Passages clés des Enseignements oraux [2] Le chapitre « Introduction » du Sûtra du Lotus
Agissez avec passion pour le grand vœu de kosen rufu ! Les difficultés et les luttes sont source de développement Même au cœur de l’hiver glacial, les doux rayons du soleil nous apportent une chaleur réconfortante. De même, les encouragements de la « famille Soka », pareils aux rayons du soleil, réchauffent et éclairent le cœur de ceux qui endurent les saisons froides de la vie dans l’isolement et la solitude. Le soleil se consume pour déverser une lumière qui inclut et nourrit tout ce qui est vivant. De la même façon, chacun de vous, mes chers amis qui adoptez le bouddhisme du soleil, illumine la vie des autres. Tout en affrontant des difficultés au cœur des rudes réalités de la société, vous agissez avec passion sur la base du grand vœu de kosen rufu et dispensez la lumière de la confiance, de l’espoir et du courage parmi ceux qui vous entourent. Vos vies sont nobles et rayonnantes ! Pleins de reconnaissance pour les immenses efforts que vous avez déployés durant toute cette année [2022], mon épouse, Kaneko, et moi pratiquons pour vous de tout notre cœur ; nous prions pour que vos familles et vous goûtiez bonne fortune, bienfaits et victoire. Le bouddhisme de Nichiren a le pouvoir d’illuminer avec éclat notre monde toujours plus troublé et chaotique. Une religion authentique centrée sur les êtres humains nous permet de résoudre et de surmonter les difficultés et souffrances que nous rencontrons dans la vie réelle. Les Enseignements oraux contiennent le cœur même de notre bouddhisme centré sur les personnes ordinaires. À partir de cet épisode, examinons les passages clés de chaque chapitre du Sûtra du Lotus en commençant par le chapitre « Introduction 1». Le Sûtra du Lotus dépeint le drame intérieur de la vie Mon maître, le deuxième président de la Soka Gakkai, Josei Toda, entreprit de rebâtir la Soka Gakkai après la Seconde Guerre mondiale en commençant par dispenser des cours sur le Sûtra du Lotus. Dans cette série de cours sur le Sûtra et dans ceux qu’il donna quelquefois par la suite, il commençait toujours par parler brièvement du chapitre « Introduction » pour expliquer sur quelle base il lisait le Sûtra du Lotus afin que cela guide notre lecture. Le chapitre « Introduction » est le premier acte du Sûtra du Lotus. Il s’ouvre sur une scène dans laquelle des êtres vivants de toutes sortes se rassemblent au Pic de l’Aigle 2 où Shakyamuni commence à enseigner le Sûtra. M. Toda indiqua clairement la signification de cette scène : « Il est dit que des centaines de milliers de bodhisattvas, d’auditeurs et d’autres êtres vivants dans les dix états se sont tous rassemblés pour entendre enseigner Shakyamuni. Mais comment cela a-t-il été possible ? D’abord, il n’y avait pas de haut-parleurs et sa voix ne pouvait pas être assez puissante pour être entendue de tous. De plus, il n’aurait pas pu enseigner ainsi pendant une période de huit années. En d’autres termes, ces êtres vivants existent tous dans l’esprit de Shakyamuni en tant que représentations des dix états inhérents à sa vie, et il n’y a donc absolument rien d’étrange dans le fait qu’il soit question d’un rassemblement de centaines de milliers d’êtres 3. » Grâce à son profond éveil en prison 4, M. Toda prit conscience qu’il était un bodhisattva surgi de la Terre 5, présent dans l’assemblée lors de la Cérémonie dans les Airs 6 décrite dans le Sûtra du Lotus. Il acquit l’inébranlable conviction que le Sûtra du Lotus est un écrit clarifiant la véritable nature de notre vie et que les bodhisattvas surgis de la Terre ont fait le vœu d’apparaître en ce monde pour transmettre la Loi merveilleuse, l’enseignement permettant à tous les êtres humains de l’époque de la Fin de la Loi de parvenir à l’illumination. Cela l’amena à percevoir que le Sûtra du Lotus est l’histoire de la révolution humaine, l’histoire triomphale des personnes ordinaires qui se consacrent à accomplir leur vœu pour kosen rufu. L’éveil de M. Toda en prison est le point de départ de la Soka Gakkai, qui a hérité du cœur du Sûtra du Lotus et de l’esprit de Nichiren à l’époque actuelle. Les dix états sont inhérents à tous les êtres humains Au début du chapitre « Introduction », des êtres vivants de toutes sortes se rassemblent. En transcendant toute forme d’attachement aux différences, ils se réunissent avec ferveur autour du Bouddha, en quête de son profond enseignement. Le Sûtra du Lotus présente les dix mondes (ou dix états) comme les fondements universels de la vie, inhérents à tous les êtres vivants. Il révèle la vérité – qui n’avait été exposée dans aucun des sûtras antérieurs – selon laquelle tous possèdent de façon inhérente le monde, ou état, de bouddha. On peut dire que le chapitre « Introduction » établit la grande scène où va être enseigné le Sûtra du Lotus dans lequel le Bouddha expose le principe de « la possession mutuelle des dix états 7 », abolissant ainsi toute séparation entre les neuf états et l’état de bouddha. Une assemblée représentant une aussi grande diversité d’états de vie et de conditions reflétait peut-être aussi l’intention de Shakyamuni et son ardent désir d’ouvrir la voie de l’illumination à tous les êtres vivants. Nos vies sont infinies du point de vue de l’espace et éternelles du point de vue du temps – sans commencement ni fin – et elles possèdent intrinsèquement l’intégralité des dix états. Telle est la conception de la vie présentée par le Sûtra du Lotus. Et Les Enseignements oraux éclairent cette conception transcendante de la vie qui caractérise le bouddhisme. Point un, à propos des mots « Ainsi l’ai-je entendu » « Le mot “entendu” dans “Ainsi l’ai-je entendu” ne peut pas s’appliquer à une personne sans foi. Mais on peut dire qu’un pratiquant du Sûtra du Lotus a “entendu” la substance de la doctrine énoncée dans “Ainsi”… Sur ce point, il est dit dans le Commentaire textuel , volume 1 : “Ainsi”… est un mot indiquant la foi et la conformité. La foi signifie comprendre ce que l’on a entendu et la conformité signifie que [l’on va le suivre comme] l’on suit la voie de maître et disciple. Dans les faits, Nichiren et ses disciples sont donc les personnes à qui la formule “Ainsi l’ai-je entendu” peut s’appliquer. » (OTT, 9-10) Nous incarnons Nam-myoho-renge-kyo Le commentaire des Enseignements oraux sur le chapitre « Introduction » commence par une section intitulée « Point un, à propos des mots “Ainsi l’ai-je entendu” 9 » qui fait référence aux mots qui introduisent l’ensemble du Sûtra du Lotus. Ces mots introduisent aussi beaucoup d’autres sûtras pour affirmer que celui qui parle a entendu de la bouche du Bouddha ce qui suit. Grâce à l’accent mis sur le mot « entendu », nous comprenons qu’« entendre » en bouddhisme désigne une écoute active plutôt que passive. L’expression « Ainsi l’ai-je entendu » souligne aussi les liens d’unité entre Shakyamuni et ses disciples. Cette déclaration déterminée des disciples – « Ainsi l’ai-je entendu » – nous dit qu’ils ont écouté de tout leur être les paroles du Bouddha, les ont gravées dans leur cœur et les ont mises intégralement en pratique. Les Enseignements oraux approfondissent la signification de « Ainsi l’ai-je entendu » en citant des extraits du Commentaire textuel du Sûtra du Lotus du Grand Maître Tiantai 10 : « Le mot “Ainsi” désigne la substance de la doctrine entendue de la bouche du Bouddha. “L’ai-je entendu” désigne une personne qui est capable de garder cette doctrine. » (OTT, 9) En partant de cette base, l’explication de « Ainsi l’ai-je entendu » se poursuit de cette façon : « Il est dit dans les Enseignements oraux : “ ‘Entendu’ ou ‘L’ai-je entendu’ désigne le stade où l’on entend le nom et les mots de la vérité ; ‘la substance de la doctrine’ est Nam-myoho-renge-kyo. » Cela veut dire que la signification essentielle de « l’ai-je entendu » est « J’ai entendu que je suis une incarnation de Nam-myoho-renge-kyo. » Dans le Sûtra du Lotus, « L’ai-je entendu » raconte l’histoire de nos vies qui sont en elles-mêmes infiniment nobles et précieuses. Briser l’ignorance fondamentale L’extrait que nous étudions ici commence par : « Le mot “entendu” dans “Ainsi l’ai-je entendu” ne peut pas s’appliquer à une personne sans foi. » (OTT, 9-10) Il est important de noter que « sans foi » – autrement dit pour « quelqu’un qui ne croit pas » – n’est pas la même chose que se poser des questions ou nourrir des doutes [ce qui peut être une force positive et motivante dans la foi]. Dans son traité Sur l’ouverture des yeux, Nichiren écrit : « Ce doute [que vous avez]11 est l’essence du texte que je suis en train de rédiger. Et, comme c’est là le principal sujet de préoccupation de toute ma vie, il viendra me troubler encore et encore et je ne cesserai de m’y confronter, pour tenter de le dissiper. » (Écrits, 246) Nichiren prenait au sérieux les doutes et questions de ses disciples et il chercha à les dissiper les uns après les autres et à aider chacun à approfondir sa confiance dans la foi. En s’appuyant sur la preuve textuelle, la preuve doctrinale et la preuve factuelle, ses enseignements permettaient de faire face à toutes les questions. Il déclare : « Tant que des personnes sages ne prouveront pas que mes enseignements sont erronés, jamais je ne céderai. » (Sur l’ouverture des yeux, Écrits, 284) Il se trouve que M. Makiguchi souligna cet extrait dans l’exemplaire des écrits de Nichiren qu’il gardait toujours avec lui. Dans les Enseignements oraux, Nichiren déclare qu’« entendu » dans « Ainsi l’ai-je entendu » ne peut pas s’appliquer à « une personne sans foi ». L’absence de foi dont il est question ici est l’incapacité à croire que notre vie incarne la Loi merveilleuse. Cela désigne tout simplement un état de vie obscurci par l’ignorance fondamentale 12. Nichiren déclare ensuite : « Mais on peut dire qu’un pratiquant du Sûtra du Lotus a “entendu” la substance de la doctrine énoncée dans “Ainsi”… » (OTT, 10) Par contraste avec la personne sans foi, le pratiquant du Sûtra du Lotus est une authentique « personne de foi » qui pratique la Loi bouddhique exactement comme le Bouddha l’enseigne. La foi est la porte du vaste domaine du Bouddha qui s’étend à l’infini. Comme le dit Nichiren : « Le seul mot “croyance” [ou foi] est le sabre tranchant avec lequel on affronte et surmonte l’obscurité ou l’ignorance fondamentale. » (OTT, 119-120) Sans une foi pure et parfaite, sans l’esprit de chercher sincèrement à se lier avec la vie et le cœur de Nichiren, et sans une pratique fondée sur cette foi, nous ne pouvons pas briser l’obscurité ou l’ignorance fondamentale. Vivre pour kosen rufu au sein de la Soka Gakkai Le passage se poursuit ainsi : « Sur ce point il est dit dans le Commentaire textuel 13 , volume 1 : « “Ainsi”… est un mot désignant la foi et la conformité. La foi signifie comprendre ce que l’on a entendu et la conformité signifie que [l’on va le suivre comme] l’on suit la voie de maître et disciple. » (OTT, 10) « La foi et la conformité » signifient vivre en se fondant sur les enseignements – en d’autres termes, suivre la voie du maître et du disciple. Il s’agit de s’employer à faire siennes les paroles du maître et à les mettre fidèlement en pratique. Ainsi, nous pouvons acquérir une véritable « compréhension de ce que nous avons entendu » –, c’est-à-dire incarner l’enseignement correct du bouddhisme et « suivre la voie de maître et disciple », ce qui revient à mener une vie de disciple engagé sur la même voie que son maître. L’esprit de maître et disciple est au cœur de « Ainsi l’ai-je entendu ». C’est la clé pour surmonter l’incroyance. « Nichiren et ses disciples sont donc les personnes à qui la formule “Ainsi l’ai-je entendu” peut s’appliquer », dit la suite de l’extrait. Tous ceux qui suivent la voie de l’unité du maître et du disciple lisent le Sûtra du Lotus avec leur vie, ce qui revient à affirmer : « Ainsi l’ai-je entendu. » Ils peuvent tous marcher ensemble sur la voie de la bouddhéité. De notre point de vue, la formule « Ainsi l’ai-je entendu » s’applique à tous ceux qui consacrent leur vie à kosen rufu avec la Soka Gakkai, en héritant directement de l’esprit de Nichiren. Point deux, le cas d’Ajnata Kaundinya « Aujourd’hui, quand Nichiren et ses disciples récitent les mots Nam-myoho-renge-kyo, ils illuminent les ténèbres de la naissance et de la mort en apportant la clarté, de façon que le feu de la sagesse du nirvana puisse y briller. Et comprendre que les souffrances de la naissance et de la mort ne sont autres que le nirvana, voilà ce que signifient les mots “là où il y a illumination, l’obscurité ne peut apparaître 14”. [De plus, quand Nichiren et ses disciples récitent Nam-myoho-renge-kyo], ils font brûler les bûches des désirs terrestres, faisant ainsi jaillir le feu de la sagesse de la bodhi, c’est-à-dire l’illumination. Et comprendre que les désirs terrestres ne sont autres que l’illumination, voilà ce que signifient les mots “Là où il y a combustion, les choses [c’est-à-dire les désirs] ne peuvent naître ”15. » Nous voyons donc qu’en définitive cet Ajnata Kaundinya 16 montre que pour nous, pratiquants du Sûtra du Lotus, les désirs terrestres sont l’illumination et les souffrances de la naissance et de la mort sont le nirvana. » (OTT, 10-11). Les personnes ordinaires peuvent atteindre l’état de vie suprême, ou état de bouddha, telles qu’elles sont Voyons maintenant le « Point Deux, le cas d’Ajnata Kaundinya ». Cette section et la section suivante du commentaire du chapitre « Introduction » traitent respectivement d’Ajnata Kaundinya, la première personne qui s’est convertie aux enseignements de Shakyamuni, et du roi Ajatashatru, qui devint disciple lors de la dernière année de vie de Shakyamuni. Ils figurent ici comme des représentants des nombreux disciples qui apparaissent dans le Sûtra du Lotus. Le Sûtra du Lotus clarifie le principe de « la possession mutuelle des dix états » et, là encore, l’accent est mis sur le fait que tout le monde sans exception possède intrinsèquement les dix états et représente une entité de la Loi merveilleuse. Chacun de nous possède l’ensemble de ces dix états, non seulement les états d’enfer, d’avidité et d’animalité 17 – ce que l’on appelle les trois mauvaises voies – mais aussi les états de bodhisattva et de bouddha. De plus, chacun des dix états possédant le potentiel des dix autres en lui-même, notre état de vie n’est donc pas figé ou limité à un état donné mais ne cesse d’évoluer et de changer. C’est l’une des raisons de la diversité et du potentiel infini des êtres humains. Le bouddhisme de Nichiren nous permet d’orienter le fonctionnement des dix états dans une direction positive en les stimulant fortement, ce qui nous amène à mener une vie consacrée à la création de valeurs. Les exemples d’Ajnata Kaundinya et du roi Ajatashatru sont mentionnés dans les Enseignements oraux. Je ressens qu’il ne s’agit pas simplement d’histoires du passé ou de récits de personnages particuliers figurant dans le Sûtra du Lotus mais qu’ils ont plutôt une signification profonde et universelle concernant l’illumination de tous les êtres vivants à l’époque de la Fin de la Loi. Nichiren dit : « Nous voyons donc qu’en définitive cet Ajnata Kaundinya montre que pour nous, pratiquants du Sûtra du Lotus, les désirs terrestres sont l’illumination (jpn bonno soku bodai) et les souffrances de la naissance et de la mort sont le nirvana (jpn shoji soku nehan). » (OTT, 11) Puis il ajoute : « Aujourd’hui, Nichiren et ses disciples sont comparables au roi Ajatashatru. » (OTT, 12) Ces deux phrases incarnent le cœur même du principe selon lequel « les personnes ordinaires sont identiques au plus haut niveau de l’être » (OTT, 22). En d’autres termes, les personnes ordinaires qui mènent une existence de pratiquant du Sûtra du Lotus, c’est-à-dire qui pratiquent et transmettent la Loi merveilleuse, peuvent transformer leur vie – même si elle est profondément imprégnée par les désirs terrestres, l’ignorance et les pulsions illusoires tels que « l’avidité et l’attachement » (OTT, 12) – jusqu’à atteindre l’état de vie suprême ou état de bouddha, telles qu’elles sont. La philosophie de la vie du bouddhisme de Nichiren enseigne que tous les êtres humains peuvent faire apparaître leur dignité inhérente. Illuminer notre vie La section consacrée à Ajnata Kaundinya dans les Enseignements oraux évoque l’origine de son nom telle qu’elle est présentée dans Commentaire textuel du Sûtra du Lotus de Tiantai en expliquant qu’il proviendrait du mot feu et en ajoutant que le feu exerce deux fonctions – brûler et illuminer 18 (voir OTT, 10). Nichiren déclare alors : « Le feu est le feu de la sagesse de la nature du Dharma » (OTT, 10) – c’est-à-dire le feu de la sagesse de l’illumination. Et il explique le pouvoir bénéfique de la Loi merveilleuse du point de vue de ces deux fonctions – brûler et illuminer. Qu’est-ce qui est brûlé par ce feu de la sagesse de la Loi merveilleuse et qu’est-ce qu’il illumine ? Il brûle les bûches des désirs terrestres et il illumine et dissipe les ténèbres des souffrances de la vie en faisant jaillir la lumière de notre bouddhéité inhérente. Telle est la signification des principes « les désirs terrestres sont l’illumination 19 » (jpn bonno soku bodai) et « les souffrances de la naissance et de la mort sont le nirvana 20 » (jpn shoji sou nehan) (OTT, 11). Les désirs terrestres nous permettent de goûter une vie pleinement épanouie. M. Toda expliqua ces principes du point de vue de notre vie actuelle d’une façon très succincte et accessible : « “Les désirs terrestres sont l’illumination” et “les souffrances de la naissance et de la mort sont le nirvana” décrivent une vie où nous goûtons un état de bonheur et de complète sérénité, même si nous devons lutter pour surmonter les difficultés liées aux désirs terrestres 21. » Les désirs terrestres correspondent à des besoins et à des envies insatiables. Les souffrances de la naissance et de la mort sont les souffrances fondamentales de l’existence. Désirs terrestres et souffrances font intrinsèquement partie de la vie. Nul n’en est affranchi. En fait, les désirs et nos envies les plus fortes nous motivent pour agir et nous permettent de goûter une vie pleinement épanouie. Aujourd’hui, les pratiquants de la Soka Gakkai du monde entier luttent vaillamment pour des idéaux élevés : la réalisation de kosen rufu et l’atteinte de la bouddhéité en cette vie. Ils mènent des vies extraordinaires en obtenant des bienfaits pour eux-mêmes et pour les autres. Grâce à leurs efforts, ils transforment les désirs terrestres – une source de souffrance affectant les êtres humains soumis au cycle des naissances et des morts dans les six voies – en sagesse de l’illumination, ce qui revient à établir un état de bonheur solide. Ils font donc brûler les bûches des désirs terrestres pour illuminer les ténèbres des souffrances. L’important est de faire briller notre vie grâce à la lumière de la Loi merveilleuse. L’immense pouvoir de Nam-myoho-renge-kyo nous permet de faire brûler les bûches de la souffrance et de rayonner grâce à la lumière de la compassion et de la sagesse. Croire dans le principe de l’éternité de la vie Nichiren indique qu’« ils illuminent les ténèbres de la naissance et de la mort en apportant la clarté […] et comprennent que les souffrances de la naissance et de la mort ne sont autres que le nirvana » (OTT, 10). Cela signifie appréhender correctement « la nature inhérente originelle de la naissance et de la mort 22 » et percevoir que vie et mort sont l’une et l’autre des phases transitoires de la vie à travers les trois existences (la vie dans le passé, le présent et le futur). Il est certain qu’aucun d’entre nous ne peut échapper aux souffrances de la naissance et de la mort. Mais la mort est-elle la fin de tout ? Correspond-elle à des ténèbres qu’il faudrait redouter ? Non, absolument pas. La conception bouddhique de l’éternité de la vie brille tel un phare rayonnant qui dissipe ces ténèbres et insuffle un espoir illimité. Du point de vue de l’éternité de la vie, la mort n’est que le départ vers une nouvelle existence. Elle s’inscrit dans le grand rythme du fonctionnement de la vie. Nichiren nous exhorte à lutter dans la foi de façon à avoir « un esprit ferme et correct au moment de la mort 23 ». En agissant ainsi, déclare-t-il, tout le monde peut se forger un état de vie indestructible, comparable au diamant, sans être entravé par les souffrances de la naissance et de la mort. Quand notre esprit, le point central de notre vie, se consacre à Nam-myoho-renge-kyo – la Loi fondamentale de l’univers – et se fonde sur elle, nous pouvons vivre pleinement chaque instant et convertir les souffrances de la naissance et de la mort en nirvana. Telle est la voie de la famille Soka, imprégnée par les quatre vertus – éternité, bonheur, véritable soi et pureté 24. Transformer les souffrances en état de liberté Le mot « sont » dans « les désirs terrestres sont l’illumination » et « les souffrances de la naissance et de la mort sont le nirvana » est une traduction du mot japonais soku. Dans les deux phrases, il semble mettre sur un plan d’égalité deux notions opposées. Mais soku ici ne désigne pas une équivalence simple ou directe. Le principe de changement est inhérent à soku. Quand nous regardons la véritable nature de la vie du point de vue de la sagesse illuminée du Bouddha, nous voyons qu’un état de vie dominé par les désirs terrestres et les souffrances de la naissance et de la mort contient aussi en lui l’état de vie de l’illumination et le nirvana. En d’autres termes, parce que les êtres vivants dans les neuf états possèdent tous l’état de bouddha, ils peuvent transformer les désirs terrestres en illumination et les souffrances de la naissance et de la mort en nirvana. Cela ouvre la voie à « l’atteinte de la bouddhéité sous notre forme actuelle » et à « l’illumination des personnes ordinaires ». Nichiren dit que le mot soku « symbolise Nam-myoho-renge-kyo » (OTT, 72). En activant le pouvoir de Nam-myoho-renge-kyo – la Loi ultime de la vie et de l’univers –, nous pouvons transformer les entraves de la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort en un état de liberté complète imprégné par les vertus de l’éternité, du bonheur, du véritable soi et de la pureté. M. Makiguchi reformula de manière créative ces vertus en disant qu’elles désignaient un état où l’on est « toujours joyeux et doté d’un soi pur ». Cette philosophie suprême de l’espoir et de l’action accomplie avec joie est au cœur même du bouddhisme de Nichiren. Se consacrer au grand vœu équivaut à l’état de vie du Bouddha Le Sûtra du Lotus décrit aussi le Bouddha comme « n’ayant que peu de maladies et peu de soucis » (SdL-XV, 209). Même le Bouddha se fait cependant du souci et lutte intensément pour guider tous les êtres vivants vers l’illumination. C’est pour cela que sa sagesse jaillit sans cesse. Les soucis et les luttes deviennent alors les bûches qui génèrent la sagesse de l’illumination. Nos luttes pour réaliser kosen rufu et l’idéal de « l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays » équivalent aux nobles luttes du Bouddha. Quand nous prions sérieusement et pratiquons de tout notre cœur en nous attaquant avec acharnement aux défis qui se dressent devant nous, nous pouvons créer de nouvelles valeurs « en faisant jaillir le feu de la sagesse de la bodhi ou de l’illumination » (OTT, 11) en accord avec le principe selon lequel « les désirs terrestres sont l’illumination ». Quand nous faisons « briller avec éclat […] le feu de la sagesse du nirvana » (OTT, 10), nous pouvons forger un état de bonheur indestructible pour nous-mêmes et aider les autres à faire de même. Le grand vœu ou désir de kosen rufu est le plus noble de tous les désirs terrestres, le noble vœu du Bouddha. Lorsque nous faisons brûler les bûches des désirs terrestres avec la flamme de notre vœu et que nous avançons éternellement le long de la voie du bodhisattva, notre état de vie est identique à celui du Bouddha. Nous manifestons l’état de bouddha tel que nous sommes. C’est pour cela que nous pouvons puiser une force illimitée ainsi qu’une sagesse et un courage sans égal de l’intérieur de nous-mêmes. La Loi merveilleuse nous permet de remporter une victoire finale éclatante, quoi qu’il arrive en chemin. Elle nous permet de changer tous les poisons en remèdes et de transformer toutes choses en victoire pour notre vie. La bonne fortune et les bienfaits émanant de notre vie illuminent alors notre famille et ceux que nous aimons et les mènent à la bouddhéité, comme en attestent les écrits de Nichiren. Dans le même temps, nos activités quotidiennes en tant que membres de la Soka Gakkai ouvrent largement la voie de kosen rufu pour l’avenir de l’époque de la Fin de la Loi et contribuent au bonheur des enfants de demain. Poursuivre joyeusement notre voyage toujours victorieux en tant que maître et disciple En gravant dans notre cœur les leçons profondes des Enseignements oraux, poursuivons joyeusement notre voyage toujours victorieux en tant que maître et disciple ! Unie par les liens de maître et disciple, la Soka Gakkai progresse, tel un grand phare de l’espoir, qui illumine les ténèbres dans lesquelles est plongée l’humanité. C’est le grand soleil de la compassion qui élève l’état de vie de la famille planétaire et qui renforce les liens qui nous unissent. n
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