Présentation
« Dans le monde saha, on ne peut empêcher les vents de la souffrance de souffler », nous rappelle Daisaku Ikeda, et de nous rassurer : « Il n’y a aucune raison d’avoir peur . » « La voie du bonheur n’est pas compliquée. Ceux qui récitent Nam-myoho-renge-kyo de manière régulière dans le monde de kosen rufu finissent par remporter la victoire absolue. Ils sont assurés de manifester un état de bonheur absolu – en d’autres termes, la bouddhéité. Si vous vous souvenez uniquement de ce point primordial, alors votre vie sera toujours solide et stable . »
Les désirs de toutes sortes émanent de notre vie. Si certains procurent espoir et joie, d’autres portent leur lot de souffrances et d’amertume. Quelques enseignements encouragent à les éliminer totalement afin d’être en paix. Mais, sous une forme ou une autre, les désirs reviennent, car en définitive « désirs terrestres et souffrances font intrinsèquement partie de la vie . » Le Sûtra du Lotus renverse alors notre perspective à travers ce concept : « Les désirs terrestres sont l’illumination. » Ces désirs ne sont pas un défaut de la vie mais la matière première de notre bouddhéité.
Le désir fonctionne comme une bûche. Une bûche qui prend sens par le feu qu’elle rend possible – le feu de la récitation du Daimoku. Sans cette bûche, il n’y aurait rien à transformer par la récitation de Nam-myoho-renge-kyo. « Nichiren enseigne que, lorsque nous fondons notre vie sur Nam-myoho-renge-kyo, les désirs terrestres œuvrent naturellement à notre propre bonheur et à celui des autres. Le grand pouvoir de Nam-myoho-renge-kyo, fondamentalement positif, dirige la grande énergie de nos désirs vers le bonheur, quel que soit le contexte. C’est pourquoi, lors de la récitation du Daimoku, “les désirs terrestres sont l’illumination ”. »
La récitation de Nam-myoho-renge-kyo active notre état de bouddha qui se met alors à changer la nature même de nos désirs. Ce qui était mû par des besoins et motivations issus des voies inférieures s’élargit et rejoint l’aspiration fondamentale de l’état de vie du Bouddha : le désir profond de contribuer au bonheur de tous, kosen rufu. Cette transformation qualitative de nos souhaits est la preuve de notre grande révolution humaine : la métamorphose de notre aspiration en une force tournée vers les autres.
Nichiren explique ici que « se libérer des souffrances de la naissance et de la mort », enseigné dans le Sûtra du Lotus, ne signifie ni éliminer ni simplement ne pas être touché(e) par ces réalités. « Se libérer » signifie en réalité « révéler » la mission de tous ces défis et souhaits : celle d’éveiller pleinement notre bouddhéité. Par nos Daimoku constants et déterminés, unis à notre maître bouddhique pour kosen rufu, transformons chaque désir en faisant apparaître notre puissant état de bouddha pour réaliser notre bonheur et contribuer à celui de tous.
Thème d’étude (extraits de textes)
M. Toda explique ces principes [« Les désirs terrestres sont l’illumination » et « Les souffrances de la naissance et de la mort sont le nirvana »] du point de vue de notre vie actuelle : « “Les désirs terrestres sont l’illumination” et “Les souffrances de la naissance et de la mort sont le nirvana” décrivent une vie où nous goûtons un état de bonheur et de complète sérénité, même si nous devons lutter pour surmonter les difficultés liées aux désirs terrestres. » […]
Le mot « sont » dans « les désirs terrestres sont l’illumination » (en japonais, bonno soku bodai) est une traduction du mot japonais soku. Il semble mettre sur un plan d’égalité deux notions opposées. Mais soku ici ne désigne pas une équivalence simple ou directe. Le principe de changement est inhérent à soku. Nichiren dit que le mot soku « symbolise Nam-myoho-renge-kyo » (OTT, 72). En activant le pouvoir de Nam-myoho-renge-kyo – la Loi ultime de la vie et de l’univers –, nous pouvons transformer les entraves de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort en un état de liberté complète imprégnée par les vertus de l’éternité, du bonheur, du véritable soi et de la pureté. M. Makiguchi reformula de manière créative ces vertus en disant qu’elles désignaient un état où l’on est « toujours joyeux et doté d’un soi pur ». Cette philosophie suprême de l’espoir et de l’action accomplie avec joie est au cœur même du bouddhisme de Nichiren.
D&E-octobre 2023, « Passages clés des Enseignements oraux », p. 16-19.
Clés de compréhension
« Les désirs terrestres sont l’illumination » : principe du Sûtra du Lotus selon lequel les désirs terrestres ne font qu’un avec l’illumination et en sont inséparables. Le grand vœu ou le désir de réaliser kosen rufu est le plus noble des désirs terrestres. Lorsque nous brûlons cette grande bûche par le feu de notre récitation déterminée du Daimoku, notre état de vie est identique à celui du Bouddha. Nous manifestons l’état de bouddha tels que nous sommes. Nous puisons alors une force, une sagesse et un courage sans égal de l’intérieur de nous-mêmes, adaptés à toutes les situations, pour réaliser le bonheur pour tous.


