Avançons ensemble en tant que citoyens du monde, en diffusant l’espoir à travers nos encouragements pour créer un avenir de paix
Rien ne surpasse les jeunes qui s’élancent avec les ailes de l’esprit de défi et de la créativité. L’énergie, l’intelligence et la passion de leur jeunesse leur permettent de s’envoler vers de nouveaux horizons, sans craindre les vents contraires de leur époque. Le grand fondateur du mouvement Soka, Tsunesaburo Makiguchi, n’avait que 32 ans quand il publia un ouvrage intitulé Jinsei chirigaku (La Géographie de la vie humaine) en 1903, l’année précédant la déclaration de guerre russo-japonaise. Il y défend la paix, la coexistence harmonieuse et l’humanisme. Cette année marque le 120e anniversaire de sa publication. À chaque fois que je lis cet ouvrage, je suis impressionné par sa portée. En effet, le jeune Makiguchi nous encourage à prendre conscience que nous sommes des citoyens locaux ancrés dans notre environnement immédiat et dans notre pays mais également des citoyens du monde, qui ne doivent pas se laisser enfermer dans un nationalisme étroit. Il y souligne également la profondeur des interactions de notre vie avec le fonctionnement de l’univers – le soleil, la lune et les étoiles – en désignant avec perspicacité les activités de la société et toutes les entreprises humaines comme « des activités de la vie des êtres humains, qui se déroulent sur notre scène, la Terre 1 ». Aujourd’hui, les citoyens du monde de la Soka Gakkai – les bodhisattvas surgis de la Terre et les héritiers de l’esprit de M. Makiguchi – agissent sur la scène mondiale en protégeant le bouddhisme du soleil de Nichiren et en dissipant l’obscurité des souffrances, qui jette son voile sombre sur notre époque. [En mai et juin 2023], en Corée du Sud, aux États-Unis, au Brésil, en Argentine et dans de nombreux autres pays et territoires, des jeunes bodhisattvas ont organisé toutes sortes d’événements et d’activités, rayonnant d’espoir et de joie. Ils annoncent une nouvelle ère du kosen rufu mondial. Chacune de ces activités est une épopée inspirante du triomphe des personnes ordinaires qui, « sur la scène de la Terre », ont mis le bouddhisme en pratique dans la société et la foi en action dans leur vie quotidienne. M. Makiguchi se réjouirait à coup sûr de l’expansion si remarquable de notre mouvement de jeunes bodhisattvas surgis de la Terre. Les principaux moteurs du développement des jeunes dans chaque pays et chaque territoire sont la prière et le soutien sincère de leurs nobles aînés dans la foi. Ces derniers ouvrent la voie avec le même cœur et le même esprit que le deuxième président fondateur de la Soka Gakkai, Josei Toda, qui déclara : « Soutenez les personnes de valeur ! C’est la manière la plus sûre de remporter la victoire à l’avenir. » Cette vague d’efforts pour permettre aux jeunes de se développer est également perceptible au Japon. Les femmes du mouvement Soka, avec les jeunes générations en tête, luttent harmonieusement ensemble. En outre, les pratiquants de l’Académie des jeunes hommes, qui ont eux aussi l’esprit d’œuvrer et de se développer ensemble, sont vraiment rayonnants. Et les membres du groupe Avenir 2 forgent des liens de confiance magnifiques avec leurs aînés et avec les personnes qui les soutiennent au cours de leurs activités pleines de joie et de créativité. Mon épouse, Kaneko, et moi prions avec une reconnaissance infinie envers chacune et chacun d’eux qui accomplissent tant d’efforts magnifiques. Il y a presque trente ans, en juin 1994, j’ai été invité à l’université de Glasgow. Durant la cérémonie solennelle où me fut remis un doctorat honorifique, le Pr J. Forbes Munro, alors secrétaire du Conseil de l’université, prononça un discours où il mentionna plusieurs fois le nom de mon maître dans le cadre grandiose de Bute Hall. Le Pr Munro conclut son intervention en lisant un court poème que j’avais écrit dans les gorges du fleuve Oirase, situées dans la préfecture d’Aomori, sur l’île de Tohoku : Telle la cascade, soyez puissants, telle la cascade, soyez inébranlables, telle la cascade, soyez intrépides, telle la cascade, soyez joyeux, telle la cascade, soyez fiers hommes, revêtez l’apparence d’un roi 3. Je l’entends encore lire ces vers d’une voix retentissante. Le Pr Munro est non seulement un spécialiste reconnu dans le domaine de l’histoire économique africaine mais également un éducateur humaniste exemplaire, qui aime profondément ses étudiants. Son épouse, Sylvia, et lui ont fait preuve d’une grande gentillesse et de chaleur humaine envers les étudiants de l’université Soka, engagés dans un programme d’échanges avec l’université de Glasgow. Dans son discours, il dit également combien l’université de Glasgow était fière de compter parmi ses anciens enseignants Adam Smith (1723-1790), considéré comme l’un des pères de l’économie classique. Cette année marque le 300e anniversaire de sa naissance. Même quand il travaillait à l’écriture et à la publication de son ouvrage La Théorie des sentiments moraux, Smith accordait toujours du temps à ses étudiants. Dans une lettre adressée à un collègue, il écrit : « [Je n’ai] pas d’engagements que je considère comme aussi sacrés que ceux qui m’obligent en ma qualité de membre de cette université à faire ce qui est en mon pouvoir pour servir les jeunes hommes venus étudier ici 4. » Un ami de Smith fit observer que ce dernier ne manifestait jamais « cette rigidité formelle et ce pédantisme si fréquent chez les professeurs », et qu’il appréciait énormément ses étudiants 5. Un autre fit remarquer que Smith « ne ménageait pas ses efforts pour découvrir et chérir les graines de talents » chez ses étudiants 6. À l’université Soka du Japon et à l’université Soka d’Amérique (SUA), les enseignants et le personnel administratif ne cessent de renouveler leur engagement à donner la priorité aux étudiants et à l’élargissement des programmes dans le cadre des échanges d’étudiants et des échanges académiques. Un réseau d’intelligence et de confiance réunissant les universités du monde entier est un phare d’espoir pour un avenir de paix au sein de la grande famille de l’humanité. Là où les jeunes se réunissent, là où ils grandissent et se développent, s’élèvent des chants. Les pratiquants du monde entier avancent fièrement en chantant avec des voix sonores. Récemment, la SGI-Europe a pris un nouveau départ avec une série de nouvelles nominations et un nouveau chant intitulé Sun rises in my heart (Le soleil se lève dans mon cœur). L’organisation en Inde, la Bharat Soka Gakkai, poursuit son expansion dynamique en interprétant de nombreux chants, notamment I am that one disciple! (Je suis ce disciple !) Ce titre évoque pour moi la réponse et le serment que j’ai adressés à mon maître le jour où il déclara que nous réaliserions kosen rufu s’il restait ne serait-ce qu’un seul véritable disciple 7. Aujourd’hui, à l’image de l’assemblée du Sûtra du Lotus, une multitude de personnes de valeur luttent avec vigueur en manifestant un grand rayonnement. Les chants de la Soka Gakkai et les chants de kosen rufu écrits par les pratiquants à travers le monde transmettent l’esprit de non-dualité du maître et du disciple, et expriment leur désir de paix et de bonheur pour toute l’humanité. Je me réjouis d’entendre à nouveau les voix joyeuses et nobles des chorales du groupe Avenir, [suite à la levée des restrictions liées à la pandémie de Covid-19], dans tout le Japon. Je me souviens avoir accueilli en de nombreuses occasions des invités du monde entier aux côtés de membres des chorales du groupe Avenir. Ces jeunes chanteurs avaient travaillé dur pour apprendre et répéter les chants des pays de nos visiteurs dans leur langue d’origine. Cela plaisait toujours aux invités qui, parfois même, les accompagnaient. Il se trouve qu’un jeune responsable, qui soutient le groupe Avenir et qui avait été lui-même membre d’une chorale, exerce aujourd’hui un rôle actif dans la diplomatie à un niveau non-gouvernemental. Un jour, dans le cadre de ses activités, il était en Mongolie pour une conférence internationale pour la paix. Le dernier jour de la conférence, un groupe de participants qui se trouvait dans le bus avec lui se mit à entonner des chants, les uns après les autres. Quand ce fut son tour, il interpréta des chants folkloriques de Mongolie, d’Inde et d’autres pays dans leurs langues respectives. Il les avait appris avec la chorale du groupe Avenir lorsque cette dernière m’accompagnait pour accueillir les invités. Les autres passagers du bus furent enchantés et chantèrent aussi avec entrain. Tous les passagers ne faisaient plus qu’un, dit-il, en transcendant les différences de nationalité, de statut et d’apparence. Cela lui rappela une fois de plus que la musique est un puissant vecteur de paix. Le 30 juin, date anniversaire de la création du département des étudiants, approche. Notre long voyage vers la réalisation de kosen rufu dans le monde, l’idéal de « l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays » et la transmission éternelle de la Loi merveilleuse se poursuit à l’infini et pour l’éternité. La route de kosen rufu n’est en aucun cas paisible ; elle exige que nous engagions une lutte incessante contre les trois puissants ennemis 8 et les trois obstacles et les quatre démons 9. Le département des étudiants fut fondé au cœur de deux grandes luttes, l’incident des mineurs de Yubari 10 et l’incident d’Osaka 11 durant l’été 1957. De ce fait, ses membres partagent de profonds liens karmiques et ont une mission d’une importance sans précédent. J’ai présenté aux jeunes étudiants le chant Dash onward to kosen rufu (Élançons-nous vers kosen rufu) le 30 juin 1978, à l’occasion du 21e anniversaire de leur département 12. Ce chant me rappelle aussi bien des souvenirs. [Note du comité éditorial : cette année marque le 45e anniversaire de sa création.] Il fut accueilli par une explosion de joie par tous ceux qui étaient présents ce jour-là au centre culturel d’Arakawa [à Tokyo]. Nous l’avons repris douze fois de suite. Je n’oublierai jamais cela. Au fil des années, de très nombreux pratiquants ont progressé à vive allure, en menant leur jeunesse de la manière la plus significative possible et en s’engageant à consacrer leur vie à kosen rufu, avec ce chant gravé dans leur cœur. Nous nous dressons sur les vastes plaines à perte de vue, prêts à parcourir dix mille kilomètres à cheval sur de vaillants destriers… Aujourd’hui, en puisant du courage dans ce chant, les membres du département des étudiants engagent de courageux dialogues. Comme leurs efforts sont inspirants ! Aux grands esprits du département des étudiants, j’aimerais à nouveau dire ce que j’ai déclaré à leurs prédécesseurs en 1978 : « Maintenant c’est à votre tour. Je vous confie le 21e siècle. » En 1978, l’année où fut créé Dash onward to kosen rufu, j’ai écrit de nombreux autres chants pour diverses régions et préfectures au Japon, avec le souhait d’encourager mes nobles compagnons qui luttaient courageusement au cœur des tempêtes furieuses déclenchées par le premier incident avec le clergé. Partageant mon amour et mes espoirs infinis pour les pratiquants, j’ai écrit des chants pour les régions, notamment Cieux toujours victorieux pour le Kansai ; Ode aux bodhisattvas surgis de la Terre pour Chugoku ; Notre terre pour Shikoku ; Chant de la terre de feu pour Kyushu ; Cette voie pour Chubu ; Oh, nos pratiquants inspirants pour Tokyo ; Le serment d’Aoba pour Tohoku ; Le chant de notre serment pour Hokuriku ; et Le chant de la lutte commune pour Hokkaido (révisé et renommé plus tard La citadelle des trois présidents fondateurs). J’ai également écrit des chants pour les préfectures de Yamanashi et pour chaque préfecture des régions de Kanto, Tokaido et Shin’etsu. À Okinawa, le chant Les héros d’Okinawa 13 est très apprécié. Je l’ai chanté de nombreuses fois avec les pratiquants locaux. J’ai aussi écrit un chant pour des chapitres. Les chapitres sont en première ligne de notre organisation. Intitulé Kosen rufu à Kitamachi, ce chant était dédié aux chapitres du quartier de Kitamachi dans l’arrondissement de Nerima, à Tokyo 14. Un des vers dit : « Vous et moi suivons la voie » – la voie que nous suivons pour kosen rufu, là où nous nous trouvons, est la voie étincelante de l’inséparabilité du maître et du disciple. J’ai conclu le chant par les mots, « Bâtissons ensemble kosen rufu à Kitamachi », pour exprimer mon souhait que les pratiquants luttent à mes côtés avec un esprit audacieux et inébranlable afin de réaliser kosen rufu dans leur quartier. Nichiren, le Bouddha de l’époque de la Fin de la Loi, déclare : « Le lieu où nous pratiquons le véhicule unique de Nam-myoho-renge-kyo, est [la terre pure du] Pic de l’Aigle, la capitale de la Lumière éternellement paisible » (GZ, nouvelle éd. 1127 [GZ, 811]) 15. La terre pure du pic de l’Aigle ne se situe pas loin de nous. Le lieu où nous nous trouvons maintenant, le lieu de notre mission, correspond à la terre pure du Pic de l’Aigle et à la capitale de la Lumière éternellement paisible. Notre environnement est la force motrice du kosen rufu mondial. Croire dans cette vérité est le cœur de la foi. Quand nous récitons Nam-myoho-renge-kyo avec le vœu d’étendre notre mouvement de kosen rufu et quand nous engageons des dialogues courageux et pleins d’espoir, notre vie incarne l’état de bouddha. Par conséquent, peu importe l’obstacle ou la fonction négative qui nous attaque, nous pouvons à coup sûr transformer n’importe quel karma. Nous ne serons jamais vaincus. Nous établissons un état de vie inébranlable que rien ne peut saper ni détruire. Nos fiers chapitres et groupes sont la grande scène où nous forgeons ce bonheur durable. Juillet, le mois de la jeunesse, approche à grands pas. Cette année marque le 80e anniversaire de l’arrestation de MM. Makiguchi et Toda par les autorités militaristes japonaises, le 6 juillet 1943. Dans son livre Jinsei chirigaku, M. Makiguchi présente sa vision d’une grande transformation de l’humanité, d’un avenir où les compétitions militaire, politique et économique seraient remplacées par ce qu’il appelle « la compétition humanitaire ». Les jeunes du mouvement Soka sont les porte-étendards de la justice et de l’humanisme qui sont en première ligne dans cette transformation. Dans une lettre adressée à la nonne séculière Myoshin, une pratiquante à la foi pure et inébranlable, Nichiren écrit : « Ce caractère myo [de Nam-myoho-renge-kyo qui signifie merveilleux] est la lune, le soleil, les étoiles ; c’est un miroir, un vêtement, de la nourriture ; ce sont les fleurs, la grande terre et le vaste océan. Tous les bienfaits réunis en un bouquet forment le caractère myo. C’est également le joyau-qui-exauce-tous-les-vœux » (WND-II, 879-880). Chacune, chacun d’entre vous, est un citoyen du monde et un bodhisattva surgi de la Terre qui garde et pratique le principe suprême des « trois mille mondes en un instant de vie 16 ». En récitant Nam-myoho-renge-kyo – la Loi merveilleuse qui imprègne la vie et l’univers –, luttons pour transformer notre état de vie et celui des autres, et œuvrons ensemble à conduire la société mondiale vers la paix ! Avançons en utilisant nos voix pour offrir de chaleureux encouragements et chanter notre victoire éternelle dans nos quartiers, aujourd’hui même et jusque dans l’avenir infini !
Lire