Nature et bouddhéité. Pour une harmonie entre l’être humain et son environnement

Novembre 2026

Nature et bouddhéité. Pour une harmonie entre l’être humain et son environnement

Introduction  Dans son dialogue avec Arnold Toynbee, Choisis la vie 1, Daisaku Ikeda aborde, entre autres, les relations entre l’être humain et la nature. Il rappelle que le bouddhisme permet d’établir une relation avec la nature, qui n’est pas fondée sur une opposition, mais plutôt sur un rapport de dépendance mutuelle, développé dans des principes bouddhiques […]
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Thèmes

Enseignements éternels de D. Ikeda

Autour de La Nouvelle Révolution humaine – La transformation du karma

Dans cet épisode, datant d’octobre 1960, le président Ikeda est à Washington et encourage une pratiquante qui vient d’avoir un grave accident domestique. « Le bouddhisme nous enseigne le principe de l’allègement des rétributions karmiques. Autrement dit, grâce à la pratique, nous pouvons transformer un lourd karma négatif, accumulé durant nos vies passées, et n’en subir en cette vie-ci que des effets très atténués. Votre accident d’aujourd'hui pourrait illustrer ce principe. Vous avez peut-être été sauvée d’une catastrophe bien pire. Il est important de vous consacrer à la pratique avec cette conviction et la reconnaissance qui en découle. Cela vous ouvrira le chemin du courage et de la bonne fortune. Mais en même temps, je vous en prie, prenez la décision de ne plus avoir d’accidents et de faire preuve de la plus grande vigilance pour les éviter. Si nous pensons que nous serons protégés simplement parce que nous pratiquons, tout en nous laissant aller à la négligence, on ne peut pas dire que nous pratiquons correctement notre croyance. Au contraire, c’est justement parce que nous pratiquons que nous devons constamment rester vigilants, en faisant tout notre possible pour éviter les accidents. C’est cela, la véritable croyance. Si nous pratiquons de cette manière le pouvoir de notre Daimoku se manifestera sous forme de sagesse et de bonne fortune. » (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 1, chap. 4 « Lumière de la bienveillance », p. 202) Dans une réunion d’étude au Japon, en 1978, le président Ikeda encourage les pratiquants en racontant la campagne du chapitre Kamata, dont il avait été nommé conseiller en 1952, qui s’était soldée par un grand succès à la fois en termes de propagation et par les nombreuses victoires obtenues par les pratiquants dans leur vie personnelle. « En tant que disciple, j’ai décidé de me dresser et de me lancer dans l’action avec l’esprit de ne pas ménager ma vie. J’ai décidé tout particulièrement de me fixer un objectif personnel en ce mois de février, mois de naissance du président Toda, notre grand dirigeant de kosen rufu. Et j’ai encouragé les pratiquants à lutter de toutes leurs forces pour présenter le bouddhisme à de nombreuses autres personnes. Les pratiquants de Kamata ont entendu mon appel. « Quand nous décidons de dépasser nos limites pour répondre à notre maître, le courage et la joie jaillissent de notre vie. Je voulais que les pratiquants de Kamata réalisent cela. « De plus, j’ai encouragé à maintes reprises les pratiquants à engager cette lutte afin de transformer leur karma et leur état de vie. Tous étaient aux prises avec de graves problèmes, financiers, de santé ou autres. « La finalité de notre pratique bouddhique – notre prière et nos actions pour partager le bouddhisme – consiste à transformer notre karma pour devenir heureux. Les activités de la Soka Gakkai sont faites pour notre bien. Il n’y a pas de souffrance qui ne puisse être surmontée grâce à nos efforts dans la prière et la propagation du bouddhisme. M. Toda était catégorique sur ce point. « C’est pourquoi j’ai insisté sur le fait que chaque pratiquant devrait saisir l’opportunité de cette campagne pour créer une nouvelle brèche dans la résolution de ses problèmes personnels, montrer la preuve factuelle par ses bienfaits et le changement de son karma. Par-dessus tout, je voulais que tous les membres du chapitre deviennent heureux. Ou plutôt, en tant que conseiller du chapitre, je sentais qu’il était de ma responsabilité qu’ils le deviennent. « Tous les pratiquants ont pris la ferme décision de transformer leur karma, de faire surgir leur combativité et se sont mis à déployer de grands efforts. Ils se sont volontairement lancé des défis dans la prière et les dialogues sur le bouddhisme. C’est ainsi que le nombre de personnes qu’ils ont encouragées à rejoindre la Soka Gakkai s’accrut de jour en jour, à un rythme étonnant. « Puis, les uns après les autres, ils ont commencé à obtenir des bienfaits comme surmonter une maladie ou trouver enfin du travail après une période de chômage. À chaque réunion de discussion, de nombreux pratiquants partageaient leurs expériences de bienfaits. En entendant leurs histoires, le nombre de personnes qui eurent le désir de rejoindre la Soka Gakkai et de pratiquants qui décidèrent d’accomplir de plus grands efforts pour partager le bouddhisme ne cessa d’augmenter. « Quand une vague de bienfaits et de joie se répand, cela crée un formidable élan pour nos activités. « Je me suis consciemment efforcé de rappeler sans cesse aux pratiquants que l’objectif de nos activités est d’affronter nos souffrances et notre karma, et de les transformer. Telle était la force motrice derrière les activités de chacun. « C’est parce que tous les pratiquants luttaient courageusement pour propager le bouddhisme, mus par leur sincère désir de répondre à leur maître tout en relevant le défi de transformer leur karma, que le chapitre Kamata est parvenu à un développement considérable. » (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 26, chap. 4 « Avancer avec audace » p. 390-391) Il est facile de recevoir de petits bienfaits en pratiquant le bouddhisme de Nichiren. Mais obtenir le grand bienfait de changer son karma est une tout autre affaire. Il n’est en effet pas possible de changer notre karma si nous n’examinons pas profondément la véritable nature de notre esprit et de notre caractère – pour œuvrer ensuite à polir notre vie et à accomplir notre révolution humaine. Dans ce but, il est nécessaire que nous nous consacrions de tout cœur à notre mission pour kosen rufu – une tâche qui exige que nous récitions Nam-myoho-renge-kyo avec une foi résolue, que nous nous lancions des défis face aux obstacles et que nous nous efforcions d’éliminer l’injustice. (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 12, chap. 1 « Fraîcheur de ­l’espoir », p. 54-55)    « Il est important de conserver une foi telle l’eau qui coule, en persévérant, avec une humble détermination. Nous devons polir et fortifier notre vie, et cultiver une conviction absolue dans la foi. Si nous y parvenons, nous sommes alors capables de faire jaillir une force extraordinaire au moment crucial. » […] « Sur le plan individuel, “le moment crucial” est celui où vous découvrez que vous-même ou un être aimé êtes atteints d’une grave maladie, ou lorsqu’il arrive un accident imprévu, quand vous perdez votre travail ou que votre société fait faillite. De tels événements sont la manifestation de votre karma depuis le passé infiniment lointain et constituent des opportunités de changer le cours de votre destinée. « Un autre exemple de “moment crucial”, c’est lorsque notre foi est mise à l’épreuve et que nous rencontrons des oppositions, comme au moment où la Soka Gakkai a été persécutée ou confrontée à des difficultés. La seule manière de devenir heureux consiste à établir un état de vie aussi indestructible qu’un diamant, et à le faire briller. Les obstacles et l’adversité sont les meilleurs outils pour polir et forger votre vie. « Par conséquent, les époques de grandes persécutions représentent une occasion parfaite pour nous de changer notre karma et de transformer nos conditions de vie. Voilà pourquoi nous devons avoir le courage de faire face à de telles attaques. Nous ne devons pas être lâches. » (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 14, chap. 3 « Vents violents », p. 204-205) « Le bouddhisme de Nichiren Daishonin nous permet de transformer le lieu où nous nous trouvons maintenant en une “terre de la lumière éternellement paisible” et d’y construire un palais de bonheur. Pour cela, il vous faut transformer ce karma qui vous fait souffrir […]. Le seul moyen pour y parvenir est de changer radicalement votre état de vie. Si vous changez votre état de vie, votre environnement se mettra tout naturellement à changer lui aussi. C’est le principe de la non-dualité de la vie et de son environnement (esho funi). Un grand palais de bonheur existe dans notre propre cœur. La foi est la clé qui ouvre la porte de ce palais. » (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 1, chap. 1 « Soleil levant », p. 47) « Pour établir une terre joyeuse et prospère, déclara Shin’ichi, il faut tout d’abord que chaque personne qui s’y trouve transforme fondamentalement son karma. Cela entraînera, par la suite, la transformation du pays dans son ensemble. » (La Nouvelle Révolution humaine, vol. 13, chap. 4 « Terre de ­bonheur », p. 288)

Les grandes figures du monde

Les grandes figures du monde – Nelson Mandela, ancien président de la République d’Afrique du Sud  [Partie 1 sur 2]

Né en juillet 1918, Nelson Mandela fut emprisonné pendant plus de vingt-sept ans, du 5 août 1962 au 11 février 1990, pour avoir eu le courage de se dresser contre l’apartheid 2. Après sa libération, il fut nommé chancelier de l’université du Nord en 1992, puis élu président d’Afrique du Sud deux ans plus tard. Si la lutte pour l’abolition de l’apartheid fut la grande cause de sa vie, après son accession à la présidence de son pays, il s’illustra aussi par ses efforts de médiation dans les conflits internationaux, ses actions pour la santé des enfants, ses contributions au combat contre le sida 3 et ses déclarations pour soutenir la lutte en faveur des droits humains dans le monde entier. De son côté, Nelson Mandela connaissait le nom de Daisaku Ikeda depuis longtemps, plus précisément depuis le temps où il avait lu dans sa cellule un essai du célèbre poète sud-africain Oswald Mtshali sur l’éducation qui citait « les nobles paroles d’un sage d’Orient ». Ce « sage d’Orient », c’était Daisaku Ikeda et les passages cités étaient les suivants : « La jeunesse est une période où coule la lumière de l’espoir. Celui qui se développe avec un espoir jamais démenti dans l’avenir est le véritable interprète de la chanson de la jeunesse 4 » et « Les jeunes sont les trésors d’un pays, la richesse de l’époque à venir. Aucune force n’est comparable à ce trésor. Faire quoi que ce soit qui compromette l’avenir de ces jeunes, ou les priver de leur vigueur, revient à rejeter nos trésors à la mer 5. » Bien des années plus tard, la rencontre entre ces deux « sages » eut enfin lieu au Japon, d’abord en 1990, puis en 1995, et c’est ce que nous relate Daisaku Ikeda dans le texte ci-après dans lequel il brosse un portrait particulièrement émouvant de ce « grand champion de la justice » qu’est Nelson Mandela. Essai de Daisaku Ikeda J’ai rencontré Nelson Mandela, ancien président de la République d’Afrique du Sud, en deux occasions. On a dit qu’une nation ayant un chef au sourire aussi éclatant était bénie ; j’ai vu moi-même combien ces mots étaient vrais. Le président Mandela est tellement chaleureux que, bien qu’il soit un des grands hommes de ce monde, les gens sont tentés de s’adresser à lui comme à un vieil ami. Son sourire était aussi pur et authentique que l’or le plus précieux, et il étincelait comme une personne ayant été durement éprouvée dans le creuset de la plus cruelle souffrance, faisant ainsi disparaître toutes les impuretés. Notre première rencontre eut lieu en 1990, année de sa libération de prison ; la seconde en 1995, année suivant son élection comme président de la République de l’Afrique du Sud. Le « grand criminel » qui avait été incarcéré durant plus de vingt-sept années pour haute trahison, était devenu président de son pays, un symbole que la justice – qui avait été elle-même muselée – commençait maintenant à régner de nouveau dans son pays natal. Un modèle pour la jeunesse Ce fut sous un brillant ciel bleu d’automne que nous nous sommes d’abord rencontrés, lorsque j’accueillis le président Mandela dans la cour principale du siège du journal Seikyo, en octobre 1990, avec cinq cents membres du département de la jeunesse. Mon intention était d’encourager ces jeunes à apprendre du président Mandela et du peuple africain. Regardez cet homme ! ai-je pensé intérieurement. Regardez cet être humain invincible qui a renoncé à tout le confort et la tranquillité et a finalement gagné son combat au bout de dix mille jours en prison ! » J’espérais qu’eux aussi vivraient leur vie en se faisant les alliés de ceux qui étaient le plus durement opprimés, se mettraient du côté de ceux qui subissaient le plus de discrimination, et rejoindraient ceux qui souffraient le plus – car n’était-ce pas l’esprit même de Nichiren, qui se présenta lui-même comme « le fils d’une famille de chandala » (Bannissement à Sado, Écrits, 203) ou « le fils d’un roturier » (Lettre au moine séculier Nakaoki, Écrits, 1017) ? Je voulais les encourager : ne devenez pas des personnes faibles qui abandonnent leurs convictions dès qu’ils rencontrent la moindre opposition ! Même si vous êtes obligés de passer votre existence en prison, soyez des champions indestructibles et menez toute votre vie en déclarant fièrement que vous n’avez pas de regrets ! Et en plus de ce message à la jeunesse, je voulais exprimer ma plus sincère reconnaissance au président Mandela. Son combat pour sonner le tocsin de l’apartheid – la politique de discrimination raciale de l’Afrique du Sud –, son combat pour le respect des droits de chaque être humain, est bien le combat de toute l’humanité. En réalité, c’est notre combat à tous, indépendamment de notre nationalité, par le simple fait que nous sommes des êtres humains. C’est comme si le président Mandela et ses compagnons champions de la liberté en Afrique du Sud avaient entrepris ce combat en tant que représentants de l’humanité tout entière. L’espoir dans une cellule de prison La cellule du président Mandela faisait à peine trois pas d’un mur à l’autre. Comme il était grand, il ne pouvait pas dormir sans replier ses jambes. Dans cette cellule, « une heure semblait une année », se rappellera-t-il plus tard. C’est en prison qu’il apprit le décès de sa mère. Il était aussi incarcéré lorsqu’on lui annonça la mort « accidentelle » dans des conditions extrêmement suspectes de son fils. Puis il entendit parler des persécutions subies par sa femme. Et ce fut encore derrière les barreaux qu’il apprit que sa maison avait été incendiée, et que ses camarades du mouvement pour les droits civiques des Noirs avaient été tués les uns après les autres. Il dut endurer tout cela. Le gouvernement se mit à arrêter et fusiller sans pitié les enfants eux-mêmes. Ceux qui osaient résister ou se défendre étaient déclarés terroristes et traités impitoyablement. Mais le président Mandela n’était pas homme à renoncer, car il avait une conviction absolue dans ses idées. Il savait qu’aucune force s’opposant à la marche de l’Histoire et à l’essence de l’humanité ne pouvait finir par l’emporter. Même si le gouvernement essayait de les isoler du reste du monde, lui et ses disciples, il savait que le monde finirait par intervenir. Avec cet idéal élevé, il parvint à garder espoir. Quand les responsables perdent leur idéal, tout ce qu’ils peuvent faire est de rester passifs face au flot des événements. En conséquence, le peuple a peu d’espoir de voir des changements se produire. En 1978, seize ans après son emprisonnement, on accorda enfin au président Mandela un entretien direct avec sa fille Zeni. Elle avait épousé un prince du Swaziland 6, ce qui lui permit d’avoir le privilège d’une rencontre en tête à tête, sans murs épais ni lourds vitrages séparant le père et la fille. Zeni avait emmené son bébé, une fille. Laissant l’enfant à son mari, elle se précipita vers le président Mandela, qui ressentit une forte émotion, comme un choc électrique, en embrassant sa fille. La dernière fois qu’il l’avait rencontrée, elle était aussi petite que son bébé ce jour-là. Le président Mandela prit alors sa petite-fille et la garda dans ses bras pendant toute la durée de la visite. Il écrivit : « Tenir un nouveau-né, si vulnérable et doux dans mes mains rugueuses – des mains qui, pendant trop longtemps, n’avaient tenu que des pioches et des pelles –, fut une joie profonde. Je ne pense pas qu’un homme ait jamais été plus heureux de tenir un bébé que je ne l’ai été ce jour-là. » Zeni demanda à son père de donner un nom à sa fille. Il la baptisa Zaziwe. « Espoir ».  Espoir – son compagnon constant pendant ces longues années. Espoir – l’ami qui restait fidèlement à ses côtés dans sa cellule de prison. Il déclara plus tard qu’en regardant sa petite-fille il pensa à l’avenir et au fait que, quand elle serait grande, l’apartheid n’apparaîtrait plus que comme un souvenir lointain. Il songeait à une nouvelle époque, où elle et sa génération pourraient jouir du soleil de la liberté et marcher fièrement et sans crainte dans la rue, où le pays ne serait plus gouverné par des Blancs ou des Noirs, mais où les gens seraient égaux et vivraient ensemble en harmonie. Et, en pensant à tout cela, il choisit le prénom « Espoir » pour sa petite-fille. À suivre  

Autres

Réalisons résolument la vision de notre maître

Je vous adresse mes plus sincères félicitations pour cette réunion générale de la jeunesse de la Soka Gakkai 2026, qui rassemble des « jeunes Shin’ichi Yamamoto » venus du monde entier, investis de la grande mission de transformer le destin de l’humanité tout entière. Je tiens tout particulièrement à souhaiter la bienvenue la plus chaleureuse aux 250 responsables du département de la jeunesse de 55 pays et territoires qui ont parcouru de si grandes distances jusqu’au Japon pour participer au séminaire de la jeunesse de la Soka Gakkai internationale. Les romans La Révolution humaine 1 et La Nouvelle Révolution humaine 2 incarnent la vie même du président Ikeda. Il a déployé des efforts extraordinaires pour parvenir à écrire ces romans publiés en feuilleton, tout en dirigeant la Soka Gakkai en première ligne en sa qualité de troisième président. Chaque épisode comptait environ 1 500 caractères japonais, et il en rédigeait quatre ou cinq d’une seule traite. En tant que reporter au journal Seikyo, j’ai eu le privilège de participer à l’édition des trois premiers volumes de La Révolution humaine. Le président Ikeda se mettait à écrire une fois rentré chez lui après ses activités de la journée, et ses manuscrits arrivaient souvent vers minuit. La tâche était si éprouvante physiquement qu’il utilisait parfois des crayons à mine tendre 2B ou 3B, car écrire longtemps au stylo-plume le fatiguait trop. Cet effort pour faire connaître la vérité sur notre mouvement et transmettre le bouddhisme de Nichiren constituait en soi un combat acharné contre de redoutables obstacles et les fonctions démoniaques. Parfois, la pression affectait la santé du président Ikeda et, pourtant, même lorsqu’il était en proie à une fièvre de 38 ou 39 degrés, il continuait à écrire, avançant page à page dans son manuscrit. Malgré sa fatigue, il persévérait avec une ténacité incomparable, venant peu à peu à bout d’une page après l’autre. Lorsqu’il était si épuisé qu’il ne pouvait même plus tenir un crayon, le président Ikeda dictait le texte à son épouse, qui couchait ses paroles sur le papier. Certains de ces manuscrits existent encore aujourd’hui, annotés dans la marge. Le président Ikeda écrivait : « Comme je suis un peu fatigué physiquement, j’ai demandé à ma femme de transcrire mes paroles », et son épouse notait parfois : « Transcrit sous la dictée du président. Kaneko. » À d’autres occasions, il enregistrait le texte sur une cassette qu’il confiait ensuite à un journaliste. Ces enregistrements ont eux aussi été conservés, et j’aimerais maintenant vous en faire écouter un. [Un enregistrement dans lequel le président Ikeda dicte un passage du chapitre « Une période mouvementée » du volume 8 de La Révolution humaine a alors été diffusé.] Le président Ikeda s’est mis à écrire La Nouvelle Révolution humaine le 6 août 1993. Est-ce que l’une ou l’un d’entre vous sait qui a lu ce qu’il venait tout juste d’écrire ce jour-là ? Il s’agit du Pr N. Radhakrishnan, alors directeur du Gandhi Smriti and Darshan Samiti (Mémorial Gandhi), au moment de leur rencontre à Karuizawa [dans la préfecture de Nagano]. Comme il se préparait à cette rencontre, le Pr Radhakrishnan espérait que le président Ikeda lui ferait part de réflexions importantes sur la signification du 6 août, anniversaire du bombardement atomique de Hiroshima. Alors qu’ils évoquaient les pensées de Gandhi sur la guerre et son engagement pour la paix, le président Ikeda a saisi une feuille de son manuscrit et lui a demandé : « Professeur Radhakrishnan, savez-vous ce que je viens d’écrire ? » Sur la page figuraient les premiers mots de La Nouvelle Révolution humaine : « Rien n’est plus précieux que la paix. Rien ne procure plus de bonheur que la paix. La paix est le point de départ indispensable à tout progrès de l’humanité. » Le président Ikeda lui a ensuite exposé ses projets pour ce roman, notamment le nombre de volumes et de chapitres qu’il comporterait, ainsi que sa structure d’ensemble. Le Pr Radhakrishnan a été frappé par la capacité du président Ikeda à se remémorer, avec une clarté et une aisance remarquables, les détails de l’histoire de la Soka Gakkai et les protagonistes du roman, comme s’il extrayait des données d’un ordinateur. [Dans une interview publiée dans le journal Seikyo en 2023,] le Radhakrishnan a évoqué le nombre croissant de membres de la Soka Gakkai à travers le monde. « Des millions de personnes dans le monde choisissent de prendre [le président Ikeda] pour maître dans la vie sans l’avoir jamais rencontré en personne », a-t-il fait observer. Il a noté qu’il en allait de même pour un grand nombre de jeunes en Inde, qui avaient le sentiment qu’il était proche d’eux et qu’il veillait sur eux. « Pour ces jeunes, il est une source d’inspiration qui les aide à relever les défis de la vie », a-t-il ajouté. Le Pr Radhakrishnan a dit qu’il s’était demandé ce qui poussait des millions de personnes qui n’avaient jamais rencontré le président Ikeda à le choisir comme maître. « Le fait d’avoir un maître lorsqu’on agit permet de vivre avec une grande force. Cela enrichit et transforme profondément la vie. Les membres en Inde renforcent eux aussi l’esprit de maître et disciple en lisant La Nouvelle Révolution humaine et en la mettant en pratique. L’esprit de dévouement désintéressé qui anime les trois présidents fondateurs de la Soka Gakkai offre un espoir intemporel et universel à l’humanité. » À la fin du volume 12 de La Révolution humaine, le président Ikeda a inscrit ces mots : « À mon maître, Josei Toda / Son disciple, Daisaku Ikeda. » Et, dans la postface du volume 1 de La Nouvelle Révolution humaine, il a écrit : « Sans les efforts du disciple pour la concrétiser, la grande vision du maître restera un rêve vain. La véritable valeur des principes énoncés par le maître ne se révèle que lorsqu’ils sont appliqués et développés. C’est en consignant la manière de vivre du disciple après la disparition de son maître que la formule éternelle de kosen rufu pourra être transmise aux générations futures. » Pour qui, alors, le président Ikeda a-t-il écrit La Révolution humaine et La Nouvelle Révolution humaine, en y insufflant toute sa vie ? La Révolution humaine était destinée à son maître, Josei Toda ; La Nouvelle Révolution humaine, aux disciples qui avanceraient, après sa disparition, sur la voie qu’il avait ouverte. Voici donc l’appel que je vous lance du fond du cœur, à vous toutes et tous qui formez les jeunes générations : poursuivez l’œuvre de toute une vie du président Ikeda et faites en sorte que sa vision ne reste pas seulement un rêve vain, mais devienne réalité. L’édition numérique du journal Seikyo lancera prochainement une série présentant une sélection de passages clés de La Révolution humaine. Au Japon, par ailleurs, la fonction en ligne SOKA D.I. SEARCH  permet aux utilisateurs de trouver des passages correspondant à leurs centres ­d’intérêt et à leurs préoccupations personnelles. Lisons La Révolution humaine et La Nouvelle Révolution humaine, et entrons ainsi dans un dialogue de cœur à cœur avec le président Ikeda. Mettons leurs messages en pratique dans notre vie. Et, chacune et chacun à notre manière, écrivons l’histoire de notre propre révolution humaine.  

Vivre les écrits de Nichiren

Le bouddhisme en action

« Ceux qui croient dans le Sūtra du Lotus vivent comme en hiver, mais l’hiver se transforme toujours en printemps. Jamais, depuis les temps anciens, personne n’a vu ni entendu dire que l’hiver s’était transformé en automne. De même, jamais nous n’avons entendu parler d’un croyant du Sûtra du Lotus qui se soit transformé en être ordinaire. On lit dans le Sûtra : “Quant à ceux qui entendent la Loi, aucun ne manquera d’atteindre la bouddhéité.” » (Nichiren, L’hiver se transforme toujours en printemps, Écrits, 539) Commentaires de Daisaku Ikeda Extrait de La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, part. 1 « Le bonheur », chap. 5 « Transformer la souffrance en joie » Le printemps est la saison où les fleurs s’épanouissent. Mais, pour parvenir à cet épanouissement, le froid de l’hiver leur est nécessaire. Que se passerait-il s’il n’y avait pas d’hiver ? En automne, les plantes qui fleurissent au printemps se préparent à entrer dans une période d’endormissement ou de revitalisation. Elles commencent à stocker leur énergie pour le printemps à venir. S’il advient une période de chaleur soudaine durant leur sommeil hivernal et si alors elles s’éveillent, les bourgeons attendant l’arrivée du printemps commencent à s’ouvrir – bien que le temps ne soit pas encore venu – et, quand revient le froid de l’hiver, ils se dessèchent et meurent. Pour éviter pareil événement, les plantes ne fleurissent pas avant d’avoir affronté pleinement les rigueurs de l’hiver. Telle est la « sagesse » des plantes, qui leur permet de fleurir au printemps. La vie et la pratique bouddhique suivent également ce principe. L’hiver des épreuves est le moment de « recharger nos batteries » et de développer la maîtrise de soi, avant l’arrivée d’un merveilleux printemps. C’est dans les hivers de la vie que s’emmagasine l’énergie éternelle et indestructible pour atteindre la bouddhéité et que se forge une force vitale aussi vaste que l’univers. De plus, cette énergie s’accroît en réponse à l’adversité et aux épreuves. Tous ceux qui pratiquent l’enseignement boud­dhique correct connaîtront, à coup sûr, la venue du printemps. Mais si, dans les phases difficiles des hivers de la vie, nous essayons de nous détourner ou remettons en doute le monde de la foi plutôt que de renforcer notre croyance et que, de ce fait, nous n’accumulons pas suffisamment de force et de bonne fortune, nous ne parviendrons jamais nulle part, et nous ne pourrons pas davantage mener une vie véritablement satisfaisante. Le point crucial est : quels défis nous lançons-nous et jusqu’à quel point passons-nous notre temps de manière significative durant les hivers de l’existence ? L’important est de vivre avec la conviction profonde que le printemps arrivera, à coup sûr. Dans le monde de la nature, le printemps des fleurs vient toujours le moment venu. Tel est le rythme de la vie et de l’univers. Mais bien trop de gens dans le monde sont encore au cœur de l’hiver lorsqu’ils atteignent la fin de leur vie. Pour éviter un tel destin, il nous faut mettre notre vie au rythme de l’univers, qui génère le printemps. C’est notre pratique bouddhique, fondée sur la foi dans la Loi merveilleuse, qui nous permet de réaliser cela. En ce sens, la foi dans la Loi merveilleuse fonctionne comme des ailes qui se déploient vers le bonheur éternel. Chaque fois que nous surmontons des difficultés, nous accumulons de la bonne fortune et élevons notre état de vie. En atteignant la bouddhéité en cette existence, nous pouvons nous envoler sereinement à travers les vastes cieux de la vie, dans un état de bonheur et d’épanouissement suprêmes pour toute l’éternité. Tel est l’enseignement du bouddhisme et le rythme de la vie. Expérience personnelle Faire de chaque hiver le berceau d’un magnifique printemps par Emma Kobo Pratiquante depuis mon plus jeune âge, j’ai eu l’immense bonne fortune de grandir dans une famille aimante où le bouddhisme était le pilier du quotidien. Portée par l’exemple de mes parents et les encouragements de Daisaku Ikeda, j’ai très tôt cultivé le désir ardent de fonder une famille et de m’engager sur le chemin de la révolution humaine. Pourtant, le cours de l’existence m’a confrontée à de nombreuses tempêtes. Après des études difficiles entre licence de droit et master d’enseignement, puis un début de carrière éprouvant dans ­l’Éducation nationale, j’ai dû trouver le courage de me réorienter pour finalement devenir éditrice. Parallèlement, après beaucoup de combats dans le domaine affectif également, je me suis mariée avec un homme formidable en 2018, et la question d’avoir un enfant s’est posée naturellement. Mais au fil du temps, face aux incompréhensions et aux grands défis qui ont mis fréquemment notre couple à rude épreuve, je me suis peu à peu fermée à cette perspective. Alors que beaucoup de nos proches devenaient parents, je me sentais en complet décalage. Une profonde angoisse liée à la maternité s’est installée. Je me mettais une pression immense en repensant au modèle parental exemplaire que j’avais reçu, tout en doutant de ma propre capacité à protéger un enfant dans un monde moderne qui m’effrayait à plusieurs égards. Il y a un peu plus d’un an, nous nous sommes installés dans une maison à Angoulême : une grande victoire d’ouverture de cœur et de persévérance pour trouver notre nouvelle place après de nombreuses années au cœur de la capitale. Je continuais de travailler trois jours par semaine à Paris, en dormant chez divers amis envers qui j’ai une profonde reconnaissance, mais ce rythme est vite devenu épuisant. Je me sentais coincée dans une routine exigeante, sans parvenir à trouver le véritable équilibre auquel j’aspirais. Fin 2025, un nouveau coup dur est venu alourdir cet hiver intérieur : malgré mes efforts constants au travail depuis des années, ma direction m’a de nouveau refusé une augmentation tout en imposant le maintien de mes trajets hebdomadaires. C’est à ce moment précis que s’est opéré un déclic. J’ai compris que je tentais de résoudre mes difficultés par des stratégies cérébrales, sans laisser à ma foi le temps d’agir. Au lieu de céder au découragement ou de douter de ma pratique, j’ai décidé de renforcer ma croyance. J’ai intensifié mon Daimoku avec la conviction profonde que cet hiver apparent était en réalité une période de revitalisation, le moment nécessaire pour accumuler de la force vitale et de la bonne fortune. Plutôt que de me replier sur mes peurs, j’ai choisi de me tourner vers les autres et de continuer à encourager activement un maximum de jeunes femmes du mouvement Soka. En remettant ma vie au rythme de la Loi merveilleuse, mon état d’esprit s’est métamorphosé, laissant place à une sérénité et une confiance inébranlables. C’est au cœur de cette dynamique que le printemps est advenu, sous une forme très surprenante et inattendue, m’offrant un répit salutaire et la possibilité de travailler pleinement depuis chez moi. Cependant, de nouveaux défis liés à la santé sont venus tester ma détermination. En dépit de la fatigue, de l’incompréhension face à ce que je voyais au départ comme une injustice, de la peur, du manque d’énergie au global, j’ai continué de pratiquer matin et soir et d’étudier au mieux de mes capacités. Loin de me laisser abattre, j’ai abordé cette épreuve physique comme un moyen d’approfondir la notion de force vitale – cette force qui nous permet d’être heureux et plein d’espoir quelles que soient les circonstances, même si on est limité physiquement par la maladie –, mais également celle de compassion, car en vivant de telles difficultés je comprends davantage les personnes qui les traversent aussi. Comme Sensei nous y exhorte, je m’efforce de développer la conviction que mes luttes actuelles revêtent une signification profonde, qu’elles me permettent de transformer mon karma, mes tendances, en mission pour encourager les personnes autour de moi. En continuant de soutenir les autres malgré la maladie, j’ai pu m’élever au-dessus de la souffrance et faire surgir un nouvel élan de vie. La peur que je ressentais face à l’état du monde actuel s’est peu à peu transformée en conviction que ma place était bel et bien ici et maintenant. Que je pouvais, avec un cœur large, libre, renforcé grâce à toutes ces épreuves et à l’entraînement Soka, accueillir sereinement la perspective d’agrandir notre foyer et y ancrer à mon tour le bouddhisme comme pilier. Aujourd’hui, j’aborde l’avenir avec une gratitude immense, et je vérifie avec certitude l’enseignement de Nichiren Daishonin : aucun hiver ne dure éternellement, et c’est en l’affrontant pleinement par la croyance que l’on prépare le plus beau des printemps.