Et toi, qu’en penses-tu ?
Lénaïk travaille dans l’industrie de la technologie de l’information et de la communication depuis une décennie. Il livre son point de vue sur l’impact des moyens numériques sur notre quotidien.

Jeune adulte, je m’ouvre sur la société et décide de m’informer. Je me rappelle même avoir paramétré manuellement un service d’agrégateur de flux RSS 1 afin de surveiller les publications d’une centaine de sites web, aussi bien des sites d’information que des blogs d’opinion. La sensation de ne plus être « largué » face à l’actualité est agréable et cette veille quotidienne nourrit autant mes interactions personnelles que professionnelles.
Pour autant, l’accès à l’information ne suffit pas pour la décrypter, il s’agit de construire un esprit critique, de choisir les sources et de les confronter pour se faire son propre avis. De même, alors que je me fie les yeux fermés à une poignée de médias à forte réputation, je constate que si certains médias tendent vers une objectivité parfaite, celle-ci est difficile à atteindre tant les intérêts économiques, politiques, etc. sont présents. Je découvre par exemple sur un site internet – qui représente pour moi une référence à suivre – que certains articles font l’objet d’une guerre d’édition entre plusieurs contributeurs, je me rends compte que l’information est un enjeu permanent et que la notion de vérité n’est pas aussi binaire qu’elle y paraît.
Plus notre société accélère par le biais de technologies toujours plus puissantes mises à disposition du grand public, plus l’être humain se retrouve face à ses responsabilités : suis-je autonome dans la construction de mon opinion ? Suis-je à la merci des algorithmes des réseaux sociaux, qui me suggèrent toujours les mêmes types de contenus ? Ai-je encore la capacité de dialoguer et d’argumenter face à quelqu’un qui n’a pas le même avis que moi ? Ces questions sont autant de garde-fous que j’applique à moi-même régulièrement. Les adolescents et jeunes adultes ont, pour la plupart, un atout face aux aînés : leur capacité à prendre en main sans effort les nouvelles technologies, qui sont profondément médiatiques.
Aujourd’hui, un nombre croissant de jeunes s’informent directement depuis les applications d’IA ou les réseaux sociaux de vidéos. Demain, allons-nous nous informer comme le font déjà les Nord-Américains directement sur des plateformes de prédictions d’actualité ? La capacité à s’adapter est un atout de la jeunesse, mais aussi une responsabilité : allons-nous laisser nos parents ou grands-parents être trompés par des fake news, une tentative de phishing 2 ou un deepfake 3 sur les réseaux sociaux ? S’éduquer à l’image et construire son opinion sont autant de manières de combattre l’un des trois poisons 4 : l’ignorance.

