion de M. Gorbatchev, en hommage à notre amitié. Le premier président fondateur de la Soka Gakkai Tsunesaburo Makiguchi était très sensible à la noblesse du mont Fuji. Dans La Géographie de la vie humaine, sa grande œuvre de jeunesse, il décrit à quel point cette montagne a le pouvoir de faire naître des sentiments élevés même dans le cœur de ceux qui le voient de très loin, en offrant sa beauté spectaculaire au regard. Dans le même ouvrage, M. Makiguchi exprime ses doutes sur les religions qui contraignent leurs croyants à effectuer des pèlerinages dans des lieux sacrés bien déterminés parce qu’il était profondément convaincu que les personnes ordinaires pouvaient vivre leur spiritualité sur la base de leur croyance profonde. Nichiren enseigne : « Quel qu’il soit, le lieu où nous résidons et pratiquons le Véhicule Unique est la capitale de la Lumière éternellement paisible. » (Réponse à Sairen-bo, Écrits, 316) La Loi merveilleuse est la loi universelle, éternelle et infinie à laquelle chacun peut accéder à tout moment, où qu’il se trouve, en toute égalité et sans discrimination. Ce n’est pas une loi destinée exclusivement à des moines insensés et étroits d’esprit résidant dans un temple de montagne. Le Pr Bryan Wilson, professeur émérite et ancien président de la Société internationale pour la sociologie des religions (SISR), avec qui j’ai publié un ouvrage, considérait qu’une organisation religieuse doit permettre à tous les êtres humains, quelle que soit leur nationalité, de pratiquer dans le contexte de leur vie quotidienne. Nichiren a largement ouvert la voie à une vaste propagation de la Loi merveilleuse dans tout le Jambudvipa, le monde entier. Au cours de la décennie écoulée depuis que la Soka Gakkai s’est affranchie des limites posées par un clergé anachronique, notre organisation a connu un développement sans précédent dans l’histoire du bouddhisme, jusqu’à s’étendre aujourd’hui à 180 pays et territoires à travers le monde 2. Le dernier lieu où le président Makiguchi s’est rendu avant que les forces de l’ordre ne l’arrêtent fut la préfecture de Shizuoka. Il avait appelé le temple principal pour réprimander le grand patriarche qui avait commis de graves offenses à la Loi en cédant aux demandes de l’État shintoïste et en acceptant les talismans shintos. Puis il était allé à Izu, lieu du premier exil de Nichiren, qui offre une vue panoramique sur le mont Fuji, pour propager le bouddhisme. Tel était l’esprit du noble père et maître de la Soka Gakkai. Cette année marque le cinquantième anniversaire de la publication par la Soka Gakkai des écrits de Nichiren en japonais sous le titre Gosho Zenshu. Dans la Lettre à Misawa, adressée à une disciple de la province de Suruga (l’actuelle préfecture de Shizuoka), Nichiren écrit que lorsque le roi-démon du sixième ciel voit kosen rufu progresser, il donne ce conseil à ses acolytes : « Que chacun de vous harcèle ce pratiquant selon ses talents. Si vous ne parvenez pas à lui faire abandonner sa pratique bouddhique, alors entrez dans l’esprit de ses disciples, moines et laïcs, et des habitants de son pays, et tentez ainsi de le convaincre ou de l’intimider. » (Écrits, 903) Puis, continuant à tisser son plan malveillant, le roi-démon déclare : « Si ces tentatives sont également infructueuses, je descendrai moi-même pour m’emparer de l’esprit et du corps de son souverain afin qu’il persécute ce pratiquant. Ensemble, comment ne pas l’empêcher d’atteindre la bouddhéité ? » (Ibid.) Depuis l’époque de Nichiren, Shizuoka a été la scène de luttes particulièrement terribles pour la Loi. Le territoire était alors sous le contrôle direct de la famille Hojo, les souverains militaires de l’époque, et tous éprouvaient haine et jalousie envers Nichiren. Par souci pour la sécurité de ses disciples laïcs vivant dans un environnement aussi dangereux, Nichiren s’abstint même de leur rendre visite, en particulier dans ce qui s’appelait alors le district Fuji de la province de Suruga, où résidaient de nombreux moines corrompus, qui considéraient Nichiren comme leur ennemi. Dans une lettre adressée à son jeune disciple Nanjo Tokimitsu, qui lutta vaillamment pour protéger la Loi dans cette région particulièrement hostile, Nichiren dénonce ainsi ceux qui ont renié leur foi : « Sho-bo, Noto-bo, et la nonne séculière de Nagoe furent autrefois des disciples de Nichiren. Bien qu’avides, lâches et insensés, ils se font passer pour des sages. Quand des persécutions s’abattirent sur moi, ils en profitèrent pour convaincre bon nombre de mes disciples d’abandonner. Si vous vous laissez influencer de la sorte, ceux qui, à Suruga, semblent croire dans le Sûtra du Lotus ainsi que ceux qui s’apprêtent à se convertir, tous, sans exception, rejetteront le Sûtra. » (L’œuvre de Brahma et de Shakra, Écrits, 806) Les traîtres de l’époque sont comparables aujourd’hui aux responsables ingrats qui ont quitté l’organisation ou à ceux qui ont obtenu des postes de haut niveau en politique grâce à notre soutien mais qui, par la suite, succombant naïvement à l’illusion de leur propre grandeur, ont abandonné leur foi et nous ont trahis, oubliant leur dette de reconnaissance. Quelle que soit l’époque, les traîtres suivent la même voie. Mon maître et deuxième président fondateur de la Soka Gakkai Josei Toda déclara dans l’un de ses commentaires sur la Lettre de Sado que les six maîtres non bouddhistes qui s’étaient opposés à Shakyamuni de son vivant devinrent par la suite des moines malintentionnés à l’époque de Nichiren, et que leurs descendants spirituels réapparaîtraient en tant que moines corrompus au sein de la Nichiren Shoshu. Sa prédiction se réalisa, comme le montrent clairement les agissements insensés de Nikken et de ses acolytes. Le président Toda avait prévu ce qui a lieu aujourd’hui. C’était un dirigeant doté d’une vision juste de l’avenir. Le dernier encouragement qu’il nous a laissé est le suivant : « Ne relâchez jamais votre lutte contre le mal. » Nous ne devons pas laisser ces moines et anciens politiciens et dirigeants ingrats troubler notre noble organisation. Nous ne devons pas nous laisser tromper par les fourbes serviteurs du roi-démon du sixième ciel. Ne nous laissons pas abuser par les traîtres et ne craignons jamais ceux qui retournent lâchement leur veste. Il faut expulser ces personnes de la Soka Gakkai, le mouvement de croyants le plus harmonieux au monde. Nous devons leur faire prendre conscience de leurs erreurs de conduite et de leur insupportable arrogance. Tel était l’esprit rigoureux de mon maître. Cette année encore, les pratiquants de Shizuoka réalisent de remarquables avancées avec leur devise, « Devenons une région modèle ! Que Shizuoka soit le moteur de kosen rufu ! » Ils mènent une campagne audacieuse pour réfuter ce qui est erroné et révéler ce qui est correct dans leur préfecture, qui inclut Fujinomiya et ses environs où se trouve le temple principal de la Nichiren Shoshu. Le nombre d'abonnés au journal Seikyo a également augmenté de manière remarquable. Les « régions modèles » se distinguent toujours par leurs réunions de discussion débordant de dialogues animés. À la réunion des responsables de septembre 1968, j’ai rappelé que les réunions de discussion où rayonne l’esprit de défi sont une tradition de la Soka Gakkai. La première réunion de discussion à laquelle j’ai assisté après avoir fait cette déclaration se trouvait à Fujinomiya, dans la préfecture de Shizuoka. Elle se tint le 12 octobre dans une grange rénovée, d’une superficie d’une trentaine de tatamis (env. 50 m2) et la salle vibrait de l’énergie dégagée par les nombreux participants. Avant de les rejoindre, je fis part de ma profonde reconnaissance au responsable de district d’avoir transformé ce lieu en salle de réunion. En cette occasion, j’ai répondu à la question d’une femme dont la famille s’opposait à sa pratique bouddhique. Je lui ai dit que lorsque je me suis engagé dans la Soka Gakkai, ma famille s’est elle aussi opposée à ma pratique mais que, grâce au pouvoir du Gohonzon, chacun de ses membres a connu une vie débordant de bonne fortune, de bonheur et d’accomplissements. Je lui ai dit que si elle se dressait courageusement dans la foi, elle mènerait toute sa famille au bonheur. Il y avait également ce jour-là un invité venu de Nagoya. Il m’a demandé : « Pouvez-vous m’expliquer en termes simples ce qu’est la religion ? » « En un mot, la religion est un ensemble de principes fondamentaux pour la vie quotidienne, lui ai-je répondu. Les principes d’une religion se manifestent à travers la vie et les actes de ceux qui la pratiquent. Par conséquent, si nous voulons mener une vie épanouie, dotée de bonne fortune du début à la fin, il est absolument crucial d’adopter une religion qui expose de grands principes d’une importance vitale pour notre existence. « Pour ma part, je suis convaincu que le Christ, Mahomet et Shakyamuni se sont dressés avec le même objectif : le bonheur de l’humanité. » Je me souviens qu’à cette réunion six personnes, dont l’invité de Nagoya, ont décidé de rejoindre la Soka Gakkai. En avril 1980, j’ai accueilli – avec des jeunes du mouvement Soka – l’écrivain Ba Jin (1904-2005), membre de l’Association des auteurs chinois (il en était à l’époque le président) dans notre centre bouddhique de Shizuoka, situé à Atami. Ba Jin et moi nous sommes déjà rencontrés à quatre reprises pour dialoguer. Je lui ai notamment rendu visite chez lui à Shanghaï. J’ai appris les épreuves qu’il avait traversées durant la décennie de la révolution culturelle (1966-1976). En tant que défenseur de la vérité et de la justice, il fut exclu du monde littéraire par la fameuse bande des Quatre. Il devint alors la cible de milliers d’attaques publiques, ce qui précipita la mort de son épouse bien-aimée. Mais il endura tout cela avec l’indomptable conviction que le bien triompherait en définitive du mal. Il savait qu’il ne devait pas laisser la terrible barbarie qui assujettissait la civilisation se transmettre à la génération suivante. Et il remporta finalement une victoire totale. « J’ai été témoin de la chute de la bande des Quatre, se souvint-il. Ils avaient inventé des mensonges, trompé les gens et s’étaient eux-mêmes fourvoyés, mais ils ont fini par être démasqués, et j’ai vu la nation entière les rejeter. » Je voudrais aussi transmettre ces paroles, pareilles au rugissement d’un lion, qui expriment bien l’esprit de Ba Jin, à mes chers compagnons du département de la jeunesse de Shizuoka. : « La jeunesse est d’une beauté infinie ! » Et il a aussi écrit avec une puissante conviction : « Je crois que tous les maux du féodalisme seront complètement défaits et éliminés grâce à la jeunesse ! »

Podcast "Sème la joie"