Témoignage
Camille, jeune femme pratiquante de Bretagne, relate ses motivations et les étapes qui l’ont menée à vivre un engagement dans la société.

Quelle est ta vision de l’engagement dans la société ?
Camille. L’engagement, pour moi, signifie mettre en action ses convictions. Ce ne peut être qu’une démarche individuelle, venant de sa propre initiative, qui demande une implication sur la durée. Pour autant il y a toujours une dimension collective, par exemple s’engager au service d’une cause environnementale, sociétale, etc. J’y vois un véritable un tremplin pour faire avancer la société et concrétiser ses propres idéaux.
Comment articules-tu cela avec ta pratique bouddhique ?
La pratique bouddhique est en elle-même un engagement fondé sur le vœu de la réalisation de la paix mondiale. Chaque matin, quand je pratique, j’essaye de renouer avec ce vœu initial, pour ne pas le perdre de vue. C’est alors pour moi un moteur pour mon engagement dans la société. Il me semble important de lier les deux, ils se nourrissent et se donnent du sens mutuellement.
Peux-tu partager avec nous une expérience à ce sujet ?
Lorsque j’étais étudiante, je ressentais à la fois une grande angoisse et dela colère face à l’état du monde. J’oscillais entre un sentiment d’impuissance et de détresse et une volonté d’ignorer les choses pour ne pas en souffrir.
Une fois mon diplôme en poche, je me suis redéterminée dans ma prière pour réaliser kosen rufu de façon concrète. J’ai alors commencé une mission en service civique dans un village des Pyrénées qui consistait à participer à la vie d’un fournil, à la culture d’un jardin et de parcelles de blés anciens. C’était l’endroit idéal, j’étais entourée de personnes engagées pour l’agriculture et l’alimentation durables et qui mettaient cela en pratique tous les jours, avec leurs mains. J’ai appris de nombreux gestes et techniques mais cela m’a surtout permis de créer un lien fort avec mon environnement immédiat. Tant au jardin, avec la terre et les végétaux, qu’au fournil, ferments dela vie sociale du village.
Organiser des ateliers pour enfants m’a aussi permis de révéler la joie de transmettre qui sommeillait en moi. Grâce à tout cela, j’ai véritablement expérimenté ce qu’est le « passage à l’action ». J’ai ressenti un apaisement et une immense joie dans mon cœur. Cela me rappelle cet extrait : « Shin’ichi sentit profondément que les pratiquants de la Soka Gakkai avaient la responsabilité sociale de cultiver dans le cœur de leurs concitoyens l’amour de leur environnement et la conscience d’être des protagonistes de sa construction et de sa revitalisation . »
Agir pour le bonheur de toutes et tous
Dans le passé comme aujourd’hui, la Soka Gakkai a toujours œuvré en faveur du bonheur des personnes ordinaires. C’est pour cela qu’elle a gagné la confiance des gens. Rien n’est plus puissant. Notre succès tient justement au fait que nous nous engageons pour le bonheur des autres. C’est un principe immuable, une leçon de l’Histoire que, je l’espère, vous retiendrez. C’est un point que j’aimerais aborder avec vous aujourd’hui.
Qui mérite le plus grand respect ? Ce sont les personnes ordinaires qui agissent sans ménager leur vie. Ce ne sont peut-être pas les plus riches et les plus cultivées, mais parmi elles figurent des personnes véritablement admirables.
Daisaku Ikeda, La Sagesse pour créer le bonheur et la paix, vol. 3, partie 2,
Acep, p. 145-146.
Tout commence par le courage d’agir
Ne nous laissons pas influencer. N’abandonnons jamais notre engagement en faveur de la paix, notre soif d’apprendre et notre amour de l’humanité. Mettre ces idéaux en pratique et les transmettre aux autres est un acte de courage. Cela fait partie de nous, nous devons faire surgir notre courage du tréfonds de notre vie. […] C’est seulement lorsqu’on a le courage de se dresser par soi-même que l’on peut guider le monde dans la bonne direction, celle de la paix et du bien. Lorsque de telles personnes courageuses fraternisent et unissent leurs forces dans une grande solidarité, elles peuvent changer le cours de la société. Mais tout commence par soi-même. Il faut faire preuve de courage. Tout part de là.
Daisaku Ikeda, Dialogues avec la jeunesse, tome 2, Acep, p. 171-172.
Établir un système de valeurs
D. Ikeda. Lorsque l’on reconnaît que l’homme est une part de la force vitale qui sous-tend toutes choses, il devient aussitôt manifeste que toute discrimination à l’encontre de ses voisins, d’autres ethnies, d’autres êtres biologiques, de la nature ou de quoi que ce soit d’autre dans l’univers entier, est mauvaise, parce que, en termes de force vitale cosmique, toutes les choses qui existent sont égales et unies. […]
Afin que les hommes puissent mener des vies humainement dignes, il faut qu’ils reprennent conscience que leur nature fait partie de la force de vie universelle, et qu’ils considèrent cela comme le fondement de toutes leurs actions. Quand ils auront adopté cette attitude, ils seront à même d’établir le système de valeurs dont ils ont tant besoin aujourd’hui. Ce sens des valeurs donnera une place primordiale à la vie elle-même et aura pour premier but de résoudre les problèmes se rapportant à la vie, car ce sont ces valeurs qui déterminent les réponses à toutes les autres questions.
Arnold Toynbee et Daisaku Ikeda, Choisis la vie – Un dialogue, L’Harmattan, 2009, p. 147.


