La sagesse pour créer le bonheur et la paix, partie I : Le bonheur
Chapitre 2 : « Établir un état de vie heureux » Nous publions ici quelques extraits de la série « La Sagesse pour créer le bonheur et la paix », vol. 1, Le Bonheur. Publié une première fois en 2017 par l’Acep, cet ouvrage fera l’objet d’une nouvelle parution en ce début d’année 2024 dans une version corrigée et enrichie. Les extraits ci-dessous, tirés du chapitre « Établir un état de vie heureux », ne figuraient pas dans le volume précédent. 2.1 Vivre avec optimisme Le bouddhisme de Nichiren enseigne que l’état de vie infiniment noble et digne de respect de la bouddhéité, doté de la plus haute forme de sagesse, de courage et de bienveillance, est inhérent à la vie de tous. Lorsque nous manifestons cet état de vie, notre manière d’envisager les choses change radicalement, et nous pouvons établir l’état de vie d’un bonheur absolu et inaltérable, empreint d’une liberté totale. Ce chapitre présente les enseignements du président Ikeda relatifs à cette transformation intérieure. Dans cet extrait, le président Ikeda explique que les personnes qui adoptent la Loi merveilleuse peuvent mener une vie pleine d’optimisme, où la vie elle-même est ressentie comme une expérience heureuse. Menons une vie joyeuse, dynamique et agréable. Nous avons le Gohonzon, nous avons la Loi merveilleuse. Cela signifie que chacun de nous est l’incarnation de la Loi merveilleuse et la manifestation d’une bonne fortune illimitée, chacun de nous est une Tour aux trésors majestueuse. Nous ne serons donc jamais vaincus, nous n’avons rien à craindre. Lorsque nous avons la profonde conviction que notre vie est la Tour aux trésors et que nous sommes tous la manifestation de la bouddhéité, la vie nous apparaît comme agréable et plaisante. La finalité de notre pratique bouddhique et de notre foi est de parvenir et de goûter à un état de vie aussi merveilleux. Les personnes qui inscrivent leur vie dans le courant de la Soka Gakkai et de kosen rufu connaîtront un tel état de vie empli de joie pour l’éternité, à travers les trois existences (la vie dans le passé, le présent et le futur). Vivons-nous de manière optimiste ou pessimiste ? Les personnes pessimistes ne voient que l’aspect triste, sombre ou douloureux des choses et des événements. « Que ferais-je si mon mari décède ? » « Que se passera-t-il si ma femme tombe malade ? » « Et si je n’arrive pas à réaliser mes objectifs ? » « Et si ma fille tombe amoureuse de quelqu’un qui n’est pas bien pour elle ? » Si vous avez constamment des pensées pessimistes, ce pessimisme finira par altérer votre esprit, et vous ne pourrez jamais être heureux. Si vous voyez toujours les choses sous un jour négatif et sombre, si vous ne cessez pas de vous plaindre et de vous inquiéter : « Je n’ai jamais d’argent », « Oh ! non, encore une réunion ! », « Est-ce que je ne vais pas encore me faire réprimander aujourd’hui ? » – alors votre vie ne sera qu’une austérité pénible ! À l’inverse, vous pouvez tout aussi bien voir le bon côté des choses et considérer chaque événement sous un jour positif, réjouissant et plein d’espoir. C’est cela, l’optimisme, et sa forme la plus élevée est la foi dans la Loi merveilleuse. Si vous tombez malades, par exemple, vous pouvez penser : « Je vais pouvoir me reposer maintenant ! Voilà une occasion de réfléchir sur le sens des trois existences (la vie dans le passé, le présent et le futur) ! » Et, le cœur plein d’espoir, vous pouvez affirmer que vous ne serez pas vaincus par cette maladie, que vous triompherez, et que vous vaincrez ainsi le « démon de la maladie ». Les personnes optimistes sont fortes, elles discernent ce qu’il y a de positif dans toute chose et décident d’en faire une réalité visible par tous. J’espère que vous vivrez avec optimisme, que vous ne serez jamais vaincus par les aléas de la vie, que vous transformerez les épreuves en joie, et que vous choisirez de rire de l’adversité à l’instar du célèbre acteur comique Charlie Chaplin. D’après un discours prononcé lors d’une réunion générale de la SGI du Canada, à Vancouver, le 1er octobre 1993. 2.2 La clé du bonheur est la transformation intérieure Le bonheur dépend de notre état d’esprit. C’est pourquoi la Soka Gakkai, mouvement qui adhère à la philosophie selon laquelle « c’est le cœur qui est important » et qui s’efforce d’aider les gens à transformer leur vie, incarne la voie fondamentale conduisant au bonheur. Nous pouvons rencontrer toutes sortes de difficultés dans le cours d’une vie. Il y aura aussi sans aucun doute des moments où nous devrons faire face à des situations qui échapperont à notre contrôle. Mais pourquoi est-ce que, dans une même situation, une personne avance de manière dynamique tandis qu’une autre éprouve de la tristesse et se plaint ? C’est parce que le bonheur est une condition intérieure, quelque chose que l’on ressent dans notre cœur. Si nous menons notre vie avec joie, si nous apprécions la vie, alors nous sommes vainqueurs. C’est pourquoi il est si important de transformer notre cœur et notre esprit. Telle est l’essence du bouddhisme de Nichiren. Ce ne sont pas les apparences qui comptent. Il y a beaucoup de personnes dont la situation est enviée par les autres, mais qui sont en réalité très malheureuses. Ceux qui ont un cœur fort, sage, souple et généreux restent optimistes et positifs, quoi qu’il arrive. « C’est le cœur qui est important » (La stratégie du Sûtra du Lotus, Écrits, 1011), écrit Nichiren. Tel est le fondement du bonheur – un fondement que nous établissons grâce à la Loi merveilleuse. Nichiren déclare : « Le moyen merveilleux de surmonter les obstacles physiques et spirituels qui entravent tous les êtres vivants n’est autre que Nam-myoho-renge-kyo. » (Le moyen merveilleux de surmonter les obstacles, Écrits, 849) Le bonheur n’est pas qu’un simple mot. Il ne se trouve pas dans des objets, pas plus qu’il n’est déterminé par la richesse, le statut social ou la célébrité. La clé consiste tout d’abord à réciter Nam-myoho-renge-kyo. En faisant cela, nous sentirons un regain de force vitale. Éprouver de la joie dans les profondeurs de notre vie, quoi qu’il arrive ; se réjouir chaque jour, à chaque instant, tout en dialoguant avec des amis et en pratiquant autant qu’on le souhaite sont autant d’exemples de bonheur authentique. Notre mouvement de la Soka Gakkai enseigne le moyen fondamental de parvenir à un tel bonheur. Si nous menons une existence fondée sur la foi en la Loi merveilleuse, nous connaîtrons la joie dans la vie comme dans la mort. Surmontons tous les obstacles avec sérénité, et continuons d’aller de l’avant avec joie et enthousiasme. Extrait d’un discours prononcé lors d’une session d’étude conjointe, à Nagano, le 6 août 2005. 2.3 L’état de vie des pratiquants de la Loi merveilleuse En décrivant trois caractéristiques ou qualités des pratiquants du bouddhisme de Nichiren, le président Ikeda nous appelle à être courageux et pleins d’espoir, tout en construisant un soi qui peut savourer la joie à tout moment. Qu’est-ce qui caractérise l’état de vie des véritables pratiquants du bouddhisme de Nichiren ? Tout d’abord, le fait de n’avoir aucune crainte – de ne pas être troublé ou intimidé par quoi que ce soit. Mensonges et tromperies sont fréquents dans la société. Il est insensé de se laisser ballotter par de telles choses ; cela ne conduit qu’au malheur. La Loi merveilleuse et [l’enseignement et la vie de] Nichiren sont absolument dépourvus de tout mensonge. La trajectoire la plus sage possible consiste donc à consacrer notre vie à une large transmission de la Loi – à kosen rufu. Du fait de notre foi dans le bouddhisme de Nichiren, nous pouvons parfois être confrontés à des attitudes désagréables de la part d’autres personnes. Nous pouvons aussi nous trouver amenés à travailler bien plus dur que bon nombre de ceux qui nous entourent. Mais tout cela fait partie de notre pratique bouddhique. Nichiren enseigne que nous pouvons atteindre l’illumination en cette vie. Cela impose de se frotter aux épreuves des « trois obstacles et des quatre démons 1 ». Si nous parvenons à faire cela, nous pourrons atteindre l’illumination en cette vie et goûter l’état de vie illimité de la bouddhéité pour toute l’éternité. C’est pour cela que, sans crainte, avec un esprit positif et courageux, il nous faut aller de l’avant, quoi qu’il arrive. La deuxième caractéristique consiste à vivre avec espoir et dynamisme. Rien n’est plus fort que l’espoir. La Loi merveilleuse est une source d’espoir éternel. Ceux qui ne perdent jamais l’espoir, quoi qu’il advienne, sont véritablement heureux. La troisième caractéristique est un état de vie où nous savourons la joie à chaque instant. Il s’agit d’éprouver une joie telle que, même au moment de la mort, nous puissions dire avec un sourire sincère : « J’ai vraiment mené une vie merveilleuse ! Et maintenant, où vais-je aller pour continuer ? » Tel est l’état de vie d’un authentique pratiquant du bouddhisme de Nichiren. Notre pratique bouddhique nous permet d’accéder à un état de vie toujours plus vaste où nous pouvons apprécier tout ce qui se passe dans l’existence. Comme il est dit dans le Recueil des Enseignements oraux, la foi dans la Loi merveilleuse est « la plus grande de toutes les joies ». (OTT, 212) Extrait d’un discours prononcé à l’occasion d’une conférence des représentants de la région de Chubu, à Aichi, le 26 mai 1997. 2.4 Notre bonheur est déterminé par notre état de vie intérieur Le bonheur n’est pas déterminé par les circonstances, mais chacun d’entre nous le crée pour lui-même par son état de vie intérieur. Le bouddhisme de Nichiren enseigne la manière d’élever cet état de vie. Le poète anglais John Milton a écrit : « L’esprit est à soi-même sa propre demeure ; il peut faire en soi un Ciel de l’Enfer, un Enfer du Ciel 2. » Produit de la profonde perspicacité du poète, cette déclaration fait écho à l’enseignement bouddhique des « trois mille mondes en un instant de vie 3». La manière dont nous percevons le monde et ressentons notre vie est déterminée uniquement par notre condition intérieure. Nichiren écrit : « Les esprits affamés perçoivent le Gange comme du feu, les êtres humains le perçoivent comme de l’eau, et les êtres célestes comme de l’amrita 4. Bien qu’il s’agisse toujours de la même réalité, elle apparaît différemment selon les rétributions karmiques du passé de chacun. » (Réponse au moine séculier Soya, Écrits, 488) « Les rétributions karmiques du passé de chacun » désignent notre état de vie actuel, qui est le résultat d’actions ou de causes antérieures créées par nos paroles, pensées et actes. Cet état de vie détermine notre vision et notre perception du monde extérieur. Dans des circonstances identiques, une personne peut jouir pleinement du bonheur, tandis qu’une autre éprouvera une souffrance insoutenable. Certains adorent le lieu où ils vivent et considèrent qu’il s’agit du plus bel endroit au monde, alors que d’autres le détestent et recherchent constamment le bonheur ailleurs. Le bouddhisme de Nichiren est un enseignement qui nous permet d’élever notre état de vie intérieur et de parvenir à une vie véritablement heureuse pour nous-mêmes ainsi qu’à la prospérité de notre société. C’est le grand enseignement de la « concrétisation des trois mille mondes en un instant de vie 5 » qui nous donne la possibilité de transformer le lieu où nous vivons en Terre de la lumière éternellement paisible 6. Qui plus est, la bonne fortune, les bienfaits et la joie que nous accumulons en vivant en accord avec la Loi éternelle (Nam-myoho-renge-kyo) ne sont pas temporaires. De la même manière que les arbres gagnent, année après année, de nouveaux anneaux de croissance, nos vies accumulent une bonne fortune qui perdurera à travers les trois existences (la vie dans le passé, le présent et le futur). À l’inverse, la richesse et la renommée, ainsi que d’autres amusements et plaisirs divers – aussi attrayants ou exaltants qu’ils puissent paraître à un moment donné – sont éphémères et insignifiants. Extrait d’un discours prononcé à la réunion générale de la préfecture de Wakayama, à Wakayama, le 24 mars 1988. 2.5 Devenir heureux là où nous sommes maintenant Les Écrits de Nichiren nous montrent qu’il est possible de construire un état de bonheur indestructible dans notre vie, ici et maintenant. Dans le Recueil des Enseignements oraux, le passage suivant du chapitre « Les encouragements du bodhisattva Sagesse-universelle » (28e) du Sûtra du Lotus révèle : « Avant longtemps, celui-ci va se rendre au lieu de l’illumination. » (cf. SdL-XXVIII, 302) : « Le terme “celui-ci” désigne le Pratiquant du Sûtra du Lotus. Le lieu où il garde et honore le Sûtra du Lotus est le “lieu de l’illumination” à laquelle il parvient. Cela ne signifie pas qu’il quitte le lieu où il se trouve pour aller dans un autre. Le “lieu de l’illumination” est là où résident les êtres vivants dans les dix états 7. Et, maintenant, le lieu où Nichiren et ses disciples récitent Nam-myoho-renge-kyo, “que ce soit […] dans des vallées montagneuses ou dans des déserts” [SdL-XXI, 263], ces lieux sont la Terre de la lumière éternellement paisible. C’est ce que l’on entend par “lieu de l’illumination”8 » (OTT, 192) Au sens spécifique, le Pratiquant du Sûtra du Lotus désigné par les mots « celui-ci » fait référence à Nichiren lui-même, et, au sens général, il fait référence à tous ceux qui y adhèrent et pratiquent le Nam-myoho-renge-kyo des Trois Grandes Lois cachées. Le lieu où les pratiquants protègent et pratiquent l’enseignement bouddhique correct est le « lieu de l’illumination à laquelle il parvient ». En d’autres termes, il s’agit de l’endroit où nous luttons pour manifester notre bouddhéité en cette vie. Nul besoin de quitter ce monde troublé saha pour un lieu en dehors du monde ou un paradis idéal. Le « lieu de l’illumination » n’est autre que l’endroit où résident les êtres vivants dans les dix états. Aujourd’hui, le lieu où Nichiren et ses disciples qui récitent Nam-myoho-renge-kyo résident est la Terre de la lumière éternellement paisible, ou Terre de bouddha, qu’il s’agisse « de vallées montagneuses ou de déserts ». (SdL-XXI, 263) Là se trouve le « lieu de l’illumination », affirme Nichiren. L’endroit où vit chaque pratiquant devient la Terre de la lumière paisible. Ce passage fait allusion au profond pouvoir de transformation inhérent à un seul instant de vie. Les êtres humains ont souvent tendance à croire que le bonheur est quelque chose d’abstrait et d’éloigné de leurs réalités présentes. Ils imaginent, par exemple, qu’ils pourraient être plus heureux s’ils déménageaient, ou que leurs conditions de vie seraient plus confortables et agréables s’ils trouvaient un autre emploi. Ils pensent toujours que l’herbe est plus verte ailleurs et placent leurs espoirs dans un changement de leurs conditions extérieures. Cette façon de penser est très répandue chez les jeunes. Cependant, nous avons chacun une mission unique à accomplir en cette vie et un lieu où nous devons l’accomplir. Ceux qui décident de plonger de profondes racines là où ils se trouvent et de continuer de vivre avec persévérance et espoir, tout en luttant avec leur réalité, remporteront la victoire dans la vie. Il importe de ne pas vivre sans but, sans raison claire. J’aimerais vous dire : « Creusez sous vos pieds, vous trouverez une source ! » et « Vivez de manière à rester fidèles à vous-mêmes ! » En définitive, un réel sentiment de bonheur et de profonde satisfaction dans la vie ne peut se trouver qu’en nous-mêmes. La Loi merveilleuse est la loi fondamentale de la vie. Par notre pratique bouddhique, nous pouvons puiser la force de la Loi merveilleuse pour propulser notre vie en avant. C’est pourquoi l’endroit où nous poursuivons notre pratique bouddhique ainsi que la société dans laquelle nous vivons deviennent la Terre de bouddha. Nous pouvons transformer l’endroit où nous nous trouvons aujourd’hui en un lieu de victoire et de bonheur. Discours prononcé lors d’un cours d’étude qui réunissait les groupes universitaires et des représentants de l’arrondissement de Toshima, à Tokyo, le 7 décembre 1986.
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