Développer notre réseau si inspirant d’harmonie humaine dans « les terres aux trésors » de notre mission
La progression de kosen rufu provient de la création de liens de compréhension mutuelle et d’amitié. En rayonnant de la façon unique qui est la nôtre, tout en nous respectant et en nous encourageant mutuellement, nous développons avec passion notre réseau de solidarité afin de permettre à tous les êtres humains de prendre pleinement conscience de leur dignité intrinsèque et de bâtir ainsi une Terre de bouddha. Kosen rufu est le défi consistant à faire de la Cérémonie dans les Airs 1 décrite dans le Sûtra du Lotus – qui représente la noblesse de l’état de bouddha chez tous les êtres humains et la magnifique solidarité des bodhisattvas – une réalité ici et maintenant. C’est un monde de compassion, de respect de la dignité de chaque personne, sans discrimination ni division, où les qualités uniques de chacun peuvent briller. Continuons à avancer régulièrement vers la réalisation de ce noble idéal. « D’abord ici et puis là » Je me souviens du roman La Cité éternelle de l’auteur britannique Hall Caine (1853-1931) que j’ai étudié avec mon maître, Josei Toda, dans ma jeunesse. Le protagoniste du roman, le jeune révolutionnaire, David Rossi, lance cet appel à ses compatriotes : « S’ils nous demandent quand notre République [humaine] produira des résultats pratiques, nous dirons que le monde est prêt pour cela ; d’abord ici et puis là, dans ce pays-ci puis dans ce pays-là, elle finira par régner sur les puissances qui régissent le monde 2. » Une révolution religieuse portée par la révolution humaine À travers ces grandes œuvres littéraires, M. Toda nous a enseigné combien les liens entre amis dotés d’un même esprit et d’un engagement audacieux sont essentiels pour réaliser kosen rufu, une tâche sans précédent dans l’histoire humaine. Il souligna cependant que la révolution religieuse entreprise par la Soka Gakkai n’est pas une révolution accomplie par des moyens violents ou coercitifs. Elle ne peut s’accomplir que grâce à la révolution humaine intérieure de chaque personne 3. Nos nobles pratiquants ont suivi régulièrement la grande voie de la révolution humaine qui mène directement à kosen rufu. Ils ont contribué à l’amélioration de la société en réunissant les êtres humains, et en renforçant la compréhension mutuelle dans leur environnement et sur le lieu de leur mission. Cette magnifique solidarité émerge « d’abord ici et puis là » dans le monde entier. Nos précieux pratiquants ont bâti une « cité éternelle », une république de l’harmonie humaine, dans les temps modernes. Les trésors du cœur qu’ils ont accumulés jour après jour grâce à leurs actions toujours sincères et passionnées brilleront sans aucun doute éternellement. Contribuer à notre environnement Au Japon, les membres du groupe des quartiers de la Soka Gakkai – tout particulièrement du groupe des grands ensembles, dont l’anniversaire de la fondation est le 25 juin – ont pris des initiatives pour kosen rufu au niveau local. Le 25 juin 1978, les premières réunions nationales du groupe des grands ensembles se sont tenues à Tokyo et dans le Kansai pour célébrer le cinquième anniversaire de ce groupe. Lors de la réunion au centre culturel Tachikawa de Tokyo, j’ai dit : « J’espère fermement que vous lutterez avec enthousiasme à l’avant-garde de la société en étant convaincus que vous êtes les protagonistes de la création d’une société idéale fondée sur l’harmonie humaine et la coopération, et que vous rendrez ainsi plus agréable la vie dans vos quartiers. » Nos membres du groupe des quartiers – qui comprennent les groupes des grands ensembles, des quartiers, des îles lointaines, des paysans et des pêcheurs – ont mis en pratique les paroles de Nichiren « Je vous confie la propagation de la Loi bouddhique dans votre province » (Écrits, 1124). Ils ont fait avancer kosen rufu en élargissant le cercle de la confiance et de l’amitié dans la société. Dans cet épisode, nous allons nous efforcer d’étudier les paroles de Nichiren et réaffirmer l’importance de notre précieuse mission et de nos efforts visant à développer notre mouvement dans notre environnement. « Il est dit dans Les Enseignements oraux : “Les mots ‘cette personne’ [dans le passage ‘Avant longtemps, celui-ci va se rendre au lieu de pratique’ (SdL-XXVIII, 302)] désignent le pratiquant du Sûtra du Lotus. Le lieu où la personne garde et honore le Sûtra du Lotus est le ‘lieu de pratique [le lieu de l’illumination 4]’ où la personne agit. Il ne s’agit pas de quitter son lieu actuel pour aller dans un autre lieu. ‘Le lieu de pratique’ est le lieu où résident les êtres vivants dans les dix états. Et, actuellement, le lieu où Nichiren et ses disciples récitent Nam-myoho-renge-kyo, ‘que ce soit dans des vallées montagneuses ou dans des déserts’ (SdL-XXI, 263), ces lieux sont tous la Terre de la Lumière éternellement paisible 5. Voilà ce que signifie ‘le lieu de la pratique [le lieu de l’illumination]’ ”. » Recueil des Enseignements oraux 6, OTT, 192 Une religion pour transformer le monde réel Commençons par étudier ce passage du Recueil des Enseignements oraux qui s’appuie sur un extrait du chapitre « Les encouragements du bodhisattva Sagesse-Universelle », le dernier chapitre du Sûtra du Lotus. Nichiren déclare que, quel qu’il soit, le lieu où réside à un moment donné un pratiquant du Sûtra du Lotus – une personne qui garde et pratique la Loi merveilleuse – est le « lieu de la pratique suprême » ou « lieu de l’illumination ». En d’autres termes, le lieu où nous sommes maintenant est précisément celui où nous pratiquons la Loi merveilleuse pour atteindre la bouddhéité en cette vie. Nous ne recherchons pas une terre de bouddha ou une Terre de la béatitude en dehors de la société dans laquelle nous vivons. Le bouddhisme est une religion qui permet de transformer le monde réel. Il a le pouvoir de permettre à tous les êtres humains de montrer clairement la preuve du bienfait dans la diversité de leurs vies quotidiennes, leur permettant ainsi de mener des vies pleinement accomplies et profondément heureuses. Nichiren déclare que le lieu où résident ses disciples qui récitent Nam-myoho-renge-kyo – « que ce soit… dans des vallées montagneuses ou dans des déserts » – est la Terre de la Lumière paisible et que c’est ce que signifie « le lieu de pratique » ou « lieu de l’illumination ». Cela veut dire que l’environnement où nous avons choisi d’accomplir notre vœu – où nous luttons pour le kosen rufu mondial et où nous nous entraînons dans notre pratique bouddhique en tant que pratiquants de la Soka Gakkai – est notre lieu de pratique pour atteindre la bouddhéité en cette vie. Nichiren vécut au Japon durant la période de Kamakura où les enseignements de la Terre pure (du Nembutsu) acquirent une large popularité. Ils enseignaient que ce monde est une Terre impure à laquelle il faudrait renoncer pour renaître dans la Terre pure de la Félicité Parfaite à l’ouest, en récitant le Nembutsu, le nom du bouddha Amida. En d’autres termes, l’idée qu’il s’agissait « de quitter ce lieu actuel pour aller dans un autre lieu » (OTT, 192) était largement répandue dans tout le Japon. Nichiren critiqua sévèrement le « ronronnement mélancolique du Nembutsu » (GZ nouvelle édition, 931 [GZ, 96]) qu’il accusait de saper la force vitale des êtres humains. Dans son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays (Écrits, 6-30), il réfuta la doctrine du Nembutsu en déclarant : « Plutôt que d’offrir dix mille prières en guise de remède, il serait bien plus simple de proscrire ce seul mal. » (Écrits, 17) Quand nous changeons d’état d’esprit, notre environnement change Nous pouvons à coup sûr changer le monde dans lequel nous vivons (le monde saha), qui est plein de souffrances, en Terre idéale de la Lumière paisible. Tel est le message révolutionnaire et la philosophie de l’espoir que l’on trouve dans le Sûtra du Lotus. Dans sa lettre Sur l’atteinte de la bouddhéité en cette vie (Écrits, 3-5), Nichiren écrit : « Il n’y a pas de terre pure ou impure en soi. La différence réside seulement dans le bien ou le mal à l’intérieur de notre esprit. » (Écrits, 4) La pureté ou l’impureté d’une terre n’est pas quelque chose de fixe ou d’immuable. Dans une lettre adressée à Shijo Kingo, Nichiren conseille à son disciple de considérer les nouvelles terres données par son seigneur, même si elles sont inférieures aux précédentes, comme « d’excellentes terres, oui, vraiment d’excellentes 7 ». L’important, dit-il, est notre esprit et notre attitude. Nichiren répète à maintes reprises que « le lieu où nous résidons et pratiquons le Véhicule Unique est la capitale de la Lumière éternellement paisible » (Réponse à Sairenbo, Écrits, 316). La clé pour bâtir cette capitale de la Lumière éternellement paisible est la transformation de notre esprit, de notre conscience, par notre pratique de la Loi merveilleuse. M. Toda a déclaré : « Kosen rufu est une lutte ardente au cœur de la société. Plus notre mouvement répand ses racines dans la société, plus les obstacles de toutes sortes se dressent pour entraver notre progression. De tels obstacles prouvent la validité des enseignements de Nichiren et il n’y a absolument aucun moyen d’y échapper. Quelles que soient les difficultés qui apparaissent, nous n’avons donc pas d’autre choix que de les surmonter. » Les pratiquants de la Soka Gakkai ont mené leur vie avec la conviction que le lieu où ils résident maintenant est leur « tour aux trésors » – le lieu où ils exaucent leur vœu. Le monde est rude. Il regorge de défis et de difficultés. Il n’y a aucun emplacement ni aucune situation qui soient faciles. Néanmoins, les pratiquants de notre mouvement ont persévéré avec courage et détermination, et avancé fièrement, pas à pas, avec le désir de transformer le lieu où ils vivent en terre de bouddha. Ils ont ouvert la voie en se dressant dans la foi avec le profond engagement d’être les agents du changement, quelles que soient les circonstances. « Appuyez-vous sur une foi profonde et puissante » M. Toda a dit : « Quelle que soit la situation dans laquelle vous vous trouvez, si vous vous appuyez sur une foi profonde et puissante, vous pourrez tout surmonter. Quand vous changez, que vous vous développez et que vous prenez vos responsabilités, vous pouvez remporter la victoire dans tous les domaines. Tout dépend de vous. » Dans le monde entier, des pratiquants prennent courageusement des initiatives, en tant que bons citoyens, dans l’environnement et dans le pays où ils vivent. C’est grâce à eux que nous avons pu propager le bouddhisme de Nichiren dans 192 pays et territoires et bâtir un magnifique mouvement mondial. J’espère que vous, jeunes gens, qui êtes les dirigeants de l’avenir, vous n’oublierez jamais cela et perpétuerez cet héritage en créant le domaine de l’harmonie humaine à l’échelle du globe. C’est ce à quoi aspirent tous les pratiquants de la Soka Gakkai. « devrait être considérée comme une relation inversée 8. Comment s’est passé votre voyage ? Je suis profondément préoccupé. Merci de me répondre dès que possible. » Lettre à la nonne séculière Izumo 9, GZ nouvelle édition, 1268 Les encouragements sincères prodigués par Nichiren Examinons maintenant un passage de la Lettre à la nonne séculière Izumo, un écrit inclus pour la première fois dans l’édition révisée du Nichiren Daishonin gosho zenshu (Les Œuvres complètes de Nichiren Daishonin 10). La nonne séculière Izumo habitait dans la province d’Awa [dans l’actuelle préfecture méridionale de Chiba]. Elle était apparemment partie en voyage et Nichiren se faisait du souci pour elle. Il espérait recevoir rapidement de ses nouvelles afin d’être rassuré sur son sort. Comme nous ne disposons que d’un fragment de cette lettre, on ignore ce qui précédait « … devrait être considérée comme une relation inversée ». En tout cas, une relation inversée fait référence au lien formé avec le Sûtra du Lotus par ceux qui s’y opposent ou le rejettent. Il est possible que la nonne séculière ou un autre de ses compagnons de pratique aient essayé de transmettre les enseignements de Nichiren et que cela ait provoqué un incident. L’échange ne s’était peut-être pas déroulé comme prévu. Nichiren fait peut-être ici l’éloge de ses efforts courageux pour s’engager dans des dialogues, et lui garantit qu’elle a semé les graines de la bouddhéité en permettant à quelqu’un de former une relation inversée. En lisant les écrits de Nichiren, nous sommes inévitablement frappés par son désir ardent d’encourager chacun de ses disciples, exprimé par des mots chargés de compassion et de sollicitude. La vaste compassion de Nichiren Durant son exil à Sado 11, alors qu’il était lui-même confronté à une persécution mettant sa vie en danger, Nichiren écrivit aussi une lettre pour encourager de tout son cœur Shijo Kingo et son épouse Nichigen-nyo, en leur disant combien il se faisait du souci pour eux et leur fille Kyo’o qui souffrait de maladie. Il dit dans cette lettre : « Quand je serai gracié de mon exil en cette province [de Sado], je viendrai vous rendre visite sans tarder à Kamakura. Si nous nous appuyons sur la puissance du Sûtra du Lotus, nous découvrons sous nos yeux la jeunesse perpétuelle et la vie éternelle. » (Réponse à Kyo’o, Écrits, 416) Ces mots transmettent avec force la chaleur humaine de Nichiren qui garantit au couple que, dès que Nichiren sera libéré et pourra quitter son lieu d’exil, il leur rendra aussitôt visite. Il leur dit qu’ils sont toujours dans son cœur et il les exhorte à vaincre le démon de la maladie qui s’attaque à leur enfant. Malgré les incertitudes concernant son avenir d’exilé, Nichiren se préoccupait avant tout du bien-être de ses disciples confrontés à des difficultés. Il leur répète qu’ils partagent un lien indestructible avec lui et qu’il pense toujours à eux, quelle que soit la distance physique qui les sépare. C’est là l’expression de sa grande compassion. Ces encouragements constants et sincères constituent la clé pour ouvrir le cœur des autres et leur insuffler du courage. C’est l’essence même des enseignements humanistes du bouddhisme de Nichiren et la base des efforts réguliers pour kosen rufu accomplis au cours des ans par les maîtres et disciples du mouvement Soka. Des actions sincères contre l’isolement Aujourd’hui, alors que les liens humains, y compris les liens de proximité, ne cessent de s’affaiblir, les pratiquants de la Soka Gakkai qui gardent les principes humanistes du bouddhisme de Nichiren jouent un rôle essentiel. Leurs actions consistant à saluer et à encourager ceux qui les entourent en faisant toujours preuve de respect à leur égard, mènent à des relations locales chaleureuses et contribuent fortement à l’avènement d’une société saine où il est possible de vivre en sécurité. Avec l’augmentation de l’isolement social et de l’éloignement, causés par la pandémie de la Covid-19, les efforts sincères de nos pratiquants brillent d’un éclat tout particulier à travers le monde. L’essentiel, ce sont nos prières et actions qui reposent sur notre sollicitude envers les autres. Grâce à leur pratique bouddhique, les pratiquants de la Soka Gakkai en viennent naturellement à incarner l’esprit consistant à chérir chaque personne, qui s’exprime sous forme d’actions permettant de bâtir des réseaux de confiance et d’amitié. Nichiren reprend cette citation [de Tiantai] : « Puisque la Loi est merveilleuse, la personne qui l’adopte est digne de respect ; puisque la personne est digne de respect, la terre l’est aussi 12. » (La personne et la Loi, Écrits, 1104) La Loi merveilleuse, la Loi fondamentale de l’univers, nous permet de révéler la noblesse de notre vie et de celle des autres, et de faire prospérer les terres où nous résidons. Les activités de la Soka Gakkai sont la source de la force qui permet d’insuffler joie et courage à tout notre entourage, et d’avancer ensemble vers le bonheur et la victoire. « Faire preuve de la plus grande courtoisie et de la plus grande patience » Je me rappelle ce que m’a dit M. Toda : « N’oublie jamais que des changements incroyables peuvent se produire dans le cœur des gens si tu as des échanges avec eux fondés sur une profonde compassion. Il est par-dessus tout essentiel de faire preuve de la plus grande courtoisie et de la plus grande patience dans tes rapports avec les autres. » Nos actions quotidiennes sont primordiales. Notre « comportement en tant qu’être humain » (Les trois sortes de trésors, Écrits, 859) est le cœur même de ce que le Bouddha cherchait à nous enseigner par son exemple. Comme je l’ai mentionné lors de ma seconde conférence à l’université Harvard 13, un écrit bouddhique relate que Shakyamuni éprouvait toujours de la joie lorsqu’il rencontrait d’autres personnes et allait vers elles, rayonnant et plein de chaleur humaine. Accordons aussi la plus grande attention à notre comportement quotidien et saluons chaleureusement les autres en nous adressant à eux sur un ton amical. M. Toda a dit : « En ce monde saha, nul ne peut vivre sans difficultés ni soucis. C’est pour cela que le Bouddha s’est employé à encourager les autres pour les mener vers l’illumination. Tel est l’esprit de la propagation. » L’état de bouddha vit intensément en nous quand nous parlons et encourageons nos amis, en pensant à leur bonheur et en priant pour cela. Faire tomber les barrières dans le cœur des êtres humains J’ai rencontré le Premier ministre indien Rajiv Gandhi (1944-1991) à la maison des invités d’État dans le district Moto-Akasaka de Tokyo, durant l’automne 1985. Nous nous sommes alors engagés à œuvrer ensemble à faire tomber les barrières dans le cœur des êtres humains pour instaurer la paix. Cela reste pour moi un souvenir inoubliable. Douze ans plus tard [le 21 octobre 1997], quand j’ai délivré une conférence intitulée « Un nouvel humanisme pour le siècle à venir » à l’Institut Rajiv Gandhi d’études contemporaines de New Delhi, j’ai évoqué mes discussions avec le Premier ministre et j’ai dit : « Quand les murs tombent, nous voyons devant nous la vie s’étendre à l’infini. C’est sur la grande Terre de la symbiose que coulent les fleuves de la paix, que s’épanouissent les jardins fleuris de la culture et que se dressent vers les cieux les arbres majestueux de l’éducation 14. » Aujourd’hui, un magnifique rassemblement de bodhisattvas surgis de la Terre qui se consacrent à la paix mondiale ne cesse de s’étendre et de s’épanouir en Inde. En fait, partout les citoyens du monde du mouvement Soka brisent les murs dans le cœur des gens et créent un réseau toujours croissant en faveur de l’harmonie humaine. Leurs efforts attirent l’attention dans tous les domaines et donnent de l’espoir aux personnes sages à travers le monde. Penser globalement, agir localement Nichiren avait une vision claire du kosen rufu mondial. Par ailleurs, dans sa lettre Sur les prophéties du Bouddha concernant l’avenir (Écrits, 401-407), tout en expliquant le développement des enseignements bouddhiques depuis l’Inde vers la Chine et le Japon, il indiqua combien il était fier de son lieu de naissance, en se désignant comme « moi, Nichiren, de la province d’Awa 15 » (Écrits, 406). Il accordait la plus grande valeur à sa région et à sa communauté d’origine et il les chérissait. Je me rappelle les paroles de l’éminent historien Arnold Toynbee (1889-1975) dans son avant-propos de la traduction anglaise de mon roman La Révolution humaine : « Nichiren […] aimait son pays mais son horizon et ses préoccupations n’étaient pas limités par les côtes japonaises ; Nichiren était convaincu que le bouddhisme, tel qu’il le concevait, était un outil de salut pour les hommes, ses semblables, où qu’ils se trouvent 16. » Le Pr Toynbee rendit hommage à la Soka Gakkai, dont les membres pratiquent les enseignements de Nichiren. C’était, selon lui, un exemple de « réussite dans le domaine spirituel 17 » au Japon et il nota avec beaucoup de perspicacité que notre mouvement, qui ne cesse de se développer sur toute la planète, « éveille un intérêt mondial 18 ». Aujourd’hui, par amour pour notre environnement, nous faisons des lieux et pays où nous vivons actuellement la base de nos efforts concrets pour améliorer nos sociétés, tout en considérant par ailleurs la situation d’un point de vue mondial et en cherchant à contribuer à la paix. Nous ouvrons aussi notre cœur à ceux qui sont loin de nous et que nous n’avons jamais rencontrés. Notre réseau d’harmonie humaine, fondé sur les principes du bouddhisme de Nichiren – consistant à nous développer sans cesse grâce à des échanges pour la paix, la culture et l’éducation – nous conduira à coup sûr à la paix mondiale. La paix mondiale et la sécurité humaine Restez positifs et soyez convaincus que votre progression régulière vers le changement, même si elle semble modeste, constitue en fait la voie directe vers la paix mondiale et la sécurité humaine. Allons de l’avant et poursuivons nos efforts nobles et courageux afin de contribuer à notre environnement et à la société avec encore plus d’énergie, de sagesse et d’optimisme. Portons notre regard vers juillet, qui est à la fois le mois de la relation de maître et disciple, et celui où Nichiren a envoyé [aux autorités de l’époque] son traité Sur l’établissement de l’enseignement correct pour la paix dans le pays (Écrits, 7-32).
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